Chapitre 15 : La trahison des Karstark

Stannis avait offert une place à sa table à Arnolf Karstark dès qu'il était arrivé à leur campement. Il avait reçu un corbeau du Lord commandant de la garde de nuit, Jon Snow, qu'il avait eu la preuve de la trahison du gouverneur de Karhold. La garde ne devait pas prendre parti, mais visiblement le bâtard de Ned Stark semblait tout de même le préférer aux Lannister qui occupaient le trône de fer.

Ils étaient à trois jours de marche de Winterfell, depuis déjà deux semaines. La veille, un groupe d'hommes sous les ordres du bâtard Bolton avait lancé une attaque éclair sur leur campement, avec des flèches enflammées. Ils avaient tué quatre hommes et brûlés quasiment tout leurs engins de siège, il n'en restait plus rien désormais.

- Stannis.

Ser Davos était le seul qui se permettait ainsi une telle familiarité, avec mestre Cressen. Mais mestre Cressen était mort, par loyauté pour lui, il y a bien longtemps désormais.

- Que comptez-vous faire au sujet des Karstark ?

Ils avaient trouvé un petit village, déserté depuis bien longtemps, dans lequel s'abriter de la tempête de neige, et le cerf enflammé avait réquisitionné la tour de guet pour lui et son entourage proche : c'est à dire sa famille, sa main et la prêtresse rouge. Personne d'autre n'y était admis, sauf sur invitation.

- Rien, Ser Davos.

- Rien ? Mais enfin, c'est …

Le chevalier ne comprenait pas. À quoi pouvez donc bien penser son roi ? Il le connaissait depuis fort longtemps, ce n'était pas normal qu'il agisse ainsi. Ne croyait-il plus en leur victoire ?

- Il suffit, Ser Davos.

- Lady Mélisandre ne vous a pas susurré de solution miraculeuse à l'oreille cette fois ?

- Si, il y en a une.

- Alors … pourquoi ne l'appliquez-vous pas ?

Son roi ne lui répondit pas et se contenta de fixer le ciel blanc depuis plus d'une quinzaine. Ils avaient continué de marcher après que la neige ai commencé à tomber, les premiers jours du moins. Depuis, ils étaient bloqués à trois jours de marche de Winterfell, et cela allait bientôt faire deux semaines que cela durait.

- Nous avons bien trop d'hommes par rapport à nos réserves de nourriture.

C'était une évidence oui, et les seigneurs sudiers qui les avaient accompagné, dont lui, avaient plus de mal que les clans des montagnes à s'adapter aux très basses températures de ces derniers jours. Mais comment résoudre …

- Et Ser Justin ? demanda l'ancien mercenaire

Et alors Stannis sourit, et alors il comprit. Est-ce que cela avait été le plan de son seigneur dès le début, ou bien les conditions météorologiques avaient-elles joué dans la décision finale, il ne le saurait probablement jamais.

- Je vis pour vous servir, mon Roi.