Hello!

Ce weekend j'étais au mariage d'amis que je connais depuis 6 ans, et pendant la messe le lendemain, ils étaient devant moi et lui avait l'étiquette de son pull qui sortait dans son cou. Et là, mon cerveau a switché sur le Royai, et je me suis dit: "Et si pour une raison quelconque Roy avait un élément de ses habits qui était mal mis et que Riza le remettait en place?"

Deux jours plus tard, j'écrivais et traduisais ceci. La fin est plus osée que ce à quoi je m'attendais, mais c'est resté soft (fondu-enchaîné comme dans les comédies romantiques)

Le titre vient de "Les gestes délicats" de Yves Duteil (oui, j'utilise un des chanteurs de mon enfance pour trouver des titres à mes histoires maintenant!)

Bonne lecture!


Riza achève de fixer son étui à pistolet à sa cuisse, serrant les lanières de manière à ce que son arme n'apparaisse pas lorsqu'elle marche. Elle arrange ses cheveux courts d'un simple geste, avant de sortir de la salle de bain pour rejoindre la chambre d'hôtel où le colonel se prépare aussi. Pour cette mission, ils se font passer pour de jeunes mariés, et partager la chambre est une nécessité.

L'armée aurait refusé d'en payer une supplémentaire de toute manière.

Et finalement, au bout de trois jours d'enquête et d'interrogatoires sous couvert de tourisme et de découverte de la culture locale, Riza s'est habituée à cette simplicité, à ce naturel qui se sont établis entre eux.

C'est sans se soucier du regard des habitants de cette petite ville du nord-est que Riza glisse sa main dans la paume offerte de Roy, qu'elle s'appuie sur lui lorsque sa main se pose sur sa taille pour l'attirer à lui, qu'elle sent ses joues s'empourprer lorsqu'il la regarde comme si elle était la prunelle de ses yeux. Et plus le temps passe, moins Riza distingue son rôle de la réalité.

Elle sait que ce n'est pas bon signe, que s'ils oublient les règles, ce sera impossible de revenir à leur point de départ, à la distance qu'ils ont mise entre eux depuis deux ans, depuis qu'elle lui a promis de le protéger.

Mais chaque fois qu'elle croise son regard tendre, qu'elle voit son sourire en coin, sa résolution faiblit. Cela fait des mois qu'elle sait qu'elle ne peut plus lui en vouloir pour ce qu'il a fait de son secret. Ils sont tous les deux responsables et rien ne changera ce fait. Au fil du temps passé à travailler sous ses ordres, Riza a retrouvé les sentiments qu'elle éprouvait pour l'apprenti de son père. L'apprenti a mûri, elle aussi, et elle sait désormais que ce qu'elle ressent pour lui va bien au-delà de son amourette de jeunesse.

Riza ouvre la porte de la salle de bain. Le colonel – « Roy », soupire son cœur – est agenouillé à côté du lit, attachant ses lacets. Il lève la tête en l'entendant arriver, mais ce que Riza voit immédiatement, c'est la lanière de son étui d'épaule entortillée dans son dos, puis son visage qui s'éclaire lorsqu'il la regarde.

— Vous êtes prête ? demande-t-il avec un sourire.

Riza hoche la tête, la gorge nouée. Elle peut voir les muscles de ses bras et de son torse dessinés sous sa chemise et l'envie la prend de passer la main dessus pour voir à quel points ils sont fermes. Elle s'approche de lui et tend la main. Mais au lieu de céder à la tentation, elle passe la main sous son bras, glisse ses doigts derrière la lanière retournée et la remet à sa place.

Elle fait un pas en arrière. En sentant soudain la main de Roy sur sa taille elle se rend compte de leur proximité. Ses joues chauffent et son souffle se coupe lorsqu'elle plonge son regard dans les yeux noirs de Roy. Elle y trouve un mélange étrange de sérieux, d'incertitude, de surprise et d'affection qui lui va droit au cœur. La mission passe alors au second plan. Riza sait que ce moment changera tout, mais elle le veut. Sa main se pose dans le dos de Roy et elle se rapproche de nouveau, ses yeux toujours dans les siens.

— Riza… souffle-t-il.

A l'entente de son prénom son cœur accélère et une tension impatiente saisit ses muscles. Il n'y a plus qu'un pas à faire.

— Roy…

Le pas est franchi et leurs lèvres se rencontrent, avides, tandis que l'autre main de Roy vient cueillir sa nuque où ses cheveux encore courts caressent sa peau. Il a les lèvres chaudes, mais lorsqu'il ouvre la bouche, elle sent la fraîcheur mentholée de son dentifrice. Ils sont maladroits, cherchent leur rythme, puis enfin s'accordent. Ils explorent les lèvres de l'autre, centimètre par centimètre, langoureusement. Ils prennent leur temps, mais Riza sait que ce n'est que le début. Elle pose sa main sur le torse de Roy – il est vraiment musclé – et se rapproche encore.

Roy grogne légèrement et assure sa prise autour d'elle. Leur baiser s'approfondit et Riza accueille sa langue dans sa bouche avec empressement. C'est tellement différent de ce qu'ils échangeaient ces derniers jours. Ce n'est pas un baiser doux sur son front, ni une bise affectueuse sur sa joue ou un baisemain accompagné d'un regard brûlant. C'est bien plus que cela, et Riza sait que ce baiser n'est que la suite logique de ceux qu'ils s'étaient donnés en se promenant dans les rues.

Les lois de l'armée s'effacent dans le fond de son esprit, et elle s'abandonne complètement à l'étreinte de Roy, à son baiser, à sa chaleur. Sa bouche quitte soudain ses lèvres et elle le sent déposer une volée de baisers sur sa joue, sa mâchoire, son cou et son épaule tandis que ses mains descendent dans le creux de son dos et sur ses fesses, les massant et tirant un soupir à Riza. Il est doux mais sait ce qu'il fait, et Riza étouffe un gémissement alors qu'il insiste de ses lèvres sur l'ouverture de son décolleté.

Roy murmure un compliment et elle sent que rien ne peut l'arrêter. Elle prend la tête de Roy entre ses mains et ses lèvres reprennent leur place sur celle de son colonel en une danse enfiévrée. Elle avance d'un pas, et soudain ils basculent tous les deux sur le lit. Roy est sous elle, les yeux brillants, les lèvres rouges – est-ce son rouge à lèvre ? – étirées en un sourire radieux. Il la tient par la taille, mais l'une de ses mains la quitte pour venir caresser sa joue. Riza niche sa tête dans sa paume, profitant un instant de sa chaleur. Puis elle rouvre les yeux et se penche sur Roy pour embrasser son front, son nez, ses joues, l'une puis l'autre, et enfin ses lèvres qu'elle goûte comme s'il s'agissait du plus précieux des nectars.

La situation s'inverse lorsque Roy la fait basculer sans crier gare et sa main trouve la fente de sa robe, caressant sa cuisse jusqu'à rencontrer la lanière de son étui à pistolet. Il interrompt leur baiser et lui adresse un sourire gourmand. Riza lui rend la pareille. Elle a attendu trop longtemps, et le mur qu'elle avait construit autour de ses sentiments est désormais un tas de gravats qui ne pourra plus servir qu'à la route qu'elle veut construire avec Roy.

— Es-tu sûre de toi, Riza ?

Le regard de Roy se teinte d'incertitude et son pouce caresse la peau de sa jambe en petits cercles qui réveillent des sensations que Riza n'avait jamais expérimentées avec quiconque.

Elle ancre son regard au sien.

— Certaine, Roy, répond-elle avant de commencer à déboutonner sa chemise.

La réception à laquelle le maire les a invités peut attendre un moment, et personne ne reprochera à deux jeunes mariés d'arriver en retard durant leur lune de miel.