Bonjour à tous ! Voici le cinquième chapitre de mon histoire. J'espère qu'il vous plaira :D J'ai accéléré un peu le rythme pour éviter que la rencontre GaaHina soit encore reculée, mais j'espère que cela vous conviendra quand même :D N'hésitez pas à me donner votre avis, cela me fait vraiment plaisir !
Chapitre V : Le Royaume du Vent.
Hinata avait toujours rêvé d'aller à Konoha, d'y admirer les plus beaux tournois, d'y rencontrer les chevaliers les plus nobles et les dames les plus gracieuses. A son grand désarroi, elle conclut rapidement que la capitale n'était pas digne des chansons et des histoires élogieuses qu'elle avait entendues. Non seulement la beauté de la capitale n'égalait en rien les forêts luxuriantes et les plaines verdoyantes d'Yggalë, mais les habitants semblaient avoir une vue fort insultante des Yggalëns, et semblaient prendre les Yggalënnes pour des femmes de joie pour une raison qu'elle était incapable de comprendre.
Si elle avait au début pensé qu'il ne s'agissait que de l'avis de quelques roturiers et soldats saouls sans la moindre importance, elle avait dû se rendre à l'évidence. Cet avis insultant était partagé par nombre d'habitants. Jamais elle n'oublierait le jour où on avait entamé la demoiselle Yggalënne et ignoré le dernier couplet. Lorsqu'elle avait naïvement demandé pourquoi, on l'avait regardée avec des yeux ronds, arguant qu'il n'y avait pas de dernier couplet. Etonnée, elle avait alors entonné la chanson elle-même, empruntant la harpe du barde pour ce faire. Croyant encore innocemment à la bonté des autres nobles de Konoha, elle avait mis tout son cœur dans la mélodie.
Le chevalier voyageait seul, lorsqu'il trouva
Une demoiselle Yggalënne chantant dans les plaines.
Sa douce voix le captura telle des chaînes,
Et elle était plus belle qu'un violent combat.
La demoiselle Yggalënne était une dame rare,
L'enfant chéri d'un seigneur, un autre chevalier
Qui les charmes de la demoiselle protégeait,
Mais le chevalier solitaire était avare.
Alors il goûta la demoiselle Yggalënne,
Qui lui chanta la plus splendide des chansons,
Le chevalier avare crut en sa décision,
Lorsqu'il partit, il déroba une mèche ébène.
Le père de la demoiselle chantait sans pitié,
Il chantait sans voix mais avec une lance,
Offrant au chevalier avare sa dernière dance,
Et la lame fut la dernière vue du chevalier.
Perdant lentement sa vie et sa mémoire,
Ses mains caressèrent une peau de sable doré,
Ses yeux revirent une paire d'orbes perlés
Ainsi que des longues soyeuses boucles noires.
Il rencontrerait Celui de la Rage,
Et la demoiselle Yggalënne danserait,
Et la demoiselle Yggalënne chanterait,
Car plus jamais elle ne reverrait son visage.
On avait immédiatement complimenté sa voix et ses talents de musicienne, mais ils avaient tous réfuté l'existence des quatre derniers vers. Selon leurs dires, la demoiselle Yggalënne n'avait aucune raison d'être heureuse de la mort du chevalier puisqu'elle s'était offerte à lui et était sa maîtresse. Aussitôt, Hinata avait senti la colère l'envahir. Comment pouvait-on pensé cela des femmes de sa région ? N'étaient-elles que des femmes de joie, pour eux ? Pourquoi avaient-elles une réputation aussi insultante ? Elle n'avait jamais été aussi furieuse que ce soir-là même la colère qu'elle avait ressenti en découvrant les agissements de son père ne pouvait rivaliser avec cette fureur, cette injustice.
Elle s'était enfuie auprès de Neiji, qui lui avait rapporté être regardé de travers par les autres écuyers, et avait entendu des blagues sur la couleur de sa peau. Hinata n'avait jamais fait attention à sa peau dorée jusqu'alors mais apprendre leur existence avait glacé son sang. Après ce terrible jour, elle avait décidé que seuls Neiji, Hamya et Hanika, qui étaient ses suivantes, lui tiendraient compagnie. Elle n'avait aucune envie de se mêler à une foule aussi sotte que celle de Konoha. Il ne lui tardait qu'une chose : rentrer à Perleforêt. Elle y serait bien plus heureuse, entourée des siens.
Elle avait demandé à son père pourquoi les nobles et roturiers de Konoha semblaient les mépriser ainsi, et s'il pouvait changer leur opinion. Elle n'avait pour réponse qu'une simple phrase des plus insatisfaisantes « Ma chère Hinata, les gens qui pensent des choses pareilles sont sots, ne leur prête pas attention ». Jamais elle n'avait honni une réponse de la sorte. C'était, outre une évidence, des plus inutiles.
La seule qualité qu'elle avait trouvée à la capitale, outre quelques tournois plutôt amusants, était un petit kioske dissimulé dans un des recoins des jardins entouré de dizaines de roses aux couleurs vives. Elle aimait y passer ses après-midis, que ce soit à harper, lire, broder ou s'instruire en compagnie de la lula qu'on lui avait attitrée mais qui n'était en rien semblable à lula Natsu. Elle préférait quand la lula était absente, mais ses désirs importaient peu dans une situation pareille.
C'était dans ce kioske qu'elle se trouvait, harpant avec Hamya et Hanika, que son père la rejoignit un après-midi ensoleillé qui lui rappelait l'été Yggalën. Elle le vit arriver de loin, ses larges épaules et sa taille impressionnante le rendant des moins discrets. Elle cessa aussitôt de harper et chanter et ses deux cousines éloignées se retournèrent avant de l'imiter.
– Père ! s'exclama-t-elle, un sourire doux au visage. Quelle raison vous amène ici ?
– J'ai quelques nouvelles à te partager, ma fille. Hamya, Hanika, ne vous inclinez pas et asseyez-vous, vous êtes toutes autant concernées, dit son père tendrement, mais Hinata n'était pas dupe il était toujours un meurtrier.
– Voulez-vous un peu de thé et des biscuits ? Je les ai faits amenés des cuisines, proposa-t-elle. Ils sont idéaux avec ce temps splendide.
– Avec grand plaisir, répondit-il et, tandis qu'elle lui servait une tasse – elle avait eu une bonne idée d'en prendre une supplémentaire, bien qu'elle eût préféré que Neiji les rejoignît plutôt que son père – il reprit la parole. Nous sommes conviés à la prochaine réunion des Daimyō à Suna, dans le Royaume du Vent. Hinata, j'ose imaginer qu'un voyage te ferait le plus grand bien.
La prochaine réunion des Daimyō ? Ce serait sûrement bien plus intéressant et agréable que la vie à Konoha ! Enthousiaste à l'idée de visiter un nouveau royaume duquel elle ne connaissait que le cavalier Ryn rencontré trois ans auparavant, elle sourit sincèrement. Il lui tardait d'annoncer à Neiji la nouvelle de leur prochain voyage. Il serait surement aussi enthousiaste qu'elle, et voudrait apprendre à chevaucher aussi bien que les renommés cavaliers du Royaume du Vent.
– Je serais enchantée et honorée de visiter une capitale comme Suna, père. Qui nous accompagnera ?
– L'Hokage Jiraiya se chargera de notre sécurité. Nous partons dans deux jours, et tes demoiselles de compagnie viendront également. Je ne veux pas que tu te sentes seule, ajouta-t-il.
– Qu'en est-il de Neiji ? demanda Hinata.
Pourquoi n'avait-il pas mentionné Neiji ? Son cousin devait les suivre, elle refusait de quitter la capitale sans lui, de l'abandonner aux vautours et insultes de cet endroit déplaisant. Elle sentit son estomac se tordre douloureusement à l'idée d'être séparé de son cousin. Il était son meilleur ami, son confident, son futur héros et bras droit. Ils étaient destinés à rester ensembles, elle avait besoin de lui. Une journée sans le voir serait déjà ardue, alors tout un voyage ? C'était impensable, il devait être là.
– Je dois malheureusement maintenir une présence Yggalënne à Konoha et Neiji, étant mon neveu, restera ici avec le reste de notre maisonnée.
– Alors je resterai aussi, décréta-t-elle fermement mais sans hausser le ton. Je serai cette présence Yggalënne. Je suis sa future Grande Dame, n'est-ce pas ? Qui d'autre que moi pourrait représenter Perleforêt ?
– Hélas, j'aimerais te laisser avec Neiji, mais Konoha n'est pas assez sûre pour que je t'y laisse. De plus, le Royaume du Vent est un partenaire économique important d'Yggalë et tu te dois de rencontrer ses plus hauts dignitaires, répondit calmement son père.
– Laisseriez-vous Neiji ici alors que Konoha, selon vos propres mots, n'est pas sûre ? Comment pouvez-vous faire cela ? s'étrangla-t-elle.
– Neiji n'est pas mon héritier, il ne craint rien. Il sera en sécurité.
Hinata mordit l'intérieur de sa joue pour retenir ses larmes. C'était injuste ! Comment pouvait-il lui prendre Neiji ? Ses poings se serrèrent sur ses jupes et elle respira profondément. Elle ne lui montrerait pas sa tristesse, il ne le méritait pas. Elle força son visage à adopter une expression neutre et releva les yeux vers son père.
– Très bien, père, il en sera comme vous le désirez. Suis-je excusée ? J'aimerais annoncer la nouvelle à Neiji.
– Bien sûr.
Hamya et Hanika s'empressèrent de la suivre et, dès qu'elles furent hors de la vue de son père, Hinata s'arrêta et enfonça son visage dans ses mains. Ses deux cousines l'enlacèrent et l'assirent sur un banc, caressant ses nattes ornées de divers bijoux. Des larmes dévalèrent rapidement les joues d'Hinata. Elle ne voulait pas être séparée de Neiji, c'était injuste, infâme !
– Tout ira bien, mademoiselle, murmura Hamya. Nous serons là, et nous ferons en sorte que le voyage passe aussi vite que possible.
– Il va tant me manquer, s'étrangla Hinata en relevant vivement la tête. Si la capitale est aussi dangereuse que père le dit, quelque chose pourrait lui arriver, et je ne serai pas là ! Et si un quelconque ennemi envoyait des assassins après lui ?
– Sire Kō le protégerait, répondit Hanika. Vous pourrez aussi lui écrire quand nous serons arrivés. Pensez à tout ce que vous pourrez lui raconter ! ajouta-t-elle en arrangeant ses cheveux.
– Ce ne serait pas comme le vivre avec lui… soupira-t-elle, les yeux baissés.
– Vous le vivrez avec nous. Nous pourrons vous aider à trouver un superbe présent à lui ramener, qu'en pensez-vous ? Vous le lui offrirez pour son anniversaire, je suis sûre qu'il en sera ravi.
Hinata hocha doucement la tête et ses cousines essuyèrent tendrement son visage puis l'aidèrent à se relever et prirent chacune un de ses bras.
– Allons le voir, et organisons comment vous pouvez passer ces deux jours avec lui, proposa Hamya. Je suis sûre que sire Kō n'aura aucune objection.
Les yeux de Neiji semblèrent s'agrandir plus que cela n'était possible lorsque Hinata lui annonça la terrible nouvelle, la voix tremblante et leurs mains unies. Puis, son expression de surprise vira à la colère et il l'enlaça, la serrant contre lui pendant un instant qui ne sembla pas assez long aux yeux d'Hinata avant de poser son front contre le sien et de prendre son visage dans ses mains calleuses.
– Ecris-moi lorsque tu arrives, et fais attention à toi. Reste toujours avec Hamya et Hanika, lui dit-il.
Hinata hocha imperceptiblement la tête et posa ses mains sur les poignets de son cousin et ravala un sanglot. Sa voix, sa chaleur, son sourire, tout lui manquerait tellement ! Ce voyage serait une torture !
– Je te le promets. Prends garde à ne pas devenir chevalier en mon absence, je serais fâchée si je ne pouvais assister à cet évènement ! ajouta-t-elle en souriant, pour tenter de détendre l'atmosphère.
Il s'écarta d'elle et la regarda droit dans les yeux, un sourire en coin étirant son visage. La colère avait disparu de son visage, laissant place à une acceptance résignée.
– C'est un serment, répondit-il. Comment pourrais-je devenir chevalier si ma dame n'est pas là ?
– Tu ne le pourrais pas, pouffa-t-elle. Passeras-tu ces deux jours avec moi ? Je veux te voir autant que faire ce peu avant que père ne m'enlève à toi.
– Je ne refuserai pour rien au monde, répondit-il.
Hinata sentit un sourire étirer ses lèvres. Neiji était irremplaçable. Il était le seul chevalier dont elle aurait jamais besoin, et le meilleur ami dont elle pourrait jamais rêver. Il passa ces deux jours à la gâter et ils jouèrent avec Hamya et Hanika ou juste seuls, dansant, se poursuivant, riant et appréciant tout simplement la présence l'un de l'autre.
Quand vint l'heure honnie du départ, Hinata sentit sa gorge se serrer. Elle était angoissée depuis qu'elle s'était réveillée, mais à présent, elle craignait que sa voix se briserait si jamais elle tentait de parler ! Quelle horreur d'être séparée ainsi de Neiji. Elle observa, le cœur brisé, les serviteurs installer leurs bagages dans une calèche tandis que son père et le Daimyō Hiruzen Sarutobi discutaient. Le vieil homme s'approcha ensuite d'elle, accompagnée de son père, et Hinata s'inclina immédiatement, les yeux rivés au sol.
– Jeune demoiselle, je te souhaite un voyage épanouissant. Le Royaume du Vent est un lieu magnifique, qui peinerait néanmoins à rivaliser avec ta beauté, le Daimyō lui dit d'une voix rouillée par l'âge.
– Vous êtes trop généreux Votre Altesse. Suna ne pourrait espérer rivaliser avec Konoha, répondit-elle en rougissant légèrement les hommes aimaient toujours lorsque les femmes rougissaient à leur compliment et elle avait maîtrisé l'art de rougir lorsqu'elle le désirait.
– Bien parlé, le vieil homme rit. Hiashi, ta fille est bel et bien une des plus charmantes Yggalënnes que j'ai eu le plaisir de rencontrer, ajouta-t-il.
Hinata serra des dents. Pourquoi devait-il exclure les Yggalënnes de la sorte ? Aucune des Yggalënnes qu'elle avait rencontrées n'agissait comme il semblait le penser. Les siens étaient dignes et amoureux des forêts. Pourquoi pensait-il ainsi de son peuple ?
– Tiens, ne serait-ce pas ton neveu qui arrive ?
Hinata releva vivement la tête et se tourna. Neiji courait à vitesse normale vers elle, une boîte dans une de ses mains. Il s'inclina devant le Daimyō, qui balaya son salut de la main, puis se tourna vers Hinata et lui tendit la boîte.
– Hinata, ceci est pour toi. Je l'ai fait forger, ajouta-t-il.
– Oh, Neiji, merci ! Que les Neuf te bénissent !
Elle ouvrit la boîte et ses yeux s'écarquillèrent. Une paire de bracelets pour avant-bras était soigneusement posée sur un coussin de velours rouge. Les bracelets avaient la forme d'un serpent, le symbole de leur clan. Elle les attrapa et observa les bijoux, médusée. Ils étaient splendides !
– Ils sont fait en luthèn. Ce métal se souvient de la forme qu'il a pris mais est assez souple pour être mis et enlevé comme tu le désires. Laisse-moi te les mettre, proposa-t-il, et Hinata hocha la tête, souriante.
Neiji écarta soigneusement le métal et enfila délicatement les bracelets sur ses bras dénudés. Une fois en place, les bracelets se resserrèrent et restèrent en place, ne bougeant pas d'un millimètre alors que Hinata faisait un tour sur elle-même pour s'en assurer.
– Neiji, ils sont merveilleux ! s'exclama-t-elle.
– Je savais qu'ils te plairaient, dit-il en souriant.
Hinata se jeta dans ses bras et son cousin la fit tournoyer avant de la reposer devant lui, leurs sourires différents – celui d'Hinata était discret et doux, celui de Neiji plus large et malicieux – mais si semblables car tous deux n'exprimaient qu'affection et confiance.
Après avoir embrassé son cousin sur la joue, Hinata monta dans le carrosse, suivie d'Hamya, Hanika, son père et l'Hokage. Elle ouvrit le rideau, salua Neiji une dernière fois et les chevaux se mirent en route. Le voyage pour Suna commençait, et l'appréhension tordait son estomac. Les habitants de Suna réagiraient-ils négativement à vue de sa peau dorée ? Ou seraient-ils plus compréhensibles et accueillants que ceux de Konoha ? Elle redoutait les regards et commentaires qu'elle avait reçus sur son apparence, sur les femmes de sa chère région natale.
Elle jeta un coup d'œil à l'Hokage. Jiraiya. Elle n'avait jamais eu l'occasion de se retrouver seule avec le mage mais elle ne s'en plaignait pas. Son regard était froid et distant, ses manières à désirer et il semblait désintéressé d'absolument tout. Elle ne voyait pas ce qu'elle pourrait lui dire, exceptées les rares politesses qu'ils avaient échangées. Il n'avait jamais rien dit d'insultant ou eu un geste déplacé, mais, si quelques années plus tôt elle aurait été enchantée de rencontrer un mage aussi reconnu que l'Hokage, maintenant qu'elle connaissait le destin réservé à tous les autres mages du royaume et sa participation à ce massacre, elle ne pouvait lui faire confiance.
Le voyage fut tranquille et, bien qu'il fût long, ils atteignirent bientôt les steppes de Suna. Hinata, malgré la chaleur étouffante des lieux, ne put s'empêcher de l'admirer. Loin des plaines verdoyantes d'Yggalë, les steppes étaient pourtant, à leur façon, pleine de vie. Des animaux sauvages fuyaient leur convoi ou l'observer de loin, perché sur des rochers. Enchantée, elle invita Hamya et Hanika à observer le paysage avec elle. Elles s'extasièrent ensembles à la vue du paysage et des immenses et splendides oiseaux qui planaient au-dessus d'eux, leurs nattes et mèches emportées le vent. Hinata ferma les yeux, profitant du vent qui caressait son visage et semblait danser avec ses cheveux.
Lorsqu'ils arrivèrent à Suna, la nuit commençait à tomber, au plus grand regret d'Hinata. Elle aurait adoré visiter les jardins du palais avec ses cousines et trouver un kioske où elles pourraient s'installer pour être en paix et loin des discussions politiques inintéressantes. Hinata ne serait jamais plus que Grand Dame d'Yggalë, elle n'avait pas besoin d'assister aux négociations entre Daimyō ou futurs Daimyō dans le cas de son père.
Ils furent accueillis par un homme au visage horriblement balafré et une femme aux cheveux noirs et oranges que c'était étrange ! Hinata n'avait jamais une telle couleur de cheveux, mais elle s'abstint de fixer la chevelure de la femme et s'inclina poliment devant les inconnus.
– Monseigneur, je suis Baki, le Kazekage, et voici mon apprentie, Pakura. Son Altesse m'a chargée de vous accueillir et vous escorter jusqu'à la grande salle. Un dîner a été préparé lorsque nous avons repéré votre convoi, dit l'homme d'une voix monotone.
– Je vous remercie, Kazekage, répondit son père.
Alors qu'ils suivaient Baki et Pakura dans les couloirs, Hinata regarda autour d'elle. L'architecture de Suna était bien différente de celle de Perleforêt, ou même de celle de Konoha ! Là où Perleforêt avait des plafonds plats et des portes rectangulaires, tout ici était arrondi, même les fenêtres, et les portes faites d'un bois plus épais, du peu qu'elle pouvait voir. Elle remarqua également qu'il y avait plus de gardes qu'à Konoha, mais cela était sûrement dû à la réunion des Daimyō, et elle n'y prêta pas plus attention.
Une fois devant deux impressionnantes portes en bois gardées par deux hommes, Hinata réajusta rapidement sa robe et ses nattes. C'était sans aucun doute la grande salle, et elle se devait de faire la meilleure impression possible. Elle jeta un coup d'œil à Hanika et Hamya, qui lui sourirent tendrement avant de se placer légèrement derrière elle. Elle n'aimait pas l'idée d'avoir ses cousines derrière elle, sous-entendant qu'elles n'étaient rien de plus que des suivantes à ses yeux, mais le protocole l'exigeait.
Les portes furent ouvertes pour eux et Hinata redressa la tête, se tenant dignement, et suivit son père. Ils furent annoncés par un homme âgé mais à la voix puissante, et le Daimyō du vent, Rasa Hisuna, se leva. A sa gauche se trouvait la princesse Temari et le prince Kankurō, et à sa droite sa femme Karura et le prince Gaara, qu'on disait maudit et dangereux. Pourtant, de ce que Hinata pouvait voir dans les yeux du prince cadet, il semblait simplement seul, comme si personne ne l'avait jamais offert la chaleur d'une étreinte aimante. Elle sentit son cœur s'attrister pour le prince aux cheveux aussi rouge qu'une rose.
Sentant probablement un regard sur lui, il posa ses yeux vers elle et elle offrit un sourire doux et sincère avant de s'incliner devant sa famille. Il leva son verre comme les autres Hisuna, mais il n'y avait aucun cœur derrière son geste. Il était semblable à une poupée que l'on faisait bouger. Hinata sentit encore une fois son cœur se serrer pour lui. Pourquoi semblait-il si seul, si malheureux ? Un quelconque malheur lui serait-il arrivé ? Où serait-ce à cause de sa malédiction, qui l'empêcherait soi-disant d'aller au soleil ? Si c'était le cas, il devait se sentir si prisonnier d'un royaume où le soleil régnait en maître !
Il la regarda à nouveau et elle sentit ses joues s'enflammer, comprenant qu'elle le fixait depuis quelques minutes. Elle baissa aussitôt les yeux sur son plat lorsqu'elle entendit Hamya et Hanika pouffer légèrement. Elle leva la tête vers elle et vit qu'elles arboraient des sourires malicieux.
– Mademoiselle, je ne pensais que vous seriez aussi vite charmée par le prince ! rit Hamya.
– Que… Qu'insinues-tu ? balbutia Hinata, prise au dépourvu.
– Ne faites pas la sotte, pouffa Hanika. Neiji est peut-être votre meilleur ami, mais nous savons parfaitement reconnaître ces rougissements, ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'œil.
– Vous dites des sottises, les réprimanda Hinata. Sous-entendre des choses pareilles est vile.
– Nous accepterons notre sort avec joie, répondit Hanika. Pourquoi ne pas inviter le prince à danser lorsque les bardes chanteront quelque chose d'un peu plus joyeux ?
– Je vous demande pardon ? s'étrangla-t-elle.
– Oh oui ! renchérit Hamya. C'est un défi, mademoiselle. Cela vous changera de Neiji. Il vous faut de nouveaux partenaires de danse.
– Il n'a pas l'air du genre à danser, répondit Hinata, essayant tant bien que mal de se sortir de cette fâcheuse situation ses cousines étaient de vraies commères. Je ne voudrais pas le forcer à faire quelque chose qu'il n'apprécie pas.
– Ne dites pas de sottises. Les convenances le forceront à danser et vous aussi. Alors dansez avec lui, ce sera toujours plus agréables qu'avec un noble de deux fois votre âge, rétorqua Hanika d'un ton qui n'acceptait pas de refus.
– Vous…
– Avez raison ? proposa Hamya en souriant. Allez, qu'avez-vous à perdre ?
– Rien, admit-elle. Il ne peut refuser, ce serait mal vu.
– Parfait ! chantonna Hamya. Si vous n'y allez pas, je vous y trainerai, rit-elle.
Hinata ne put s'empêcher de rire aussi. La scène serait fort comique.
