Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.
Note : C'est bientôt la fin ! Merci à Noé pour sa patience, et à toutes lecteurices qui restent. Sinon, cette fic vient de fêter ses un an, c'est terrifiant. Prenez bien soin de vous.
Bonne lecture !
Le thème du 6 avril était : "Si un arbre tombe dans une forêt où il n'y a personne pour l'entendre, produit-il réellement un son ?"
Les arbres sous nos pieds
"J'ai décidé de sortir avec Terra.
— Alors que tu es complétement fou de moi ?
— Je voulais te le dire. Pour que tu sache."
Devant la porte entre ouverte du perron, Axel jette un vague coup d'œil par dessus son épaule avant de jeter sa cigarette, et de l'écraser d'un bref coup de talon. Les éclats de rire des jumeaux résonnent dans tout le voisinage et pourtant ce ne sont pas eux qui font le plus de bruit. Une fois n'est pas coutume, il doit admettre que Demyx a eu l'idée du siècle en faisant installer cette piscine gonflable dans le fond du jardin. Le vent printanier de mars devrait le réchauffer de l'intérieur, mais c'est surtout le regard de Saïx qu'il recherche, calme et droit, alors qu'il enfonce ses mains dans les poches de son vieux short de bain.
Il soupire. La flamme de sa clope meurt aussi vite que le sarcasme tout net qu'il avait préparé. Ce n'est pas parce qu'il s'y attendait que c'est plus agréable à entendre, mais il peut faire avec. Cinq mois pour se recaser, c'est le minimum de ce qu'il espérait de la part de Saïx.
Il rit au souvenir de cet homme qui l'avait embarqué avec lui dans sa voiture un bon matin, sans peurs et sans valises. Est-ce qu'aujourd'hui il accepterait encore de se barrer comme ça, du jour au lendemain ?
"Merci. Il parait que Xion l'aime bien.
— Oui. Je lui ai donné... Une autre chance."
C'est presque un sourire, qui passe sur sa bouche, et Axel dissipe rapidement le malaise qui s'installe en franchissant le faible espace entre eux. C'est une drôle de flamme qu'il voit briller dans son regard, quelque chose d'ambigu. Le rouquin a pris du poids, sa démarche se calme. Il n'a plus cette odeur persistante d'absinthe dans les cheveux tandis qu'il l'enlace de ses bras fins. Saïx le serre en posant ses mains dures sur sa taille, et les arrêtes anguleuses de son corps sont comme un million d'anciennes certitudes. Quelque chose de rassurant qu'il garde avec lui en songeant à Terra qui rentre du travail.
"On s'est rencontrés sur Internet.
— Qui êtes vous ? Et qu'avez-vous fait de mon ex-mari ?
— Calme toi sur l'ironie, et dis-moi plutôt ce que Demyx fait avec mes enfants.
— Rien de plus que d'habitude. Leur faire écouter des musiques des années 70, jouer au sous-marin gay avec sa pipe à crack. Il reste un peu plus souvent, ces derniers temps. Le temps de reformer le groupe. On va jouer samedi.
— Je vois."
Axel se recule en massant l'arrière de son crâne, et Saïx fait une exception en se laissant attirer brusquement par le col. Axel a sa manière à lui de ronronner, en l'embrassant longuement dans le cou.
"On se voit toujours mercredi ?
Il souffle, et le bleuté pose sur lui des yeux qui lui glacent le dos. Une délicieuse douche froide pour son corps étourdi de chaleur.
— A moins que tu aies autre chose de prévu.
— Et il accepte ça, ton Terra ? Notre arrangement ?
— Disons qu'il l'a bien pris."
Ils s'écartent, et Saïx retrouve aussi sec sa posture de maton. Axel n'aime pas les règles, il sait. Presque autant que lui exècre les compromis. Il lui sourit quand même. Quelle drôle d'ironie.
"Ne sois pas en retard.
— Le temps d'appeler ta mère, et de te rappeler pourquoi tu m'aimes.
— C'est ça."
Alors qu'il dévale les marches, Saïx regrette déjà sa chaleur familière. Ce n'est pas la première fois qu'il quitte ce porche avec l'image d'Axel au coin des yeux, mais c'est la première fois qu'il a l'air bien. Il ferme la porte de sa voiture. Il se moque, et son poignet flotte dans le ciel clair comme un long cerf-volant.
