Neiji adorait l'été le soleil brillait à travers les feuilles verdoyantes, et il pouvait profiter de la chaleur du soleil sur sa peau. Rien n'était plus agréable que jouer avec Hinata dans la cour du château ou l'écouter jouer de la musique pendant qu'il s'entraînait avec sire Hakkio, le maître d'armes. Mais aujourd'hui était bien différent des autres jours estivaux auquel il était habitué. Dame Cho avait perdu les eaux et était enfermée à présent dans ses appartements avec une floppée de sages-femmes et de médecins pour l'aider à donner naissance.

Il aurait préféré attendre dehors et non dans le couloir pour ne pas entendre les cris de douleur de sa tante, mais il refusait de laisser Hinata seule ; Hiashi faisait les cent pas devant la porte de la chambre sans prononcer le moindre mot, et Hinata attendait, assise sur une chaise, droite comme une tour, la fin de l'accouchement. Il était hors de question qu'il la laissât seule alors que personne n'était là pour la rassurer. Alors qu'un autre cri de douleur résonnait, Hinata prit une profonde inspiration. Elle faisait de son mieux pour ne pas pleurer, mais Neiji voyait que des larmes perlaient au coin de ses yeux. Il posa une main sur la sienne et elle se tourna vers lui.

– Tout ira bien, dit-il. Je suis sûr que c'est normal. Dame Cho a plein de sages-femmes avec elle, donc tout ira bien. Et puis, elle a déjà eu un bébé, non ? Elle doit pouvoir le faire encore.

Hinata hocha la tête et un petit sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle serrait sa main en retour.

– Tu as raison, répondit-elle. Mère est une grande dame, une Hyūga et je suis née sans problèmes. Tout ira bien. Peut-être même que le bébé sera un mage si les Neuf le bénissent !

– Un mage ? répéta soudainement Hiashi. Pourquoi voudrais-tu que ton petit frère soit un mage ?

– Et bien, les mages sont bénis par les dieux eux-mêmes, ils portent chance et sont là pour aider les Hommes… balbutia Hinata en resserrant sa prise sur la main de Neiji.

Neiji fronça les sourcils. Pourquoi son oncle avait-il réagi aussi brusquement ? Les mages étaient des êtres rares bénis par les Neuf en personnes, en avoir un pour enfant était une bénédiction et un miracle !

– Hinata, les seuls humains bénis par les dieux sont les clans comme le nôtre. La magie coule dans nos veines. Les mages ne sont que des monstres ayant reçu leurs pouvoirs destructeurs de Celui de la Rage pour répandre la destruction et lui donner le pouvoir de corrompre les hommes. Pourquoi penses-tu qu'ils sont exécutés par la couronne ?

Neiji tressaillit en entendant la voix douce utilisée par Hiashi, et sentit ses yeux s'agrandir sous la surprise. Comment pouvait-il dire une chose pareille ? Les mages n'étaient pas des monstres ! De toutes façons, l'Hokage, la main droite du Daimyō était un mage. Donc pourquoi chasser les autres ? Cela n'avait aucun sens. A côté de lui, Hinata se leva brusquement, les poings serrés.

– Père, vous devez vous tromper ! Les mages ont été bénis par les Neuf, sinon pourquoi n'empêcheraient-ils pas Celui de la Rage de créer des mages ? rétorqua-t-elle.

Hiashi fronça les sourcils et se redressa de toute sa hauteur. Neiji sentit son estomac se serrer et un frisson parcourut son échine. Il se leva instinctivement et se plaça légèrement devant Hinata.

– Hinata, tu es ma fille et je t'aime, mais ne me reparle plus de la sorte ou les conséquences te déplairaient fortement. Pourquoi n'irais-tu pas prendre l'air avec sire Kō et Neiji ? Je pense que l'angoisse te fait perdre ton calme, donc je te pardonne.

Hinata ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais Neiji intervint. Comment sa cousine ne pouvait-elle pas sentir l'aura de son père ? Comment ne pouvait-elle pas voir qu'il n'exagérait pas lorsqu'il parlait de conséquences déplaisantes ?

– Bien sûr, mon oncle, je vais emmener Hinata dans les jardins. L'air frais fera du bien, dit-il vivement.

Puis, avant qu'Hinata ne puisse répondre, il l'entraîna dans le couloir et le vent les engouffra alors qu'il l'amenait dans sa chambre aussi vite qu'il le pouvait. Il ouvrit et ferma rapidement la porte avant de relâcher la main de sa cousine, dont les yeux écarquillés indiquaient sa surprise. Mais la surprise laissa rapidement place à l'agacement et elle fronça les sourcils.

– Pourquoi tu as fait ça, Neiji ? Je dois expliquer à père que –

– Tu n'as pas vu qu'il était en colère ? la coupa-t-il vivement.

Il soupira, agacé. Hinata était rêveuse et elle semblait penser que ses parents, qu'elle idéalisait, ne se mettaient jamais en colère.

– Il allait s'énerver contre toi, je t'ai amenée ici pour te protéger, ajouta-t-il.

– Père n'aurait jamais été méchant avec moi… répondit-elle en serrant la jupe de sa robe dans ses mains. Il est juste inquiet pour mère.

Neiji sentit sa colère s'évaporer aussi vite qu'elle était montée alors que cousine s'asseyait sur le lit, les yeux baissés. Elle essayait clairement de se convaincre elle-même. Il s'approcha d'elle et s'assit à ses côtés avant d'ouvrir ses bras. Elle se blottit immédiatement contre lui, comme ils faisaient lorsqu'elle était triste. Lorsqu'il était malheureux, il s'allongeait sur ses genoux et elle chantait pour lui mais aujourd'hui, c'était à lui de prendre soin d'elle. La pauvre ! Elle était déjà inquiète pour dame Cho, et son père s'était énervé et avait raconté d'horribles mensonges sur les mages. Il caressa ses cheveux et elle entoura sa taille de ses bras, le serrant contre elle comme s'il était sa poupée.

– Je suis sûr qu'oncle Hiashi ne voulait pas parler comme ça. Mais il était quand même en colère, et je ne voulais pas qu'il te rende triste.

Il la sentit hocher la tête contre lui, et entendit soudainement un reniflement. Il se figea un instant puis se pencha mais Hinata tourna la tête pour qu'il ne vît pas son visage. Neiji fronça les sourcils et attrapa le menton de sa cousine pour la forcer à le regarder dans les yeux. Des larmes dévalaient ses joues et sa lèvre inférieure tremblait. Neiji sentit son corps entier se tendre et son estomac se tordre violemment, comme s'il allait vomir. Il détestait voir Hinata pleurer. Elle devait sourire, chanter, danser et l'encourager lorsqu'il s'entraînait et lorsqu'il participerait à des tournois. Elle n'était pas censée pleurer. Il l'enlaça à nouveau, la serrant contre lui pour qu'elle ne puisse pas voir ses dents se serrer et ses sourcils se froncer. Il avait envie de donner un coup de pieds dans quelque chose, mais il ne savait pas quoi, et ses jambes se balançaient nerveusement au bord de son lit.

On toqua soudainement à la porte et il releva vivement la tête avant de mordre la joue. Devait-il ouvrir ? Ou faire semblant qu'il n'y avait personne pour qu'on les laisse tranquilles ? Il sentit Hinata se redresser et la vit essuyer ses larmes du coin de larmes. Non. Il n'ouvrirait pas. Il voulait être tranquille avec Hinata. Même s'ils étaient trop grands pour ça, ils feraient la sieste et ils iraient mieux au réveil. Celui des Bois donnait de beaux rêves aux enfants qui le méritaient, et Neiji était sûr qu'ils étaient tous les deux sages. Une sieste serait mieux que tout.

– Mademoiselle Hinata, Neiji, je sais que vous êtes là, dit-on soudainement à travers la porte et Neiji sursauta il avait oublié que quelqu'un était là.

Il fronça les sourcils, regarda Hinata puis, résigné, alla ouvrir la porte. Sire Kō se tenait dans l'embrasure, un air attristé sur son visage. Hinata s'approcha à pas léger et s'arrêta derrière lui, sûrement les mains croisées sur son ventre pour les empêcher de trembler. C'était toujours le cas lorsqu'elle se retenait de pleurer.

– Puis-je entrer ? demanda-t-il.

Neiji hocha la tête et s'écarta, étudiant l'attitude du chevalier. Allait-il défendre ce que Hiashi avait dit à propos des mages ? Si c'était le cas, il le mettrait dehors et le ferait punir. Il n'était peut-être pas l'héritier de Perleforêt, mais il était quand même le neveu de Hiashi. Les soldats l'écoutaient, et les domestiques aussi. Il pourrait sûrement punir Kō. Mais est-ce que son oncle l'autoriserait à le faire ? Il se mordit la lèvre. Probablement pas, maintenant qu'il y réfléchissait – pourquoi l'autoriserait-il lorsque Kō défendait ses mensonges ?

– Asseyez-vous, le chevalier dit-il. Je veux vous expliquer quelque chose.

Neiji jeta un coup d'œil à Hinata et leurs regards se croisèrent. Il hocha la tête, et sa cousine obtempéra, s'asseyant sur le bord du lit. Il la rejoignit et voulut lui offrir sa main à tenir mais Hinata avait les poings fermement serrés sur sa jupe. Il soupira intérieurement elle se retenait de pleurer et essayait d'avoir l'air courageuse et forte. Pourquoi ? Elle n'en avait pas besoin, il était là pour la protéger.

– Les mages ne sont sûrement pas les produits de Celui de la Rage, sur cela vous avez tous les deux raisons. Néanmoins, ils représentent une menace, mais pas de la façon dont vous pensez.

Neiji fronça les sourcils. Qu'est-ce que Kō impliquait ? Quelle menace les mages pourraient-ils bien représenter ?

– Savez-vous comment les clans comme le nôtre sont arrivés au pouvoir ? En étant les plus forts, continua le chevalier. Nous étions les plus forts de la région, et nous avons vaincu les Inuzuka et les Yamanaka, qui sont devenus nos vassaux. C'est la même chose avec les autres régions et les autres royaumes. Les royaumes sont fondés sont sur la loi du plus fort, est-ce que vous comprenez ?

Neiji hocha la tête en déglutissant. Il ne voulait pas penser que les Hyūgas qui aujourd'hui n'aimaient rien de plus que leurs forêts, avaient un jour été assez assoiffés de pouvoir pour affronter les autres clans. Mais c'était la seule explication qui faisait sens, lorsqu'il y pensait. Aucun clan ne se soumettrait à un autre pour aucune raison. A côté de lui, Hinata hocha aussi la tête, et elle semblait s'être calmée, d'une façon ou d'une autre. Elle avait toujours été passionnée par l'histoire et les légendes après tout.

– Les mages sont pour certains extrêmement puissants, comme les Kage. A votre avis, que se passerait-il si un mage aussi puissant que l'Hokage décidait de conquérir Yggalë ? Les seigneurs, aussi bons soient-ils, détestent l'idée de perdre leur pouvoir. Donc ils prennent les devants et éliminent la potentielle menace…

Neiji avait l'impression qu'on venait de lui jeter un sceau d'eau froide sur la tête. Les seigneurs comme son oncle, et même sûrement son propre père, tuaient des innocents juste pour garder leur place ? C'était horrible ! Ils étaient monstrueux, des criminels sans honneur, et ils méritaient que Celui de la Rage les entraîne dans son domaine !

– C'est infâme ! s'écria sa cousine.

– Je le pense aussi, mademoiselle. Mais je veux que vous sachiez que les seigneurs Hiashi et Hizashi vous aiment autant voire plus que le clan. Ils ne vous feraient jamais de mal.

– Qu'est-ce que cela peut bien changer ? rétorqua Neiji. La Mère de Tous doit être furieuse, Celui des Bois ne continuera pas de bénir Yggalë s'ils tuent des gens bénis par les Neuf !

– Les Neuf et la Mère de Tous ne voient pas le temps et la vie comme nous. Nous allons tous aux Champs d'Or après notre mort et c'est ce qui leur importe, répondit calmement Kō.

– Mais… balbutia-t-il.

– Je ne vous dis pas d'abandonner vos idéaux. Mais vous allez tous deux passer plusieurs années à Konoha, et il est mal vu de critiquer les Hauts Seigneurs et le Daimyō. Promettez-moi de faire attention, s'il-vous-plaît.

Neiji ne répondit pas, les poings serrés. Il n'avait peut-être que onze ans, mais il détestait se sentir impuissant. Son père était un meurtrier, son oncle aussi. Des larmes de rage envahirent ses yeux et il baissa la tête en se mordant la lèvre. Il ne laisserait pas Kō le voir comme ça. Seul Hinata pouvait être témoin de ses larmes car elle seule comprenait. N'importe quel autre jour, il aurait aussi autorisé son père, mais ce n'était plus le cas. Il ne laisserait pas ce meurtrier le voir attristé. Il ne le méritait pas. Ses poings se contractèrent encore. Il le détestait. Lui, et Hiashi.

Après quelques politesses, Kō les laissa, fermant soigneusement la porte derrière lui. Aussitôt, Hinata l'attira contre elle comme il l'avait fait plus tôt. Il déposa sa tête sur les genoux de sa cousine, qui caressa son épaule. Il leva les yeux vers elle et remarqua qu'elle semblait fixer un point qu'il ne pouvait voir.

– Lorsque je serai Grande Dame d'Yggalë, tu seras mon bras droit et nous ne laisserons plus les mages être tués, d'accord ? murmura-elle.

Il hocha la tête, incapable de parler. Elle sourit doucement, ayant surement senti le mouvement de sa tête contre ses jambes. Elle ferma les yeux, inspira profondément, et sa voix s'éleva. Neiji ferma aussitôt les yeux à son tour. Rien ne le calmait mieux que la voix d'Hinata. Il sentit un sourire naître sur ses lèvres alors qu'il reconnaissait dès les premiers mots l'Hymne des Neuf, la comptine que chaque enfant apprenait par cœur en l'honneur des neuf enfants de la Mère de Tous.

Celui de la Rage,

Dans le sang des impurs nage.

Celle des Brasiers,

Ronronne dans tous les foyers.

Celui des Marées,

Sait de la mer les secrets.

Celui de l'Honneur,

Protège toutes les demeures.

Celle de la Paix,

Met fin aux hostilités.

Celui de l'Air,

Avec le vent danse et erre.

Celui des Bois,

Se cache sous des camélias.

Celui des Bêtes,

Avec de nobles fauves fête.

Celui du Pouvoir,

Peut changer chaque homme en couard.


Trois ans plus tard.

Neiji poussa sur ses jambes malgré les supplications de son corps il devait arriver au bout de cette course, il y était presque. Ignorant les flammes qui consumaient ses poumons et sa gorge, il força encore sur ses muscles et sentit qu'il accélérait encore un peu. Et, finalement, après ce qui avait semblait être une éternité de douleur, il atteignit la ligne d'arrivée. Il s'arrêta en dérapant comme sire Hakkio le lui avait enseigné, et il jeta un coup d'œil au vieux maître d'armes.

– Très bien, jeune homme. Rafraîchis-toi un peu, et nous reprendrons le maniement de l'épée, déclara le vieil homme.

– D'accord, sire Hakkio, répondit-il, essoufflé.

Il s'éventa alors qu'il s'approchait du tonneau d'eau fraîche qui trônait contre un mur et plongea sa tête dedans avant de s'asperger le torse et de boire de grandes gorgées pour éteindre le feu qui ravageait ses muscles. On l'appela soudainement et Neiji se retourna pour voir Hinata qui s'approchait, visiblement amusée par son état. Il ne s'était toujours pas habitué à la voir porter les nombreux bijoux annonçant qu'elle avait dépassé douze ans, et encore moins au léger tintement qui l'accompagnait. Lui aussi avait maintenant quelques bijoux dans sa tresse, mais ses décorations étaient loin des fines chaînes dorées et des gemmes qui ornaient les nattes d'Hinata et des bracelets serpentant sur ses avant-bras.

– Hinata, que fais-tu ici ? demanda-t-il. Je te pensais à tes leçons.

– Je l'étais, mais mère m'a appelée un messager est arrivé de Konoha. Nous devons tous aller voir père dans son bureau. Mais il serait peut-être préférable que tu te changes avant, ajouta-t-elle, un sourire amusé ornant son visage.

Neiji jeta un coup d'œil à ses vêtements et acquiesça avant d'emboîter le pas à Hinata. Il salua le maître d'armes qui marmonna quelque chose à propos d'aller se reposer loin des enfants. Neiji sourit, amusé sire Hakkio pouvait râler tant qu'il voulait, tout le monde savait qu'il éprouvait en réalité beaucoup d'affection pour les enfants du château.

Hinata l'accompagna attraper des vêtements secs et, pendant qu'il se séchait derrière le paravent, sa cousine lui lança des vêtements. Une chemise blanche, un doublet gris perle et un pantalon de la même couleur. Il les enfila rapidement et ils quittèrent sa chambre d'un pas rapide, craignant d'être disputés pour leur retard. Neiji jeta un coup d'œil à Hinata, amusé il savait qu'elle détestait être en retard ou à déplaire à sa mère de quelque façon que ce fût. Lui avait appris à s'en moquer sa tante était trop aimante pour lui reprocher quelques minutes de retard, et l'avis de Hiashi et de son père lui importait peu même si, comme Hinata, il cachait son dégout.

– Le dernier arrivé doit un dessert à l'autre, dit-il pour défier sa cousine et se changer les idées.

– Les demoiselles bien élevées ne courent pas dans les couloirs, répondit Hinata en lui donnant un léger coup sur l'épaule.

– Mais il semblerait qu'elles frappent leur pauvre cousin sans défense ! se plaint-il faussement. Et puis tu n'es pas n'importe quelle demoiselle bien élevée. Un Hyūga qui ne court pas est bien plus honteux, si tu veux mon avis ! ajouta-t-il en la regardant du coin de l'œil.

Elle releva la tête vers lui, ouvrit la bouche pour lui répondre puis la referma, sourit et s'élança dans le couloir tel un courant d'air. Neiji secoua la tête puis s'élança aussi. Il adorait la sensation qui l'envahissait lorsqu'il courait son champ de vision était grandement réduit mais il sentait l'air danser sur son corps, et il avait l'impression d'être le vent lui-même. Insaisissable, agile, rapide. Il força légèrement sur ses jambes et dépassa aisément la silhouette trouble de sa cousine. Il s'arrêta devant le bureau de son oncle et s'appuya contre le mur, les bras croisés, un petit sourire arrogant sur son visage alors que Hinata s'arrêtait devant lui moins d'une seconde plus tard.

– Heureusement que mes cheveux n'ont pas bougé ! soupira-t-elle. Si j'avais perdu ma coiffure en plus d'un dessert, cette journée serait un désastre ! ajouta-t-elle. Et cesse donc de sourire ainsi tu es un écuyer, il est normal que tu sois plus rapide !

– Laisse-moi donc savourer ma victoire et mon second dessert, rit-il.

Elle rit légèrement aussi avant de toquer à la porte. On leur dit d'entrer et elle retrouva aussitôt une expression dignifiée que Neiji aimait moins que son sourire naturel. Mais, d'un certain côté, il aimait être un des seuls à qui elle montrait son vrai sourire il était ainsi certain qu'elle l'aimait comme il l'aimait, et qu'elle lui faisait confiance.

Dans le bureau de Hiashi, ils trouvèrent un étranger aux cheveux blancs et dont le bas du visage était caché par un masque qui portait une armure légère et une épée à sa ceinture. Neiji remarqua que son père manquait à l'appel, mais il n'était pas surpris la réunion commencerait certainement sans lui. Neiji inclina la tête et Hinata offrit un sourire doux mais impersonnel qui accompagnait bien son langage corporel. Accueillant mais légèrement sur ses gardes. Parfois il se demandait s'il n'était pas fou d'analyser les moindres mimiques de sa cousine, mais sire Kō lui avait dit que c'était important de pouvoir lire le visage des autres si l'on veut devenir un bon combattant et qu'analyser le visage d'Hinata, avec qui il possédait un lien fort, était un bon entraînement.

Elle offrait le même sourire à son père depuis la naissance d'Hanabi trois ans plus tôt, cachant sa colère froide sous une attitude parfaite de demoiselle bien élevée et de fille modèle. Hiashi ne semblait pas l'avoir remarqué, car il encourageait et gâtait toujours autant Hinata, mais cela n'étonnait pas Neiji. Il n'avait pas passé assez de temps avec sa fille pour la connaître réellement.

– Sire Kakashi, ma fille aînée, Hinata, et mon neveu, Neiji, les présenta Hiashi.

– Mademoiselle, jeune seigneur, je suis honoré de vous rencontrer.

– Tout l'honneur est pour nous, sire, répondit Hinata d'une voix douce.

Ils s'installèrent côte à côte et Hanabi courut jusqu'à sa sœur depuis leur mère et Hinata la prit sur ses genoux, la câlinant contre elle et la laissant jouer avec ses nattes alors qu'on expliquait la situation.

– Sire Kakashi vient depuis Konoha pour nous annoncer une terrible nouvelle le Daimyō est malade, et je vais donc retourner à la capitale pour prendre sa place, Hiashi expliqua, mais Neiji n'était pas surpris. Jusqu'à ce que je sois couronné Daimyō, Hinata, Neiji, vous viendrez avec moi à la capitale et Yggalë sera confiée à Cho. Lorsque je serai Daimyō, Hinata, tu reviendras à Yggalë pour devenir Grande Dame. Cho me rejoindra avec Hanabi et nous resterons à Konoha.

– Mon oncle… Qu'en est-il de mon rôle ? demanda Neiji, l'estomac noué serait-il séparé d'Hinata ?

– Nous verrons au moment opportun. Peut-être auras-tu trouvé une épouse à Konoha ou te verras-tu confié des responsabilités dans le royaume.

Neiji hocha la tête, retenant une réponse acerbe. Il se moquait bien du royaume ! Il voulait rester auprès d'Hinata, vivre à Yggalë, et s'il devait avoir une épouse, qu'ils vivent à Yggalë. En tant que futur bras droit de l'héritière de la région, il se devait de vivre à Perleforêt. Il observa le visage de sa cousine son masque d'inquiétude pour le Daimyō et de bienséance était parfait, et ceux qui ne la connaissaient pas aussi bien que lui ne sauraient jamais qu'elle mentait. Hinata n'était pas attristée par l'état de santé du Daimyō elle ne lui souhaitait aucun mal, elle ne souhaitait aucun mal à qui que ce fût, mais elle n'éprouvait rien pour le Daimyō.

Quelques autres informations qu'il trouva inintéressantes au mieux furent échangées, l'arrivée tardive de son père interrompant brièvement la discussion, puis on leur donna l'autorisation de partir, et il emboîta immédiatement à Hinata, qui lui prit le bras pour une balade dans les jardins, Hanabi sur ses épaules. Sa cousine était la seule personne qui le comprenait réellement, et il était le seul à la comprendre. Yggalë serait prospère pour des décennies sous leur règne.