Bonjour à tous ! Voici le quatrième chapitre et l'arrivée (enfin!) de Gaara dans l'histoire. J'espère que cela vous plaira, et n'hésitez pas à commenter !
Chapitre IV : le prince de l'ombre.
Gaara passa une main dans ses cheveux rouge sang, écartant les mèches à la recherche d'une quelconque racine blanche qui aurait échappé à la coiffeuse. Cependant, Misa avait fait du bon travail, comme toujours. Soulagé, il relâcha ses cheveux qui étaient maintenant en bataille. Misa serait surement attristée de le voir ruiner ainsi son travail mais il aimait porter ses cheveux de la sorte cela lui donnait l'impression que lui aussi profitait du vent de Suna. L'idée du vent qui caressait sa peau sous le soleil chaleureux et resplendissant de la capitale était un fantasme qu'il ne réaliserait jamais. Ses yeux se portèrent sur les lourds rideaux qui empêchaient les rayons du soleil de pénétrer dans ses appartements quand une flèche de douleur traversa soudainement son crâne.
Un gémissement de douleur lui échappa et, tandis qu'une main se plaquait sur la moitié droite de son crâne, griffant son crâne, l'autre agrippa le rebord de la coiffeuse. Un ricanement résonna dans sa tête et il ferma les yeux, les dents serrées et sa poigne se raffermissant seconde après seconde sur le meuble.
Alors gamin, on rêve de danser sous le soleil ? Cela n'arrivera jamais. Tu es un enfant de la lune, et le soleil ne brillera jamais sur ta peau !
Le bois éclata dans sa main, et Gaara tomba à genoux, pantelant, tandis que l'échos du ricanement se taisait petit à petit à l'arrière de son esprit alors que le monstre se rendormait. Un long soupir lui échappa et il se releva lentement. Celui de la Rage n'était pas un compagnon de vie agréable, et Gaara était certain que le dieu aimait lui rappeler qu'il était maudit pour se nourrir de son désespoir. Il fit quelques pas vers les rideaux, contemplant encore une fois de les ouvrir en grand et sentir, au moins une fois dans sa vie, la chaleur de l'astre directement sur sa peau, et peu importait si elle le brûlait et qu'il tombait inconscient.
Sa main s'approcha du rideau mais il remarqua quelque chose bouger du coin de l'œil. Les ombres de la pièce se rassemblaient, prêtes à créer un mur entre lui et la lumière mortelle. Ses dents se serrèrent. Il pouvait soi-disant les contrôler à volonté, mais il y avait une chose qu'il ne contrôlait pas. Elles agissaient d'elles-mêmes pour le protéger de tout danger. Il avait déjà essayé de trouver un endroit où il n'y avait pas d'ombres pour être libre et sentir le soleil, mais c'était impossible. Il projetterait toujours une ombre, ou une ombre serait toujours présente entre les plis de ses vêtements.
Il serra les dents et abaissa sa main. Peu importait à quel point il voulait sentir le soleil sur sa peau, il ne pourrait pas. Même si les ombres n'intervenaient pas, il savait que son état rendrait sa mère folle d'inquiétude, et il refusait de lui faire cela. Elle avait failli succomber en le mettant monde, et il refuser de lui imposer plus de douleur. Il tourna le dos aux rideaux pour attraper son équipement pour la journée. Des gants pour protéger ses bras, un masque qui couvrait le bas de son visage et descendait jusque sur son torse sous sa chemise pour être sûr qu'il était protégé et enfin, un long manteau avec un capuchon pour cacher son visage.
Il avait également une ombrelle si jamais il sortait profiter des jardins en fin de journée ou tôt le matin, mais il n'était pas d'humeur à voir les autres enfants du château fuir à sa vue. Il devait déjà déjeuner avec les membres de sa famille, et il n'en avait aucune envie en raison de la présence de son père, le Daimyō Rasa Hisuna. La simple vue de son père nouait son estomac et réveillait les désirs sombres que Celui de la Rage lui soufflait presque en permanence. Le monstre scellé en lui faisait résonner des pensées destructrices dans son esprit par sa simple présence, et le privait de sommeil, en particulier les nuits de pleine lune, ses rugissements résonnant dans le crâne de Gaara. Il passa une main sur son visage, et murmura quelques mots en l'honneur de Celle de la Paix, espérant qu'elle lui accorderait son soutien pour ce déjeuner difficile.
Il quitta ses appartements, ignorant le poids du regard des domestiques et gardes qu'il croisa sur son passage. Il ne voulait pas de leur pitié il le prenait tous pour un jouet brisé, une arme mal affutée, une expérience ratée qui n'aurait pas dû survivre. Ils le cachaient derrière des sourires compatissants et des paroles douces, mais Gaara n'était pas dupe. Personne ne pouvait aimer un monstre comme lui, à part sa mère, bien qu'elle se gardât bien d'être aussi démonstrative qu'avec ses autres enfants. Même son frère et sa sœur le haïssaient sans doute en secret. Ils pourraient au moins avoir la décence d'être sincères et le lui dire en face. Il secoua légèrement la tête. Non, ils avaient sans doute trop peur que Celui de la Rage prît le contrôle et les massacrât tous. Le dieu le lui rappelait régulièrement, et Gaara avait simplement accepté la vérité de son existence être une prison haïe et crainte de tous.
Il trouva les membres de sa famille dans une salle dont la plupart des rideaux étaient tirés. La table était à l'ombre, mais quelques canapés et le balcon étaient plongés dans la lumière du soleil, qui se propageait et éclairait la pièce. Quelques candélabres avaient été rajoutés pour pallier le manque de lumière. Gaara sentit son estomac son serrer. Il serait surement disputé pour être arrivé le dernier, et il avait trop mal à la tête pour l'accepter en silence.
– Ah, Gaara, te voilà enfin ! son père remarqua. Assieds-toi, j'ai de grandes nouvelles à vous partager.
Le prince écarquilla légèrement les yeux mais obéit rapidement. Il ignorait ce qui avait mis son père de si bonne humeur, mais il n'avait pas envie que cela change. Un déjeuner en famille sans insulte sur la soif de sang qui l'accablait serait le bienvenu, aujourd'hui. Il jeta un coup d'œil à sa mère, la reine Karura, qui lui offrit un sourire doux et aimant. Il sourit légèrement en retour, forçant ses lèvres à s'étirer. Sourire ainsi n'était pas dans sa nature, ou tout du moins pas dans ce contexte, mais cela faisait plaisir à sa mère. La voix de Temari, sa sœur aînée et héritière du royaume, le tira de ses pensées.
– Quelles nouvelles avez-vous à nous partager, père ?
– Tout d'abord, Hiruzen Sarutobi va bientôt se retirer sûrement d'ici quelques années, le temps que la maladie l'achève ou le convainc de lâcher son trône. Le Royaume de Feu va avoir un nouveau Daimyō.
– Quel clan a été choisi ? demanda sa mère.
– Les Hyūga. Je ne suis pas très surpris, les Yggalën sont riches et leur région prospère.
– Hiashi Hyūga sera Daimyō, dans ce cas, conclut Temari. Que sait-on de lui, exactement ? Je ne connais que son nom.
– Hiashi est le seigneur d'Yggalë depuis ses quinze ans, et son règne a été plus que prospère. Il a enrichi sa région, qui était déjà fort bien portante. Il chasse les mages avec un zèle incroyable mais n'a jamais transgressé la moindre loi. Il a une fille de l'âge de Gaara, Hinata, que les Yggalën appellent la Neigenée. Elle est née pendant un orage de neige si je me souviens bien, et au vu du climat de la région, il ne neige pas plus qu'ici, expliqua le Daimyō.
Gaara n'écoutait qu'à moitié le sort du Royaume du Feu ne l'intéressait pas plus que celui de son père. Il était détesté et méprisé par ses compatriotes, alors il n'osait pas imaginer les regards et les commentaires auxquels il aurait droit de la part des sujets du royaume voisin. Il ne lui tardait qu'une chose être assez vieux pour quitter le Royaume du Vent et s'en aller au Royaume de l'Eau, où le brouillard régnait en maître et le soleil n'était jamais présent. Là-bas, il pourrait vivre dehors.
– Mais ce n'est pas tout. La prochaine réunion des Daimyō sera organisé à Suna, et se tiendra dans deux mois. Je compte sur vous pour faire preuve d'une attitude exemplaire. Temari, Kankurō, vous assisterez à toutes les réunions, notre Conseil aura ses yeux sur vous. Hiashi amènera surement sa fille avec lui. Gaara, je compte sur toi pour ne pas l'effrayer. Yggalë est une région frontalière, et nos relations avec elle sont vitales.
Gaara se contenta de hocher la tête. Il éviterait la susdite demoiselle, ce serait plus simple ainsi. Il était maudit, possédé, monstrueux. N'importe quelle personne dotée de bon sens avait peur de lui. Non pas que cela lui déplaisait cela lui garantissait de profiter de la solitude qu'il aimait tant, mais il était évident qu'il ne fallait pas compter sur lui pour créer des liens avec une future Grande Dame.
Gaara descendit rapidement les escaliers qui menait à la salle d'entraînement et la trouva, à sa surprise, vide. Aucun chevalier ou écuyer en vue, pas même le maître d'armes. Gaara fronça les sourcils. Etaient-ils toujours en train de déjeuner ? C'était possible. Ou bien avaient-ils été appelés quelque part, et il n'était tout simplement pas au courant. Il finit par hausser les épaules il aimait la solitude et il n'allait pas se plaindre d'avoir cet endroit pour lui. Il retira son manteau, ses gants, et son masque, révélant sa peau si blanche qu'elle semblait être faite de neige. Il attrapa une lance et se plaça face à un mannequin pour commencer son entraînement.
Quelques minutes plus tard, son frère et sa sœur arrivèrent. Sa sœur déposa soigneusement son châle et ses jupes, qu'elles portaient par-dessus un pantalon de soie, sur un banc, la laissant vêtu dudit pantalon et d'une chemise sans manche. Comme toujours, elle portait du blanc et du lavande, deux couleurs claires qui repoussaient la chaleur infernale des steppes de Suna. Si seulement lui aussi pouvait savourer cette chaleur et cette lumière… Il serra les dents et reporta son attention sur son mannequin d'entraînement.
– Gaara, sais-tu où est le maître d'armes ? demanda soudainement Kankurō.
– Non.
Il continua à frapper le mannequin, ignorant le poids du regard de son frère et de sa sœur. Ne pouvaient-ils pas arrêter de le fixer ? N'étaient-ils pas habitué à son apparence et sa malédiction, après toutes ses années ? Ou pensaient-ils qu'il aimait exhiber sa peau si blanche quand ils étaient bénis d'une peau bronzée par le soleil ? Cette pensée fit rugir la rage au fond de son cœur et le coup qu'il porta au mannequin détruisit l'objet, l'arrachant de ses gonds et l'envoyer s'écraser quelques mètres plus loin. Il regarda l'objet brisé au sol et soupira.
Il s'approcha pour le ramasser quand un frisson parcourut son échine. Il s'arrêta et fronça les sourcils avant de se tourner vers l'entrée de la salle. Quelqu'un approchait, et leur aura était déformée. Il croisa les bras sur sa poitrine et alla se planter au milieu de la salle, les yeux fixés sur la porte. Il rassembla les ombres de la pièce et celles qu'ils avaient absorbées et mêlées à la sienne sous ses pieds, formant un disque de noirceur pure.
– Temari, Kankurō, reculez, ordonna-t-il.
– Gaara, que se passe-t-il ? demanda Temari.
– Quelqu'un arrive.
Son frère et sa sœur se mirent à côté de lui, les mains sur leurs armes.
– Reculez, répéta-t-il.
– Tu n'es pas le seul à savoir te battre, grommela Kankurō.
Gaara serra les dents mais ne répondit pas. Il ne les laisserait pas mourir, mais il préférerait qu'ils obéissent. Après une attente semblable l'éternité, la personne se montra. Il s'agissait d'une vieille femme, mais Gaara ne laisserait pas son apparence le tromper. Quelque chose n'allait pas avec l'aura de cette femme, et elle empestait la corruption. Celui de la Rage s'agitait à l'arrière de son esprit, et cela suffisait à Gaara pour affirmer que cette femme n'était pas innocente.
– C'est toi, chantonna la femme à la vue de Gaara. Tu es la prison vivante !
Gaara fronça ses sourcils blancs. Elle était après Celui de la Rage. Elle n'était pas la première, mais les autres n'étaient que des imbéciles que les gardes avaient arrêté et exécuté sans qu'il n'ait à intervenir. Elle était plus dangereuse que ces idiots, il le sentait, même si elle ne faisait pas le poids contre lui. Sa présence dans cette pièce en était la preuve et, même si la pièce ne sentait pas le sang, il était fort possible qu'elle ait tué tous les gardes et le maître d'armes.
– J'ai attendu ce jour pendant si longtemps ! Le jour où je le rencontrerai enfin !
– Elle a perdu l'esprit, remarqua Kankurō.
– Et tu es perspicace, se moqua Temari. Gaara, tu devrais reculer, on ne sait pas de quoi elle est capable.
– Je n'ai nul besoin d'être protégé.
– Bien sûr que si, répondit Temari. Tu es notre petit frère, crois-tu vraiment que nous allons laisser cette femme t'approcher ?
– Je sais que vous avez peur de moi alors reculez ou je ferais reculer.
Il sentit Temari se tendre à côté de lui et un sourire en coin apparut sur son visage. Il avait raison. Derrière leurs mots compatissants se cachaient deux couards qui n'osaient même pas lui dire la vérité. Celui de la Rage n'était pas un compagnon agréable, mais il avait l'avantage d'être un prisonnier honnête. Gaara était sa prison, c'était la seule raison pour laquelle il existait. Conçu pour contenir le dieu et l'utiliser pour le Royaume du Vent. C'était tout ce qu'il était aux yeux des autres. Il n'était pas bien plus pour lui-même. Qu'est-ce qu'un être maudit pourrait être ? Il tentait de satisfaire sa mère, et refusait de mourir, mais il n'arrivait pas à déterminer ce qu'il était d'autre. Mais cela n'importait pas. Tant qu'il vivait et que sa mère souriait, il était satisfait.
Il fit quelques pas vers la femme, et l'ombre tournoya autour de lui telle une brume ayant pris vie et pencha la tête sur le côté, attendant de la voir agir. Il avait pour habitude de réagir plutôt que d'ouvrir les hostilités à moins d'être sûr qu'il l'emporterait aisément. De plus, il voulait quelques réponses.
– Où sont les gardes ? demanda-t-il.
– Voyons, ils sont morts, jeune prison. Je n'allais pas les laisser interrompre ma rencontre avec mon seigneur. Ce prince et cette princesse gênent d'ailleurs, ajouta-t-elle.
– Tu ne les toucheras pas. Réponds vite et clairement et ta mort sera rapide.
– Ma mort ? Je me moque de ma mort ou de souffrir. Je veux juste libérer mon seigneur de toi, jeune prison.
– Ça n'arrivera pas.
La femme sourit mais quelque chose n'allait pas. Son sourire était trop large, son visage trop étiré et soudain, sa bouche s'ouvrit. Néanmoins, ce n'était pas une bouche humaine, mais plutôt une gueule animale remplie de crocs qui rendaient ceux de Gaara pathétiques en comparaison. Il fronça les sourcils alors que la femme se déformait horriblement pour devenir une bête semblable à un fauve géant, haute de cinq mètres. Elle avait sûrement avalé les quelques gardes entiers. Cela expliquait l'absence de sang.
Elle ferait sûrement de son possible pour le tuer et ainsi libérer l'essence de Celui de la Rage scellé en lui. Après quelques années d'essence, l'essence prendrait forme et le dieu ravagerait les civilisations humaines comme il le désirait. Gaara entendit les armes de son frère et sa sœur tomber au sol tandis que l'odeur de leur peur remplissait la pièce. Il roula des yeux. Où étaient leurs belles paroles maintenant que le danger était inévitable ?
– Es-tu sûr de toi, jeune prison ? gronda la créature.
– Absolument.
Il se concentra et l'ombre se projeta vers elle. La femme secoua son corps immense et s'élança vers lui mais Gaara ne bougea pas. L'ombre devint une masse noire qui s'enroula autour de la femme et emprisonna son corps sans difficulté. Quelle idiote. Cette pathétique mage pensait-elle réellement pouvoir le vaincre ? Elle n'avait surement aucune difficulté contre des humains banals, mais il était la prison de Celui de la Rage. Aussi corrompue qu'elle soit, il faudrait plus qu'une faible bénédiction de Celui des Bêtes pour venir à bout de lui. Un sourire tordit son visage. Il passait une mauvaise journée, et tuer cette femme lui ferait le plus grand bien. Il leva un bras, paume vers le plafond, et l'ombre souleva le corps monstrueux.
Gaara ricana à la vue de sa futile résistance. Elle était condamnée, comme un insecte qu'il pouvait écraser sous sa botte. Il lui adressa un dernier sourire et ferma la main. Aussitôt, l'ombre se contracta, broyant le corps de la femme. Son devoir accompli, l'ombre revint sous ses pieds, tandis que le corps mutilé et sanguinolent de l'intruse tombait au sol.
– Trouvons des gardes pour vous escorter, dit-il à Temari et Kankurō.
– G-Gaara… murmura sa sœur. J-je suis désolée d'avoir eu peur, j'aurais dû t'aider…
Il se tourna aux trois quarts vers elle et la regarda dans les yeux. Était-elle aveugle ou juste stupide ?
– Vous ne pouvez pas m'aider. Vous êtes plus faibles que moi. Admettez votre faiblesse et votre mépris envers moi, cela devrait vous retirer un poids des épaules.
Sur ces mots, il fit demi-tour et entreprit de quitter la salle, les bras croisés. Ils le suivraient sans aucun doute. Après quelques instants, il entendit les pas précipités de Kankurō et son frère se planta devant lui, les poings serrés.
– Ecoute-moi bien. Ni Temari ni moi n'avons tes pouvoirs, tu ne peux pas nous blâmer pour reculer devant un monstre comme celui que tu viens de tuer. Ce n'est pas aussi facile que pour toi. Alors oui, nous sommes faibles face à toi, et tu pourrais probablement faire pleuvoir du sang sur tout le château si tu essayais réellement. Tu peux me traiter de couard et de faible autant que tu le désires, je m'en moque. Mais ne dis plus jamais que nous te méprisons ! clama-t-il, et Gaara fronça les sourcils. Temari et moi t'aimons plus que nous aimons père et mère ! Lorsque tu es né, tu étais petit, faible et prématuré et, alors que tout le monde pensait que tu ne survivrais pas, nous n'avons jamais douté un seul instant que tu t'en sortirais. Car nous t'aimions déjà. Et nous t'aimons toujours.
– Vous avez peur de moi. Vous ne pouvez pas aimer quelque chose dont vous avez peur, rétorqua Gaara en penchant la tête sur le côté.
– C'est là que tu te trompes. Nous t'aimons malgré notre peur.
– Je ne comprends pas.
– L'amour est incompréhensible. Crois-moi, pour une fois, grommela Kankurō avant de tourner les talons et de quitter la salle.
Temari accourut à sa tour et s'arrêta en face de Gaara, le visage attristé mais résigné. Elle lui prit la main et Gaara se laissa faire, ne comprenant pas pourquoi elle la serrait autant.
– Je sais que l'amour est un concept inconnu pour toi, car seule mère t'en témoigne, et que tu ne comprends pas ce que nous ressentons pour toi. Mais je te promets que je t'aime, pas un jour ne passe sans que je me maudisse de craindre tes pouvoirs et le monstre endormi dans ton esprit, avoua-t-elle, des larmes perlant au coin de ses yeux. Merci de nous avoir sauvés aujourd'hui. Lorsque tu seras prêt, que ce soit aujourd'hui, demain, ou dans dix ans, laisse-nous t'aimer d'accord ?
Gaara la regarda partir en silence.
