Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.
Note : Hey, merci à Loir pour la super WW, j'ai vraiment de la chance. Si vous aimez ce chapitre c'est lui qu'il faudra remercier ! Puis ça fait du bien d'écrire un truc léger, aussi.
Le thème du 3 avril était : Quand sommes-nous devenus si vieux ?
Les thèmes du 30 et du 2 ne sont pas oubliés, pas d'inquiétude ! Bonne lecture !
Ok, boomers
"T'as les médocs ?
— C'est bon."
Saïx soupire en retournant s'assoir dans un bruit de pochette froissé. Axel se penche agilement pour lui cacher la vue. Le temps passe à deux à l'heure dans cette salle d'attente, autant leur éviter un stress supplémentaire en attendant que quelqu'un les appelle. Ils ne sont pas à l'abri d'une énième connerie.
"Tu n'es pas en colère ?"
Saïx s'est décidé à parler. Axel voit ses épaules se courber comme si le poids du monde était sur le point de lui briser la nuque, ses mains tordues et moites, son pif rivé au sol, ses coudes posés sur ses genoux. Il n'est pas dupe. C'est sa fierté qui gît, là, entre ses paumes ouvertes. Sa colère contenue qui s'effrite comme il ne comprend pas ce qu'il ressent.
Appuyé contre le dossier inconfortable de sa chaise, le rouquin guette sa réaction. Et puis, il lui tend sa cigarette.
"Si. J'ai envie de te coller mon poing dans la tronche."
Son ex tressaille, accepte le tube éteint sans moufter. La culpabilité le dévore. Occuper ses doigts ne réglera pas le problème, mais ça lui donne au moins l'illusion de gérer.
"T'aurais pu attendre pour les emmener à la plage, j'ai raté la première fois où ils ont vu la mer."
Même les yeux fermés, Axel lit la surprise sur le visage de Saïx. Il sait comme il respire, son corps qui bouge sur la chaise. Pas encore un sourire sur ses traits, mais presque. Avec un haussement d'épaules, il se recale mollement contre le dossier.
"Allez, relax. Tu voulais que je te dise quoi ? Je me suis résigné à l'idée qu'ils finissent un jour ou l'autre à l'hosto quand on a adopté."
Sa main passe machinalement dans les cheveux fins de Xion, endormie dans la poussette qu'il berce du bout du pied. Ses ronflements de souris apaisent les battements de son cœur. S'il pouvait la couver comme une poule, il le ferait. Enfin, ils ont déjà bien assez d'un seul cas d'asphyxie.
"J'étais un gosse casse-cou aussi, t'imagine pas le nombre de fois où ma mère m'a emmené aux urgences pour des points de suture.
— N'essaie pas de me berner, je peux compter tes cicatrices sur les doigts de ma main.
— Sai'. Ce coquillage, c'est pas ta faute."
Quelque chose de chaud vient se poser sur sa cuisse. Saïx lève à peine la tête et ça n'est pas grand chose, mais de voir Axel tout à coup si sincère, le poids qui pesait sur son estomac se délite. La légèreté du renard l'irrite autant qu'elle le rassure. Il ne croit pas aux accidents mais peut-être... peut-être que cette journée faisait partie d'une sorte de plan. Un alignement forcé des étoiles pour leur permettre de communiquer sans se taper dessus, même s'il aurait préféré que ça n'arrive jamais.
"Merci."
Axel regarde ailleurs. Sa clope brûle au creux de sa propre main, maintenant, défiant en silence l'interdiction rouge vif placardée sur les murs. Le filtre coincé entre ses dents lui donne des allures de catboy, et Saïx lui fait signe de s'éloigner d'un court mouvement de la main.
"J'avais oublié que parfois, tu pouvais être autre chose qu'un sale con.
— Oublier, toi ? Arrête, j'y crois pas une seconde.
— Tu devrais. Et du reste de la phrase, y'a que ça qui te choque ?"
Axel ricanne. Le son ricoche dans les couloirs malgré les bourdonnements alentours, et il n'aurait pas pu redoubler autant que devant son air complétement dépité.
"J'ai toujours été un sale con. Je te rappelle que j'aimais les Cure, quand on s'est rencontrés.
— Et les Smith. Crois-moi que sans ça, je t'aurais jamais épousé."
Ils échangent un bref sourire et l'air devient plus supportable, le café moins amer, l'attente moins longue. Une brèche dans l'univers.
En retournant s'assoir près de lui, Axel laisse échapper un bruit désespéré.
"Putain, c'était les années 80. Quand est-ce qu'on est devenus si vieux ?"
— Estime toi heureux de ne pas avoir vu le temps passer. J'ai compté chaque minute.
Cette fois, c'est au tour de Saïx de sourire. Et tant pis si le coude du rouquin s'enfonce douloureusement entre ses côtes. Il avait presque oublié comment c'était, de se jeter des piques pour le plaisir de l'entendre râler.
— Toi, mon gars, je vais te fumer."
