Ce chapitre a été une vraie saloperie à écrire, c'est moi qui vous le dit! xD j'espère que le POV choisi vous plaira, ainsi que le contenu du chapitre :3 normalement j'ai répondu aux reviews en message privé, cette fois-ci :)

Bonne lecture à tous!


Chapitre VIII : Echec.

Si on demandait son avis à Yagura – ce qui arrivait peu – il dirait que Hiashi Hyūga était le candidat parfait pour devenir Daimyō, après Mei Terumi. Il était calme, réfléchi et parlait d'une voix grave et puissante sans pour autant être menaçant. Il apparaissait comme la voix de la raison dans ce capharnaüm appelé réunion des Daimyō. Chaque petit détail dans un contrat donnait lieu à des débats interminables qui ennuyait profondément le Mizukage. Il échangeait parfois des regards blasés avec les autres Kage, en particulier Jiraiya du Royaume du Feu pour qui Yagura éprouvait un respect certain.

Alors que Hiashi Hyūga attrapait le verre de vin posé devant lui, Yagura sentit son instinct lui hurler que quelque chose n'allait pas. Mais, avant qu'il ne puisse agir, Jiraiya attrapa le poignet de son futur Daimyō et Yagura dégaina son bâton. Un fou désirant mourir approchait pour tenter de s'en prendre aux cinq Daimyō. Yagura jeta un coup d'œil à Mei Terumi pour évaluer son état elle ne semblait pas paniquée le moins du monde, fixant calmement les fenêtres. Le Mizukage sourit elle n'était pas devenue Daimyō pour rien. Il reporta son attention sur son environnement, attendant que les assaillants arrivent.

Trois… Deux… Un… Les fenêtres et portes de la pièce volèrent en éclat mais Yagura dressa simplement un mur d'eau autour d'eux pour éviter que la Daimyō ou lui ne soit blessé. A côté de lui, Jiraiya manifestait une imposante épée à deux mains que l'homme maniait pourtant d'une seule. L'Hokage, doyen des Kage, était toujours impressionnant à voir à l'œuvre. Béni par Celui de l'Honneur, il avait reçu le don de faire apparaître armes et armures comme bon lui semblait. Renforcé par la Potion Noire réservée aux Kage, son pouvoir et ses prouesses physiques étaient promptement devenues sources de crainte, même chez les autres Kage. Personne n'était assez stupide pour l'attaquer de front.

Finalement, leurs adversaires apparurent, masqués pour dissimuler leur identité. Ils étaient tous des mages ou des humains enchantés, mais Yagura savait que leur chef n'était pas là. Orochimaru, un criminel international, était surement derrière cette attaque, mais il n'était pas du genre à se montrer aussi rapidement. L'homme avait toujours eu le goût du théâtre et il se réservait sans aucun doute une entrée fracassante. Yagura ne l'avait jamais aimé, même avant sa trahison.

– Mizukage, escortez les Daimyō hors d'ici, tonna Roshi du Royaume de la Terre. Vous pourrez aisément les protéger. Kazekage, accompagnez-les, vous connaissez mieux ce palais que nous !

C'était le plan le plus logique. Sa bénédiction lui permettait de générer facilement de grands boucliers qui protégerait aisément les cinq Daimyō. Il n'aimait pas être écarté du combat, mais la sécurité de sa Daimyō était plus importante. Il protègerait également leurs alliés pour assurer une future coopération économique entre les royaumes, et Mei attendrait surement de lui qu'il protégeât les deux héritiers du Daimyō du Vent, la princesse Temari et le prince Kankurō dont le seul talent était de léviter.

– Compris. Kazekage, ouvrez-nous un passage.

Baki fit un geste de la main et une bourrasque de vent détruisit un mur et Yagura ferma la marche du petit groupe, s'assurant qu'aucun de leurs adversaires – qui étaient nombreux, il devait le reconnaître – ne les suivissent. Ils traversèrent quelques pièces avant de s'arrêter dans une pièce plus petite et sombre que les précédentes. Yagura fronça les sourcils et se rapprocha de Mei. Quelque chose n'allait pas, il pouvait le sentir. Si la pièce en elle-même était une bonne cachette, il n'aimait pas son aura. Il échangea un coup d'œil avec sa Daimyō et elle recula légèrement, se plaçant derrière lui. Il ne pouvait pas risquer sa sécurité.

Yagura observa silencieusement Baki et son apprentie, Pakura, refusant de les quitter du regard. Son royaume et le Royaume du Vent n'étaient pas en bon termes et le Daimyō du Vent pourrait profiter de l'avantage qu'il avait à l'instant pour tenter de plonger le Royaume de l'Eau dans le chaos. Néanmoins, le Kazekage surveillait attentivement le couloir qu'ils avaient créé et Pakura s'assurait que le prince et la princesse n'étaient pas blessés. Ces derniers semblaient sous le choc de l'attaque, mais aucune blessure n'était à déplorer.

L'interminable attente et le silence assourdissant furent finalement rompus par un éclat de toux. Hiashi Hyūga dut se tenir au mur pour ne pas s'écrouler. Son corps entier était secoué violemment par une quinte de toux brutale. Yagura fronça les sourcils et fit signe à sa souveraine de reculer il était impossible que l'attaque et la dégradation imprévue de l'état de santé du seigneur fussent une coïncidence. Quelqu'un avait empoisonné cet homme. Il rengaina son bâton et porta une main à ses antidotes il pouvait en partager une partie avec Hiashi Hyūga. Il ne doutait pas que Jiraiya lui rembourserait tout antidote utilisé.

Soudain, le malade tomba au sol et se courba avant de vomir une quantité importante de sang sombre tandis que ses veines faciales noircissaient à vue d'œil. Le Mizukage écarquilla les yeux et se protégea instinctivement le visage avec son écharpe. Il reconnaîtrait ce poison entre mille et ne pouvait s'autoriser à être contaminé.

– Reculez tous ! ordonna-t-il avant de se tourner vers Mei. Il a été infecté par le poison du sang corrompu.

– Est-ce que tu peux l'aider ? demanda-t-elle.

– Je peux atténuer sa douleur, ou abréger ses souffrances mais ce poison ne peut être soigné qu'en étant traité à temps. Lorsque le sujet vomit du sang, c'est déjà trop tard, expliqua-t-il.

– Ainsi, je suis condamné, déclara Hiashi Hyūga derrière lui.

Yagura se retourna et, au lieu de voir la peur habituelle qu'on trouvait sur les condamnés à mort, il vit une acceptance sereine peinte sur visage. L'homme avait réussi à s'assoir contre un mur et le regardait droit dans les yeux, digne et calme, attendant sa sentence. Le Mizukage expira profondément. Hiashi Hyūga aurait fait un superbe Daimyō. Même sur son lit de mort il était composé, là où beaucoup serait en train de pleurer et de supplier pour qu'on sauvât leur vie.

– Oui, répondit-il il ne lui ferait pas l'affront de lui mentir. Vous êtes trop infecté pour que Baki ou moi puissions vous venir en aide.

– Je comprends, dit Hiashi après une quinte de toux. Quiconque m'a empoisonné en a après mon royaume, ou au moins ma famille. Votre Altesse, Mizukage, je vous en prie, accordez votre protection à ma fille Hinata. Elle n'a que treize ans, elle est quelque part dans ce palais…

Mei s'approcha alors et s'agenouilla à côté du mourant. Yagura voulut lui dire de reculer, mais ce serait inutile. Sa Daimyō était parfois trop têtue pour son propre bien il devait juste s'assurer qu'elle ne fût pas contaminée par accident. Le Mizukage s'approcha pour surveiller ses mouvements, et vit que sur le visage de sa souveraine naissait un sourire attristé et doux. Mei était très douée pour mentir, mais Yagura avait toujours pu lire aisément sur son visage. Ici, pour une fois, sa tristesse était sincère. Le Mizukage comprenait. Hiashi Hyūga aurait pu être un formidable allié – surtout comparé au vieux Hiruzen Sarutobi – mais aussi un ami. Les Yggalëns avaient la réputation d'être sincères et pieux au Royaume de l'Eau, et les Neuf savaient que le mensonge gangrénait la cour de Kiri.

– Je vous le promets, dit-elle. Yagura et moi-même trouverons votre fille et nous assurerons qu'elle soit en sécurité. Le Royaume du Feu est sur la route pour Kiri, et je voyagerai avec elle pour m'assurer qu'elle soit saine et sauve.

Un sourire apparut sur le visage de celui qui aurait dû devenir Daimyō. Un sourire triste et résigné, mais aussi empli d'amour à la pensée de sa fille. Yagura se souvenait vaguement de l'enfant de l'Yggalën. Une demoiselle de petite taille mais belle pour son âge, qui avait eu l'air effrayée des Kage. Du peu qu'il avait vu, elle semblait la fille rêvée pour tout seigneur, et il ne doutait pas qu'elle était le trésor le plus précieux de son père.

– Je vous remercie Votre Altesse. Dîtes-lui… dîtes-lui que je l'aime, s'il-vous-plaît.

Hiashi Hyūga ferma les yeux, et ce fut fini. Yagura ferma les yeux un instant, murmurant une prière pour la Mère de Tous, qu'elle l'accepte comme tous les Daimyō ayant foulé cette terre. Néanmoins, il ne pouvait s'attarder sur ce genre d'événements. Il devait se concentrer sur sa souveraine, elle était bien plus importante que le corps sans vie devant eux. Il tendit la main à Mei et elle la prit, se relevant sans détacher ses yeux du mort.

– Par précaution, je vais vous donner l'antidote pour ce poison, Votre Altesse, dit-il. On ne sait pas si vous avez tous été infectés.

– Ne ressentirions-nous pas déjà les effets si c'était le cas ? demanda-t-elle. Hiashi Hyūga était un homme en bonne santé, je doute qu'il soit plus facilement affecté que nous.

– Vous ne l'êtes surement pas, mais je ne veux pas prendre de risque. Ensuite, si vous le désirez, nous pourrons chercher la fille du seigneur Hyūga, répondit-il en lui tendant une petite fiole.

– Allons-y, dit-elle une fois une gorgée avalée. Est-ce que vous désirez vous joindre à nous ? demanda-t-elle aux autres Daimyō, qui avaient observé la scène en silence.

– Votre Altesse, avec votre permission, je pourrais les accompagner, intervint Pakura. Je connais mieux le palais que Son Altesse et le Mizukage, et nous pourrions retrouver mademoiselle Hyūga plus efficacement. Si des assassins sont à sa recherche, chaque minute compte.

– Non, tu es jurée aux Hisuna, personne d'autre, trancha froidement le Daimyō du Vent.

– Père ! s'indigna la princesse, mais un regard de son père la réduisit au silence et elle recula, les poings serrés.

Les autres Daimyō déclinèrent également la proposition, préférant attendre leur Kage respectifs, mais le Daimyō de la Terre leur assura qu'il préviendrait Jiraiya de ce qui s'était passé. Yagura hocha la tête et allait quitter la pièce lorsque la princesse Temari les héla, ses yeux résolus.

– J'ai entendu que mademoiselle Hyūga se trouvait aux jardins intérieurs, dit-elle en ignorant le regard furieux de son père. Elle doit y être avec ses cousines.

– Merci, princesse, répondit Mei.

Les sens de Yagura étaient aux aguets, et ses muscles tendus. Il était prêt à éliminer la moindre menace. Le palais entier était en ébullition, et des gardes courraient dans tous les sens et des hommes se criaient des ordres. Quelques soldats voulurent apporter leur aide au Mizukage, mais Yagura refusa il ne voulait pas s'encombrer de poids morts comme des soldats. De plus, il n'avait aucune confiance en le Royaume du Vent. Le refus de les aider du Daimyō l'inquiétait. Le Royaume du Feu et celui du Vent n'étaient pas alliés en raison d'une appréciation mutuelle, mais car ils avaient chacun besoin de ressources que l'autre possédait. Même si Hiruzen Sarutobi avait longtemps travaillé pour arranger les relations, elles étaient loin d'être idéales.

Dès lors, ce refus ne faisait aucun sens pour un souverain qui voudrait avoir de meilleures relations avec la nation voisine. Il ne voyait qu'une seule raison pour ce refus : le Daimyō avait joué un rôle dans la mort de Hiashi Hyūga. Cette idée lui déplaisait fortement, mais lui faisait surtout se demander si le Daimyō avait perdu l'esprit. Si Jiraiya ne serait pas assez fou pour se dresser directement contre le Daimyō du Vent sans l'aval de Hiruzen Sarutobi – et surtout avec la fille Hyūga à protéger –, le Royaume du Vent échangeait beaucoup avec Yggalë. Hinata Hyūga pourrait très aisément faire augmenter les prix et préférer un autre partenaire économique pour sa région.

De plus, par la loi du Royaume du Feu, cette petite était à présent la nouvelle héritière du trône de feu. C'était une subtilité qui n'était pas rentrée en jeu depuis au moins un siècle, mais elle existait. Le Daimyō ne choisissait pas une personne pour lui succéder mais un clan, dont le chef deviendrait Daimyō après lui. Si ledit chef mourait avant d'être couronné, alors son héritier prendrait sa place. Dès lors, ici, Hinata Hyūga, treize ans, était la nouvelle héritière du Royaume du Feu et refuser de l'aider alors qu'elle était en danger était une erreur grossière. C'était sûrement pour cela que Mei avait tenu à lui porter secours. La petite fille serait sans aucun doute très reconnaissante et se souviendrait que, alors que sa vie était en danger, le Royaume de l'Eau lui avait porté secours.

– Mademoiselle Hyūga sera surement très reconnaissante de notre aide, dit-il alors qu'ils approchaient des jardins intérieurs.

– Bien entendu, répondit Mei d'une voix amusée. Cependant, j'aimerais ne pas avoir à lui annoncer que son père est décédé, ajouta-t-elle. Cette pauvre petite va se retrouver à une place compliquée.

– Avez-vous de la sympathie pour elle ?

– Autant que je puisse me l'autoriser. Je ne peux me permettre d'être trop attachée mais la situation dans laquelle est plongée n'est pas souhaitable. Surtout avec les opinions du vieux Sarutobi sur Yggalë.

Yagura hocha la tête. Il était incapable de comprendre pourquoi les Yggalëns avaient une si mauvaise réputation dans leur royaume. Était-ce en raison de la date de l'annexion ? S'il se souvenait bien, les Hyūga et leurs vassaux n'avaient été conquis qu'il y a deux siècles, bien après les autres clans qui formaient le Royaume du Feu. C'était une des raisons les plus idiotes qu'il avait entendue pour mépriser une région entière. Enfin. Cela ne le concernait pas.


Alors qu'ils pénétraient dans les jardins intérieurs, Yagura sentit une vague d'énergie tournoyant sauvagement dans les lieux. Il se planta devant sa souveraine et se prépara au combat. Mais, alors que ses sens cherchaient la menace, il vit qu'il n'affronterait personne car devant lui se déroulait une des scènes les plus incroyables qu'il avait pu observer.

A genoux sur le sol, la petite Hyūga tenait contre elle le prince cadet, le petit mage qui ne pouvait aller au soleil. Autour d'eux, des ombres jaillissant du prince dansaient sauvagement, menaçant de trancher en deux quiconque tenterait de s'approcher. Le prince était agrippé à l'Yggalënne, pleurant de douleur. Yagura serra les dents. Voilà le secret du Royaume du Vent qui avait donné au Daimyō la confiance suffisante de bouger contre le Royaume du Feu. Cet enfant était une prison vivante et pas un simple mage, bien que cette pratique ait été interdite dans les cinq royaumes en raison du danger pour l'hôte. Et, à en juger par les ombres, Yagura n'avait aucun doute sur l'identité du dieu scellé dans le corps du prince. Celui de la Rage.

Il jura intérieurement et rassembla son énergie, préparant un sort pour achever ce garçon. C'était dommage, il n'était qu'un innocent sacrifié sur l'autel de la soif de pouvoir, mais il ne pouvait autoriser une bête sans contrôle à rester sur cette terre. Il serait sans aucun doute une menace considérable pour les autres royaumes dans le futur. Il ne pouvait pas prendre le risque de le laisser vivre.

Mais, alors qu'il se concentrait, il sentit autre chose apparaître. Une sorte d'énergie pure et aimante qui émanait de la petite Yggalënne, différente et pourtant similaire à une bénédiction. Comme si un dieu lui prêtait momentanément ses pouvoirs. Elle raffermit sa prise sur le jeune homme et leva la tête, inspirant profondément avant de se mettre à chanter, sa voix résonnant dans les oreilles de Yagura comme si la chanteuse était à côté de lui et non à une dizaine de mètres.

Ô, Celle de la Paix,

Mère de la pitié,

Tais la rage et la colère,

Protège mon fils et mon frère.

Ô, Celle de la Paix,

Mère de la pitié,

Guide-nous, mères et filles

Dont la foi jamais ne vacille.

Yagura regarda, abasourdi, les ombres se calmer alors que la jeune fille chantait avant de finalement disparaître dans le sol, comme si elles n'étaient plus emplies de la magie du prince. Le jeune homme se redressa lentement, pantelant. Celui de la Rage s'était vraisemblablement rendormi. Quiconque penserait qu'une telle scène serait un miracle, mais Yagura n'était pas assez stupide pour croire cela. Hinata Hyūga n'était pas bénie comme lui, mais elle était tout de même aimée des dieux, et en particulier de Celle de la Paix, qui l'avait aidée à calmer Celui de la Rage.

– Restez en retrait, dit-il à sa Daimyō. Je vais m'assurer que c'est fini.

– Yagura… Le prince… Ce n'est pas un mage normal, n'est-ce pas ?

– Non, c'est une prison vivante, et il enferme Celui de la Rage. Seul un Kage aurait une chance de l'emporter contre lui, répondit-il. Voulez-vous que je le tue ? Il y a des risques qu'il devienne une menace considérable.

– Non ! rétorqua vivement sa souveraine. C'est un enfant. Pour l'instant il n'est pas une menace. L'ère sanglante de Kiri est finie, je ne nous laisserai pas retomber aussi bas, trancha-t-elle.

– Bien, Votre Altesse. Je vais m'assurer de leur état, dans ce cas.

Il s'approcha, notant du coin de l'œil les corps mutilés de quelques agresseurs sans aucun doute massacrés par le prince. La petite Hyūga n'avait pas une once d'agressivité en elle, jamais elle n'aurait tué ces hommes. Avec sa rapidité, elle aurait évidemment préféré s'enfuir. Néanmoins, s'il en jugeait par les pièges qu'il évita – et désactiva – aisément dissimulés dans les jardins, les agresseurs avaient prévu sa réaction. A partir d'une certaine vitesse, le champ de vision des Hyūga se réduisait considérablement. Réagir à temps à un piège qui se trouve dans votre périphérie devenait presque impossible et ce même avec des réflexes aussi impressionnants que ceux de ce clan.

Ces assassins n'étaient pas idiots, seulement malchanceux. Ils auraient sans doute eu raison de la jeune fille si elle avait été seule. Néanmoins, la présence de ces hommes confirmait la suspicion de Yagura : quelqu'un – surement le Daimyō du Vent – était après les Hyūga. Il n'avait simplement pas compté sur l'intervention de son fils cadet. Au vu des réactions sincères de la princesse Temari et du prince Kankurō, Rasa Hisuna n'avait mis personne au courant. Son arrogance avait causé l'échec de son plan, car la petite Hyūga était toujours vivante et serait surement très peu ouverte à des négociations. Il aurait de la chance si le Royaume du Feu ne déclarait pas la guerre.

Bien sûr, ce n'était qu'une supposition, mais Yagura ne doutait pas que Jiraiya serait du même avis que lui. Cependant, il ne prendrait aucune décision sans l'aval d'Hiruzen et au vu de son âge, le Daimyō du Feu voudrait peut-être préserver la paix et la guerre serait peut-être évitée durant les dernières années de son règne. Quoi qu'il en fût, ce serait sans aucun doute très intéressant à observer. Ses espions à Konoha allaient avoir du travail.

Alors qu'il s'approchait des deux enfants, la demoiselle releva vivement la tête et écarquilla légèrement les yeux, surprise de sa présence. Sa surprise disparut rapidement pour laisser place à de la méfiance. Elle le fixa silencieusement, attendant qu'il parlât en premier. Yagura faillit rouler des yeux s'il voulait la tuer, elle serait déjà morte. Elle n'avait rien à craindre de lui. Néanmoins, il comprenait. Elle venait de survivre à une tentative d'assassinat. Faire confiance au premier venu serait stupide.

– Mademoiselle Hinata, votre père a demandé à Son Altesse Mei et moi-même de vous venir en aide. Je vais vous escorter en sécurité, dit-il.

– Comment peut-on savoir que vous dîtes la vérité ? pantela le prince en se redressant.

Ses jambes étaient tremblantes et il souffrait visiblement d'un terrible mal de crâne, mais son regard était aussi déterminé que celui de sa sœur, si ce n'était plus. Il semblait prêt à se battre à nouveau si cela était nécessaire malgré son état. C'était admirable, bien qu'un peu stupide. La demoiselle se releva vivement et prit délicatement son bras, les yeux inquiets et tendres. Voilà qui était amusant.

– Prince, vous ne devez tout de suite, vous allez vous épuiser ! implora-t-elle.

– Je n'ai aucune raison de vous mentir, intervint Yagura aussi distrayant que cela soit à regarder, ils n'avaient pas le temps. Si j'avais voulu me débarrasser de vous, ce serait déjà fait. Aussi puissant que soit le prince grâce à son prisonnier, je suis un Kage. Je pourrais vous tuer tous les deux sans même me forcer.

– Je vous demande pardon pour notre méfiance, seigneur Mizukage, dit l'Yggalënne elle se serait surement inclinée si elle ne soutenait pas le prince. Nous venons d'être attaqués, et nous préférons être prudents.

– Et vous avez bien raison, répondit Yagura. Allons-y, nous devons retrouver l'Hokage.

– Monseigneur, si je puis me permettre… Pourquoi mon père vous a-t-il envoyés ? Pourquoi pas l'Hokage ? demanda-t-elle.

– L'Hokage était occupé à affronter les assaillants. Avec le Kazekage, j'ai escorté les Daimyō en sécurité, répondit-il, évitant soigneusement de lui ce qui était advenu du seigneur Hiashi voilà une situation qu'il préférait laisser sa Daimyō gérer.

– Pourquoi mon père ne vous a-t-il pas accompagnés ?

Yagura sentit une grimace sur son visage il ne savait pas comment annoncer la terrible nouvelle à la jeune fille. Néanmoins, son expression faciale sembla lui suffire puisque ses yeux s'agrandirent tandis qu'elle portait les mains à son visage, tremblante. Des larmes se mirent à dévaler les joues de l'Yggalënne et elle enfonça son visage dans ses mains. Elle poussa un long cri de désespoir et le prince l'entoura immédiatement de ses bras, bien qu'il fût maladroit dans ses gestes.

– Comment… Comment est-ce possible ? L'Hokage était là pour le protéger ! se lamenta-t-elle, les épaules secouées par des sanglots, lovée dans les bras du prince.

Yagura voulut répondre et lui raconter les événements qui avaient amené au décès de Hiashi Hyūga mais Mei apparut soudainement à ses côtés et s'approcha de la demoiselle en larmes, non sans jeter un regard désapprobateur à Yagura. Le prince resserra sa prise sur l'Yggalënne mais ne dit rien tandis que la souveraine se penchait et écartait délicatement les mains de Hinata Hyūga.

– Mademoiselle, nous avons été attaqués comme vous mais nos assaillants ont dupé les Kage et avait préalablement empoisonné votre noble père. Ses dernières paroles vous étaient destinées, il voulait que nous vous rappelions son amour pour vous, dit-elle d'une voix chaleureuse et maternelle.

Les sanglots de la jeune fille redoublèrent et elle s'agrippa au prince qui l'enlaçait comme un naufragé à une planche flottante. Son corps frêle tremblait violemment, semblable à une feuille malmenée par le vent et sa lamente ressemblait à la plainte nocturne des vagues s'écrasant contre les rochers. Yagura détourna le regard il haïssait le son des pleurs et la vue des larmes. Il ne savait pas comment réagir face à un chagrin pareil.

Néanmoins, l'état de la jeune fille s'améliorerait avec le temps. Le temps pansait toutes les blessures, et Yagura n'avait aucun doute que la foi de la demoiselle lui permettrait de trouver un peu de réconfort. Après tout, son père serait accueilli dans le domaine de Celui du Pouvoir dans les Champs d'Or, comme tous les souverains et seigneurs avant lui. Elle serait capable de faire son deuil. Or, Jiraiya avait échouer à protéger son futur Daimyō. La sentence de Hiruzen Sarutobi serait sûrement brutale, et Yagura savait que le vieil Hokage ne vivrait probablement pas beaucoup plus vieux.