Et je n'étais pas morte ! xD Désolée à tous pour ce long retard, mais le semestre a été dur. Je promets de poster plus régulièrement
Chapitre XIV : Les candidats.
Le vent dansait dans ses cheveux lorsque Hinata entendit qu'on toquait à la porte de ses appartements. La jeune fille soupira elle ne désirait pas voir qui que ce soit. Sentir le vent venant de l'ouest sur sa peau, là où trônait Suna et vivait son cher prince, était une sensation des plus agréables et elle aimerait pouvoir rester ainsi pour de longues heures supplémentaires. Malheureusement, elle n'avait pas le choix elle avait des responsabilités bien plus pressantes qu'un simple plaisir personnel. Elle réajusta ses tresses et s'assura rapidement dans le miroir que ses jupes n'étaient pas froissées. Une fois satisfaite de ce rapide coup d'œil, elle fit signe à Kō d'ouvrir la porte de ses appartements. Il s'agissait d'une domestique.
– Dame Hinata, les seigneurs Itachi et Sasuke du clan Uchiha sont arrivés. Ils aimeraient vous inviter à prendre une collation avec eux.
Hinata resta silencieuse un instant, considérant ses possibilités. Elle n'avait qu'une envie : refuser et s'enfermer à nouveau dans ses appartements pour attendre la fin de cette stupide Sélection. Malheureusement, elle ne pouvait point faire passer ses intérêts personnels avant les intérêts d'Yggalë et des siens. Elle se devait de faire bonne impression auprès du futur Haut Seigneur de Pràyol, voire du futur Daimyō. Hinata grinça des dents à l'idée de devoir se lier d'amitié avec des gens qui participaient à la haine que son peuple recevait, mais elle se contrôla et força un sourire poli à naître sur son visage.
– J'en serais ravie. Quand m'attendent-ils ?
– Dès que vous le désirez, ma Dame.
– Très bien. Aide-moi avec mes cheveux, s'il-te-plaît.
Quelques minutes plus tard, Hinata était assise devant sa coiffeuse, observant dans le miroir les délicates actions de la domestique. Elle était plus lente que Hamya ou Hanika lorsqu'il s'agissait de refaire les tresses ornées de bijoux, mais elle était également beaucoup plus douce. Hamya avait tendance à être rapide mais assez brutale dans ses actions ce n'était pas pour rien que Hanika, sensible du cuir chevelu, refusait de laisser sa sœur la coiffer.
Une fois les tresses refaites, Hinata ouvrit son armoire, et réfléchit sur quelle robe porter. Elle était vêtue assez simplement aujourd'hui, et elle désirait ardemment laisser une impression de noblesse aux deux Pràyoliens. Sa robe actuelle ne ferait pas l'affaire.
Son choix se porta sur une robe argentée. Le bustier était brodé de cristaux sombres et de fils noirs s'entrelaçant. Le bas du bustier formait un « v » sur la jupe, tandis que sur le bas de cette dernière poussait des plantes sombres aux fleurs faites de cristaux. La robe n'avait pas de manche, et elle choisit un châle noir brodé d'argent et des jupons de la même couleur pour aller sous sa robe. Elle ne porterait pas de couleurs vives pendant un autre moi. Elle se devait d'apparaître en deuil, peu importait son ressentiment envers son père. Enfin, Hinata enfila quelques bijoux, notamment les bracelets en forme de serpents offerts par Neiji voilà maintenant trois lunes, s'observa une dernière fois dans le miroir et décida qu'elle était prête.
– Montre-nous le chemin, dit-elle à la domestique.
Cette dernière acquiesça et les guida dans les couloirs d'Ivoïré jusqu'à des appartements à l'étage supérieur. Hinata ne put s'empêcher d'être légèrement jalouse. Les candidats, Naruto Uzumaki et Itachi Uchiha, étaient logés au-dessus d'elle car elle ne participait point à la Sélection. Officiellement, c'était le cas, mais tout le monde savait qu'elle ne serait jamais choisie. Elle n'avait pas non pu hériter des anciens appartements de son noble père, et on l'avait reléguée à l'étage en-dessous. C'était insultant.
Hinata tenta néanmoins de calmer sa colère et son envie. Ils ne méritaient pas qu'elle éprouvât de tels sentiments. Elle avait Yggalë, le plus beau lieu que la Mère De Tous eût créé sur cette terre, elle avait un clan aimant et fort, l'affection d'un prince merveilleux, tout droit sorti d'une chanson. Penser à son cher prince la fit sourire et calma le tourbillon de jalousie et d'agacement en elle. Il la remplissait d'affection et de paix, comme si Celle de la Paix en personne l'enlaçait.
Itachi et Sasuke Uchiha étaient exactement ce qu'Hinata avait imaginé. D'une pâleur presque laide comparée au teint de porcelaine de Gaara, les frères auraient pu être jumeaux s'ils avaient eu le même âge. Leurs cheveux étaient aussi noirs que ceux des Hyūga, et tous deux étaient plus grands qu'elle. Itachi faisait peut-être deux têtes de plus qu'elle, et Sasuke seulement une. Si elle était objective, elle trouverait qu'ils étaient beaux garçons. Malheureusement, elle n'avait aucunement envie d'être objective quand les autres régions du Royaume moquaient la sienne pour quelque chose d'aussi stupide que la couleur de la peau ou les différences culturelles. Pourquoi s'évertuerait-elle à être objective dans son cœur quand eux n'étaient que préjudices et impolitesses ?
– Mademoiselle Hyūga, c'est un honneur, lui dit sire Itachi – il était chevalier après tout – en embrassant sa main.
Hinata rougit joliment. Elle savait rougir lorsque bon lui semblait, un talent que Sa Majesté Mei avait félicité. Elle espérait seulement qu'elle ferait honneur aux enseignements et leçons partagés par la Daimyō lorsqu'elles avaient dîné ensembles voilà maintenant plusieurs semaines.
– Ma Dame, le reprit calmement Kō.
– Je vous demande pardon ? s'enquit le chevalier.
– Dame Hinata est la Grande Dame d'Yggalë. Je vous prie de vous adresser à elle par son titre, monseigneur.
– Ah ! Oui, bien sûr. Je vous demande pardon, ma Dame, s'excusa l'héritier de Fort-Rubis.
Son excuse était sincère, mais elle voyait la confusion dans son regard.
– Ce n'est rien, répondit Hinata en souriant tendrement. Le voyage était sans aucun doute épuisant je suis étonnée que vous n'ayez pas opté pour une sieste ! J'ai dormi des heures après être arrivée à Ivoïré, ajouta-t-elle en riant.
Ce n'était pas du tout un rire sincère, car elle ne voulait pas être là, mais Sa Majesté Mei lui avait dit que son rire était beau. Il était, avec son titre et ses mots, une arme qu'elle devait aiguiser. La Daimyō avait également complimenté sa beauté, mais Hinata savait parfaitement que son apparence lui porterait plus préjudices qu'autre chose, en cette ville maudite. Dès lors, bien qu'être belle pouvait lui gagner quelques faveurs de vieux ministres ou nobles, elle n'avait pas besoin de l'aiguiser de la même façon. Elle devait juste s'assurer d'être la mieux habillée afin de ne pas être ridicule. Faire honte à son clan, même aux yeux de ces nobles insipides et idiots, serait invivable.
– C'est l'avantage de mes quelques campagnes avec d'autres chevaliers, ma Dame. Mon frère refuse d'admettre sa fatigue, plaisanta sire Itachi.
Sasuke, affalé sur un fauteuil, haussa les sourcils à l'attention de son frère. Hinata pouffa légèrement s'installa dans une des confortables chaises. Le chevalier s'installa en face d'elle tandis que des domestiques déposaient des plats de pâtisseries et du thé sur la table. Sasuke se rapprocha également, mais Hinata voyait qu'il luttait difficilement contre l'épuisement. Néanmoins, il ne l'admettrait jamais, sa fierté ne le lui permettrait pas. Que la fierté masculine pouvait être idiote ! Neiji était pareil, parfois. Hanika lui comptait souvent des anecdotes amusantes à propos de son cousin lorsqu'elles dînaient entre femmes.
– Ma Dame, je tenais à vous présenter toutes les condoléances de notre clan. Pràyol pleurera la perte d'un Haut Seigneur de cette noblesse pendant des années, dit Itachi.
Hinata se figea, plongeant son regard dans celui du Uchiha. Elle n'avait qu'une envie, le gifler de toutes ses forces, et ne pas partir sur le champ lui demanda tout son contrôle. Comment osait-il ? Alors qu'il participait à cette mascarade ! Hinata réfléchit à ce qu'elle pouvait répondre sans l'insulter, mais ce fut Sasuke qui prit la parole.
– Itachi, tu es un idiot. Crois-tu que ce soit ce que Dame Hinata veut entendre ?
Il se tourna vers elle et inclina la tête.
– Je vous prie de pardonner mon frère, ma Dame. Il n'est pas aussi poli qu'il aime à le penser.
– Vos excuses sont acceptées, sire – pardonnez-moi. Êtes-vous chevalier vous aussi ? demanda-t-elle, espérant changer le sujet de la discussion.
– Hélas non, pas encore. Je ne suis qu'un écuyer, mais je serai bientôt fait chevalier, si tout se déroule bien.
Hinata se força à nouveau à sourire.
– Je prierai pour votre réussite. Je devrais vous présenter à mon cousin Neiji, lui aussi est écuyer. Kō, sais-tu quand Neiji sera fait chevalier ? Il me semblait que cela aura lieu sous peu.
– Pas encore ma Dame. Mais l'épreuve finale a lieu dans deux semaines.
– Il me tarde d'y assister, sourit-elle avant de prendre une gorgée de thé. Peut-être pourriez-vous y participer aussi ?
– Ce serait avec plaisir, Sasuke répondit en souriant poliment. Qu'en penses-tu, Itachi ?
– Tu ne peux l'être plus. Si tu ne participais pas, je devrais te rosser, plaisanta l'aîné. Dame Hinata, je serais également enchanté de rencontrer votre cousin.
– Bien sûr, sire. J'organiserai un dîner bientôt, nous pourrons discuter plus longuement qu'aujourd'hui.
Quelle plaie ce serait ! Ils étaient inintéressants. Comment sire Itachi pouvait-il prétendre au trône alors que sa politesse laissait à désirer de la sorte ? Elle échangea quelques politesses de plus, avant de s'excuser afin de quitter la pièce. La collation avait été délicieuse, les cuisiniers d'Ivoïré étaient bels et bien les meilleurs du royaume, mais ce n'était pas suffisant pour la faire rester plus longtemps.
Elle voulait regagner ses appartements et écrire à sa mère. Elle devait étudier les rapports économiques d'Yggalë ainsi que ceux concernant la sécurité. Son père avait été assassiné, et aucun coupable n'avait été arrêté. Bien sûr, Orochimaru semblait être un coupable tout à fait désigné, mais s'il était derrière cette attaque et le poison, pourquoi son père avait-il été la seule victime ? Pourquoi aurait-il visé, de toutes façons ? Il n'avait pas encore été couronné. Était-ce une vendetta personnelle contre le royaume de feu ? Dans ce cas, pourquoi se fatiguer à attaquer le conseil des Daimyōs ? Cela n'avait aucun sens. Si son père était la seule victime, c'était parce qu'il était la seule cible. Des assassins avaient également été envoyés après elle et ses cousines. Qu'ils fussent envoyés par Orochimaru ou quelqu'un d'autre, les Hyūga avaient clairement été visés. Elle ne pouvait pardonner un tel acte, et, en tant que Grande Dame d'Yggalë, elle se devait d'enquêter et de découvrir qui en voulait ainsi à son clan.
– Ma Dame, avant que vous nous quittiez, j'aurais une question à vous poser.
La voix d'Itachi fit sursauter Hinata, et elle se tourna vers lui, forçant un sourire sur son visage.
– Bien sûr, je vous écoute.
– Qui soutiendrez-vous, dans cette Sélection ?
– Je vous demande pardon ?
– Itachi ! s'écria Sasuke, mais son frère l'ignora.
– Vous ne logez pas au même étage que nous, vous ne participez pas à la Sélection, n'est-ce pas ? Qui allez-vous soutenir, dans ce cas ? Naruto Uzumaki, ou moi-même ? Un garçon de tout juste quinze années, ou un adulte, chevalier et stratège ? questionna-t-il, un sourire arrogant sur son visage.
– As-tu perdu l'esprit ? s'indigna Sasuke.
Hinata n'entendit pas le plus jeune des frères, tant les paroles de l'aîné sonnaient comme une gifle en plein visage. Ses oreilles en sifflaient même. Par les Neuf, n'avait-il aucune honte ? Aucune humilité ? Était-ce ainsi qu'on élevait les futurs Hauts Seigneurs Pràyoliens ? Il n'était pas étonnant que leur région soit connue pour leur habileté à la guerre. Ce genre d'attitude, qui faisait fi de toutes leçons de diplomatie, déclenchait des guerres en moins de temps qu'il ne fallait pour cligner des yeux !
– Certainement pas le grossier personnage qui se permet de se comporter de la sorte ! Pensez-vous que vos charmes et votre habileté à l'épée feront oublier aux autres souverains votre obscénité ? Vous nous plongerez dans un conflit armé en quelques minutes, avec une attitude pareille !
Elle partit en claquant la porte, hors d'elle. Aussitôt dehors, la jeune femme s'élança à toute vitesse. Elle voulait s'écrouler sur son lit, et pleurer toutes les larmes de son corps. La situation avait été des plus angoissantes et l'avait rendue furieuse. Le vent de sa course caressa son visage, lui rappelant le vent des steppes de Suna où vivait son cher prince. Comment se portait-il ? Celui de la Rage le tourmentait-il ? Si seulement elle pouvait sentir son étreinte une nouvelle fois, tous ces sentiments négatifs, toutes ces émotions néfastes disparaîtraient comme de la neige au soleil. Pourquoi, pourquoi elle ? Pourquoi devait-elle affronter tout cela ? Avait-elle offensé les Neuf ?
Hinata ne s'arrêta de courir que lorsqu'elle fût au bord de son balcon, les mains sur la rambarde en pierre, là où elle était installée une courte heure plus tôt. Des larmes de frustration dévalaient ses joues et rapidement, ses genoux cédèrent. La jeune femme se laissa glisser au sol. Ses doigts restèrent sur la pierre, qui formaient des barreaux semblables à ceux d'une cage. Au travers, elle pouvait voir Ivoïré, puis Konoha et, à l'ouest, à des centaines de lieues d'ici, se tenaient les forêts Yggalënne et Perleforêt. Un sanglot secoua ses épaules. Elle voulait rentrer revoir sa chère mère, tenir Hanabi dans ses bras, se baigner dans les sources d'eau chaude. Elle aimerait tant retourner à ses jours bénis !
Mais elle ne le pouvait elle était prisonnière de cet endroit honni, de ces nobles et ces riches marchands, de leur haine et de leur mépris infondé. Ils avaient jeté au sol ses rêves de la capitale et les avaient piétinés sans le moindre regret. Pourquoi ? Pourquoi devaient-ils traiter les siens de la sorte ? Elle attrapa la fiole enchantée autour de son cou, la serrant de toutes ses forces. Elle voulait tant que son prince fût là pour la rassurer, pour qu'elle puisse rêver à nouveau à ses côtés comme elle l'avait fait lorsqu'elle l'avait rencontré. Malheureusement, c'était dans le passé, et elle devait se concentrer sur le présent et le futur. Elle devait enterrer la petite fille spontanée, laisser la Grande Dame naître. Elle devait aimer et protéger les siens. C'était son devoir, après tout.
Elle rencontra Naruto Uzumaki quelques jours plus tard. Le futur seigneur de Laguloé était un garçon jovial pour qui elle ne put s'empêcher de ressentir une certaine sympathie. Son clan était petit et moins puissant, mais il était tout de même fier de ses origines. Il ne baissait la tête que face au Daimyō, et regardait sire Itachi droit dans les yeux. Il semblait le trouver profondément ennuyeux. Rien que pour cela, Hinata décida qu'elle l'appréciait bien plus que le grossier chevalier Pràyolien. Néanmoins, il n'était pas très futé, et sa jovialité serait bien inutile pour gérer l'économie et les taxes. Oh, il serait un Daimyō aimé du peuple, elle n'en doutait pas. Mais s'il conduisait le royaume à sa perte, ce serait inutile. Sire Itachi avait l'esprit, et Naruto Uzumaki le cœur. S'ils n'étaient qu'une seule et même personne, ce serait parfait. Malheureusement, en l'état actuel des choses, que l'un ou l'autre devint Daimyō était une mauvaise nouvelle.
Hinata soupira ces pensées avaient tendance à gâcher les banquets.
– Ma Dame, que se passe-t-il ? Vous semblez pâle, dit soudainement Hanika, assise en face d'elle, arrachant Hinata à ses pensées.
Neiji était assis à côté d'Hanika, et Hinata était ravie de voir qu'une relation semblait se développer entre eux. Ils méritaient d'être heureux, et elle détruirait tout ce qui trouvaient entre eux et leur bonheur. Ils avaient assez souffert. Pauvre Neiji avait perdu sa mère, Hamya et Hanika leurs parents, et les attaques de Suna les avaient laissées hantées par d'horribles cauchemars.
– Des pensées peu plaisantes à propos de la Sélection, répondit-elle en souriant. Que pensez-vous des jeunes seigneurs qui viennent d'arriver ?
– Charmants l'œil, quoiqu'un peu pâle pour moi, Hamya rit. Je ne leur ai pas encore parlé, par contre. Je doute qu'une simple demoiselle de compagnie Yggalënne les intéresse, ajouta-t-elle en feignant d'être offensée.
Les filles pouffèrent, et Neiji roula des yeux. Les autres chevaliers du clan sourirent légèrement, amusés par les discussions entre jeunes femmes. La blague de Hamya détendit l'atmosphère, et Hinata profita un peu plus du banquet et de la musique jouée. Elle ne s'amusa pas réellement, trop inquiète pour Yggalë et la sécurité des siens, mais le sentiment misérable qui l'avait dévorée jusqu'alors se calma.
Quelques heures plus tard, alors qu'elle regagnait ses appartements, Kō à ses côtés lui parlant de l'examen des chevaliers qui aurait bientôt lieu, Hinata vit au détour d'un couloir le Premier Ministre en personne, Danzō Haruno. Hinata fronça les sourcils et s'arrêta il était un homme sinistre qui ne lui inspirait pas la moindre confiance. On racontait que son réseau d'espion était encore meilleur que celui de Jiraiya, mais Hinata n'y croyait pas. L'Hokage était une position vieille de plusieurs siècles. Danzō Haruno n'était qu'un homme.
– Ah, Dame Hinata, je vous cherchais, dit-il.
– Monseigneur, puis-je vous aider d'une quelconque façon ?
– Oui. Je suis désolée de vous déranger alors que vous allez sûrement vous reposer, mais j'aimerais vous poser une question. Peut-être en vous accompagnant à vos appartements ?
– Bien sûr. J'espère que vous pardonnerez si je ne puis vous offrir les réponses les plus intelligentes, je crains que la fatigue m'endorme l'esprit.
– Je n'ai aucun doute en votre intelligence, ma Dame, je suis sûr que je serais très satisfait de converser avec vous, répondit-il en lui offrant son bras.
Hinata le prit délicatement, peu sûre d'elle. Que lui voulait donc cet homme si tard ? Elle ne lui faisait pas confiance, mais Kō était avec elle. Elle devrait être en sécurité. Ou, tout du moins, elle l'espérait.
– En tant que Premier Ministre, je dois m'assurer que tous les clans s'entendent, ou tout du moins coexistent en paix. Vous êtes Grande Dame d'Yggalë, et de ce fait, j'aimerais connaître vos sentiments sur les seigneurs avec qui vous devez travailler.
Hinata resta silencieuse un instant. Telle question était-elle réellement urgente ? Ne pouvait-elle attendre le lendemain ? Cette discussion n'était qu'un piège grossier. Elle s'écarta aussitôt du ministre et recula légèrement, les yeux plissés par le mépris. Kō se tint à ses côtés, une main sur la paume de son épée.
– Monseigneur, je pensais que vous aviez une once de respect pour mon intelligence. Pourtant, quel que soit le piège que vous me tendez, il est grossier. Kō, allons-nous-en. Cette conversation est terminée.
Elle tourna les talons, agacée et décidée à se coucher. Cette journée avait été épuisante elle n'était qu'une novice en termes d'économie. Une fois qu'elle eut fait quelques pas, elle entendit à nouveau la voix de Danzō.
– Je pensais que vous diriez cela. Mais je vous prie de me répondre, c'est important.
Hinata s'arrêta et se tourna aux trois quarts, observant le Premier Ministre. Il ne semblait pas du tout offensé par son mépris, et Hinata ne l'en trouva plus que suspect. Elle caressa la fiole enchantée. Si les choses tournaient mal pour une raison ou une autre, elle avait toujours ceci. Si les quelques mois passés lui avaient enseignés une chose, c'était la méfiance.
– Pourquoi le ferais-je ? J'ignore ce que vous prévoyez, et je ne vous fais pas confiance.
– Une sage décision, car notre relation dépendra de votre réponse. Si vous ne répondez pas, je prendrais les mêmes mesures que si votre réponse ne me convenait pas, répondit-il calmement.
– Kō pourrait vous occire avant que vous n'ayez cligné des yeux, rétorqua Hinata. Je ne suis pas assez stupide pour le lui demander, ceci dit. On me pendrait, et mon peuple serait massacré. Le Daimyō n'attend qu'une bonne raison de le faire, siffla-t-elle.
– Le Daimyō a perdu la tête.
Hinata écarquilla les yeux. Cela sembla amuser Danzō qui rit légèrement et lui offrit une main. Sa réaction semblait lui avoir plu.
– Je m'excuse de mon comportement. Je choisis mes alliés avec précaution, et mes ennemis encore plus. Vous avez l'intelligence et le cœur dont beaucoup de souverains ont besoin. Mes espions vous observent, ma Dame, et ce qu'ils m'ont rapporté m'a plu. Vous avez écouté et appliqué les conseils de Sa Majesté Mei, vous entretenez une relation avec une force de la nature tapie à Suna, vous mettez votre vie en jeu pour les vôtres dans un jeu perdu d'avance contre le Daimyō. Vous feriez une bien meilleure souveraine que les deux jeunots dont nous sommes affublés.
– J'ai été écartée de la Sélection par le Daimyō.
– Officieusement. Selon la loi, vous participez toujours. Et si les nobles et le peuple venaient à vous préférer aux deux autres candidats, ce n'est pas de votre faute, n'est-ce pas ? Mon but est de s'assurer que ce royaume est prospère, et vous êtes sa meilleure chance.
– Yggalë passera toujours avant le reste, le prévint-elle.
– Je n'en demanderais pas moins, ma Dame.
Hinata prit la main tendue, la serrant doucement.
