Hey!
Voici donc le deuxième chapitre,qui retrace le parcours de nos petits amis à 4ans.
Merci à tous pour vos reviews :)
Bisous!
-Eh bien alors Milo, déjà de retour ?
Attablé à la table de la cuisine, Skorpios sirotait son café en silence, profitant du calme qui régnait dans le huitième temple quand son élève n'y était pas pour remplir un rapport. Du haut de ses quatre ans à peine, Milo était déjà un enfant très actif, si bien que le scorpion en titre avait bien du mal à canaliser son trop-plein d'énergie. Cela faisait un peu plus d'un an qu'il avait appris à apprivoiser son élève et, si le petit chenapan avait d'abord voulu imposer sa ''loi du biscuit au chocolat'', Skorpios avait bien vite réussi à se faire entendre, tout en douceur. Aujourd'hui, même si les sucreries étaient toujours un bon prétexte pour obliger son élève à s'entraîner quand celui-ci était trop paresseux, il avait réussi à tisser un lien fort avec lui, et il en était très heureux.
Mais, si le scorpion avait réussi à se faire une place dans le cœur du petit garçon, il y en avait un qu'il ne détrônerait jamais : Camus. L'enfant, bien que trois temples plus bas, avait veillé à la floraison de leur amitié. Il ne se passait pas un jour sans qu'il ne le supplie de le laisser aller voir celui qui était rapidement devenu son ''meilleur copain du monde entier'' et bien sûr, Skorpios acceptait généralement qu'il aille batifoler avec le futur verseau. Parce que c'est bien ce qu'il faisait : batifoler. Il ne comptait plus le nombre de fois où Milo s'installait à la table, armé d'une feuille blanche et de crayons de couleur pour réaliser ce qu'il appelait des ''dessins d'amitié'' parce qu'il s'était disputé avec son copain et qu'il voulait se faire pardonner.
Aujourd'hui nous étions dimanche, et c'était le jour où son petit élève passait la journée au onzième temple. C'était un petit rituel qui s'était rapidement installé entre eux, comme un accord tacite qu'ils auraient conclu lors de leur séparation. Ni lui, ni Cristal ne s'y était jamais opposé alors il était plus qu'étonné de le voir rentrer maintenant, alors qu'il venait tout juste de partir. Et avec une mine très soucieuse de surcroît. Non, ce n'était décidément pas son petit Milo enjoué et hyperactif qu'il avait en face de lui.
-Qu'est-ce qui se passe bonhomme ? Demanda-t-il comme Milo venait se hisser sur ses genoux, tu t'es disputé avec Camus ?
Le petit garçon se contenta de tourner la tête de droite à gauche sans répondre. Non, il ne s'était pas disputé avec son meilleur copain du monde entier c'était bien pire que ça !
-Quoi alors ?
-Camus il est parti…
-Comment ça ?
Deuxième chose qui étonnait l'adulte attitré : que Camus soit parti sans même prévenir Milo. Même si le verseau miniature était bien plus réservé que son élève, il savait à quel point Milo tenait à leur amitié et aux moments qu'ils passaient ensemble. Et puis Cristal ne l'aurait pas laissé prendre le large sans l'avertir, ce n'était pas possible.
-Le grand Cristal il m'a dit que Camus il était à l'anniversaire de Shaka alors il peut pas jouer avec moi.
Le scorpion se souvint enfin qu'aujourd'hui, le futur chevalier de la vierge fêtait ses quatre ans. Il avait eu vent de la petite excursion santé mise sur pieds par son maître pour leur permettre ''d'éveiller leurs sens à la nature afin d'entrer en connexion avec elle''. Il trouvait ça totalement ridicule comme idée. A quatre ans, il entraînait déjà les bambins sur la plage pour des séances de yoga et tutti quanti. Comme s'il n'avait pas d'autres idées pour fêter l'anniversaire du petit Shaka comme il se doit. Le scorpion pensa sournoisement que ça l'arrangeait bien, à la vierge, de les envoyer sur la plage, ça lui évitait d'effectuer des dépenses qui l'auraient empêché d'acquérir le dernier bouddha couché en or tout juste sorti sur le marché.
-Maître ? Pourquoi moi je peux pas aller à l'anniversaire de Shaka ?
Skorpios regarda avec peine son élève qui ne comprenait plus rien à la situation. Il ne comprenait pas pourquoi sa petite routine venait d'être brisée ainsi. Et surtout, il ne comprenait pas pourquoi son copain Camus était parti sans rien lui dire. Il ne pouvait pas l'éclairer sur cette question, ignorant lui aussi pourquoi Camus ne l'avait pas prévenu, par contre il savait pertinemment pourquoi il n'avait pas été invité à la petite fête. Milo était ce qu'on pouvait appeler un enfant turbulent, à la limite de l'hyperactif. Il ne tenait jamais en place et Skorpios savait que cela pouvait parfois taper sur le système de certains, dont le chevalier de la vierge.
Le petit garçon avait parfois un peu de mal à s'intégrer à cause de cela. Les maîtres des autres enfants le voyaient comme un perturbateur, une mauvaise fréquentation pour le bon déroulement de leur entraînement. Et l'enfant lui, toujours débordant d'amour à offrir ne comprenait jamais pourquoi les autres ne voulaient pas jouer avec lui. Skorpios ne savait pas comment expliquer à un enfant de quatre ans à peine que les adultes ne voulaient pas qu'il passe du temps avec les autres enfants, ce n'était pas des choses à dire.
-Ne t'en fais pas. Ce n'est pas grave, mhm ? Je suis certain que ce n'était pas un bel anniversaire.
-Oui mais pourquoi Camus il est parti sans moi ?
-Je ne sais pas, Milo.
-Tu crois qu'il veut plus être mon ami ?
-Bien sûr que non bonhomme, ne t'en fais pas.
-Mais c'est pas juste, pourquoi les autres ils m'aiment pas ?
La phrase qui venait de franchir tout naturellement les lèvres du l'enfant brisa le cœur du chevalier du scorpion. Aucun enfant ne méritait de vivre ce sentiment atroce qu'était le sentiment du rejet. Et surtout pas Milo. Certainement pas un petit garçon souriant et chaleureux comme lui. Il avait raison ce n'était pas juste. Skorpios ne portait pas le chevalier de la vierge dans son cœur mais là, il ne l'aimait plus du tout. Il le détestait même de faire souffrir Milo ainsi.
Son pouce collé en bouche, comme toujours depuis qu'il avait perdu sa tétine lors d'un entraînement, Milo posa sa petite tête contre le large torse de son maître. Il voulait que Camus soit là pour jouer avec lui. Pourquoi il ne lui avait pas dit qu'il partait à l'anniversaire de Shaka ? Ce n'était pas normal. Et c'était méchant. Et Milo se sentait seul maintenant. Il s'ennuyait. Il voulait que Camus soit là. Point.
-Et si on préparait un gâteau au chocolat toi et moi ? Qu'est-ce que tu en dis ?
-Oh oui, s'extasia le petit garçon, et on pourra en faire aussi pour Camus, hein ? Pour quand il va revenir !
Skorpios était toujours étonné de l'immense capacité dont disposait Milo pour répandre l'amour autour de lui. Même s'il avait été évincé par ses petits camarades, même si son meilleur ami l'avait laissé pour rejoindre les autres, il ne pensait plus qu'à lui faire plaisir. Le scorpion était même persuadé que, s'il n'y avait pas eu assez de gâteau, Milo aurait été capable d'offrir sa part au verseau miniature tant il voulait lui faire plaisir. C'était attendrissant de voir le petit garçon penser qu'il pouvait garder Camus avec lui à coup de cadeaux.
-Hein on pourra dis ?
-Bien sûr.
Ravi à l'idée de cuisiner pour son meilleur copain, Milo oublia tout le reste. Plus rien d'autre ne comptait. Il ne lui restait plus qu'à attendre sagement le retour du petit verseau et comme ça il lui montrerait que lui il était plus mieux que tous les autres enfants. Lui au moins, il allait cuisiner comme un grand !
Camus descendait les marches deux à deux. Il voulait aller voir son copain Milo. Son maître Cristal lui avait dit qu'il était venu un peu plus tôt dans l'après-midi pour jouer avec lui comme tous les dimanches mais qu'il avait dû le renvoyer, puisqu'il était absent. Et d'ailleurs Camus croyait bien retrouver son ami à l'anniversaire de Shaka, sauf que quand il avait demandé au maître de Shaka pourquoi son copain n'était pas là, il lui avait froidement répondu qu'il n'était pas le bienvenu parmi eux.
Alors maintenant le petit français voulait absolument voir Milo : non pas qu'il devait lui rendre des comptes, mais il n'avait pas envie que son ami reste des heures glués contre lui sous prétexte qu'il avait voulu l'abandonner. Parce que c'était faux. Il pensait sincèrement que Milo serait là. Quoi qu'il en soit, depuis un an, il avait eu sa dose de bisous baveux alors maintenant, il préférait prendre les initiatives.
Il arriva enfin au huitième temple et, comme il en avait toujours l'habitude, il pénétra à l'intérieur sans même prévenir. Il savait qu'il était toujours le bienvenu, le maître de Milo lui avait dit. A peine avait-il franchi la porte qu'une furie bouclée lui tomba dessus.
-Camuuuuuus !
Le dit Camus eut droit à un bisou chocolat qui lui laissa une jolie marque brune sur la joue. Il regarda alors son ami de plus près et pour le coup, il le trouva vraiment crotté. Il avait du chocolat tout autour de la bouche et de la farine sur le bout du nez. Camus aurait juré qu'il avait encore joué au goulu et qu'il s'était empiffré de chocolat pour noyer son chagrin…mais la farine alors.
-Tu as fait quoi, là ? Demanda-t-il en pointant du doigt la bouche toute barbouillée de Milo.
-Viens voir !
Il glissa sa petite main dans la sienne et le tira vigoureusement dans la pièce d'à côté. Il était très fier de montrer à son meilleur copain le moelleux au chocolat qu'il avait préparé avec son grand maître rien qu'à lui. Arrivé à la cuisine, il obligea Camus à grimper sur une chaise et lui présenta fièrement le gâteau. Pour sûr que maintenant, Camus ne se ferait plus la malle avec les autres. Il resterait avec lui.
-Alors tu vois ? Je suis grand maintenant ! Je l'ai fait juste pour toi. Avec mon grand maître.
-On peut y goûter ? demanda Camus dont le petit estomac vide grondait déjà d'impatience.
-Bien sûr, installez-vous, je vais vous en mettre une part.
Milo se dépêcha de prendre place aux côtés de son meilleur ami, tout content de l'avoir enfin retrouvé. Il regarda Camus poser sa serviette sur ses genoux avec la même application que d'habitude tandis que lui était déjà prêt à croquer dans son morceau de gâteau, ne se souciant nullement des petites miettes qui s'échoueraient sournoisement sur son pantalon, lui promettant de jolies taches impossibles à faire partir au lavage.
-Alors chais bon ? Demanda-t-il la bouche pleine, anxieux à l'idée que Camus n'apprécie pas. Il espérait fortement que son ami ne tomberait pas sur le petit morceau de carton qu'il lui avait malencontreusement échappé des mains juste au-dessus de la pâte et qu'il n'avait jamais retrouvé. Son maître lui avait dit que ce n'était rien, mais le petit garçon connaissait assez son meilleur ami pour savoir que cet incident prendrait l'ampleur d'un drame international si jamais il le découvrait. Camus était si perfectionniste.
-Oui, c'est très bon.
-Meilleur que le gâteau de Shaka je présume, lança ironiquement Skorpios.
Le petit Camus rougit bien malgré lui : il pouvait sentir à travers la voix du maître de Milo que celui-ci était un peu fâché contre lui et il n'aimait pas ça. Il savait bien que les chevaliers du scorpion et de la vierge ne s'entendaient pas très bien, mais ce n'était pas une raison pour s'en prendre à eux, les enfants. Camus avait été invité à la petite et c'est donc tout naturellement qu'il y avait été. Enfin d'un point de vue officiel, son maître avait dû faire des mains et des pieds pour le persuader d'y aller. Cams détestait tellement ce genre de petites réunions.
-Alors, Camus, comment était l'anniversaire de Shaka ?
-Oh…c'était bien…
-Tu t'es bien amusé ?
Camus hocha doucement la tête, n'aimant définitivement pas la tournure que prenait cette discussion. C'était presque de la torture psychologique. Skorpios essayait de le faire culpabiliser, il le savait, et ce n'était définitivement pas un comportement digne d'un chevalier d'or de s'en prendre ainsi à un petit garçon de quatre ans.
Milo dût percevoir le malaise de son ami puisqu'il s'offensa pour deux face à l'outrecuidance dont faisait preuve son maître.
-Maître vous n'êtes pas gentil ! Arrêtez d'embêter mon copain.
-Je lui pose simplement une question Milo, ne te fâche pas.
Mais s'en était déjà trop pour le bambin qui ne supportait pas de voir son meilleur copain du monde entier dans cet état-là. Et ça le petit Camus l'avait bien compris puisque la minute d'après, il baisser encore un peu plus la tête, pour bien montrer à Milo à quel point il était mal. Cela ne rata pas. Une minute à peine plus tard, Milo était descendu de sa chaise et avait obligé son ami de faire de faire de même.
-Viens Camus, on va aller jouer et après tu seras plus tout triste. Le maître il est trop méchant.
Le dit méchant maître vit tout juste deux enfants en culotte courte filer s'enfermer dans la chambre du petit scorpion. Décidément, son petit élève était piqué à vif lorsqu'il s'agissait de Camus. Soit. Maintenant que les enfants étaient partis, il allait enfin pouvoir s'occuper de son rapport en toute tranquillité.
-Même que c'était bien. Shaka il a pleins des livres intéressants dans sa chambre !
Depuis tout à l'heure, Milo écoutait son copain faire l'éloge du futur chevalier de la vierge et du ''oh combien il semblait cultivé pour un enfant de quatre ans''. Et Milo pesta contre le petit blondinet qui lui avait volé son copain pendant toute une journée parce que maintenant qu'il était revenu, il ne s'intéressait même pas à lui et ça, c'était vraiment triste.
-Et même que Shaka il peut marcher avec les yeux fermés, tu imagines ?
La lueur d'admiration qui prit place dans les prunelles du petit français ne plut pas du tout au mini grec. Depuis quand est-ce que Camus parlait des autres enfants comme ça ? C'était son meilleur copain du monde entier à lui d'abord et certainement pas celui de Shaka !
-Camus ?
-Quoi ? Demanda Camus en s'interrompant alors qu'il allait dire à Milo à quel point Shaka avait les cheveux soyeux.
-T'es toujours mon meilleur copain à moi hein ?
-Ben oui pourquoi ? Elle est bête ta question Milo !
-Alors Shaka c'est pas ton meilleur copain ?
-Non. Shaka c'est mon copain mais toi t'es mon meilleur copain.
Rassuré par les paroles de son ami, Milo sembla se calmer un peu. Dans son cœur de petit garçon, il était important de savoir s'il pouvait au non compter sur Camus parce que tout de même, lui il l'aimait beaucoup ! Depuis un an qu'il était au sanctuaire, il avait peu à peu appris à mieux connaître le petit verseau et, même si parfois il trouvait Camus ennuyeux à parler de choses qu'il ne connaissait pas, il adorait passer du temps avec lui. Beaucoup de temps. C'était devenu vital pour lui.
Camus loucha une minute sur le grec pour savoir s'il pouvait ou non reprendre sa petite histoire et puis il comprit. Il avait oublié que Milo n'avait pas été invité à l'anniversaire de leur copain alors il devait être triste de l'entendre parler de quelque chose qu'il n'avait pas connu. Et c'était quand même tout triste pour Milo, vraiment. Parce que Camus savait bien que Milo, il voulait plein de copains mais les autres enfants ils ne l'aimaient pas trop. Et Camus ne savait pas pourquoi. Bon d'accord, le petit grec était une véritable pipelette infatigable mais quand même, il était gentil.
-Moi aussi quand j'aurais quatre ans je ferai une fête ! Et je t'inviterai rien que toi !
-Mon maître il dit que c'est bête de faire des fêtes quand on est si petit. Il dit que c'est pour les grands.
-C'est pour ça que tu fais jamais de fête ?
-Oui.
Bon. Si son Camus ne faisait pas de fête alors, ça changeait tout. Ça voulait dire que c'était un truc de bébé. Et Milo voulait lui montrer qu'il n'était plus un bébé. Il était un grand aussi maintenant !
-Alors je ferai pas de fête non plus ! On joue ?
-Non, je veux pas jouer au papa et à la maman !
-Mais pourquoi ?
-Parce que c'est toujours moi qui fais la maman !
-J'aime bien quand tu fais la maman, moi.
-Oui mais je suis pas une fille !
Le petit Camus bouda en croisant les bras sur son torse : c'est vrai quoi, il avait encore un peu de dignité et ce n'est pas parce qu'ils étaient encore des enfants qu'ils pouvaient jouer à des jeux débiles comme ça. Et puis Milo n'avait qu'à faire la fille, lui, c'était quoi cette manie de toujours lui refiler le mauvais rôle ?
-Mais Camus…moi je suis un garçon !
-Eh ben moi aussi !
Non mais. Est-ce qu'il était myope ou quoi ? Le petit français s'inquiétait vivement pour sa santé mentale si depuis tout ce temps il n'avait pas encore pris conscience qu'il était un garçon. Parce que ça se voyait tout de même ! Ce n'est pas comme s'il mettait des robes comme le petit Aphrodite, non.
-Mais si personne veut faire la fille, comment on va avoir des bébés ?
Le petit garçon se renfrogna encore plus : depuis qu'ils avaient vu une apprentie avec un bébé dans les bras, c'était la nouvelle manie de Milo, vouloir avoir un bébé. Et c'était vraiment pathétique de penser à ça alors que lui en était encore un !
-Tu n'as qu'à jouer avec les filles si tu veux un bébé ! Ou avec Aphrodite !
-Mais moi je veux un bébé avec toi, Camus !
Ça y est : s'il n'était pas encore mort de honte, c'était fait. Son copain n'avait pas l'air de comprendre que c'était contre nature de vouloir avoir un bébé avec un autre garçon. Mais Camus était un grand, lui, il savait bien que les bébés ils apparaissaient quand une madame et un monsieur s'aimaient beaucoup. Et deux monsieurs ne pouvaient pas s'aimer assez fort pour avoir un bébé.
-T'es bête ou quoi Milo, s'énerva-t-il, tu peux pas dire des choses comme ça !
-Mais pourquoi ?
-Parce que c'est mal !
Milo le regarda de ses grands yeux dorés, ne comprenant strictement pas pourquoi son ami s'énervait comme ça. Il n'avait rien dit de mal pourtant et, dans son esprit de petit garçon, il savait qu'il voulait avoir un bébé avec Camus et personne d'autre. C'était quoi cette drôle d'idée de vouloir le refiler à Aphrodite ? Il n'aimait pas les filles lui, il aimait juste son meilleur copain du monde entier Camus.
-Et si je fais la fille, tu veux bien qu'on joue au papa et à la maman ?
-Oui mais je veux pas de bébé !
-Et si je te donne mon dessert ?
Comme toujours lorsqu'il était question de nourriture, le petit Camus sembla considérer la question de plus près : d'un côté il ne voulait pas encore se montrer ridicule mais de l'autre…les desserts de Milo étaient toujours très bons. Particulièrement les petits muffins au chocolat que le maître Skorpios avait dans ses placards…
-Bon d'accord mais alors tu me donnes ton dessert pendant trois jours !
-Mais je vais avoir faim moi !
-C'est ça ou pas de bébé !
Le petit Milo bouda quelques instants : trois desserts de suite pour un simple bébé imaginaire, c'était quand même cher payé ! Mais il le voulait tellement ce bébé de Camus ! Un mini eux, avec les longs cheveux de son meilleur copain et ses jolis yeux ! Ça valait bien sa réserve de muffins.
-Bon d'accord.
C'est donc en râlant un peu que le petit garçon plaça sous son t-shirt le ballon qu'il avait gonflé un peu plus tôt. Ça faisait bizarre d'avoir un gros bidou mais il aimait bien ça ! Son regard glissa alors sur son meilleur copain et il se dit que, peut-être, plus tard il pourrait avoir un vrai grand bébé à eux !
-Aiolia arrête d'essayer de couper les cheveux de Mu ! Et toi Kanon, tiens-toi tranquille ! Aujourd'hui nous accueillons Milo parmi nous alors soyez gentils.
Caché derrière la toge de Shion, Milo apparut discrètement et plein de mauvaise volonté. Aujourd'hui il avait l'âge pour commencer l'école et il savait déjà qu'il n'aimerait pas ça. Heureusement, ils n'y allaient que le samedi matin mais tout de même, c'était déjà trop pour lui ! Et puis il était intimidé : tous les autres connaissaient déjà l'école sauf lui, qui était le plus jeune d'entre eux. Tous ses petits camarades le dévisagèrent bizarrement comme Kanon plongeait déjà dans son sac pour en sortir une feuille blanche qui finirait bientôt en avion.
-Milo, tu peux t'installer auprès de Camus si tu veux.
Le petit garçon ne se fit pas prier et c'est avec joie qu'il trottina vers son ami. Une fois à ses côtés, il écouta le grand Shion leur parler de choses qu'il ne connaissait pas. Il jeta un coup sur son copain qui semblait écouter le grand pope avec beaucoup d'attention, comme Shaka et Mu un peu plus loin. Les autres dans le fond ils ne faisaient que des bêtises.
-Ben prends ton livre, Milo ! Il va lire, t'as pas écouté ?
-Quel livre ?
-Ben celui de lecture !
Milo regarda le petite pile de livres qu'il avait devant lui, sans jamais trouver celui de lecture…peut-être parce qu'il ne savait pas lire. Il regarda celui de Camus : il était rouge, c'était déjà ça ! Mais il y en avait deux de rouges ! Lequel devait-il prendre ?
-Dépêche-toi il va commencer !
-Oui mais je sais pas…
-Camus, Milo, cessez de chuchoter. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Le petit garçon baissa la tête comme le grand Shion s'approchait de lui, sentant bien les regards moqueurs de ses autres petits camarades de classe posés sur lui.
-Alors ?
-Je sais pas lire grand Shion !
-C'est normal Milo, tu es encore trop petit. Mais tu peux au moins reconnaître les lettres, n'est-ce pas ?
C'est avec un naturel presque affolant que l'enfant secoua la tête de gauche à droite : non, il ne savait même pas comment écrire son prénom alors reconnaître d'autres lettres, c'était vraiment un trop grand effort pour lui. Le grand pope resta un instant posté devant lui avant de finalement lui donner le livre dont il avait besoin et reprendre sa place à l'avant : ce n'était pas la peine de mettre Milo plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà.
-C'est un gros bébé lui grand pope, il doit pas être ici !
-Tais-toi Angelo.
Le petit garçon tourna innocemment la tête vers le cancer qui ricanait maintenant derrière lui. Il était bizarre avec ses cheveux courts et ses vilaines mains toutes sales ! Et puis il y avait la petite Aphrodite avec lui, comme toujours. Il rigolait de lui aussi : c'était un méchant ! Et Milo n'aimait pas les méchants comme eux, alors il allait écouter sagement l'histoire du grand pope en regardant les images dans son propre livre et il ne ferait pas attention aux deux autres copains, même pas quand ils lui lanceraient des boulettes de papier mâché dans les cheveux. Lui c'était un grand, il ne rentrerait pas dans leur petit jeu.
-Milo ! Milo lâche Aphrodite tout de suite tu m'entends ! Milo !
Shion retira violemment le mini scorpion par le col de son t-shirt. Il était en train d'expliquer à Mu comment faire un beau bélier en plasticine quand il avait entendu Camus crier et qu'il avait vu Milo se jeter sur Aphrodite pour lui tirer les cheveux, ce qui avait évidemment énervé Angelo qui s'était alors lancé dans la bataille lui aussi.
-Milo ça suffit !
Le petit garçon donnait des coups de poings dans l'air, essayant vainement d'atteindre le poisson miniature.
-Lâchez-le grand pope, je vais lui faire sa fête !
-Angelo ne t'occupe pas de ça.
Si en plus le petit bagarreur du groupe s'y mettait lui aussi, il n'allait pas s'en sortir !Tout de même, il était trop vieux pour tenir une bande de petits monstres enragés, incapables de se tenir convenablement pendant plus de deux minutes. Sa patience avait des limites et ces limites étaient presque dépassées.
-Pourquoi est-ce que tu as frappé Aphrodite ? C'est mal, Milo.
-Et il m'a décoiffé aussi grand pope !
Oui, parce que pour le petit poisson, voir le brushing que son maître avait passé plus d'une heure à lui faire réduit à l'état de sac à nœuds, c'était bien plus grave que le joli bleu qui commençait déjà à apparaître sur son front. Question d'élégance aussi : avec un nom pareil, il se devait d'être le plus beau, coiffure comprise.
-Il a dit que Camus c'était son copain à lui ! Et il lui a même donné une fleur en plasticine ! C'est moi qui devait lui faire un cadeau.
Par Athéna : si petits et déjà enclin aux disputes amicales…qu'est-ce que cela donnerait quand ils seraient ados ? Shion ne voulait même pas y penser. Cela dit, il ne pouvait pas laisser l'acte du futur scorpion impuni.
-Camus a le droit d'avoir d'autres camarades, Milo. Tu vas me suivre et nous allons arranger cela avec ton maître.
C'est donc sans lui laisser le choix que Shion jeta le petit garçon sur son épaule pour le ramener au palais et y décider de sa sanction avec le scorpion confirmé. Il n'aimait pas vraiment faire cela mais il se devait d'éviter la tyrannie enfantine au sanctuaire et avec les graines de crapules qui leur servaient de futurs chevaliers, il y avait bien du travail !
-Ecoutez grand pope, je sais que ce qu'il a fait n'est pas excusable mais tout de même, ce n'est qu'un enfant…
-Un enfant qui deviendra peut-être protecteur d'Athéna, chevalier. Je ne veux pas de ça au sein du sanctuaire.
Depuis plusieurs minutes, Skorpios essayait vainement de défendre son élève mais c'était cause perdue : Milo avait agi sans réfléchir et le grand pope ne pardonnerait pas sa faute. Bien sûr, le scorpion savait que le petit garçon méritait une punition digne de ce nom mais tout de même, aller faire du jardinage dans le temple du poisson, c'était de la torture ! Il était certain que le douzième chevalier l'obligerait à entretenir les roses empoisonnées qu'il réservait à ces pires ennemis, et son pauvre petit élève mourrait dans d'atroces souffrances sans même avoir pu goûter aux plaisirs simples de la vie.
Bien loin de s'inquiéter pour son sort, Milo avait improvisé un jeu de marelles sur les dalles du palais et semblait trouver cela très amusant d'autant plus que les dalles étaient très larges, ce qui l'obligeait à sauter encore plus loin ! Evidemment, il se demandait quand il allait enfin pouvoir sortir de ce vilain endroit pour retrouver son meilleur ami du monde entier mais bon, il avait connu pires situations et puis les adultes discutaient entre eux et le laissaient tranquille : c'est tout ce qu'il demandait.
-Mais grand pope, Milo est encore bien trop jeune pour faire ce genre de choses.
-Dois-je te rappeler qu'Aphrodite est déjà passé maître en la matière ? Son maître porte ses éloges jusqu'ici.
-Oui mais il est formé pour ça ! Milo risquerait de se piquer et…
-Et quand bien même cela arriverait, notre poisson à tous les remèdes pour le sauver. Cesse de discuter chevalier, Milo sera soumis à ma sentence quoi que tu dises et j'attends de toi une correction exemplaire.
Tout de même, son élève n'était qu'un petit garçon de tout juste quatre ans hyperactif et impulsif, ce n'était tout de même pas la réincarnation d'Hadès ! Shion semblait oublier que c'était ce petit monstre du onzième temple qui avait commencé. S'il avait connu l'attachement de son dévoué bambin pour le petit français, il aurait compris que sa réaction avait été tout à fait normal : Shion n'avait-il jamais été jaloux ? Ne se souvenait-il plus de ses années de folle jeunesse durant lesquelles il lui était aussi arrivé de se battre pour si peu ? Visiblement non. Et le regard glacial qu'il lui envoya signifiait que sa décision était sans équivoque : Milo irait jardiner.
Le petit Milo avait décidé de jouer à cache-cache derrière les grosses colonnes de marbre quand son grand maître l'attrapa par le fond du pantalon sans le prévenir et sortit du palais si amusant. L'enfant rouspéta un peu, et il ne comprit pas pourquoi son gentil maître l'emmenait dans les abysses de l'enfer : à savoir la douzième maison. Déesse ce que Milo détestait cet endroit ! Ça sentait toujours mauvais le propre et lui, il éternuait tout le temps après et ça, ce n'était pas marrant du tout ! En plus il ne voulait pas revoir Aphrodite. Alors pourquoi son maître le déposait-il sur le sol face au grand méchant maître des lieux ?
-Je t'amène Milo sur ordre de Shion mais ne pense pas que je fais ça de bon cœur, Alphée !
Le poisson le fixa tout en passant une main dans sa longue chevelure parfaitement lissée. Il s'approcha ensuite de lui et posa une main sur le crâne de petit garçon, l'obligeant ainsi à passer derrière lui.
-Je suis ravi de voir que tu redresses enfin ce petit monstre, Skorpios. Ne t'en fais pas, je serai indulgent.
Milo n'y comprenait plus rien : qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Il ne voulait pas rester ici ! Il voulait rester avec son grand maître rien qu'à lui et certainement pas avec ce vilain pas beau qui collait du visage. Il voulut donc tout naturellement repartir avec son maître mais celui-ci l'en empêcha.
-Non Milo, tu dois rester ici.
-Mais pourquoi ?
-Parce que tu t'es mal comporté avec Aphrodite, tu te souviens ? Le grand pope veut que tu sois puni.
-Mais c'est lui qui voulait que Camus soit plus mon ami !
-Je sais mon bonhomme mais s'il te plaît sois sage. Je reviendrai te chercher tout à l'heure.
Mais c'était quand ça, tout à l'heure ? Le mini scorpion regarda son maître s'en aller et il ne présageait rien de bon pour la suite. Son intuition se confirma lorsque le grand sourire carnassier du poisson s'élargit et qu'une paire de bottes en caoutchouc tomba devant son nez.
-Au travail.
-Maîiiiiiiitre ! Maîiiiiiiiiitre ! Venez vite, Milo il a fait une bêtise !
Alphée se profila dehors sous les cris stridents de son élève : Milo n'était pas là depuis une heure que déjà, son petit ange se transformait en une petite teigne criarde. Il en avait déjà un mal de crâne lancinant.
-Qu'est-ce qu'il y a Aphrodite ?
-Regardez !
Le chevalier suivit la direction que lui indiquait son élève et, si au début il avait pensé à une autre dispute d'enfant, il faillit littéralement s'évanouir en découvrant le désastre. D'ailleurs, s'il n'avait pas pu s'appuyer sur le mur à côté de lui, il serait certainement tombé dans les pommes.
-Milo mais…mais qu'est-ce que tu fais bon sang ?
Le petit garçon le regarda de ses grands yeux dorés innocents, ne comprenant visiblement pas où il avait fait une erreur. C'était si joli pourtant ! Son Camus serait si content avec ce cadeau là qu'il en oublierait bien vite la minable petite fleur en plasticine !
-Ben…je fais un bouquet, pourquoi ?
Intérieurement, le poisson explosa : il n'allait pas pouvoir tenir une minute de plus. Il allait le momifier, l'empaler, l'immoler, le découper en rondelles ce môme !
-Tu fais un…un bouquet ? Un BOUQUET ? Avec mes précieuses roses blanches ? Celles que j'entretiens avec tant de soin et tant d'amour. Tu fais…un bouquet !
-Ben…oui. C'est pour Camus !
Le petit Aphrodite vit alors son maître bien aimé pâlir tout autant que ses roses : il allait réellement faire un malaise, son pauvre maître chéri à cause de cette horrible créature du diable ! Pas Athéna, il fallait qu'il l'aide. C'est donc tout naturellement qu'il s'élança vers lui aussi vite que ses petites jambes le lui permirent et le tira par la main pour le faire rentrer à l'intérieur et lui épargner ce triste spectacle.
-Venez maître, vous ne devez pas rester ici !
Resté seul dans le jardin, Milo riait sous cape : il était vraiment très fier de lui ! S'il continuait ainsi, le vilain poisson ne pourrait bientôt plus le supporter et il abrégerait bien vite sa corvée. Et puis ce n'était pas sa faute s'il n'avait pas compris les consignes : son gentil maître avait bien dit à l'affreux Shion qu'il n'était pas fait pour ça. Bébé scorpion 1 – vilain poisson 0.
Il en avait assez ! Ses bottes étaient trop petites et il s'était déjà piqué deux fois avec les grandes épines de ces horribles fleurs empoissonnées. Peut-être même qu'il était déjà en train de mourir sous ce soleil de plomb. Oh ce serait bien trop bête de mourir maintenant alors qu'il n'avait pas encore eu de vrai bébé avec Camus ! Et puis s'il mourrait, le laid Aphrodite il allait avoir son copain pour lui tout seul et ça c'était hors de question. Camus c'était son meilleur copain à lui : Aphrodite n'avait qu'à prendre Angelo.
Il devait passer à la vitesse supérieure s'il voulait être rentré pour le goûter : il était certain que le chevalier des poissons il serait bien capable de le laisser mourir de faim sous ce soleil de plomb. Mais il n'avait pas d'idée lumineuse pour le mettre hors de lui. Pourtant, son cerveau de petit garçon tournait à cent à l'heure à la recherche de tous les plans machiavéliques possibles et imaginables. Il voulait partir d'ici très vite. Son regard fit le tour du jardin pour finalement se poser sur…une bombe d'insecticide. Peut-être que s'il augmentait la dose alors…ces vieux trucs tout puants allaient sentir un peu meilleur !
-Pars d'ici tout de suite espèce de monstre ! Fils d'Hadès, incarnation du mal, créature belliqueuse ! Et que je ne t'y reprenne plus !
Sur les marches de son temple, Alphée hurlait à n'en plus finir. Il avait déjà probablement alerté tout le sanctuaire avec sa voix aiguë de fille. Milo lui, ne s'était pas fait prier pour détaler comme un lapin : son plan avait donné bien plus de résultats qu'il ne l'aurait espéré. Il avait d'abord vaporisé toutes les fleurs jusqu'à ce que la bombe soit vide et, quelques minutes à peine plus tard, elles étaient toutes fanées. Quand le grand poisson avait découvert ça, inutile de préciser qu'il n'avait pas été content du tout ! Il était d'abord devenu tout tremblant et finalement, alors que Milo n'espérait plus aucune réaction de sa part, il avait éclaté dans une grosse colère et l'avait mis dehors en moins de deux secondes. Le petit garçon n'en demandait pas tant ! Bébé scorpion 2 – vilain poisson 0.
Maintenant qu'il était enfin libre, il allait pouvoir filer rejoindre son meilleur copain et lui offrir la rose qu'il avait quand même réussi à glisser dans sa poche avant d'être jeté dehors. Elle était toute belle en plus ! C'est donc en se dandinant qu'il arriva au onzième temple, où Cristal était déjà dehors.
-Bonjour grand Cristal !
-Bonjour Milo, dis-moi tu ne devrais pas être chez Alphée ?
-Si mais j'ai réussi à m'enfuir. Il était pas content du tout !
Ca, le verseau s'en doutait. La voix horriblement jacassante du poisson lui avait presque brisé les tympans quelques minutes plus tôt et il s'était bien douté que quelque chose n'avait pas tourné rond avec le petit garçon.
-Et je peux savoir ce que tu as fait ?
-J'ai tué ses roses. Toutes toutes toutes !
Effectivement, pour le poisson ce sacrilège pouvait être un motif de meurtre. Milo avait de la chance d'être encore en vie à l'heure qu'il était. Il en connaissait beaucoup qui auraient déjà été précipités au plus profond des enfers.
-Je peux aller jouer avec Camus ?
-Bien sûr, mais pas trop longtemps.
-Promis juré !
Le verseau ne put s'empêcher de sourire en voyant les boucles bleues du petit garçon rebondir sur ses épaules comme il courait déjà à l'intérieur, certainement ravi à l'idée de revoir son ami qu'il avait quitté depuis si longtemps. C'était attendrissant de les voir ainsi et puis, ils devaient en profiter : dans quelques années, quand ils auraient quitté l'insouciance de l'enfance, ils n'auraient plus le temps pour batifoler de la sorte. Ils devraient se battre et ce temps viendrait bien assez vite.
-C'est pour toi !
Sans avoir rien demandé, le petit Camus se retrouva avec une rose toute fanée entre ses petites mains : Milo la lui avait apportée, fier comme un paon, déclarant que maintenant, il n'avait plus besoin du vilain cadeau d'Aphrodite, ce qui avait légèrement agacé Camus. Le futur poisson était son ami, comme Shaka et Mu mais son meilleur copain ne pouvait pas le concevoir : il le voulait pour lui tout seul. Et parfois, le mini verseau se sentait un peu étouffé : il craignait l'âge de l'adolescence.
-Alors t'aime bien ?
-Oui, je vais la mettre là.
Il la posa alors sur son bureau, entre ses livres d'images et son doudou, pour que Milo voit bien qu'il y faisait attention. Peut-être que comme ça il arrêterait de lui offrir de vieilles fleurs fanées pour taire la pseudo rivalité qu'il y avait entre Aphrodite et lui. C'était débile et digne d'un bébé de quatre ans.
-Le grand pope il ne va pas être content du tout parce que tu as été méchant !
-J'ai pas été méchant, mais le grand Alphée il m'a pas expliqué !
Même avec son cerveau d'enfant, Camus savait déjà que cet argument ne tiendrait pas deux minutes face à l'esprit affuté du grand pope : à part d'être débile mental, on devinait que jardiner ne voulait pas dire couper toutes les fleurs ni les saccager d'insecticide. Milo était vraiment un vilain garçon. Une très mauvaise fréquentation, ses autres amis avaient raison : mais c'était quand même son meilleur ami alors…il ne pouvait pas le laisser tomber.
-Oui mais le grand pope…
-Milo, Camus, venez par ici.
Les deux enfants trottinèrent joyeusement jusqu'au salon, où Milo se raidit. Là, devant lui, avec de gros yeux pas beaux : son maître Skorpios et il semblait être très en colère contre lui ! Vraiment très en colère. Ni une ni deux, le scorpion miniature attira son meilleur copain du monde entier par la main et fila se cacher sous la table. Là au moins, son maître ne le trouverait jamais.
-Milo !
Le petit garçon campa sur ses positions, assis sous la table refusant de monter le bout de son nez, craignant déjà la punition de son propre maître. Il allait encore le refourguer à un autre méchant chevalier pour faire des corvées pas marrantes.
-Milo du scorpion, supposé futur chevalier d'Athéna, tu as tout intérêt à venir ici tout de suite.
-Fais pas le bébé Milo, vas-y !
-Chut Camus ! Il ne nous trouvera jamais ici !
Comme s'ils étaient transparents. C'est dans des moments pareils que Milo aurait voulu pouvoir partir dans d'autres dimensions comme le maître de Saga et Kanon. Ça devait être tellement pratique pour échapper aux corrections qui faisaient peur ! Mais lui n'avait qu'une aiguille écarlate aussi inoffensive qu'une épine de rose en son jeune âge : ce n'était pas juste du tout !
-Milo, je compte jusqu'à trois.
Milo frémit, craignant déjà le début du compte à rebours.
-Un.
Toujours aucun mouvement.
-Deux.
Le petit garçon retint sa respiration.
-Trois !
Sans même qu'il n'ait eu le temps de le voir venir, alors qu'il tentait de ramper vers l'autre bout de la table, il se retrouva dans les bras de son maître qui le regardait sévèrement. Il cacha alors son visage entre ses mains, espérant ainsi que son maître l'oublierait. Raté.
-Milo, je suis très fâché sur toi. Nous en rediscuterons plus tard mais tu es privé de dessert jusqu'à nouvel ordre.
Etonnement, ce fut Camus qui pâlit et soupira de frustration : zut quoi, qui lui donnerait les dessert qu'il avait troqué contre un bébé imaginaire ? Il fallait toujours que Milo fasse des bêtises quand il lui promettait quelque chose : c'était une stratégie, il en était certain.
Milo croisa le regard de son meilleur copain du monde entier et tenta de s'excuser avec ses yeux de chien battu mais Camus lui tourna le dos en croisant les bras, visiblement contrarié par la tournure des évènements et Milo le comprenait ! Alors qu'il allait ouvrit la bouche pour protester, il se retrouva sur l'épaule de son maître en moins de deux : est-ce que tout le monde le prenait vraiment pour un vulgaire sac à patates ? Tout de même, il méritait un peu plus de respect : après tout il serait un chevalier d'Athéna plus tard, il devait être traité comme tel. C'était vraiment trop injuste d'être un bébé de tout juste quatre ans !
Shion se passa une main sur son visage las : il allait devenir fou dans ce sanctuaire ! Non seulement la nouvelle génération lui donnait du fil à retorde, entre un Milo hyperactif, un Angelo chamailleur et un Saga bipolaire mais si en plus les chevaliers confirmés s'y mettaient eux aussi, il allait donner sa démission !
Le chevalier du poisson venait tout juste de lui rendre une petite visite hystérique, réclamant dédommagements pour ses roses adorées et aussi pour la longue dépression qu'il sentait arriver de loin. Shion n'avait pas compris un traitre mot de ce qu'il lui avait dit tant il avait parlé avec hargne, oubliant totalement la hiérarchie entre eux.
Et maintenant, il devait non seulement gérer des bambins en couche culotte mais aussi un chevalier en pleine phase de crise, ce qui ne manquerait pas de lui donner beaucoup de travail. Vraiment, il y a deux cents ans, la vie était bien plus paisible. Pas de problèmes d'éducation ni de plantation, non. Personne ne venait pleurnicher auprès de lui après une longue journées fatigante et la vie était bien plus facile ! Non vraiment, il n'était pas certain de pouvoir continuer dix ans de plus sans en ébouillanter un.
Vraiment être grand pope, c'était une tâche bien difficile !
J'espère que vous aimerez :)
A bientôt!
