Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.
Note : Je vais arriver à finir cette histoire aaaah. Promis. C'est bientôt la fin, déjà parce que je suis bientôt à court de thèmes et qu'ensuite, en ce moment j'essaie de me motiver pour des WW. Merci toujours à Lae pour ses reviews, je serai pas aussi motivée sans ça. Bonus : t'avais raison
Le thème du 2 avril était : Fusain
La page blanche
"Qu'est-ce que tu gribouilles ?
— C'est rien.
— Fais voir. Si tu ne te vante pas, c'est que ça doit valoir le coup."
Saïx passe au dessus de lui dans un geste qu'il ne pensait pas revoir un jour, et Axel observe religieusement son torse en se couchant entre les draps. Il le laisse attraper cet amas de feuilles agglomérées entre elles. Son vieux carnet ressemble à une grosse boule recouverte de bave et de traces de peinture, si ce n'est pour le visage qui occupe le coin supérieur du papier. Les ongles de Saïx laissent des traces sur la page alors qu'il les parcoure du bout des doigts, silencieux.
Le rouquin grogne en roulant sur le dos. La chambre est incroyablement calme, un vase clos où les grésillements du baby-phone sur l'étagère leur parviennent en sourdine. Axel soutenait qu'en Bretagne la pluie ferait rage, mais force est de constater qu'il est à peu près aussi nul en mister météo qu'en modèle d'abstinence. Ça tient à rien, finalement. Une atmosphère. La lumière matinale, le noir qui tâche ses mains. Tout rappelle ces jours paisibles où ils louaient encore des chambres sur la route pour s'envoyer en l'air, pourtant la cigarette qu'Axel presse entre ses lèvres n'a pas goût de passé.
"Tu me reproche pas de vouloir te garder avec moi ?
— C'est du papier.
— Et vois ton zgeg. Je peux te jurer que c'est pas une nature morte."
Assis en tailleur, Saïx garde les yeux rivés sur son portrait. Ce serait flatteur s'il n'essayait pas d'esquiver de manière si flagrante leur vraie conversation. Celle qu'ils ont commencé hier soir sans la finir vraiment.
"J'avais oublié que tu dessinais. Tu n'as pas perdu la main.
— Il reste un nombre incalculable de mes croûtes au grenier. J'pourrais les revendre, ça m'éviterai d'avoir à chercher du taff.
— Je croyais que tu avais envoyé tous les nus à mon père il y a quelques années.
— J'ai menti. J'ai hésité à brûler les plus beaux le soir où tu as demandé le divorce."
La confession tombe avec nonchalance, mais la tête de Saïx tire mériterait presque qu'il avoue son mensonge – beau papa n'a jamais rien reçu. Il ne regrette pas d'avoir craché son expression précédente sur la page. La suie noire fait tomber ses cheveux longs en poussière, esquisse la tranche nette de cette cicatrice qui lui fait des yeux plus sombres qu'en réalité. Son front haut, ses pommettes qu'il devine sans les voir. Son bras glisse sur ses traits et l'air sérieux de Saïx disparait sous sa peau, presque aussi vite que son pantalon lorsqu'il est entré dans sa chambre hier soir une bouteille à la main.
"C'est la première fois que tu le dis à voix haute, le bleuté note.
— Je sais."
Axel croise les bras derrière sa nuque. Le temps leur échappe et il peut entendre très distinctement Demyx chantonner dans sa tête. Deux jours passés ensemble, et Saïx ne recule déjà plus quand il effleure sa peau. Il aurait donné n'importe quoi pour voir leur relation revenir à ce stade, il y a six mois. Mais maintenant que la colère l'a déserté, il ne sait plus. Saïx lui manque, oui. Mais pas comme il aimerait. Pas comme ça.
Son ex le regarde et c'est la page blanche. Il soupire longuement avant de tenter une approche.
S'il y a bien une chose pour laquelle il est doué, c'est remettre les deux pieds dans le plat.
"Pourquoi tu m'as quitté ?"
