Hey tout le monde :)
Alors venez à présent découvrir nos petits chevaliers à 8ans. Un chapitre d'un ton un peu plus léger que le précédent (oui parce que entre la maladie de Milo et la mort de Rhadamanthe [cf: Don't tell me that it's over], je sombrais peu à peu dans la dépression :P).
Hum,bref. J'espère que vous aimerez et encore merci à tous ceux qui prennent le temps de laisser une petite trace :D 3
Bisous bisou!
-Ca va, Milo ?
-Oui, oui, répondit le petit garçon en s'appuyant contre la paroi rocheuse de la montagne qu'il était en train de gravir avec les autres en guise d'entraînement, tu peux continuer je vais…
-Grand poooooooooope ! Milo est malaaaaaaaaaade ! Il va mouriiiiiiiiiiir !
Ça, c'était Aphrodite qui venait de les rejoindre, qui ne savait absolument pas ce qu'il s'était passé mais qui avait vu que Milo était essoufflé et surtout, surtout, que ce petit prude de Camus était resté avec lui et ça, ce n'était pas normal du tout. Non parce que le petit verseau était toujours dans le peloton de tête d'habitude et il n'aurait abandonné sa première place pour rien au monde ça le rendait bien trop fier. Donc quand Aphrodite avait vu que Camus s'était arrêté, une grosse alarme rouge s'était déclenchée dans son cerveau : Milo allait mourir. C'était la seule explication plausible pour expliquer l'abandon de son panache.
-Mais tais-toi donc, Aphrodite !
-Dépêchez-vouuuuuus ! C'est graaaaaaaaaave !
Camus lui avait adressé la parole donc évidemment que ce qu'avait Milo devait être grave sinon pourquoi ce petit snob lui aurait-il parlé ? Oui ça devait être ça : Milo était malade, gravement, alors Camus n'était plus totalement maître de lui-même et il s'était abaissé, lui l'homme le plus proche des dieux à parler avec un simple mortel et…Ah non, là il confondait avec Shaka mais de toute façon il n'y avait pas de grande différence entre eux ils étaient tous les deux hautains, du point de vue du petit poisson en tout cas qui, il fallait bien l'avouer, avait qualifié d'hautain tous ceux qui ne lui avaient pas fait de compliments sur sa nouvelle coiffure à savoir Camus, Shaka, Milo, Mu, Aldébaran, Saga et…une bonne moitié du sanctuaire. Il n'y avait qu'Angelo, Aiolia, Shura et Kanon qui avaient su déceler en lui ce changement qui le rendait encore plus sublime.
Le petit français fronça dangereusement les sourcils comme il aidait Milo à s'asseoir sur un rocher tout proche : cette petite fouine d'Aphrodite ne pouvait pas s'empêcher de venir fourrer son nez dans leurs histoires. Milo était simplement essoufflé, ils allaient repartir mais non, il avait fallu que ce fichu poisson débarque et déclenche l'alerte tsunami. Parce que c'était vraiment ça, Aphrodite était une sonnette d'alarme ambulante et il ne perdait pas une seule occasion à user de sa voix stridente et horriblement aigue que lui qualifiait évidemment de mélodieuse et douce. Maintenant il pouvait déjà sentir le cosmos du grand pope se rapprocher et ça n'arrangeait vraiment pas ses affaires : il n'avait pas envie que son ami soit obligé de rester au lit après ça, c'était vraiment nul !
-Qu'est-ce qu'il m'agace, dit-il à l'attention de Milo, qui reprenait doucement des couleurs.
-Je t'autorise à le frapper, si tu veux.
-C'est gentil mais je ne pense pas que tu disposes de l'autorité nécessaire.
-Dans mon monde à moi j'ai tous les droits, tout est toujours question de subjectivité.
Camus sourit Milo utilisait ce nouveau mot à tout bout de champs maintenant qu'il en connaissait la signification et il se sentit très fier : il avait passé près d'une demi-journée à expliquer à son meilleur ami la différence entre subjectivité et objectivité, si bien que maintenant Milo essayait toujours de faire des phrases dans lesquelles il pouvait employer ces mots. Bon, il n'était pas certain que Milo ait tout compris de ce qu'il lui avait dit mais il avait saisi l'essentiel du concept, Camus n'en demandait pas plus.
-Qu'est-ce qu'il y a, Aphrodite ?
-Regardez grand pope, hurla encore le poisson en le tirant par la main, Milo est malade !
Sans rien avoir demandé, Milo se retrouva entouré du poisson et du grand pope et ça, ce n'était vraiment pas une situation qu'il appréciait, oh non ! D'un côté Aphrodite lui criait dans l'oreille qu'il allait mourir et de l'autre, Shion parlait d'une voix lente et morne tout en lui tripotant la poitrine pour voir s'il respirait encore. Bien sûr qu'il respirait encore, quelle drôle d'idée ! Ça c'était l'excuse bidon pour toucher son torse musclé, il le savait. Dommage que Camus ne voulait pas savoir si son cœur battait toujours, pensa-t-il d'un air boudeur. Il s'en fichait bien lui que le vieux grand pope palpe ses petits muscles d'enfant, il voulait impressionner Camus !
-Tout a l'air d'être rentré dans l'ordre, déclara finalement le grand pope.
-Vous êtes sûr ? Camus, tu veux pas vérifier si mon cœur bat toujours dis ?
-Non Milo, je fais entièrement confiance au grand pope, répondit le petit français qui savait que la nouvelle lubie de son meilleur ami était qu'il découvre sa ''musculature d'apollon''.
D'ailleurs la mine déçue du mini scorpion n'échappa pas à son œil de lynx et ce comportement le fit sourire : quand Milo comprendrait-il enfin que c'est aux filles qu'il devait montrer ses muscles, pas à lui ? Non, parce qu'il commençait sérieusement à se poser des questions parfois, l'attitude que Milo avait envers lui était étrange et l'inquiétait un peu.
-Il est tout de même préférable que tu rentres, Milo. Je vais demander à Kanon de te raccompagner au huitième temple.
-Quoi ? Mais non, je vais mieux, j'ai plus mal et…je veux rester avec Camus !
-Milo on avait passé un accord avant de partir, tu as promis que si tu te sentais mal tu rentrerais.
-Oui mais…
-Milo ne discute pas !
Le petit scorpion sursauta quand son meilleur ami lui cria dessus qu'est-ce qui lui prenait ? Depuis qu'il avait découvert qu'il était malade, Camus passait son temps à lui crier dessus. ''Milo ne fais pas ça'', ''Je t'ai dit d'arrêter'', ''Si tu continues je m'en vais'', ''Non tu ne peux pas venir jouer, c'est trop dangereux''… C'était toujours la même chose ! Pourtant Milo lui, il se sentait en pleine forme il était juste un peu fatigué quand il faisait trop d'efforts et son petit cœur le faisait souffrir mais la douleur ne durait jamais longtemps. Alors pourquoi est-ce que Camus voulait toujours qu'il aille au lit quand il avait mal ? Est-ce qu'il avait honte que les autres le voient comme ça ? Ou bien peut-être qu'il ne voulait plus être son ami parce qu'il était malade ? Oh ce serait terrible ! Pourtant il avait promis qu'il resterait à ses côtés….
-Je suis d'accord avec le grand pope, tu dois rentrer te reposer.
-Mais pourquoi ?
-Parce que tu es malade.
-Malade, malade, tout est question de subjectivité.
-Arrête ça, ce n'est plus le moment de jouer. Tu rentres et tu ne discutes pas.
Le grand pope n'intervint pas dans la petite querelle entre les deux enfants. Il était étonné de voir à quel point le petit Camus d'habitude si calme et réservé pouvait être autoritaire quand il s'agissait de faire obéir Milo. Ça relevait presque de l'autorité parentale. C'était aussi très amusant de voir comment le petit scorpion essayait par tous les moyens de le faire changer d'avis. Toutes les excuses étaient bonnes à prendre, même le coup du ''Je ne veux pas partir sinon tu vas rester tout seul avec les autres et je ne veux pas que tu deviennes ami avec eux''. Ce que Milo pouvait être possessif ! Shion reconnaissait bien en lui le caractère de Skorpios, qui en avait fait voir de toutes les couleurs à Cristal quand ils étaient enfants. Il l'entendait encore hurler ''Cristaaaaaaal. Tu es MON meilleur ami, ne l'oublie pas. Si tu joues avec eux, je te promets que je pleure !''. Oh au début, le verseau avait cédé à ses caprices mais avec le temps il avait appris à apprivoiser le caractère étouffant du scorpion et il s'était fait de nouveaux amis, même si Skorpios avait toujours gardé une place privilégiée dans son cœur, il n'en doutait plus.
-Pourquoi tu me jettes ? Pleurnicha Milo comme Kanon s'approchait déjà pour le ramener au huitième temple.
-Oh mais je ne te jette pas Milo, arrête de prendre cet air de chien battu !
-Si tu m'jettes. Tu veux plus être mon ami, c'est ça ?
Camus leva les yeux au ciel : c'était toujours la même rengaine dès qu'il lui faisait une remarque Milo partait dans le mélodrame et s'inventait une histoire abracadabrante dans son esprit dérangé. Camus avait eu droit à toutes sortes de versions tout aussi folles les unes que les autres : il avait honte de lui, il avait trouvé un nouveau meilleur ami, il avait peur d'être contaminé par sa maladie, il le trouvait nul, il le trouvait moins beau,…Et encore bien d'autres qu'il avait oubliées tant elles étaient stupides et dépourvues de sens.
Pourtant il n'avait jamais pensé à de telles choses il savait simplement que Milo était malade et que faire des efforts était dangereux pour lui alors Camus ne cherchait pas plus loin il stoppait Milo dès que celui-ci souffrait mais voulait jouer la mauvaise tête. Bon d'accord, parfois il était peut-être un peu brusque mais c'était pour son bien. Il ne voulait pas que son meilleur ami soit chassé du sanctuaire !
-Qu'est-ce que tu racontes, dit-il en s'approchant de lui, je veux toujours être ton ami, tu le sais très bien.
-Alors pourquoi je peux pas rester avec toi ?
-Parce que c'est trop dangereux. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, d'accord ?
Oh c'était tellement mignon que son Camus s'inquiète pour lui comme ça ! Milo n'aurait jamais pensé qu'il tenait tant à lui et le découvrir le gonflait de bonheur et de fierté. Les autres enfants n'avaient qu'à bien se tenir il n'était pas né celui qui lui prendrait son meilleur ami, ça non ! Camus était à lui et à lui tout seul.
-D'accord…mais tu viens me voir après ?
-Bien sûr.
-Promis ?
-Promis.
-Sûr sûr sûr ?
-Sûr sûr sûr.
-Certain ?
-Certain.
-Juré craché ?
-Milo, on ne doit pas jurer, c'est mal ! Et puis je t'ai déjà dit que c'était promis alors arrête de jouer au parano.
Milo s'excusa comme il lui faisait un bisou sur la joue puis il suivit Kanon sans rechigner, laissant derrière lui un Camus blasé, un Shion soulagé et un Aphrodite ravi d'avoir tant entendu parler le petit verseau : dès qu'il retrouverait Angelo et Aiolia, il pourrait tout leur raconter, ça allait être trop bien ! En plus, comme Camus n'en saurait jamais rien, il pourrait même mentir un peu…Oh il adorait mentir, s'il n'avait pas été choisi pour être chevalier d'or, il serait certainement devenu menteur professionnel !
-Han beurk, c'est dégoûtant !
-Moi je te crois pas.
-Mais puisque je vous dis que c'est vrai ! Sur la bouche !
-Tais-toi Aphro, tu vas me faire vomir !
Oui parce qu'Aiolia trouvait ça vraiment dégoûtant que Milo ait embrassé Camus sur la bouche comme le leur disait Aphrodite. Il avait toujours su que son camarade était bizarre mais tout de même pas à ce point-là ! Et en plus avec Camus quoi ! Bon c'est vrai, le petit verseau était mignon mais quand même, c'était un garçon ! Beurk ! Quand il dirait ça à son maître, il n'allait pas en croire ses oreilles…quoique non, il ne lui dirait rien sinon il serait capable de l'empêcher d'approcher Aphrodite. Parce que le petit poisson avait l'air totalement fasciné par ce qu'il avait vu, c'était ça le pire ! Le lionceau ne tenait pas à être victime de ses fantasmes, ça non !
Aphrodite riait sous cape : quoi de mieux pour se moquer de Milo et Camus que de raconter à tout le monde qu'il les avait vus s'embrasser ? Et sur la bouche en plus ! En plus il était certain que ça aurait très bien pu arriver si Shion et Kanon n'avaient pas été là quelque chose se tramait entre ses deux camarades mais il n'arrivait pas à deviner de quoi il s'agissait exactement. Oh qu'est-ce qu'il aurait aimé pouvoir assister à un vrai baiser de cinéma ! Mais non, il avait fallu que Milo embrasse Camus sur la joue, ce n'était vraiment pas drôle. Alors Aphrodite avait décidé de déformer légèrement la scène pour qu'elle devienne plus attrayante. Et puis avec un peu de chance, il finirait bien par rencontrer un de ses petits camarades qui ne trouverait pas ça répugnant et qui pourrait lui faire un vrai baiser de grand ! Oh il voulait trop savoir comment c'était !
-Franchement Aphro, j'ai du mal à te croire !
-Mais je t'assure Angelo ! Je l'ai vu, je suis ton ami, tu es obligé de me croire !
-Ben non c'est pas possible, deux garçons ne peuvent pas s'embrasser. C'est comme les aimants, si tu approches deux mêmes bornes et ben elles se repoussent. Les bisous entre les garçons c'est pareil.
-Et moi je te dis que c'est possible !
-Et moi que non !
-On a qu'à essayer et comme ça tu verras que j'ai raison.
L'apprenti cancer s'arrêta net de parler avant de violemment rougir : est-ce que son ami venait vraiment de lui proposer de l'embrasser ? Non, Aphrodite devait se moquer de lui comme toujours. Pourtant il le regardait avec détermination, comme s'il était vraiment prêt à passer à l'acte là, maintenant, devant tout le monde. Ah ça non, Angelo refusait que son meilleur ami l'embrasse à la vue de tous. Et puis il était persuadé que c'était impossible, deux garçons ne pouvaient pas s'embrasser sur la bouche.
-T'es bête, je te dis que c'est pas possible.
-Puisque tu en es si certain, pourquoi est-ce que tu ne m'embrasses pas ? Moi je dis que tu as peur !
-N'importe quoi !
-Si tu as peur. T'es un bébé, t'es un bébé, t'es un…
-Très bien ! On se retrouve sur la plage après l'entraînement et je t'embrasserai. Comme ça tu verras que c'est pas possible !
Victoire ! Aphrodite était vraiment trop talentueux quand il était question de pousser son ami à bout. Et grâce à ce talent inouï, il allait enfin avoir son baiser de cinéma et avec Angelo en plus ! Que demander de mieux ? Il trouvait que son ami serait parfait pour son premier baiser, il correspondait tout à fait au type d'homme qu'il aurait rêvé d'avoir comme prince charmant. Aiolia les dévisagea alternativement, ne pouvant pas croire que ses amis allaient vraiment…s'embrasser ! Beurk et beurk quoi !
-Han vous êtes trop dégoûtants !
-Si tu veux tu peux venir avec nous, comme ça on essayera tous les trois !
-Non mais ça va pas la tête ? Tu dis vraiment que des conneries Aphrodite. Moi je m'en vais, je refuse de rester avec des garçons qui se font des bisous entre eux, beurk !
-Dommage, enfin si tu changes d'avis tu sais où nous trouver !
Le petit poisson ne comprenait vraiment pas la réaction de son ami lion il n'y avait rien de mal à faire un bisou aux gens qu'on aime, si ? Et lui il aimait bien Angelo, même s'il était chiant et que parfois il avait envie de le frapper. Puis une bouche c'était une bouche, que ce soit celle d'une fille ou d'un garçon c'était la même chose pour lui. Aiolia était encore trop immature pour comprendre, malheureusement…peut-être que quand ils seraient plus grands il le laisserait lui faire un bisou. Ce serait trop bien !
-C'est génial, dit-il en plantant ses yeux brillants dans ceux de son ami, tu vas m'embrasser !
-Ouais bah ne te fais pas trop d'illusions quand même, je suis certain que ça va pas marcher.
-Moi je suis sûr que si !
Oh oui, Angelo allait l'embrasser et ce serait tellement bien qu'il recommencerait tout le temps ! En plus Aphrodite avait menti sur le baiser qu'il avait vu entre Milo et Camus, c'est vrai, mais il avait déjà vu son maître Alphée embrasser un autre garçon et ça c'était pas un mensonge ! Il avait même été tout gêné après et il avait trouvé ça bizarre comme Aiolia mais maintenant il avait envie d'essayer lui aussi. Puis si son maître avait embrassé un autre garçon, c'est que c'était bien et surtout, que c'était possible ! Bon, il n'allait pas le dire à Angelo sinon il était bien capable de se défiler mais tout de même, il avait hâte d'être ce soir !
-Hé ! Où tu vas comme ça ? Demanda le petit cancer comme il voyait déjà son meilleur ami filer vers le sanctuaire alors que le grand pope ne les avait même pas autorisés à partir.
-Je me dépêche de rentrer comme ça je vais m'entraîner à faire des bisous !
Oh par Athéna, que quelqu'un vienne le sauver ! Son ami était vraiment cinglé parfois ! Angelo avait accepté ce baiser parce qu'il était certain que ça ne marcherait pas sa théorie des aimants était très crédible et logique pour son esprit rationnel. Aphrodite allait perdre son temps à ''s'entraîner à faire des bisous'', le petit cancer en était certain. N'empêche que si jamais il s'était trompé…il aurait trop honte après ! Bon si jamais il voyait que sa théorie ne marchait pas, il pourrait toujours frapper Aphrodite, pas vrai ? Oui c'est ça, si jamais leurs bouches ne se repoussaient pas il lui donnerait un gros coup de poing et le petit poisson penserait qu'il s'était trompé. Oh mais c'est qu'il pouvait être intelligent quand il voulait !
-Faites attention, il va vous faire un bisou sur la bouche comme à Milo !
Mu et Aldébaran froncèrent les sourcils comme Aiolia pointait du doigt leur copain Camus d'un air de profond dégoût. Copain Camus qui d'ailleurs ne comprenait strictement pas de quoi il parlait depuis quand avait-il embrassé Milo sur la bouche ? Il n'était pas au courant en tout cas. A tous les coups, son meilleur ami avait encore dû inventer une histoire pour se donner de l'importance ! Ah ce qu'il pouvait énerver Camus quand il agissait de la sorte. Mais d'habitude ce n'étaient que de petits mensonges dans lesquels il n'était pas directement impliqué là il allait vraiment trop loin !
-Tu as vraiment embrassé Milo sur la bouche, Camus ?
-Quoi ? Mais bien sûr que non ! C'est certainement lui qui a encore inventé ça. Je lui en parlerai au goûter.
Et Milo avait tout intérêt à avoir une bonne explication s'il ne voulait pas que Camus le prive du gâteau au chocolat qu'il avait lui-même préparé pour Milo, parce qu'il le lui avait demandé. C'était tout de même un comble il faisait tout ce qu'il voulait et son meilleur copain allait quand même raconter des mensonges à son sujet. S'il continuait comme ça, il allait se montrer exécrable avec lui, comme ça peut-être qu'il arrêterait ses bêtises. Que Milo le prenne pour sa petite copine quand il était dans son délire de ''papa-maman'', Camus pouvait encore l'accepter, mais qu'il ait raconter à tout le sanctuaire qu'il l'avait embrassé sur la bouche, c'était inadmissible ! Vraiment, son meilleur ami commençait à lui faire peur !
-Bon alors j'ouvre la bouche, che chors la langue comme cha et che tourne.
Si Alphée n'avait pas déjà été assis, il en serait tombé sur les fesses : pourquoi diable son élève essayait-il d'embrasser son doudou comme ça ? Et c'est qu'il s'appliquait en plus de ça ! Il n'aurait jamais pensé qu'à cet âge-là, son élève se serait déjà intéressé aux petits plaisirs des adultes. Même lui n'avait embrassé sa première conquête qu'à l'âge de dix ans, ce qui était tout de même deux ans plus vieux et en deux ans, on pouvait acquérir beaucoup de maturité. Mais Aphrodite n'avait que huit ans, c'était tout de même très précoce ! Après plusieurs tentatives de ''bisou parfait'', il vit le petit poisson jeter le doudou sur son lit avant de filer vers lui en courant. Une fois qu'il fut arrivé à destination, il se hissa sur ses genoux et le fixa d'un air sérieux.
-Maître, j'ai quelque chose à vous demander.
-Je t'écoute, répondit Alphée en craignant le pire qu'est-ce qu'Aphrodite allait bien pouvoir lui demander ?
-Mais c'est important hein, alors vous devez me répondre !
-D'accord, mais je ne peux pas te répondre si tu ne me poses pas ta question.
-Je voudrais que vous m'appreniez comme on fait…les bisous…
-Q-Quoi ?
Non mais qu'est-ce que c'était encore que cette mauvaise blague ? Il n'était pas préparé à ça, lui ! Ce n'était pas son rôle ! L'art d'embrasser comme un dieu était une chose qu'Aphrodite devait apprendre seul. Shion aurait mieux fait de l'écouter quand il lui avait dit qu'il devrait mettre en place un atelier ''je découvre l'adolescence'', au moins il ne serait pas dans un tel embarras aujourd'hui ! Quoique, son élève était encore loin d'être un adolescent mais…qui aurait pu prévoir qu'il serait si précoce ? Pas lui en tout cas !
-Et un vrai bisou de grands hein, avec la langue.
Par Athéna, s'il n'était pas déjà rouge de honte, maintenant c'était fait. Depuis quand Aphrodite savait que les bisous de grands se faisaient avec la langue ? A son âge, Alphée pensait encore que la langue lui servait juste à parler jamais il n'aurait pensé qu'on devait l'utiliser pour donner un baiser à quelqu'un. Et d'ailleurs il était fermement persuadé que tous les autres enfants pensaient la même chose aujourd'hui évidemment le seul gosse qui voulait savoir ce genre de choses existentielles à huit ans était son élève. Il avait fallu que ça lui tombe dessus ! Non mais vraiment, comme s'il avait une étiquette ''les baisers pour les nuls'' collée sur le front. Bon d'accord, avec toutes ces années d'entraînement intense il était devenu un expert en la matière mais tout de même, parler de ça avec son élève était très gênant.
-Et je peux d'abord savoir à qui tu veux faire un bisou de grand ? Demanda-t-il pour essayer de gagner du temps.
-Bah à Angelo.
Aphrodite lui avait donné le prénom de son meilleur ami comme si c'était la chose la plus naturelle au monde, et Alphée en fut profondément choqué. Lui à son âge, c'est à peine s'il osait regarder son maître dans les yeux sans rougir alors que son élève lui dise ça en le fixant de la sorte, ça le troublait beaucoup. Qu'était donc devenue la hiérarchie ? Parfois il avait l'impression que son élève le prenait pour son copain, pas pour son maître. En tout cas une chose était certaine, les enfants n'étaient plus aussi facilement impressionnables que par le passé. Lui se souvenait que dès que son maître fronçait les sourcils, il savait qu'il avait fait une bêtise et devenait alors doux comme un agneau. Aujourd'hui, pour qu'Aphrodite devienne plus calme, il devait lui crier dessus et le punir sévèrement. Vraiment, l'éducation n'est plus ce qu'elle était. Et ce n'était pas de sa faute, non. Lui n'avait fait que suivre le système et… bon d'accord, il l'avouait : Aphrodite était si mignon étant bébé qu'il avait peut-être été un peu trop laxiste mais tout de même, là il faisait fort !
-Aphrodite, tu sais que c'est mal d'embrasser un garçon ?
-Oh par pitié maître, vous n'allez pas vous y mettre vous aussi ? Puis d'abord je sais que vous mentez parce que je vous ai vu l'autre soir…et la personne que vous embrassiez n'était pas une fille…
Oh quelle honte, mais quelle honte ! Il était pourtant certain qu'Aphrodite dormait ce soir-là ! Le petit traître avait dû le rouler ! Oui c'était ça, il avait dû l'espionner en cachette et maintenant il n'oserait plus jamais le regarder en face ! Il ne pouvait pas laisser passer une telle humiliation.
-Non mais je rêve ? Depuis quand est-ce que tu me surveilles ? Alors ça crois-moi bien que je ne l'accepterai pas ! Si jamais je t'y reprends, je t'assure que tu passeras un sale quart d'heure et…
-Mais je vous espionnais pas ! J'avais besoin de faire pipi et quand je suis sorti des toilettes ben je vous ai vu ! C'est vrai !
Il ne savait pas que son maître pouvait se montrer aussi violent ! Il ferait mieux de se méfier la prochaine fois qu'il lui prendrait l'envie de l'épier la nuit…il pourrait bien se retrouver réduit à l'état de pâtée pour langoustine avant même d'avoir eu le temps de filer. Et puis ce n'était tout de même pas sa faute si son maître faisait ces obscénités dans le hall…Non mais franchement, il y avait des chambres pour ça mais non, son maître était un sale exhibitionniste qui ne pensait pas à l'esprit alors pur et innocent de son élève. A force de faire ses cochonneries sans se soucier de sa présence, il ne fallait pas s'étonner qu'il devienne à son tour un garçon qui embrasse les garçons !
-Bon alors, vous me montrez comment on fait un bisou de grands ?
-Non, Aphrodite, je ne peux pas te le montrer.
-Quoi ? Mais pourquoi ? C'est pas juste !
-Tu dois apprendre ces choses-là par toi-même. Et puis vous n'êtes que des enfants, je suis certain qu'Angelo a encore moins d'expérience que toi. Quoi qu'il arrive, ce moment sera de toute façon inoubliable.
Oh oui, lui n'avait jamais oublié son premier baiser, même s'il avait été plus que nul. Il se souvenait encore de ce gamin boutonneux qu'il avait déniché dans la rue et qu'il avait embrassé en échange de quelques friandises. Ah, à cette époque il ne se souciait pas encore de sa ligne et il aurait vendu père et mère pour un bonbon de plus au dessert. Aphrodite fit la moue en descendant des genoux de son maître : bon, puisqu'il ne pouvait désormais plus compter que sur lui-même, il avait tout intérêt à passer à la vitesse supérieure s'il voulait que son baiser soit parfait ! Il partit s'enfermer dans sa chambre et reprit son doudou en otage pour une nouvelle séance de papouilles.
-A nous deux, murmura-t-il, bon…j'ouvre la bouche, che chors la langue comme cha et che tourne.
Ah vraiment, ce n'était pas tous les jours facile d'être un enfant de huit ans livré à lui-même. Si maintenant même son maître se dérobait à sa tâche, qu'allait-il devenir ? Il se le demandait !
-Mais je te jure que c'est vrai, j'ai rien dit !
-Alors pourquoi est-ce que tout le monde croit que je t'ai embrassé sur la bouche ?
-Je sais pas, mais je te jure que c'est pas moi ! Oh s'il te plaît laisse-moi goûter maintenant, j'ai faim !
Son meilleur ami était vraiment un sadique dans l'âme ! Milo était couché dans son petit lit, à l'article de la mort tant il s'ennuyait quand Camus était venu le voir. Il avait d'abord été ravi de le voir arriver, une assiette garnie d'une grosse part de gâteau au chocolat entre les mains. Mais il avait vite déchanté quand Camus avait fermé la porte à double tours derrière-lui et l'avait regardé d'un air mauvais tout en cachant l'assiette derrière son dos. Il l'avait ensuite accusé à tort d'avoir lancé une fausse rumeur les concernant sur un soit disant bisou sur la bouche.
-Je ne comprends toujours pas comment Aiolia a pu savoir ça !
-Il l'a peut-être inventé. Mais je te promets que ce n'est pas moi !
De toute façon, quand bien même Camus l'aurait réellement embrassé sur la bouche, Milo se serait bien gardé d'aller le répéter : il était certain que tous ses camarades auraient alors voulu essayer eux aussi et il n'aurait plus eu son Camus pour lui tout seul ! Il préférait encore mourir plutôt que de laisser Camus entre les serres de ces rapaces voraces. Son meilleur ami était à lui et si un jour il devait embrasser quelqu'un, ce serait lui et lui seul, il y veillerait !
Le petit français sonda longuement le regard de son meilleur ami pour y déceler une once de mensonge mais Milo semblait dire la vérité et, bizarrement, Camus croyait à son innocence. Oui parce que Milo était peut-être bête et embêtant mais ce n'était pas un menteur, Camus le savait. Il avait toujours pu lui faire confiance et quand Milo faisait une bêtise, il finissait toujours par venir s'excuser auprès de lui, même s'il n'était au courant de rien. Bon…admettons que Milo dise la vérité alors, comment Aiolia avait-il pu inventer une chose pareille ? Il pensait réellement que le lionceau était bien trop bête pour avoir trouvé ça tout seul alors ça ne pouvait pas être lui. Il fallait absolument qu'il découvre quelle petite teigne avait inventé un mensonge pareil il allait le lui faire payer !
-Camus ? Je peux avoir mon gâteau maintenant ? S'il te plaîiiit.
Le petit français se contenta de lui tendre l'assiette tout en prenant place à ses côtés sur le lit, le cerveau toujours en ébullition. Mu ? Non, c'était son ami, jamais il n'aurait dit de telles choses. Aldébaran ? Non, l'apprenti taureau avait semblé tout aussi étonné que lui à l'annonce de cette bêtise, ça ne pouvait pas être lui. Et il ne fallait même pas compter sur le terrible duo des gémeaux non seulement parce qu'à ce moment-là Kanon était avec Milo et ensuite parce que Saga n'avait plus donné signe de vie depuis des semaines, si bien que le grand pope commençait sérieusement à se faire du soucis pour lui. Angelo alors ? C'était une possibilité, mais Camus imaginait mal son pair inventer des bisous entre deux garçons…il semblait si viril ! Néanmoins, il ne devait pas le perdre de vue.
-Mhmmmmmmmmm ché cro bon ! Pourquoi tu cuisines pas plus souvent pour moi, mon Camus ?
-Parce que je ne suis pas ta nounou.
-Mais t'es mon ami ! Mon meilleur ami, alors tu peux le faire quand même !
-Ça n'a rien à voir. Toi aussi tu es mon meilleur ami et tu ne m'as jamais rien cuisiné.
-Bah si t'as pas peur d'avoir une indigestion, je veux bien essayer !
-Arrête de parler la bouche pleine.
Ça, dans le langage camusien, ça voulait dire ''il est hors de question que j'avale la moindre miette de nourriture que tu auras toi-même préparé''. Oui parce qu'il tenait à la vie, un peu quand même. Il était d'accord de mourir au combat mais ce serait trop bête de perdre la vie à cause des piètres talents culinaires de Milo. Oui parce que son ami aurait bien été capable de confondre le sucre et le sel ou la tomate et le piment et ça, ça ne pardonnait généralement pas. Bref, où en était-il ? Ah oui, Angelo. Aiolia n'était même à inclure dans le complot il avait réellement semblé répugné par cette nouvelle. Mais qui alors ? Shaka ? Non, il était bien trop puritain pour imaginer un amour possible entre deux garçons. La vieille balance se la coulait douce aux Cinq Pics, Milo avait déjà prouvé son innocence, Aiolos n'était pas ce genre d'enfant, Shura était embêtant mais pas moqueur et lui se mettait directement hors de cause. Il ne restait donc plus que…oh mais oui bien sûr, comment n'avait-il pas pensé plus tôt à ce petit fourbe d'Aphrodite ?
-Camus ça va ? Pourquoi tu te frappes sur le front comme ça ?
-Je sais qui a inventé ce mensonge !
-Ah ? Tu l'a découvert en tapant sur ton front ?
-Mais non idiot ! Oublie ça je suis certain que c'est Aphrodite qui a inventé cette histoire débile, il n'y a que lui pour faire ça !
Milo haussa les épaules il ne voyait pas pourquoi son meilleur copain semblait si heureux de l'avoir démasqué. Que ce soit Aphrodite ou un autre, Milo de toute façon n'avait pas reçu ce bisou pourtant tant rêvé et au vu de la réaction de Camus, il n'était pas prêt de le recevoir. Ça c'était vraiment triste !
-Ben et alors ? T'es pas content ?
-Pourquoi tu voudrais que je sois content ?
-Parce que maintenant que je le sais, je vais pouvoir l'obliger à avouer que c'était un mensonge !
-Et alors ? Qu'est-ce que ça fait de toute façon qu'il ait inventé cette histoire ? On s'en fiche !
Mais non, Camus ne s'en fichait pas ! Il avait encore son honneur à sauver zut ! C'est vrai quoi, si tout le monde pensait qu'il avait embrassé Milo sur la bouche, ils allaient tous se moquer de lui et ça n'arrangeait pas ses affaires. Il préférait encore que les autres le prennent pour une petite prude plutôt que de croire qu'il aimait les garçons. Parce que c'était entièrement faux ! Il n'aimait pas les garçons, et encore moins Milo. Milo était son meilleur ami, il ne pouvait pas aussi être son petit copain ! Que ça plaise ou non à Milo, Camus ne laisserait pas une telle rumeur courir à son sujet. Il n'avait pas embrassé Milo, il ne le ferait jamais et maintenant il voulait qu'Aphrodite s'excuse et avoue son mensonge.
-Quand même Milo, c'est grave ce qu'il a dit !
-Bah pourquoi ? C'est pas grave d'embrasser un garçon tu sais.
-Mais bien sûr que si !
-Ben non. Moi d'ailleurs ça me dérangerait pas que tu m'embrasses ! J'aimerais bien.
Sans crier garde, Camus plaqua sa main froide sur le front de son meilleur ami : à tous les coups Milo devait être brûlant de fièvre, sinon pourquoi aurait-il dit une chose pareille ? Oui c'est ça, il délirait. Il délirait totalement. Milo était bizarre et parfois il lui faisait peur mais le petit verseau était intimement persuadé qu'il faisait ça pour rigoler et qu'au fond il ne l'aimait pas vraiment. Du moins il l'espérait beaucoup parce que s'il apparaissait vraiment comme la belle au bois dormant dans l'esprit déjanté de son meilleur ami, il demanderait au docteur de lui faire des examens du cerveau la prochaine fois qu'ils iraient à l'hôpital !
-Mais Camus, protesta le petit scorpion comme son ami l'obligeait à se coucher, pourquoi tu me couvres comme ça ?
-Tu es malade Milo ?
-N'importe quoi, je vais bien !
-Non non, je t'assure que tu es malade.
-Mais Camuuuus !
Rien à faire, le petit grec se retrouva cloué au lit et bordé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. C'est que Camus y avait mis du cœur ! Pourtant il ne s'était pas senti mal alors pourquoi est-ce qu'il avait agi de la sorte ? Oh, peut-être que son meilleur ami avait des dons et qu'il pouvait prévoir à l'avance quand son petit cœur le ferait souffrir ? Oui, c'était surement ça. Et Milo trouvait ça si chou qu'il s'occupe de lui de la sorte. Plus les années passaient et plus il était certain que Camus finirait par tomber amoureux de lui, ce n'était qu'une simple question de temps. Et l'apprenti chevalier attendait déjà ce jour avec impatience !
-Tu restes ?
-Dors.
-Oui mais…
-Dors j'ai dit.
Ce que Milo pouvait être agaçant parfois !
-Camus ? Tu me fais un bisou magique pour que je m'endorme plus vite ? Hein ? Mais aie !
Milo n'avait pas eu de bisou magique sur la petite bouche qu'il indiquait à Camus, par contre il avait reçu une claque de la part de son meilleur ami, qui était maintenant parti s'asseoir sur une chaise d'un air dépité. Non, ce n'était pas possible Milo ne pouvait pas réellement vouloir qu'il l'embrasse. Il devait se faire des idées. Il était fatigué et il n'était plus capable de réfléchir correctement, cette chasse aux menteurs l'avait épuisé. Il avait besoin de repos pour se remettre les idées en place. Assis sur sa chaise, il ferma les yeux, bien décidé à aller trouver Aphrodite le soir même pour le faire capituler !
-Saga ? Est-ce que tu vas continuer à m'ignorer encore longtemps ?
Depuis le ''petit'' incident qui avait eu lieu l'année précédente, Saga n'adressait plus la parole à son frère, qui pourtant faisait tout pour renouer le contact avec lui. Leurs cheveux avaient très vite repoussé et leur arrivaient maintenant jusqu'aux épaules. Kanon avait pensé que ce changement rendrait le sourire à son frère mais il s'était apparemment trompé. Ni sa nouvelle chevelure, ni la dévotion du cadet des gémeaux n'avait réussi à calmer la colère de Saga.
Saga ne sortait plus que très rarement, si bien que tout le monde lui demandait toujours si son frère était encore vivant, ce à quoi Kanon répondait d'un rictus désolé. Personne ne comprenait son attitude. Oh bien sûr, Kanon avait depuis longtemps avoué au grand pope l'énorme erreur qu'il avait faite, tout en lui faisant promettre de ne pas punir les enfants et Shion l'avait rabroué comme il se devait, cependant lui non plus ne comprenait pas pourquoi l'aîné des gémeaux nourrissait une telle rancune. Saga avait tellement changé en si peu de temps ! Ce n'était pas normal et cette attitude inquiétait la totalité de son entourage, Kanon en premier. Au début il avait trouvé sa réaction normale et avait espéré qu'il lui pardonne rapidement mais maintenant, il avait l'impression que Saga n'était plus en colère contre lui seul, ni contre les enfants, il était en colère contre le terre entière.
-Saga ?
Le dit Saga passa à côté de lui sans même lui adresser le moindre regard, comme s'il n'existait plus. Kanon le suivit jusqu'au bureau où il passait ses journées, terré comme un ermite. Il voulait découvrir ce qu'il tramait peut-être que ça l'aiderait à mieux comprendre son comportement bizarre. Mais comme il arrivait devant la porte, Saga se retourna, semblant remarquer sa présence pour la première fois. Kanon déglutit quand son regard sombre se planta dans le sien, habituellement identique.
-Saga, qu'est-ce qu'il se passe ? Dis-moi.
-Ça ne te regarde pas.
-Comment ça, ça ne me regarde pas ? Mais Saga je suis ton frère !
-Je n'ai pas de frère.
Et l'aîné des gémeau ferma la porte derrière lui, laissant Kanon seul, perdu dans ses pensées. S'il l'avait voulu, il aurait aisément pu défoncer la porte et obliger Saga à lui répondre mais il n'en avait pas envie. Il perdait son frère, il le sentait mais il se sentait aussi incapable de faire quoi que ce soit pour l'aider. Il savait que, quoi qu'il fasse, cela se terminerait en un combat sanglant et il ne voulait pas de ça entre eux. Il devait en parler à Shion au plus vite avant que les choses ne dégénèrent. Le grand pope trouverait certainement une solution pour aider son frère, il l'espérait en tout cas. Si même Shion ne pouvait rien pour son frère, il craignait le pire.
-Bon dépêche-toi, j'ai promis à mon maître de vite rentrer !
Aphrodite fit la moue son premier bisou de grand devait être romantique et voilà déjà que ce rustre d'Angelo faisait des siennes. Il était hors de question qu'il se presse, il avait besoin de concentration pour réussir sa technique : un tour à gauche, un tour à droite, un tour à gauche, un tour à droite. Son ami ne pourrait pas résister après ça ! En plus ils avaient choisi le cadre parfait : à cette heure-là, sur la plage, ils pouvaient voir le soleil se coucher à l'horizon. C'était comme dans les contes de princesses il ne pouvait pas rater son baiser avec ce joli soleil rougeoyant qui lui caressait le visage.
Bon, Angelo n'avait pas l'air d'être de très bonne foi mais bon, une fois qu'il aurait goûté à son bisou, il arrêterait de faire la tête parce que là, Aphrodite avait presque l'impression qu'il était à un enterrement. Tout de même, il pourrait se montrer reconnaissant ce n'était pas tous les jours qu'on avait l'occasion d'embrasser le plus beau petit garçon du sanctuaire, à savoir lui, Aphrodite, futur chevalier du poisson. Surtout que ce beau petit garçon qu'il était s'était entraîné toute la journée pour ne pas le décevoir. Maintenant, son doudou était tout baveux mais ce n'était pas grave, au moins il savait faire les bisous avec la langue !
-Tu es certain que personne ne t'as suivi au moins ?
-Mais oui j'en suis certain.
Tout de même, il n'était pas si bête il avait pris ses précautions pour s'assurer qu'aucun petit curieux ne pourrait venir fouiner pendant qu'il allait vivre ce moment crucial qu'était son premier bisou de grands. Il s'était même retourné à plusieurs reprises et avait zigzagué dans plusieurs directions afin de décourager les éventuels curieux qui auraient réussi à se faufiler sans se faire voir. Angelo n'avait pas de soucis à se faire : personne ne viendrait les embêter, ils pouvaient se faire des bisous en toute tranquillité. Pour rien au monde Aphrodite n'aurait pris le risque de faire capoter cette grande expédition qu'il attendait depuis tellement longtemps.
-Bon. Alors finissons-en avec cette bêtise.
Aphrodite frémissait déjà d'impatience tout en entourant le cou du futur cancer de ses petits bras. Futur cancer qui fronça les sourcils avant de reculer vivement.
-Mais qu'est-ce que tu fais ? !
-Oh ne joue pas au gros dur. Je veux que ce bisou soit le plus parfait de tous alors laisse-toi faire, grogna le petit poisson tout en venant à nouveau se coller contre lui.
C'est vrai quoi, depuis quand un bisou n'était-il qu'un acte unique ? Pour le petit garçon, un bisou ne se faisait pas sans douceur et sans tendresse. Alors il passa ses bras autour du cou de son meilleur ami et lui caressa même le bas de la nuque comme il avait déjà vu son maître le faire avec d'autres grands. Il ne tint pas compte des gros yeux que lui faisait Angelo. Ce moment allait être inoubliable, il le savait. Il réussit même à obliger le petit cancer à poser ses mains sur ses hanches, ce qu'il fit non sans protester mais surtout pour éviter un scandale. Il trouvait Aphrodite ridicule de créer une mise en scène pareille alors qu'il savait très bien que ce baiser ne marcherait pas. Les aimants toujours les aimants…
-Camus, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
-Shhh Milo, parle moins fort.
-Mais pourquoi ils se tiennent comme ça ?
-Je n'en sais rien moi !
Oui parce que malgré toutes les précautions prises par le petit poisson, Camus et Milo avaient réussi à le suivre. Heureusement qu'ils connaissaient des passages secrets qui leur avaient permis de le suivre de près sans se faire voir. Camus avait d'abord voulu le suivre pour régler ses comptes alors évidemment Milo l'avait accompagné on ne sait jamais qu'un bandit lui serait tombé dessus et aurait voulu lui faire du mal, son pauvre Camus aurait bien eu besoin de ses muscles dans ce cas-là ! Ils avaient donc pisté Aphrodite avec la ferme intention de lui faire avouer son mensonge sauf qu'une fois arrivés sur la plage, ils ne s'étaient pas attendus à y trouver Angelo. L'esprit fit de Camus avait alors réagi et il s'était jeté dans les fougères, entraînant Milo dans sa chute.
-Tu penses qu'ils vont faire des choses dégoûtantes ? Tu crois qu'ils veulent un bébé ?
-Tu as trop d'imagination, Milo, je suis certain qu'ils ne savent même pas comment on fait !
-Moi je sais, dit fièrement le mini scorpion, celui qui est le plus grand bah il met une petite graine dans la bouche du plus petit puis le plus petit il l'avale et après il boit beaucoup de lait comme ça la petite graine elle grandit et le bébé il arrive. Tu vois Camus, c'est très bien que tu aimes le lait, parce que quand on aura un bébé…
-On aura pas de bébé, Milo. Et puis d'abord je ne suis pas le plus petit.
-Non mais à la visite médicale le docteur il a dit que je serai plus grand que toi !
-Et alors ? De toute façon on aura pas de bébé. Puis tu peux me dire par où il sortira, notre bébé ?
-Bah comme Athéna, Camus, par ton cerveau !
Super. Celui qui se disait être son meilleur ami voulait lui faire avaler une graine et des litres de lait pour qu'ils aient un bébé alors qu'il savait très bien que ce même bébé lui sortirait par la tête. Que de réjouissances ! Parfois il se disait que Milo avait de drôles de façons de lui montrer qu'il l'aimait, vraiment. N'empêche, il devait au moins lui reconnaître une imagination débordante et- oh si peu- de culture. Camus lui au moins il savait que les bébés ils grandissaient dans le bidou de la madame, pas dans celui du plus petit et en plus il savait même comment le bébé il se créait mais ça, il ne le dirait surement pas à Milo ! Son ami était tellement prêt à tout pour avoir ce fichu bébé qu'il serait bien capable de vouloir mettre son zizi dans son…
-Camus regarde !
Sauvé par le gong. Encore un peu et le petit Camus aurait presque pu avoir des pensées malsaines ! Devant eux, Aphrodite et Angelo étaient presque totalement glués l'un contre l'autre et le visage du futur poisson s'approchait dangereusement de celui de plus en plus pâle du petit cancer.
-Ils vont se faire un bisou de grands !
Oui, ils allaient se faire un bisou de grands et Angelo était totalement paniqué : pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à repousser Aphrodite ? Pourtant, selon se théorie des aimants, son meilleur ami n'aurait pas dû être capable de s'approcher si près de lui ! Ce n'était pas normal. Il avait dû louper quelque chose et maintenant il était dans un sacré pétrin parce que son meilleur ami était sacrément bien accroché à lui ! Et il ne pouvait tout de même pas le frapper, n'est-ce pas ? Sinon Aphrodite irait pleurnicher auprès de son maître, qui mettrait le sien au courant, qui voudrait alors savoir pourquoi il avait frappé son petit camarade et quand il lui dirait que c'est parce qu'Aphrodite avait voulu l'embrasser, il serait furieux contre lui.
-Tu dois ouvrir la bouche, se fâcha un petit peu le poisson, vexé que son meilleur ami ne se soit pas renseigné avant de venir.
-Pourquoi tu veux que j'ouvre la bouche ?
-Parce que c'est comme ça qu'on fait un bisou.
-T'es sûr ?
-Mais oui puisque je te le dis, je te rappelle que j'ai vu Camus et Milo…
Oh le petit fourbe ! C'était donc bien lui qui avait répandu cette vilaine rumeur à leur sujet ! Camus en était certain ! Aphrodite était décidément un sale menteur à qui on ne pouvait décidément pas faire confiance. Ce n'était qu'une pure invention pour parvenir à ses fins avec Angelo comme s'il n'avait pas pu choisir d'autres victimes, non. Il avait fallu qu'il les choisisse eux. Bref. Angelo ouvrit donc la bouche, louchant dangereusement sur son meilleur ami qui, toute langue dehors, s'approchait de son visage. Mais qu'est-ce qu'il allait faire au juste ?
-Oh beurk !
Beurk, c'est exactement ce que le petit cancer pensa quand Aphrodite lui fourra sa langue toute chaude et gluante en bouche. Beurk. Beurk qui redoubla quand son meilleur ami fit tournoyer sa langue dans sa cavité buccale. C'était trop dégoûtant ! Tellement dégoûtant qu'il finit par le repousser, s'attirant un regard noir.
-Mais j'avais pas fini !
-C'est trop dégoûtant ton truc !
-Mon ''truc'', c'est un bisou de grands, s'énerva Aphrodite, et ce n'est pas dégoûtant. C'est toi qui ne sais pas t'y prendre.
-Bah excuse-moi, c'est la première fois que mon meilleur ami me pousse sa langue en bouche !
-On peut s'entraîner si tu veux, s'extasia Aphrodite en se rapprochant déjà de lui.
-Non non je pense que ça ira. C'est bon, je te crois, les bisous entre garçons c'est possible.
-Mais Angelo, je peux t'apprendre !
-Non Aphro, j'ai pas envie !
-Mais pourquoi ?
-Parce que c'est gluant !
-Quoi ? N'importe quoi !
-Et moi je te dis que c'est gluant. J'avais l'impression d'avoir une grosse méduse en bouche.
-T'es méchant !
Comparer sa petite langue toute rose à une grosse méduse puante, c'était vraiment méchant ! Aphrodite n'était pas une méduse, non, c'était un petit garçon qui avait passé une journée à s'entraîner à faire des bisous de grands avec la langue tout ça pour entendre son meilleur ami lui dire qu'il avait eu l'impression de manger une méduse. Quel rustre ! Là pour le coup, le petit poisson était vraiment vexé il n'adresserait plus la parole à Angelo de sitôt, ça non !
-T'es vraiment nul Angelo, puisque c'est comme ça je ferai des bisous à quelqu'un d'autre !
-Oui c'est ça, va donc faire des bisous à cette petite prude de Camus !
-Parfaitement !
Alors là, Milo bondit de ses fougères et, si Camus ne l'avait pas violemment tiré vers l'arrière, ils auraient bien pu être démasqués. Personne n'embrassait Camus ! Si Aphrodite comptait vraiment lui mettre sa langue en bouche, il devrait d'abord lui passer sur le corps ! Tant que Milo vivrait, personne d'autre que lui ne toucherait Camus, foi de petit cœur malade de scorpion. Le futur chevalier du poisson avait plutôt intérêt à garder ses distances s'il tenait à la vie. Maintenant Milo se retrouvait allongé de tout son long contre Camus, qui le regardait méchamment. C'était le moment parfait !
-Tu me fais un bisou ? Demanda-t-il avant d'ouvrir la bouche comme l'avait fait Aphrodite un peu plus tôt.
Sauf que Camus n'était visiblement pas très coopératif, puisqu'il se retrouva bien vite sur les fesses dans le sable, comme son meilleur ami l'avait repoussé avant de le fusiller du regard.
-Pas de bisou entre nous. Et si jamais un jour tu essayes de me fourrer ta langue en bouche, je ferai en sorte que tu ne puisses plus jamais l'utiliser.
Bon, c'était le genre de menace qui refroidissait littéralement le mini scorpion. Il aimait beaucoup Camus, vraiment, mais pas au point d'y risquer sa langue il aimait aussi beaucoup trop parler. Tant pis, il attendrait encore un peu. Puis ce fameux bisou de grands avait l'air plutôt nul en fait. Lui il inventerait une autre sorte de bisous que Camus aimerait. Ce ne serait pas un bisou gluant comme une méduse non, mais un bisou tout doux et tout tendre comme son meilleur ami devait les aimer !
-Regarde, à cause de tes bêtises ils sont partis et on ne les a même pas vus, bravo !
-Camus, c'est pas ma faute ! Puis c'est pas grave s'ils sont partis.
-Si, je voulais obliger Aphrodite à avouer.
-Il le fera une autre fois.
C'est vrai quoi, pas la peine d'en faire tout un plat. Lui il venait bien de vivre sa première petite déception amoureuse, à cause de son Camus qui n'avait pas voulu lui faire un bisou de grands et pourtant il ne faisait pas un scandale pour autant. S'il ne connaissait pas aussi bien son meilleur ami, il pourrait presque croire qu'il voulait voir Aphrodite parce qu'il était amoureux de lui. Mais non, c'était stupide et…pourquoi est-ce que son meilleur ami s'en allait sans lui ? Ce que Camus pouvait être désagréable quand il faisait la tête !
-Camus ! Camuuuuus ! Attends-moi quoi, soit gentil !
Et voilà que Milo trottinait derrière lui pour essayer de le rattraper. Ce n'était vraiment pas tous les jours facile d'être un petit garçon de huit ans qui avait un verseau pour meilleur ami, ça non ! Non seulement il devait gérer les sauts d'humeur de son meilleur ami mais en plus il devait trouver un plan pour le séduire. Si ça continuait comme ça ben il allait engager un assistant, comme le grand pope Shion qui avait des assistants pour faire son travail quand il était fatigué. Oui, c'était une bonne idée sauf que personne d'autre ne s'occuperait de Camus, ah ça non. Il était fatigué mais pas à ce point !
-Eh bien alors, Aphrodite, pourquoi est-ce que tu fais cette tête ?
Alphée avait vu revenir son élève en ronchonnant et ça, ce n'était pas normal pour un petit garçon qui venait de vivre son premier bisou. Surtout qu'Aphrodite s'était presque directement affalé sur le canapé, comme un vieil homme désespéré par la vie qu'il a vécue.
-Vous ne m'aviez pas dit que c'était gluant !
-Quoi ?
-Oui, Angelo il a dit que ma langue c'était comme une méduse !
Le chevalier du poisson en titre dût se pincer très fort pour ne pas éclater de rire Aphrodite aurait certainement très peu apprécié qu'il se moque de lui ! Mais tout de même, cette situation était vraiment très drôle : son petit élève n'avait pas imaginé une seule seconde que sa proie puisse ne pas aimer son bisou, ce qui était pourtant très courant lors d'un premier baiser. D'ailleurs, quand Alphée se souvenait de son premier baiser avec la langue, il avait certainement dû se faire la même réflexion mais il ne l'avait pas dit tout haut à son partenaire parce qu'il avait dix ans, donc deux ans de maturité en plus que le petit cancer.
-Oh Aphrodite, ne soit pas fâché pour si peu, ce n'était que ton premier baiser après tout…
-Oui mais maintenant Angelo il voudra plus m'en faire !
Alphée sourit tendrement tout en venant s'asseoir aux côtés de son élève, qui vint doucement se blottir dans ses bras. Ces moments de tendresse entre eux étaient rares mais le chevalier savait les apprécier à leur juste valeur. Après tout, Aphrodite n'était encore qu'un enfant, il avait encore tant de choses à apprendre ! Mais fort heureusement, il avait encore bien le temps pour devenir un dieu du baiser comme lui. Il ne doutait pas des capacités qui sommeillaient en lui, il avait juste besoin d'encore un peu d'entraînement.
-Et alors ? Ce n'est pas grave, il y a beaucoup d'autres enfants au sanctuaire, je suis certain que tu pourras leur faire des bisous.
-C'est vrai ?
-Mais oui, ne t'en fais pas.
-J'aimerais bien faire un bisou à Camus, sourit le petit poisson, comme ça Milo serait trop fâché et lui je l'aime pas !
Le chevalier grimaça ça n'allait pas être simple de dérider le mini verseau ça non ! Et puis il craignait vraiment pour la vie de son élève si jamais il faisait ça : non seulement Camus le lui ferait payer mais en plus Milo ne l'accepterait jamais, et avec son esprit de meurtrier sanguinaire, le petit scorpion pouvait être très dangereux. Oh Alphée avait bien espéré qu'avec sa maladie il aurait quitté le sanctuaire, mais non, il était resté. Il était resté et Camus était aux petits soins avec lui quand il se sentait mal, certains racontaient même qu'il cherchait un remède pour aider son ami.
-Oui bon…nous verrons bien ça plus tard. En attendant, et si on allait se faire un masque de beauté, hum ?
-Oh oui, génial !
Aphrodite adorait la sensation des rondelles de concombre sur son visage. Après il avait la peau toute douce. Et puis s'il voulait réussir à embrasser Camus, il devait être au top de son image. Avec sa peau laiteuse et son brushing, Camus ne pourrait pas résister à sa beauté sublime, c'était certain. Et ce n'est pas Milo et ses grosses boucles qui l'empêcherait de mettre son plan à exécution, ça non. Il n'aimait pas vraiment Camus dans le fond, mais il était plutôt mignon lui aussi et il l'estimait digne de lui. Puis ce serait tellement marrant de mettre Milo en colère. Et au moins Angelo verrait qu'il avait laissé passer sa chance et alors il serait trop fâché lui aussi, ce serait bien fait. Oh il allait encore bien s'amuser !
Shion laissa un long soupir las franchir la barrière de ses lèvres : Kanon venait tout juste de partir et les nouvelles qu'il lui avait ramenées n'étaient pas glorieuses. Il s'inquiétait de plus en plus pour Saga et ce changement si soudain de personnalité. Comment ce chevalier si noble et si sage avait-il pu devenir l'être abominable qu'il était aujourd'hui ? Bon, Kanon et les enfants y étaient peut-être allé un peu fort mais tout de même, ce n'était pas une raison pour réagir de la sorte. Kanon souhaitait qu'il ait lui parler, et il le ferait. Oui, mais entre la paperasse, les disputes d'enfants et les plaintes souvent tout aussi enfantines que leurs maîtres déposaient contre eux, le pauvre Shion ne s'en sortait plus !
S'il voulait réussir à gérer le sanctuaire, il aurait besoin d'aide et…il ne pouvait tout de même pas obliger Dohko à revenir, n'est-ce pas ? Non, son pauvre ami avait bien mérité le repos qu'il avait décidé de prendre et pourtant, il était certain qu'il conviendrait parfaitement pour s'occuper des enfants…Et puis Dohko était son ami, peut-être accepterait-il de revenir pour l'aider ? Oui, il devait essayer. Il lui enverrait une missive très prochainement.
En attendant, il devait s'occuper du problème de Saga et ça, ça n'allait pas être une partie de plaisir. Il devait trouver un plan pour réussir à lui parler. Shion soupira encore certains jours il se demandait s'il ne devenait pas trop vieux pour être grand pope. Il était peut-être temps qu'il se prépare à une éventuelle succession. Oh pas dans l'immédiat mais…bientôt. Histoire de prendre des vacances, de pouvoir aller sur la plage et siroter un cocktail sans se demander si un des enfants n'était pas en train de mettre le feu au sanctuaire. Oh oui ce serait tellement magnifique, de pouvoir prendre des vacances…
Voilààààà :)
A la semaine prochaine :)
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