Hello!
Ce OS a été écrit dans durant la 142ème nuit du FoF, sur le thème "Incendie".
C'est moi qui ai donné le thème, donc les personnages étaient tout trouvés! Comment ne pas parler de Roy Mustang quand on parle de feu? Cette petite histoire m'a donné du fil à retordre, puisqu'au bout de 1400 mots, j'en ai perdu la moitié à cause d'un bug de mon logiciel de traitement de texte! Heureusement, je n'ai pas oublié ce que j'avais écrit, et même si les mots ne sont pas exactement les mêmes, les idées le sont.
Rating T
Personnages: Riza Hawkeye, Roy Mustang
Relation: Riza Hawkeye & Roy Mustang, léger Royai
Genres: Amitié, Fluff, Angst
Bonne lecture!
Roy avait enfin déchiffré le schéma de son dos. Après des heures passées penché au-dessus de Riza, griffonnant dans un carnet ou plongé dans un des innombrables livres de la bibliothèque de Père, il était parvenu à comprendre le fonctionnement du motif inscrit sur sa peau.
Le tout était désormais de le faire fonctionner correctement. Et ce n'était pas gagné pour le moment, soupira Riza, même si elle ne pouvait empêcher un mince sourire d'apparaître sur ses lèvres.
Assise sur les marches du perron, elle observait l'ancien apprenti de Père galérer à trouver le meilleur moyen de produire une étincelle en gardant sa concentration.
Il avait déjà rejeté les allumettes ,« Trop encombrantes, sensibles à la pluie, et je ne sais même pas où tracer le cercle, » avait-il déclaré après quatre essais infructueux.
Il tentait désormais le briquet – une vieille chose donnée par le vieux buraliste quand Roy lui avait demandé s'il en avait – sur lequel il avait gravé le cercle de transmutation de flamme. Il comprit après un retour de flammes qu'il valait mieux déterminer d'abord le trajet du feu avant de provoquer l'étincelle.
Riza rit, étonnée par le son qui sortait de sa gorge – elle n'avait pas ri ainsi depuis que Roy était parti pour l'académie militaire.
– Si tu continues ainsi, l'armée te nommera l'alchimiste tête brûlée ! le taquina-t-elle lorsqu'il ressortit la tête du seau posé dans l'allée en prévision d'accidents comme celui-ci ou d'incendies involontaires.
– Et bien sûr, tu ne m'aides pas, bougonna faussement Roy, ses cheveux dégoulinants.
– J'ai déjà beaucoup fait, répliqua Riza.
Elle réalisa avec un pincement au cœur que c'était le cas. Elle avait dévoilé son dos, mis sa confiance en ce jeune homme qu'elle connaissait depuis longtemps, mais n'apprenait vraiment à connaître que maintenant, alors que la présence de Père s'effaçait peu à peu. Après deux ans passés à s'occuper d'un homme qui perdait ses forces et son désir de vivre, avoir un peu d'animation n'était pas si mal.
– Rentrons, déclara-t-elle en se levant.
– Comment ça ? S'étonna Roy.
– Tu as les cheveux trempés, les sourcils brûlés, il gèle à pierre fendre, et le soleil va bientôt se coucher, répliqua Riza. Je n'ai pas vraiment envie que tu repartes avec une pneumonie parce que tu auras attrapé froid en étudiant l'alchimie de flammes.
Je n'ai pas envie que tu repartes tout court. Riza étouffa cette pensée, l'écrasa dans un coin de son esprit. Elle ne pouvait pas dévoiler le fond de sa pensée. Elle ne pouvait pas retenir Roy, l'empêcher de retourner dans l'armée pour accomplir son objectif.
– Très bien, dans ce cas, laisse-moi allumer le feu dans la cheminée, répondit-il en se dirigeant vers elle et la porte d'entrée.
– Et réduire la maison en cendres ? Non merci !
Mais Riza sourit – sourit sincèrement – et ouvrit la porte. Ils se réfugièrent dans la vieille maison, où le feu était en effet en train de s'éteindre. Ils se déchaussèrent et Roy monta dans la salle de bain pendant que Riza allait dans la cuisine pour voir ce qui pouvait être utilisé pour le dîner. Ils avaient fait quelques courses après la mort de Père, et pour la première fois depuis longtemps, Riza avait eu un garde-manger plein. L'armée devait bien payer Roy, même s'il n'était pour le moment qu'un cadet.
Roy retourna dans le salon avec des cheveux secs et entreprit de réanimer le feu. Il ajouta du bois et souffla sur les braises encore rougeoyantes pour raviver les flammes. De là où elle se tenait, Riza pouvait le voir travailler, appréciant une fois encore son aide.
Durant son apprentissage, il avait utilisé la majeure partie de son temps libre à l'aider dans les tâches ménagères, surtout pour le nettoyage et le linge – elle avait gardé sa propre lessive à étendre jusqu'à ce qu'il lui apprenne qu'il avait l'habitude de vivre avec des femmes, et que ses sous-vêtements ne le gêneraient pas. Le revoir faire ce qu'il accomplissait durant ce temps lui réchauffait le cœur. D'une certaine manière il n'était jamais parti.
Après le dîner, Riza alluma la radio pendant que Roy s'installait dans un fauteuil pour étudier encore une fois ses notes. Riza changea rapidement la fréquence en entendant les nouvelles de la guerre. Cela lui rappelait trop bien la possibilité que Roy soit envoyé sur le champ de bataille et doive utiliser le pouvoir qu'elle lui confiait. Finalement, elle tomba sur une station qui diffusait de la musique et s'assit dans le canapé avec l'un de ses romans préférés, qu'elle avait commencé lorsque Roy étudiait son tatouage. Cela lui avait permis de passer le temps sans trop penser à son visage si près de sa peau.
Un quart d'heure plus tard, Roy reposa son carnet en soupirant. Riza leva la tête de son livre pour constater qu'il s'était abaissé un peu plus dans son fauteuil et que ses jambes traînaient désormais loin sous la table qui les séparait.
– Quel est le problème ?
– Je cherche un moyen d'avoir le cercle à proximité pour ne pas avoir à le retracer ou le sortir à chaque fois que je peux en avoir besoin.
Les mots sortirent plus vite que sa pensée.
– Pourquoi pas un tatouage ?
Roy se redressa dans son siège et la fixa, yeux écarquillés. Riza se morigéna, regrettant instantanément ses paroles.
– Non. Jamais, asséna-t-il fermement. Je crois bien qu'un seul tatouage relié à l'alchimie de flammes est déjà trop. Je refuse d'avoir ce symbole sur mes mains de manière permanente. Je veux pouvoir m'en débarrasser facilement si besoin, pour que personne d'autre ne puisse tomber sur son secret. D'ailleurs, je brûlerai toutes mes notes, tout ce que j'aurai utilisé une fois que je maîtriserai ce pouvoir. Et s'il existait un moyen d'effacer les tatouages en toute sécurité, je l'utiliserais volontiers pour que tu puisses être libérée du tien.
Riza croisa son regard sérieux, et son coeur s'emballa.
– Merci, Roy. Désolée, j'ai parlé sans réfléchir.
– Il n'y a pas de quoi.
Ils retournèrent à leur lecture respective. Riza atteignait un chapitre palpitant lorsqu'une musique rythmée passa à la radio. Elle se mit à fredonner inconsciemment. Puis un étrange bruit la sortit de son roman. Roy claquait des doigts sur le tempo de la musique, toujours plongé dans ses notes. Riza sourit.
– Roy. Elle dut l'appeler deux fois de plus avant qu'il ne lève la tête. Tu claques des doigts.
– Oh ! Désolé, je ne m'en étais pas aperçu.
Il reposa sa main sur sa jambe, qui se mit à marquer le rythme à son tour. Riza leva les yeux au ciel. Parfois ce jeune homme qui sortait de l'académie lui rappelait vraiment le garçon des villes qui ne savait pas ce qu'était une ortie, et qui avait appris à ses dépends à quel point une plante pouvait brûler.
– Tu sais claquer des doigts, Roy. Et tu sais aussi bien que moi que le frottement produit de la chaleur…
– De la chaleur qui peut provoquer une étincelle ! S'exclama Roy en se redressant.
Il parut réfléchir un instant, puis se leva et partit en posant son carnet sur la table. Il revint quelques minutes plus tard avec un livre, plusieurs boîtes d'allumettes et des chiffons. Il commença par ouvrir le livre à une page spécifique, et Riza s'aperçut alors qu'il s'agissait du premier volume de l'encyclopédie de Père, à la page qui indiquait la composition d'une allumette. Roy entreprit ensuite d'extraire les composants de la boîte et des allumettes et des les intégrer aux tissus avec un cercle de transmutation. Il traça ensuite le cercle de l'alchimie de flamme. Il était sur le point de frotter deux bouts de tissu ensemble lorsque Riza décida d'intervenir. Elle se leva et s'approcha.
– Que comptes-tu faire ?
Roy la regarda d'un air étonné et elle soupira intérieurement.
– Eh bien, produire une flamme, pourquoi ?
– Parce que je tiens à avoir un toit au-dessus de ma tête jusqu'à ce que je quitte cette maison, et que provoquer des incendies à l'intérieur n'aidera pas à la garder dans un état correct. Dehors, les expérimentations périlleuses.
– Mais il fait nuit et froid…
Riza croisa les bras et fixa Roy.
– Soit ce soir, soit demain, mais c'est dehors.
– Très bien, capitula-t-il.
Il se leva et commença à s'habiller. Riza le suivit dans l'entrée, mit son manteau et enroula son écharpe autour de son cou. Elle était curieuse de voir où irait son expérience. Lorsque Roy enfila ses gants, il les fixa soudain, les sourcils froncés.
Il vient d'avoir une idée, pensa Riza. Elle n'était pas sûre d'aimer cette idée, cependant. Mais lorsqu'elle se retrouva entre les bras de Roy qui l'avait enlacée par surprise, elle oublia ce qu'elle n'aimait pas.
Cette étreinte inattendue n'était pas déplaisante, mais elle ne dura pas assez longtemps pour Riza. Roy s'éloigna, gardant les mains sur ses épaules. Il arborait un sourire radieux.
– Merci Riza ! Tu es la meilleure !
Il commença à enlever son manteau et ses gants, à la plus grande surprise de Riza.
– Tu n'allais pas dehors ?
– Demain, après avoir fait des courses, et… tu pourrais m'aider pour quelque chose ?
Le lendemain, Riza se retrouva à enseigner les bases de la broderie à Roy, jusqu'à ce qu'il parvienne à tracer parfaitement au fil rouge le cercle qu'il voulait sur un gant blanc, qu'il imprégna ensuite de différents produits achetés à la droguerie. Il l'enfila et grimaça.
– Je crois bien qu'il faudra que j'ignifuge l'intérieur pour éviter de me brûler les mains.
Il sortit dans le jardin et Riza le suivit, gardant ses distances et un seau d'eau dans les mains. Juste au cas où.
Roy inspira, tendit la main, claqua des doigts. Un éclair partit du gant et une étincelle se propagea dans les airs jusqu'à la bougie qui se trouvait à trois mètres de lui. La bougie s'alluma et brûla tranquillement, uniquement perturbée par un faible vent.
Roy se tourna vers Riza, et son sourire rayonnant accéléra son rythme cardiaque et réchauffa ses joues. Au moins, elle pourrait blâmer la température glaciale s'il faisait la moindre remarque.
Encore une fois, elle se retrouva entre ses bras alors qu'il la remerciait.
– Je ferai tout ce que je peux pour utiliser ce pouvoir pour le bien du peuple. Je protégerai les autres, je protégerai ton secret.
Elle n'avait pas lâché son seau aussi posa-t-elle la tête contre son torse. Elle voulu soudain qu'il n'y ait pas toutes ces couches entre eux, pour simplement pouvoir écouter son cœur battre.
– Je sais que ce sera difficile, répondit-elle. Je sais que tu seras sans doute appelé sur le champ de bataille, et que tu devras utiliser cette alchimie pour faire ce que tu ne souhaiterais pas faire. Mais tu seras parmi les meilleurs.
– Je n'utiliserai pas mes flammes pour obéir à des ordres injustes, souffla Roy dans son oreille.
Sa poitrine se serra, et Riza réalisa qu'elle souhaitait de tout coeur que ce soit vrai. Elle réalisa aussi que c'était sans doute les derniers moments qu'elle passait avec Roy. La tête toujours perdue dans son manteau militaire noir, elle murmura :
– Quand comptes-tu partir ?
Les bras du jeune alchimiste se refermèrent davantage sur elle.
– Dès que je saurai maîtriser cette technique, et que j'aurai plusieurs paires de gants utilisables. Mes congés ne sont pas illimités, même si j'ai l'autorisation de rester plus longtemps pour étudier en vue de l'examen d'alchimiste d'État.
Il fit un pas en arrière, relâchant son étreinte. Son regard s'était fait soucieux.
– Je vais partir, mais je ne t'oublierai pas. Je sais où tu habites, et tu as mon contact en cas de besoin. Je… il hésita un instant. Tu es certaine que ça ira ? Avec la maison, tout ça...
Riza força un sourire sur son visage.
– Je saurai me débrouiller.
