Coucou tout le monde!

Voici le chapitre des 13 ans de nos petits chevaliers préférés!

J'espère que vous aimerez et que vous profitez bien de vos vacances.

N'hésitez pas à me laisser votre avis :D

Je vous fais de gros bisous et vous dis à bientôt!


Aphrodite des poissons, debout devant son miroir de trois mètres de long sur deux mètres de large poussa un hurlement strident qui traversa le sanctuaire de haut en bas et de bas en haut. Et pour cause : là, sur son visage d'Apollon, une pustule disgracieuse avait fait son apparition. Pire, ce n'était pas un bouton ordinaire, il n'en n'avait jamais vu de tel !

Affolé, son maître fit irruption dans la salle de bains, persuadé de trouver son élève adoré à l'agonie, baignant dans une mare de sang –car il devait vraiment souffrir pour avoir hurlé de la sorte- la trousse de secours sous le bras, il se précipita sur son élève, qui protégea son visage de ses mains. Alphée fronça dangereusement les sourcils : Aphrodite ne pensait tout de même pas qu'il allait le frapper ?

-Aphrodite ?

-Ne me regardez pas, je suis trop laid !

Le chevalier en titre fronça davantage les sourcils : Aphrodite, laid ? Lui-même aurait presque pu être jaloux de sa beauté enfantine et si pure que tout le monde lui enviait. Si son élève d'amour était laid, alors tous les autres habitants de cette planète étaient hideux, tout juste bon à mettre dans une benne à ordures !

-Qu'est-ce que tu racontes encore ?

-Je suis horrible ! Défiguré ! Achevez-moi, maître, je ne veux pas vivre en étant si laid, je ne pourrais pas le supporter !

Son élève, pourtant si plein de vie lui demandait de mettre un terme à sa vie. Peut-être était-il vraiment devenu laid ? Peut-être que quelqu'un lui avait jeté un sort ?! Dans ce cas, il ne voyait qu'un seul coupable : ce petit prude d'Anantram ! Il n'y avait que lui pour être jaloux de la beauté divine de son élève, comme il avait été jaloux de la sienne lorsqu'ils étaient enfants. Il le soupçonnait même de vivre avec les yeux fermés pour ne pas avoir à affronter sa beauté parfaite.

-Tu dis n'importe quoi. Montre-moi.

-Non !

-Aphrodite, je suis ton maître. C'est un ordre, tu dois m'obéir.

-Non !

-Si tu ne me montres pas, je te confisquerai tout ton maquillage et tu seras privé de bain bulles pendant un mois !

Alphée savait qu'il avait touché un point sensible : sans son maquillage, le petit poisson se sentait totalement démuni. Comment pourrait-il séduire Angelo –et tous les autres garçons, par la même occasion- s'il ne pouvait pas tartiner ses longs cils de mascara ni recouvrir ses lèvres pulpeuses de trois couches de gloss à la framboise ? Sans compter que, sans bain bulles, il pouvait dire adieu à sa peau douce et laiteuse !

-Vous n'êtes vraiment pas chic, maître !

-Montre-moi.

Quand Aphrodite retira ses mains, Alphée ouvrit grand la bouche : elle était là, en plein milieu de son si joli visage, cette horrible imperfection qui le défigurait. Et c'est à ce moment-là qu'il comprit pourquoi Aphrodite désirait qu'il mette fin à ses jours.


-Quoi ? Il ne peut pas venir ? Mais pourquoi ?! On devait faire une chasse au trésor pour l'anniversaire de Scorpii !

-Je suis désolé Milo, répondit Cristal en voyait la moue du petit garçon, mais Camus est un peu malade. Il a de la fièvre et il doit se reposer.

Son ami Camus, son amour… malade ? Par quel horrible sortilège cela avait-il pu se produire ? Camus n'était jamais malade. Il avait une santé de fer, contrairement à la sienne. C'est à peine s'il avait un petit rhume de temps en temps et, même quand tout le sanctuaire était cloué au lit à cause d'une horrible grippe, son Camus d'amour, lui, ne vacillait même pas.

Son Camus était malade et cet horrible mot associé au prénom de son meilleur ami lui faisait froid dans le dos : Camus allait-il mourir ? Était-il condamné ? Cristal lui cachait-il quelque chose ? Avait-il comploté avec son maître pour lui cacher la vérité ? Avait-il tué son Camus et tentait-il de faire passer le meurtre pour une mort dès suite d'une grave maladie ?

-Milo ?

-Est-ce que je peux le voir, maître Cristal ?

-Je pense qu'il est préférable que tu ne le vois pas pour le moment. J'attends la venue du médecin et en attendant, je préfère ne pas prendre de risque. C'est peut-être contagieux.

A présent il en était certain : Cristal avait tué son Camus ! Sinon pourquoi l'empêcherait-il de le voir ? Aussi loin qu'il se souvienne, Camus avait toujours été présent à ses côtés, même lorsqu'il était cloué au lit avec 40 de fièvre. Il n'avait jamais failli à la tâche et Milo était blessé au plus profond de lui-même de ne pas pourquoi lui rendre la pareille.

Lorsque Cristal lui demanda –un peu trop rapidement à son goût- de quitter les lieux pour rejoindre son maître, Milo sut qu'il avait raison : quelque chose d'horrible s'était produit à l'intérieur même de ce temple. Quelque chose d'horrible qui avait eu raison de son Camus. Et ça, il ne pouvait vraiment pas le supporter !

Tant pis s'il devait aller contre vents et marées, s'il devait braver la colère de son maître et celle du maître Cristal. Tant pis s'il déclenchait la colère des dieux et se faisait foudroyer net par Athéna : son Camus avait besoin de lui et il ferait tout pour lui venir en aide, même s'il devait le payer de sa vie !

-J'arrive mon Camus !


-Shaka ?

Le petit bouddha poussa un gémissement de frustration et roula pour se mettre sur le côté, dos à son meilleur ami. Il ne voulait pas contaminer Mu. Il était peut-être condamné et il ne voulait certainement pas que son meilleur ami meure par sa faute.

-Shaka, ne fais pas l'enfant, gronda Mu, il faut que je te soigne.

-Non, Mu. Si bouddha m'a foudroyé de cette horrible maladie, c'est certainement parce que je n'ai pas été un bon disciple. Je ne mérite pas tes soins.

Bouddha le punissait-il d'avoir mis ses séances de méditations matinales au placard, privilégiant par la même occasion le petit déjeuner au lit qu'il amenait à Mu ? Ou bien était-ce parce qu'il avait désobéi à son maître trois fois ces deux derniers mois, s'attirant son courroux en subtilisant sournoisement l'encens qu'il gardait dans un placard ? Ou encore, bouddha le punissait-il pour avoir proféré des insultes au nez et à la barbe d'Aphrodite, lorsqu'il était ouvertement venu se moquer de son nouveau sari ?

-S'il te plaît, laisse-moi.

Il ne voulait pas que Mu le voit mourir, ça non !

-Certainement pas !

Shaka tenta tant bien que mal de se fondre sous ses draps, mais Mu était aussi têtu qu'une mule, si bien qu'il parvint, par la force des choses, de prendre le dessus sur son meilleur ami. Immobilisé par le petit bélier, Shaka détourna le regard tandis que Mu le dévisageait. Il n'était tout de même vraiment pas beau à voir !

-Bon, annonça Mu d'un ton solennel, maintenant tu vas me laisser te soigner.

-Mais…

-Il n'y a pas de ''mais'', Shaka, je ne veux pas te perdre comme j'ai perdu mon maître. Alors tu vas me laisser te soigner, sinon je te promets que je ne t'adresserai plus jamais la parole.

Shaka fit la moue mais ne protesta pas lorsque Mu tamponna soigneusement son visage de mercurochrome. S'il y a bien une chose qu'il craignait plus que tout –et même plus que le rejet de bouddha mais ça, il ne l'avouerait pas-, c'était que son meilleur ami le raye définitivement de sa vie. Alors si c'était la seule solution pour rester en bons termes avec lui, il se plierait à ses moindres exigences.


-Arrête de rire ! Tout de suite !

Sauf qu'Angelo était définitivement incapable de s'arrêter de rire. C'était beaucoup trop drôle de voir Aphrodite dans cet état. Le petit poisson, d'habitude si fier et si pomponné avait troqué son fond de tein contre du mercurochrome et ça, c'était tout juste hilarant. Fini le mascara, le fard à paupière et le blush. Bonjour le nouveau look dalmatien revisité.

-Tu te crois drôle ?

-Non, c'est toi qui es drôle, Aphro. Sérieusement, je ne savais pas que c'était la nouvelle mode.

-Tu n'y connais rien à la mode, de toute façon.

-Et quand je vois ta tête, je ne regrette rien !

Aphrodite des poissons serra les poings, faisant rire davantage le futur chevalier du cancer. Aphrodite était peut-être réputé pour être le plus mignon de tout le sanctuaire mais là, il n'en menait pas large. Le voilà qui était réduit au même niveau que ses petits camarades. Il était aussi laid qu'eux et ça, il ne pouvait vraiment pas le supporter.

-Angelo ?

-Quoi ?

-Tu ne vas pas me tromper, pas vrai ?

-Hein ?!

-J'suis sûr que si ! Tu vas profiter que je sois cloué au lit pour aller voir ailleurs !

Le dit Angelo leva les yeux au ciel et tenta de se dégager lorsqu'Aphrodite le serra dans ses bras, jurant mordicus qu'il ne le laisserait aller nulle part et qu'il était même prêt à le ligoter dans les toilettes pour être certain de le garder auprès de lui.

-Lâche-moi, tu veux ! Avec qui veux-tu que je te trompe, imbécile ?

Non mais sérieusement, est-ce qu'il l'imaginait vraiment avec Camus ou Shaka ? Ou avec n'importe quel autre chevalier en devenir de ce sanctuaire ? Pour qui le prenait-il au juste ? Il n'était pas comme lui, il n'avait pas besoin de se taper n'importe qui pour se prouver quoi que ce soit.

-Oh Angie, tu m'aimes vraiment alors, même si je suis moche ?

-Ne m'appelle plus jamais comme ça, compris ?

Mais trop tard, le dit ''Angie'' se retrouvait déjà attiré sous les draps d'un Aphrodite plus ravi que jamais, qui colla ses lèvres aux siennes, bien décidé à passer le reste de l'après-midi dans les bras de celui qu'il aurait qualifié sur le moment même de ''petit ami le plus fidèle au monde''.


BOUM

Camus sursauta, tiré de son sommeil réparateur par un bruit sourd. Les yeux encore embués de sommeil, la gorge sèche, il se redressa et parcourut sa chambre du regard. Rien.

-Camus !

Le futur verseau sursauta si fort qu'il en tomba sur le dos. Heureusement que son matelas était là pour amortir sa chute. Aussitôt, Milo se rua sur lui, persuadé que son si précieux verseau avait été foudroyé d'une crise cardiaque :

-Camus ! Camus ! Par Athéna, mon Camus, est-ce que ça va ?

-Arrête de crier.

Sa tête allait exploser, si Milo continuait de hurler comme il le faisait maintenant. Assommé par la fièvre, Camus ne protesta pas davantage. Il n'avait pas envie d'entrer en guerre avec Milo, il voulait simplement se reposer, était-ce trop demander ?

Sauf que Milo interpréta ce manque de réaction comme une nouvelle preuve de mort imminente. Il se précipita sur le lit de son meilleur ami, secouant celui-ci pour qu'il ouvre les yeux.

-Camus ! Réveille-toi ! Ne meurs pas, s'il te plaît ! Réveille-toi, maintenant !

-Bon sang, tais-toi Milo ou je te promets que je te mets dehors.

Son Camus d'amour le menaçait-il de le jeter dehors ? Qu'avait-on fait de son Camus, habituellement si gentil avec lui ? Au bord des larmes, persuadé que son Camus était en train de devenir un monstre mutant et sans sentiments, c'est là que Milo les vit : les horribles boutons qui ornaient le si beau visage de son futur amoureux.

-Pas Athéna mon Camus, qu'est-ce que c'est que ça ?

Joignant le geste à la parole, Milo écrasa son doigt sur l'un des boutons en question, faisant couiner Camus, qui tenta de se cacher sous son épaisse couverture. Il voulait être tranquille, pas que Milo le tripotes de la sorte !

-C'est un bouton. Et arrête de gratter ma joue comme ça, je n'ai pas envie d'avoir de cicatrice !

Son Camus si parfait allait-il être défiguré s'il touchait à ces boutons qui avaient envahi son visage ? Milo retira précipitamment sa main, ne pouvant s'empêcher d'ajouter :

-Même si tu étais couvert de cicatrices, tu serais toujours le plus beau à mes yeux, mon Camus.

Camus n'eut pas la force de protester et se contenta de rouler sur le côté, cherchant à retrouver le sommeil duquel Milo l'avait tiré, sans succès.

-Et pourquoi est-ce que ces boutons t'ont attaqué, mon Camus ?

-J'ai la varicelle, Milo.

-La quoi ?

Milo ne savait absolument pas ce qu'était la varicelle, mais ce nom associé à son Camus lui semblait diaboliquement dangereux.

-La varicelle.

-Tu vas mourir ?

Milo avait dit cela avec tellement de tristesse dans la voix que Camus ne put s'empêcher de lever les yeux vers lui et, lorsqu'il vit les larmes perler au bord de ses prunelles, son petit cœur couvert de glace fondit comme neige au soleil, tellement qu'il attira doucement Milo à lui, laissant son meilleur ami se blottir dans ses bras à souhait.

-Bien sûr que non idiot, ce n'est rien. Tous les enfants ont la varicelle un jour.

-Tu es sûr ?

-Oui, alors ne pleure pas.

Milo renifla et hocha la tête contre son épaule, prenant soin à ne pas faire mal à son verseau. Si son Camus était malade alors il voulait tout faire pour apaiser un tant soit peu sa douleur.

-Je vais m'occuper de toi, mon Camus, je te le promets !

-Il faut juste que je dorme.

-Très bien, alors je vais te chanter une berceuse !

-Non merci ce n'est pas la….

Mais trop tard, Milo avait déjà entonné la chanson ''Frère Jacques'', fredonnant des paroles qui n'avaient aucun sens. Camus était persuadé qu'il avait remixé les paroles à sa sauce… car il ne se souvenait pas avoir entendu ''Mon Camus d'amour à moi, fais un gros dodo'' dans la version originale.

Ajoutons à cela que Milo chantait comme une casserole, et Camus était certain de ne pas voir son mal de tête le quitter de si tôt. Au contraire. Mais Milo était si gentil avec lui qu'il n'avait pas le cœur à le sermonner. Il s'étonnait lui-même d'apprécier à ce point la présence de son meilleur ami auprès de lui, mais il mit cela sur le compte de la température. Maintenant, il voulait seulement dormir.


Il avait de la fièvre, la bouche pâteuse et des crampes d'estomac. Il se maudit un instant d'avoir abusé des petits gâteaux qu'avait préparés son maître, jurant sur la tête – et le reste du corps !- d'Athéna, qu'il serait moins gourmand à l'avenir.

Cloué au lit depuis le matin même, il avait espéré qu'Aphrodite viendrait lui rendre visite –lui amenant par la même occasion une petite douceur qui finirait aussi vite dans son ventre-. Mais Aphrodite n'était jamais venu.

Aldébaran poussa un profond soupir de désarroi : depuis qu'Angelo avait refait son apparition, s'immisçant à nouveau dans la vie du suédois, il n'y en avait plus que pour lui ! Aphrodite oubliait un peu trop comment le futur cancer l'avait rejeté comme un vulgaire malpropre.

Et lui, dans l'histoire ? Eh bien lui, il attendait désespérément qu'Aphrodite ouvre les yeux et qu'il se rende compte qui s'occupait vraiment de lui. Angelo n'était rien d'autre qu'un voyou imbu de lui-même et profondément diabolique, il en était certain ! Mais le petit suédois ne voulait rien entendre, idéalisant son italien comme un dieu vivant.

Voilà pourquoi le pauvre Aldébaran agonisait seul dans son dans son petit lit. Seul, sans personne pour lui tenir compagnie ni le rassurer. Seul avec le plateau de cupcakes que lui avait apporté son maître le matin même. Alors, puisqu'il ne pouvait décidément compter sur personne dans ce sanctuaire, il allait noyer son chagrin dans la nourriture. Tant pis pour ses crampes d'estomac : tout ça c'était la faute de ce petit fourbe d'Aphrodite. Plus jamais un garçon ne l'utiliserait de la sorte, foi de taureau !


-Bordel, Shu, qu'est-ce qui nous arrive ?

-J'sais pas, répondit le petit garçon en se laissant tomber sur les marches.

-Débout, Shu, on n'est pas des lopettes, on n'a pas besoin de repos.

-Mais Aiolia…

Cette ascension lui semblait interminable ! Il s'était réveillé le matin même avec un mal de tête abominable et était bien déterminé à rester au lit… jusqu'à ce qu'Aiolia vienne le tirer du lit, souffrant visiblement des mêmes maux que lui, mais criant haut et fort qu'ils conjureraient ce mauvais sort ensemble.

-On n'est pas comme ces fillettes. J'ai entendu dire qu'ils étaient tous cloués au lit, quelle honte !

Shura ne put qu'hocher la tête, même si en son for intérieur, il aurait tout donné pour rejoindre son lit douillet lui aussi.

-Je donnerai tout pour voir la tête de cette petite tapette d'Aphrodite. Mon maître m'a dit qu'on l'avait entendu crier dans tout le sanctuaire !

-Aiolia s'il te plaît, on ne peut pas s'arrêter une minute ?

-Non. On va leur montrer qu'on est digne d'être des chevaliers d'or !

-Mais ça me gratte !

Il n'en pouvait définitivement plus de ces démangeaisons ! Les boutons s'étaient multipliés depuis qu'ils avaient quitté leurs temples et il ne pouvait plus s'empêcher de se gratter. Aiolia lui avait bien interdit de le faire, mais, même s'il ne voulait pas décevoir son ami, c'était plus fort que lui.

-Arrête de faire le bébé.

-Mais puisque je te dis que ce n'est plus supportable. Alors maintenant je m'arrête. Tu n'as qu'à continuer sans moi si tu ne veux pas m'attendre !

Joignant le geste à la parole, Shura se laissa à nouveau tomber par terre, bien décidé à ne plus bouger d'un iota, si ce n'est pour gratter frénétiquement les boutons qui l'avaient envahi. Il s'attendait à ce qu'Aiolia lui hurle qu'il n'était qu'un bébé et qu'il ne voulait plus jamais lui adresser la parole, mais au lui de ça, il vit son ami s'asseoir à ses côtés en soupirant. Haussant un sourcil, il reporta son attention sur son ami.

-Bah Aio ?

-Ca me gratte, c'est horrible.

Et voilà qu'ils se retrouvaient, seuls au milieu de nulle part, à se gratter comme si leurs vies en dépendaient. Ils avaient voulu jouer, ils avaient perdu.


-Voilà mon Camus ! Un thé rien que pour toi !

-Merci, Milo.

Camus se mit en position assise, humant légèrement le breuvage que venait de lui apporter Milo… et fronça le nez aussitôt. Cette odeur était tout sauf l'odeur du thé.

-Milo ? demanda-t-il d'une voix doucereuse.

-Oui mon Camus ?

-Je peux savoir comment tu as fait ce thé ?

-J'ai pris les feuilles qu'il y avait dans le pot vert ! Un peu de poivre et de sol et hop, le tour est joué !

Camus, qui avait trempé par curiosité ses lèvres dans le breuvage encore fumant, recracha tout sur ses couvertures, faisant couiner Milo, qui voyait tous ses beaux efforts répandus sur les draps.

-Camus ! Tu sais combien de temps il m'a fallu pour préparer ce thé ?

C'est vrai quoi, il s'était réveillé une heure plus tôt, alors que son Camus était encore profondément endormi. Il avait alors décidé de lui préparer une petite surprise, persuadé que ce thé miracle le remettrait sur pieds en moins de deux.

-Tu veux me tuer ou quoi ?

-Quoi ? Mais non, bien sûr que non !

-Alors je peux savoir POURQUOI tu as décidé de faire du thé avec du laurier, du sel et du poivre ?

Milo sembla réfléchir à la vitesse de la lumière avant de lui demander, d'une petite voix, un sourire adorablement craquant collé aux lèvres.

-C'est pas comme ça qu'on fait du thé ?

Camus soupira encore et encore, étant définitivement bien trop abattu pour le sermonner davantage. Ca partait d'une bonne intention, après tout… Milo fronça les sourcils lorsqu'il vit que son Camus se contentait de se recoucher, sans lui crier dessus.

-Mon pauvre Camus, dit-il en collant une main contre son front bouillant, tu dois vraiment être malade !

Il se coucha alors à nouveau tout contre lui, se souciant peu du fait que Camus avait encore plus chaud quand il agissait de la sorte. La tête calée au creux de son cou il poussa un profond soupir qui obligea Camus à relever le nez.

-Quoi ?

-Rien, c'est juste que… c'est l'anniversaire de Scorpii aujourd'hui et… je lui avais déjà parlé de la chasse au trésor. Ce sera le premier anniversaire qu'il passera sans nous. Et tu n'as même pas pu lui faire ce gâteau aux insectes dont il raffole ! Il doit être tellement triste de se sentir abandonné par ses parents !

Camus leva les yeux au ciel : même s'il avait à présent 13 ans, Milo ne parvenait décidément pas à retrouver la raison et il considérait toujours Scorpii comme leur fils –endossant bien évidemment le rôle du père de famille tandis que lui il était relayé au rang de mère poule-, mais Camus s'y était fait, au fond. Il était persuadé que, qu'importe son âge, Milo ne pourrait jamais vraiment se détacher de cette bestiole qu'il portait réellement dans son cœur.

-Ce n'est pas grave, on pourra faire tout ça quand je serai guéri.

-Oui mais il va quand même être triste !

-Il comprendra, j'en suis certain.

-Tu crois ?

-Mais oui, ne t'en fais pas.

Milo sembla rassuré par ses paroles, puisqu'il soupira d'aise en fermant les yeux.

-Tu vas guérir vite alors, je vais m'occuper de toi !

-Hn.

-Je t'aime mon Camus tu sais !

-Tu ne sais même pas ce que ça veut dire.

-Si, ça veut dire que tu es dans mon cœur pour toujours et que je serai horriblement triste si tu partais. Je veux rester avec toi toute ma vie parce que moi je t'aime !

-Oui oui, dors maintenant.

Mais Milo ne put s'empêcher de plisser le nez : son Camus d'amour tentait-il de noyer le poisson ? Se redressant sur un coude, faisant grogner le petit verseau de mécontentement, il ne put s'empêcher de demander ?

-Et toi, tu m'aimes ?

-Mais oui, mais oui.

Même s'il avait dit ça pour avoir la paix, Camus ne manqua pas l'énorme sourire niais de bonheur qui avait pris place sur les lèvres de son meilleur ami. Milo était heureux. Et un Milo heureux était un Milo qui le laisserait en paix. Parfait, il allait enfin pouvoir retrouver le sommeil.


-Eh bien en voilà, une belle bande de coccinelles !

Le médecin en titre du sanctuaire rigola plus franchement lorsque les dites coccinelles commencèrent à geindre, se plaignant à tout va, soit parce que les boutons les démangeaient, soit parce que qu'ils ''ne ressemblaient à rien'' à cause de tout ce mercurochrome.

-Bordel Aphro, tout ça c'est ta faute.

-J'ai déjà dit que j'étais désolé !

-Pourquoi t'étais obligé de m'embrasser ?!

-Ose dire que tu n'as pas aimé !

-Bordel les tapettes, vous allez vous taire, oui ?

-La ferme, Aiolia, ou je te refais le portrait.

-Viens te battre, si t'es un homme !

-Tu crois peut-être que quelques boutons vont me clouer au lit, microbe ?

-Angelo ! Tu dois rester couché !

-Lâche-moi, Aphro, je vais lui régler son compte !

Le médecin soupira tandis qu'il s'approchait pour tenter de séparer –pour la quatrième fois en seulement une heure- lion et cancer. Ces deux-là ne pouvaient visiblement pas se supporter et pourtant, ils étaient coincés ici jusqu'à ce que leurs maîtres respectifs viennent les récupérer.

Il avait d'abord vu Aphrodite débarquer, Angelo sous le bras, hurlant haut et fort qu'il avait contaminé son meilleur ami et qu'il serait à jamais défiguré par sa faute. Aiolia et Shura avait fait irruption un peu plus tard, harassés de fatigue, l'air hagard et gémissant de douleur à tout va.

-Je vais te faire la peau !

-Essaie pour voir !

-Je t'interdis de menacer mon Angie !

-Si tu continues de m'appeler comme ça, c'est moi qui vais te menacer, Aphro !

Le médecin soupira : pourvu que leurs maîtres se dépêchent de venir les rechercher… mais au vu des caractères infernaux de ces petits monstres, leurs maîtres respectifs ne devaient pas être mécontents d'avoir quelques heures de calme. Il allait visiblement devoir encore les supporter quelques temps. Un bon cachet d' aspirine s'imposait.


-Je suis vraiment, vraiment désolé, Mu !

-Ce n'est pas ta faute.

-Mais si, tu es malade à cause de moi !

-Non. Le docteur a dit que c'était normal, ce n'est pas ta faute, tous les enfants du sanctuaire ont attrapé la varicelle.

Mais Shaka ne voulait rien entendre : Mu était malade parce qu'il l'avait contaminé. C'était entièrement sa faute s'il était à présent recouvert de petits boutons. Et Shaka s'en voulait. Il en voulait à bouddha pour faire subir cet horrible supplice à son ami.

-Mu a raison, ajouta Dohko, ce n'est en rien ta faute. Je vais m'occuper de lui, d'accord ?

Oui, sauf que Shaka voulait prendre soin de son ami comme lui avait pris soin de lui. Ce n'était pas à Dohko de le faire ! Mu était SON ami, à lui et à lui seul. Il n'était même pas capable d'en prendre soin !

-Ne t'en fais pas, dit Mu en s'approchant de son ami, je serai vite remis sur pieds. Et puis je viendrai te voir tous les jours.

-Non, non. Tu dois te reposer, c'est moi qui viendrai.

-D'accord.

Dohko eut un léger sourire lorsqu'il vit les deux enfants se serrer maladroitement dans leurs bras. Ils étaient mignons, lorsqu'ils étaient gênés. Il se demandait ce que dirait Shion s'il les voyait enlacés de la sorte. Connaissant son ami, il n'en tiendrait certainement pas compte, bien trop occupé à se faire du souci pour Mu. Il avait tout intérêt à bien prendre soin du petit garçon que Shion avait élevé comme son propre fils. Il voulait que son ami soit fier de lui, de là haut.


-Merci beaucoup, Cristal, sans ton aide je n'aurais jamais réussi à attraper autant d'insectes, dit Scorpio en pénétrant dans la pièce dans laquelle se trouvait le terrarium de Milo.

-C'était la première et la dernière fois que je faisais ça, c'est dégoûtant, répondit le dit Cristal en se lavant pour la énième fois les mains.

-On croirait entendre Alphée !

Milo parti, Scorpio avait promis à son élève de s'occuper de Scorpii. Et s'occuper de l'arachnide signifiait aussi le nourrir. Habituellement, c'était Milo qui s'occupait de ça, nourrissant le scorpion comme s'il s'agissait d'un enfant, faisant rouspéter Camus lorsqu'il l'obligeait à rester des heures durant devant le terrarium pour encourager Scorpii à ''finir son assiette''.

Le petit garçon mettait un point d'honneur à s'occuper de ''son bébé'', veillant sur lui comme s'il était la prunelle de ses yeux – ou plutôt, selon son point de vue, le bébé que lui avait offert Camus-, alors Scorpio ne voulait pas faillir à la lourde tâche que lui avait confiée son élève.

-C'est leur du dîner, Scorpii !

Bien sûr, Cristal avait vivement protesté lorsqu'il l'avait traîné à travers tout le sanctuaire pour attraper des insectes. Mais Scorpio aurait tout fait pour éviter de le voir traîner avec Anantram pendant son absence.

-Eh bien alors, tu dors encore, petit arachnide ?

Le petit arachnide en question ne bougea pas d'un iota, chose bien inhabituelle pour l'animal qui était aussi actif que l'était son élève. Alors pourquoi ne bougeait-il plus ?

-Allez debout, petit pare… sseux.

Par Athéna, ça ne pouvait pas être possible ! Comment allait-il annoncer cela à Milo ? Il serait anéanti par la nouvelle.

-Cristaaaaaaaaal ! On a un très gros problème.


Alors, que c'est-il passé?

Je vous posterai bientôt un petit bonus intitulé ''La fin de Scorpii''... je suppose que ça vous met la puce à l'oreille!

En tout cas, n'hésitez pas à me laisser une petite review et je reviens le plus vite possible!

Bisous bisous!