Chapitre XV : Je ne pleurerai pas.

« Je ne pleurerai pas, je ne pleurerai pas… » se répétait Temari. Elle se tenait aussi droite que possible, le menton haut et les mains croisées sur le ventre tandis qu'elle se mouvait parmi les spectateurs du tournoi. Oh, elle n'avait pas à jouer des coudes on s'écartait sur son passage comme si elle était atteinte d'une quelconque maladie hautement contagieuse. Ses demoiselles de compagnie avaient la tête baissée et n'osaient pas lever les yeux. Temari les comprenait, et l'envie de baisser la tête la prenait parfois, tordant ses boyaux violemment, mais elle ne cédait pas. Elle était une princesse de Suna. Elle ne baisserait jamais les yeux.

Seule Matsuri avait toujours la tête haute, probablement car elle était probablement la seule personne à être réellement loyale à Temari, contrairement à ses autres demoiselles de compagnie. Matsuri était une orpheline sans nom de famille, fille d'un marchand depuis longtemps tombé dans la décadence qui avait commis toutes les fraudes possibles pour se sortir de la misère. De plus, il n'avait pas hésité pas à essayer de vendre sa propre fille, alors âgée de dix ans. L'histoire avait fait scandale dans la capitale et plutôt qu'un simple juge, le Daimyō en personne était intervenu dans cette affaire, et le marchand avait promptement été condamné à mort pour tous ses crimes.

Temari avait immédiatement pris pitié de la petite fille qui sanglotait dans la salle d'audience. Elle ne comprenait probablement pas ce qui était en train de se passer et était sans doute terrifiée par tous les regards braqués sur elle comme des arcs ou des arbalètes. La princesse avait décidé qu'il était de son devoir de sauver cette enfant du terrible destin qui l'attendait. Sans la protection d'un puissant, elle aurait été jetée dans un orphelinat où on l'aurait moqué pour son passé. Temari savait personnellement à quel point les enfants pouvaient être vicieux les uns envers les autres.

Elle en avait alors fait sa suivante pour la protéger et lui éviter des railleries. À l'époque, on avait loué la bonté de la princesse. Aujourd'hui, on pensait surement que Matsuri était sa maîtresse. Peu importait. Elle ignorerait les regards mauvais, comme elle l'avait toujours fait.

Néanmoins, ce n'était pas chose aisée. La princesse pouvait sentir les regards des nobles sur elle, semblables à ceux de vautour sur un animal mourant. Ces maudits serpents ! Nombre de ceux qui la regardaient de la sorte aujourd'hui étaient ceux l'ayant soutenue pendant des années, la visualisant comme la future Daimyō du royaume. Rampaient-ils aujourd'hui auprès de son frère pour quelques faveurs ? Ils étaient pathétiques. Puisse Celui de l'Air lancer des tornades sur leurs terres et ravager leurs demeures. C'était tout ce qu'ils méritaient pour la trahir de la sorte.

Quant à Kankurō… Elle lui souhaitait pire. Que son règne fût court et tumultueux, que sa femme le trompât et que ses enfants mourussent. Il avait trahi sa confiance, rompu sa parole. Elle n'était pas n'importe qui, elle était sa sœur. Et il avait tout de même commis pareil péché. Pouvait-on commettre pire trahison ? Temari inspira profondément alors qu'elle repensait aux regards de ses parents lorsqu'ils lui avaient annoncé qu'ils connaissaient son secret, que le Conseil connaissait son secret. Des années de travail, passées à convaincre ses partisans qu'elle serait une bonne Daimyō malgré son sexe, tout avait été balayé par de simples mots de Kankurō.

Elle avait dû leur promettre monts et merveilles, préparer des plans économiques pour démontrer ses capacités. Kankurō avait-il eu à faire les mêmes choses pour prouver qu'il était un bon candidat ? Elle n'avait aucun doute que ce n'était pas le cas. Il était un homme, et on lui faisait naturellement plus confiance. Il n'aurait plus jamais son amour, et encore moins son soutien – et ce quelque fût le pouvoir qu'elle eusse dans le futur.

Lorsqu'elle atteignit l'estrade réservée à la famille royale, Temari remarqua que Gaara était déjà arrivé, fait étonnant. Le cadet de la fratrie n'était que peu friand des tournois et autres oisivetés. Peut-être que cela lui rappelait douloureusement sa peau incapable de supporter le soleil. Elle le salua d'un mouvement raide de la tête et s'installa à sa place. Son frère lui jeta un simple regard, avant de reporter son attention sur une ombre dansant au creux de sa main. Si cela avait pris place quelques années plus tôt, Temari aurait été effrayée de la magie de son frère, mais elle savait à présent qu'elle n'avait rien à craindre.

Elle n'était pas assez importante aux yeux de Gaara pour qu'il se donnât la peine de la tuer. Personne ne l'était, mais elle se sentait particulièrement visée en cette humiliante journée. Pouvait-on réellement la blâmer ?

De plus, face à l'humiliation qu'elle ressentait à présent, la mort semblait presque plus confortable. Elle avait perdu son honneur, son prestige et son pouvoir, alors que lui restait-il si ce n'était une vie de honte ? Temari inspira profondément une nouvelle fois. Elle ne pouvait pas se permettre de penser à ces choses en public. Elle ne pouvait pas prendre le risque de pleurer. Elle devait rester digne, même si beaucoup trouveraient cela futile. Elle était une princesse, pas une noble sans importance. Tout le royaume avait les yeux rivés sur elle, même si on célébrait le futur couronnement de Kankurō.

On voulait savoir comment la curiosité monstrueuse qu'était la princesse réagirait au tournoi en l'honneur de son frère et futur Daimyō. Il était absolument hors de question qu'elle leur donnât ce qu'ils voulaient.

Temari ferma les yeux un instant avant de les balader sur la foule aucun des invités n'osaient croiser son regard. Ses anciens alliés détournaient le visage certains avaient même les joues rougies. Que la honte de l'avoir trahie les dévore, elle s'en moquait. Son dos la faisait souffrir, ses muscles douloureux de par la pression qu'elle ressentait et la honte rongeant ses os. Elle serra les mains sur ses cuisses, les ongles plantées dans sa peau. Elle n'avait qu'une envie fondre en larmes dans ses appartements. Mais elle ne cèderait pas.

Soudain, il y eut un mouvement à côté d'elle. Temari leva la tête et écarquilla légèrement les yeux. Gaara était en train de s'installer à côté d'elle. Il balada son regard sur les invités, et tous détournèrent les yeux, la peur lisible sur leur visage. Pourquoi était-il là ? Quel était son but ? Venait-il l'humilier ?

– Maintenant, c'est moi qu'ils regardent et fuient. Pas toi, dit-il calmement, comme s'il avait lu ses pensées.

– Pardon ?

– Ceux de notre cour. Ils m'ont toujours évité, et tout le monde le sait. Les étrangers ne se demanderont pas pourquoi tout le monde te fuit, si tu es avec moi.

Temari sentit ses yeux s'écarquiller. Gaara disait la vérité aucun invité, que ce fut de Suna ou d'ailleurs, ne voulait être vu aux côtés du prince. S'il s'asseyait à ses côtés, les étrangers qui assistaient au tournoi ne poseraient aucune question. Au contraire, si elle était restée seule, on se poserait des questions. Et les cinq royaumes seraient bientôt tous au courant de son secret. D'une certaine façon, son frère était en de protéger sa réputation et son image.

– Pourquoi ? demanda-t-elle.

– Kankurō a trahi sa parole. Je ne mens pas, et je tenais à ce que tu le saches. De plus…

Il grimaça, comme si les mots qu'il voulait prononcer était douloureux.

– Hinata m'en voudrait si je ne te montrais aucun soutien. Son clan est beaucoup plus soudé que le nôtre.

– Hinata ? Tu veux dire la nouvelle Duchesse d'Yggalë ? répéta Temari, le cœur tambourinant dans sa poitrine.

Yggalë était l'une des deux seules régions partageant une frontière avec le Royaume du Vent, et la seule route praticable pour le commerce. Les montagnes du Royaume de la Terre étaient difficiles d'accès et remplies de bandits qui s'attaquaient aux caravanes. Dès lors, le Duc ou la Duchesse d'Yggalë était un des alliés les plus précieux dont le Daimyō du Royaume du Vent pouvait rêver. C'était d'ailleurs pour cela que la région était restée indépendante aussi longtemps. La neutralité d'Yggalë garantissait une meilleure circulation des marchandises dans le continent, et le duché n'avait jamais souhaité rejoindre un quelconque royaume.

Pourtant, trois siècles auparavant, le Royaume du Vent et celui du Feu s'étaient battus pour le contrôle de la région, et c'était le Royaume du Feu – qui possédait alors une force militaire écrasante – qui avait remporté la guerre. Néanmoins, Yggalë restait toujours aussi vitale à l'économie du Royaume du Vent. Une dure famine avait emporté des dizaines de milliers de personnes à la suite de la guerre, le Royaume du Feu ayant forcé Yggalë à fermer ses frontières pour une décennie pour humilier le Royaume du Vent.

Temari avait vu le Duc Hiashi mourir, presque un an auparavant. Elle n'avait pas pensé aux implications que cette mort avait avant aujourd'hui, trop préoccupée par ses propres problèmes. Néanmoins, elle aurait dû. Hinata Hyūga, la fille dont son frère cadet s'était épris était la nouvelle Duchesse d'Yggalë et en charge de la frontière la plus importante du Royaume. Si l'intérêt que lui portait Gaara était partagé – chose dont Temari ne doutait pas –, alors son frère était probablement un des hommes les plus puissants du Royaume sans avoir eu à se battre. Temari serra les points, envieuse.

– Oui. Elle devrait arriver à Suna après la joute.

– Pardon ? s'écria Temari, coupée de sa rêverie.

Gaara tourna ses yeux vers elle. Il resta silencieux un instant, comme s'il l'étudiait.

– Elle fait partie des invités et m'a écrit qu'elle venait. Je suis sûre qu'elle aimerait te rencontrer. Peut-être même de te soutenir. Tant que tu la soutiens en retour, je suppose.

Temari sentit son cœur rater un battement. Si elle avait le soutien de la Duchesse d'Yggalë, tout serait différent. Le Conseil serait obligé de resonger à la nomination de Kankurō. Une bonne entente avec Yggalë était primordiale pour le bon fonctionnement de l'économie.

Si elle arrivait à convaincre Hinata Hyūga qu'elle pouvait être une Daimyō digne de ce nom et obtenait son soutien, elle pourrait peut-être redevenir la princesse héritière qu'elle avait été. Le trône de Suna ne lui était peut-être pas définitivement perdu. Temari inspira profondément elle ne se morfondrait plus. Elle allait se battre, et vaincre son frère !

Temari héla sa suivante, Matsuri. Cette dernière s'approcha, non sans jeter un coup d'œil inquiet à Gaara.

– Prépare la chambre destinée à la Duchesse Hyūga. Sois sûre d'y installer une branche de chêne blanc décorative. Fais ensuite préparer une collation qui doit être prête pour quand elle arrive. Je veux prendre le thé avec elle. Assure-toi enfin que ma harpe est bien accordée.

Matsuri cligna des yeux, puis sourit joyeusement.

– À vos ordres, princesse.

Matsuri disparut dans la foule, discrète et agile, et Temari jeta un coup d'œil à son frère. Ses yeux brillaient d'un étrange amusement. La trouvait-il pathétique ? Surement. Gaara n'avait que faire du pouvoir. Si l'envie le prenait, il pouvait aisément détruire la ville, et même Baki et Pakura ne pourraient le stopper. Ils étaient peut-être bénis par les dieux, mais Gaara en enfermait un dans son corps. Et pas n'importe lequel le plus dangereux d'entre tous. Le destructeur, celui chargé de punir les criminels aux armes assombries par leurs péchés.

– Tu as bien fait de préparer une harpe. Hinata en joue souvent, je pense que c'est son instrument préféré, commenta-t-il d'une voix distraite.

– Cela tombe, c'est le seul instrument pour lequel j'ai un quelconque intérêt.

On avait tenté d'enseigner à Temari comment jouer d'autres instruments, mais cela avait été en vain. Elle n'avait aucun intérêt ni talent pour cela. Elle aimait danser et écouter les chanteurs performer, mais c'était malheureusement là toute l'étendue de son talent pour la musique. Au lieu de cela, elle excellait en lettres.

Dès son plus jeune âge, elle s'était enfermée dans l'immense bibliothèque du palais et avait dévoré des centaines de livres. Aujourd'hui, elle était probablement capable d'en réciter des dizaines par cœur. Elle avait également étudié de nombreux ouvrages scientifiques, et on avait souvent loué ses nombreuses connaissances. C'était grâce à sa passion pour les livres qu'elle eu le courage de réellement prétendre au trône. Habituellement, les princesses ne participaient à la Sélection que pour la forme et seuls les frères s'affrontaient réellement.

Gaara étant écarté de la Sélection à cause du dieu en lui, Kankurō était apparu comme l'héritier tout désigné pendant des années. Temari avait néanmoins refusé d'être ignoré en raison de son sexe, et avait dès lors commencé à amasser des soutiens. Kankurō et elle avaient réussi à rester complices malgré la compétition et s'étaient promis de rester proches une fois la Sélection terminée. Néanmoins, elle ne lui pardonnerait jamais cette trahison. Jamais elle n'aurait révélé pareil secret si elle avait été à sa place.

« Je dois cesser de penser à lui, il ne le mérite pas » se morigéna-t-elle.

Comme si les Neuf avaient entendu ses pensées, la trompette annonçant le début du tournoi retentirent. Temari se retint juste à temps de sursauter. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, et vit que ses parents et Kankurō étaient arrivés. La princesse plissa les yeux trop perdue dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué leur arrivée et n'avait pas prêté attention au quelconque discours énoncé par son père. C'était mieux ainsi elle n'aurait surement pas pu rester silencieuse si elle l'avait écouté. Elle serait surement partie, elle ne pouvait pas se permettre d'avoir l'air encore plus honteuse.

La joute n'était pas mémorable, et Temari se trouva rapidement ennuyée par le spectacle supposément divertissant. Les cavaliers se succédaient les uns les autres sans être particulièrement remarquables. C'était assez honteux pour un royaume qui tirait sa force militaire de sa cavalerie. Seul un mercenaire répondant au nom de Ryn était sorti du lot et, étant un homme d'une grande beauté, il avait reçu les faveurs de plus d'une demoiselle. La princesse soupira, espérant qu'un cavalier à la hauteur du mercenaire ferait son apparition, mais il n'en fut rien. Aucun événement intéressant ne semblait décidé à arriver jusqu'à l'annonce du dernier duel.

– Sire Dal Rinzen contre sire Kō Hyūga du Royaume du Feu ! s'écria l'annonciateur.

Temari faillit se lever d'un bond. La délégation du clan Hyūga était déjà arrivée ? Elle jeta un coup d'œil à Gaara, espérant avoir une réponse de sa part, mais les sourcils blancs de son frère étaient légèrement froncés. Les Hyūga étaient probablement arrivés en avance. La princesse balada son regard sur le public, à la recherche de la jeune duchesse Hinata. Elle finit par la trouver elle était la seule à ne pas porter de coiffe protégeant sa tête du soleil, optant plutôt pour une ombrelle. Ses longs cheveux noirs étaient tressés dans le style typique de son pays, et elle portait une robe verte et dorée.

– Hinata… entendit-elle murmurer.

Temari se retourna vers son frère cadet et sentit son cœur faire un drôle de bond dans sa poitrine. Il semblait absolument émerveillé, comme si la Mère de Tous en personne s'était manifestée devant lui. Ses yeux brillaient, et il semblait prêt à bondir de son siège pour aller s'agenouiller devant elle. Il l'adorait, la vénérait comme si elle était une des Neuf. Ce serait émouvant si ce n'était pas aussi triste. Gaara avait toujours été craint de tous, et le fait que la duchesse ne le craignît pas devait la rendre divine à ses yeux. Elle pourrait probablement le faire se retourner contre Suna, et Temari déglutit à cette pensée.

Elle voulut s'adresser à son frère quand elle remarqua qu'un des deux cavaliers s'approchait d'elle. Temari écarquilla les yeux lorsque sire Kō s'arrêta devant elle et s'inclina sur son étalon.

– Votre Altesse, me feriez-vous l'honneur de m'accorder votre faveur pour cette joute ?

Temari sentit son cœur rater un battement et leva immédiatement les yeux vers la duchesse. Elle souriait malicieusement, les doigts lacés sur ses jambes croisées et le dos droit. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Temari sentit des larmes piquaient ses yeux elle n'accordait pas sa faveur à sire Kō. Elle recevait le soutien du clan Hyūga. Autour d'elle, un silence aussi lourd que du plomb s'était abattu sur l'audience. Temari déglutit puis prit une grande inspiration. Elle prit son foulard en soie bleue, se leva et le noua autour du poignet du chevalier.

– Ce sera un honneur de remporter ce duel pour vous, Votre Altesse.

Temari n'avait jamais été aussi absorbée par une joute de sa vie le match n'était plus une simple joute. Face à sire Kō, sire Dal avait reçu les faveurs de Sari Salèn, la fille du duc Salèn qui soutenait Kankurō. Sentant des yeux pesés sur elle, Temari tourna la tête et croisa le regard de son frère. Kankurō semblait furieux, et une envie de rire euphoriquement emplit la princesse. Néanmoins, elle se contint et se contenta de sourire. Pendant un instant, il sembla prêt à se jeter sur elle mais il se détourna.

Temari fit de même, se concentrant à présent sur la joute. Sire Kō et sire Dal semblait tous deux au courant de l'implication de leur joute, car ils se défièrent du regard quelques dix secondes avant de s'élancer au galop. Temari retint sa respiration. Les lances percutèrent les boucliers, et celui de sire Kō éclata sous l'impact. La princesse se mordit la lèvre inférieure. Le chevalier aurait-il le bras brisé ? Les Hyūga avaient un corps plus léger donc plus fragile. Les joutes ne leur permettaient pas vraiment de faire usage de leur vitesse surnaturelle, et dès lors, ils ne brillaient que très peu dans cette discipline.

Temari se vit néanmoins avoir tort dès le second échange. En effet, sire Kō se mut à une vitesse telle qu'il semblait flou, et sire Dal finit aussi vite au sol, étalé sur le dos tandis que son étalon cabrait. Le vainqueur retira aussitôt son casque, libérant ses longues nattes noires. Il avait gagné. Il se tourna d'abord vers sa duchesse, et Temari suivit son regard. Cette dernière hocha imperceptiblement la tête et sire Kō s'approcha alors de Temari.

– Votre Altesse, aucune victoire n'est aussi belle que vous. Je vous prie d'accepter ce maigre présent, dit-il en lui présentant une fleur.

C'était une fleur de cactus, symbole du clan Hisuna. Temari la saisit délicatement. Elle avait une dette envers la duchesse Hyūga, et elle ferait tout son possible pour s'en acquitter. On ne dirait pas de Temari Hisuna qu'elle ne payait pas ses dettes.

– Sire, cette fleur sera un précieux trésor que je conserverai.

Pour appuyer ses dires, la princesse fit signe à Matsuri – depuis longtemps revenue – de venir. Sa demoiselle de compagnie l'aida alors à accrocher la fleur à son col, juste au-dessus de son sein. Sire Kō hocha la tête et trotta jusqu'à la tente des vainqueurs. Une fois la fleur accrochée, Temari leva les yeux vers la duchesse. Cette dernière souriait toujours, et lui fit un clin d'œil. Temari lui rendit son sourire. Elle ignorait ce qui poussait la duchesse Hinata à la soutenir, mais elle ne l'oublierait pas.