Bonjour bonjour!

Après un certain temps d'attente me revoilà avec ce chapitre. J'espère que vous l'aimerez!

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Gros bisouuuuuus!


-Pas question !

-Ne fais pas l'enfant, Milo, gronda Scorpio.

-J'ai dit que je n'irai pas !

-Je ne te demande pas ton avis.

-Je veux rester avec Camus, vous ne pouvez pas m'obliger à…

-Ca suffit maintenant Milo ! J'en ai plus qu'assez de tes airs insolents. Notre départ est prévu depuis des mois. On part demain, que tu le veuilles ou non. Je suis encore ton maître, c'est à moi de prendre des décisions, et à toi de m'obéir !

-Je vous déteste !

Scorpio soupira tout en s'appuyant contre le plan de travail derrière lui. Milo venait de quitter la pièce comme une furie, plus en colère que jamais. Depuis le tragique épisode de la mort de Scorpii, Milo était intenable. Il tenait son maître pour responsable de la mort de son bébé et se comportait de façon absolument odieuse avec lui.

Voilà pourquoi, bien que leur départ pour l'île de Milos était prévu depuis des mois, il avait attendu le dernier moment pour le lui annoncer. Comme il l'avait pensé, Milo avait extrêmement mal vécu l'annonce de cette nouvelle.

Depuis la mort de son ''bébé'', Milo s'était davantage rapproché de Camus, qui avait pris sous son aile le petit scorpion qui lui demandait toute son affection. Milo était devenu très hostile et seul Camus pouvait calmer ses excès de colère. Qui aurait pu croire que le petit garçon aurait pu être tellement chamboulé par la disparition d'un si petit être ?

Scorpio s'en voulait de n'avoir pas pu remettre Milo en confiance. Il avait vu son élève s'éloigner de lui à la vitesse de la lumière, mais il n'avait rien pu faire pour le retenir. Heureusement que Cristal était là pour le soutenir. Sans lui, il serait très certainement devenu fou.


-Mais maître, cet endroit n'est pas du tout adapté pour la peau sensible !

-Ne crains rien, Aphrodite, j'ai tout prévu, déclara Alphée en empaquetant une ribambelle de produits de beauté et crèmes pour peau sensible.

-Oui mais… et si jamais mes lèvres gercent ? Qu'est-ce que je vais devenir ? Angelo ne voudra plus jamais m'embrasser !

-J'ai ce qu'il te faut ! dit encore le chevalier des poissons en lui refourguant un labello mangue-passion.

-Mais et… et mes cheveux ? Ils ont besoin d'un shampooing délicat pour les rendre soyeux !

-Antipelliculaire, ultra lisse et soyeux, masque au beurre de karité, après shampooing pour cheveux abîmés,… nous sommes armés jusqu'aux dents pour cette fabuleuses aventure, Aphrodite.

Aphrodite pesta de mécontentement : son maître ne comprenait-il pas qu'il n'avait aucune envie de quitter le soleil de Grèce ?! Et si jamais Angelo profitait de leur séparation pour le tromper ? Ou pire encore, si le froid du Groenland lui faisait perdre de sa superbe ? Aphrodite ne voulait pas partir ! Il voulait rester ici, dans son petit nid douillet et parfumé à la rose pour les 150 prochaines années !

Au Groenland, il ne pourrait très certainement pas faire de bains de boue pour avoir une peau douce et lisse ! Adieu les masques et les rondelles de concombres. Fini les sauna et les bains bulle. Il ne lui resterait plus que ses yeux pour pleurer !

Par Ahténa, pourquoi est-ce que lui, Aphrodite des poissons, futur chevalier d'or, devait-il supporter l'insupportable ? Le froid, les caribous et la neige ? La vie était vraiment trop injuste !


-Moi je serai là, et toi ici, dit Mu en pointant du doigt leurs lieux d'entraînement respectifs, à Shaka et à lui.

Shaka se contenta d'hocher la tête. Il était resté silencieux depuis l'arrivée de Mu. Il ne voulait pas l'avouer, mais l'idée de devoir quitter son ami Mu le rendait triste au possible. Il était persuadé d'être le seul capable de s'occuper correctement de Mu. Comment son ami allait-il pouvoir s'en sortir sans lui ?

-On ne sera pas si loin l'un de l'autre, je pourrai t'écrire souvent, continua Mu.

Le futur chevalier de la vierge n'avait jamais été doué pour écrire. Il n'avait d'ailleurs jamais été doué pour discuter de quoi que ce soit. Il aimait pouvoir simplement profiter de la présence de Mu, regarder le ciel étoilé à ses côtés ou lui faire goûter ses petits plats. Sans Mu auprès de lui il se sentirait incroyablement seul, mais il ne pouvait pas se permettre de lui avouer une telle chose.

-Tu vas me manquer Shaka, vraiment beaucoup !

Shaka releva alors la tête et planta son regard dans celui, légèrement larmoyant de son meilleur ami. Mu semblait très triste de devoir le quitter lui aussi, et cela lui fit très plaisir ! Il était heureux de voir que son meilleur ami tenait à lui.

Alors il lui sourit, posa ses mains sur les siennes et lui dit d'une voix qui se voulait assurée :

-Tu vas me manquer aussi, Mu, mais on s'écrira, pas vrai ? Et même si je ne sais pas écrire de jolies choses, je ferai un effort, juste pour toi !

Mu arbora alors un magnifique sourire tout en hochant vigoureusement la tête et Shaka se promit de tout faire pour que ce sourire ne quitte plus jamais son si joli visage.


-Calme-toi, Milo.

-Mais je… je n'veux pas partir ! Je n'veux pas te quitter mon Camus !

Camus tentait depuis plusieurs longues minutes de calmer Milo, qui avait débarqué dans sa chambre un peu plus tôt, en larmes. Milo s'était jeté dans ses bras et le suppliant de ne pas le laisser partir –et de surcroît, de ne pas partir lui non plus… ou de l'emmener avec lui-, lui affirmant à quel point une vie loin de lui était impossible.

-Je sais Milo, mais pour accomplir ton devoir de chevalier, tu dois faire cet entraînement, on le sait depuis toujours !

-Mais je ne veux pas être séparé de toi !

-Milo s'il te plaît, ne fais pas l'enfant.

Milo se dégagea alors de l'étreinte rassurante de Camus pour hurler, totalement hors de lui :

-Tu parles exactement comme lui ! C'est Scorpio qui t'a dit de me dire ça ?! Je sais que tu t'en fiches complètement de moi !

Camus resta quelques instants estomaqué : s'il savait que Milo était particulièrement instable depuis quelques temps, jamais il n'avait dû faire face à cette haine envers lui. Sa seule présence calmait généralement instantanément Milo. Alors pourquoi était-ce différent cette fois ?

-De toute façon je sais que tu ne m'aimes pas comme moi je t'aime, et que tu es content que je parte, continua-t-il. Pour toi je ne suis rien de tout ! Et Scorpii non plus ne comptait pas pour toi ! Je ferai mieux de mourir là-bas et de ne jamais revenir !

-Non mais ça ne va pas la tête ?!

Camus encercla les poignets de Milo, l'empêchant ainsi de gesticuler davantage. Il fronça les sourcils et planta son regard noir de colère dans celui de Milo, qui fondit en larmes dans ses bras en moins de 2 secondes. Fermement accroché à son cou, Milo reniflait, sanglotait, reniflait et sanglotait encore.

-Tu n'm'aimes pas, pleurnicha-t-il.

-Bien sûr que si Milo, tu le sais.

-Alors ne me laisse pas partir.

-Tu sais que je ne peux pas faire ça.

-Mais je veux rester avec toi pour toujours !

Camus savait qu'un jour ou l'autre, ce moment arriverait. Deux mois plus tôt, son maître lui avait dit qu'ils devraient quitter le sanctuaire pour la Sibérie, mais Camus n'avait pas voulu en informer Milo. Il savait qu'un torrent de larmes s'en suivrait, et il avait déjà passé suffisamment de temps à moucher le nez de Milo après la mort de Scorpii.

-On ne sera pas séparés pour très longtemps Milo… et puis tu pourras… m'écrire ?

-Mais j'ai pas appris !

Disons plutôt que Milo n'avait absolument rien écouté des quelques cours auxquels il avait assisté. Ayant été un enfant turbulent, il n'était pas du genre à rester concentré bien longtemps… sauf lorsqu'il s'agissait de contempler la beauté parfaite de son Camus d'amour rien qu'à lui.

-Alors moi je t'écrirai, promit Camus.

-Tous les jours ?

-Oui, si tu veux.

-Tu promets ?

-Je te le promets.

Alors tant pis si Camus devait passer ses soirées à écrire de stupides lettres à l'eau de rose pour les beaux yeux de Milo, tout ce qu'il voulait c'est que son meilleur ami oublie sa peine.


-Pfoua, je te parie que ces tapettes d'Aphrodite et d'Angelo doivent se faire d'énormes baisers d'adieu à l'heure qu'il est, déclara Aiolia avec une mine de dégoût.

-Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose que de ce duo infernal ? pesta Shura.

C'est vrai quoi : Aiolia et lui seraient bientôt séparés pour longtemps et tout ce que son ami trouvait à faire, c'était lui rabâcher les oreilles avec le couple fard du sanctuaire. Qu'Aphrodite et Angelo s'embrassent jusqu'à l'étouffement s'ils en avaient envie, lui voulait simplement pouvoir profiter de ses derniers instants avec son ami.

-Bah Shu', pourquoi t'es de mauvaise humeur tout à coup ?

-C'est juste que… tu ne trouves pas que ce sera bizarre, d'être séparés ?

Aiolia fronça les sourcils : Shura était-il en train de lui faire une déclaration d'amour ? Il espérait vraiment que non.

-Ouais… enfin, c'est notre devoir, de partir.

-Donc tu te fiches qu'on soit séparés ?

-Bah, c'est pas non plus comme si on était super proches !

Shura fut vexé. Vexé et blessé au plus profond de lui-même. Si Aiolia et lui n'étaient pas aussi proches que Camus et Milo, Aphrodite et Angelo ou encore Shaka et Mu, il considérait néanmoins le futur chevalier comme son ami le plus proche. Et oui, Aiolia allait beaucoup lui manquer lorsqu'ils seraient séparés.

Il aurait espéré qu'Aiolia lui avoue que lui aussi, il se sentirait seul sans lui. Mais, comme toujours, son ami était aussi borné et têtu qu'un bouc et aurait préféré qu'on lui arrache les ongles un à un plutôt que d'avoir à lui dire qu'il lui manquerait. Ou peut-être ne lui manquerait-il pas du tout ? Shura soupira avant de se lever pour se diriger vers son temple.

-Bah Shu', où tu vas comme ça ? demanda Aiolia, l'air incrédule.

-Puisqu'apparemment je ne suis rien de plus pour toi qu'une simple roue de secours, je préfère rentrer.

Aiolia se gratta le coin du sourcil : une roue de secours ? Mais de quoi Shura parlait-il au juste ? Avait-il fumé de cette herbe douteuse qu'on pouvait trouver dans le temple de la vierge ? Il ne comprenait absolument pas pourquoi son ami était en rogne. Serait-il seulement possible qu'il soit… ?! Non, impossible. Il devrait éclaircir ce problème au plus vite !


-Oh Angelo, tu vas tellement me manquer !

Angelo, qui n'avait rien demandé à personne, se retrouvait à présent avec Aphrodite pendu à son cou depuis de longues minutes, lui répétant encore et encore –et dans toutes les langues- à quel point il allait lui manquer. Et tout ça, devant son maître, qui le regardait d'un air mi-grondeur, mi-amusé. Et Angelo n'aimait pas ça du tout.

-C'est bon Aphro, laisse-moi respirer, grommela-t-il.

-Oh Angie mon petit sucre d'orge, promets-moi de m'envoyer des vivres quand je serai dans ces obscures contrées !

Angelo leva les yeux au ciel : Aphrodite avait le chic pour dramatiser toutes les situations.

-Eh, tu vas dans un endroit civilisé, y a de la bouffe là-bas !

-Angie, je ne veux pas manger du caribou ! Maître Alphée m'a dit que c'était très amer, et très mauvais pour la peau. Je ne veux pas avoir de l'acné à cause d'un caribou !

Bon sang, pourquoi son maître se sentait-il obligé de dramatiser la situation, lui aussi ?! Et comment lui, Angelo, était-il censé maîtriser Aphrodite alors qu'il était en plein délire psychotique ?

-Bah tu sais, osa-t-il, tout le monde a de l'acné un jour !

Alors Angelo vit Aphrodite écarquiller les yeux avant de littéralement fondre en larmes.

-Eh merde, qu'est-ce qui t'arrive ?

-Je ne veux pas être moche ! pleurnicha Aphrodite.

Que vouliez-vous qu'il lui dise, lui ?! Il se fichait bien des préoccupations d'Aphrodite. De toute façon, même s'il le rassurait sur les caribous, Aphrodite trouverait un autre sujet pour paniquer : le froid qui lui gercerait les lèvres, la neige qui lui ferait perdre l'équilibre, l'eau non potable qui lui donnerait mal au ventre… Alors qu'il s'apprêtait à soupirer, il s'étouffa presque lorsqu'Aphrodite lui demanda :

-Angie, fais-moi un gros baiser d'adieu !


-Et tu ne m'oublieras pas ?

-Non.

-Et tu n'auras pas un autre bébé que Scorpii ?

-Non.

-Tu promets ?

-Oui.

-Oh mon Camus, je vais mourir sans toi !

Camus arbora un air compatissant tandis que Milo se jetait à son cou pour le serrer très fort dans ses bras. Maintenant qu'ils étaient sur le point de se séparer, Camus avait le cœur légèrement serré. Cela lui ferait tout de même drôlement bizarre de vivre loin de Milo pendant si longtemps. Il était habitué à toujours l'avoir dans les pattes… oui, ce serait vraiment bizarre sans lui.

-Tu vas me manquer, Milo, murmura-t-il sincèrement.

Et il n'en fallut pas plus à Milo pour fondre en larmes comme une madeleine en le serrant encore plus fort contre lui si c'était possible. Son Camus d'amour allait vraiment lui manquer, lui aussi. Comment pourrait-il survivre sans lui ?

-Camus, je te promets que personne ne prendra ta place dans mon cœur, jamais ! Tu seras toujours mon Camus rien qu'à moi, et quand je reviendrai, on sera des amoureux, c'est promis !

Camus grimaça mais il n'osa pas le contredire : il ne voulait pas que Milo soit triste et fâché contre lui juste avant son départ.

-Je t'aime mon Camus, vraiment beaucoup ! C'est vrai tu sais !

Et Milo le regardait avec tellement… d'amour quand il lui disait ça, que Camus n'en doutait pas une seule seconde.

-Et toi, tu m'aimes aussi, hein dis ?!

Voilà pourquoi Camus détestait les adieux.

-Mais oui, marmonna-t-il d'une voix infiniment basse.

Que ne ferait-il pas pour éviter de voir Milo fondre en larmes ?!


-Shaka, j'ai préparé ça pour toi.

Mu rougit légèrement en offrant à Shaka le petit ballotin de pâtisseries qu'il avait cuisinées pour lui. Shaka le regarda l'air à la fois ravi et gêné avant de prendre son cadeau.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.

-Ce sont des petits gâteaux. Je les ai faits pour toi, murmura-t-il. Je me suis dit que tu pourrais avoir un petit creux pendant le voyage !

-Merci beaucoup, Mu, tu n'aurais pas dû te donner autant de mal.

-Tu t'es toujours si bien occupé de moi, Shaka ! C'est le moins que je puisse faire pour te remercier.

Shaka regarda son ami Mu avec émotion avant de déclarer :

-Mu, tu seras toujours le plus important pour moi. Même bouddha ne prendra jamais ta place dans mon cœur, je te le promets.

Alors ce fut au tour de Mu de regarder Shaka avec les yeux mouillés : son ami allait lui manquer plus que tout. Il ne savait pas encore quel avenir les dieux leur réservaient mais il était sûr d'une chose : Shaka et lui seraient toujours amis. Jamais ils ne se sépareraient. Fort de cette nouvelle révélation, il serra Shaka dans ses bras, faisant hoqueter celui-ci de surprise.

-Personne ne prendra jamais ta place non plus, Shaka. Et bientôt, on pourra de nouveau être ensemble, promit-il en enfouissant son visage au creux de son cou.

Shaka se contenta d'hocher la tête, refermant ses bras autour de son ami Mu. Il voulait s'imprégner de son odeur avant de le quitter pour subir son entraînement.


-Eh, Shu…

Lorsque Shura releva la tête, il vit Aiolia face à lui, l'ai gêné. C'était la première fois qu'il voyait Aiolia dans cet état. Son ami shootait discrètement dans un caillou tandis que, tête baissée, il avait glissé une main dans ses cheveux courts.

-Qu'est-ce que tu veux ? demanda Shura sur un ton un peu plus froid qu'il ne l'aurait voulu.

Il vit Aiolia déglutir avant de relever timidement les yeux vers lui et répondre :

-Ben… t'as l'air en rogne contre moi depuis tout à l'heure, et je sais pas trop pourquoi alors…

-On va très bientôt se dire adieu et toi… je ne te manquerai même pas, accusa Shura.

Oui, ça lui avait brisé le cœur de savoir qu'il ne comptait pas du tout pour son ami.

-Quoi ?! s'étonna Aiolia. Mais bien sûr que si tu vas me manquer ! T'es mon ami, Shu, mon meilleur ami même ! C'est juste que… j'ai pas envie que tout le monde me prenne pour un gay, tu vois ?

Shura écarquilla les yeux : Aiolia venait-il d'avouer à voix haute qu'il le considérait comme son meilleur ami ? Il avait l'impression de rêver. Il n'en attendait pas plus de lui, évidemment, mais il avait cru que ce jour n'arriverait jamais.

-Tu le penses vraiment ? demanda-t-il.

-Bah ouais… ça va faire bizarre, sans toi.

-Oh Aio', toi aussi tu es mon meilleur ami !

Et, si Shura n'osa pas serrer Aiolia dans ses bras pour lui exprimer sa joie, les regards qu'ils échangèrent en dirent bien plus qu'une longue étreinte. Ils étaient amis, ils étaient soudés et personne ne viendrait troubler cet équilibre.


Aldébaran observait Aphrodite du coin de l'œil. Il lui avait écrit une longue –très longue- lettre expliquant en long, en large et en travers à quel point il l'aimait d'amour… mais il était totalement terrorisé à l'idée de la lui donner. Surtout qu'Angelo rôdait autour du beau suédois, tel un prédateur prêt à bondir sur sa proie… et Aldébaran craignait que, s'il s'approchait d'un peu trop près, il deviendrait la proie du grand méchant loup.

-Oh Angie, je t'aime tellement !

La voix perçante et pourtant si mélodieuse de son bel Aphrodite lui parvint aux oreilles et brisa son petit cœur de mousse. Aphrodite en aimait un autre. Un plus beau, un plus fort, un plus gentil que lui. Et lui n'avait aucune chance. Il resterait éternellement le petit Tanguy du sanctuaire. Personne ne voudrait jamais de lui.

Il baissa le regard sur la lettre qu'il tenait entre ses mains et eut vite fait de la fourrer dans sa poche. Il tairait ses sentiments pour Aphrodite encore un peu. Peut-être qu'à leur retour d'entraînement, le futur chevalier du poisson aurait gagné en maturité. Et alors, à ce moment-là, il réaliserait à quel point lui, Aldébaran du taureau, était bien plus apte à le protéger et combler son petit cœur en sucre.


-Mais qu'est-ce que tu fais Scorpio ?!

Cristal fit un pas de côté quand Scorpio le serra dans ses bras pour lui faire un énorme câlin d'adieu. Il était prêt à le repousser, humilié jusqu'à la moelle d'être câliné de la sorte en public, quand la voix triste et tremblotante de son ami lui parvint aux oreilles.

-Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire, Cristal ? demanda-t-il. Comment vais-je bien pouvoir entraîner Milo alors qu'il refuse de m'adresser la parole ? Comment est-ce que je vais m'en sortir sans toi ?

Et Cristal comprenait que son ami puisse se poser beaucoup de questions : Milo ne le considérait plus vraiment comme son maître. Il lui en voulait toujours énormément pour la mort de Scorpii. Si Camus s'était comporté de la sorte avec lui, il ignorait comment il aurait réagi.

-Ne t'en fais pas, tout se passera bien.

-Mais si tout ne se passe pas bien ?

Le chevalier du verseau obligea son ami à relever la tête, plantant son regard débardant de confiance et d'affection dans le sien.

-Tout se passera bien, c'est compris ? Tu es et restera son maître, que cela lui plaise ou non. Il doit le comprendre. Ce sera très certainement difficile les premiers temps, mais ça ira, tu verras. Et si vraiment tu es à bout… je suis certain que tu trouveras un moyen pour venir me voir.

-Tu accepterais ? demanda Scorpio d'une petite voix.

-Depuis quand me demandes-tu la permission ? Mais évite de le faire en présence des enfants.

Scorpio hocha la tête et retrouva son sourire : il avait vraiment beaucoup de chance d'avoir un ami comme Cristal. Sans lui, il aurait baissé les bras depuis longtemps.


Ca y est, le grand moment des adieux était arrivé. Si Aphrodite, armé d'un kleenex dans une main, de son mascara dans l'autre –c'est que, même déprimé, il ne devait pas laisser les larmes ravager sa légendaire beauté- était toujours pendu au cou d'Angelo, Aldébaran l'observait toujours secrètement d'un peu plus loin.

-Angie, reste-moi fidèle et je te reviendrai plus beau et plus fort que jamais, je te le promets.

-Ouais, pas trop beau quand même !

C'est qu'Angelo n'avait pas trop envie qu'Aphrodite soit encore plus courtisé qu'il ne l'était déjà. Sinon, il serait obligé de laisser son côté mâle s'exprimer.

-Mais je veux être encore plus parfait pour toi, Angie ! Personne ne me fera de l'ombre, ça, jamais !

-Et moi je vais m'entraîner dur pour pouvoir casser toutes ses dents à celui qui chercherait à te faire de l'ombre, Aphro !

Alors Aphrodite se liquéfia de bonheur, s'extasia devant le comportement chevaleresque de son amour, et lui colla un long et langoureux baiser glossé sur les lèvres. Angelo était l'homme de sa vie, il en était persuadé.


Un peu plus loin, Milo mouchait son nez à gogo. C'est qu'il était si triste de quitter son Camus d'amour rien qu'à lui qu'il ne pouvait plus empêcher ses larmes de couler. Et son Camus d'amour, malgré sa gentillesse à lui tapoter le dos, ne parvenait pas à le calmer.

-Tu me promets de m'écrire, hein ?

-Oui, je t'écrirai dans l'avion, promit Camus.

-Et moi je t'écrirai jour et nuit !

Camus grimaça à l'idée de voir sa boîte aux lettres pleine à craquer. C'est qu'il n'aurait pas beaucoup de temps pour lire les lettres de Milo et y répondre. Et surtout –surtout- il craignait devoir passer de longues heures à essayer de déchiffrer l'écriture pattes-de-mouche et truffée de fautes de son ami.

-Et si jamais tu prends froid, mon Camus, n'hésite pas à me le dire. Peu importe l'entraînement, je trouverai un moyen de venir te sauver !

Alors Camus sourit : Milo était tout de même attendrissant, à toujours vouloir se mettre en quatre pour lui. Au fond, ça allait vraiment lui manquer de ne pas être choyé de la sorte.

-Et surtout ne te laisses pas mourir de faim mon Camus, d'accord ?

-Non, ne t'inquiète pas.

-Et prends une couverture bien chaude pour dormir.

-Oui, ne t'en fais pas.

-Et n'oublie pas de prendre soin de ta peau sensible ! Elle est si douce et si laiteuse, fais attention !

Camus leva les yeux au ciel et soupira –de bien être ?- lorsque Milo le prit une dernière fois dans ses bras.

-Fais attention à toi, mon Camus.

-Toi aussi Milo, ne fais pas de bêtises, hein ?

-Et toi ne trouve pas un autre amoureux !

Pour ça, il aurait déjà fallu qu'il considère Milo comme son amoureux.

-Mais non, ne t'en fais pas pour ça. Tu sais bien que personne ne t'arrive à la cheville.

Et se fut alors au tour de Milo de fondre de bonheur en embrassant à plusieurs reprises chacune des joues de Camus –ses tentatives de dévier vers sa bouche étaient toujours brillamment esquivées par le futé verseau- et lui promit –croix de bois, croix de fer-, qu'il penserait à lui à chaque seconde.


-Au revoir Shaka.

-Au revoir Mu.

Shaka observa son ami agiter la main au loin et, le cœur lourd, il retint courageusement ses larmes. Il devrait à présent laisser ses doutes de côté. Il devrait porter toute son attention sur le grand bouddha… il espérait simplement que bouddha ne chercherait pas à prendre la place de Mu dans son petit cœur amoureux.


-Sois prudent, Aiolia, fit promettre Aiolos.

-Mais pourquoi tu ne viens pas toi aussi ?

-Je dois rester ici pour éviter que Saga ne fasse régner le chaos.

-Mais pourquoi tu ne lui règles pas son compte une bonne fois pour toute, à celui-là ?!

-La violence ne règle rien, petit frère.

Aiolia soupira de mécontentement : il n'avait pas envie d'être séparé de son frère. En étant à la fois loin de son ami Shura et d'Aiolos, il était déjà certain de mourir d'ennui. Et, quand il s'ennuyait, il ne pouvait pas s'empêcher de faire des bêtises.

-Et je compte sur toi pour être bien sage, gronda Aiolos comme s'il lisait dans ses pensées.

-Oui oui, je te le promets.

Heureusement qu'Aiolos n'avait pas les yeux partout… sinon il l'aurait vu croiser sournoisement les doigts derrière son dos.


A l'ombre d'une colonne, Saga observait les apprentis chevaliers et chevaliers en titre échanger de longues étreintes d'adieu.

-Pathétique, grommela-t-il.

Oui, cette petite scène était aussi attendrissante que pathétique. Et lui, il comptait bien profiter de l'absence de tout le monde pour faire régner la terreur sur le sanctuaire. Ces prochaines années verraient l'apogée de son règne, et il comptait bien se débarrasser de quiconque tenterait de lui barrer la route.