Hey vous avez vu ça? Un chapitre tout fraîchement posté malgré mes exams...je suis fière de moi.

Mais je vous devais bien ça pour tous vos gentils commentaires qui me touchent beaucoup 3.

Xupz: Oui ça peut paraître un peu bizarre de voir la réaction de Saga mais je sais paaas, je le sens pas lui x). J'ai du mal à croire qu'avant de devenir gris il était si gentil que ça, à mon avis il devait bien cacher son jeu ^-^.

Bisous à vous tous!


-C'est bon Camus ? Je peux ouvrir les yeux dis ?

Depuis plusieurs minutes, Milo trépignait d'impatience : son copain l'avait tiré du lit pour lui ''montrer une chose importante'' mais une fois arrivé en haut des marches du onzième temple, il l'avait obligé à fermer les yeux. Encore à moitié endormi, le petit scorpion en avait assez d'attendre et était bien prêt à piquer un nouveau somme si Camus ne lui montrait pas cette chose importante dans les plus brefs délais.

-Oui c'est bon, tu peux regarder !

Milo soupira alors de soulagement en papillonnant des cils, il était temps ! Camus lui fourra une boîte en carton dans les mains sous son regard incrédule : qu'est-ce que c'était encore que ça ? Un cadeau ? Un vrai cadeau pour lui ? C'était trop génial !

-Fais attention, prévint tout de même le petit verseau comme il voyait déjà son copain secouer la boîte dans tous les sens. Il allait finir par effrayer la petite bête qui était à l'intérieur et très franchement, Camus ne tenait pas à lui courir après. Il détestait ces bestioles mais c'est son maître qui avait eu l'idée et sur le coup, l'apprenti verseau avait approuvé.

Milo grimpa alors sur une chaise et posa la petite boîte en carton sur la table. Il se frotta les mains d'anticipation : il sentait l'adrénaline monter en lui comme le museau d'un lapin frétille à l'odeur d'une carotte fraîche. Son copain lui avait fait un cadeau rien qu'à lui ! Il souleva le couvercle avec précaution et là, il arrêta net de se dandiner sur sa chaise. Ses grands yeux dorés se mirent à scintiller comme il sentait déjà les larmes au bord de ses paupières. Sans plus de cérémonie, il bondit sur Camus, manquant de les faire basculer en arrière. Pendu à son cou, il lui murmurait des dizaines de ''merci merci, c'est trop bien' ! T'es le meilleur copain du monde !''

-Il est trop beau, finit-il par murmurer en se détachant légèrement de son copain.

-Tu dois lui trouver un nom !

Milo se gratta alors la joue distraitement tout en se concentrant. Camus pouvait presque imaginer une fumée blanche lui sortir par tous les pores du crâne tant il était concentré et ça, c'était quelque chose de très rare pour le petit garçon qui réfléchissait habituellement peu. Quand le scorpion en titre se profila dans la pièce, Milo se mit à courir vers lui et se jeta dans ses jambes, manquant pour la deuxième fois en peu de temps de causer un roulé-boulé très peu cérémonieux.

-Maître Skorpios ! Camus il m'a offert un cadeau !

-Ah bon ? Fit semblant de s'étonner le scorpion qui avait été mis au courant bien avant par son ami Cristal.

-Oui ! C'est un animal juste pour moi ! Mais je dois lui trouver un nom, vous avez toujours plein d'idées, vous !

Skorpios s'accroupit devant son petit élève au regard maintenant brillant de fierté. Il avait tout intérêt à répondre aux attentes de son élève sinon il sentait déjà arriver la tempête.

-Eh bien, que dis-tu de Shaula ? Ou de Jabbah ? Tu sais, ce sont des étoiles qui forment la constellation du scorpion et…

Il ne termina pas sa phrase, voyant que son élève ne l'écoutait déjà plus. Visiblement, les petits noms qu'il lui avait dégoté et qui pourtant avaient tout leur sens dans le cas présent n'enchantaient pas Milo. Le petit garçon trouvait que ça faisait trop adulte des noms comme ça. Il s'imaginait déjà présenter son nouveau copain aux autres et leur dire qu'il s'appelait Shaula…pour sûr qu'ils se seraient tous moqué de lui ! Et puis de toute façon, quand il avait croisé le regard de son meilleur copain, il avait bien vu que ces noms ne lui plaisaient pas non plus alors ils étaient hors compétition ! Il voulait un nom qui plairait aussi à Camus parce que quand même, c'était lui qui l'avait choisi, c'était un peu comme leur nouveau bébé à eux. Enfin, Milo pouvait réaliser son rêve d'avoir un bébé avec Camus…il avait quand même dû attendre deux ans !

-J'ai trouvé, dit-il finalement d'un air gorgé de fierté Scorpii !

-Quoi ? Mais enfin Milo, ce n'est pas très recherché comme non.

-Mais je m'en fiche ! J'aime bien Scorpii et ça lui va bien, déclara le petit garçon.

-Et puis en plus, c'est aussi en rapport avec la constellation du scorpion, récita le petit Camus d'un air hautain, ravi de montrer à l'adulte qui le prenait encore pour un enfant qu'il était aussi intelligent que lui.

Un peu contrarié d'être rabaissé de la sorte par un petit garçon de six ans, Skorpios capitula. De toute façon, dès que les deux terreurs tombaient d'accord sur quelque chose, il était impossible de les faire changer d'avis et, quand bien même il trouverait une faille chez l'un d'eux, il était persuadé que l'autre ne mettrait pas longtemps à rappliquer pour le défendre avec virulence. Il préférait éviter ce genre de scénario. Milo voulait appeler la créature Scorpii ? Soit !

-D'accord, d'accord, appelle-le comme tu veux.

Il vit alors son élève sautiller d'un air joyeux tout en grimpant une nouvelle fois sur la chaise, probablement pour annoncer à son nouvel ami le nom qu'il lui avait trouvé.

-Tu vas t'appeler Scorpii, tu aimes ? Scorpi…i ?

Le petit garçon pâlit brusquement : où était son nouveau copain ? Oh non, il avait certainement dû d'enfuir pendant qu'il lui cherchait un nom ! Il éclata alors en sanglots sous les regards perplexes de son maître et de son meilleur copain, qui ne comprenaient visiblement pas pourquoi il se mettait dans cet état. Comment allait-il annoncer à Camus qu'il avait déjà perdu son cadeau ? Il était trop nul, Camus allait le détester ! Sans attendre, il revêtit alors son masque de puppy eyes qui l'avait déjà sauvé de plusieurs situations délicates et se jeta dans les bras de son ami.

-Pardon !

-Mais qu'est-ce qu'il y a, Milo ? Pourquoi tu pleures ?

-Scorpii s'est…enfui.

Camus le regarda d'abord avec de grands yeux ronds : non, Milo se fichait de lui n'est-ce pas ? Cette dangereuse créature n'était pas en liberté dans la pièce, ce n'était pas possible ! Son premier réflexe fut de baisser les yeux au sol, à la recherche de la moindre petite tâche foncée sur le pavé clair du temple mais il n'y avait rien. Quand il vit que Skorpios retournait la boîte en carton dans laquelle était Scorpii quelques minutes plus tôt, il dut bien se rendre à l'évidence : son copain avait déjà failli au poste de maître responsable qu'il devait occuper. Et maintenant, cette satanée bestiole pouvait être n'importe où !

-Il ne nous reste plus qu'à le retrouver…Si un autre chevalier croise sa route, je ne donne pas cher de sa peau.

Milo prit alors un air horrifié, imaginant déjà son copain réduit à l'état de brochette ou de boulette de viande et ça, c'était vraiment terrible ! Il devait le retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Il connaissait la cruauté des autres grands et le vilain Alphée aurait vite fait de transpercer son copain avec ses vieilles roses pour le regarder agoniser. Il devait absolument retrouver Scorpii !

-Viens Camus, dit-il en prenant son ami par la main d'un air déterminé, nous allons retrouver Scorpii !


-Cristal ! Cesse de rigoler bêtement de la sorte !

-Excuse-moi, répondit le chevalier en étouffant un nouveau rire derrière sa main.

Il essayait de se retenir pourtant mais il devait bien avouer que voir le grand et fier chevalier du scorpion à moitié coucher sur le sol pour chercher à tâtons l'animal que Milo avait perdu, c'était tout de même une posture très amusante.

-Au lieu de pouffer pour rien, tu ferais bien de nous aider.

-Je ne suis pas une serpillère.

-Parce que moi oui ?

Cristal ne répondit rien certain que sa réponse vexerait son ami. Non, lui avait décidé de chercher la bête du regard…et de loin. Après tout, c'était Milo qui l'avait perdu alors il ne voyait pas pourquoi il devrait se joindre aux recherches. Lui avait déjà investi pour le lui acheter, ayant un élève radin comme pas deux qui ne voulait pas casser son cochon sous prétexte qu'il avait besoin d'économies pour l'avenir. Ce n'était pas vraiment comme s'ils avaient besoin de beaucoup d'argent mais, pour éviter que son petit élève ne lui tire la tête pendant plusieurs jours, il avait céder et avait cassé son propre cochon.

-Ah je ne trouve pas cette fichue bestiole, quelle idée as-tu eu le jour où tu as décidé d'offrir ça à Milo ? Comme s'il était capable de le garder plus de deux minutes, lui qui parvient déjà presque à perdre les parties de mon armure une fois qu'elles passent entre ses mains !

-Ne te fâche pas, Camus était persuadé que ça lui ferait plaisir.

-Oh bien sûr que ça lui a fait plaisir, tellement que maintenant si on ne le retrouve pas il va tomber en dépression et se précipiter du haut des marches du sanctuaire !

-N'exagère rien.

Et après ça, Skorpios se demanderait d'où Milo tenait sa manie de toujours tourner chaque situation en drame absolu. Il avait pourtant un bon exemple ! Il vit son ami finir par se relever, toujours bredouille. Il n'avait pas retrouvé Scorpii.

-Il peut être n'importe où ! Il est même peut-être déjà tombé entre les mains d'Angelo et il l'a peut-être déjà décortiqué !

-Ne sois pas si pessimiste.

C'est vrai quoi, qu'est-ce que c'était que ces ondes négatives qui planaient autour de Skorpios ? Il devait certainement y avoir autre chose qui le chiffonnait pour qu'il soit ainsi. Cristal connaissait le scorpion comme quelqu'un de jovial et dynamique et non pas comme un être pessimiste et découragé.

-Quelque chose ne va pas ?

-Non non, commença le scorpion avant de finalement céder face au regard dur que lui envoyait son ami, c'est-à-dire que Milo va devoir passer des tests…

-Quel genre de tests ?

-Pour son cœur. J'ai remarqué depuis quelques temps qu'il était beaucoup trop vite essoufflé et il se plaint assez régulièrement de douleurs…J'ai peur d'apprendre une mauvaise nouvelle. Je l'aime tellement ce gosse.

Cristal franchit les quelques mètres qui le séparaient de son ami et posa une main sur son épaule, pour lui montrer qu'il était là et qu'il pouvait comprendre sa peur lui-même ne savait pas comme il réagirait si jamais Camus était malade. Malgré son sale caractère de phacochère et même si parfois il avait envie de le vendre au marché noir, Cristal était très attaché à son petit élève, comme chaque maître l'était avec le leur. Bien sûr, leur mission première était de les former au combat afin qu'ils deviennent l'élite protectrice de la déesse Athéna, mais ils ne pouvaient pas empêcher des liens forts de se créer entre eux. Ces petits étaient si mignons !

-Ne t'en fais pas, je suis certain que tout se passera bien.

-J'aimerais te croire.

-Alors fais-le.

Skorpios posa son regard sur lui et ne put s'empêcher de sourire. Cristal lui était vraiment d'un grand soutien il espérait vraiment que son élève pourrait trouver en Camus l'ami que lui avait trouvé en Cristal, car c'était certainement la plus belle chose qu'il lui été arrivée dans sa courte vie de croiser Cristal.

-Merci, pour tout.

-Et si on continuait à chercher Scorpii ? Je ne pense pas que les enfants seraient ravis de savoir qu'on s'est tourné les pouces.

-Parle pour toi !

Cristal lui tira la langue tout en lui donnant une légère tape derrière le crâne. Skorpios était vraiment un sale gosse, lui aussi !


-Peut-être que le gros Aldébaran l'a écrasé, ou peut-être qu'il s'est cassé une patte et qu'il souffre ! Ou peut-être que Saga l'a découpé en rondelles pour faire un apéritif ! Ou bien alors Shaka l'a envoyé rejoindre bouddha ! Ou alors Mu l'a mangé ! Ou peut-être même qu'Angelo l'a épinglé au mur ! Ou bien alors…

-Stop ! Arrête de parler ! Si jamais il t'entend, tu m'étonnes qu'il reste caché ! Ce sanctuaire n'est tout de même pas un abattoir alors tais-toi.

Camus ne semblait pas mesurer l'ampleur de la situation : Scorpii était tout seul dans la nature et parmi les fous furieux autres enfants ! C'était un drame, c'était donc normal qu'il imagine le pire. Son pauvre Scorpii devait être terrifié, il devait avoir froid et mourir de faim. Oh déesse, il espérait qu'il n'avait pas été grignoter les roses empoisonnées d'Alphée ! Qu'est-ce que c'était que cette idée sadique de laisser de telles armes de guerre à la portée de tous ? Il devait sauvait Scorpii avant qu'il ne se suicide !

-Bon Milo, tu m'aides ou tu continues à rêvasser ?

-Camus, nous devons le trouver et vite, il risque le pire.

Le petit garçon leva les yeux au ciel avant de le suivre avec résignation : il avait beau dire à Milo que Scorpii ne risquait rien, qu'il parviendrait très bien à s'en sortir mais non, son copain refusait de le croire. Il pensait que la fin était proche et que jamais – oh non jamais- ils ne retrouveraient son animal de compagnie en un seul morceau. Milo était si pénible parfois.

-Scorpii ? Scorpii réponds-moi !

-Il ne parle pas, Milo !

Le petit garçon lui lança un regard désespéré : Camus aurait au moins pu lui apprendre le grec avait de le lui offrir !

-Il est muet ?

Camus se tapa une main sur le front : devait-il vraiment tout lui expliquer ? Quand même, Milo avait six ans maintenant, il n'était plus le petit bébé inculte de sa jeunesse, il devait avoir un minimum de savoir mais visiblement, Skorpios avait zappé cette étape dans son éducation. Pas de chance pour lui ! C'était tout de même affolant de voir à quel point les autres maîtres pouvaient être laxistes sur la culture : Camus lui avait un maître complet qui ne négligeait rien, il avait bien de la chance !

-Oui, et il est sourd aussi, répondit-il pour avoir la paix et pour éviter que Milo continue à beugler dans toutes les langues possibles et imaginables. Et puis ce n'était pas un petit mensonge de rien du tout qui pouvait lui faire du mal, n'est-ce pas ?

Le petit garçon le dévisagea alors, un air blasé collé au visage : son pauvre petit animal ! Seul dans cette vaste et dangereuse nature, sourd et muet ! Le pauvre, si jamais il était tombé dans un piège destructeur, il ne pouvait même pas appeler à l'aide ! Mais une question le tourmentait : comment allaient-ils communiquer ensemble, alors ?

-Camus, demanda-t-il innocemment ?

-Quoi encore ?

-Est-ce que je vais devoir apprendre…la langue des signes ?

Camus n'en crut pas ses oreilles : est-ce que son meilleur copain était stupide à ce point-là ? Se serait-il vraiment trompé sur son compte ? Non, il ne pouvait pas croire une telle chose, Milo devait lui faire une blague, voilà tout. Pourtant, quand son copain appuya sa question d'un ''hein dis ?'', Camus dut se rendre à l'évidence : Milo ne blaguait pas. Il devrait vraiment lui donner des leçons de culture générale, une fois qu'ils auraient retrouvé Scorpii il était hors de question qu'il continue à fréquenter un petit garçon aussi peu instruit !

-Laisse tomber, Milo.

-Mais attends ! Tu m'apprendras pas vrai ? Camus ! Camuuuus !

Le scorpion miniature était réellement vexé que son copain ne lui réponde pas : c'était une question existentielle tout de même, il voulait pouvoir parler avec Scorpii, lui !

-Camus reviens ici, crotte !

-Je te jure que si tu hurle encore comme ça je ne te parle plus !

-On ne jure pas, Camus !

Le petit verseau freina le pas lorsqu'il reconnut la voix de son maître, laissant Milo lui rentrer dedans. Il se retourna alors vers les deux adultes, dont son maître Cristal qui le regardait sévèrement : il avait toujours appris au petit garçon qu'il était que c'était mal de jurer mais dans cette situation, son cerveau saturé de petit garçon n'avait pas pris le temps de réfléchir.

-Désolé, maître.

-Alors tu l'as retrouvé mon copain, dis ? Demanda Milo en venant se pendre à la main de son maître Skorpios, une vive lueur d'espoir pétillant au fond de ses prunelles dorées. Mais quand il vit le regard navré de son maître se poser sur lui, cette lueur d'espoir se transforma vite en grosses larmes de crocodile.

-Ne pleure pas mon bonhomme, on va le retrouver.

-Non, il est mort !

-Mais non, ne dis pas de bêtise.

-Je le sais d'abord, même que Camus il a dit qu'il était sourd et…

Milo s'arrêta net au milieu de sa phrase : quelques temples plus haut, un cri franchement pas masculin venait de retentir, lui vrillant ses fragiles petits tympans et ceux des deux adultes et de son copain aussi, par la même occasion. Ça ne pouvait venir que d'un seul endroit : le temple des poissons ! Ni une ni deux, le petit garçon emmena les trois autres dans sa course folle : il était certain que Scorpii était là-bas !


-Ecrase-moi cette horreur, plus vite !

Quand les deux enfants et leurs maîtres respectifs étaient arrivés au douzième temple, ils eurent la drôle de surprise d'y trouver Alphée et Aphrodite, tous deux perchés sur une chaise pendant que le cancer, armé d'une redoutable tapette à mouche, tentait d'écraser une bestiole noire.

-Scorpii !

Le petit poisson, accroché aux jambes de son maître, regarda son petit camarade comme si c'était un extraterrestre tout droit sorti d'une autre dimension. Est-ce qu'il avait réellement donné un nom à cette horrible créature dangereuse et mortelle ? Décidément, il avait raison de ne pas l'approcher de trop près.

-Mais écrase-la, qu'est-ce que tu attends ?

-Non !

Alors que le cancer s'apprêtait à réduire le nouvel animal de compagnie de Milo en bouille, celui-ci s'interposa, manquant de se faire aplatir le visage par l'instrument de torture destiné à son nouveau copain. Il était hors de question que qui que ce soit touche à Scorpii : non seulement parce qu'il tenait déjà beaucoup à lui mais en plus parce que c'était un cadeau de Camus.

-Mais bouge-toi de là, microbe.

-Non, vous ne pouvez pas faire de mal à Scorpii ! Il est gentil vous lui faites peur !

-Mais bien sûr, allez vire sinon c'est toi qui va te faire refaire le portrait petit.

Mais Milo ne bougeait pas, paniqué à l'idée que le vilain grand cancer, réputé pour sa violence, ne fasse du mal à son nouveau copain. Et puis d'ailleurs, son maître et le maître Cristal commençaient déjà à s'interposer pour calmer l'autre grand alors, il ne risquait rien ! Planté sur ses deux pieds, il regardait avec dédain le petit poisson et se dit que vraiment, c'était une chochotte. A cause de lui, Scorpii avait bien failli être réduit à l'état de chair à écrevisse ça aurait été trop horrible !

-Milo !

Le petit garçon tourna alors la tête vers son meilleur ami, qui le tirait par la manche de son sweat.

-T'as vu ça Camus, j'ai même pas peur !

-Milo, Scorpii est parti !

-QUOI ?

Le petit français pointa alors du doigt le sinistre animal qui se faufilait sournoisement vers la sortie, profitant de ce moment d'inattention pour retrouver sa liberté.

-Scorpii, reviens ici !

Il se lança alors à sa poursuite, Camus sur les talons, sous les regards amplis d'incompréhension de leurs maîtres.


-Et maintenant on l'a encore perdu ! C'est trop nul !

Milo s'assit par terre, sur le carrelage froid du sanctuaire du grand pope. Ils avaient fouillé partout, avec Camus ils avaient arpenté chaque centimètre carré de cette grande salle, regardé derrières les lourds rideaux de velours et soulevé la grosse carpette tissée et toute moche. Mais rien aucune trace de Scorpii ! Et le petit garçon se sentait de plus en plus démoralisé, bien que soutenu par son ami Camus, qui n'aimait pas trop voir son copain dans cet état à cause de lui : il avait pensé lui faire plaisir avec son cadeau mais finalement, ça ne lui avait apporté que des ennuis.

-C'est pas grave Milo, dit-il en s'asseyant à ses côtés, je t'en offrirai un autre !

-Oui mais c'était celui-là que je voulais, il était trop beau.

-Je t'en offrirai un encore plus beau.

…Enfin, son maître Cristal lui en payerait un d'encore plus beau.

Le petit grec regarda alors son copain, qui ne semblait pas triste du tout de la disparition de Scorpii. Mais après tout, ce n'était qu'un animal sans importance et pour le jeune Camus, il n'y avait pas d'affection possible entre les humains et les animaux. Après tout, il avait déjà bien assez de soucis avec cette sangsue de Milo qui le suivait partout pour s'encombrer en plus de son animal de compagnie !

-C'est vrai ?

-Mais oui.

-Promis ?

-Promis !

Milo se jeta alors dans les bras de son copain pour frotter son nez contre ses cheveux, ce qu'il faisait toujours quand il était vraiment content.

-T'es vraiment le meilleur des copains !

Camus ne répondit rien mais son cœur de petit garçon était à présent gorgé de fierté : bien sûr qu'il était le meilleur des copains : Milo en doutait-il encore ? Tout de même, il ne connaissait pas beaucoup de ses petits camarades qui auraient perdu une journée de leur vie pour chercher un cadeau qui venait d'eux et que le destinataire avait déjà perdu ! Ce que Milo pouvait être maladroit quelques fois !

-Les enfants, vous cherchez quelque chose ?

Les deux amis sursautèrent à la vue de Shion qui s'approchait d'eux, une main cachée derrière le dos. Milo se contenta de le regarder du coin de l'œil, le nez toujours fourré dans la chevelure de son copain. Copain qui d'ailleurs se recula brutalement de lui, laissant une jolie teinte rouge empourprer ses petites joues rondes le petit grec le dévisagea d'un drôle d'air avant de rapporter toute son attention sur le grand pope, qui lui semblait bien curieux.

-Qu'est-ce que vous cachez derrière votre dos, grand Shion ? Je peux voir ?

-Bien sûr, à toi de trouver la bonne main.

Milo prit un air très sérieux, faisant semblant de réfléchir pendant que son copain Camus se faufilait derrière le grand pope pour voir dans quelle main il cachait la surprise. Il fit alors un signe à Milo, pour qu'il comprenne ce qu'il devait répondre.

-La gauche, clama fièrement le petit garçon après avoir compris les signes de son ami.

-Raté, ricana Shion en ouvrant le poing devant Milo, pour qu'il croie à sa ruse.

-Camus !

-Vous avez triché !

Oh oui, Camus en était certain ! Il avait bien vu le grand pope changer de main au dernier moment et ça, ce n'était pas du tout fairplay ! S'il pensait pouvoir se jouer d'eux de la sorte parce qu'ils n'étaient encore que des enfants, il se trompait ! Le petit verseau avait l'œil affûté et il ne comptait pas se laisser avoir par le vieux monsieur, même si c'était le grand pope ! C'était très mal de tricher comme ça il allait leur montrer le mauvais exemple et même si lui était certain de rester dans le droit chemin, il n'était pas certain que son copain Milo en ferait de même. Il était bien capable de ne pas comprendre que c'était mal et refaire la même chose.

-Vous avez triché, avouez-le !

-Calme-toi Camus, ce n'est qu'un jeu.

-Non, c'est mal !

Le grand pope fixa l'enfant qui commençait déjà à bouder. Ce qu'il pouvait avoir mauvais caractère ce petit-là ! Il n'en avait pas l'air pourtant mais il avait un véritable caractère de cochon. Il avait parfois du mal à croire Cristal quand il le lui disait mais il voyait aujourd'hui qu'il n'avait pas tort.

-D'accord, dit-il, j'ai triché. Tu me pardonnes si je vous montre ce que j'ai trouvé ?

Camus n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que déjà, Milo lui tombait dessus, le suppliant presque du regard.

-Oh s'il te plaît Camus, dis oui !

Il en avait assez que son copain use de ses yeux larmoyants pour le faire céder. Ça non plus, ce n'était pas très fairplay décidément, le petit verseau était bien le seul à avoir encore un peu d'honneur à conserver. Visiblement tout ce petit monde autour de lui était déjà corrompu il allait devoir trouver une tactique pour tenir tête face aux ruses de Milo…Mais plus tard maintenant lui aussi voulait savoir ce que le grand pope avait trouvé !

-Bon d'accord !

Shion avança alors sa main avant de l'ouvrir doucement, amusé par les regards fascinés que les deux enfants portaient sur lui, comme s'il était en possession d'un trésor inestimable.

-Scorpii !

Milo n'en croyait pas ses yeux d'enfants : le grand Shion avait retrouvé son copain ! Il était vraiment trop génial, comment est-ce qu'il avait fait ça ? Evidemment, le grand pope ne leur avouerait jamais avoir manqué de succomber d'une attaque cardiaque lorsqu'il avait senti de petites pattes fines lui grimper sur les orteils. Après avoir retrouvé ses esprits, il avait alors trouvé cette horrible bestiole. Il avait d'abord voulu l'écraser mais quand il avait entendu les deux enfants parler un peu loin, il avait compris qu'il avait devant lui la créature qu'ils recherchaient.

-Vous êtes super méga génial !

Milo ôta alors son nouvel animal de compagnie des mains du grand pope et se mit à lui parler.

-Scorpii, je sais que tu es sourd mais tout de même, on va devoir avoir une sérieuse conversation toi et moi ! Ce n'est pas prudent de partir comme ça sans prévenir, tu aurais pu te faire tuer, est-ce que tu le réalises, ça ?

Pendu par la queue, Scorpii se contenta de claquer des pinces, pensant être victime d'un dangereux prédateur. Shion, lui, regardait le scorpion miniature parler à un scorpion encore bien plus petit que lui. Il haussa les sourcils, mais lorsque son regard croisa celui de Camus, qui haussa les épaules avant de suivre son copain qui, tout en continuant son monologue, rejoignait la sortie, il comprit qu'il ne devait pas se faire de soucis. Milo était certes très naïf mais Camus veillait au grain et semblait bien déterminé à lui donner une petite leçon de biologie une fois que tout serait rentré dans l'ordre.

Ah vraiment, l'insouciance de l'enfance faisait plaisir à voir.


-Tu m'expliques maintenant ?

-Tu vas voir !

Assis sur un petit muret, Camus attendait que Milo termine sa nouvelle invention. Les mains calées sous ses cuisses, balançant ses petites jambes d'avant en arrière, le verseau miniature profitait de ce petit moment de calme. Un Milo concentré signifiait bien souvent un Milo muet : il ne disait rien, bien trop plongé dans sa nouvelle idée. Camus jeta un coup d'œil sur sa gauche : enfermé dans le bocal à poisson que le mini scorpion avait déniché, Scorpii tentait vainement d'en escalader les bords, mais il retombait toujours dans le fond, victime des côtés arrondis. Quand Camus avait demandé à son copain ce qu'il comptait faire avec le bocal, il lui avait juste répondu qu'il avait une idée géniale mais qu'avant, il devait s'assurer que Scorpii ne s'enfuirait pas et, comme Camus refusait de toucher cette horreur, il n'avait pas eu d'autre solution que de l'enfermer.

-Alors c'est bon maintenant ?

-TADAAAAAAM, cria le petit grec en exhibant fièrement sa nouvelle invention.

-C'est quoi ?

-Camus t'es bête ou quoi ? Ça se voit non ?

Eh bien non, à vrai dire, Camus ne savait pas trop à quoi était censé ressembler ce bout de corde rafistolé et grossièrement noué. Alors évidemment, ça énervait beaucoup Milo qui lui voyait clairement ce à quoi ressemblait son chef d'œuvre.

-Vraiment Camus, t'es nul parfois : tu vois bien que c'est une laisse quand même !

-Arrête de dire que je suis nul, c'est toi qui es nul : c'est un scorpion, pas un chien !

-Et alors ? Si moi j'ai envie de le promener à la laisse, je fais ce que je veux d'abord !

-Oui, mais c'est trop bête.

-De toute façon je m'en fiche, moi j'aime bien !

Milo ne tint pas compte de Camus quand celui-ci sauta de son petit muret pour rentrer à l'intérieur : Milo voulait jouer au plus malin ? Eh bien parfait, lui préférait aller voir Mu ou ses autres camarades eux au moins ils avaient des idées intelligentes, pas comme Milo. Et le petit grec lui pensait que Camus était bien bête s'il ne pouvait pas comprendre à quel point cette nouvelle découverte lui serait d'une grand aide.

-Viens Scorpii, dit-il en attrapant la bestiole par la queue, on va faire une promenade ! Camus il est trop nul.

C'était vrai quoi, Camus était jaloux de lui parce qu'il avait de bonnes idées mais ce n'était tout de même pas sa faute s'il était intelligent. Après tout, personne n'avait encore pensé à inventer une laisse pour scorpion et lui, avec son petit cerveau d'enfant de six ans, il avait trouvé l'astuce ! Il en était si fier ! Mais, quand il voulut enfiler la laisse à Scorpii, celle-ci était bien trop grande. Si grande que son nouveau copain aurait facilement pu s'enfuir. Le petit garçon fit alors la moue : Camus avait raison en fin de compte, ce n'était pas une très bonne idée…Et maintenant il se retrouvait tout seul avec Scorpii, sans son meilleur ami et ça ce n'était pas cool du tout !

-Bon Scorpii, on va bien trouver quelque chose à faire toi et moi, viens !

Il remit son animal de compagnie dans le bocal et partit à l'aventure avec lui : sur la plage, il allait lui apprendre à nager. C'était très important !


-Tu restes là et tu me regardes, d'accord ? Après tu feras la même chose !

Avec pour seul habit son maillot de bain Nemo, armé d'une bouée et de brassards, Milo trempa un orteil dans l'eau : elle n'était pas trop froide, c'était parfait pour un premier jour d'apprentissage ! Il regarda derrière lui pour voir Scorpii, qu'il avait laissé sur le sable un peu plus loin. Il inspira profondément avant de se jeter à l'eau : c'était très amusant de sentir les vagues lui rouler sous le ventre, ça chatouillait, Scorpii adorerait ça il en était certain. Il pataugea quelques minutes, battant des pieds pour avancer un peu plus loin et, une fois qu'il fut satisfait de ses prouesses techniques, il décida d'apprendre à Scorpii. Il ferait un parfait maître-nageur !

-Scorpii, je viens te chercher, d'accord ?

Mais le petit garçon se mit à paniquer quand il vit que le bocal avait disparu : où était son copain, maintenant ? Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu s'enfuir ! Il regarda tout autour de lui, de plus en plus inquiet. Il vit un objet non identifié flotter au loin et, sans chercher à comprendre, il se lança à sa poursuite. Si jamais c'était Scorpii, il ne pouvait tout de même pas le laisser se noyer ! Oui mais voilà, il n'avait pas calculé la gravité de la situation, si bien qu'il se retrouva rapidement là où il n'avait plus pied et, quand un de ses brassards se retira de son bras, il ne parvint pas à se maintenir hors de l'eau et bascula rapidement vers l'avant.

Il commença d'abord par se débattre pour refaire surface mais la panique l'empêchait de coordonner ses mouvements. Et puis il pensait à Scorpii, qui risquait sa vie à tout moment. Mais malgré sa détermination à sauver son nouveau copain, il but la tasse. Et quand bien même il arrivait parfois à maintenir la tête hors de l'eau, ça ne durait jamais assez longtemps pour lui permettre de reprendre son souffle. Il allait définitivement se noyer et ça, sans même s'être réconcilié avec son meilleur copain : c'était trop horrible ! Il avait l'impression que ses poumons se remplissaient d'eau au fil de seconde : c'était vraiment une horrible sensation et une horrible mort qui se profilait pour lui.

Alors qu'il pensait être définitivement perdu, il sentit deux grands bras venir l'enserrer pour le sortir de l'eau et le ramener sur la plage. Une fois que ses pieds touchèrent le sable mouillé, il se mit à tousser et cracher de l'eau abondamment.

-Milo ? Milo est-ce que ça va ?

Il sentit que quelqu'un tapait dans son dos et, peu à peu, le visage du grand Cristal se dessina devant lui comme il entendait la voix de son maître résonner dans ses oreilles. Il reprit doucement ses esprits, sous les regards paniqués des autres.

-Milooooo !

Il avait à peine reprit conscience qu'une boule de canon lui sauta dans les bras avant de le serrer contre lui : Camus. Alors comme ça son copain n'était plus fâché contre lui ? Il ne perdit pas une minute avant de se blottir contre lui, heureux de le revoir. Il avait bien pensé que jamais plus il ne le reverrait alors maintenant qu'il était dans ses bras, il en profitait au maximum.

-Comment tu vas ?

-Ça va, murmura-t-il contre son cou, j'ai eu peur.

-Moi aussi.

C'est vrai quoi, il avait senti que le cosmos de Milo lui hurlait de venir l'aider mais il n'avait pas pu le localiser directement. Il avait eu besoin de plusieurs secondes avant de comprendre qu'il était sur la plage et, aussitôt, il avait prévenu son maître, qui avait lui-même été chercher Skorpios avant de finalement voler à la rescousse de son copain.

-Qu'est-ce qui t'a pris de nager aussi loin, Milo ? Tu as été inconscient !

Ça, c'était son maître Skorpios. Evidemment qu'il devait être en colère contre lui, il lui avait désobéi en allant nager là où il n'avait plus pieds. Ce qu'il ignorait, c'est que son maître avait surtout eu très peur quand Cristal avait débarqué au huitième temple, paniqué, pour lui dire que Milo était en danger. Peur qui avait redoublé quand il avait vu son élève se débattre dans l'eau pour survivre. Si Camus n'avait pas été là, s'il n'avait pas perçu son aura qui lui hurlait de venir le sauver, Milo se serait probablement noyé.

-Scorpii il s'est noyé, pleurnicha le petit grec, toujours enfoui dans les bras de son meilleur copain. Il est mort.

-Par Athéna, Milo, tu as risqué ta vie pour un…pour un animal ?

-C'est mon copain ! Répliqua-t-il, et c'est un cadeau de Camus !

Le petit français commença alors à culpabiliser : vraiment ce scorpion ne lui aura attiré que des ennuis ! Il s'en serait voulu toute sa vie si jamais son meilleur copain était mort, surtout qu'il l'avait abandonné quelques minutes avant le drame pour aller jouer avec Mu et les autres. En fait, ils étaient tous très nuls et maintenant il resterait toujours avec Milo, il était mieux !

-Pardon, murmura alors son copain en plantant son regard terriblement désolé dans le sien. Je veux pas que Scorpii il meurt, je suis désolé.

-C'est rien Milo, l'important c'est que tu sois en vie et…

Camus ne termina pas sa phrase : là-bas dans les dunes, il avait entendu un petit rire. Depuis quand est-ce que des dunes de sables rigolaient ? Il ne voyait que deux solutions : soit il devenait fou, soit quelqu'un se cachait là et, comme il ne soupçonnait pas sa santé mentale de lui jouer des tours, il opta pour la seconde solution. Sa pensée se confirma lorsque son maître Cristal et le maître de Milo partirent tous les deux voir ce qu'il se passait. Ils revinrent à peine quelques secondes plus tard, tenant chacun un petit chevalier à bout de bras. Aphrodite et Angelo, le joyeux duo et, entre les mains de l'apprenti cancer, le bocal dans lequel se trouvait Scorpii !

-Scorpii !

-Alors, vous avez des explications à donner, je suppose, claqua la voix froide et sans appel de Cristal.

Les deux enfants tentèrent d'abord de filer en douce, mais c'était sans compter sur Skorpios, qui les retint par le col de leur sweat.

-On voulait juste faire une blague, se défendit le jeune italien, ne comprenant visiblement pas pourquoi les deux grands semblaient si en colère : tout s'était pourtant bien fini.

-Oui, on trouvait ça marrant, renchérit Aphrodite, on pensait pas que Milo allait nager aussi loin !

Décidément, ces petits monstres étaient impossibles, pensa Cristal. Ils ne mesuraient pas à quel point ce qu'ils avaient fait était dangereux : un peu plus et Milo serait mort mais ça, ils ne semblaient pas le comprendre. Milo, lui, avait enfin retrouvé son copain et ça, ça le rassurait beaucoup : Camus ne lui en voudrait pas. Maintenant il devrait y faire plus attention, sous peine de quoi un drame finirait vraiment par arriver. Il vit son maître prendre les deux autres enfants sous ses bras et, un énorme sourire revenu sur ses lèvres, la main de Camus calée dans la sienne et le bocal de Scorpii sous le bras, il suivit les deux adultes qui se dirigeaient visiblement vers le palais du grand pope pour réclamer une punition à la hauteur de leurs actes.


-Camus ?

-Quoi, Milo ?

-T'es sûr qu'il ne risque rien là-dedans ?

-Mais non Milo, c'est exprès pour lui.

Tout de même, le petit garçon n'était pas très rassuré de le voir dans ce grand aquarium avec plein de pierres partout : il aurait pu se blesser !

-Et ça, ça va pas le tuer ?

-Mais non, c'est sa nourriture.

Après être revenus au sanctuaire et pour éviter au petit poisson et au petit cancer de recevoir une sévère correction de la part du grand pope, Cristal et Skorpios avaient réclamé une petite somme rondelle d'argent afin de contribuer à l'aménagement d'un petit coin pour Scorpii. De cette façon, peut-être que Milo arrêterait de le prendre pour un bébé et ne se promènerait plus partout avec lui. Le petit garçon donnerait cher pour revoir la tête des deux grands quand son maître Skorpios leur avait glissé la note sous le nez…disons que le petit garçon n'avait pas hésité à choisir le meilleur pour son copain et donc, la note était plutôt salée mais après tout, il avait bien failli y laisser la vie alors, il pouvait bien se le permettre !

Mais enfin, Milo n'aimait pas vraiment cette idée d'enfermer Scorpii dans une caisse en verre : après tout c'était leur bébé, à Camus et lui, ils devaient donc l'élever comme leur enfant et à ce qu'il sache, on enfermait pas les enfants dans une boîte ! Ou tout de moins, il n'avait pas le souvenir d'y avoir déjà été enfermé, lui.

-Camus, il ne va tout de même pas dormir tout seul…

-Ne t'en fais pas pour lui.

-Mais on est des parents indignes !

Et voilà que son meilleur ami repartait dans son délire parental. Comment pourrait-il bien faire comprendre à la tête brûlée qu'était son ami que non, Scorpii n'était pas un bébé. Il chercherait une idée pour le lendemain mais maintenant il était bien trop fatigué pour réfléchir, si bien qu'il eut vite fait de se glisser dans son lit, vite rejoins par Milo qui ne le quittait plus depuis le jour où il avait partagé sa couchette.

-Dis, Camus ?

-Quoi ?

-Tu m'apprendras la langue des signes quand même ? Je voudrais expliquer à Scorpii qu'on l'aime quand même mais que c'est mieux pour lui de dormir loin de nous.

Déesse ce que son ami pouvait être naïf parfois ! Il bredouilla un rapide ''mais oui, un autre jour'' et fut satisfait lorsque son ami se colla contre lui sans réclamer plus d'explications. Il avait besoin de repos après cette journée riche en émotion. Tout de même, en quelques heures seulement il avait arpenté le sanctuaire à la recherche de Scorpii, s'était disputé avec Milo et l'avait sauvé de la noyade : c'était une série d'expéditions très fatigantes pour un jeune enfant de son âge ! Jetant un dernier coup d'œil à la bête à pince qui trônait maintenant sur son bureau, sous prétexte que Milo voulait l'emmener partout, Camus finit par trouver le sommeil, tout de même rassuré de pouvoir encore serrer son meilleur ami dans ses bras…


-Mais maître, c'était juste une blague !

-Je n'en ai rien à faire, Aphrodite, à partir d'aujourd'hui tu ne recevras plus d'argent de poche, tu sais combien m'a coûté votre blague ?

Oui parce qu'Alphée ne digérait toujours pas d'avoir dû débourser une telle somme à cause de son élève et tout ça pour un sale gosse hyperactif qu'il ne supportait pas et à cause duquel il avait plus d'une fois failli commettre un meurtre. Si seulement Aphrodite pouvait se tenir correctement une journée, sans toujours suivre le petit italien dans toutes ses bêtises, cela ferait un bien fou au poisson ! Il ne pouvait plus supporter toutes ces histoires d'enfants alors si en plus cela empiétait sur ses économies, il n'était plus certain d'être en mesure de calmer ses pulsions meurtrières.

De son côté, le petit poisson aussi avait bien envie de descendre quelques temples pour aller étrangler son camarade : comment allait-il survivre sans son argent de poche ? Qui lui payerait des sucreries ? Et qui assurerait ses soins quotidiens ? Sans son argent de poche, il ne survivrait pas très longtemps ! Il allait devoir négocier avec son ami Angelo pour qu'il partage ses biscuits avec lui et, pour son soin du visage…Il arriverait bien à en piquer un dans les vestiaires des femmes !

Maudit Milo, maudit scorpion, à cause d'eux il était puni. Il se vengerait, oh oui !


Voili voilou :)

J'espère que vous aimerez et...à la semaine prochaine :)