Coucou tout le monde!

Me voilà de retour avec ce nouveau chapitre, qui est la suite des 12ans.

Désolée j'ai pris un peu de retard mais suite à une expérience personnelle toute récente, j'ai été très inspirée pour le chapitre des 13ans, ce qui m'a fait prendre un peu de retard pour ce chapitre. Mais je vous annonce donc le que chapitre des 13ans est en cours d'écriture et, comme je suis officiellement en vacances, j'aurai plus de temps pour l'écrire!

J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me laisser votre avis!

Bisous bisous et merci pour votre soutien 3!


-CAMUS !

Le petit garçon déboula dans la chambre du futur verseau qui, pour son plus grand malheur, était vide. Exactement comme dans son rêve. Ou plutôt son cauchemar. Dans ses songes, Camus était mort. Camus avait rejoint Shion, loin de lui. Il l'avait vu tomber dans un gouffre sombre et il n'avait pas pu le rattraper. Il avait pourtant tout fait pour saisir sa main, il avait même sauté dans le gouffre, mais il s'était heurté à un mur invisible qui le séparait de Camus et l'empêchait de le rejoindre. Il s'était réveillé, tremblant et en sueur et, aussitôt, la peur l'avait envahi.

-CAMUS !

Il avait fui son temple au beau milieu de la nuit et avait couru aussi vite qu'il pouvait jusqu'au temple du verseau, lui aussi plongé dans la pénombre. Au beau milieu des ténèbres, il n'avait eu aucun mal à se faufiler jusqu'à la chambre de son meilleur ami : après tout, ce n'était pas la première fois qu'il rejoignait son meilleur ami en douce et il connaissait maintenant le chemin par cœur. Il s'attendait à trouver Camus endormi dans son lit. Il s'attendait à voir ses traits fins et détendus. Il s'attendait à entendre sa calme respiration venir troubler la nuit, tout comme les froissements des draps lorsqu'il se mettait à bouger. Mais Camus n'était pas dans son lit. Camus ne dormait pas, il était parti… comme dans son rêve.

-C-Camus… o-oh non ce…c'est pas possible ! CAMUS !

Milo se précipita vers le lit de son meilleur ami, grimpant sur le matelas pour défaire les draps, comme s'il le cherchait là où il savait qu'il ne le trouverait pourtant pas. Non, il ne pouvait pas le croire, son Camus ne pouvait pas l'avoir abandonné ! Des larmes dévalèrent ses joues tandis qu'en désespoir de cause il pinçait sa peau, espérant se réveiller d'un horrible cauchemar.

-Non ! Non, non, NON !

Il se pinçait encore et encore, se souciant peu du sang qui coulait à présent le long de son bras, venant tâcher les draps blancs sur lesquels il était à genoux. Sa gorge était nouée et il hoquetait à présent de tristesse : son Camus l'avait abandonné ! Il était parti sans rien lui dire. Il avait rejoint Shion, comme dans son rêve, ce n'était pas possible ! Lui aussi il voulait le rejoindre, il ne pouvait pas vivre sans lui. Camus était son meilleur ami, son confident, son futur amoureux. Il n'était rien sans lui. Si Camus était mort alors lui aussi il voulait mourir. Il voulait mourir maintenant alors pourquoi est-ce qu'il n'y arrivait pas ? Pourquoi ne pouvait-il pas mourir lui aussi ?

-Milo ?

Le dit Milo fit volte-face, distinguant à peine la petite silhouette à travers les torrents de larmes qui coulaient le long de ses joues.

-C-Camus ?

-Qui d'autre ?

-CAMUS !

Ne laissant pas le temps au futur verseau de faire le moindre geste, il s'élança vers lui à une vitesse folle pour atterrir dans ses bras, le visage niché au creux de son cou, les doigts crispés sur son dos comme s'il craignait qu'il ne s'envole.

-Oh mon Camus, t'es là, t'es bien là ? T'es pas mort ? Tu es avec moi, pas avec Shion, hein ?

-Tu vois bien que je suis là, Milo.

-Oui mais c'est pas un rêve ?

-Non. Et arrête d'essuyer ton nez sur moi, Milo, c'est dégoûtant, gronda-t-il comme il sentait le petit scorpion frotter son visage contre son cou.

-Je suis trop content que tu sois là. J'ai eu peur que tu sois mort. Je voulais mourir pour être avec toi, mon Camus.

-Abruti.

Camus l'obligea à s'éloigner de lui, fronçant dangereusement les sourcils quand, alors qu'il saisissait son poignet, il entendit Milo couiner. Il reporta alors son regard sur le bras meurtri et en sang de son meilleur ami. Milo tenta de se dégager, redoutant le courroux de son meilleur ami, mais celui-ci le dissuada de faire le moindre geste en un seul regard.

-Tu es vraiment un imbécile, Milo ! Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fait, c'est grave !

-Mais je…

-Non, tais-toi ! Tu ne réfléchis jamais avant d'agir et moi j'en ai assez de toujours avoir à réparer tes bêtises !

-S'il te plaît arrête…

-Tu n'as plus cinq ans, Milo. Tu es censé être grand et responsable maintenant mais visiblement tu ne l'es pas ! Tu te comportes toujours comme un bébé et ça, ça devient insupportable.

-Arrête de crier, Camus.

-Tu as tout intérêt à changer si tu veux qu'on reste ami parce que moi, j'en peux plus d'être ami avec un bébé et...

-TAIS-TOI ! Arrête de dire des choses aussi horribles !

Se dégageant vivement de l'emprise de Camus pour mieux pouvoir se jeter à nouveau dans ses bras, Milo se mit à sangloter de plus belle. Les paroles de Camus le faisaient bien plus souffrir que la blessure sur son bras. Son petit cœur se serrait douloureusement dans sa poitrine à chaque nouveau cri qui sortait de sa bouche. Comment Camus pouvait-il dire de telles choses ? Il le serra contre lui à l'en étouffer, craignant de l'avoir perdu à tout jamais. Incapable de stopper ses larmes qui n'avaient pourtant que trop coulé, Milo avait l'horrible sensation que son monde venait de s'écrouler. Camus en avait assez de lui, il l'avait dit.

-P-Pourquoi tu dis ça Camus ? Pourquoi tu es si méchant avec moi ? Moi je…je pensais que tu étais mort ! Que tu étais mort comme Shion et que tu ne reviendrais jamais ! Qu'est-ce que je ferai sans toi, Camus ? Tu…tu t'rends pas compte à quel point je tiens à toi ! Si tu meurs alors je veux mourir aussi parce que sans toi je serais trop triste et ma vie serait sans soleil. Je croyais que t'étais mort et…et j'avais peur. Pardon, je voulais pas te mettre en colère. Je voulais pas que tu sois fâché et que tu dises des choses aussi méchantes. Je suis désolé mon Camus, s'il te plaît ne m'abandonne pas !

Il s'attendait à ce que Camus se mette à nouveau à hurler contre lui, le traitant de bébé et lui disant à quel point il avait honte d'être son ami. Mais il sentit simplement les bras de Camus se refermer autour de lui alors que, pour la première fois depuis longtemps, le petit verseau le serrait lui aussi contre lui avec l'énergie du désespoir. Il sentit le nez de Camus s'enfouir entre ses cheveux avant qu'il ne prenne la parole :

-Pardon. C'est moi qui suis désolé, Milo. Je ne pensais pas ce que j'ai dit. Je ne voulais pas te blesser. C'est juste que je suis fatigué et… et moi aussi j'ai eu peur, quand j'ai vu qu'il y avait du sang.

Milo releva alors la tête, cherchant à ancrer son regard dans celui, fuyant, de son meilleur ami.

-J'ai eu peur de te perdre. Qu'est-ce que je ferais sans toi, Milo ?

Le petit scorpion resta d'abord stoïque, se demandant s'il n'avait pas rêvé ces paroles tant attendues. L'idée de se pincer pour savoir s'il était bel et bien conscient lui traversa l'esprit, mais il n'était pas certain que son Camus apprécie. Il pinça alors Camus, qui couina de douleur avant de lui crier dessus : ce n'était donc pas un rêve. Le visage du petit garçon se fendit alors d'un large sourire tandis qu'ivre de bonheur, il attirait Camus à lui pour lui coller un baiser sonore sur la joue.

-Milo ! Arrête ça !

-T'es vraiment le meilleur des amis, mon Camus ! Et quand on sera des amoureux… aïe ! Mais pourquoi tu m'as frappé, Camus ?!

-Tu dis encore des bêtises.

Milo sourit de toutes ses dents à son meilleur ami : son Camus refusait de le voir mais lui, il en était certain qu'un jour ils seraient des amoureux. Ils étaient faits l'un pour l'autre, Camus était simplement trop timide et trop pudique pour le crier haut et fort comme lui le faisait. Il saisit la main du petit verseau dans la sienne et l'entraîna avec lui, l'obligeant à grimper sur le lit.

-Viens mon Camus, j'suis fatigué et j'ai envie de dormir.

-C'est dégoûtant, Milo ! Il y a du sang partout sur mon lit !

-Pardon… je le nettoierai demain !

-Pas question que je dorme là-dedans.

-Mais Camus…

-Non ! Si tu veux que je dorme avec toi, tu as intérêt à changer les draps. Sinon je vais dormir sur le canapé !

Milo rentra la tête dans les épaules, triste de voir qu'il avait à nouveau déçu son Camus rien qu'à lui et commença courageusement à défaire le lit tâché de son meilleur ami. Que ne ferait-il pas pour pouvoir dormir dans les bras de son futur amoureux ?

-Tu m'aides ?

-Pas question. Tu es le seul à avoir Sali mon lit alors je ne vois pas pourquoi je devrais t'aider.

-T'es pas sympa.

-Je peux aussi aller dormir sur le canapé…

-Non ! Non je vais le faire ! Je vais changer les draps, attend une minute !

Ou plutôt une heure… il n'avait jamais changé son lit, lui ! Non seulement, il se fichait bien de dormir sous des draps sales mais en plus, il passait presque toutes ses nuits dans le lit de Camus, alors pourquoi changerait-il le sien ? De temps en temps, quand son maître se souvenait que les draps n'avaient plus été changés depuis six mois (et souvent parce que Cristal lui faisait des remontrances), alors il en mettait des propres. Mais Milo ne voyait même pas la différence : c'était des draps après tout, pourquoi avaient-ils besoin d'être propres ? De toute façon, dans un lit, on avait les yeux fermés, alors on ne voyait pas s'ils étaient sales…

-Bon alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain, Milo ? Je suis fatigué !

-Encore une minute mon Camus !


-Tu veux un thé, Mu ?

-Non merci Shaka, je n'ai pas très soif.

-Tu es sûr ? Mon maître en a toute une panoplie. A la camomille, si tu as besoin d'une bonne nuit de sommeil. Au jasmin, pour te détendre après une dure journée d'entraînement. A la menthe si tu as envie de fraîcheur ou bien…

Les mots de Shaka restèrent en suspens : de toute évidence, son ami Mu ne l'écoutait pas. Après la mort du grand pope, les adultes s'étaient réunis dans son sanctuaire pour discuter entre eux. Ils leur avaient demandé de rentrer dans leur temple respectif sans tarder. Mu avait d'abord protesté, refusant d'abandonner son maître mais, épuisé d'avoir tant pleuré, il avait finalement rendu les armes et avait suivi les autres. Shaka avait demandé à son maître si Mu pouvait passer la nuit avec lui et, même si Anantram avait tenté de lui prouver par A + B qu'héberger Mu était une très mauvaise idée, face à la détermination du futur chevalier de la vierge, il avait lui aussi fini par abandonner le combat.

Shaka avait espéré qu'à ses côtés, Mu retrouverait le sourire. Il avait naïvement pensé que sa seule présence réussirait à chasser les démons qui habitaient son ami. Après tout, le grand bouddha était avec lui, alors aucune onde négative ne pouvait planer autour d'eux. Mais il avait tort. Mu l'avait suivi sans dire un mot et, depuis leur arrivé au temple de la vierge, il n'avait pas quitté la chaise sur laquelle il était installé, le regard rivé sur ses chaussettes et il ne semblait même pas remarquer sa présence. C'est à peine s'il le regardait où s'il lui répondait lorsqu'il lui posait une question.

-Ou…ou si tu préfères, je peux te faire un café, Mu. Mon maître dit que ce n'est pas bon d'en boire avant d'aller se coucher car sinon le grand bouddha sera en colère et nous empêchera de dormir mais… mais je pense qu'il ne t'en voudra pas si tu en bois maintenant. Tu sais, bouddha est gentil et… Mu ?

-Pardon, je ne t'écoutais pas.

-Tu veux un café ?

-Non merci.

Shaka plissa le nez : Mu refusait de boire quoi que ce soit alors qu'il avait pleuré toutes les larmes de son corps ! Il allait se déshydrater s'il continuait à être aussi têtu et lui… et lui il ne pouvait rien faire ! Par tous les bouddhas, pourquoi était-il un ami aussi nul ? Peut-être que s'il l'amadouait à coup de gâteaux hyper caloriques, Mu finirait par se montrer plus docile ? Après tout, cette tactique semblait faire son effet sur ce petit glouton d'Aphrodite, alors pourquoi pas sur Mu ? D'accord, manger des gâteaux, ça rendait gros comme Aldébaran et en plus, ça créait des caries mais… mais il ne lui en proposerait qu'un seul ! Et puis c'était pour la bonne cause : Mu était si triste.

-Tu veux un gâteau, Mu ? C'est moi qui les ai préparés !

-On peut aller voir les étoiles ?

-Q-Quoi ?

-Aller voir les étoiles. Tu m'emmènes, dis ?

Sortir au beau milieu de la nuit alors que son maître lui avait ordonné de rentrer se coucher ? Shaka déglutit : s'il accompagnait Mu, alors il désobéissait à son maître. Et s'il désobéissait à son maître, alors bouddha serait très en colère contre lui. Mais s'il n'accompagnait pas Mu, alors il refusait d'aider un ami. Et s'il refusait d'aider son meilleur ami, il n'était certainement pas digne de siéger aux côtés de bouddha. Que faire ? Quoi qu'il décide, il serait certainement réprimandé par son maître et, pire encore, il perdrait peut-être son droit de rencontrer le grand bouddha.

-Shaka ?

Le futur chevalier de la vierge pencha légèrement la tête pour planter son regard dans celui, rougi, de son meilleur ami. Mu semblait si triste et pourtant, il avait les yeux brillants d'espoir. Pouvait-il vraiment refuser à son meilleur ami d'aller voir les étoiles sous prétexte qu'il craignait d'être puni ? C'aurait été très égoïste de sa part. Shaka voulait juste que Mu recommence à sourire.

-D'accord, mais mon maître ne doit pas le savoir !

-Promis, répondit Mu en saisissant la main de son meilleur ami pour l'entraîner dehors.

Il voulait juste savoir si son maître lui avait dit la vérité.


-Bordel, tu pourrais faire attention espèce de… Aphro ?

Le petit cancer massa son front douloureux d'être rentré en collision avec son ex-meilleur ami et ex-amoureux quelques secondes plus tôt. Au début, il s'était juré de faire sa fête au petit minable qui avait osé le bousculer lui, Angelo, mais quand son regard s'était posé sur la moue douloureuse du petit poisson, toute sa colère était retombée comme un soufflé au fromage, laissant place à un silence gênant. Angelo n'oubliait pas la façon dont Aphrodite l'avait remplacé par cet imbécile d'Aldébaran. Il lui en voulait et surtout, sa fierté l'empêchait de faire le premier pas vers celui qui le faisait tourner à bourrique.

Reniflant avec dédain, bombant le torse pour faire bonne figure, le petit italien entreprit de continuer son ascension, passant à côté de son ex-meilleur ami et ex-amoureux sans un regard. Il s'apprêtait à l'abandonner pour de bon, jurant croix de bois croix de fer qu'il ne lui pardonnerait jamais un tel affront… quand il entendit son ex-meilleur ami renifler. Il se fit violence pour ne pas se retourner, tentant de se convaincre que, même si Aphrodite était en train de mourir, cela ne le concernait plus, mais l'idée même de le perdre à jamais le fit faire volte-face sans même qu'il ne s'en rende compte.

Il se retourna alors pour voir les épaules d'Aphrodite tressauter en silence et son petit cœur (car oui, Angelo avait un cœur… et pas un cœur de pierre) se serra douloureusement dans sa poitrine. Il s'approcha pour voir le joli visage aux traits habituellement si séducteurs du suédois inondé de larmes et il ne sut pas directement quoi faire.

-Merde, tu t'es fait mal, Aphro ?

Et si Aphrodite s'était blessé en tombant ? Et s'il lui avait fait mal en le repoussant un peu trop durement ?

-Bordel, qu'est-ce que tu as ?

-F-Fiche-moi la paix, crétin.

-Hein ?

-A cause de toi je… j'me suis cassé un ongle, dit-il en pointant l'italien de son doigt manucuré, e-et mon maquillage a coulé !

Evidemment. Aphrodite pleurait parce qu'il s'était ''cassé un ongle'' et que ''son maquillage avait coulé''. Ben ouais, ce serait vachement moins facile pour lui de draguer les autres garçons, avec cette tête-là. Bien fait pour lui, c'était de sa faute après tout, il n'avait qu'à faire attention et ne pas le bousculer. Angelo croisa les bras sur son torse : même quand Aphrodite se faisait rouer de coups au combat, il ne pleurait jamais. Mais il suffisait que son maquillage ne soit pas parfait pour qu'il fonde en larmes. Décidément, il ne comprendrait jamais son ex-ami suédois !

-T'es vraiment un abruti, Angelo, j'te déteste !

Pardon ? Non mais pour qui il se prenait, au juste ? Il n'allait pas se laisser insulter par une gonzesse, ça jamais ! Plutôt mourir que d'être humilié de la sorte ! Et si Aphrodite cherchait la bagarre, alors il allait répondre présent. Il attrapa violemment le petit poisson par le col de son haut, l'obligeant à se relever.

-Répète un peu pour voir ?

-T'es un abruti, j'te déteste ! Abruti.

Il allait lui en coller une. Et qu'Aphrodite ne vienne pas chouiner quand il serait défiguré pour de bon ! Il le poussait dans ses retranchements, il devait en assumer les conséquences.

-J'vais te refaire le portrait, Aphro, et c'est pas des menaces en l'air !

-Ben vas-y ! De toute façon c'est tout ce que tu sais faire, frapper et abandonner les autres !

-Ecoutez qui parle !

-J't'ai jamais frappé !

-T'es parti. Tu m'as remplacé par cet empoté de trois tonnes, c'est moi qui devrais te détester !

-C'est toi qui est parti !

-Parce que tu l'avais embrassé !

-Il m'a obligé !

-Non tu mens !

-Non !

-Si !

-Non !

-Si !

-Si !

Angelo haussa un sourcil : Aphrodite venait de tout avouer ! Ou alors, c'était à lui de dire ''non'' ? Dans ce cas, Aphrodite n'avait rien avoué du tout ! Mais… est-ce qu'il devait dire ''si'' ou ''non'' ? Il ne savait plus ! Tout ça c'était la faute d'Aphrodite, voilà ! Le petit italien soupira en s'affalant sur les marches, vite rejoint par Aphrodite, qui fit mine de bouder en croisant les bras. Angelo lui lança un petit regard en coin et grimaça.

-C'est vrai que tu fais peur à voir.

-Ferme-la.


-C'était sa volonté !

-Ce vieux débris est mort de toute façon !

-Je t'interdis de parler de Shion de cette manière, Saga.

-Sinon quoi, qu'est-ce que tu vas faire ? Me frapper ? Me bannir ? Je ne suis pas ton larbin. Je suis bien plus fort et bien plus important que vous tous réunis !

Saga et Dohko se faisaient face depuis de longues minutes déjà. Toute la tension que le chevalier de la balance avait accumulée depuis tout ce temps passé auprès de son ami malade explosait à présent et sa cible n'était autre que Saga. Très égoïstement, Dohko lui en voulait de s'être entretenu avec Shion avant sa mort : à cause de lui, il n'avait pas pu passer ce temps précieux avec son ami. Shion était mort et il n'avait même pas pu lui dire adieu ! Et maintenant Saga réclamait la place de grand pope, allant contre les dernières volontés de ce dernier.

-Je vous tuerai, tous autant que vous êtes. Je vous tuerai un par un.

-Saga, tu ne sais pas ce que tu dis ! S'il te plaît arrête.

-La ferme, Kanon. Je te tuerai toi aussi si tu ne te tais pas. Tu ne vaux pas mieux qu'eux.

-Mais enfin qu'est-ce qui te prend ? Tu es mon frère et pourtant je ne te reconnais plus !

-Je t'ai dit de te taire !

Le poing de Saga s'écrasa violemment sur la joue de son jumeau, qui ne mit qu'une seconde à répliquer. Un combat s'engagea alors entre eux, faisant froncer les sourcils des autres chevaliers présents : ce n'était pas le moment de se battre. Cristal décida alors d'intervenir, baissant sensiblement la température des lieux, faisant frissonner ses pairs, dont Skorpios, qui détestait par-dessus tout le froid.

-Ca suffit maintenant. Vous devriez avoir honte de vous comporter de la sorte dans une telle situation.

Et pour cause : Shion était encore sur son lit de mort dans la pièce d'à côté !

-J'approuve totalement les dires de Cristal, ajouta Anantram, qui ne ratait jamais une occasion pour prouver sa sagesse et louer celle de son ami Cristal.

-Et moi aussi ! piailla alors Skorpios d'un air très puéril.

Si Anantram pensait vraiment se mettre Cristal dans la poche en le caressant dans le sens du poil, il aurait à faire à lui ! Cristal et lui étaient meilleurs amis depuis les couches culottes, et ce n'est pas aujourd'hui que ça allait changer ! Le chevalier du verseau se contenta de lever les yeux au ciel face au comportement enfantin de son ami.

-Le grand pope a choisi Aiolos, c'est donc à lui de lui succéder, intervint finalement Dohko.

-Je ne permettrai jamais une telle chose.

-Tu n'auras pas d'autre choix.

-C'est ce qu'on verra.


-Salut Shura.

-Bonjour.

Le petit lion s'assit auprès de son camarade, laissant le silence s'installer entre eux. Depuis leur dernière dispute, même s'ils se parlaient encore, Aiolia savait très bien que Shura ne le considérait plus vraiment comme son ami, et cela l'embêtait bien plus qu'il n'y paraissait. Il aimait bien Shura : il était toujours prêt à faire les 400 coups avec lui et surtout, il était gentil. Il était triste de ne plus pouvoir passer du temps avec lui comme avant.

-Ca va ?

-Oui, j'attends mon maître.

-Moi aussi.

Shura se contenta d'hocher la tête, ce qui énerva davantage Aiolia : il ne savait même pas pourquoi son ami ne lui parlait plus. Avant, Shura lui aurait parlé de mille et une choses qu'il aurait écoutées d'une oreille attentive –ou parfois distraite, il devait bien l'avouer- mais Shura lui aurait parlé. Et maintenant, il ne lui disait plus rien. Il se contentait de répondre évasivement à ses questions et cela le mettait en rogne. Lui aussi il voulait un meilleur ami ! Ce n'était pas juste : Milo avait Camus, Mu avait Shaka, Aphrodite avait Angelo et Aldébaran et lui… lui il n'avait personne ! Pourquoi n'avait-il pas de meilleur ami alors que même les petits intellos ennuyeux à mourir en avaient ?

-Dis donc Shu, tu voudrais pas venir te promener ?

-Non, j'ai promis à mon maître de l'attendre ici.

-Mais…

-Tu n'as qu'à demander à Aphrodite.

Aiolia frissonna à l'entente de ce nom : pas question qu'il passe du temps avec ce pervers d'Aphrodite ! Il savait de source sûre que son ex-ami avait à l'idée d'embrasser tous les garçons du sanctuaire et il ne tenait vraiment pas à ce que le petit poisson vienne coller sa bouche glossée contre la sienne ! S'ils restaient collés après, il promettait de commettre un meurtre ! Aphrodite embrassait les garçons et Aiolia détestait ça. C'était dégoûtant ! Shura était le seul à ne pas s'adonner à des pratiques aussi horribles !

-Beurk, tu déconnes ! Je ne tiens pas à recevoir un baiser de cette petite folle !

-Pourtant tu l'aimes bien, Aphrodite.

-Ca, c'était avant qu'il ne commence à embrasser les garçons !

C'est vrai : avant, Aphrodite et lui étaient très proches. Mais maintenant qu'il savait ce qu'Aphrodite faisait, il ne voulait plus jamais lui adresser la parole !

-Tu es stupide, c'est toujours le même. Il n'a pas changé.

-Me dis pas que toi aussi tu embrasses les garçons, Shura ?

-Quoi ? Non, bien sûr que non.

Aiolia poussa un profond soupir de soulagement : si Shura lui avait avoué que lui aussi, il embrassait les garçons, il n'était pas certain de pouvoir le supporter !

-Voilà, c'est pour ça que t'es mon ami ! Toi, pas Aphrodite. Et puis tu sais, je préfère être avec toi qu'avec lui.

-C'est vrai ?

-Ouais, au moins toi tu ne me parles pas rouge à lèvres et de fards à paupières !

Le petit lion entendit son ami glousser discrètement derrière la paume de sa main et il sut qu'une barrière était tombée.

-Alors, tu veux toujours pas venir te balader ?

-D'accord, mais pas longtemps alors !

-Promis.


-Regarde, c'est mon maître ! hurla presque Mu en pointant du doigt une étoile brillante, et là, ce sont ses amis.

-Tu es sûr ? Mon maître m'a toujours dit que cette étoile s'appelait…

-Eh bien maintenant ce n'est plus la même ! C'est mon maître, il m'a dit qu'il serait avec les étoiles, avec ses amis. Alors c'est lui, j'en suis sûr !

Shaka se retint de toutes ses forces de dire à son ami que ces étoiles n'étaient autres que la constellation d'Andromède mais lorsqu'il ouvrit la bouche pour protester il le vit, le sourire de Mu. Mu souriait enfin et il n'avait ni la force ni l'envie de faire disparaître ce sourire. Le futur chevalier de la vierge eut un sourire triste : même s'il avait tout tenté pour rendre Mu heureux, il se rendait compte qu'il n'arriverait jamais à la cheville de Shion dans le cœur de son meilleur ami et cela le rendait un peu triste. Il aurait voulu être important pour lui, lui aussi. Mais tant pis, il voulait que Mu soit heureux et si son maître Shion le rendait heureux, alors il était heureux lui aussi.

-Il ne m'a pas menti, murmura le petit garçon à la chevelure lilas, il est toujours là.

-Tu sais Mu, mon maître m'a dit un jour que les personnes qu'on aime vraiment beaucoup sont toujours là.

Joignant le geste à la parole, Shaka posa sa main contre son cœur. Son maître lui avait dit ça lorsqu'il n'était encore qu'un tout petit et faisait des cauchemars toutes les nuits. Bien sûr, aujourd'hui, son discours avait changé : son maître Anantram disait que les morts rejoignaient le grand bouddha et qu'il n'avait pas le droit de pleurer. Mais Shaka se souviendrait toujours des paroles que son maître lui avait murmurées lorsqu'il était enfant.

-Tu vois, ajouta-t-il en souriant légèrement, ton maître sera toujours avec toi.

-Et toi aussi ! dit alors Mu en souriant plus franchement.

-Pardon ?

-Tu as dit que les personnes qu'on aime beaucoup sont toujours là, dit-il en posant une main sur son cœur, et moi je… je t'aime beaucoup, Shaka.

Le futur chevalier de la vierge n'eut pas le temps de rougir davantage que Mu lui colla un baiser sonore sur la joue, lui glissant un ''merci d'être toujours là pour moi'' au creux de l'oreille avant de reporter son regard sur le ciel étoilé. Shaka cligna plusieurs fois des yeux avant de sourire comme un bienheureux : Mu l'aimait beaucoup, il le lui avait dit. Il y avait de la place pour lui dans son petit cœur d'enfant, auprès de son maître Shion et ça, ça lui faisait extrêmement plaisir.

Lui aussi, il aimait beaucoup son ami.


-Arrête de gesticuler, Milo.

-Mais j'ai chauuuuuud Camus !

-Au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, plus tu gigotes et plus tu auras chaud.

-Mais pourquoi ?

-Parce que.

-Mais c'est pas juste !

Camus soupira en s'allongeant sur le dos, tentant de repousser son meilleur ami lorsqu'il vint se coller contre lui, une jambe passée par-dessus les siennes.

-Milo !

-Mais j'ai chaud Camus, fais quelque chose !

-Que veux-tu que je fasse ?

-Je sais pas moi, fais comme ton maître Cristal. Tu dois bien avoir un truc pour refroidir l'air, non ?

Un ''truc'' ? Oui, il connaissait bien une technique mais il ne la maîtrisait pas encore parfaitement et puis… son maître lui avait dit qu'il était encore trop jeune pour l'utiliser. C'était une technique très complexe que son maître lui avait apprise quelques semaines plus tôt. C'était très puissant mais aussi très difficile à contrôler, voilà pourquoi Camus préférait éviter de l'utiliser.

-Oui mais je…

-Oh s'il te plaît mon Camus, geint Milo, je vais mourir de chaud si ça continue.

Camus hésita encore l'espace de quelques secondes puis, lorsque Milo le surplomba presqu'entièrement, prétextant que sa peau était agréable à toucher parce qu'elle était froide, il décida que pour son propre bien, il avait plutôt intérêt à tenter quelque chose. Il n'avait pas envie de mourir écraser sous le poids de Milo. Pas que son ami soit gros, mais quand même, il n'était pas léger non plus –la faute aux nombreux gâteaux qu'il ingurgitait entre les repas !- et puis il n'aimait pas trop que Milo se colle à lui de la sorte.

-Bon d'accord mais recule-toi, Milo !

-Viiiite Camus, je vais mouriiiir !

Tout, il donnerait tout pour que Milo se taise et le laisse enfin dormir en paix.


Dohko se laissa aller contre le mur derrière lui : cette journée l'avait littéralement épuisé. Il n'avait plus de larmes pour pleurer la mort de son ami et il n'avait plus la force de crier son chagrin. L'entrevue avec les autres chevaliers avait eu raison de ses dernières forces. Il n'aurait jamais pensé que le sanctuaire ait tant changé pendant son absence, il ne comprenait pas comment Shion avait pu supporter ce fardeau pendant toutes ces années. Il ne savait plus quoi faire pour calmer la situation.

Saga était parti, vert de rage, jurant que l'ensemble du sanctuaire serait bientôt sous son commandement et tomberait sous ses coups. Comment des chevaliers d'or pouvaient-ils se déchirer ainsi ? Sans parler de Mu. Il ne savait pas comment se comporter avec le petit garçon qu'il n'avait pas vu grandir. L'enfant ne le connaissait pas et ne semblait pas prêt à le laisser entrer dans sa vie. Il ne savait pas comment s'y prendre, il n'avait même pas eu le temps de demander conseil à Shion. Il ne s'était jamais occupé d'un enfant avant et l'idée de se retrouver seul avec lui lui faisait un peu peur.

-Tu devrais te reposer, Dohko.

-C'est toi Cristal, dit-il sans se retourner.

-Repose-toi, ajouta le chevalier en arrivant à sa hauteur, tu auras besoin de forces pour la suite. Ce n'est que le début.

-Je ne suis pas certain d'y arriver.

-Tu n'auras pas d'autre choix. Shion est parti. Il t'a confié la garde de Mu et le sanctuaire. Tu n'as pas le droit de faiblir maintenant.

-Je sais…

Cristal avec raison, bien sûr. Comme toujours. Shion avait toujours cru en lui, il lui avait toujours fait confiance. C'est pourquoi il lui avait légué de telles responsabilités. Mais Dohko n'était pas Shion, il n'avait pas ses épaules pour supporter une telle charge. Pourtant il le devait, s'il ne voulait pas trahir son amitié avec Shion. Il devrait trouver un moyen de supporter tout ça. Une voix retentit dans la nuit alors que, quelques secondes plus tard, il entendit Cristal soupirer à côté de lui.

-Tu m'excuseras mais je pense qu'il serait préférable que je te laisse avant que Skorpios ne réveille tout le sanctuaire à force de crier mon nom.

-Il est plutôt possessif.

-C'est Skorpios.

-Ca ne te dérange pas ? Je me souviens d'un petit garçon plutôt solitaire.

-Je te l'ai dit : c'est Skorpios. Je m'y suis habitué, je suppose.

Et sans un mot de plus, Dohko vit le chevalier du verseau s'éloigner, le laissant à nouveau seul avec ses doutes et ses craintes. Demain serait un autre jour. Demain, il devrait à nouveau affronter la dure réalité. Demain, et tous les autres jours.


-C-Cam-mus y-y-y f-fait f-froid.

-Tout ça c'est ta faute !

-Q-Quoi ? M-M-Mais je… c-c'est ton t-truc qui…qui a r-r-raté !

-C'est toi qui a insisté ! Je t'avais bien dit que ce n'était pas une bonne idée mais comme d'habitude, tu n'as pas écouté !

Camus faisait en réalité preuve de beaucoup de mauvaise foi : si Milo lui avait bel et bien demandé de faire quelque chose contre la chaleur étouffante de la nuit, c'était lui et lui seul qui avait pris la décision d'utiliser cette technique qu'il ne maîtrisait pas totalement. Résultat : la température frôlait les -10°C et de petites plaques de glace s'étaient formées un peu partout dans la chambre. Milo, qui n'avait jamais connu une température aussi basse, était persuadé d'y laisser un orteil ou un doigt.

-J-J'ai t-t-très f-f-froid !

-Arrête de te plaindre, Milo, tu as toutes les couvertures qui étaient dans mon placard sur tes épaules. Je ne peux rien faire de plus !

-S-Si ! Sers-m-moi dans…dans t-tes br-bras !

Camus soupira davantage en tapotant doucement l'épaule de son meilleur ami, qui grogna et venant se gluer contre lui, l'enfermant sous le tas de couvertures qui recouvraient son corps.

-Milo ! Je te signale que moi, je n'ai pas froid.

Le dit Milo grommela des paroles comme quoi son copain n'était vraiment pas normal et poussa un soupir de bien-être lorsqu'il sentit enfin son corps se réchauffer grâce à l'étreinte de Camus. Une étreinte forcée, certes, mais très efficace !

-Bonne nuit mon Camus, murmura finalement le petit scorpion, convenablement pelotonné entre les bras du dit Camus.

Camus n'était pas certain que sa nuit serait bonne. Il avait bien trop chaud pour trouver le sommeil. Mais au moins, Milo avait cessé de claquer des dents et surtout –surtout !- il s'était tu. Alors peut-être que finalement, il parviendrait à s'endormir. S'il avait trop chaud, au moins sa tête était au repos.


Debout dans l'encadrement de la porte, Anantram se figea : là, devant ses yeux, son élève était convenablement installé dans son lit. Mais il n'était pas seul : Mu était allongé à ses côtés… et Shaka le serrait dans ses bras comme si c'était bouddha en personne. Le chevalier de la vierge fronça les sourcils : pouvait-il laisser son élève se comporter de la sorte envers un simple mortel ? Le seul qu'il devait aimer et chérir de la sorte, c'était bouddha. Il ne devait laisser de place pour personne d'autre. Mais avait-il vraiment le droit de les séparer ce soir, après tout ce qu'ils avaient vécu ?

Il savait que son élève aimait beaucoup le futur chevalier du bélier et, même s'il avait tenté de lui apprendre qu'il ne devait pas se laisser aller ainsi à des sentiments mortels, Shaka n'avait rien voulu entendre. En réalité, il avait hoché la tête, lui assurant qu'il avait bien reçu le message… et lui avait demandé s'il pouvait rejoindre Mu la minute d'après.

Lorsqu'il vit le petit Mu tressaillir et son élève le serrer un peu plus contre lui une fraction de seconde plus tard, il décida que non, il ne pouvait pas les séparer ce soir. Lui aussi, tout au fond de son cœur, il aurait aimé avoir un ami qui prenne soin de lui de la sorte lorsqu'il était malheureux. Oh bien sûr, il savait que bouddha serait toujours là pour lui et ne l'abandonnerait jamais, mais il aurait voulu avoir une présence physique et bien réelle pour l'apaiser.

Il sourit légèrement, tournant la tête de gauche à droite pour chasser ces idées qui le détournaient du droit chemin et se décida à quitter la chambre. Ce soir, il laisserait les deux enfants se consoler mutuellement. Après tout, ils apprendraient bien vite que la vie n'était pas aussi rose qu'ils le pensaient.


Review? =)