Voilà le chapitre des 5ans!
Pour celui des 6ans, j'essayerai de poster vendredi prochain mais rien n'est moins sûr, étant donné que je terminerai mes examens :S Je fais mon possible!
Bisous à tout le monde!
Bien au chaud dans son petit lit douillet, Camus dormait d'un sommeil réparateur propice à l'apprentissage d'un enfant de cinq ans. Il avait été au lit très tôt car demain, il y avait un jeu de piste organisé par le grand pope pour leur permettre de ''canaliser'' leur énergie et le petit garçon voulait être au mieux de sa forme. Il s'entraînait avec son maître depuis plusieurs jours afin d'avoir l'esprit aussi vif que celui d'un grand et ne laisser ainsi passer aucun indice primordial.
Camus dormait, donc. Ce que chaque enfant de son âge était censé faire, même s'il soupçonnait fortement Shaka de ne jamais dormir, trop occupé à méditer avec son maître sur les questions existentielles de la vie. Mais lui n'était pas une quelconque promesse de réincarnation et son besoin de sommeil était au summum dans son jeune âge.
Il poussa un profond soupir de bien-être en sentant une main fraîche effleurer sa joue : son maître devait certainement être venu pour s'assurer qu'il dormait bien. Comme il était prévenant avec lui ! C'était vraiment le meilleur maître de tous les maîtres ! Il ronronna presque de plaisir quand la main se perdit dans ses cheveux mais pas quand elle s'entortilla autour d'une mèche parfaitement lissée : il allait encore devoir se démener le lendemain pour dompter sa chevelure rebelle !
Son mécontentement augmenta d'un cran quand il sentit un doigt pousser sur sa joue : décidément, son maître ne pouvait pas avoir de si petites mains, c'était impossible. Et enfin, il finit bel et bien par se réveiller lorsque quelque chose lui pinça violemment l'avant-bras qu'il avait le malheur d'avoir laissé au-dessus des couvertures !
-Aie !
Camus se redressa et frotta ses petits yeux encore bien fatigués très contrarié à l'idée d'avoir été réveillé alors qu'il faisait un joli rêve. Il posa avec son regard sur la petite bouille tristounette en face de lui : Milo.
-Mais t'es fou ou quoi ? Pourquoi tu m'as pincé ?
-J'ai fait un cauchemar !
-Et alors ? C'est pas de ma faute à moi !
A cet instant même, il maudit son maître et ses lubies de toujours vouloir faire plaisir au scorpion en titre. Parce que oui, Milo passait la nuit au onzième temple et tout ça à cause de Skorpios et son soit disant manque de sommeil. Comme si un adulte avait plus besoin de sommeil que l'enfant de cinq ans qu'il était ! C'était un comble !
-Mais t'étais tout mort.
Et voilà que Milo recommençait à sangloter à côté de lui. Son maître lui avait dit qu'il faisait apparemment beaucoup de vilains rêves à son sujet en ce moment et que peut-être, s'il dormait avec lui, il oublierait tout cela et pourrait enfin passer une nuit complète mais il s'était trompé. Et maintenant, qu'est-ce qu'il devait faire lui au juste ? Pas question qu'il lui chante une berceuse, ça non !
-Les enfants ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-Il était tout mort grand Cristal !
La silhouette fine du verseau qualifié se faufila vers le lit pour s'asseoir tout près de Milo, qui ne perdit pas une minute pour se coller dans ses bras, faisant légèrement râler Camus : bon d'accord Milo était son copain mais tout de même, c'était son maître à lui !
-Tu vois bien que ce n'était qu'un vilain cauchemar, Milo, tout va bien.
-Oui mais quand je ferme les yeux ça va plus bien, plus du tout !
Depuis plusieurs semaines, le petit garçon était assailli par les cauchemars si bien que Skorpios était à bout et avait demandé à Cristal de lui venir en aide, ce qu'il avait bien évidemment accepté de faire pour son ami. Ils avaient tous les deux pensé que cette angoisse venait du fait que les deux enfants se voyaient un peu moins depuis qu'ils préparaient leur entrainement mais visiblement non le mal était encore plus profond.
-Tu veux venir dormir dans la grande chambre ?
Le verseau pensait que cette idée réconforterait le petit garçon mais au contraire, celui-ci eu vite fait de migrer vers Camus pour l'enserrer de ses bras, faisant violemment rougir le mini verseau.
-Non je reste avec mon copain !
-Très bien, mais tu dois dormir, n'est-ce pas ? Demain sera une journée très éprouvante.
-On va les ratatiner en nourriture pour fourmi, déclara fièrement Milo en bombant le torse avant de se glisser une nouvelle fois tout contre son meilleur copain.
Cristal eut un léger sourire en voyant l'expression exaspérée de son élève : quand la joie de Milo explosait, elle était particulièrement difficile à contenir, surtout pour un petit garçon de cinq ans qui avait été réveillé en pleine nuit.
-Bonne nuit vous deux.
-Bonne nuit maître.
-Bonne nuit grand Cristal !
Une fois son maître parti, Camus se repositionna dans sa position favorite pour s'endormi, mais c'était sans compter sur un Milo qui se dandinait à présent juste à côté de lui, le faisant doucement rebondir sur le matelas.
-Milo ! Arrête !
-Mais je suis plus fatigué Camus, répondit le petit garçon en venant planter son visage face au sien, tu me fais un bisou dis ?
-Pourquoi je te ferais un bisou ?
-Comme ça je pourrai faire dodo !
-Fais dodo tout seul.
De plus en plus fatigué et donc irritable, le petit Camus se retourna de l'autre côté pour ne pas avoir à subir le sourire béat plaqué sur le visage de son ami. Ce que Milo pouvait être fatigant certaines fois !
-C'est pas drôle bouda le scorpion miniature en se coulant dans le dos de son meilleur copain du monde entier, sachant pertinemment que Camus ne lui donnerait pas le bisou qu'il voulait.
Ah, enfin ! Le calme. Un calme idéal pour que le petit enfant qu'il était puisse retrouver son sommeil tant chéri. Il ferma les yeux, soupirant d'aise face à ce silence qu'il appréciait tant mais, à peine commençait-il enfin à sombrer vers les limbes de Morphée qu'il entendit un léger ronflement s'élever dans la pièce…non : ce n'était pas possible !
Et pourtant si ! Vautré comme un lama en plein désert, la bouche légèrement entrouverte, Milo ronflait de tout son saoul ! Il allait réellement finir par devenir fou avec son meilleur ami qui venait s'incruster dans son intimité chérie. En désespoir de cause, il colla son oreiller sur le haut de son crâne pour faire abstraction du ronronnement de moteur qui remplissait maintenant sa chambre d'enfant. Si jamais il était fatigué pour le lendemain, Milo allait le payer cher !
-Aiolia, Angelo, vous ferez équipe avec Milo et Camus.
-QUOI ? Non grand pope Shion ! Pas avec le petit intello et l'autre hyperactif, s'il vous plaît !
-Vous ne discutez pas.
Voyant que le grand pope ne tenait absolument pas compte de leur protestations et autres menaces de mort, les deux minis chevaliers se lancèrent un regard compatissant : c'était pas juste quoi, tous les autres allaient bien s'amuser sauf eux. Quoique, quand le petit cancer vit que son ami Aphrodite était coincé entre Mu, Shaka et Aldébaran, il ne sut pas s'il préférait être à sa place ou rester dans son petit groupe composé de deux gros nuls et d'un autre petit garçon qui aimait faire des bêtises.
Milo, lui, était aux anges. Il ne savait strictement pas comment allait se dérouler la journée il ignorait s'il devrait gober des limaces vivantes ou autres monstruosités du genre mais il s'en fichait : il était avec Camus ! Il allait pouvoir passer la journée toute entière avec son meilleur copain du monde et ça, c'était trop génial !
Bon d'accord, en ce moment même son meilleur copain du monde ressemblait plutôt à un zombie tout droit sorti d'un tombeau égyptien mais ça n'avait pas d'importance. Et puis c'était un peu de sa faute : c'était à cause de ses vilains rêves que Camus avait de laides poches sous les yeux comme son maître Skorpios.
-Je vais vous attribuer une couleur et ensuite vous recevrez une carte. Vous devrez suivre le parcours qui porte votre couleur pour ne pas gêner les autres, c'est bien compris ?
D'un mouvement d'une effrayante concordance, Angelo, Aiolia et Milo tournèrent la tête vers Camus, qui hochait la sienne de haut en bas : ouf, il avait compris ! Finalement, ce n'était peut-être pas plus mal d'être dans le groupe d'un intello qui comprenait rapidement toutes les consignes parce qu'à ce niveau-là, les trois autres ne produisaient pas d'étincelle.
-Saga, tu accompagneras le groupe de Camus : vous serez les bleus. Kanon, toi, tu iras avec Ayoros et son groupe vous serez les mauves. Moi, je vous attendrai à l'arrivée.
-Quoi ? Mais c'est pas juste, pourquoi Mu lui il a pas de grand avec lui ?
Ça, c'était Angelo qui voyait ses prédictions de bêtises réduites à néant à cause de grand Saga qui allait les surveiller. Il trouvait ça vraiment injuste que les autres enfants soient libres.
-Parce que Mu, Shaka et Aldébaran sont sages, eux. Ils parviendront très bien à s'en sortir.
Bon, Aphrodite était l'exception mais le grand pope était persuadé qu'il ne tenterait rien s'il était seul. C'est d'ailleurs pour ça qu'il l'avait séparé du petit garçon bagarreur qui le poussait toujours à faire les quatre cents coups.
-C'est pas juste !
Maintenant, le mini cancer ne voulait plus faire ce stupide jeu : ça allait être trop nul si Saga veillait sur eux ! Il regarda Camus et Milo s'en aller, bien décidé à ne pas bouger si Saga était avec eux. C'était hors de question qu'il passe toute une journée à rester calme ça non !
Heureusement, il vit ensuite Aiolia s'approcher de lui et lui glisser un mot à l'oreille : un grand rictus prit alors place sur ses lèvres : c'était une très bonne idée ! Il sentait que finalement, ils allaient peut-être bien s'amuser.
-Eh les grosses têtes, attendez-nous !
Saga les regarda filer en courant et se passa une main sur le visage : c'était toujours à lui qu'on confiait les petites teignes du genre. Heureusement que Camus était là pour redresser le niveau...
-Non !
-Oh Camus ne joue pas les petites prudes !
-Non !
Non c'était non. Il était hors de question que Camus monte sur les épaules de ce goujat de petit cancer pour aller dénicher l'indice glissé entre deux écorces d'arbre. Et puis d'abord, pourquoi est-ce que le grand Shion avait été mettre cet indice si haut ? Avait-il totalement perdu la notion des grandeurs ?
-T'es vraiment nul !
-Demande à Aiolia.
-Moi je suis pas une tapette je monte pas sur les épaules des garçons.
-Ben moi non plus !
C'est vrai quoi c'était quoi cette manie de toujours le prendre pour une fille ? Il ne grimperait pas sur les épaules d'Angelo. Saga aurait bien pu aller le chercher, lui, ce bout de papier, mais il avait reçu l'ordre de ne pas les aider. Il était juste là pour surveiller qu'ils ne fassent pas de bêtises. Sa mission s'arrêtait là.
-Et pourquoi c'est toi qui devrais porter Camus, hein ?
-Parce que moi je suis fort !
-Moi aussi d'abord !
-Moi je suis plus fort que toi !
Milo n'était pas du tout d'accord ! C'était son meilleur copain à LUI cet affreux cancer n'avait pas à le porter. Si quelqu'un devait toucher Camus, ce serait lui et personne d'autre foi de scorpion miniature ! Mais Camus, lui, refusait de grimper sur les épaules de quiconque, que ce soit Milo ou non.
-Mais Camus je suis ton meilleur ami du monde !
-Et alors ? Je n'irai pas sur tes épaules.
-Et moi alors je peux venir sur les tiennes ?
-Tu es bien trop lourd !
Le petit garçon fit alors la moue : ce n'était même pas vrai ! Il avait peut-être un peu forcé sur les sucreries ces derniers temps mais après tout ce n'était pas sa faute s'il s'était ennuyé sans son copain ! Et puis ces petits bonbons étaient tellement bons qu'il ne pouvait jamais y résister. Mais il n'était pas lourd ! D'ailleurs, quand Angelo se mit à ricaner dans son dos, Milo aurait bien eu envie de l'étrangler, mais il s'abstint : la matinée qu'il avait passée dans le jardin des poissons lui avait servi de leçon pour les dix prochaines années à venir. Depuis, il évitait la violence envers ses petits camarades.
Regardant d'un air blasé les deux petits garçons se disputer et le jeune Camus jouer aux grandes dames, Saga commençait peu à peu à perdre patience. Il avait bien envie d'en balancer un par-delà la falaise mais il n'était pas certain que ça ferait bonne figure dans le rapport du grand pope…quoique, il pourrait toujours maquiller ça comme un accident : les enfants étaient si maladroits parfois…
-Grand Saga, dis-lui toi que c'est moi le mieux pour porter Camus !
-Non c'est moi !
-Ce n'est aucun de vous.
Les deux enfants le détaillèrent alors d'un air suspicieux : Camus ne pouvait tout de même pas voler jusque-là alors, il fallait bien qu'un d'eux l'aide ! Ils virent alors l'aîné des gémeaux s'approcher de Camus et le soulever par la taille jusqu'à ce qu'il atteigne l'indice.
Cet acte lui valut un petit cri de stupeur de la part du verseau miniature et une crise de jalousie venant du scorpion qui criait haut et fort qu'il n'avait pas le droit, qu'il avait abusé de ses pouvoirs de grands et que c'était très mal.
-S'il te plaît Milo, arrête de jouer au sale gosse !
Vraiment, il ne supportait pas les enfants ! Qu'est-ce que c'était que cette idée de l'obliger à jouer au baby sitter ? Il avait mieux à faire comme…se prélasser sur la terrasse en rêvant d'autres dimensions. Mais garder des cinq ans d'âge, c'était bien trop dégradant pour lui !
-On doit aller par-là maintenant, déclara le petit Camus en montrant le nord, on doit trouver une…
-Une campanoule, termina un Milo tout content.
-Campanule, rectifia Saga d'un air exaspéré, se demandant où Shion avait dégotté de pareils incultes.
C'est donc avec toujours plus d'entrain que les quatre enfants, ayant déjà oublié depuis longtemps leur petite brouille passagère, s'élancèrent à la recherche de cette campanule dont un seul savait exactement de quoi il s'agissait. Et Saga, lui,…eh bien Saga suivait en traînant les pieds, abattu par le désarroi de cette situation.
-S'il te plaît Aphrodite, arrête de crier !
-J'ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal ! Maîiiiiiiiiiiitre !Aiiiiiiiiiiiiieuh !
Shaka finit par battre en retraite, craignant que ses pauvres tympans de petit garçon ne tiennent pas le coup plus longtemps. Après tout, lui était habitué au calme le plus profond, pas à des cris dignes d'un animal égorgé.
Mu lui aussi, commençait à supporter de moins en moins le poisson miniature qui braillait depuis plusieurs minutes maintenant. Et évidemment, eux, on ne les avait pas confié à un grand responsable, non, on les laissait se débrouiller seuls dans la brousse avec la belle au bois dormant…qui ne dormait pas tant que ça en ce moment !
-Aphrodite stop, calme-toi.
-Mais j'ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaal !
Oui ça, ils l'avaient tous compris. Il avait suffi qu'Aphrodite trébuche sur un caillou pour s'inventer toutes sortes de fractures imaginaires auxquelles il croyait lui-même.
-Dis-moi où tu as mal, proposa-t-il finalement, se disant que peut-être il pourrait faire usages de ses talents de soigneur, bien qu'il ne soit encore que novice.
-Partouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut.
Bon. Ça ne l'aidait pas beaucoup, ça. Il avait bien envie de le bâillonner pour qu'il se taise, tant il avait mal à la tête. Mais qu'est-ce que c'était que ça ? La réincarnation de la Castafiore ? Après tout, plus rien n'étonnait le petit garçon.
-Je veux mon maîiiiiiiiiiiiiiiiitre !
Et pourquoi est-ce que son grand Shion ne rappliquait pas ? Le petit Mu refusait de croire qu'il n'entendait pas l'apprenti chevalier des poissons, toute la Grèce devait être au courant qu'il était à la limite de l'agonie tant il était bruyant. Et maintenant, à cause du retard qu'ils avaient pris pour cette multi-fracture, c'était certain qu'ils allaient perdre ! Mu jeta un coup d'œil sur le petit bouddha qui s'était déjà installé en position de méditation : comment faisait-il pour se concentrer ? Le petit garçon se voyait déjà passer la nuit dans cette forêt avec Aphrodite qui hurlerait à la mort et finirait par attirer de dangereux prédateurs qui penseraient avoir à faire à un animal blessé. Ils allaient finir dévorés !
-Je veux pas mouriiiiiiiiiiiiir.
Oh pitié. Que quelqu'un le fasse taire. N'importe qui n'importe comment mais qu'il se taise ! Qu'on lui coupe la langue, qu'on l'étouffe, qu'on lui fasse avaler ses cheveux mais qu'il se taise ! Le mini bélier se frappa la joue : si son maître Shion entendait ses pensées, il ne serait pas du tout fier de lui !
-J'ai maaaaaaaaaaaaa…Eh ? Qu'est-ce que tu fais gros plein de soupe ? Repose-moi !
Aldébaran était un dieu ! Il était parvenu à le faire taire ! Dès que la voix perçante d'Aphrodite s'était tue, Shaka avait de nouveau montré le bout de son nez, visiblement rassuré de retrouver le calme olympien qu'il affectionnait tant.
-Je ne tiens pas à passer la nuit ici parce que mademoiselle s'est cassé un ongle alors on y va.
-Mais pose-moi par terre !
-Tu vas recommencer à te plaindre, alors non.
Le ''petit'' taureau se remis alors en route, voyant déjà le soleil disparaître dangereusement, suivi de près par Mu et Shaka qui voyaient à présent en lui une figure divine et bienveillante.
-Si tu me reposes pas, je le dirai à mon maître !
-Je suis certain qu'il aurait préféré que je t'abandonne au milieu des bois.
-Méchant !
-Tais-toi !
-Je lui dirai quand même !
Mu et Shaka soupirèrent en fronçant les sourcils : c'était reparti pour un tour ! Le petit bélier se dit qu'il devrait informer son maître d'éviter ce genre d'activité à l'avenir : il n'était pas certain que ce soit propice au développement psychologique d'un petit garçon de cinq ans !
-Camuuuus ! Regarde j'ai trouvé une fleur !
-Mais c'est un pissenlit, Milo !
Cela faisait près d'une heure qu'ils cherchaient cette fichue campanule. Ou plutôt qu'IL cherchait. Angelo avait très vite déclaré forfait pour aller grimper aux arbres, vite rejoint par Aiolia qui pensait avoir dégoté du poil à gratter. Et Milo, lui, courait dans tous les sens, lui ramenait toutes sortes de fleurs, brindilles, mauvaises herbes et feuillages mais jamais la campanule dont ils avaient besoin. Et bien évidemment, Saga se contentait de les regarder de loin, une lueur moqueuse au fond de ses prunelles sombres.
-Et ça Camus ?
-Ça c'est une feuille morte, Milo !
Le petit scorpion repartit trifouiller dans la terre d'un air boudeur : il n'y connaissait rien en matière de flore lui ! Et Camus en avait assez de toujours devoir répondre à ses questions incessantes : ''C'est quoi ? Et ça c'est quoi ? Et pourquoi c'est comme ça ? Et pourquoi c'est pas ça ? ''. Par Athéna : il allait devenir fou. Lui n'était qu'un petit garçon mais dans son esprit déjà vivace, il savait mieux que quiconque que, si une bataille éclatait au sanctuaire, ils ne repousseraient pas l'ennemi à coup de campanule alors est-ce que quelqu'un pouvait lui expliquer POURQUOi ils perdaient leur temps avec ce petit jeu stupide ?
-Je trouve pas, murmura son copain en revenant vers lui, une branche dans la main droite, et je suppose que c'est pas ça non plus, hein ?
Il jeta le bout de bois un peu plus loin comme son meilleur copain tournait encore la tête de gauche à droite : il était désespéré.
-Saga, on peut rentrer maintenant ? Je suis fatigué !
-Non, pas tant que vous n'aurez pas trouvé ce que vous cherchez.
-Mais je suis fatigué.
-Alors cherche mieux !
Comme il était méchant lui ! Il se croyait mieux parce qu'il était plus grand mais Milo il savait, lui, qu'il n'était pas gentil ! Il n'arrêtait pas de les embêter et de soupirer quand ils disaient une bêtise. Comme s'il était mieux parce qu'il était grand : c'était vraiment n'importe quoi !
-Camus, je suis fatigué.
-Moi aussi.
Et Camus avait des raisons de l'être, après la nuit atroce qu'il avait passée à cause de son copain ! Il n'aspirait plus qu'à une seule chose : retrouver ses couvertures moelleuses et son oreiller en plumes d'oie. Alors qu'il s'apprêtait à pester une nouvelle fois sur cette vilaine nuit qui commençait à tomber et qui les empêchaient de trouver la campanule quand, soudain, il crut voir se dessiner entre les broussailles les petites fleurs mauves.
-Je les ai trouvées !
Ça, c'était un cri qui venait du fond du cœur : ça voulait dire que maintenant, ils allaient enfin pouvoir partir et retrouver leurs maîtres pour ensuite rentrer au sanctuaire et dormir. Milo le regarda, émerveillé, se disant que oui, Camus était vraiment le meilleur copain qu'il aurait pu avoir !
Saga quitta enfin le tronc d'arbre sur lequel il était avachi depuis tout à l'heure et s'étira comme un chat pour détendre ses muscles endoloris.
-Parfait, on peut rentrer. Aiolia ? Angelo ? Dépêchez-vous !
-Mais on s'amuse trop bien !
-Dépêchez-vous espèces de sales mioches !
Les deux petits garçons rappliquèrent, apparemment très contrariés d'être traités de la sorte par un grand qui les prenait de haut depuis le début de la journée. Ils échangèrent un regard complice avant de courir vers le gémeau, qui terminait de s'étendre. Avec une souplesse que personne ne leur connaissait, ils se firent la courte échelle et, une fois qu'Aiolia put atteindre le col du sweat du grand, il y glissa tout le poil à gratter qu'il avait récolté un peu plus tôt.
Malheureusement pour lui, suite à cet assaut, Saga passa une main dans son dos, y étalant ainsi tout le poil à gratter qui irritait déjà sa peau de bébé.
-Bandes d'imbéciles ! Saletés de mômes !
Les ''saletés de mômes'' en question filèrent à la vitesse de l'éclair sans demander leur reste, suivi de près par un Saga en colère qui se tortillait dans tous les sens.
-Ils sont drôles eux, dit finalement le scorpion en prenant son copain par la main pour les rattraper.
Camus se dit qu'ils ne devaient pas avoir la même notion de la drôlerie : le pauvre grand allait garder un vilain souvenir de cette journée à cause de cette incident mais après tout…Il n'avait pas été très sympathique avec eux pendant la journée alors peut-être que oui, ça pouvait être drôle.
-Si jamais je vous attrape, je vous jure que je vous ferai subir les pires souffrances de votre vie, je m'occuperai personnellement de votre cas !
Shion et les autres adultes se retournèrent en entendant ces menaces de mort. Ils s'attendaient tous à voir revenir de petites bouilles exténuées mais certainement pas deux gamins qui couraient à toute allure suivis par un gémeau hors de ses gonds qui s'arrêtait tous les deux mètres pour se gratter le dos.
-Maîiiiiiiitre !
-Grand frère !
Aiolia se précipita dans les bras de son frère tandis qu'Angelo, lui, venait se cacher dans les jambes de son maître qui, le protègerait du vilain grand !
-Espèces de sales vermines !
-Saga !
Shion arrêta le premier gémeau qui s'apprêtait à arracher Aiolia des bras d'Ayoros pour lui faire passer l'envie de pouffer de la sorte ce n'était pas digne d'un futur chevalier de se mettre dans des états pareils.
-Lâchez-moi ! Je vais leur faire passer l'envie de rire moi !
-Si tu fais un pas Saga, je te tue de mes mains.
C'est pas vrai : si en plus le cancer confirmé s'y mettait aussi, le grand pope n'était pas certain de parvenir à éviter la tuerie. Il envoya alors un regard désespéré à Kanon, qui était revenu le premier avec son petit groupe pour qu'il lui vienne en aide.
-Allez Saga, laisse-les tranquilles maintenant. Tu vois bien que tu leur fais peur.
-Ne t'occupe pas de ça Kanon !
-Ce ne sont que des enfants. Ne sois pas si dur avec eux. D'ailleurs, où sont Camus et Milo ?
Oups…où avait-il perdu les deux gamins ? Il se souvenait juste d'être parti à la suite d'A ngelo et d'Aiolia mais il ne se rappelait plus ce qu'étaient devenus les deux autres.
-Eh bien…c'est-à-dire que…
-Saga, gronda alors Shion, ne me dis pas que tu les as laissés seuls dans la nature ?
-Ce n'était pas volontaire et…
-Je n'y crois pas, rugit alors le scorpion, tu les as abandonnés ! Espèce d'irresponsable !
Saga le regarda d'un air mauvais : puisqu'il était si irresponsable que ça, pourquoi n'avait-il pas pris sa place aujourd'hui ? C'était bien lui qui venait de passer une journée abominable avec quatre cervelles pleines de mauvais plans, pas le scorpion !
Aussitôt, le grand pope commença à donner des consignes pour organiser une éventuelle battue : ils devaient absolument retrouver les enfants avant la tombée de la nuit. Si Cristal n'avait pas été là pour contenir Skorpios, celui-ci serait déjà parti depuis longtemps sans même savoir quel parcours avait été attribué aux bleus. Son petit Milo était si fragile, seul dans la forêt il risquait bien de se faire mordre pas un insecte ou de tomber dans le gouffre d'une falaise !
-Camus, j'ai peur !
-C'est de ta faute, si tu n'avais pas voulu courir après la grenouille on serait déjà avec les adultes !
-Mais elle était belle…
-Et maintenant on est perdu !
Camus était très en colère : son copain l'avait entraîné au beau milieu des bois tout ça pour une grenouille bleue qu'il avait vue et qu'il s'était mis en tête de ramener au sanctuaire. Et maintenant ils étaient perdus et la grenouille s'était fait la malle sans demander son reste.
-Tu mériterais que je te laisse tout seul !
-Non m'abandonne pas !
Et pourtant, il avait déjà imaginé toutes les astuces possibles pour semer Milo qui, malgré la situation, s'arrêtait tous les deux mètres pour cueillir une fleur ou ramasser un caillou qu'il trouvait joli, mais voilà : le petit garçon était agglutiné contre son meilleur copain, qu'il refusait de lâcher.
-On va se faire disputer à cause de toi.
-Non c'est pas ma faute, c'est Saga qui nous a laissé tous seuls !
Là, le mini scorpion marquait un point : Saga les avait lâchement laissés derrière lui pour courir après Angelo et Aiolia. Qui eux d'ailleurs étaient la source du problème : ils ne savaient pas rester une journée sans faire de bêtise et voilà où celle-ci les avait menés. Ils étaient perdus, exténués et au loin, le soleil commençait à se coucher.
-Camus j'ai peur.
-Tu l'as déjà dit.
-Oui mais j'ai peur quand même.
C'était vrai quoi, il n'était qu'un petit garçon de cinq ans, il n'était pas apte à vivre ce genre de péripéties ! Il voulait revoir son maître et rentrer au sanctuaire. Il ne voulait pas être ici dans le noir !
Le tirant par la main, Camus s'engagea alors dans un petit chemin qui lui semblait familier ils marchèrent longtemps avant de finalement apercevoir entre les feuillages le bout du chemin.
-Viens Milo !
-Mais attends regarde ! J'ai trouvé un ver de terre !
Le petit verseau leva alors les yeux au ciel : son copain était décidément impossible. Que faisait-il en tant que chevalier ? Il aurait plutôt dû s'engager dans un laboratoire de biologiste, vu son goût prononcé pour les insectes et leur habitat naturel.
-Dépêche-toi sinon je pars sans toi !
Il n'en fallu pas plus au petit garçon pour qu'il fourre le ver de terre dans sa poche et rejoigne son meilleur ami : il savait que Camus serait tout à fait capable de le laisser seul et ça, il ne voulait pas !
Alors que la légion de chevaliers confirmés s'apprêtait à partir à la recherche des deux enfants portés disparus, ils virent justement ces derniers débouler de la forêt.
-Milo !
-Camus !
-Maître !
Le scorpion souleva son disciple dans les airs comme Cristal se contentait d'ébouriffer affectueusement la chevelure du sien, qui grommela au passage.
-Regardez ce que j'ai trouvé maître, dit Milo en brandissant fièrement le ver de terre à présent plus mort que vif qu'il avait glissé dans sa poche un peu plus tôt.
-Oh c'est…
-Dégoûtant, termina Camus en faisant la grimace, son copain avait vraiment des idées morbides parfois.
-Mais non il est gentil, il s'appelle Boudin et…
-Aphrodite !
Alphée avait hurlé tellement fort que Milo en lâcha boudin avant de se tortiller dans les bras de son maître pour qu'il le repose à terre et le laisse récupérer son nouvel animal de compagnie. Les autres chevaliers, eux, se retournèrent pour voir le dernier groupe de bambins revenir vers eux en clopinant.
Le poisson s'élança vers eux, se demandant pourquoi Aldébaran portait son petit disciple si distingué : lui était-il arrivé quelque chose ?
-Maître ! Maître dites-lui de me poser !
Le petit taureau finit par s'exécuter, n'en pouvant plus de l'entendre piailler dans les oreilles depuis tout à l'heure. Il aurait mieux fait de l'abandonner au détour d'un chemin, ça lui aurait fait les pieds tiens !
-Oh déesse, Aphrodite, que s'est-il passé ?
-J'ai tous les os cassés, maître !
-Comment ça ?
-Oui, là, là et là !
Il pointa successivement son poignet, son genou et son épaule en faisant une moue de douleur, persuadé que son maître fondrait comme neige au soleil face à sa détresse.
-Shion ! Il faut que tu appelles le médecin !
-Mais pourquoi ça ?
-Tu vois bien qu'Aphrodite souffre !
-Tout ce que je vois, c'est qu'Aphrodite est partit avec les autres.
Il fit alors volte-face pour tomber sur le petit poisson qui gambadait joyeusement avec les autres enfants autour de Kanon, qui distribuait les récompenses. Décidément, cet enfant le rendrait fou !
-Oh s'il vous plaît maître, je veux dormir encore chez Camus !
Le petit verseau se raidit : encore une autre nuit blanche ? Oh non, il avait besoin de sommeil Skorpios n'avait qu'à assumer son rôle de maître et non pas leur refiler son élève insomniaque à tout bout de champs !
-Milo, après cette longue journée Camus a besoin de dormir et…
-Mais je serai sage, je ferai un gros dodo c'est promis ! Dites oui !
-Eh bien arrange-toi avec Camus.
-Oh Camus dis oui.
Le petit français détailla son ami d'un regard glacial : non. Il voulait pouvoir se couler entre les draps de son lit et n'en sortir que le lendemain, sans être dérangé par les cauchemars de son copain. Il avait déjà du mal à garder les yeux ouverts aujourd'hui alors, si Milo l'embêtait encore il allait finir en zombie !
-S'il te plaîiiiit !
Non non non et non ! Même ses yeux de chien battu ne le feraient pas changer d'avis. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche quand son regard croisa celui de son maître, dont les iris claires le grondaient et l'obligeaient à accepter la demande, même s'il n'en avait pas envie.
-Camus, je peux ?
-Oui, bougonna-t-il, mais tu fais plus des cauchemars !
-Promis !
Le petit grec était ravi de pouvoir passer une nuit de plus avec son meilleur copain il aimait bien dormir contre lui : Camus avait la peau toute douce et s'était très agréable. Il voulait dormir avec lui tous les jours maintenant !
-Camus ?
-Ah non, tu m'as promis que tu dormirais…
-Oui mais…
-Non, dors !
-Mais où est-ce que je peux mettre Boudin ?
Les pupilles de Camus se dilatèrent : Milo avait-il réellement emmené cette chose dans SON lit ? Il n'y croyait pas ! Cette horreur à présent toute séchée et pleine de microbes dans…ses draps de lit tous propres ? Il allait frôler la crise cardiaque.
-Pas ici en tout qu'à ! Sors cette chose de ma chambre Milo !
-Mais Camus, c'est Boudin…
-C'est lui ou moi. Soit tu le gardes et tu retournes au huitième temple, soit tu le jettes et tu peux rester ici.
Joignant le geste à la parole, Camus grimpa sur son lit pour atteindre la poignée de la fenêtre et l'ouvrir, indiquant à Milo la terrasse un peu plus bas.
-Pas question !
-Alors tu t'en vas.
-Mais c'est Boudin…
-Il est mort ! En plus tu vas être malade avec ça, il a été se frotter dans la terre et c'est plein de vilaines choses !
Oui mais tout de même : c'était son nouvel animal de compagnie. Il avait toujours voulu en avoir un et aujourd'hui il avait eu la chance de croiser la route de Boudin. Il y était déjà tellement attaché qu'il se sentait bien incapable de s'en débarrasser de la sorte. Mais d'un autre côté son copain Camus ne voulait pas dormir avec lui…C'était un véritable dilemme !
-Camus…
-Pas la peine de larmoyer, c'est non.
-Mais quand tu n'es pas là j'ai pas d'ami, Boudin lui…
-Est mort. Ce n'est pas ton ami. C'est un ver de terre tout dégoûtant !
-Mais je me sens tellement seul quand t'es pas là…
C'est vrai quoi il n'était toujours pas très proche des autres et quand Camus devait s'entraîner il se sentait seul et perdu. Devant la petite bouille toute tristounette de son ami, le détestant déjà de l'avoir pris par les sentiments, Camus tenta une autre approche.
-Et qu'est-ce que tu dirais si je t'offrais un vrai copain ? Tu laisserais cette chose immonde alors ?
-Tu ferais ça ?
-Bien sûr !
Le petit garçon lui sauta alors au cou, envoyant Boudin promener par la fenêtre, ayant déjà oublié ce ''nouvel ami'' qui lui ne lui faisait pas de cadeau comme son gentil Camus ! Gentil Camus qui le prit par les poignets pour l'éloigner de lui.
-Va te laver les mains, c'est dégoûtant.
Il soupira de soulagement en le voyant s'en aller sans broncher. C'était vraiment trop facile de faire céder Milo il suffisait qu'il lui fasse mille et une promesses pour qu'il oublie tout le reste. Maintenant, il allait devoir trouver un compagnon pas cher à lui offrir : il ne voulait pas que toutes ses économies y passent !
Milo le rejoignit quelques minutes plus tard et vint se glisser contre lui avant de se boudiner dans ses bras comme un chaton, ignorant ses protestations. Cette nuit-là, il rêva de son futur petit animal, mais il ne fit aucun cauchemar…
-Arrête de rire, Kanon !
Mais le second gémeau ne put s'empêcher de ricaner en voyant son frère qui grattait vigoureusement la peau rougie de son dos.
-Au lieu de pouffer comme un attardé, aide moi plutôt !
Mais Kanon était bien incapable de faire un geste : c'était si drôle de voir son frère dans cet état, lui qui était d'habitude si fier et si droit.
Saga pesta intérieurement : il se vengerait, il ferait passer à ces sales mômes l'envie de faire des blagues. Oh oui, sa vengeance serait terrible. Il détestait définitivement les enfants !
Voilàààà :) Un avis?
Merci à tous ceux qui prennent la peine de me lire et de me laisser une petite review :)
