Salut ! Désolée pour tout ce temps depuis le chapitre précédent, j'ai dû emménager dans mon nouvel appart, faire 10 kilos de paperasse, etc. bref, c'était la merde ! Enfin, j'espère que ce chapitre vous plaira :3 J'ai placé un petit parallèle entre Hinata et Gaara à la fin, mais ce ne sont pas tout à fait les mêmes circonstances, lol. N'hésitez pas à me donner votre avis :D
Chapitre XIII : Les héritiers.
Cher prince Gaara,
J'espère que cette lettre vous trouve en bonne santé de corps et d'esprit. Nous sommes arrivés à Ivoïré sans encombre, bien que l'accueil fût glacial. A mon grand dégoût, les miens ne sont toujours pas les bienvenus dans cette maudite capitale. Je regrette amèrement les jours où j'ignorais que les hommes pouvaient être dégoûtés par la couleur de peau de leurs voisins ! Mais que de paroles attristantes !
J'ai pu dîner en compagnie de Sa Majesté Mei Terumi et du seigneur Mizukage. C'est une femme incroyable, et j'admire sa force ! La voir commander le respect de tous et toutes me rend – je dois l'avouer – jalouse, et je confesse que j'aimerais avoir ne serait-ce qu'une once de son incroyable charisme. Les Neuf m'ont peut-être entendu, car lors de notre dîner, elle a partagé avec moi quelques « astuces », dirais-je, pour paraître plus noble et faire honneur à mon titre. J'espère réussir, je ne peux faire honte à Yggalë ! Surtout avec la nouvelle Sélection qui approche je vais devoir représenter ma région face aux futurs Grands Seigneurs, et cela m'angoisse.
Sur une seconde note plus joyeuse, j'ai appris quelques chansons du Royaume du Vent à la harpe. La Litanie du Désert était fort ardue mais elle est si belle que je n'aurais su renoncer. Me ferez-vous l'honneur de m'écouter l'interpréter lors de notre prochaine rencontre ? J'aimerais également trouver un professeur de danse mais il semblerait que les seuls professeurs vivants à Ivoïré sont de vieux fous à l'esprit perdu par l'âge ! Je vais surement devoir engager des danseurs de passage j'espère seulement qu'on ne me prêtera pas des relations indécentes avec eux !
Je prie chaque soir pour que Celui de la Rage vous laisse en paix. Celle de la Paix a-t-elle entendu mes prières ? Pouvez-vous vous reposer et rêver comme bon vous semble ? Comment Suna se porte-t-elle ?
J'espère avoir bientôt de vos nouvelles.
Votre dévouée amie,
Hinata du clan Hyūga.
Gaara sentit un sourire naître sur ses lèvres alors qu'il relisait la lettre que lui avait adressé Hinata. Il pouvait presque voir son sourire et entendre sa voix alors qu'elle parlait avec excitation de musique et de danse. Elle semblait porter un véritable amour à ces deux arts, et il ne put s'empêcher d'imaginer sa voix entonner la douce Litanie du Désert. Ce serait sans aucun doute merveilleux à écouter, sa voix de soie était déjà telle une légère caresse lorsqu'elle ne faisait que parler, ou semblable au chant des oiseaux lorsqu'elle se montrait enthousiaste envers un sujet. Il prit une feuille et une plume, réfléchissant à la lettre qu'il pourrait lui écrire.
Chère Grande Dame Hinata,
Votre lettre m'a apportée toute la sérénité que je pourrais désirer, et vous me voyez rassuré d'apprendre que vous êtes saine et sauve, même si je ne peux que vous urger d'être aussi prudente que vous le pouvez. Orochimaru est toujours en liberté, et qui sait quel plan il concocte pour détruire la paix internationale. Quant à la haine que vous pouvez recevoir à Konoha, n'y prêtez guère attention vous êtes bien plus belle que quiconque habitant à Ivoïré, et votre pouvoir n'est surpassé que par celui du Daimyō. Quelques riches marchands ne sauraient se comparer à vous.
Sa Majesté Mei est en effet une femme intéressante, surtout compte tenu de l'histoire de son royaume ! Je n'ai pas eu l'occasion de converser avec elle, aussi bien dois-je vous croire sur sa personnalité. J'espère que le Mizukage vous a traitée avec respect, il me semble qu'il peut être rustre. Enfin, peut-être suis-je mal placé pour parler !
Il me tarde nos retrouvailles, et j'espère pouvoir vous entendre chanter ! Je suis un piètre chanteur, mais je puis tenter de m'améliorer pour vous accompagner. Mon père désapprouve chacun de mes choix, alors autant faire ce que je désire, n'est-ce pas ?
La situation à Suna est des plus ennuyeuses, je dois l'avouer l'enquête sur l'attaque d'Orochimaru ne semble pas avancer, et la compétition entre mon frère et ma sœur a perdu tout intérêt à mes yeux. Il était amusant de les voir se disputer les attentions du conseil il y a quelques mois lorsque la course a commencé mais à présent, c'est assez pathétique. Il est assez évident que Temari va gagner, et les caprices de Kankurō sont dignes d'un enfant. Il me tarde que tout cela finisse ! Et que ma sœur devienne Daimyō. Elle sera bien meilleur que mon père, mais celui-ci n'est pas près de lâcher le trône, à mon grand malheur.
Je prie pour que cette lettre vous trouve heureuse et en paix. Que la Mère de Tous vous protège, et guide vos pas.
J'attendrai votre réponse.
Votre dévoué,
Prince Gaara Hisuna de Suna.
Gaara posa sa plume et soupira. Il n'avait jamais écrit de lettre à qui ce fût. Respectait-il les conventions ? Il ne voulait pas offenser son interlocutrice l'idée qu'elle fût vexée et donc énervée envers lui pour si peu lui briserait le cœur. Néanmoins, le souvenir du courage dont elle avait fait preuve pour le sauver de la soif de sang de Celui de la Rage le rassura. Elle n'était pas comme toutes les demoiselles qu'il avait pu rencontrer elle avait l'esprit plus affutée et le cœur plus clément. Confiant, le jeune prince rangea sa plume. Sa lettre aurait sans doute besoin d'être retravaillée, mais il était satisfait de son premier jet. Hinata semblait apprécier sa franchise, et il appréciait la sienne. Pourquoi devrait-il donc se cacher derrière de fausses politesses ? La sincérité n'était-elle pas une valeur primordiale ?
Gaara se leva et passa une main dans ses cheveux. Quelle fascinante demoiselle ! Elle le ferait presque croire aux valeurs de la Mère de Tous ! S'il était sincère, c'était uniquement par pragmatisme le jour où il craindrait la déesse primordiale n'était pas arrivé. Il attrapa la lettre et la relut puis inspira profondément. Il l'enverrait ainsi il ne voulait pas se fatiguer à cacher un quelconque message derrière des mots peu fiables et des phrases sinueuses.
Le prince quitta sa chambre et entreprit de se diriger vers la fauconnerie. Tous les oiseaux voyageurs s'y trouvaient et étaient choyés par les domestiques travaillant là-bas. Ils devaient toujours être vigoureux et en bonne santé si des messages devaient être urgemment envoyés sur de longues distances. Un des fauconniers le vit arriver et ses yeux s'écarquillèrent légèrement. Gaara roula légèrement des yeux tandis que l'homme se hâtait de faire une révérence maladroite et craintive. Le prince l'observa froidement un court instant. Quel insecte pathétique à la bravoure inexistante, pensa-t-il.
– J'ai besoin d'un oiseau pour Konoha, ordonna-t-il.
– Bien sûr, tout de suite Votre Altesse ! A qui dois-je l'adresser ? répondit le fauconnier d'une voix tremblante.
– La Grande Dame Hinata du Clan Hyūga. N'indique pas sa provenance.
– A vos ordres, Votre Altesse !
Gaara l'observa préparer un oiseau en silence. Il n'exsudait aucun charisme ni aucune dignité, et le prince se demanda comment des oiseaux de proie aussi majestueux que ceux qu'il dressait pouvaient bien lui obéir. Il leva les yeux vers les oiseaux, qui piaillaient et hurlaient furieusement depuis son arrivée. Il ricana légèrement. Les animaux l'avaient toujours détesté mais, comme à l'accoutumée, aucun n'avait le courage de l'attaquer ou le chasser de son territoire. Finalement, ce fauconnier correspondait parfaitement à ces oiseaux ! Ils étaient tous trop idiots pour comprendre qu'il n'avait que faire de leur existence et ne s'abaisserait jamais à les tuer. Le plus insultant restait tout de même que les domestiques le pensassent capables d'occire des innocents pour le plaisir. Peu importait les tourments infligés par Celui de la Rage, il n'avait jamais tué un domestique qui aurait eu le malheur de passer par là. Un soupir lui échappa et il ferma les yeux. Hinata et ses yeux emplis de confiance sincère lui manquaient déjà.
– V-Votre Altesse, l'oiseau est prêt à partir.
Gaara rouvrit les yeux et les glissa vers le fauconnier, ne se fatiguant pas à se tourner complètement vers lui.
– Et bien envoie-le. Mon père n'a pas besoin de savoir, est-ce bien clair ?
– Oui Votre Altesse.
Gaara fit demi-tour et se dirigea vers la porte de la fauconnerie. Alors qu'il allait saisir la poignée, la porte s'ouvrit à la volée, révélant le visage désemparé de Temari, dont les yeux étaient étonnamment rouges et bouffis. Il ne l'avait jamais vue pleurer, et Gaara comprit que quelque chose de grave était arrivé. Elle se figea en le voyant, puis son expression se ferma et elle le bouscula presque pour pénétrer dans la fauconnerie. Gaara se retourna pour la regarder chasser les fauconniers et s'assoir au milieu des rapaces. Elle tendit les bras et quelques-uns vinrent se poser sur ses genoux ou à ses côtés, se frottant contre elle comme des chats. Les yeux du prince s'écarquillèrent il ignorait que sa sœur était aussi douée avec les oiseaux ou qu'elle venait chercher du confort auprès d'eux.
Il s'approcha lentement et quelques oiseaux crièrent après lui avant de s'envoler et de tournoyer autour de lui. Hum. Ils sont plus courageux si Temari est impliqué amusant, pensa-t-il. Sa sœur releva la tête vers lui. Ses yeux étaient perçants, sa mâchoire serrée et son corps tendu. Que s'était-il donc passé ? Il croisa les bras sur son torse.
– Que t'arrive-t-il ? Tu ne pleures jamais.
– Bien sûr que si je pleure, mais tu te moques bien de savoir comment nous nous portons ! rétorqua-t-elle hargneusement.
Elle espérait surement qu'il tombât à genoux pour s'excuser de son comportement jusqu'alors, qu'il devint un petit frère exemplaire. Néanmoins, cela n'était que la preuve qu'elle n'était pas dans son état normal. Il n'avait aucunement l'intention de changer. Il était parfaitement satisfait de ses relations avec les membres de sa famille et ne désirait pas être plus proches d'eux leurs yeux emplis de peur et de pitié le rendaient malade. Pourquoi s'encombrerait-il de telles relations ?
– Tu ne pleures pas en public, c'est pourquoi ton comportement a attiré mon attention. Si tu n'as pas l'intention de m'en parler, je m'en vais, répondit-il froidement.
Il fit volte-face et quelques pas lorsqu'il entendit Temari le héler. Il s'arrêta et se retourna aux trois quarts. Avait-elle changé d'avis ? Qu'elle se hâte, il détestait cette fauconnerie sale et puante.
– Pourquoi elle ?
– Développe.
– La Hyūga. Pourquoi lui fais-tu confiance ainsi ? J'ai essayé maintes et maintes fois de te comprendre, d'être une sœur mais chaque fois tu m'as rejetée. Pourquoi elle ? persifla Temari.
Temari serait-elle jalouse ? Voilà qui était amusant. Comment osait-elle espérer être plus qu'une simple sœur distante pour lui lorsqu'elle était incapable de le regarder sans crainte ? Même à présent, la peur était dissimulée sous son hostilité, une présence éternelle.
– Elle n'a pas peur. Tout simplement.
– Dans ce cas, elle a perdu l'esprit ! cracha la princesse.
Gaara eut soudainement l'impression qu'on venait de le gifler et il fit un pas en arrière. Il avait toujours su que sa famille et chaque être habitant ce maudit royaume le craignait, mais entendre Temari prononcer ces mots étaient comme un coup de fouet. Il pensait que l'honnêteté lui ferait du bien, mais c'était comme recevoir un sceau d'eau glacée sur le corps. Ses poings se serrèrent sur ses bras et il inspira profondément. Au fond de son crâne, le rire de Celui de la Rage résonna. Le ricanement semblait tournoyer de manière erratique dans son esprit, comme si une des tempêtes qui balayaient parfois les steppes de Suna le secouait en tous sens.
Gaara se mordit la lèvre, refusant de laisser la voix du dieu honni lui dicter ses pensées et s'efforça d'ignorer la soif de sang qui pulsait à présent dans ses veines comme les battements de son cœur. Il ne pouvait succomber. Il posa ses yeux sur Temari, espérant que la vue de sa sœur le calmerait. Lorsqu'il croisa le regard lapis-lazuli de sa sœur, une vague de soulagement l'envahit. Il n'avait aucune raison de s'énerver. Elle ne le méritait pas elle n'était qu'une menteuse qui avait trois mois auparavant prétendu qu'elle l'aimait bien qu'aujourd'hui ses actes et paroles démontrassent le contraire.
Il fit demi-tour et, ignorant les sanglots de Temari, quitta la fauconnerie sans un seul regard en arrière, les mâchoires tendues et les poings serrés. La bonté d'Hinata lui avait fait croire qu'il pourrait peut-être tenter de réparer les liens brisés qui le liaient à sa famille – à l'exception de son père – mais c'était clairement peine perdue. Il retourna dans sa chambre, pour trouver Kankurō appuyé contre la porte, l'attendant, flanqué d'un chevalier dont Gaara ne s'était pas fatigué à retenir le nom. Le prince cadet grogna. Pourquoi devait-il être accablé du poids de leurs présences ? Ces couards menteurs ne l'intéressaient pas.
– Que veux-tu ? grommela-t-il.
– Simplement te présenter ton futur souverain, répondit Kankurō.
– Temari devait être l'héritière, dit Gaara en fronçant ses sourcils blancs.
– Certes, mais elle est une perverse qui préfère la compagnie des femmes. Comment pourrait-elle régner correctement sur le royaume ? rétorqua Kankurō avec un sourire cruel.
Gaara eut soudainement l'impression que du plomb était tombé au fond de son estomac. Comment le secret de Temari s'était-il ainsi retrouvé exposé au grand jour ? Puis, lentement, comme si la conclusion refusait d'apparaître dans son esprit, il comprit. Et la rage l'envahit sauvagement, tournoyant dans son esprit comme une tornade furieuse. Gaara serra les poings et, d'un revers de la main instinctif, gifla Kankurō au visage, le faisant chuter au sol. Il sentit ses crocs s'allonger alors que son ombre tournoyait autour de ses chevilles, attendant ses ordres. Les larmes de Temari lui revinrent en mémoire, ainsi que son agressivité. Il était normal qu'elle fût dans cet état, et il n'en était pas la raison. Sa sœur n'était point une menteuse, elle avait le cœur brisé.
– Elle t'avait fait jurer ! Tu avais prêté serment ! rugit-il. Comment as-tu pu briser ta parole ainsi ?
Kankurō cracha un peu de sang tandis que le chevalier l'aidait à se relever. Son frère aîné lui lança un regard noir et, lorsqu'il parla, son ton était venimeux.
– Tu ne pourrais pas comprendre ! rétorqua Kankurō. Toute ma vie j'ai sué pour être l'héritier. Crois-tu que je n'allais pas tout faire pour gagner ?
– Un homme qui brise sa parole ne mérite pas de trône, siffla Gaara.
– Te voilà bien sage pour un tueur !
– Je n'ai jamais brisé ma parole, et tuer ne m'empêche pas d'être capable de pensées cohérentes ! Pars, sale serpent, avant que je décide de faire de Temari l'héritière !
Kankurō sembla comprendre le sens derrière ses paroles et s'enfuit immédiatement, son chevalier sur ses talons.
Gaara claqua la porte de sa chambre derrière lui, tremblant, et retira les couches de vêtements qui entravaient son visage et ses mains. Son regard tomba sur son reflet, qui trembla comme la surface d'une mare avant de devenir indépendant, les yeux noirs et dorés et la peau couverte d'étranges marques. Le prince recula d'un pas, pantelant. Son crâne avait été pris d'assaut par de lourdes masses, son estomac était tordu et il avait froid bien que de la sueur dégoulinât le long de ses tempes. Il prit appui contre un meuble quelconque, fixant durement son dangereux reflet.
– Que… veux-tu… grogna-t-il.
Celui de la Rage sourit cruellement et épousseta ses vêtements.
– Moi ? C'est plutôt simple, je veux du sang et de la violence. Rien de très original, certes, mais je m'ennuie, ici ! Laisse-moi plutôt te retourner la question, petit. Ne veux-tu pas allé à Kiri ? Ou peut-être à Konoha, rejoindre ta douce Hinata ? Une charmante gamine d'ailleurs, je suis bien content que tu ne m'aies pas obéi, après réflexion, elle est très intéressante.
Gaara serra les mâchoires mais, incapable de tenir debout par lui-même, ne put tenter d'avoir l'air intimidant.
– C'est ce que j'aimerais oui, mais je n'ai pas de raison officielle de m'y rendre, grogna le prince. Je ne peux parler à ta place, mais je n'ai aucunement envie de vivre comme un mendiant, surtout avec un corps qui ne tolère pas le soleil.
Le dieu pencha la tête sur le côté, semblant réfléchir, avant de soupirer.
– Ah oui, j'oubliais les conventions humaines. C'est terriblement fastidieux ! Néanmoins, je veux m'amuser, et ta vie actuelle est d'un ennui catastrophique ! Mais qu'importe, je vais y remédier. Tu as quatorze ans, n'est-ce pas ? C'est un âge correct pour commencer à prendre du pouvoir chez les humains, il me semble.
– Si on veut, pantela Gaara. Que comptes-tu faire ?
Le sourire de Celui de la Rage semblait s'étirer jusqu'à ses oreilles pointues, lui donnant un aspect cauchemardesque. Gaara déglutit. Qu'est-ce qui avait bien pu traverser l'esprit du dieu ?
– La lettre de ta douce m'a donné une bonne idée. Nous allons bien nous amuser, petit !
