[ NDA : Pétunia avait l'habitude de décrire James et Lily comme des gens malhonnêtes qui avaient perdu la vie dans un accident de voiture. Parfois, je me demande si ça aurait été vrai.

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Disclaimer : Rien ne m'appartient, tant mieux.

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TW : Je ne cherche en aucun cas à romantiser la drogue ou tout autre sujet telle que la prostitution, les pensées suicidaires...

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À savoir : La forme du texte étonnera peut-être. Voyez cela comme la réalité de Lily : Des bribes de souvenir entre chaque planage. Les vides, les trous, ce genre de choses, elle s'en rappelle pas.

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Écrit : C'est un OS, rien de plus. La correction n'est pas encore faite, j'viens d'écrire cette chose à 3h du mat et j'ai franchement la flemme. Langage familier.]

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Bonne lecture.

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"C'est la lucidité, la fautive, elle met les poètes en lambeaux, elle qui vous apprend un jour que le père Noël n'existe pas. Elle qui vous bouffe l'enfance." - Pierre Perret

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Elle rabat d'un geste rapide sa longue chevelure rousse derrière elle, faisant teinté par la même occasion les nombreux bracelets qui pendaient à son poignet. Pas un seul de ses bijoux n'était pas de la contrefaçon : elle n'avait aucunement les moyens de défoncer des milliers d'euros pour deux trois déco de plus. Ni elle, ni son mari d'ailleurs, qui galérait autant qu'elle.

Ils faisaient bien la paire, tout les deux : un couple de raté qui trempait dans de sombres affaires pour parvenir à survivre.

James - son mari - avait toujours vécu dans le milieu, c'était inné chez lui. Le bordel, il l'avait connu alors qu'il chialait encore pour qu'un bon samaritain daigne le nourrir. Elle, c'était surtout un concours de circonstances, mais elle était née et avec vécue dans un quartier parfaitement chic, dans une famille honnête et respectable.

"Les chiens ne font pas des chats", qu'ils piaillaient. Tu parles, Lily avait beau être né dans l'amour et le respect, elle avait mal tourné dès les premiers tourments de l'adolescence, comme si elle y était destinée. Son soucis à elle, c'était tout ce qui touchait à la drogue. Même si James et ses potes en prenait ausssi régulièrement, elle, c'était différent. Elle avait pas le temps de se sentir mal, à peine se mettait-elle à penser négativement qu'elle débarquait avec une nouvelle type de came. Depuis ses 14 ans, elle s'était injecté un tas de merde inimaginable dans le sang.

Perdre pied, c'était grisant. Elle était rapidement devenue accro à ces cochonneries, et ça ne dérangeait pas tellement James - en fait, il l'avait même mis en contact avec son dealeur perso - alors elle continuait à s'auto-détruire.

Elle a une sœur, d'un an son aîné. Elle représente tout ce qu'elle n'a jamais été : Pétunia était dans une relation parfaitement saine, et vivait dans un certain confort. Elle passait ses journées à s'occuper de son gosse pendant que son fiancé ramenait le fric à la maison.

Lily renifla dédaigneusement en tirant une nouvelle taffe sur sa cigarette, jetant un coup d'œil vers son propre mioche - résultat d'une capote craquée et d'un déni de grossesse. Elle se rappelle vaguement de son prénom - Harold, Henry, un truc du genre - mais elle est trop défoncée pour y prêter attention.

James s'approche doucement d'elle, elle n'y prend pas garde : Elle plane. Le liquide brunâtre qu'elle s'était injecté une dizaine de minutes auparavant avait certes pris du temps pour prendre effet mais maintenant, elle s'est déjà enfui très loin.

Se sentant quitter terre, elle se laisse tomber sur son lit, les yeux fermés, un sourire au lèvres.


C'est sa mère qui lui a demandé de tourner autour de Lily.

À l'époque où cette dernière allait en cours et vivait encore chez ses parents. Sa mère l'avait repéré.

"James, tu vois ce joli minois ? Il pourrait nous rapporter un max d'argent. Essaye de la convaincre."

Toutes ses relations avaient jusque là était pour un but précis. Sirius, pour la came qu'il fournait, Remus, parce qu'il avait un joli cahier d'adresse dans le milieu policier ce qui lui avait permit d'échapper plus d'une fois à la taule, ou bien encore Peter, qui lui servait d'espion.

Mais cette Lily, il lui avait fallu quelques semaines pour qu'il abandonne l'idée de l'influencer pour qu'elle se prostitue avec sa propre mère, Euphémia, voulant à la place la garder pour lui et lui seul.

Deux ans après, elle tombait dans ses bras, et elle avait été son bouet de sauvetage. Il ne se faisait pas d'illusions : Sans elle, ça ferait longtemps qu'il aurait clamser en se tirant une balle dans la tête. L'envie le prenait encore, parfois, mais elle était là.

Elle le faisait remonter. Elle réactivait ses fonctions vitales qui s'éteignait quand elle était trop loin. Alors qu'elle se défonçait à la came ( Ils le faisaient tous, mais elle, c'était pire. Plus fréquemment, et puis une surtout une panoplie de drogue largement plus vaste. ), sa drogue à lui c'était elle. Sa Lily.

Il l'observa avachi sur leur matelas, un sourire béat au lèvres. Harry les observait tout les deux, d'un air curieux, et Jamed pinça ses narines. Il n'avait jamais voulu de ce môme mais ça avait été trop tard pour faire avorter, et probablement trop cher.

C'est pas qu'il aimait pas les gosses, mais c'était franchement pas le milieu idéal pour en élever un. Il en était la preuve vivante. Alors quoi, il devait être content d'avoir un fils ? Alors que ce dernier avait une junkie et un gérant de bordel pour darons ? Mention spéciale à sa pute de grand-mère et à son dealeur de parrain.

Il avait déjà essayé de sortir de tout ça, mais quand on y trempe un doigt, on finit toujours par se noyer.

Lily se droguait trop, elle passait des heures à planer en s'engourdissant la conscience à coup de seringue. Elle se mettait tout le temps dans de sales états, elle faisait pas gaffe à la qualité de ce que Sirius lui vendait, ni à la quantité qu'elle ingérait.

La seule chose qu'il pouvait faire pour l'instant c'était s'empêcher de couler plus.


- Ne prend pas de drogues, Lily, s'il te plaît. Juste aujourd'hui.

- D'accord.

- Aussi simple que ça ?

- Oui.

Quand James quitta la chambre miteuse dont laquelle ils vivaient tout les trois, elle ouvrit le tiroir pour en ressortir un sachet blanchâtre.


- T'en a pris ?

- T'es pas mon daron, occupes toi de tes affaires.


- J'te jure que j'ai rien pris ! Pourquoi tu me crois pas, putain ?

- Parce que t'es qu'une sale tordu qui passe sa vie à mentir, Evans.


Ses parents étaient surpris. De la voir planer, probablement.

C'était grisant.

Lily ricane et se leve pour tirer James sur la piste de danse.

Pétunia lui en voudra de gâcher son mariage.


Elle tournoya légèrement son bras pour faire ressortir une veine avant de faire pénétrer l'aiguille dans la peau blafarde, faisant passer le liquide brunâtre dans son sang.


C'est étrange parce qu'elle crache du sang. Elle plane beaucoup trop pour se rendre compte que c'est le sien.


- Lily, t'as maigris.

- On maigrit tous, mon chéri. C'est l'amour qui me tue.


- Fais taire le mioche, j'ai du boulot demain purée.

Lily augmenta le son de la musique.


- Je crois que je suis en train de mourir.

- C'est vrai ?

- Ouais. T'aspires mon âme chaque jour, Lily.

- Alors j'arrêterai de t'embrasser.


- T'as tout ?

- Ouais. Pas de crédit aujourd'hui, je connais tes petites manies, Evans. C'est cash.

- C'est Potter, Black.


James soupire.

Aujourd'hui, Harry vient de prononcer son premier mot. Celui qu'il entend le plus.

"Drogue".


Il fait noir.


Ça fait longtemps que Lily n'a jamais été aussi consciente.

Elle chancelle légèrement, ses bottines claquant faiblement contre le gravier. Elle tiens contre elle son sac, grelottant au vent.

Les familles s'écartent du trottoir, comme si elle représentait un quelque danger pour eux, tout ça pour quelques percings ou une teinture rouge vif. Pourtant, quiconque y prêterait attention verrait combien elle était inoffensif : elle tenait à peine sur ses jambes.

Alors qu'elle atteignait presque le bâtiment en ruine où elle pioncait habituellement, elle fut soudainement prise d'une quinte de toux qui l'obligea à s'appuyer contre le mur, une main sur la bouche.

Elle frisonna en la retirant et en découvrant des gouttelettes de sang.


Lorsqu'elle entra dans la pièce, elle vit d'abord James qui comptabilisait de l'argent. Il y en avait un paquet, mais il s'agissait là de l'entièreté de leurs économies : économies qu'elle ne se gênait pas d'utiliser dans la drogue. James aussi, mais dans une moindre mesure.

- Où est Harry ?

- Tiens, tu te souviens de son prénom ? C'est plus "Harold".

- Ferme ta gueule, Potter.

- Il est avec ma mère.

Lily pinça les lèvres.

- J'espère qu'elle joue pas à la pute devant lui.

- Honnêtement, je sais pas comment tu peux dire ça quand toi-même tu te drogues sans pression devant lui.

La rouquine tira la langue, ignorant le gout métallique qui y habitait. Elle n'en parlerai pas à James, c'était probablement pas grave. Il lui suffirait de ralentir sur la came.


L'hôpital lui dégoterait probablement quelques médocs pour soigner sa merde.


Putain.


- Je ne te laissera pas sortir tant que tu me dis pas ce que tu as. Putain, Lily.

Cette dernière le fusilla méchamment du regard.

- Rien.

- Te fous pas de moi. Te fous pas de moi, putain. Essaye pas de me la foutre à l'envers.

- Arrête ton spectacle, Potter. J'ai rien.

James tapa contre la table, sa femme ne sourcilla pas. Elle avait l'habitude de ses accès de colère. Elle ne le trouvait que plus ridicule. Il ne la toucherait pas. Qu'il essaye.

- Tu sais très bien tout comme moi que c'est qu'une question de temps. Je vais demander à Peter de te pister si tu m'dis pas dans quoi tu t'es encore fourré.

La rousse essuya les quelques larmes rageuses qui perlait autour de ses yeux.

- ...

- J'abandonnerai pas.

- ...J'ai choppé un cancer.


- Le médecin a dit qu'il me restait plus que quelques mois à vivre, avoua Lily en soufflant sur sa cigarette.

James la regardait rageusement.

- J'veux pas mourir. Purée, James, j'veux vivre. J'veux regarder le mioche grandir. J'ai envie de l'engueuler quand il touchera à cette merde (elle désigna sa cigarette), et qu'il se plaigne parce que je le fais. J'ai pas envie de m'éteindre maintenant.

- Alors quoi ? Tu vas me laisser avec Harry et clamser ? Crève pas, putain. Crève pas, abruti.


La voiture luisait à leurs côtés. Devant leurs yeux. Ils auraient pu vendre leurs âmes et ça n'aurait pas suffit à payer seulement la carrosserie.

- Putain, c'est classe. J'suis presque sûre que Tunie a la même, chantonna Lily.

James fronça les sourcils, avant de brusquement enfoncer la porte de l'auto.

- James ?

- Entre.

- Pardon ?

- Tu m'as pas entendu ? Entre.

- Qu'est-ce tu fous ?

- Je vole c'te caisse. Aller, bouge toi. Attache Harry.

Lily obéit devant le ton de son mari, attachant vaguement Harry à l'arrière, sur un siège pour gamin qui traînait par chance.

En s'engouffrant à l'avant, James démarra au quart de tour.


- Va doucement, tu veux nous faire clamser ou quoi ?

- Pour le temps qu'il te reste, on est pas à ça près, se moqua James.

- Ouais, rigole toujours. Qu'est-ce qui t'as pris de voler cette voiture putain ?

Dans le rétro, elle aperçu vaguement la silhouette de son fils. Il observait la route calmement, sans rien dire. Il n'avait jamais été un enfant très bruyant et c'était tant mieux.

- Je sais pas, avoua James.

Sa voix indiquait qu'il mentait.

Lily se recrovilla légèrement. Elle avait affreusement froid, un mal de tête la tiraillait. Elle chercha un sachet de poudre dans la poche de son jean slim dont lequel elle flottait de plus en plus, mais James posa sa main libre dessus.

- Arrête. J'veux qu'on soit sobre quand on va le faire.

- De quoi tu parles ?

Il ne quitta pas la route du regard, se contentant d'exercer une légère pression sur sa cuisse.

Et c'est là qu'elle comprit.

Si elle arrêtait de se voiler la face, elle aurait compris à l'instant où James l'avait demandé de sortir avec Harry avant de voler la caisse.

Elle attrapa ses doigts et enlaca sa main faiblement, alors qu'il accélérait de plus en plus.

- T'es qu'une droguée, putain, Evans. T'as foutue en l'air nos vies.

- J'aurais fini comme Tunie si t'avais pas courru après moi aussi longtemps, espèce d'enfoiré.

- T'aurais épousé ce vieux Snivellus, oui.

- Et t'aurais fini avec une pute de ton bordel.

- Peut-être. Mais elle au moins, elle aurait été consciente plus de deux heures par jour.

- Vraiment pas, chantonna Lily. Tu sais très bien que pour toi comme pour moi, notre pire ennemi, c'est cette chienne de lucidité.

Alors qu'il venait de dépasser les 100km/h, James tourna brusquement le volant.


La suite n'est pas bien compliqué à deviner. Ils clamsèrent heureux et n'eurent aucun enfant. Harry aurait survécu avec cette cicatrice et aurait fini sous les soins des Dursley. Peut-être auraient-ils étaient un peu plus conciliants, peut-être pas. Une chose est sûre : Lily n'est plus là pour nous le raconter.

- MDA.