Hello Hello!

Après ma longue absence, me revoici avec, comme promis, un OS Bonus. Le chapitre suivant est également en cours d'écriture.

D'ailleurs si vous souhaitez me suivre et suivre l'avancée de mes fics, vous pouvez dès à présent me suivre ici: pages/Little-Dolls24s-World/633485416737192

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C'est parfois plus facile pour communiquer, surtout pour les guests ;)

Je vous remercie de me suivre et vous fais de grooooos bisous :)


-Q-Quoi ?

-Ecoute, Milo, Scorpii est allé rejoindre ses amis au paradis des scorpions.

-Q-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Eh bien…

-Scorpii a rejoint Shion dans le ciel, intervint Camus.

Aussitôt, les prunelles du futur scorpion se remplirent de larmes tandis que son visage se tordait en une moue de douleur. La main qu'il avait portée à ses cheveux tremblait et il ne cessait de tourner la tête de gauche à droite, comme s'il cherchait à repousser la dure réalité.

-N-Non ! Non, ce…c'est pas possible !

Non, Scorpii ne pouvait pas être mort. Leur bébé à Camus et à lui ne pouvait pas avoir rejoint Shion, ce n'était pas possible ! Il ne voulait pas le croire ! Lorsqu'il avait confié Scorpii à son maître Scorpio, il était en parfaite santé… alors si Scorpii avait rejoint Shion, ça voulait dire que…

-C'est de votre faute ! hurla Milo

-Q-Quoi ? demanda Scorpio, sous le choc de la colère que Milo déversait sur lui.

-Oui c'est votre faute s'il est mort comme Shion ! C'est vous qui l'avez tué !

-Bien sûr que non, Milo, tenta de le raisonner Scorpio, je te promets que…

-Je vous déteste !

Et après avoir craché ces paroles remplies de haine, Milo courut en direction de la plage, les larmes dévalant ses joues. Blessé plus qu'il ne voulait l'admettre par les mots durs de son élève, Scorpio vacilla. Il ne reprit pied avec la réalité que lorsque Cristal posa une main sur son épaule.

-Il est en colère, il ne le pense pas, ne t'en fais pas, dit-il pour le rassurer.

Même s'il savait que Milo avait parlé sous le coup de l'impulsivité et de la tristesse, Scorpio ne pouvait s'empêcher d'être blessé.

-Je vais chercher Milo, annonça alors Camus, visiblement bien moins affecté par la mort de leur ''bébé'' que Milo.


Il avait retrouvé Milo sur la plage. Caché entre deux dunes de sable fin, Milo pleurait à chaudes larmes. Il pleurait de tristesse et de rage : la tristesse d'avoir perdu un être cher, la colère d'avoir été trahi par un autre. Car pour Milo, il n'y avait aucun doute : Scorpii était mort à cause de son maître.

Son maître avait certainement oublié de le nourrir ou –pire- il l'avait laissé sans surveillance, Scorpiii s'était blessé et était mort à cause de ses blessures. Son pauvre Scorpii avait peut-être agonisé seul pendant des heures –peut-être même pendant toute la nuit-, sans que ni lui ni Camus ne soit là pour le soutenir et lui faire des câlins. D'ailleurs, en parlant de Camus, il se trouvait maintenant devant lui, les poings sur les hanches et sa jolie peau toujours couverte de boutons.

-Tu devrais avoir honte, Milo, gronda-t-il, tu as manqué de respect à ton maître alors que…hé !

Milo venait tout simplement de se jeter contre lui, pleurant toutes les larmes de son corps.

-C-C'est ho-ho-horrible Camus ! N-Notre bébé est… il est… et mon maître est u-un meurtrier !

Camus soupira d'exaspération, bien décidé à ne pas consoler Milo cette fois. Son ami avait manqué de respect à son maître et, aux yeux du futur verseau, cette faute était impardonnable. Il repoussa sans ménagement Milo et ne tint pas compte des prunelles remplies de larmes qu'il posa sur lui.

-Ce n'est pas la faute de ton maître, il n'a rien fait de mal ! Tu as été vraiment odieux, Milo.

Milo ne comprenait pas pourquoi Camus lui criait dessus comme ça. Il était horriblement triste et tout ce que son Camus d'amour trouvait à faire, c'était le sermonner ! Camus ne semblait pas du tout affecté par la terrible perte de leur bébé.

-Crie pas, Camus !

-Comment as-tu pu parler à ton maître de la sorte ?

Son maître, il n'avait que ce mot-là à la bouche ! Leur petit bébé était mort et Camus ne semblait pas du tout s'en soucier. Comme si Scorpii n'avait pas compté pour lui pendant tout ce temps.

-Scorpii est mort, sanglota-t-il encore.

-Je sais, mais ce n'est en rien la faute de ton maître ! Scorpii était déjà très vieux, il ne pouvait pas vivre éternellement.

-Mais… je suis si triste, dit Milo en se jetant dans les bras de Camus.

Camus qui n'en demandait pas tant, et qui fut bien obligé de bercer Milo pour qu'il se calme. Son comportement lui promettait de longues nuits d'insomnies.


-Angiiiiiie ! Tu connais la nouvelle ? demanda Aphrodite en se jetant au coup du dit Angie.

-Nan, et je ne veux rien savoir, répondit Angelo en tentant vainement d'éloigner Aphrodite de son visage.

-Le bébé de Camus et Milo est mort !

…ce n'est pas comme s'il venait de lui dire qu'il ne voulait rien savoir, hein ?

-Je ne savais même pas qu'ils avaient un bébé, reprit Aphrodite, plus offusqué que jamais. Ils ont dû l'adopter en secret ! Comment est-ce que j'ai pu passer à côté de quelque chose d'aussi énoooorme ?

Une minute, Aphrodite ne croyait pas VRAIMENT à cette histoire de bébé, n'est-ce pas ?

-Ce sont des conneries, Aphro, il n'y a jamais eu de bébé.

-Si c'est vrai ! Si tu avais vu l'état de Milo, tu n'en douterais pas une seconde toi non plus. Je n'arrive pas à croire qu'ils aient eu un bébé avant nous !

Angelo leva les yeux au ciel : il ne croyait pas du tout à cette histoire de bébé. Comme si des gamins immatures avaient réussi à chopper un bébé !

-Bah de toute façon, il est mort le gosse, pas vrai ? Donc l'affaire est close.

-Angelo ! Comment est-ce que tu peux être aussi insensible face à une telle situation ?! Tu ne te rends pas compte de la gravité des choses : ils ont eu un bébé avant nous !

Et c'était lui l'insensible dans l'histoire, n'est-ce pas ?


-Qu'est-ce que tu veux faire, Mu ? demanda Shaka.

Le futur chevalier de la vierge avait donné rendez-vous à son ami dans la grande bibliothèque du sanctuaire, mais le petit bélier avait refusé son invitation, lui demandant de venir l'aider en cuisine. Shaka avait d'abord été légèrement étonné mais avait fini par accepter : après tout, tant qu'il pouvait passer du temps avec son meilleur ami, il était le plus heureux.

-Tu as appris pour Camus et Milo ?

-Comment ça ?

Quelle horrible bêtise Milo, futur chevalier du scorpion, avait-il bien pu faire ? Et le pauvre Camus, dans tout ça ? Parce que que Milo fasse des bêtises, c'était bien son problème, mais il entraînait toujours Camus dans ses mauvais coups.

-Leur bébé est mort, déclara Mu le plus naturellement du monde.

-Leur bé…bé ?

Par bouddha, comment cela était-il possible ? Comment deux enfants – deux garçons qui plus est- avaient-ils pu avoir un enfant ? C'était physiquement et biologiquement impossible. Spirituellement aussi : pourquoi bouddha, dans sa grande bonté, aurait-il décidé d'offrir un bébé à Camus et Milo ?

-Oui, reprit Mu, j'ai entendu Scorpio le dire à maître Dohko.

-Mais Mu, c'est impossible ! s'entêta Shaka.

Mu se contenta d'hausser les épaules avant de répondre :

-Possible ou non, Camus est mon ami, alors je veux lui préparer des petits gâteaux pour qu'il ait mieux.

Tous les sens de Shaka entrèrent alors en alerte : Mu, SON meilleur ami, voulait préparer des petits gâteaux pour Camus… cela voulait-il dire que SON Mu cherchait à se rapprocher du petit verseau ?

-Mais Mu… protesta-t-il vainement.

-S'il te plaît Shaka ! Tu t'es si bien occupé de moi quand je n'étais pas bien, et tes pâtisseries me rendaient toujours le sourire. Alors s'il te plaît, je veux soutenir Camus !

Alors toute la détermination de Shaka fondit comme neige au soleil lorsque Mu attrapa ses mains dans les siennes et plongea son regard larmoyant dans le sien.

-Très bien, murmura-t-il finalement.

Et il ne regretta rien lorsque Mu s'élança à son cou, lui murmurant qu'il était le meilleur ami dont un petit garçon pouvait rêver.


-Camus, je suis si triste !

Ça, Camus l'avait bien compris. Cela faisait presque deux heures que Milo avait trouvé refuge dans ses bras et il avait déjà vidé trois boîtes de kleenex –et avait même voulu utiliser son pull comme mouchoir-. Il lui avait bavé dessus, avait reniflé dans son cou et mouillé sa belle chevelure parfaitement lisse avec ses larmes. Mais Camus n'avait rien dit. Il l'avait patiemment écouté se morfondre.

-Scorpiiiiiiiiii ! sanglota-t-il en enfouissant à nouveau son visage au creux du cou de Camus.

Alors Camus soupira, tapotant distraitement l'épaule tressautant de Milo. Non pas qu'il s'ennuyait de le consoler –quoique, si- mais il avait d'autres choses à faire. Il n'avait pas encore terminé sa lecture du matin et…

-Il faut l'enterrer ! hurla soudain Milo.

-Pardon ?!

-Oui, je veux que tout le sanctuaire se souvienne de notre bébé, Camus !

-Mais Milo ce n'était qu'un…

''Scorpion''. A quelques millièmes de secondes près, Camus aurait dit ce mot. Cette réalité. Scorpii n'était qu'un scorpion. Des centaines de scorpions mouraient tous les jours. Tout le monde finissait par mourir un jour. Alors pourquoi faire tout un plat de la disparition de Scorpii ?

-Où est-ce que tu vas ? demanda finalement Camus tandis que Milo quittait enfin ses bras.

-Chercher une bougie et une mini Athéna pour scorpii !

Camus, qui ne demandait rien de plus que de pouvoir terminer sa lecture en paix, voyait sa tranquillité réduite une fois de plus en cendres par les idées folles de Milo. Vraiment, il aurait mieux fait de se casser une jambe le jour où il lui avait offert cette stupide bestiole !


-Ne t'en fais pas, Scorpio, tenta de le rassurer Cristal, Milo était en colère et…

-Tu as vu comment il m'a regardé ?

Cristal fut légèrement décontenancé lorsque son regard croisa celui embué de larmes de Scorpio. Scorpio ne craquait que très rarement. Mais il le faisait toujours parce qu'il s'inquiétait pour Milo. Et cette fois, il avait peur de perdre le petit garçon.

-Il semblait tellement… dégoûté, dit-il en ravalant un sanglot.

-Scorpio…

-J'aurais dû faire plus attention ! Je n'aurais pas dû m'éloigner, je…

-Eh, arrête ça !

Cristal prit place aux côtés de son ami et saisit son menton entre son index et son pouce, l'obligeant à le regarder.

-Tu n'es pas responsable de ce qui est arrivé. Scorpii n'était qu'un animal, il a déjà eu une formidable longévité. Il serait mort tôt ou tard, Scorpio. Ce n'est en rien ta faute.

-Mais Milo est persuadé du contraire, il me déteste !

-Ce n'est encore qu'un enfant. Il est triste et en colère. Ses paroles ont dépassé sa pensée, j'en suis certain. Camus va l'apaiser et le remettre sur le droit chemin, ne t'en fais pas.

Mais Scorpio était plus triste que jamais. Il ne voulait pas perdre son élève, il l'aimait trop pour ça. Alors il se laissa aller dans les bras de Cristal, retenant ses larmes.

-Tu as le droit de pleurer, murmura finalement le chevalier du verseau.

-Oh Cristal…

Et Scorpio fondit en larmes dans les bras de son meilleur ami. Il s'accrocha à ses épaules comme à une bouée de sauvetage. Il avait besoin de lui plus que jamais, et il savait que Cristal ne l'abandonnerait pas.

-Shhh, tout va s'arranger.

Du moins, il l'espérait vraiment.


-Non mais c'est quoi tout ce boucan ? beugla Aiolia.

Il tentait vainement de faire une sieste au grand air depuis de longues minutes, mais sa tranquillité avait été troublée par un horrible plus répété et très répétitif.

-Camus fait du bricolage, répondit simplement Shura en pointant le jardin du onzième temple du doigt.

-Il m'empêche surtout de faire ma sieste !

-Salut les loulous !

Shura et Aiolia devinrent blanc comme linge lorsque Aphrodite se profila devant eux, tout sourire, suivi de près par un Angelo bougon.

-Qu'est-ce que tu nous veux ? demanda Aiolia, qui n'avait vraiment pas envie d'entendre la voix stridente d'Aphrodite.

-On fait une collecte, Angie et moi.

-Une collecte pourquoi ? demanda innocemment Shura.

Aphrodite leva alors les yeux au ciel, montrant ouvertement à Shura à quel point il le trouvait ignorant.

-Pour ton information, le bébé de Camus est Milo est mort !

-Ah ? Et vous faites une collecte pour acheter une plante ? demanda-t-il à nouveau tout aussi innocemment.

-Mais non, abruti ! Il n'y a rien qui te choque, dans ce que je viens de te dire ? s'énerva Aphrodite.

-Bah… que le bébé de Milo et Camus soit mort ? intervint Aiolia.

-Mauvaise réponse ! Autre chose ?

-Que Camus et Milo aient un bébé ?

-Mais il faut tout vous expliquer, à vous ! s'exaspéra Aphrodite en rejetant sa longue chevelure par-dessus son épaule. Camus et Milo ont eu un bébé AVANT Angie et moi !

-Et alors ? demandèrent Shura et Aiolia en cœur.

-Alors ? ALORS ?! Alors c'est tout bonnement i-n-a-c-c-e-p-t-a-b-l-e ! C'est pourquoi Angie et moi ont fait une collecte pour empêcher la vermine de se répandre au nez et à la barbe de l'élite, c'est-à-dire Angie et moi. Il faut dire NON aux bébés, sauf si ce sont ceux d'Angie et moi !

Aiolia et Shura restèrent bouche-bée face aux affirmations d'Aphrodite. C'est qu'il avait l'air très convaincu. Alors finalement, Aiolia éclata de rire, persuadé qu'Aphrodite et Angelo étaient encore plus bizarres qu'il ne le pensait.

-Nan mais vous êtes tombés sur la tête, hein ! Tu penses vraiment que je vais dépenser ne serait-ce que mon dessert pour ta fichue collecte ?

Alors Aphrodite cria, hurla, s'arracha les cheveux, menaça… et fut retenu par Angelo, qui n'avait aucune envie de passer une seconde de plus avec Aiolia et Shura. Lui n'avait rien demandé à personne, il était encore et toujours victime des plans machiavéliques d'Aphrodite.

-Viens Aphro, laissons les loosers entre eux !

-Tu as raison Angie, de toute façon eux aussi, ils font partie de la vermine !

Une fois qu'ils se furent éloignés, Shura regarda Aiolia, qui semblait tout aussi perdu que lui.

-Aio… c'était quoi ce délire ?

-Laisse tomber, ils ont dû faire trop de choses gays !

Ils devenaient tous fous dans ce sanctuaire !


-Ce n'est pas digne de Scorpii, Camus ! pleurnicha Milo.

Le dit Camus dut se retenir de lui sauter à la gorge pour l'étouffer. Déjà qu'il se trouvait totalement stupide de construire un cercueil pour Scorpii, alors si en plus Milo faisait des caprices !

-Pas la peine de me sermonner, Milo ! Scorpii n'est qu'un animal, il devrait être abandonné dans la nature, au mieux, brûlé !

-Comment peux-tu dire des choses aussi horribles, Camus ?

Et ça y est, Milo fondit à nouveau en larmes. Camus soupira d'exaspération : Milo était-il vraiment un futur chevalier d'or ou tout simplement une bonne femme ? Non parce que sincèrement, il se posait parfois des questions !

-Arrête de pleurer, Milo, ordonna Camus.

-Mais notre bébé est mort, Camus !

-Je sais.

Enfin, ''leur'' bébé… c'était surtout le bébé de Milo. Camus ne l'avait jamais au grand jamais considéré comme un membre de sa famille, et encore moins comme son bébé.

-Je veux qu'il puisse reposer en paix pour toujours dans un beau cercueil, mon Camus ! Et quand toi et moi on sera morts, alors on sera enterrés auprès de lui !

Alléluia, Camus se réjouissait à l'avance de ces grands projets. Comme s'il avait envie de se retrouver coincé entre Milo et Scorpii pour l'éternité !

-Camus, Scorpii a besoin de nous, s'il te plaît.

Techniquement, Scorpii n'avait plus besoin de rien ni de personne. Mais Camus n'avait pas envie d'entendre brailler Milo. Alors il allait s'exécuter, et terminer ce fichu cercueil. Qu'on en finisse, et vite.


-Alors, on est riche, Angie ? demanda Aphrodite, les yeux plein d'étoiles après avoir terminé sa collecte.

-Si tu considères que deux cailloux, trois brindilles et une vieille tisane ce sont des richesses, alors ouais, on est pleins aux as !

La tisane, c'était certainement un coup de Dohko !

-Quoiiiiii ? s'offusqua Aphrodite.

Où étaient l'or, les bijoux, les diamants, les rubis tant espérés ?

-Ils nous prennent pour des poubelles, ou quoi ?

-Sérieusement Aphro, qu'est-ce que tu espérais récolter auprès de ces radins ?

-C'est inadmissible, Angie ! On ne peut pas les laisser nous traiter de cette façon ! Il faut leur montrer de quel bois on se chauffe !

-Et comment est-ce que tu comptes faire ça ?

-J'ai un plan.

Et quand Aphrodite, futur chevalier des poissons et petit garçon très imbu de lui-même avait un plan, mieux valait se mettre à l'abri sous un volcan.


Camus terminait tout juste de creuser un trou pour Scorpii, Milo, quant à lui, entamait sa sixième boîte de kleenex, lorsqu'ils virent arriver Mu et Shaka, tout de noir vêtus.

-Oh, Mu, Shaka, qu'est-ce que vous faites ici ? demanda Camus.

Sauf que Camus ne s'attendait certainement pas à ce que Mu se jette dans ses bras, l'enfermant dans une étreinte chaleureuse, sous le regard assassin de Shaka.

-M-Mu ? s'étonna-t-il.

-Oh Camus, je suis tellement, tellement désolé pour toi ! Je sais ce que tu traverses, et je sais à quel point c'est difficile. Sois fort, Camus ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, Shaka et moi sommes là pour toi !

-Lâche mon Camus tout de suite ! hulula Milo derrière eux, arrachant déjà SON Camus de l'étreinte de Mu.

-Nous avons appris pour la terrible perte de votre… enfant, murmura Shaka d'un air dubitatif. Nous tenions à vous présenter nos plus sincères condoléances.

-Mais… commença Camus.

Comment Shaka et Mu avaient-ils pu avoir vent de cette histoire ? Et surtout, comment des enfants aussi sensés qu'eux avaient-ils pu gober cette histoire de bébé ?!

-Nous vous avons préparé des gâteaux ! dit finalement Mu, fourrant le panier rempli de gâteaux entre les mains de Camus.

-Oh vous êtes si gentils ! s'émut Milo, fondant une nouvelle fois en larmes.

-Pauvre Milo, ça doit être si difficile pour lui !

Camus se retint de se coller une main sur le front. Milo et son petit cinéma commençait sérieusement à lui taper sur le système. Scorpii était un scorpion, un s-c-o-r-p-i-o-n ! Un animal, certainement pas un bébé !

-Vous voulez rester pour la cérémonie ? demanda finalement Milo en hoquetant.

Camus blêmit. La cérémonie… ? Quelle cérémonie ? Maintenant que la bestiole était belle et bien sous terre, il avait espéré pouvoir reprendre le cours de sa vie, terminer son livre, déguster un petit gâteau et se glisser entre ses draps pour profiter d'une bonne nuit de sommeil. Mais visiblement Milo en avait décidé autrement.

-Avec plaisir, dit Mu en attirant Shaka, qui essayait déjà de filer en douce. Ce sera un grand honneur pour nous de vous soutenir dans cette douloureuse épreuve.

Par Athéna, ce cauchemar n'en finirait jamais.


-Eh, Shu, viens voir par là !

Aussitôt dit, aussitôt fait : Shura ne mit pas plus de deux secondes pour rejoindre son ami, caché dans les broussailles.

-Tu vois ce que je vois ?

-Euuuuh… le jardin de maître Alphée ?

-Et dans ce jardin, qu'est-ce que tu vois ? demanda encore Aiolia.

-Des roses ?

-Exactement, des roses.

-Qu'est-ce que tu as en tête ?

-Bah, Aphrodite nous a traité de vermines, juste ?

-Oui, et alors ?

-Alors on va lui jouer un sale tour !

Et Shura suivit son ami avec joie lorsque celui-ci lui demanda à nouveau de le suivre, un sourire machiavélique collé aux lèvres.


-Que Scorpii repose en paix auprès d'Athéna, murmura Mu sur un ton solennel.

-Ou auprès de bouddha, Mu, insista Shaka.

-Et auprès de maître Shion ! ajouta le petit bélier en versant une larme.

Larme qui n'échappa pas à Shaka, qui se dépêcha de le prendre dans ses bras pour le réconforter. Et tout ça devant la mine défaite de Camus, qui aurait voulu être très très loin de cet endroit et de l'ambiance pseudo-dramatique qui s'en dégageait.

-Oh mon bébé, tu vas tellement me manquer ! déclara Milo avant de fondre une nouvelle fois en larmes, mouchant son nez rougit et gercé.

S'il n'y avait pas eu les reniflements combinés de Milo et de Mu, Camus aurait presque pu tomber endormi.

-Camus, dis quelque chose ! implora Milo, s'agrippant au bras du dit Camus.

Était-ce la seule chose à faire pour aspirer enfin à un peu de tranquillité ?!

-Scorpii te…e-enfin nous manquera beaucoup. Athéna, faites qu'il s'amuse au paradis des scorpions, dit-il sur un ton totalement détaché.

-Oh non Camus, ne dis pas ça ! paniqua Milo. Si Scorpii est au paradis des scorpions alors on ne pourra plus jamais le voir ! Même quand on sera morts !

Alors Camus leva les yeux au ciel, souffla de mécontentement et plongea son regard dans celui rougi de Milo.

-Milo, Scorpii est un scorpion, tu sais ? Pas un être humain, alors il doit aller au paradis des scorpions, c'est mieux pour lui !

-Bien sûr que non, Camus, il a besoin de son papa et de sa maman !

-Mais NI TOI, NI MOI ne sommes ses parents !

Alors les yeux de Milo se remplirent de larmes avant qu'il ne se mette à hurler :

-Tu es horrible de dire ça, Camus ! Scorpii était notre bébé !

Shaka et Mu, qui observaient toute la scène d'un peu plus loin, hésitèrent à intervenir, mais un évènement les poussa finalement à prendre la parole…


-Ton plan est foireux, Aphro ! grommela Angelo en se mettant à quatre pattes pour suivre Aphrodite à travers le chemin de terre.

-Il vient de moi, il ne peut pas être foireux ! Bon sang, je vais salir mes ongles avec toute cette boue, et mes vêtements ! Et j'aurai la peau sèche, et…

-Tu l'auras cherché ! En plus ça t'apporte quoi de faire ça ?!

-Un ventre bien rempli !

-Et après c'est moi le profiteur, hein ?

Angelo arbora un sourire diabolique lorsqu'il réalisa qu'Aphrodite était aussi corrompu et damné que lui. Aphrodite était fourbe, vicieux, avare, capricieux, gourmand et narcissique. Il n'avait que des vices. Et Angelo adorait ça.

-On y est presque, tais-toi !

Angelo redressa alors légèrement la tête : en effet, un peu plus loin, il pouvait apercevoir Mu, Shaka, Camus et Milo. Mais surtout –surtout !- à un ou deux mètres seulement du quatuor, le graal ! Un plateau rempli de petits gâteaux ! Et puisque ces radins avaient refusé de leur donner de l'argent, ils allaient à présent se retrouver affamés !

-A trois, on va se cacher sous la table, chuchota Aphrodite. Un, deux… eh ! Angelo ! J'avais dit à trois !

Mais Angelo ne recevait d'ordre de personne. Alors il était parti sans demander son reste. Et bien entendu Aphrodite l'avait suivi en le rappelant à l'ordre de sa voix perçante. Il avait ameuté tout le sanctuaire et, si Milo –bien trop occupé à pleurer- et Camus –bien trop occupé à s'énerver- n'avaient rien entendu, l'entrée fracassante d'Aphrodite n'avait pas échappé à Mu et Shaka, qui se dépêchèrent d'avertir les deux autres.

-Camus, Milo, commença Mu, je crois qu'un a un problème.

Camus avait alors relevé la tête et était devenu blanc comme linge tandis qu'il voyait Angelo se sauver à grandes enjambées, les bras chargés de gâteaux, et Aphrodite le suivre en braillant.

-Quels petits bandits ! fustigea-t-il.

-Camus ! sanglota aussitôt Milo. Ces deux minables veulent simplement gâcher l'enterrement de notre bébé, s'il te plaît ne te laisse pas déstabiliser !

-Mais ils ont pris les gâteaux de Mu et Shaka, Milo ! C'est du vol !

-Je sais mais notre bébé a besoin de nous, Camus !

Camus serra les poings : il en avait plus qu'assez d'entendre Milo répéter encore et encore la même chose.

-D'autres ennuis arrivent, déclara Mu derrière eux.

Et lorsque Camus tourna la tête, il vit Aiolia et Shura s'avancer vers eux tout sourire, un énorme bouquet de roses à la main.

-Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Camus.

-On a appris pour le gosse, dit Aiolia d'un air nonchalant, alors on vous a apporté des roses !

Camus fronça les sourcils : il ne croyait pas un mot de cette histoire farfelue. Mais apparemment, Milo tomba dans le panneau, puisqu'il arracha presque les roses des mains d'Aiolia, une mine amadouée collée au visage.

-Comme c'est gentil ! Je ne te savais pas aussi chouette, Aiolia !

Camus, Mu et Shaka levèrent alors les yeux au ciel… mais Milo avait arrêté de pleurer. Et Camus aurait tout accepté pour que Milo cesse de lui casser les oreilles.


-Milo !

Scorpio se jeta presque sur le petit garçon lorsqu'il passa le pas de la porte, les yeux rouges et arborant une moue horriblement triste.

-Lâchez-moi ! hurla presque Milo lorsque son maître voulut le prendre dans ses bras.

-Je me suis inquiété pour toi, gronda Scorpio. Tu as disparu pendant toute une après-midi !

-Et alors ?! J'étais à l'enterrement de Scorpii ! Si vous ne l'aviez pas tué alors je serais pas parti ! Je vous déteste !

Et Milo fila dans sa chambre, laissant derrière lui son maître, totalement dépité. Cristal, qui observait la scène d'un peu plus loin, vit Camus rejoindre Milo, l'air très en colère. Il s'approcha alors de Scorpio et posa une main sur son épaule.

-Il ne me pardonnera jamais de ne pas avoir su prendre soin de Scorpii…

-Ne dis pas ça.

-Il me déteste !

-Il n'a appris la nouvelle que ce matin, c'est normal qu'il soit encore en colère. Laisse-lui du temps.

Mais Cristal commençait doucement à croire, au vu du regard dur de Camus, que Milo serait bien plus difficile à convaincre.


-Oh Angie pose les gâteaux sur la table, je vais au jar…

Angelo releva la tête lorsque la voix d'Aphrodite se stoppa net. Ce n'était pas du tout l'habitude du suédois de se taire, encore moins de ne pas terminer ses phrases.

-Aphro ?

Il posa les gâteaux sur la table basse du salon et fit quelques pas pour rejoindre Aphrodite. Il le vit, debout devant la porte vitrée qui donnait sur le jardin, blanc comme un linge.

-Merde, tu vas pas claquer quand même ? demanda-t-il en prenant le pouls de son ami.

Aphrodite resta encore interdit quelques secondes, avant de devenir rouge de colère. Il serra les poings, ferma les yeux et hurla :

-JE VAIS LES TUEEEEER ! LEUR ARRACHER LES YEUX ! LEUR ARRACHER LA LANGUE ! LES METTRE AU FEU ! ILS VONT SOUFFRIR ! OH OUI, ILS VONT SOUFFRIR !

Angelo haussa un sourcil tandis qu'il voyait Aphrodite faire volte-face comme une furie. Il s'apprêtait à faire demi-tour lui aussi pour aller déguster les petits gâteaux volés, lorsque son regard tomba sur le jardin du douzième temple… totalement rasé. Il n'y avait plus une seule rose… Et Angelo ne put s'empêcher d'éclater de rire.

-Eh Aphro, lança-t-il depuis le salon, comment tu vas faire pour prendre un bain aux pétales de rose, maintenant ?

-La ferme !

Mais c'était tout de même beaucoup trop drôle.


-Un petit chien alors ?

-Non non et non Milo, plus d'animal. Plus de bébé. Plus jamais.

Alors Milo qui, confortablement installé dans les bras de Camus, avait séché ses larmes, fit la moue.

-Un petit chat ?

-J'ai dit non.

-Mais j'ai besoin d'un bébé dans ma vie, Camus !

-Bien sûr que non, Milo, tu n'as pas besoin de bébé dans ta vie !

-Mais Scorpii me manque !

-Tellement que tu penses déjà à le remplacer ?!

Alors Milo ouvrit la bouche… puis la referma. Son Camus d'amour avait, comme toujours, raison. Et Scorpii lui manquait tellement que… il se remit à pleurer.

-Ah non Milo, tu ne vas pas recommencer !

-Toi tu ne me quitteras jamais, pas vrai ?

-Mais non, mais non, murmura-t-il pour le rassurer.

Mais Milo ignorait que très bientôt, il serait aussi séparé de Camus…