Bonjour à tous ! Voilà le septième chapitre, désolée d'avoir mis plus de temps à le sortir que les précédents J'espère qu'il vous plaira, puisqu'il finit par un cliff-hanger mouahahaha!

Capryss: Bonjour ! Bienvenue sur ma fiction, je te remercie beaucoup de ta review, et surtout d'être restée même si tu as mis tu temps à rentrer dans l'histoire. Je suis super contente que tu lui aies donné sa chance :D J'espère que la suite continuera à te plaire :3


Chapitre VII : Le prince seul.

Hinata avait été tentée de poursuivre le prince dans les couloirs, mais c'eut été insultant de sa part. Peu importait à quel point elle voulait le rassurer, elle n'était pas assez sotte pour croire qu'il était prêt à continuer leur conversation. Assise sur son lit dans sa robe de nuit, elle s'attela plutôt à la tâche de se faire pardonner pour avoir insisté. Si seulement elle s'était tue et avait respecté ses désirs, il n'aurait pas souffert. Elle devait à tout prix s'excuser et accepter sa décision, quelle qu'elle soit. Mais comment lui présenter ses excuses les plus sincères ? Elle réfléchit un instant il était incapable d'aller au soleil, alors lui proposer une balade dans les jardins serait idiot.

Peut-être un déjeuner dans une des alcôves du palais lui conviendrait mieux. Il semblait apprécier la solitude, et elle devrait congédier Hamya et Hanika pour ce déjeuner, mais ses cousines seraient sans aucun doute compréhensives. Elles riraient assurément un peu d'elle, mais Hinata n'en avait cure ce n'était pas méprisant mais affectueux. Un déjeuner serait donc la meilleure action possible. Elle devrait en discuter avec sa domestique au lever et lui demanderait de porter une lettre au prince.

Cher prince Gaara,

Mon comportement hier soir était fort déplacé, et je vous prie de pardonner mon insistance et mon impolitesse. Si ma compagnie ne vous est pas en horreur, j'aimerais déjeuner avec vous ce midi pour vous présenter mes plus sincères excuses.

Sincèrement,

Mademoiselle Hinata Hyūga.

Alors qu'elle laissait sécher l'encre, ses yeux se posèrent sur la main qu'il avait frappée et elle revit ses yeux alors qu'il réalisait son geste. Il avait semblé pris au dépourvu et horrifié, craignant peut-être l'avoir blessée. Hinata soupira tristement. Ce pauvre prince n'était que solitude et douleur, mais pour elle, peu importait le monstre scellé en lui, peu importait les pouvoirs qui en résultait. Il n'était pas responsable des actions du dieu. Elle avait été abasourdie par cet aveu elle ne pensait pas que sceller un des Neuf était possible.

Cependant, elle s'était souvenue des légendes et chansons contant la bataille titanesque ayant opposé Celui de l'Honneur et Celui de la Rage, qui s'était conclu par la victoire de Celui de l'Honneur. Le dieu destructeur avait-il été continuellement scellé depuis cette époque ? Cela expliquerait pourquoi le dieu ne se manifestait jamais, contrairement à ses frères et sœurs dont les incarnations et voix étaient parfois entendues dans le monde.

De plus, pourquoi le prince mentirait-il ? Une histoire aussi incroyable ne pouvait être simplement issue de son imagination, et elle avait pu lire dans ses yeux qu'il ne mentait pas. Il semblait être parfaitement honnête. C'était fort possible qu'il n'ait jamais eu à mentir, maintenant qu'elle y réfléchissait. Lorsque tout le monde vous craint, pourquoi s'évertuer à tenter de leur plaire avec de fausses promesses et mots vides de sens ? Ce serait une perte de temps considérable.

Hinata relut une dernière fois sa lettre puis se glissa dans son lit. Elle pourrait lui faire part de ses pensées le lendemain et apprendre à le connaître, s'il ne la maudissait pas pour son insistance. Elle frissonna à l'idée d'avoir irrémédiablement froissé le prince et se mordit la lèvre. Elle aurait ruiné toute chance de relation positive avec un des plus hauts dignitaires du Royaume du Vent ! Quelle honte ce serait pour son clan. Elle se roula en boule dans son lit et ses yeux se posèrent sur les bracelets offerts par Neiji. Si seulement il était là, il pourrait tout arranger…


Elle fut réveillée aux alentours de dix heures du matin par une domestique lui apportant son petit-déjeuner. Hinata s'installa à sa table et confia la lettre à la jeune femme qui déglutit en apprenant à qui elle devait l'apporter. Hinata lui sourit doucement pour la rassurer elle n'avait rien à craindre.

– Ne vous en faîtes pas. Portez-lui la lettre s'il-vous-plait, il n'y a aucune raison que le prince s'emporte sur vous, dit-elle.

La domestique hocha la tête, hésitante, puis s'excusa et partit. Hinata soupira. Si tous ceux vivant au palais se comportaient de la sorte autour du prince, il n'était pas étonnant qu'il fût convaincu d'être craint par tous. Ils semblaient le prendre pour Celui de la Rage en personne ou croire que le dieu jaillirait de son corps pour les dévorer. Elle comprenait être effrayé de Celui de la Rage – elle-même l'était, après tout – mais si le dieu ne s'était pas libéré jusqu'alors, était-il nécessaire ou même cohérent d'avoir peur ? Hinata secoua légèrement puis, une fois son déjeuner pris, fit venir Hanika et Hamya.

– Vous avez invité le prince à déjeuner ? s'exclama Hamya avant de sourire malicieusement. Vous êtes encore plus brave que je ne le pensais, mademoiselle ! rit-elle.

– Ne dis pas de sottises j'ai été impolie envers lui hier soir, et je tiens à m'excuser proprement. Aidez-moi à choisir une robe, au lieu de rire de ma bêtise, ajouta-t-elle alors que les deux sœurs pouffaient.

Elles ouvrirent l'armoire où les vêtements d'Hinata avaient été soigneusement pendus, et entreprirent de déposer ses ensembles préférés sur son lit pour choisir celui qui lui siérait le mieux. Après moult essais et débats, elles finirent par opter pour une robe traditionnelle du Royaume du Feu colorée. On lui avait offert quelques robes typiques du Royaume du Vent mais Hinata ne pouvait se résoudre à cacher ses bras sous les longues manches et ses cheveux sous la coiffe qui accompagnait la robe. Une fois drapée d'émeraude et d'argent, elle enfila ses bijoux d'or blancs et laissa ses cousines s'occuper de ses cheveux.

– Vous êtes magnifique, mademoiselle. Je suis sûre que le prince ne pourra qu'être charmé en vous voyant ! dit Hamya.

– Je ne veux pas le charmer je veux lui présenter mes excuses, répondit Hinata en l'observant dans le reflet du miroir.

Hamya roula des yeux et balaya sa phrase d'un geste de la main.

– Même votre sœur ne croirait pas à ce mensonge ! Vous étiez rouge comme la bannière Uzumaki en sa compagnie.

Hinata sentit ses joues s'enflammer en repensant à ses danses avec le prince. Ses cousines ne pouvaient-elles donc cesser de se moquer ? Elle mit ses mains sur ses joues brûlantes et respira profondément. Ce n'était que des plaisanteries elle ne pouvait se laisser atteindre à chaque fois.

– Quelles belles joues rouges vous avez, mademoiselle ! rit Hanika.

– Cessez de vous moquer… les réprimanda faussement Hinata, bien qu'elle ne pût retenir un léger sourire.

Elles en rirent finalement ensembles jusqu'à ce que l'on frappât à la porte. Hamya alla ouvrir et la domestique qui avait apporté son petit-déjeuner à Hinata s'inclina poliment devant elles.

– Mademoiselle, Son Altesse vous fait savoir qu'il ne peut accepter votre invitation pour des raisons de santé, dit-elle, les yeux au sol.

Hinata sentit son cœur rater un battement et elle ravala un haut-le-cœur. Tout semblait d'un coup lointain et silencieux, comme si elle n'était plus maîtresse de son propre corps et flottait au-dessus de la scène. Elle déglutit, les mains tremblantes, et remarqua distraitement que Hamya et Hanika la regardaient, les yeux pleins de compassion. Elle se racla la gorge et força un sourire dignifié à apparaître sur son visage.

– Bien sûr, le banquet hier soir a dû l'épuiser. Transmettez au prince mes meilleurs vœux de rétablissements, je vous prie.

La domestique disposa et Hinata laissa ses yeux tomber sur son reflet dans le miroir. Elle s'était faite si belle, avait tant espéré qu'il la laisserait s'excuser ! Quelle sotte elle avait été ! Si seulement Neiji était là, il saurait comment dénouer son estomac et calmer les battements erratiques de son cœur. Elle ravala un sanglot de désespoir. Son cousin lui manquait tant ! Lui saurait comment arranger cette situation. Son cœur se contracta et elle se leva vivement. Ses cousines accoururent aussitôt pour l'enlacer mais Hinata se tint bien droite et croisa ses mains sur son ventre avant de leur adresser un sourire doux.

– Ne vous en faîtes pas pour moi, tout va bien. Je vais aller prier et espérer que les dieux me conseillent sur la façon dont je puis me racheter aux yeux du prince.

Elle était soulagée que sa voix n'eût pas tremblé. Elle prit avec elle que quelques feuilles, de l'encre et une plume puis quitta sa chambre pour se rendre au temple du palais.


Un garde lui indiqua le chemin et Hinata trouva aisément le lieu sacré, situé au fond des jardins extérieurs. Neuf arbres poussaient autour un pour huit des Neuf, et un pour la Mère de Tous. Comme toujours, Celui de la Rage n'avait pas d'arbre, de lula ou d'autel. Personne à part des fanatiques ne voulait entendre ses mots, et il était donc un dieu sans voix, un dieu muet. Elle ferma les yeux un instant avant de monter les marches. Celui de l'Air avait beaucoup d'offrandes, mais cela n'étonnait pas Hinata après tout, elle se trouvait au Royaume du Vent. Hinata s'agenouilla devant l'autel de Celui des Bois, où fleurissaient de nombreuses fleurs, et joignit ses mains, les yeux levés vers la statue du dieu.

– Ô, Celui des Bois, dieu protecteur des enfants et des forêts… Entends ma prière et veille sur le prince… Son cœur est tourmenté et ses yeux si seuls… Accorde-lui amitié et amour… murmura-t-elle.

Le septième dieu était représenté sous la forme d'un jeune homme aux cheveux courts et le haut du visage dissimulé sous une capuche. Il semblait si doux, si gentil. Hinata sourit tendrement. Elle espérait qu'il exauçât sa prière et offrît au prince la compagnie dont il avait désespérément besoin. Elle pria ensuite pour Neiji avant de lui écrire une lettre il devait sûrement s'inquiéter pour elle.

Bien-aimé Neiji,

Suna est une ville magnifique, et je pleure chaque instant ta présence. Je prierai pour ton bien-être tous les soirs. J'ai eu l'occasion de rencontrer le prince Gaara, auprès de qui je veux me faire pardonner j'ai agi très impoliment envers lui, je lui ai posé des questions trop insistantes.

Que j'aimerais que tu sois là pour me serrer dans tes bras ! Nous pourrions profiter du palais ensembles. Les gens ici sont bien plus agréables qu'à Konoha. Aucune remarque sur ma peau ou de préjugés sur les Yggalënnes ! C'est si rafraichissant, je déplore que tu n'y aies droit.

Comment te portes-tu ? Es-tu en sécurité ? Père insiste que Konoha est dangereuse mais a refusé de t'amener. Je suis furieuse qu'il ait osé te faire ceci ! Ecris-moi dès que cette lettre te trouve, je te prie, et rassure-moi.

Ta cousine dévouée Hinata.


Les trois Daimyō restant arrivèrent tous à différentes heures de la journée, et Hinata ne put s'empêcher de penser au splendide banquet qui aurait lieu le soir-même. Tous ces nobles invités auraient forcément des histoires merveilleuses et passionnantes à raconter, et leurs bardes connaîtraient des chansons qu'elle n'avait jamais entendues. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à la merveilleuse soirée qu'elle avait passée la veille, et son cœur se serrait dans sa poitrine. Elle aimerait approcher le prince à ce banquet, mais elle ne le pouvait elle serait trop insistante si elle agissait de la sorte. Si seulement elle n'avait pas été aussi impolie… Quelle idiote elle était ! Il était normal que le prince refusât de la voir !

Hinata garda la robe émeraude qu'elle avait enfilé le matin pour le banquet, et ses yeux se baladèrent rapidement sur la foule et tombèrent sur les dignitaires du Royaume de l'Eau. Le Daimyō de l'Eau était une splendide femme prénommée Mei Terumi et son Mizukage un jeune homme répondant au nom de Yagura Karatachi. Malgré la beauté des deux dignitaires de Kiri, Hinata ne put s'empêcher de frissonner. Le Royaume de l'Eau avait des lois très dures et punitives, et selon quelques rumeurs, les Mizukage étaient choisis pour leur appréciation de la violence. Autrefois, elle aurait douté de pareils mots mais aujourd'hui, elle n'était plus aussi naïve qu'elle l'avait été, et elle entreprit donc de rester loin des Kage et des Daimyō. Cela fut aisé, car aucun d'entre eux n'éprouvait le moindre intérêt pour elle.

Malgré cela, ce banquet fut un désastre pour Hinata. Même si le prince l'observait parfois, il détournait les yeux dès qu'elle croisait son regard. Elle l'avait irrémédiablement vexé, c'était à présent évident. Même les danses et la musique ne purent arranger son humeur et Hinata se réfugia dans sa chambre dès qu'elle en eut l'occasion. Hamya et Hanika avaient tenté de l'accompagner, mais elle avait refusé elle voulait être seule avec ses pensées et ses regrets.

Une fois la porte refermée, Hinata retira ses bijoux et détacha ses cheveux, les laissant cascader librement jusqu'en-dessous de ses fesses. Elle s'observa un instant dans le miroir puis se détourna, prit un sa harpe, et s'installa sur le balcon. Tout le monde était toujours au banquet, et elle serait en paix. Elle observa la demi-lune au-dessus d'elle et sourit tristement, repensant encore une fois au prince qu'elle avait vexé. Elle respira profondément et chanta, espérant calmer son âme.

Le monde était jeune, scintillant et pur,

Le Voyageur s'éveilla, dévêtu.

Alors qu'il foulait la terre, il nommait

Les montagnes les rivières et les rochers.

Quand la Mère de Tous ses actes entendit,

D'un roi le tout premier des hommes elle fit.

Le voyageur sur un trône d'étoiles siégea,

Et avec une corne le monde guida.

Mais le Voyageur n'était qu'un humain,

Et sa vie était tel un fil de lin.

Le Voyageur dans sa tombe s'endormit,

Dans son sein la Mère de Tous le prit.

Un jour, le Voyageur s'éveillera,

Vers joie et paix les hommes il mènera.


La journée était très chaude même pour le Royaume du Vent, et Hinata opta donc pour un après-midi dans un des jardins d'intérieurs du palais. Elle en avait appris l'existence par sa domestique et avait conclus qu'ils seraient un endroit parfait pour passer l'après-midi. Une fois prête, elle alla toquer à la porte de ses cousines, qui partageaient la chambre voisine à la sienne. Hamya ouvrit la porte et sembla surprise de la trouver là.

– Mademoiselle ! Que puis-je pour vous ?

– J'ai appris qu'il existait des jardins intérieurs et je pensais les visiter avec vous. Hanika est-elle toujours endormie ? demanda-t-elle.

– Oh non, elle est réveillée ! Mon idiote de sœur a bu plus de vin qu'un soldat après une bataille et elle en subit à présent les conséquences, expliqua la plus jeune des deux sœurs, un sourire malicieux sur le visage.

– Je vois, pouffa Hinata. Veille bien sur elle. Veux-tu que j'envoie quelque chose pour elle si je croise un domestique ? proposa-t-elle.

– Non, tout ira bien. Vous devrez tout nous dire à propos des jardins, nous irons demain !

– Ce serait avec plaisir ! répondit Hinata avant de se pencher pour apercevoir Hanika grogner de douleur dans le lit. Rétablis-toi bien, Hanika ! rit-elle avant de repartir.

Hinata trouva les jardins aisément, et fut ravie de constater qu'ils étaient fleuris grâce à des vitraux teintés qui empêchaient le soleil de brûler les plantes. Elle s'installa sur un banc près d'un rosier et entreprit de broder les jardins autour d'elle. Ce serait un des nombreux présents qu'elle rapporterait à Neiji lorsque ce voyage prendrait fin, et elle y porta une attention toute particulière elle voulait lui offrir la plus belle broderie qu'elle pouvait faire.

Alors qu'elle finissait les détails d'une rose, Hinata entendit des bruits de pas. Elle releva vivement la tête et aperçut le prince Gaara, qui se dirigeait d'un pas décidé vers elle. Elle écarquilla les yeux. Allait-il la laisser présenter ses excuses ? Ou lui dirait-il que sa lettre était une insulte qu'il avait brûlée ? Elle mordit l'intérieur de sa joue, l'appréhension tordant son estomac.

– Mademoiselle Hinata, auriez-vous quelques minutes à m'accorder ? demanda-t-il.

– Bien sûr ! Puis-je vous aider d'une quelconque façon ? répondit-elle, et se leva hâtivement pour s'incliner, sortie de ses pensées par sa voix grave.

– J'ai été terriblement grossier envers vous hier. Je n'aurais pas dû décliner votre invitation hier comme je l'ai fait, mais j'étais furieux contre moi-même pour vous avoir blessée, avoua-t-il.

Ses yeux étaient fixés sur le sol et Hinata pouvait voir ses mains se contracter sur ses bras croisés. Elle sentit un sourire doux naître sur son visage. Elle s'approcha de lui et lui montra sa main.

– Ce n'était rien, je n'ai pas eu mal, dit-elle. Voyez par vous-même, je n'ai aucune marque.

Il releva la tête et plongea son regard dans le sien. Elle resta silencieuse et immobile, le laissant l'observer autant qu'il le désirait. Il était évident qu'il était un homme de peu de mots et réfléchissait à chacune de ses paroles. Il était si seul il n'avait surement jamais connu quelqu'un agissant spontanément en sa compagnie comme elle l'avait fait.

– Vous êtes la personne la plus singulière que j'ai rencontré. Tous les vôtres sont-ils ainsi ?

– Non, seulement moi. Mon cousin Neiji me ressemble sur certains aspects mais il est plus sérieux. Être écuyer l'a forcé à se discipliner, répondit-elle.

– Je vois. Je ne comprends pas pourquoi vous n'êtes pas effrayée c'est troublant de penser que quelqu'un puisse m'approcher sans crainte, dit-il.

– Je mentirais si je vous disais que Celui de la Rage ne m'effraie pas, mais vous n'êtes pas ce dieu, peu importe ce qu'il vous a fait ou ce que les gens puissent en penser.

– N'avez-vous pas peur qu'il me contrôle et me force à vous blesser ?

– Non. J'ai confiance en vous, et je doute qu'un dieu puisse être intéressé par une simple humaine comme moi, répondit-elle en souriant.

Il hocha gravement la tête et semblait réfléchir à ce qu'il allait dire lorsqu'une lourde explosion retentit, assourdissant Hinata. Elle plaqua ses mains sur ses oreilles alors que des débris étaient projetés dans le jardin, arrachant des arbres et écrasant des plantes. Au même moment, l'ombre du prince jaillit et forma un bouclier autour d'eux. Hinata poussa un cri de peur lorsqu'un des débris frappa le mur d'ombre, mais la pierre ne transperça pas leur protection. Hinata écarquilla les yeux. Elle aimerait s'extasier sur les ombres mues par la magie, mais elle ne le pouvait. Ils étaient attaqués.

– Baissez-vous ! ordonna le prince.

Hinata obéit instinctivement à sa voix autoritaire. Elle s'accroupit par terre, les mains sur les oreilles et les yeux fermement clos alors qu'elle entendait la symphonie chaotique de la destruction. Que se passait-il ? Qui les attaquait ? Les cinq Kage étaient réunis, ils ne feraient qu'une bouchée des assaillants !

Aussi soudainement qu'elles avaient commencés, les explosions se turent, et Hinata leva les yeux vers le prince Gaara en abaissant lentement ses mains. Il se tenait à côté d'elle, les bras croisés, les ombres léchant sa peau, parfois brumeuses, comme un brouillard soumis à la volonté du prince. Sa silhouette était presque éthérée, semblable à celle d'un des Neuf descendu sur la terre des hommes.

Hinata fut ramenée à la réalité par l'arrivée de cinq individus masqués, et ses yeux s'écarquillèrent à leur vue tandis que son corps tremblait. Que désiraient-ils ? Qui les avait envoyés ? Un ennemi du Royaume du Vent ? Ou un ennemi des cinq Daimyō ? Elle se releva, cherchant autour d'elle une sortie pour s'enfuir avec le prince. Elle n'était pas sûre de pouvoir le sortir d'ici à sa vitesse de pointe, mais elle pourrait surement trouver un moyen. Les ombres du prince pourraient sans aucun doute être utiles pour ce faire. Malheureusement, ils bloquaient tous les chemins et elle n'était pas assez sûre d'elle pour les éviter en aidant quelqu'un à s'enfuir. Si elle était seule, elle pourrait s'enfuir, mais elle ne laisserait pas le prince derrière. Elle était une fière Hyūga, future Grande Dame d'Yggalë, et elle n'abandonnait personne.

– Votre Altesse, nous ne sommes pas ici pour vous. Nous ne voulons que la fille, ronronna un des ennemis.

Hinata hoqueta et tituba légèrement en arrière, l'estomac noué, un sentiment de froid envahissant tout son corps, glaçant son sang dans ses veines et la pétrifiant. Ils étaient là pour elle. Ils voulaient la tuer. Ses mains se mirent à trembler alors qu'elle regardait frénétiquement autour d'elle, à la recherche d'une solution. Ses jambes étaient faibles, elle ne pourrait jamais courir hors de portée de ces criminels. Le prince se plaça devant elle et Hinata vit son corps se tendre comme un arc.

– Je n'ai aucune intention de vous laisser lui faire le moindre mal. Qui vous a engagés ?

– Voyons, nous ne pouvons le dire, Votre Altesse. Nous serions mauvais à notre travail si nous le faisions.

– Vous questionner serait surement une perte de temps, et je ne prendrai pas le risque de vous laisser en vie, déclara le prince.

Hinata écarquilla les yeux et, avant qu'elle n'ait pu dire le moindre mot, des ombres jaillirent dans toutes les directions et s'enroulèrent autour de leurs proies, semblables à des serpents. Celui qu'elle avait identifié comme étant le chef du groupe échappa aux premiers assauts mais fut finalement capturé comme ses compagnons. Aucun d'entre eux n'avaient pu résister. Aucun d'entre eux n'étaient prêts pour les pouvoirs du prince. Hinata sentit son estomac se tordre et son corps se vider de toute son énergie. Ils étaient réellement venus pour elle, elle était leur seule cible, et quiconque avait engagé ces assassins n'avait pas prévu qu'elle serait protégée par quelqu'un d'aussi puissant que le prince.

Un caquètement la tira de ses pensées et elle leva les yeux vers le prince puis hoqueta. Un de ses yeux bleus s'était transformé. Le blanc était devenu noir, l'iris doré et la pupille avait pris la forme d'une étoile noire à quatre branches. Ses canines, déjà légèrement plus longues que la normale, étaient à présent des crocs, et il riait à la vue des hommes prisonniers des ombres. Hinata pensa distraitement que ce devait être dû à Celui de la Rage et sa corruption. Avant qu'elle ne puisse tenter d'apaiser le prince, il écarta les mains, un sourire déformant son visage.

Prisonniers de leurs entraves d'ombre, les assassins crièrent quelque chose, mais le son était étouffé par leurs baillons, et Hinata tressaillit lorsqu'elle constata que des larmes roulaient sur les joues de certains d'entre eux. Ils étaient terrifiés, ils ressentaient sans aucun doute le même sentiment d'horreur qui l'avait envahie lorsqu'elle les avait vus, lorsqu'elle avait compris qu'ils voulaient la tuer. Leurs estomacs devaient être tordus et l'abjecte sensation de froid qu'elle avait ressenti devait les envahir au rythme erratique de leurs cœurs.

– Au revoir, ricana le prince.

Il frappa ses mains et Hinata vit avec horreur les ombres se contracter brutalement et broyer les corps des assassins. Du sang et des morceaux de chairs mutilés furent projetées et elle sentit ses jambes l'abandonner. Elle tomba à genoux et dut s'appuyer sur ses mains, pantelante, les yeux écarquillés et fixés sur le carnage qui se trouvait devant elle. Aucun d'entre eux n'avait survécu. Ils étaient tous morts, et leurs âmes s'en allaient reposer dans les Champs d'Or. Des larmes se mirent à dévaler ses joues. Ainsi, c'était cela dont le prince avait parlé. La raison pour laquelle il était si dangereux. Il tuait. Il tuait et trouvait cela plaisant. Son estomac se tordit douloureusement, et elle crut un instant qu'elle allait vomir.

Hinata entendit alors un cri de douleur. Elle releva vivement la tête et vit le prince se tenir la tête, ses ongles traçant des sillons sur son crâne. Tous ses muscles étaient tendus et Hinata resta figée. Soudain, elle vit des larmes rouler ses joues et bondit aussitôt sur ses pieds. Le prince ne lui ferait aucun mal, elle était horrible d'en avoir douté ! Il l'avait protégée, ouvert la porte au tourment de Celui de la Rage pour elle ! Elle devait l'aider, elle devait faire quelque chose.

Hinata entoura le prince de ses bras et le serra contre elle, espérant que sa présence l'aiderait à reprendre pieds. Les ombres se mirent à tournoyer furieusement autour d'eux, tranchant désagréablement sa peau à quelques endroits, mais Hinata n'en avait cure et se contenta de resserrer sa prise sur lui. Que faire, que faire, que faire ? Comment calmer Celui de la Rage ?