Bonjour bonjour :)

Eh oui comme vous le voyez j'ai un peu de retard pour ce chapitre mais j'ai passé un week-end avec une connection internet très limitée! Mais maintenant que je suis de retour je vous poste un chapitre un peu plus long que les autres pour me faire pardonner ^^

C'est donc la suite de leur sept ans, j'espère que vous aimerez.

Bisous bisous!


-Non Milo, tu ne peux pas l'emmener.

-Mais pourquoi ?

-Parce que c'est interdit là-bas, il y a des règles d'hygiène à respecter. Tu ne voudrais pas te faire remarquer, n'est-ce pas ?

Le petit garçon haussa les épaules : ça lui était égal que les adultes le regardent de travers, il ne voulait pas partir sans Scorpii. C'était son animal de compagnie à lui alors il ne voulait pas le laisser tout seul et puis, qui s'occuperait de lui pendant son absence puisque Camus l'accompagnait ? Il ne faisait confiance à personne d'autre.

-Mais il sera sage.

-J'en suis persuadé, Milo, mais on ne peut pas l'emmener avec nous, tu dois le comprendre.

Skorpios avait énormément de difficultés à ne pas céder au caprice de son élève, qui le regardait de ses grands yeux tristounets. Sur ordre du médecin, Skorpios avait rapidement pris des dispositions pour que Milo passe des examens complémentaires au plus vite, mais il n'avait pas pensé qu'au moment de partir, le petit garçon voudrait emporter avec lui son copain Scorpii alors, quand il l'avait vu débarquer tout sourire avec son terrarium portatif sous le bras, il n'avait pas su comment s'y prendre. Et maintenant Milo ne cèderait pas, il en était certain.

-S'il te plaît Milo, nous n'avons pas de temps à perdre, on nous attend à l'hôpital alors soit gentil et laisse Scorpii ici.

-Non, pas tout seul !

Ce n'était pas possible d'être aussi têtu ! Ce n'était pas comme si Scorpii était un chien ou un chat, non, ce n'était qu'un scorpion. Il n'avait pas besoin d'une présence humaine à ses côtés mais ça, Milo refusait de l'admettre. C'était un cadeau de Camus alors pour lui, c'était la chose la plus précieuse au monde et il refusait de ne pas en prendre soin.

-Milo on ne part que pour une journée, il n'aura aucun problème.

-Oui mais on sait jamais ! Si le sanctuaire est attaqué, ou si quelqu'un vient le voler, ou s'il glisse sur un caillou, ou s'il s'étouffe avec son petit déjeuner, ou s'il a trop chaud, ou s'il se blesse, ou…

-Ça va, ça va, j'ai compris : il peut avoir des problèmes.

-Et même des tas !

-Mais très sérieusement Milo, ce genre de petit incident peut arriver n'importe quand et que tu sois là ou non, tu n'y changeras rien.

-Faux ! Je pourrais toujours lui faire un massage cardiaque ou du bouche à bouche !

Et voilà que Milo le traitait encore comme un humain. Son petit élève d'habitude si désordonné et insouciant redoublait d'effort et d'attention quand il s'agissait de Scorpii ou de toute autre chose qui avait rapport de près ou de loin avec son ami Camus. L'amitié qu'il entretenait avec l'élève de son ami était un cadeau précieux et sacré auquel il veillait avec vigueur.

-Est-ce qu'on peut entrer ?

Skorpios fit volte-face, oubliant pour instant la bouille de son jeune élève qui le défiait du regard, le terrarium de Scorpii toujours serré contre lui. Cristal devait lui amener Camus vers dix heures, et avec la mini crise de Milo, il n'avait pas vu le temps passer. Mais son ami venait peut-être de lui sauver la vie, encore une fois : après tout, il savait que le verseau détestait les arachnides et autres 'bestioles diaboliques' comme il se plaisait de les appeler mais Skorpios était persuadé que pour lui, il serait prêt à faire un effort.

-Bien sûr, venez, ne restez pas dehors !

Aussitôt, Milo délaissa un instant son animal pour venir serrer son ami dans ses bras il n'avait pas dormi avec Camus cette nuit-là et son meilleur copain lui avait vraiment beaucoup manqué ! C'est vrai quoi, c'était injuste de séparer des copains qui s'aimaient autant qu'eux, surtout qu'il devait lui raconter le rêve merveilleux qu'il avait fait et dans lequel Camus et lui se mariaient. Ah son meilleur ami était si mignon coiffé comme ça, avec un bouquet de fleurs entre les mains. Tous les autres enfants étaient là avec leurs maîtres aussi et puis après ils s'étaient fait un bisou et il lui avait dit que…

-Milo, on doit y aller maintenant, donne Scorpii à Cristal.

-QUOI ?

Les voix de Milo et Cristal s'étaient mêlées dans cette même expression. Le petit garçon parce qu'il refusait de laisser son copain entre les mains du maître de Camus alors qu'il savait qu'il serait bien trop occupé dans son temple pour prendre soin de lui et l'adulte parce qu'il n'avait absolument pas prévu ce revirement de situation son ami était un traitre ! Skorpios savait à quel point il avait cet animal en horreur et pourtant il n'hésitait pas une seule seconde d'abuser de leur amitié pour le lui fourguer. D'ailleurs il voyait déjà son ami venir vers lui, avec les mêmes yeux larmoyants dont usait Milo quand il avait quelque chose à demander à Camus.

-Cristaaaal…J'ai pensé que ça ne te dérangerait pas de garder Scorpii quelques heures n'est-ce pas ? Il a déjà eu sa ration journalière alors tu auras juste à le surveiller pour…qu'il ne fasse pas de bêtise, mhm ?

Des bêtises comme filer à l'anglaise pendant qu'il aurait le dos tourné, saccager son temple, grignoter les livres de sa bibliothèque ou lui infliger une piqûre en traitre ? CE genre de bêtises ? Décidément, Cristal se dit qu'il aurait mieux fait de se casser une jambe le jour où il avait accepté que Camus offre cette satanée bestiole à Milo. Il aurait bien dû se douter qu'un jour ou l'autre ça lui retomberait dessus. Mieux encore, il aurait mieux fait de ne pas avoir pitié de l'air perdu de Skorpios quand il avait débarqué au sanctuaire de cette façon le scorpion aurait même pu faire un élevage d'arachnides s'il le désirait, Cristal lui n'aurait pas joué le rôle de baby-sitter. Oui mais voilà, il n'avait pas pensé à tout cela avant et maintenant, il devait assumer ses décisions passées.

-S'il te plaît, dis ouiiii.

Pire qu'un gamin. Quand son ami se déciderait-il à grandir ?

-Une minute maître, je ne suis pas d'accord ! Scorpii a besoin de beaucoup d'attention et de câlins, je suis certain que le maître Cristal refusera de lui remonter le moral s'il se sent seul.

-Mais Milo…

-Est-ce que tu insinues que mon maître n'est pas apte à s'en occuper ?

Ça y est, voilà que Camus prenait la mouche maintenant, comme toujours lorsque Milo mettait en doute les capacités de son maître. Pour le petit français, son maître Cristal était le plus fort, le plus brave et le plus réfléchi de tous les chevaliers alors il était hors de question qu'il laisse qui que ce soit bafouer son honneur, même s'il s'agissait de son meilleur ami.

-Quoi ? Mais Camus, bien sûr que non ! Je dis juste que le maître Cristal n'aime pas faire des bisous à Scorpii, et tu sais que notre bébé aime beaucoup ça.

-C'est la même chose ! D'abord c'est TON bébé, pas le mien et en plus t'es trop stupide de penser des choses pareilles, si toi tu as réussi à t'en occuper, je ne vois pas pourquoi mon maître ne serait pas capable de s'occuper de cette créature lui aussi !

-Camus, ne parle pas de notre enfant comme ça.

-Ce n'est pas notre enfant, c'est juste un scorpion Milo, alors arrête de jouer au bébé et donne ce terrarium à mon maître !

Milo le toisa un instant du regard, profondément choqué par ses paroles : bien sûr que si, Scorpii était leur enfant ! Camus refusait de l'avouer mais Milo lui il le savait. Il devrait d'ailleurs avoir une petite conversation avec son ami après sa visite à l'hôpital pour lui faire comprendre que Scorpii comprenait toutes les vilaines choses qu'il disait et qu'il devait beaucoup en souffrir. Camus devait avoir un comportement digne d'un parent envers lui et non pas le traiter comme un vulgaire animal. Il finit tout de même par donner le terrarium à Cristal il allait déjà vivre une journée remplie d'émotions, ce n'était pas le moment d'en plus se mettre son meilleur ami à dos, ça non !

-Tu es vraiment le meilleur ami qu'on puisse rêver d'avoir, Cristal, dit Skorpios en lui posant un baiser sur la joue sans même tenir compte de son air de dégoût, il ne savait pas s'il devait l'associer au fait que son ami se retrouvait avec un arachnide qui le répugnait entre les mains ou si c'était parce qu'il lui avait fait un bisou devant les enfants.

Rectification, pensa Milo tout en suivant son maître dehors : Camus était le meilleur ami qu'on puisse rêver d'avoir, Cristal n'était qu'un pâle brouillon encore bien loin de la perfection de son verseau à LUI.


-Très bien Milo, est-ce que tu as bien compris ce que tu dois faire ?

-Oui, je suis pas bête docteur ! Mais je vois pas pourquoi je dois me déshabiller. T'aimes bien les petits garçons ?

Skorpios rougit certainement autant que le médecin en face d'eux : depuis quand son petit élève était-il si perspicace ? A cet âge-là, il n'était pas censé se poser ce genre de questions ! Ah, ça devait être le petit Camus assis à côté de lui et qui souriait en coin qui avait dû lui parler de toutes ces choses horribles. Ce gamin était tout de même vachement mature pour son âge, Cristal ne lui avait pas laissé de répit pendant les premières années de son éducation et maintenant le petit français était aussi vigilant que les adultes, peut-être même plus que certains.

-Eh bien, non. J'ai besoin que tu te déshabilles pour te faire passer les examens. Tu pourras remettre tes vêtements juste après.

C'était tout de même très gênant d'être confrontés à ce genre de situations. Milo lança un regard interrogateur à Camus, pour voir si son ami acceptait ou non qu'il suive les instructions du docteur et c'est seulement quand son meilleur ami hocha la tête qu'il retira son t-shirt et son pantalon. Pas son caleçon, le médecin pervers ne l'obligerait pas à aller jusque-là il serait bien trop gêné devant Camus !

-Bon et maintenant, je fais quoi ?

-Tu rentres là-dedans.

-Ah non ! Je vais pas dans la boîte. Tu vas me faire disparaître et m'enfermer dans une cage après, c'est ça ? Tu vois Camus, c'est comme dans ton livre !

Autre nouvelle, le gamin de sept ans dont s'occupait Cristal lisait déjà des livres pour adultes, ayant délaissé depuis bien longtemps les contes pour enfants qu'il affectionnait tant étant bébé. Et en plus, il initiait Milo à ses lectures funestes, si bien que son élève, qui excellait déjà dans l'art de dramatiser toutes les situations dans lesquelles il se trouvait, était maintenant un modèle de méfiance face aux intentions adultes.

-Mais non Milo, c'est une radio, s'entêta bêtement son maître.

-C'est quoi ? C'est pour aller dans les autres dimensions comme Saga ?

-Non Milo, c'est pour regarder à l'intérieur de ton corps et voir si tout va bien.

Aussitôt dit, le petit garçon courut se cacher derrière son meilleur ami, qui trouvait que les grands étaient définitivement très nuls pour parler aux enfants de leur âge.

-Camus empêche-les ! Ils veulent me découper !

Oui parce que Milo ne voyait pas d'autre solution pour qu'on regarde à l'intérieur de lui : ils allaient l'enfermer dans la boîte et le découper en rondelles et le pire dans cette histoire, c'est que son maître adoré était de mèche avec le docteur il l'avait trahi ! Le petit grec pouvait déjà sentir la lame découper sa chair dodue de petit garçon et il ressentait déjà la douleur atroce que ça allait lui causer. Son dernier rempart à présent, c'était son meilleur ami il était certain que Camus ne les laisserait jamais lui faire du mal, il avait promis qu'il le protègerait !

-Milo soit pas bête, ils ne vont pas te découper. C'est comme dans les films…tu sais avec les rayons pour voir le squelette ?

Le petit garçon hocha vigoureusement la tête il se rappelait très bien de ce film fantastique qu'il avait regardé avec Camus l'autre soir, profitant que leurs maîtres soient en réunion et dans lequel le gentil regardait les squelettes des méchants avec une lumière bleue Milo avait trouvé ça trop cool !

-Eh bien c'est la même chose, mais c'est pour regarder ton cœur.

-Et pourquoi je dois aller dans la boîte ? Dans le film y avait pas de boîte…

-Parce que c'est encore mieux comme ça !

-T'es sûr ?

-Oui, puisque je te le dis.

Milo consentit alors enfin à passer sa radio. Si Camus lui avait dit que ce serait encore mieux que dans le film, alors c'est que c'était vrai son meilleur copain ne lui mentait jamais, il en était certain ! Skorpios regarda son élève accompagner le docteur avec soulagement, tout en regardant le petit français en coin il devrait tout de même lui demander un jour quel était son secret pour mener si facilement le jeune Milo par le bout du nez. Lui avait beau user de toutes les ruses possibles, son élève grec ne rendait jamais les armes mais il suffisait que Camus intervienne pour qu'il devienne tendre et docile comme un chaton. L'apprenti verseau devait être doté de pouvoirs magiques, ce n'était pas possible autrement.

-Quoi ? Je suis mal coiffé ?

-Hein ? Oh euh…non non, tu es très bien.

Camus plissa ses jolis yeux : pourquoi diable le maître de son meilleur ami le regardait fixement de cette façon ? Camus détestait les adultes qui le regardaient comme ça comme si quelque chose clochait chez lui. Décidément le maître de Milo était très bizarre et en plus il ne lui avait même pas donné de bonbon pour le récompenser d'avoir obligé Milo à passer sa radio, c'était trop injuste !


Cette créature était affreuse. Sournoise et affreuse. Cristal pouvait à peine détourner le regard sans imaginer mille et un scénarios terribles que la créature complotait dans son dos. Oui, parce qu'il était certain que cette sinistre bête-là leur porterait malheur. Il aurait vraiment mieux fait d'obliger Camus à offrir un chat, un chien, un poisson rouge ou n'importe quelle autre créature qui ressemblait d'avantage à un animal de compagnie à Milo plutôt que cet arachnide difforme et dangereux. Si jamais le petit élève de son ami se faisait piquer par la bête, il s'en voudrait toute sa vie !

Depuis qu'il avait rejoint son temple, le terrarium dressé loin devant lui, il montait la garde pour être certain que ce Scorpii ne s'échapperait pas par une quelconque ouverture imaginaire. De quoi aurait-il eu l'air s'il avait dû appeler du renfort pour retrouver un…scorpion ? La bestiole avait déjà causé bien assez de soucis à Alphée et, par déduction, au cancer qui avait été réquisitionné pour mettre la créature à mort. Alors il restait là, les yeux fixés sur l'arachnide immobile depuis plus de deux heures. Était-il encore seulement en vie ? Cristal commençait sérieusement à en douter.

-Qu'est-ce que c'est moche tout de même.

C'est vrai, pourquoi la nature avait-elle doté le scorpion de deux énormes pinces en plus de ses nombreuses pattes et de son dard mortel ? Cette créature avait tout d'une parfaite machine de guerre et Cristal ne comprenait pas ce que son ami Skorpios pouvait trouver de ''craquant'' en un animal qui était si laid. Un chaton était craquant, un chiot était craquant, un bébé chinchilla était craquant à la limite, une tortue était craquante mais…pas un scorpion, non. L'idée d'échanger la créature contre une petite tortue de terre effleura un instant l'esprit de Cristal mais il n'était pas certain que Milo se laisserait duper si facilement surtout qu'il semblait tenir à ''son bébé'' comme à la prunelle de ses yeux. Et dire qu'il pensait réellement que cette chose horrible était le fruit de l'amour puissant qu'il partageait avec Camus…

-Le jour où Camus ramène un môme aussi laid que ça ici, je m'occuperai personnellement de le noyer…ou de le précipiter du haut d'une falaise, à voir…

-Te laisserais-tu envahir par tes idées infanticides, mon ami ?

Cristal sursauta : perdu dans ses pensées, il n'avait pas entendu la vierge venir jusqu'à lui.

-Anantram ? Que fais-tu ici ?

-J'avais un entretien important avec le grand pope mais j'ai senti ton cosmos et je me suis dit que peut-être je pourrais m'arrêter quelques minutes. Tu te lances dans l'élevage d'arachnides ?

-Non…je suis réduit à faire du gardiennage pendant que Skorpios et les enfants sont à l'hôpital. Mais prends donc une chaise.

Comme il avait si souvent l'habitude, la vierge prit place aux côtés du verseau, jetant un rapide coup d'œil à la bestiole dont il devait s'occuper. Un scorpion…alors c'était ça le nouvel animal de compagnie dont Milo se vantait partout ? Le jour où son disciple était revenu après avoir parlé au grec, il lui avait simplement dit que c'était injuste : Milo avait reçu un animal comme cadeau et sans aucune occasion spéciale alors que lui ne recevait que des saris ou un de l'encens de la part des autres et encore, il devait attendre son anniversaire ! Il avait alors tanné son pauvre maître pendant des jours pour qu'il lui offre un cadeau semblable et celui-ci avait eu bien du mal à lui faire comprendre que les choses matérielles n'avaient pas de valeur et que, après l'accomplissement de sa dévouée destinée, bouddha lui offrirait toutes les choses qu'il avait désirées.

-Pourquoi ne l'as-tu pas tout simplement laissé au huitième temple ? Cette créature mortelle ne nécessite aucune assistance.

-Explique ça à Milo…

La vierge ne comprenait définitivement pas pourquoi ces chevaliers confirmés cédaient si facilement aux moindres caprices de leurs élèves : lui avait bien appris à Shaka qui était le maître si bien que maintenant son disciple n'avait jamais un comportement arrogant ni même odieux envers lui il le respectait comme il se devait de le faire.

-Sache mon ami que bouddha saura te récompenser de ton dévouement. Je lui parlerai de toi afin que lors du jugement dernier il tienne comptes de tes actes.

Cristal le remercia, n'osant pas le froisser en lui précisant que lui ne croyait absolument pas en l'existence de bouddha. Athéna était la seule divinité à qui il devait allégeance, alors il ne faisait certainement pas du baby-sitting pour que bouddha soit fier de lui ! Mais bon, puisque ça faisait plaisir à son pair de croire qu'il partageait sa passion pour bouddha, autant ne pas compliquer les choses. Quoique, si la vierge pouvait lui jurer que bouddha était capable de faire disparaître la bestiole d'un claquement de doigts, il pourrait peut-être changer de bord mais, alors qu'il allait lui poser la question, il vit qu'Anantram était déjà plongé dans une profonde méditation. D'un air boudeur, il posa sur menton sur ses mains croisées et fixa encore Scorpii il ne trouverait pas le repos avant que Milo l'ait emmené loin de son temple !


-J'ai faim, maître !

-Attends encore un peu Milo, tu dois d'abord faire une prise de sang.

Il avait vite dit son maître Skorpios ! Ce n'était pas lui qui devait supporter les assauts mécontents d'un petit ventre affamé ! Milo pouvait entendre ses gargouillis à des kilomètres tant son ventre était frustré de ne pas avoir été nourri le matin même. Et maintenant Milo avait même des hallucinations : il voyait successivement des pains au chocolat, des croissants sucrés et des muffins au chocolat tournoyer au-dessus de sa tête sans qu'il ne puisse jamais les attraper. C'était la fin il allait mourir très bientôt, il le sentait !

-Mais j'ai vraiment trop faim !

-Je t'ai dit que tu devais attendre !

Skorpios vit son élève descendre de son siège, les bras croisés pour aller rejoindre Camus. Il en avait plus qu'assez de l'entendre geindre à longueur de temps parce qu'il avait faim, il avait soif, trop chaud, trop froid, parce qu'il était fatigué, qu'il voulait rentrer, que Scorpii lui manquait et pour une litanie d'autres raisons farfelues auxquelles il ne pouvait de toute façon pas remédier. Il espérait de tout son cœur que Milo n'était pas malade parce que, si jamais c'était le cas, il n'était pas certain de pouvoir supporter les plaintes incessantes de son élève à chaque fois qu'il devrait se représenter à l'hôpital.

-Mais juste un morceau !

-Non Milo, tu peux pas !

-Mais Camus, je meurs de faim.

Bon, ce n'était peut-être pas une solution de se goinfrer de biscuits devant Milo alors que lui ne pouvait pas y goûter mais Camus n'avait pas pu y résister. Il avait tellement faim lui aussi ! Et en plus il ne devait pas passer le moindre examen. Mais il devait penser à la santé de son ami avant tout et, pour le bon déroulement des évènements, il ne devait pas le laisser manger…mais il ne pouvait pas non plus jeter son biscuit à peine entamé à la poubelle ! Il regarda alors son biscuit nappé de chocolat et, sans perdre une minute, il l'engloutit tout entier sous le regard désespéré de son meilleur ami, qui voyait tous ses espoirs s'envoler.

-Camus ! Tu l'as fait exprès !

-Tu ne pouvais pas y goûter de toute façon, je n'ai fait qu'abréger tes souffrances.

Oui c'est ça ! Elle était bonne l'excuse du ''je n'ai pas voulu que tu souffres alors j'ai tout gardé pour moi'' Milo pensait que le petit verseau était son ami mais apparemment, dans cette situation horrible, il n'y avait plus de place pour l'amitié. Camus était du côté des grands et ça ce n'était vraiment pas cool. Maintenant Milo n'avait plus aucun allié, il ne pouvait plus compter que sur lui-même et, alors qu'il se mettait à réfléchir sur cette situation oh combien désastreuse, il entendit une grosse voix crier son nom. Aussitôt, il partit se cacher derrière Camus, ayant déjà oublié qu'il l'avait privé de nourriture.

-Milo Antarès ? Est-il absent ?

-Non non il est là, dit Skorpios en tirant son élève par la main.

Elève qui d'ailleurs se débattait comme un beau diable pour rester accrocher à Camus et qui couina de désespoir quand ses doigts glissèrent du poignet de son ami et qu'il se retrouva entraîné à l'intérieur d'une petite pièce qui sentait mauvais et qui était remplie d'instruments de torture. Il regarda derrière lui et se calma instantanément : Camus l'avait suivi, il était avec lui.

-Qu'est-ce que tu vas me faire maintenant docteur ? Je dois encore aller dans une boîte ?

-Non, je vais simplement te faire une prise de sang.

-Pourquoi tu veux mon sang ? T'es un vampire ?

Skorpios ne cilla pas cette fois, après tout il ne s'étonnait plus face à l'imagination débordante de son élève et puis, il les avait déjà tellement tournés en ridicule depuis le matin qu'une petit bêtise de plus ou de moins n'y changerait pas grand-chose. Il allait simplement encore devoir expliquer à Milo que cet homme en blanc était tout ce qu'il y a de plus normal et humain que ce n'était ni un vampire, ni un alien mutant, ni un loup-garou ni aucune autre créature mystique et imaginaire.

-Milo s'il te plaît. Reste tranquille et donne ton bras au docteur.

-Comment tu veux que je lui donne maître ? Il est attaché à moi mon bras !

-Comme ça, lui montra Camus en prenant sa main pour la tendre au docteur.

Athéna, bénissez cet enfant capable de garder son sang-froid dans toutes les circonstances, même les plus dérisoires et les plus désespérantes. Parce que oui, son élève était vraiment désespérant. Inculte, naïf et désespérant. Qu'allait-il bien pouvoir faire de lui ? Encore heureux qu'il avait été choisi pour devenir chevalier d'Athéna et non pas pour suivre une grande carrière en médecine car Skorpios n'était pas certain qu'il aurait fait des étincelles dans ce domaine. Loin de là même. Il regarda donc son élève grimacer comme le docteur préparait sa seringue et des tubes pour récolter le sang.

-Ah non j'ai déjà eu mon vaccin contre le thana…théta…enfin le truc qui fait mal là, tu vois ? Alors tu peux plus me faire de piqûre.

-Ce n'est pas la même chose. Je veux simplement avoir un peu de ton sang.

-Et qu'est-ce que tu vas faire avec, docteur ?

-Le faire analyser pour savoir si tu vas bien.

Milo ne semblait pas tout à fait convaincu par le discours du vieux monsieur mais il ne voulait pas encore se faire passer pour un bébé devant Camus…même s'il n'aimait pas du tout les piqûres, surtout que le docteur avait serré le haut de son bras et maintenant il semblait chercher une veine…Milo allait finir par s'évanouir !

-Tout va bien mon garçon ?

-Je veux pas que tu me piques !

Et voilà qu'il recommençait avec ses enfantillages, Camus en avait vraiment assez ! Il voulait rentrer, retrouver son gentil maître Cristal et surtout le roman d'aventure qu'il n'avait pas eu le temps de terminer le matin même. Mais plus Milo se comportait ainsi et plus il pouvait dire adieu à ses aspirations littéraires du jour alors il devait prendre les choses en mains et vite, avant que son meilleur ami ne blesse quelqu'un à force de se débattre de la sorte.

-Milo ça suffit !

-Mais Camus je veux pas !

-Si tu refuses que le docteur te fasse une prise de sang, tu vas encore devoir rester sans manger…et je suis certain que tu as très envie de ça !

Le petit français sortit alors de sa poche le dernier bonbon qu'il avait en sa possession. L'idée de le sacrifier ne lui plaisait pas beaucoup mais bon, puisque c'était pour en finir au plus vite, il était prêt à l'offrir à son meilleur ami. Surtout que son petit plan sembla marcher puisque Milo reprit sa place sans rouspéter et, quand le docteur glissa l'aiguille dans son bras, il ne se plaint même pas. Il avait juste fortement pâlit quand il avait vu son sang gicler dans le tube et il avait rapidement détourné les yeux, sous le regard amusé de Camus : Milo était vraiment une petite nature.


-Saga, je peux savoir ce que tu fabriques ?

-J'ai un plan !

Kanon fronça les sourcils : qu'est-ce que son frère avait encore inventé pour embêter les enfants ? Il n'avait toujours pas digérer la petit blague d'Aiolia et d'Angelo quelques années plus tôt si bien que maintenant, le second gémeau avait l'impression que son frère ne vivait plus que pour prendre sa revanche et ça, ça ne lui plaisait vraiment pas.

-Tu sais que je commence à sérieusement m'inquiéter pour ta santé mentale ?

Et c'était vrai Kanon se demandait de plus en plus si son frère ne souffrait pas d'une quelconque maladie psychologique tant il était devenu lunatique et assoiffé de vengeance. Où était passé le Saga sage et posé qu'il avait toujours connu ? Ce Saga qui était toujours prêt à aider son prochain et surtout, ce Saga qui aimait les enfants par-dessus tout ? Il lui semblait que cette personne s'était volatilisée dès l'adolescence pour laisser place à un semi-adulte psychopathe et terrifiant.

-Saga, tu m'écoutes ?

-Regarde ça Kanon, avec ça je n'en manquerai aucun !

Le gémeau prit un air blasé quand son frère brandit devant lui une catapulte construite à la main.

-C'est à ça que tu travailles depuis des jours ? Mais tu te moques de moi ?

-Pas du tout, j'ai trouvé un nouveau mécanisme qui me permettra de surprendre ces petites pestes avant même qu'ils n'aient eu le temps de s'enfuir. Regarde, il suffit que je place mon missile ici ensuite j'ai juste à tirer là et puis…Kanon, mais où est-ce que tu vas ?

-Je te laisse dans ton délire mon frère, tes plans miteux ne m'intéressent plus.

Saga se retrouva donc seul comme un imbécile, sa catapulte à la main. Quels chats avaient fouetté Kanon, encore ? Décidément son jumeau et lui étaient bien différents : Kanon ne pouvait pas comprendre la rancune qu'il nourrissait envers les enfants tout simplement parce qu'il n'avait pas été victime de leurs humiliations. Saga lui savait quels démons dormaient en eux et il n'était pas prêt à se laisser courir sur le haricot par des sept ans d'âge immatures et capricieux.

Sans plus tenir compte de la remarque de son jumeau, Saga partit en direction des arènes il était certain que ces sales mioches devaient encore y être en train de s'entraîner. Ce moment serait parfait pour qu'il prenne sa revanche : les enfants seraient épuisés par leur entraînement, si bien qu'ils ne le verraient même pas arriver. Il profiterait alors de leur faiblesse pour les assaillir de petits caillous acérés qu'il avait pris soin de sélectionner pendant ses longues balades en solitaire. Oh oui, le moment de la vengeance était arrivé !


-Eh regardez, c'est Kanon ! Kanon, tu viens jouer avec nous ?

-Non Aiolia, répondit l'adolescent en recevant le petit garçon dans ses bras.

Les enfants l'avaient toujours adoré parce qu'il n'était jamais le dernier à faire les quatre cents coups avec eux alors évidemment, les plus petits voyaient en lui un allié de taille pour exaspérer les grands. Kanon était vraiment trop drôle et trop fort en plus, si bien que, quand ils jouaient à la bagarre, tous les enfants se disputaient pour l'avoir dans leur équipe.

-Oh c'est nul ! Qu'est-ce qui t'amène alors ?

-J'ai une information à vous donner. Saga est très en colère contre vous.

-Mais il est toujours en colère contre nous, répliqua Angelo en les rejoignant.

C'est vrai quoi, c'est Saga qui ne les aimait plus. Eux ils n'étaient encore que des tous petits, ils avaient besoin de jouer mais Saga les prenait maintenant de haut parce que lui il était presque un adulte et qu'il les trouvait trop nuls. Mais c'est lui qui était nul, ça oui ! Kanon s'assit par terre tout en rassemblant les enfants autour de lui même Mu et Shaka étaient de la partie quand il s'agissait de calmer les ardeurs de Saga.

-Bon, alors écoutez-moi bien…

Kanon leur expliqua le plan qu'il avait mis en place pour que son jumeau ne puisse pas leur faire de mal. Il adorait son frère, vraiment, mais il ne pouvait pas se permettre de le laisser s'en prendre délibérément aux enfants. Il devait se comporter en être responsable et sa conscience lui disait que Saga allait trop loin cette fois. Il se devait de protéger les plus faibles et, dans le cas présent, les plus faibles c'était les apprentis chevaliers. Et puis il n'allait rien faire de mal…juste prendre Saga à son propre jeu et lui montrer que ce qu'il faisait était mal. En plus il était certain que ça plairait beaucoup aux enfants, qui trépignaient déjà d'impatience à l'idée de faire une bêtise. Maintenant il ne leur restait plus qu'à tout mettre en place…


-Très bien monsieur, je vous recontacte rapidement pour vous transmettre les résultats.

-Mais, vous ne pouvez pas déjà émettre un avis ?

-Je suis désolé, je ne peux me prononcer uniquement sur des théories. Les résultats ne mettront pas longtemps à revenir, je vous tiens au courant le plus vite possible.

Skorpios était très contrarié : il pensait qu'il allait savoir aujourd'hui ce dont souffrait son élève mais non, la médecine était un lent processus auquel il fallait se soumettre. Maintenant il devait donc se contenter de patienter pour savoir si oui ou non Milo était malade et ça, ça le rongeait. Il ne voulait pas attendre il voulait savoir maintenant et tout de suite si son élève adoré était malade mais il ne pouvait tout de même pas faire un scandale et puis… ça ne changerait rien. Il dut donc se résoudre à rejoindre les enfants qui l'attendaient dehors. Camus avait pris un air exaspéré comme Milo lui cassait encore les oreilles avec des histoires à dormir debout.

-On peut rentrer, maître ?

-Oui Milo, on y va.

-Et je suis pas malade alors ?

-Je n'en sais rien Milo, on doit attendre encore un peu.

-Moi je suis sûr que je suis pas malade !

-Eh bien dans ce cas, j'espère que tu as raison mon bonhomme.

Milo sautilla joyeusement près de lui, tenant fermement son meilleur ami par la main il avait tellement hâte de retrouver Scorpii ! Son bébé lui avait tellement manqué ! Mais malgré l'euphorie de son ami, Camus ne put s'empêcher de froncer les sourcils lui aurait bien aimé être certain que Milo n'était pas malade mais malheureusement il avait un très mauvais pressentiment à son sujet. Il espérait de tout cœur se tromper mais il savait que si son pressentiment devenait réalité, il devrait ramasser son meilleur ami à la petite cuillère.

Quand ils arrivèrent au onzième temple, ils eurent la mauvaise surprise d'y croiser la vierge qui s'en allait. Aussitôt, Skorpios se mit en colère; depuis quand SON meilleur ami recevait-il la visite des autres chevaliers pendant son absence ? Qu'est-ce qu'il tramait encore ?

-Cristal !

-Pas la peine de beugler comme ça Skorpios, je peux sentir ton aura à des années lumières !

-Depuis quand est-ce que tu es ami avec lui ?

-Depuis de très nombreuses années.

-Ah oui ? Et je peux savoir ce qu'il faisait ici ?

-On discutait, répondit le maître de Camus en fronçant les sourcils. Son ami se mettait bien trop facilement en colère et Cristal n'appréciait que moyennement sa manie à toujours vouloir contrôler sa vie.

-Et vous discutiez de quoi ?

-De choses et d'autres. Je peux savoir ce qui te prend ? J'ai encore le droit de recevoir qui je veux chez moi et quand je le souhaite. Tu sais à quel point j'ai horreur de ce comportement !

Les deux adultes se toisèrent un instant sous les regards mi gênés, mi fascinés de leurs élèves. C'était tellement rare que les enfants les voient de cette manière que maintenant qu'ils en avaient l'occasion, ils se délectaient pleinement de cette scène qu'ils trouvaient trop amusante. Leurs maîtres pouvaient bien en démentir, eux ils savaient à quel point ils s'aimaient très fort. Ils pouvaient le sentir parce que eux aussi ils s'aimaient très fort comme ça, même encore plus fort !

-Je suis désolé, répondit Skorpios en soupirant, cette journée m'a littéralement épuisé. Excuse-moi.

Oh ce n'était même pas drôle ! Les deux adultes se réconciliaient beaucoup trop vite et sans même se battre et ça, c'était trop embêtant. Eux ils voulaient du combat, du vrai, et des retrouvailles toutes tendres mais non, ils se contentaient de se sourire tout en se tenant la main. Aucune action, aucun cri d'indignation…Vraiment, les films et les livres de Camus étaient bien plus passionnants, si bien que Milo comptait bien se débrouiller pour s'éclipser avec son meilleur ami.

-Il est où notre enfant maître Cristal ?

-Milo, je t'ai déjà dit que…

-Je sais Camus, mais que tu le veuilles ou non Scorpii est à nous et on doit le traiter comme notre enfant. C'est toi qui me l'a offert alors en faisant ce geste tu as accepté ta part de paternité !

-Je n'ai rien accepté du tout. Je t'ai fait ce cadeau justement pour que tu arrêtes de m'ennuyer avec tes histoires de bébé.

-Ne sois pas si méchant, je suis certain que tu l'aimes tout autant que moi.

Ça, Camus en doutait sérieusement : lui ne traitait pas l'arachnide comme leur progéniture en tentant de lui enseigner l'art de bien se tenir à table et de prendre son bain, non. Il se contentait simplement de l'héberger quand Milo venait se faufiler au onzième temple et, en cas d'extrême urgence, il le nourrissait mais leur relation s'arrêtait là. Scorpii était un scorpion et lui était un enfant, point. Il ne comprenait pas pourquoi son meilleur ami s'entêtait à vouloir l'éduquer alors qu'il n'était même pas certain que l'animal soit en mesure de le comprendre.

-Oh mon bébé ! Regarde, papa et maman sont revenus, on ne te quitte plus maintenant.

-Euh, Milo ?

-Oui quoi ?

-Je peux savoir de qui tu parles quand tu dis ''maman'' ?

-Bah de toi, ça coule de source non ? Tu es bien plus efféminé que moi.

-Je te demande pardon ?

Et voilà que maintenant, c'était les deux adultes qui se délectaient de la petite dispute qui avaient lieu entre les deux enfants. Ils étaient si mignons à se chamailler de la sorte un vrai petit couple d'amoureux de sept ans et c'était peu dire ! Ils étaient aussi têtus l'un que l'autre alors parfois, leur petit scène de ménage pouvait durer des heures les chevaliers espéraient que cette fois ils feraient court.

-Mais oui bien sûr, regarde-toi avec tes jolies joues pâles et ton visage fin tu…

-Milo, tu viens officiellement de mettre un terme à notre cohabitation nocturne. A partir d'aujourd'hui je ne veux plus que tu dormes avec moi.

-Quoi ? Mais enfin pourquoi ?

-Au cas où tu ne l'aurais pas encore remarqué je suis un garçon alors il est hors de question que tu me traites comme une fille. Si tu veux tellement que Scorpii ait une maman, va donc voir Aphrodite !

Ce que son meilleur ami pouvait être susceptible ! Milo trouvait que c'était plutôt un compliment qu'il le compare à une fille. Après tout, les filles étaient si jolies et si douces le portait craché de son Camus. Oui parce que Camus n'avait rien de l'horrible virilité masculine qui caractérisait si grossièrement les garçons au contraire il était la finesse et le charme incarné, ce qui faisait littéralement fondre Milo.

-Mais enfin, ne le prend pas comme ça. Je voulais simplement dire que tu es si raffiné et si distingué que tu remplirais à merveille le rôle de mère mais je ne t'ai jamais pris pour une fille mon Camus, je sais que tu es le meilleur de tous les amis du monde et que tu es un garçon. Je ne veux pas qu'Aphrodite soit la maman de Scorpii, je veux que ce soit toi ! Mais si tu veux on peut être deux papas ?

C'est que Milo débordait de ressources dans sa caboche grecque quand il s'agissait d'amadouer le petit français. Il était même très doué, les adultes ne pouvaient pas le nier. Leur impression se confirma quand le futur verseau baissa sa garder et accepta de devenir lui aussi un papa à condition que Milo n'ait pas ébruiter cette stupide nouvelle dans tout le sanctuaire. C'était un secret entre eux et personne d'autre ne devait le savoir. Une fois que Milo eut juré craché, les traits de Camus s'apaisèrent immédiatement et il accepta que Milo et lui partent dans la chambre pour terminer leur histoire.

-Ils sont terribles !

-Ils me rappellent vaguement quelqu'un…

Skorpios sourit franchement il se souvenait très bien quel duo infernal ils formaient eux aussi quand ils étaient gosses. Bon…ils n'étaient certainement pas aussi têtus et ne parlaient pas encore de bébé mais tout de même, ils n'étaient pas mal dans leur genre. Ils avaient mené la vie dure à leurs maîtres…ah, c'était le bon vieux temps !

-Et si tu venais me raconter ce qu'il s'est passé ?

Le scorpion acquiesça avant de suivre son meilleur ami avec joie jusqu'à la cuisine : il avait besoin de parler à Cristal pour évacuer toutes ses émotions et puis…son ami faisait les meilleurs jus de fruits de toute la Grèce, il en raffolait !


Saga ricana comme il arrivait enfin aux arènes, sa nouvelle invention cachée derrière son dos et quelques munitions dans sa poche. Il allait enfin pouvoir savourer ce moment qu'il attendait depuis si longtemps ! Son plan était parfait, il en était certain. Tout le monde parlerait de lui au sanctuaire après ça et les enfants le respecteraient enfin, mieux encore, ils le craindraient et n'oseraient plus jamais s'approcher de lui pour l'embêter. Même Kanon serait étonné par son plan génial et arrêterait enfin de le prendre pour un fou furieux.

Mais, alors qu'il arrivait enfin à destination, il n'y trouva personne. Qu'est-ce que c'était encore que cette embrouille où diable étaient les petits monstres censés s'entraîner de façon intensive ? De deux choses l'une : soit il était réellement et indéniablement maudit, soit les apprentis chevaliers avaient décidé d'aller s'amuser au lieu de s'entraîner et, dans les deux cas, cela mettait le gémeau encore plus en colère. Il était hors de question qu'il reparte bredouille il travaillait sur ce plan depuis bien trop longtemps et il trouverait les enfants, peu importe où ils étaient cachés.

-On peut y aller, Kanon ?

-Attends encore un peu Aiolia. Mu, tu es prêt à donner le signal ?

-Oui !

Cachés derrière les lourdes colonnes qui ornaient le sanctuaire, les enfants attendaient avec impatience le signal du plus grand pour passer à l'attaque. Ils connaissaient tous leur mission et étaient prêt à l'accomplir avec un enjouement non feint comme ils aimaient pouvoir ennuyer Saga de la sorte, c'était si amusant ! Ils avaient mis un plan sur pieds en très peu de temps mais ils en étaient très fier Kanon était vraiment un très bon chef.

-Tiens-toi prêt, Mu.

Le petit garçon à la longue chevelure lilas lança un regard à Shaka qui, posté derrière une autre colonne en compagnie de Shura et d'Aldébaran tenait une longue corde d'algues salées et toutes gluantes qu'ils avaient dégotté sur la plage. Il trouvait ça si excitant d'enfin pouvoir jouer avec les autres enfants sans subir sans cesse les remarques de son maître parce qu'il se mêlait au commun des mortels.

-Attention…trois, deux, un…

-A L'ATTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAQUE !

Dès que le petit bras de Mu leur avait donné le top départ, les trois enfants s'étaient élancé vers Saga, qui n'avait même pas eu le temps de riposter tant il avait été surpris par cet assaut. Comment diable ces bébés avaient-ils su qu'il serait là ? En moins de deux, il se retrouva ligoté par les algues puantes qu'il avait en horreur et qu'il évitait comme la peste quand il se baladait sur la plage et tomba à genoux sur le sol, plié par le poids d'Aldébaran qui lui avait sauté sur le dos pendant que Shura et Shaka le désarmait. Même cette fichue soit disant réincarnation de bouddha de s'y mettait !

Vinrent ensuite les compagnons terribles du sanctuaire, en l'occurrence Aphrodite et Angelo, qui venaient de passer de longues minutes à mâchouiller du chewing-gum et qui en avaient fait de petites boulettes destinées à finir tout droit collées dans la longue chevelure du vilain gémeau. Evidemment, ils s'en donnèrent à cœur joie et n'épargnèrent pas la moindre mèche parfaitement lisse et si bien entretenue du plus grand. C'était tellement marrant ! En plus Saga ne pouvait même pas se défendre puisque maintenant Shura et Shaka s'amusaient à lui envoyer sur le torse les petites pierres qu'il avait dans sa poche.

-Bande d'animaux, lâchez-moi tout de suite !

-Pas question, s'entêta Aphrodite en lui collant un autre chewing-gum sur le sourcil.

-Je vous promets de vous le faire payer, et cher !

Saga dut arrêter de parler parce que maintenant, Aiolia avait eu la bonne idée d'entourer les cailloux de chewing-gum et il essayait à présent de les lui fourrer dans la bouche et dans le nez, ce qui n'était vraiment pas très gentil. Kanon intervint alors, se disant que Saga avait bien retenu la leçon et puis, voir son jumeau écrasé par Aldébaran et Aphrodite pendant que les autres lui faisaient subir les pires tortures, ça ne lui réchauffait pas le cœur. Il aimait son jumeau malgré tout.

-Ca suffit maintenant les enfants, laissez-le tranquille.

-Mais on s'amuse trop bien !

-Ne m'obligez pas à employer la manière forte.

Toujours en boudant, les tous petits lâchèrent Saga, qui resta malgré tout sur le sol pendant qu'il essayait difficilement de se défaire des algues qui dégageaient une forte odeur qui le dégoutait. Kanon ressentit un pincement au cœur en le voyant ainsi, agenouillé, les cheveux emmêlés et recouvert de chewing-gum.

-Attends, laisse-moi t'aider.

-Ne me touche pas.

-Saga…

-Je pensais que tu ne voulais pas te mêler de ça, Kanon. Alors pourquoi ? Ça t'a bien amusé de me tourner en ridicule j'espère ?

-Je ne pensais pas que…

-Fiche-moi la paix maintenant. Tu ne vaux pas mieux qu'eux tous réunis.

Humilié et plus que jamais en colère, Saga quitta les arènes en clopinant : Kanon avait choisi son camp il devenait officiellement son ennemi numéro un et il n'aurait aucune pitié quand le moment serait venu pour lui de se venger. Oh non, il apprécierait même particulièrement de tourner son jumeau en ridicule comme il l'avait fait aujourd'hui. Il n'aurait jamais pensé que son frère se retournerait contre lui de cette façon. Bien sûr, il savait qu'il ne partageait pas son goût prononcé pour la vengeance mais tout de même, il avait dépassé les limites du raisonnables aujourd'hui et ça, Saga ne le lui pardonnerait pas jamais.

-Il est fâché ? Demanda innocemment Mu qui n'avait pas vraiment participé à la bataille, ayant trop peur de recevoir une correction de son maître Shion.

-T'es bête ou quoi ? Bien sûr qu'il est fâché !

-Peut-être qu'il a pas de champoing contre les chewing-gums ? Proposa alors Aphrodite, prêt à offrir toute sa panoplie de produits démêlants au vilain gémeau s'il le fallait.

Les enfants regardèrent Kanon, qui n'avait pas bougé depuis tout à l'heure et là, ils surent qu'ils avaient fait une bêtise. Le gémeau semblait blessé et surtout, il semblait regretter profondément ce qu'ils avaient fait. Peut-être avaient-ils été trop loin au fond ? Il aurait tout simplement pu parler avec Saga, l'écouter et le dissuader de faire du mal aux enfants mais non, il avait usé de la force parce qu'il pensait que ce serait drôle et finalement il n'en était rien. Ce n'était pas drôle. Il avait fait du mal à son jumeau et ce n'était pas drôle du tout.

-Kanon, ça va ? Demanda le petit lion qui avait pris un malin plaisir dans la bataille.

-Tout va bien. Je veux que vous rentriez dans vos temples maintenant et que vous ne racontiez à personne ce qui s'est passé. Ce sera notre petit secret, d'accord ?

-Oui, mais Saga va le dire au grand pope !

-Fais-moi confiance, il ne dira rien.

Kanon en était persuadé. Saga avait bien trop d'amour-propre pour aller se montrer humilié de la sorte au grand pope. Il garderait cela pour lui et ça ne ferait qu'alimenter sa soif de vengeance. Qu'avait-il fait ?


-C'est trop bien !

-Non Milo, elle est morte et ce n'est pas ''trop bien'', c'est triste.

-Bah de toute façon je le savais qu'elle allait mourir ! Mais pourquoi il l'a juste tuée comme ça ? Pourquoi il ne l'a pas découpée ? Ou il aurait pu lui enlever le cerveau, ou même encore mieux : la vider de son sang !

-Parce que tout le monde n'a pas ton esprit de meurtrier sadique, Milo !

Non mais franchement, depuis quand son meilleur ami était-il devenu aussi sanglant ? Camus trouvait déjà que ce livre donnait un peu trop de détails quant à la façon dont il l'avait tuée mais Milo lui, n'en avait pas assez. Et ça c'était vraiment dégoûtant ! Il avait remarqué depuis un petit moment que son meilleur ami avait un goût prononcé pour tout ce qui touchait à la violence brute mais tout de même pas à ce point ! Milo serait certainement un guerrier sanguinaire plus tard, il ferait mieux de rester son ami plutôt que de devenir son ennemi…

-En tout cas moi, quand je serai grand, je tuerai tous mes ennemis comme ça.

Oui, il devait vraiment rester son ami.

-Arrête de dire n'importe quoi. C'est juste de la fiction, nous on aura des techniques secrètes et on aura pas à tuer comme ça.

-C'est vrai ? Oh c'est nul !

Par Athéna, faites que son ami ne bascule jamais dans le côté obscur de la force parce que Camus n'était pas certain de pouvoir l'arrêter. Quand il regardait Milo, sa petit bouille souriante et ses grands yeux dorés lui donnait un air angélique et envoûtant qu'il n'associait par du tout à un meurtrier et pourtant…au fond de lui son ami grec nourrissait des pulsions vraiment peu catholiques.

-Tu sais Camus, même si je suis malade je vais m'entraîner encore plus pour devenir un grand et fort chevalier, comme ça je pourrai te protéger !

-Je n'ai pas besoin d'être protéger, s'offensa le petit français, moi aussi je vais devenir un chevalier je te rappelle.

-Oui mais on sait jamais. Un jour tu peux avoir des problèmes et ce jour-là ne t'en fais pas, je viendrai te sauver ! Comme les preux chevaliers qui sauvent les…

-Milo, apprenti chevalier du scorpion, pour le bon déroulement de notre amitié, je te conseille de ne pas terminer ta phrase.

Oups…encore un peu et le petit garçon comparait son meilleur ami à une princesse. Pour sûr, Camus n'aurait vraiment pas apprécié ! Il lui envoya un sourire maladroit et fit alors semblant de s'intéresser au pansement collé sur son bras, pour détourner la conversation. Parce que lui il était certain que plus tard, Camus aurait besoin de son aide alors il voulait devenir le plus fort possible pour réussir à le protéger comme une princesse. Camus était sa princesse à lui et à personne d'autre alors ce serait à lui et à personne d'autre de l'aider. Même s'il devait y laisser sa vie, il ferait en sorte que rien de mal n'arrive à Camus !


-Saga, Saga ouvre-moi !

-Brûle en enfer Kanon !

L'aîné des gémeaux était enfermé depuis plus d'une heure dans la salle de bains et, malgré les nombreux soins et autres lotions dites miraculeuses qu'il avait appliquées sur sa longue chevelure, il ne parvenait pas à enlever tout le chewing-gum qui y était collé et ça le mettait en rogne ! Et son imbécile de jumeau qui essayait maintenant de se faire pardonner n'arrangeait rien à la situation : Kanon était la dernière personne qu'il avait envie de voir.

-Saga…

-Je t'ai dit d'aller te faire voir Kanon !

Il ne voyait plus qu'une seule solution pour se débarrasser de cette abomination dont il avait été victime. Avec une mélancolie non dissimulée, il ouvrit un tiroir et en tira l'objet dont il avait besoin. Quelques minutes plus tard, il sortit, sous le regard hébété et rempli de remords de son frère, qui ne savait pas quoi dire. Saga avait coupé ses cheveux courts. Ses si beaux cheveux ! Kanon détestait l'idée même d'être responsable de cet acte terrible qu'avait été obligé d'accomplir son frère. Il avait l'impression d'avoir un étranger en face de lui et ça lui brisait le cœur.

-Pourquoi est-ce que tu me fuis, Kanon ? Regarde-moi. Regarde-moi, tout ça c'est de ta faute.

Kanon eut un haut le cœur quand son frère passa à côté de lui sans même lui adresser le moindre regard. Il avait agi comme un imbécile fini. Lui qui pensait que son frère était fou l'était tout autant. Il avait trahi son jumeau la moitié de son être et maintenant il s'en voulait plus que tout. Il s'en voulait mais il ne pouvait pas revenir en arrière. Ce qu'il avait fait était impardonnable et irréversible. Saga le détestait et il ne méritait que ça il avait tout gâché. Son frère avait été obligé de se couper les cheveux ? Soit. Si c'était le prix à payer pour montrer à son frère à quel point il était désolé, Kanon était prêt à faire le sacrifice. A son tour, il pénétra dans la salle d'eau et s'y coupa les cheveux d'une manière désordonnée. Quand il croisa Saga quelques minutes plus tard, celui-ci le fixa longuement.

-Tu es pathétique Kanon. Purement pathétique.

Il avait maintenant les cheveux aussi courts que lui et pourtant, les remords occupaient encore son être tout entier. Saga le détestait, il se détestait. Il n'avait mérité que ça.


-Oh…Oh oui je…je comprends. Une anomalie grave vous dites et… quelles sont les conséquences ?

Les doigts de Skorpios se crispèrent sur le rebord de la table quand le médecin lui annonça que la vie de Milo ne serait pas longue. Il souffrait d'une anomalie cardiaque rare contre laquelle il n'existait aucun traitement si bien que la médecine était à ce jour tout juste capable d'apaiser ses douleurs mais pas de les éradiquer. Le cœur de Milo pompait beaucoup trop de sang et beaucoup trop vite, ce qui provoquait un réchauffement de cet organe essentiel, de violentes douleurs à la poitrine et, en cas d'effort intense, une mort probable. Non, ce n'était pas juste.

Skorpios reporta toute son attention sur Milo, qui jouait dehors avec Scorpii. ''Non Scorpii, tu dois rester dans le bain ! Je t'ai déjà dit que c'était important d'être propre'', pouvait-il l'entendre dire tout en le voyant tremper énergiquement le petit animal dans une bassine remplie d'eau spécialement réservée à cet effet.

-Le mieux pour lui serait qu'il renonce à devenir chevalier.

-Il n'acceptera jamais.

-Je sais que c'est une nouvelle difficile à entendre mais…il n'y a pas d'autre solution.

-Milo n'acceptera jamais de laisser Camus.

Oui Skorpios était persuadé que devenir chevalier n'intéressait pas son élève tant que ça. Ce qu'il voulait, c'était rester avec Camus et devenir fort pour le protéger. Il ne voulait rien d'autre.

-Non, non non non et non !

-Milo c'est dangereux, tu ne peux pas faire trop d'efforts.

-je veux rester ici !

Comme le scorpion s'en était douté, Milo avait fondu en larmes quand il lui avait annoncé qu'il était préférable qu'il quitte le sanctuaire. Devenir chevalier lui demanderait beaucoup trop d'efforts et augmenterait encore le risque que son cœur lâche. Alors, même si Skorpios répugnait à cette idée, il s'était lui aussi convaincu que, pour le bien de Milo, il devait renoncer à son futur statut de chevalier. Il adorait son élève plus que tout et il ne voulait pas qu'il prenne le moindre risque. C'était en soi très stupide puisque Milo pouvait mourir n'importe quand, quoi qu'il fasse mais le chevalier s'en serait voulu éternellement s'il n'avait rien fait pour le préserver.

-Milo écoute-moi.

-Non ! Camus dit-lui !

Pour que ce soit plus facile à entendre, Skorpios avait demandé au verseau et à son élève de venir. Non seulement Cristal était un allié dont il aurait bien besoin et en plus, Camus avait le droit d'être tenu au courant de l'évolution des choses. Si Milo devait quitter le sanctuaire, Camus avait le droit de le savoir. Son élève avait d'ailleurs tout naturellement trouvé refuge entre les bras du petit français quand Skorpios avait commencé à parler et maintenant, une peur panique s'était emparée de lui à l'idée de ne plus jamais le revoir.

-Ne t'en fais pas Milo, ça va aller. Tu vas rester ici.

Oui parce que le français était bien déterminé à garder son meilleur ami avec lui. C'était très égoïste de sa part parce qu'il savait que Milo risquait gros s'il s'entêtait à devenir chevalier mais c'était son ami alors il devait l'aider. Les adultes ne pouvaient pas comprendre ce que Milo ressentait lui il le pouvait. Lui il comprenait son meilleur ami il percevait à quel point son aura était affolée et ça lui faisait mal de sentir ça. Il savait que Milo ne supporterait pas d'être séparé de ses attaches encore une fois et pas seulement de lui de son maître Skorpios et du sanctuaire aussi. Milo était un petit garçon si sensible et si fragile au fond de lui qu'une nouvelle séparation aurait raison de lui, Camus en était certain et c'était hors de question qu'il laisse une telle chose arriver.

-Camus ne lui dit pas ça. Milo doit partir, tu lui fais du mal en lui mentant.

-Non c'est vous qui lui faites du mal ! Milo a le droit de choisir ce qu'il veut faire ou non. Il a le droit de décider et s'il veut rester vous ne pouvez pas l'en empêcher.

-Milo n'est encore qu'un enfant, il ne peut pas choisir tout seul.

-Et alors ? Vous vous êtes un adulte et vous faites encore des erreurs. Et si vous en faites encore c'est parce que quand vous étiez petit on ne vous a pas laissé prendre vos propres décisions. Milo est assez grand pour savoir ce qui est bon ou non pour lui. S'il veut devenir chevalier alors vous devez le laisser faire.

Cristal était tellement fier de son petit élève ! Camus avait beaucoup appris pendant ces quelques années et maintenant il était devenu un petit garçon très mature et réfléchi. Il n'aurait bientôt plus grand-chose à lui apprendre des valeurs humaines tant il était devenu habile.

-Cristal, dis quelque chose.

-Camus a raison Skorpios. Je sais à quel point tu as peur, dit-il en posant une main sur son épaule, je sais à quel point tu veux le protéger mais Camus a raison. Tu ne peux pas choisir pour lui. Regarde-le, est-ce que tu penses que l'éloigner du sanctuaire serait une bonne chose ?

Le scorpion planta son regard sur son élève, qui sanglotait bruyamment, collé contre Camus et son cœur se serra aussitôt. C'est vrai Cristal avait raison. Milo avait construit une vie dans ce sanctuaire il s'était fait des amis, un meilleur ami et maintenant il ne voulait plus se séparer de lui. Lui, Camus et les autres étaient sa seule famille les seuls qui comptaient pour lui et il ne voulait pas les perdre.

-Milo, viens là.

-Non, répondit le petit grec en se serrant un peu plus étroitement contre son meilleur ami, vous voulez plus de moi, c'est pour ça que vous voulez que je parte parce que comme je suis malade je deviendrai pas un fort chevalier.

-Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes, Milo ? Bien sûr que je veux encore de toi. Je me fiche de savoir si tu deviendras ou non un fort chevalier, je sais que tu en es capable. Je ne veux simplement pas que tu sois encore plus malade à cause de moi. Je ne veux pas que tu souffres.

-Mais je souffrirai si je pars. J'aurais encore plus mal au cœur si je peux plus vous voir et Camus non plus. Je veux rester avec vous, s'il vous plaît.

-Moi aussi je veux qu'il reste, renchérit Camus en fusillant Skorpios du regard pour le dissuader de le séparer de son meilleur ami.

Skorpios soupira que pouvait-il bien faire contre ces petites têtes de mules ? Il n'avait aucun pouvoir et puis…ça lui briserait aussi le cœur de ne plus jamais voir Milo. Il ne se sentait plus la force de séparer les deux enfants qui semblaient si soudés dans la douleur. Il était certain que, quoiqu'il arrive, Camus prendrait soin de Milo comme il l'avait toujours fait jusqu'à maintenant et dans un sens, ça le rassurait beaucoup que son petit élève soit tombé sur une personne comme Camus avec un maître comme Cristal, le petit garçon ne pourrait devenir qu'une personne formidable.

-C'est d'accord, soupira-t-il. Mais je veux que tu fasses attention Milo, ajouta-t-il comme il voyait déjà son élève se jeter sur Camus. Et si jamais il y a trop de complications, tu me promets que tu accepteras tous les soins nécessaires sans rechigner.

-Promis !

Skorpios saisit la main que Cristal avait laissée sur son épaule et il la serra doucement. Devant eux, Milo et Camus avait déjà recommencé à se chamailler pour des futilités, comme ils le faisaient toujours. Ils avaient déjà oublié la maladie de Milo et cette mauvaise période qu'ils allaient traverser ils étaient ensemble et c'est tout ce qui comptait pour eux. Le monde pouvait bien entrer en guerre, tant qu'ils restaient ensemble ils n'avaient peur de rien. Skorpios sut alors qu'il avait pris la bonne décision.