Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.

Note : Et voilà, encore un OS écrit alors que je devrais travailler ? Mais au moins, j'ai la satisfaction d'avoir achevé quelque chose. Hop, hop, on empiète sur le thème du 20. Si je m'y mets tout cet aprèm, je serais à l'heure pour le thème de demain. Sinon j'ai 500 mots, et j'ai du mal avec la romance ? C'est trop difficile de tirer les ficelles quand deux personnages sont en train de se séparer. J'aimerais pas être à la place de Dieu.

Le thème du jour était : Enfer et contre tous

Bonne lecture !


L'Enfer, c'est nous

"Tu bois trop.

— Mais je tiens bien l'alcool. Et tu dis ça parce que t'es radin.

— Dis celui qui n'a pas l'intention de payer.

— Tu t'inquiètes encore pour moi ?"

Axel s'agite. Il connait la chanson, sur le chemin du comptoir. Il colle au dos de Saïx tandis qu'il paye, laisse une main légère trainer sur son omoplate, à la recherche de ce point où la couture moule parfaitement ses muscles. La trace blanche du bijou sur son annulaire le troue aussi efficacement qu'un ulcère, et il ferme les yeux en composant mentalement le code de sa carte bleue.

Il touche sa propre main, sous sa veste. Sa peau blanche ne garde pas de marque de bronzage, et plus rien ne laisse deviner ce serment qu'il a renié le soir du divorce. Fermé à clé dans le tiroir, comme si c'était facile. Il se rappelle du temps où il utilisait sa chevalière pour faire croire qu'il était marié.

Son regard vert s'attarde sur Saïx. Les fils bleus qui coulent de son chignon, la chaleur de sa nuque. Il a peur, d'un coup. Peur de se rendre compte que s'il est si bien habillé, c'est parce qu'il cherche quelqu'un.

"Tu me dévisages, l'autre fait remarquer.

— Ouais."

Pas la peine de nier. Saïx range son porte monnaie sans demander pourquoi. Un instant, leurs regards s'entrecroisent. Ils ne sont pas en train de parler des gosses, là. Saïx vient de lui payer à boire, il vient d'accepter. Ça devrait être simple, et ça ne l'est pas.

Il l'entend dans sa tête, le choc de son corps contre le mur s'il essayait de l'embrasser. Le brouhaha indiscret des clients du café qui se retourneraient sur eux. Il ne devrait pas rêvasser comme ça. Pas profiter de l'euphorie de l'alcool, du feu infernal qui lui brûle les tripes comme il sait que Saïx ne dirait pas non, s'il s'agenouillait devant lui au milieu du couloir. Le sexe n'a jamais été le vrai problème entre eux.

Il le touchait encore en mars dernier.

"Tu sens la lavande, il ment."

Saïx fait ce geste où il se renifle par réflexe. C'est lui, il pense, qui a proposé le mercredi. Il savait que ça foutrait la merde. Parce que tout ce dont il a envie, là, c'est que sa main vienne fouiller sa nuque et qu'il tire sur sa ceinture pour le plaquer contre ses hanches pendant que ses ongles rentreraient dans la doublure de son blouson. Il le regarde et il a envie de quelque chose de dur, de sa peau froide et de sa langue sur la sienne, de cette solitude peuplée qui n'existe que quand ils ne sont plus que tous les deux.

Il voit que Saïx sait. Il sait qu'il l'allume. Il n'a jamais eu besoin de parler des heures pour ça, mais il le faisait quand même.

A sa grande surprise, c'est Saïx qui le prend par la main. Sa voix, redescendue d'un octave, lui colle des frissons dans le dos.

"Viens."