Voilààà le chapitre qui relate l'histoire de nos petits amis à 7ans. Ce chapitre sera en 2 parties, parce que je voulais vous parler de la suite des examens que devra subir Milo et je ne peux pas attendre qu'ils aient 8ans pour ça. Parce que oui, souvenez-vous,je vous avais bien dit que Milo aurait la maladie de Kardia...
Alors voilà,j'espère que vous aimerez =)
Bisous bisous!
-Milo, ne m'oblige pas à t'y emmener moi-même !
-Mais je veux pas y aller.
-Tu n'es plus un bébé, sors de là maintenant.
Planqué derrière la plante verte qui ornait la salle d'attente, seulement vêtu de son caleçon à rayures, Milo refusait catégoriquement de rejoindre son maître pour aller à la visite médicale. Le vilain docteur allait lui faire une piqûre, c'est Aiolia qui lui avait dit. Et puis il était en pleine forme, il le savait. Il n'avait pas besoin de passer entre des mains gantées pour le savoir. Il n'irait pas dans la salle d'auscultation, point.
-Milo du scorpion, si tu tiens à la vie, dépêche de sortir de là.
-Non !
-Milo, je ne le répèterai pas.
-Non, j'irai pas !
Déesse, son élève s'était vu attribuer la mauvaise armure : il aurait bien mieux convenu pour devenir le chevalier du phacochère, ou celui du porc, avec son caractère de cochon à toute épreuve. Mais Skorpios n'était pas certain que ces armures existaient. Eh bien si ce n'était pas le cas, il faudrait les inventer ! Milo serait un représentant parfait.
-Reviens ici tout de suite, si tu crois que je ne t'ai pas vu filer en douce tu te trompes !
Zut. Milo avait presque atteint la sortie pourtant, pourquoi son maître n'était pas resté plongé dans ses pensées un peu plus longtemps ? Au moins il aurait pu échapper à cette douloureuse épreuve. C'est vrai, il allait devenir un chevalier d'Athéna et son comportement était donc totalement stupide mais, en tant que chevalier du scorpion, c'est lui qui infligerait les piqûres, pas l'inverse ! Qui avait instauré cette stupide règle de la visite médicale ? Milo y avait eu droit juste avant son arrivée au sanctuaire mais il était alors trop petit pour se rendre compte de ce qu'il subissait. Et puis le docteur avait juste regardé ses oreilles et sa gorge, il ne lui avait pas planté d'aiguille dans son petit bras !
-Milo, je vais vraiment me fâcher !
-Vous êtes déjà fâché de toute façon !
Qu'allait-il bien pouvoir faire de cette mauvaise graine qu'était son élève ? Il était déjà en retard de plus d'un an pour son vaccin, tout ça parce que l'ancien médecin du sanctuaire était un être incompétent et désordonné, qui avait oublié les rappels. Alors le grand pope s'était dit que ce n'était pas plus mal, que ce serait peut-être plus simple pour expliquer aux enfants ce qu'ils allaient subir quand ils auraient sept ans mais visiblement, pour Milo, l'âge n'y changeait rien ! Et puis qu'est-ce que c'était que cette idée qu'avait eu Shion ? Lui se souvenait très bien avoir reçu son vaccin à six ans, et sans que personne ne l'en informe. Six ans ou sept ans, qu'est-ce que ça changeait au fond ?
-Cesse donc tes enfantillages, tu te donnes en spectacle.
-Non, je veux pas de vaccin pour le thanatos.
-Le tétanos, Milo, souligna Skorpios, dépité par la si petite mémoire de son élève.
-C'est pareil, ça fait mal quand même.
-Qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne l'as pas encore fait !
-C'est Aiolia qui me l'a dit !
Pourquoi diable n'avait-il pas pensé à glisser un somnifère dans son chocolat du matin ? Au moins, peut-être que Milo se serait tenu tranquille, au lieu de courir partout et de hurler qu'il ne voulait pas rentrer dans le cabinet du docteur. Et pourtant, Milo avait déjà reçu ce vaccin quand il n'était encore qu'un bébé mais il ne s'en souvenait pas. Au moins, cet asticot avait certainement été plus facile quand il était plus jeune. Au pire, il avait dû beaucoup pleurer mais il n'avait certainement pas fait une scène comme celle-là !
-Milo je…
-Camuuuus !
Le petit garçon quitta finalement la cachette improvisée qu'il avait trouvée sous la table lorsqu'il vit son meilleur ami sortir du cabinet. Il se jeta presque aussitôt sur lui, pour l'examiner sous tous les angles. Ça va, son ami était entier : il n'avait pas perdu son bras dans la bataille, il avait donc échappé au pire !
-T'as mal ?
-Non, et regarde ce qu'il m'a donné le docteur.
Camus brandit alors fièrement entre son index et son pouce un petit bonbon acidulé. Il avait d'abord voulu l'engloutir dès son vaccin terminé, pour se féliciter lui-même de son courage, mais son maître lui avait tapé sur les doigts tout en l'informant de son petit plan machiavélique : il voulait que Camus conserve sa friandise jusqu'à sa sortie du cabinet et ainsi, peut-être réussirait-il à appâter le ventre sur pattes qu'était Milo. Camus avait d'abord trouvé cela très incorrect mais finalement, il avait pensé que c'était peut-être une bonne idée, après tout Milo devait passer par là s'il ne voulait pas être malade plus tard.
-Tu dois y aller aussi, Milo, comme ça tu auras un bonbon !
-Mais je veux pas avoir le thanatos.
-Tétanos, hurla presque le scorpion confirmé.
Cristal rigola doucement comme son ami semblait prêt à commettre un meurtre. Milo lui ferait avoir des cheveux blancs avant l'âge cet enfant était terrible. Il n'y avait que Camus qui parvenait à canaliser l'énergie débordante de son ami grec.
-C'est rien. Il est gentil en plus. Si tu n'y vas pas tu pourras pas venir jouer avec moi après l'entraînement, alors dépêche-toi.
-Oui mais…
-Sinon j'irai jouer avec Mu et Shaka, ce n'est pas un problème.
-Q-Quoi ?
Non mais, Camus allait-il vraiment l'abandonner de la sorte, tout ça parce qu'il ne voulait pas se faire vacciner ? Il pensait que c'était son meilleur copain, qu'il le soutiendrait pour empêcher son maître Skorpios de l'envoyer se faire piquer mais non, Camus était du côté des grands, il perdait son dernier allié.
-Mais pourquoi ?
-Parce que eux au moins, ils ont eu leur vaccin alors ils ne peuvent plus me contaminer. Si tu ne veux pas te faire vacciner, je ne jouerai plus avec toi, c'est trop dangereux.
Oui parce que quand même, Camus tenait à la vie. Même si lui était hors de risque on n'était jamais assez prudent. Peut-être que Milo tomberait malade et que son vaccin ne serait pas assez puissant pour le protéger donc…si son copain voulait jouer la mauvaise tête, il se retrouverait tout seul parce que lui ne voulait pas risquer la contamination.
C'est donc avec amusement et surtout, avec soulagement que Skorpios suivit son petit élève, qui marchait d'un air boudeur vers le cabinet du médecin. Il envoya un regarda de reconnaissance à Cristal avant de fermer la porte derrière lui Camus faisait des merveilles avec Milo, peut-être devrait-il l'engager à temps plein pour s'occuper de l'asticot rebelle qui lui servait d'élève ? C'était une idée à méditer. Une fois que son meilleur ami eut disparu, Camus reporta alors toute son attention sur son maître à lui tout en tendant une main dans sa direction.
-J'ai rempli ma mission. Je veux le deuxième bonbon maintenant.
Cristal chercha dans sa poche avant d'en sortir l'objet de convoitise de Camus. Il avait quand même dû doubler la mise pour que le petit verseau accepte de manipuler son meilleur ami. Décidément à cet âge-là, les enfants ne pensaient qu'à leur ventre, s'en était affolant. Et dire que ces petits goinfres deviendraient des protecteurs d'Athéna…Elle avait tout intérêt à avoir un réfrigérateur bien rempli si elle voulait tirer quelque chose d'eux pendant les combats.
-Je viens mais c'est seulement pour le bonbon, clama Milo en rentrant dans le cabinet du docteur, comme celui-ci lui tenait la porte et que son maître Skorpios le suivait d'un air désemparé.
-Ne vous en faites pas, déclara le médecin en se retournant vers le scorpion en titre, ils sont tous comme ça.
-Et d'ailleurs, j'espère que vous avez encore les roses, parce que les oranges j'aime pas !
-Bien sûr, j'ai encore tout ce qui faut.
Milo lorgna sur le bocal remplit de friandises, pour s'assurer que le vieil homme disait la vérité. Et effectivement, il y avait encore des bonbons roses comme il les aimait tant. Zut. Il avait pensé que son petit caprice marcherait et, qu'avec un peu de chance, le docteur n'aurait plus que des bonbons orange mais non, ça avait raté. Son maître Skorpios le saisit sous les aisselles et le porta jusqu'à la table d'auscultation, il se débattit légèrement : il n'était plus un bébé, il pouvait y aller tout seul !
-Maître lâchez-moi ! Je suis grand maintenant, j'ai sept ans, je n'ai pas besoin de votre aide.
-Peut-être, mais je ne tiens pas à te voir filer.
C'est donc sans pouvoir passer le moindre accord que le petit grec se retrouva assis sur la table comme le docteur s'approchait de lui, ses armes de tortures à la main. Il prit d'abord un engin noir à l'embout conique qu'il approcha dangereusement de son oreille comme Milo se reculait en le repoussant.
-Qu'est-ce que vous allez faire ?
-Simplement regardez tes oreilles.
-Vous n'avez pas besoin de ça, vous n' avez qu'à utiliser vos yeux !
C'est vrai quoi, pourquoi devait-il lui enfoncer cette chose pointue dans l'oreille ? Est-ce qu'il était aveugle ? Si c'était le cas, Milo refusait de se faire soigner par lui !
-Milo s'il te plaît, tiens-toi correctement !
-Mais maître, il va me faire mal !
Ce n'était pas possible ça : son élève, formé pour devenir un chevalier d'Athéna, probablement destiné à mourir au combat et dans d'atroces souffrances, ce même élève prétendait qu'un otoscope faisait mal…Il n'était pas au bout de ses surprises dans ce cas la vie lui réservait bien d'autres douleurs. Après plusieurs minutes de négociations, Milo se laissa finalement approcher, non sans grimacer. Il préférait voir cette chose hors de son oreille plutôt que dedans ! Vint ensuite le moment où le médecin dut regarder sa gorge.
-Fais ''Ah''.
-Pourquoi vous voulez que j'ouvre la bouche, qu'est-ce que vous allez me faire ?
-Je vais simplement regarder si tout va bien, lui répondit l'homme en dégainant un morceau de bois.
-C'est ça ! Dites plutôt que vous allez me faire avalez cette chose horrible pour que je m'étouffe avec !
C'est fou ce que les enfants pouvaient parfois avoir un esprit débordant d'imagination. Où Milo avait-il trouvé cette idée sadique ? Il ferait un parfait tueur finalement, avec des idées un peu farfelues mais un très bon tueur tout de même. Quoique, Skorpios plaignait la victime qui mourrait étouffé par un bois pour abaisser la langue.
-Qu'est-ce que Camus dirait s'il te voyait te comporter de cette manière ?
-Camus au moins il m'expliquerait et j'aurais pas peur !
Evidemment, son Camus était teeeellement parfait Milo ne lui trouverait jamais aucun défaut. Skorpios se mit donc à sa hauteur pour lui expliquer en détails ce qu'il allait subir. Le petit garçon le dévisagea d'un air suspicieux, le soupçonnant certainement de lui mentir mais, au vu du regard noir que son maître lui lança, il se dit qu'il était préférable pour lui de ne rien dire. Il lui avait mené la vie impossible depuis le matin, alors son maître devait en avoir assez de l'entendre rouspéter. La suite de la visite se déroula donc sans trop de désagréments, si on omettait le fait que Milo refusait de respirer la bouche ouverte, craignant d'avaler un insecte qui passait par là.
Le petit Milo était plutôt fier de lui : il n'était pas encore tombé dans les pommes et il n'avait même pas pleuré ! Après ça, Camus ne pourrait plus dire qu'il était un bébé. Il était un grand, fort et courageux futur chevalier au même titre que lui. Mais quand il vit le docteur sortir l'aiguille et la seringue, il se mit à gigoter comme un ver, échappant même aux mains habiles de son maître.
-Milo, calme-toi !
-Non, non je veux pas le thanatos !
-Pour la dernière fois Milo, on dit tétanos. Et ça ne va pas te tuer alors cesse de geindre de la sorte.
-Non lâchez-moi, je veux Camus.
-Camus n'est pas là et lui au moins il n'a pas eu besoin que quelqu'un vienne lui tenir la main.
-Je m'en fous. Je veux Camus quand même.
Voilà que Milo recommençait. Il fila se cacher derrière la lourde armoire en fer, refusant catégoriquement de bouger. Skorpios aurait très bien pu le faire sortir de force et le maintenir sur la table d'auscultation, mais il n'était pas certain que Milo apprécierait cette pratique et puis, ce n'était certainement pas la meilleure solution. Non seulement son élève n'aurait plus confiance en lui mais en plus il allait alerter tout le sanctuaire et effrayer les autres enfants. Et puis, Cristal lui avait dit qu'il resterait avec Camus à l'extérieur jusqu'à la fin. Levant les yeux au ciel, face au regard assassin de Milo, il finit par capituler et partit chercher l'ami de son élève.
Quelques instants plus tard, il réapparaissait en traînant derrière lui un Camus à l'air las. Milo était vraiment un bébé ! C'était tout de même la honte de devoir intervenir pour venir soutenir son ami, tout ça parce qu'il n'était qu'un bébé. Milo lui avait pourtant juré qu'il serait fort mais il lui avait encore menti ! Et puis c'était de la faute de Skorpios aussi : pourquoi cédait-il si facilement dès que Milo faisait des siennes ? Lui savait qu'avec le petit grec, il fallait parfois employer la manière forte.
-Camus !
-T'es vraiment un bébé Milo, tu as sept ans et tu as encore peur des piqûres.
-Oui mais il veut me donner le thana…
-Milo du scorpion, fait attention à ce que tu vas dire !
-Le tétanatos !
-TETANOS !
Oui bon, pas la peine de lui crier dessus comme ça. Était-ce vraiment de sa faute s'il ne parvenait pas à retenir ce fichu mot ? Et puis qu'est-ce que ça changeait de toute façon, thanatos ou tétanos ? C'était tous les deux des mots cruels et prometteurs de mille douleurs. Il tendit la main vers Camus pour qu'il s'en saisisse et, une fois que Camus se fut exécuté –non sans râler- il serra fortement sa main entre la sienne, lui broyant les phalanges au passage.
-Mais Milo arrête, tu me fais mal.
-Pardon mais…
Le petit garçon ne termina pas sa phrase : le docteur venait de lui enfoncer l'aiguille dans le bras.
Assis dans la salle d'attente entre Angelo et Shura, Aphrodite se raidit. Qu'est-ce que c'était que ce cri strident qui venait de retentir, là, dans le cabinet du docteur ? Il s'arrêta net de trépigner sur sa chaise à l'idée de recevoir un bonbon : quel était le prix de cette merveilleuse récompense ?
-Tu vois, je t'avais bien dit que c'était terrible.
-On dit même qu'une fois à l'intérieur, on subit tous les supplices possibles et imaginables. C'est une sorte de test pour savoir si on est résistant.
Si en plus ses deux camarades commençaient à lui faire peur, il allait réellement finir par décamper sans même recevoir son vaccin !
-Q-quoi ? Mais enfin c'est débile, Shaka il m'a dit que…
-Réfléchis une seconde Aphrodite, Shaka n'est pas humain comme nous, il t'a menti ! Moi c'est Aiolia qui m'a dit que ça faisait mal et lui je le crois.
Aphrodite détesta l'espace d'un instant son ami cancer : ne pouvait-il pas se taire et se ranger du côté de son propre avis pour une fois ? Aphrodite avait préféré se renseigner auprès de Shaka et de Mu, parce qu'il savait qu'eux au moins ils n'essayeraient pas de lui faire peur, mais il voyait que ce n'était pas le cas de son supposé meilleur ami. Angelo ne manquait décidément aucune occasion pour se moquer de lui.
-Je m'en fiche, je sais que tu dis ça pour me faire peur, mais ça ne marchera pas.
-Réfléchis une seconde, Aphrodite, ce n'est pas moi qui viens de crier comme un porc qu'on égorge, celui qui est là-dedans est une preuve concrète de ce que je viens de dire.
Angelo avait raison…Par Athéna, alors la rumeur était-elle vraie ? Subissait-on vraiment mille maux une fois à l'intérieur ? Aphrodite ne voulait plus y aller, tant pis pour le bonbon ! Il se leva alors de son siège et se dirigea tout naturellement vers la sortie, en caleçon.
-Je peux savoir où tu vas, Aphrodite ?
-Pas là en tout cas, déclara l'enfant en pointant la porte fermée du cabinet du doigt.
-Oh que si tu vas y aller, dit Alphée en l'attrapant par les épaules pour l'obliger à retourner près des autres.
-Mais maître…
-Ne discute pas.
La tête basse, une boule au ventre, le petit garçon reprit donc sa place, sous les rires de ses deux camarades, apparemment très contents de leur petit effet.
-En plus après c'est à toi, ricana encore Angelo pour mettre un peu plus de pression à son ami c'était si drôle de voir Aphrodite quand il était inquiet de la sorte.
-Comment tu vas souffrir !
Le petit suédois colla ses mains sur ses oreilles pour ne pas entendre les autres planifier les tortures qu'il allait subir. Il ne devait pas les écouter, il ne devait pas les écouter, il ne devait pas les écouter. Il était fort ! C'était un apprenti chevalier d'Athéna, le futur chevalier du poisson, le plus courageux de tous. Il n'avait pas peur. Et puis si le docteur voulait lui faire du mal, il pourrait toujours le mordre violemment ! Oui c'est ça, il ne se laisserait pas faire.
-Tu vois que tu n'es pas mort !
Camus souffla sur sa main rougie : il était persuadé que Milo était parvenu à lui casser un doigt, avec sa force démesurée ! Et tout ça pour rien en plus. Le docteur l'avait simplement piqué pendant quelques secondes, tandis que Milo, lui, avait hurlé pendant plusieurs minutes. Même son maître Cristal s'était bouché les oreilles à force de l'entendre hurler de la sorte.
-Pardon, murmura Milo en voyant la main toute rouge de son meilleur ami : il y avait peut-être été un peu fort.
Pour seule réponse, le petit français lui lança un regard noir tout en continuant de souffler : en plus Milo ne lui avait même pas donné son bonbon il l'avait gardé pour lui tout seul ! C'était vraiment pas juste quoi lui il avait souffert pendant bien plus longtemps que Milo et il n'avait eu aucune rémunération en échange de son effort.
-Monsieur Skorpios, je voudrais que Milo passe d'autres tests pour son cœur, je m'inquiète de l'évolution des choses.
-Quoi ? Mais vous aviez pourtant dit que ce n'était pas urgent !
-Je sais, mais les choses ont changé depuis. Je pense qu'il est maintenant impératif que Milo passe d'autres examens et rapidement.
Le scorpion resta interdit quelques instants, regardant son élève qui ne se souciait apparemment pas de la discussion qui avait lieu à son sujet. Il était encore si insouciant, si fragile, si petit…Il ne méritait pas de vivre de telles épreuves. C'était tellement injuste, tellement cruel. Pourquoi la vie s'acharnait-elle de la sorte contre de si frêles petits êtres ?
-Ne t'en fais, ça ne veut rien dire, tenta de le rassurer Cristal en posant ses mains sur les épaules de son ami.
Il préférait éviter d'avoir cette conversation avec Skorpios en présence des enfants car, si Milo semblait ne pas tenir compte de ce qui se disait autour de lui, Camus lui était à l'affut de la moindre information supplémentaire concernant son ami : il ne savait pas que Milo avait des problèmes cardiaques, Cristal n'avait pas cru bon de l'en informer. Et maintenant le petit garçon devait beaucoup s'inquiéter au sujet de son ami.
-On ferait mieux d'y aller, avant que les enfants ne dévorent tous les bonbons.
Skorpios sourit un peu en voyant son élève sur la pointe des pieds, tentant désespérément d'atteindre le haut du bocal.
-Qu'est-ce que tu fais, Milo ?
-Mais c'est pour Scorpii !
Evidemment, la créature était devenue l'excuse préférée du petit grec dès que celui-ci faisait une bêtise. Décidément, il ne manquait pas de ressources.
-Sortez de là, on y va.
Camus et Milo échangèrent un rapide regard : zut alors, ils n'avaient pas eu assez de temps pour remplir leurs poches ! Il ne leur restait plus qu'à espérer en trouver dans les placards de leurs sanctuaires respectifs ! Skorpios échangea encore quelques mots avec le médecin au sujet des différents examens que devrait subir son élève avant de finalement rejoindre Cristal et les enfants. Quand ils arrivèrent dans la salle d'attente, ils tombèrent sur le petit Aphrodite, encore plus pâle que d'habitude.
-Qu'est-ce que tu fais là mon bonhomme ? Demanda le médecin, je dois d'abord ausculter ton ami là-bas.
Aphrodite poussa un long soupir de soulagement avant de gambader vers sa chaise comme Angelo quittait la sienne. Ah il rigolait moins maintenant qu'il savait que c'était son tour ! Il avança, les poings serrés : il pensait qu'Aphrodite serait passé avant lui et ainsi, il lui aurait dit si c'était douloureux. Qu'est-ce que c'était que cette organisation ? Pourquoi devait-il passer avant ? Arrivé à hauteur de Camus et Milo, il leur lança un regard anxieux.
-Ça fait mal ?
-Trop !
-Oui c'est horrible, il est très méchant en plus !
Angelo déglutit tout en entrant dans le cabinet du docteur. Derrière lui, Camus et Milo pouffaient sous le regard de Cristal : ces enfants étaient de véritables monstres !
-Pourquoi je peux pas aller avec Camus ?
-Parce que j'aimerais te parler, Milo.
-Ben on peut parler chez Camus et le maître Cristal ?
-Non Milo, je voudrais qu'on soit juste tous les deux. Tu veux bien ?
Le petit garçon bouda : il voulait être avec son meilleur ami après cette douloureuse épreuve, il ne voulait pas rester avec son maître qui allait encore lui rabâcher les oreilles en disant qu'il devait être plus fort, plus courageux, et encore beaucoup d'autres commentaires désobligeants qu'il ne voulait pas entendre. Mais bon, puisque son maître Skorpios semblait insister, et avec l'air soucieux qu'il avait sur le visage, Milo se dit que peut-être, il pouvait bien faire cet effort.
-Bon d'accord, mais j'ai pas envie !
Cristal salua son ami tout en lui souhaitant beaucoup de courage il ne savait pas comment il allait s'y prendre pour parler à Milo mais il aurait besoin de soutien par la suite, Cristal sentait que tout n'irait pas aussi bien qu'il l'aurait espéré.
-Nous aussi on doit parler, n'est-ce pas maître ?
-Oui Camus, on doit parler.
Le petit français le savait il avait bien senti la tension qu'il y avait entre les deux adultes et, suite à la conversation que le maître de son ami avait eu avec le docteur, il savait qu'il y avait un problème. Alors bien sûr, il devait parler avec son maître. Parler de Milo et des problèmes qu'il semblait avoir.
-Installe-toi, tu veux boire quelque chose ?
-Non.
-Tu as faim alors, tu veux un bonbon ?
-Maître ça va, je suis grand maintenant et je suis pas stupide. Je sais que Milo est malade alors dites-moi, c'est mon copain.
Le verseau fut surpris du sang-froid dont faisait preuve son élève : lui à cet âge-là n'aurait certainement pas été capable d'encaisser une telle nouveau mais Camus oui. Il était conscient de tout ce qui se passait autour de lui mais il restait optimiste. Il savait que son ami aurait besoin de lui et il voulait être informé afin d'être le plus efficace quand le moment serait venu.
-Très bien, alors écoute bien ce que je vais te dire.
-J'espère que c'est important hein, moi je voulais rester avec Camus !
-Tu veux quelque chose ?
-Oui, un bonbon et un chocolat.
-Milo, on avait dit pas de chocolat le soir.
-Mais j'ai été courageux !
Skorpios hésita un instant avant de finalement céder à la demande de son élève : après tout c'est vrai que, si on oubliait son comportement désastreux, le petit garçon avait tout de même été courageux et puis, avec ce qu'il avait à lui annoncer, il préférait le mettre à l'aise avant. Il partit donc lui préparer un chocolat comme Milo prenait place dans le canapé, emmitouflé dans une petite couverture qui traînait par là. Quand il revint peu de temps après, Milo semblait toujours bouder.
-Milo, tu dois m'écouter. Ce que j'ai à te dire est important.
-Qu'est-ce qu'il y a, s'inquiéta le petit garçon en entendant la voix triste de son maître, Scorpii est mort ?
Il était déjà prêt à se lever pour courir jusque dans sa chambre, mais son maître le retint en posant une main sur son bras.
-Non Milo, il va très bien, ne t'en fais pas. C'est de toi dont je veux te parler.
-J'ai fait quelque chose de mal ?
-Bien sûr que non mon bonhomme, dit-il en passant une main dans ses cheveux, je suis même très fier de toi. Mais tu es…peut-être malade et tu devras passer d'autres examens.
-Encore des piqûres ?
-Oui, des piqûres et…d'autres examens.
-Mais pourquoi ? Je suis malade ?
Par Athéna, comment pouvait-il expliquer à son petit élève de tout juste sept ans qu'il avait des problèmes cardiaques ? Il n'allait pas comprendre, il allait être effondré et lui, il ne savait pas s'il était réellement apte à le consoler.
-je ne sais pas encore, Milo. C'est pour ça que tu dois passer d'autres examens.
-Et Camus il pourra venir avec moi ?
-Tu peux lui demander, oui. Mais Milo, tu le sais n'est-ce pas, que tu es malade, tu sais que tu es plus vite essoufflé que les autres enfants et que…tu as souvent mal au cœur, hein.
Le petit garçon sembla réfléchir. Voyons voir…oui c'est vrai, parfois il devait courir moins longtemps que les autres parce qu'il était très vite fatigué et même que certaines fois, il avait de vilaines douleurs au cœur et après ça il devait rester au lit pendant toute la journée et tout le monde était aux petits soins avec lui même Camus ! Oh oui, son ami restait toujours à son chevet, jour et nuit. Il ne faiblissait jamais. Alors Milo savait déjà que, s'il vraiment il était malade, son meilleur ami serait à ses côtés…ou du moins il l'espérait.
-Mais je vais mourir ? Demanda-t-il innocemment.
-Quoi ? Bien sûr que non Milo ! Je ne veux pas que tu penses des choses pareilles, d'accord mon grand ?
Milo hocha alors la tête : pourquoi son maître se mettait-il dans un état pareil alors, s'il n'allait pas mourir ? C'était rien, il était juste malade, mais il allait passer des examens et après il allait se soigner et tout irait bien, pas la peine de tirer la tête comme ça. Décidément, les adultes étaient bien bizarres parfois, à toujours dramatiser toutes les situations. Il n'y avait pas mort d'homme !
-C'est fini ?
-Hein ?
-Vous deviez juste me dire ça ?
-Eh bien, oui mais…
-Je peux aller retrouver Camus maintenant ?
Skorpios dévisagea son élève quelques secondes, il ne semblait pas triste du tout, ni même chamboulé. Mais il avait compris, il savait qu'il était malade, qu'il devrait encore avoir des piqûres, mais il voulait voir Camus, c'était tout ce qui comptait dans son monde pour le moment. Alors Skorpios le laisse s'en aller, et il resta tout seul dans le salon, le visage plongé entre ses mains. Une larme coula le long de sa joue sans qu'il ne puisse arrêter cette traitresse : le docteur lui avait bien dit que c'était urgent, que c'était grave, mais voir son élève si innocent, si joyeux malgré la nouvelle lui fendait d'avantage le cœur. Il était si mignon, si gentil, si plein de vie…c'était vraiment trop injuste !
-Il va mourir Milo ?
-Non Camus, ou tout de moins j'espère que non. Mais je ne veux rien te promettre avant qu'il ait passé plus d'examens. Quoi qu'il en soit, tu devras être là pour lui, tu le sais n'est-ce pas ?
Le petit verseau hocha la tête, toujours aussi impassible qu'au début de leur conversation. S'il avait bien tout compris, Milo était malade du cœur et ça pouvait devenir grave s'il ne se soignait pas, c'est le docteur qui l'avait dit. Alors il devait absolument passer des examens pour voir si la maladie était aussi grave que ce que les adultes pensaient et ensuite il saurait quel traitement il devrait prendre. Et Camus dans l'histoire, il devait être là pour le soutenir et lui dire que tout allait bien se passer. Il l'avait bien compris. Et il ne comptait pas laisser tomber son meilleur ami, même s'il était gravement malade.
-Est-ce que ça va, Camus ?
-Oui, pourquoi ? Milo il va guérir, j'en suis sûr !
Cristal sourit face à l'air déterminé de son élève. Camus serait un parfait chevalier des glaces, ça aussi il en était persuadé. Et puis, la solidarité qu'il pouvait lire dans sa voix, l'optimisme qu'il voyait au fond de ses yeux, tout ça le touchait profondément. Camus tenait vraiment à son ami scorpion, certainement autant que lui tenait à Skorpios. Il était certain qu'il serait toujours là pour lui, dans les bons comme dans les mauvais moments et ça, c'était certainement le plus beau cadeau qu'on pouvait avoir : un ami. Alors qu'il allait reprendre la parole, Cristal sentit une faible cosmo-énergie derrière eux. Il se retourna, pour tomber sur la petit bouille de Milo, le petit terrarium portatif de Scorpii sous le bras.
-Milo ?
-Est-ce que je peux dormir ici cette nuit, maître Cristal ?
-Bien sûr, mais où est ton maître ?
-Il est resté au huitième temple.
-Occupe-toi de lui Camus s'il te plaît.
Cristal laissa les deux enfants seuls pour aller retrouver son ami Skorpios, qui devait probablement être dépité tout seul. Il ne voulait pas le laisser déprimer seul dans son coin, lui aussi devait lui montrer son soutien, c'était son ami.
-Tu viens Camus ?
-J'arrive, dit le petit garçon en voyant que son ami filait déjà vers sa chambre à coucher.
Une fois arrivé à destination, il vit que Milo était assis sur son lit, les bras ballants. Il resta un instant immobile, debout face à lui et il attendit qu'il réagisse, ne voulant pas le brusquer.
-Je suis malade, finit par déclarer Milo d'une petite voix après un moment de silence.
-Je sais, répondit Camus sur le même ton.
-Et c'est peut-être grave.
-Ne t'en fais pas, je suis certain que ça ira.
Un long silence se réinstalla entre eux comme Milo jouait avec le bord de la couverture. Il n'avait pas voulu le montrer à son maître Skorpios parce qu'il avait déjà l'air assez inquiet comme ça mais au fond, lui aussi il avait peur. Il ne savait pas ce qui lui arrivait, ni pourquoi. Il ignorait les épreuves qu'il devrait traverser, et il ignorait aussi s'il devrait les traverser seul. Sans même s'en rendre compte, il commença à pleurer.
-Milo ?
-Camus…tu viendras avec moi quand je devrai passer mes examens, pas vrai ?
-Bien sûr Milo, je serai toujours avec toi, tu le sais !
Le petit français avait grimpé sur le lit à côté de lui et il avait doucement pris sa main entre la sienne, malgré son hésitation. Il détestait voir Milo dans cet état, ça lui faisait trop mal au cœur.
-Je veux pas mourir Camus, je veux rester avec toi toute la vie entière, c'est vrai !
-On va toujours rester ensemble, c'est promis. Je laisserai pas la vilaine maladie te faire du mal, juré craché !
Oui, Camus était même prêt à se battre contre quelque chose qu'il ne pouvait pas voir. Il se serait battu contre n'importe qui, n'importe quoi et aussi longtemps qu'il le faudrait pour rendre le sourire à Milo. Parce que Milo c'était son meilleur ami, alors il voulait qu'il soit heureux parce qu'il était plus marrant quand il était heureux. Quand son copain vint poser sa tête contre son épaule, Camus referma ses bras autour de lui.
-Toi et moi on sera toujours ensemble.
-Oui, toute la vie, répondit le petit Milo sur un ton déterminé.
Cette promesse, c'était celle d'une vie ensemble, d'une vie que rien ni personne ne pourrait séparer. Milo passerait des examens et Camus resterait avec lui, toujours. Toute la vie. Les enfants resteraient toujours ensemble, envers et contre tout. Ils s'endormirent tous les deux par-dessus les couvertures, enlacés, sous le regard de Scorpii qui partit ensuite se cacher sous un gros caillou.
-Skorpios ? Skorpios, tu es là ?
-Cristal…
Le scorpion n'avait pas bougé depuis le départ de son élève. Il était toujours sur le même canapé, dans la même position, dans le même état d'esprit. Il avait espéré que son ami vienne le voir, vraiment. Heureusement pour lui, son ami avait ressenti sa détresse, il était venu le rejoindre. Et maintenant, il se tenait à côté de lui, les mains posées sur ses épaules.
-Skorpios, tu ne dois pas te mettre dans cet état, Milo n'a peut-être rien de grave.
-Je préfère imaginer le pire plutôt que me faire de fausses illusions.
C'était le principal défaut du scorpion, Cristal le savait. Autant Skorpios pouvait être joyeux et enjoué, autant il était parfois pessimiste et déprimant au possible, comme maintenant. Mais Cristal pouvait comprendre, il s'agissait tout de même de Milo et Skorpios le considérait presque comme son fils.
-Où est donc passé le scorpion jovial que je connais ?
-Il a pris congé, pour une durée indéterminée.
Cristal sourit comme le scorpion venait nicher son nez au creux de son cou, presque affalé sur son torse, les yeux mi-clos.
-Reste avec moi cette nuit.
-Skorpios, les enfants…
-Sont ensemble et en sécurité au onzième temple. Milo est entre de bonnes mains, moi j'ai besoin de toi maintenant.
Le scorpion usait toujours de ses pouvoirs pour le faire céder, ce n'était pas loyal. Avec ses grands yeux profonds et sa mine triste, il parvenait toujours à arriver à ses fins avec lui. Cristal attrapa au vol la couverture que Milo avait laissée traîner et il recouvrit leurs deux corps de celle-ci, Skorpios toujours étroitement serré contre lui. Vraiment, son ami était pire qu'un gamin.
-Bonne nuit Cristal.
-Mhm, bonne nuit, ne te fais pas trop de soucis.
-Je vais essayer.
Allongé sur sa chaise longue, un livre à la main, offert au clair de lune, un cocktail posé sur la table de la terrasse, Saga profitait pleinement de cette fin de journée. Il avait un peu connu sa revanche aujourd'hui. En effet, s'il n'avait toujours pas pu mettre à exécution un plan machiavélique pour faire tomber chacun de ces petits monstres un à un, le gémeau, caché derrière la fenêtre de la salle d'attente, s'était pleinement délecté de la terreur qu'il pouvait lire sur leurs visages avant de passer entre les mains du docteur. Il avait particulièrement apprécié voir le petit Angelo trembloter à l'idée de recevoir son vaccin. Parce que tout de même, ce môme était une véritable terreur, il avait bien besoin de quelqu'un pour calmer ses envies de pouvoir.
-Saga, je peux savoir pourquoi est-ce que tu rigoles bêtement de la sorte ?
Il cessa net son petit ricanement : Kanon débarquait toujours au mauvais moment pour briser son délire psychotique.
-Est-ce que je t'en pose moi, des questions ?
Kanon leva les yeux au ciel, ce que son frère pouvait être susceptible quelques fois ! Il ne l'avait pas vu de la journée et quand il était rentré, il était directement venu se vautrer sur la terrasse, son livre à la main sans jamais tourner aucune page. Le second gémeau n'était pas dupe son frère tramait quelque chose, mais il ne savait pas quoi.
-Tu m'expliqueras ?
-Tu verras par toi-même, bientôt.
Saga ricana de plus belle. Oh oui bientôt, tout le monde le respecterait, même s'il devait user de la force pour arriver à ses fins ! Même Kanon n'oserait plus se moquer de lui.
Et voilà pour cette première partie. Des commentaires?
