Hello!

Ce OS a été écrit durant la 146ème Nuit du FoF sur le thème "Début"

Un headcanon que j'apprécie particulièrement concernant la jeunesse de Riza, c'est qu'elle était une enfant presque sauvage, qui passait ses journées dans les bois (en dehors des tâches ménagères que lui imposait son père) et qui chassait pour apporter un peu de viande sur la table. Et ça, ça peut rendre la première rencontre de Roy et Riza particulièrement marrante... je vous laisse découvrir!

Rating T (mention de sang animal)
Personnages: Roy et Riza
Genre: Humour, première rencontre

Bonne lecture!


Suivant les indications que le chef de gare avait griffonnée en vitesse sur un bout de papier, Roy s'éloigna du bourg sur un chemin inégalement pavé, qui menaçait de lui tordre la cheville tous les dix pas. Dès qu'il était arrivé, le garçon avait regretté Central. Les rues droites et plates de la capitale, les immeubles alignés en ordre, les voitures, l'odeur de l'asphalte et le vol des pigeons, tout cela n'existait pas ici. Certes, il faisait un peu plus chaud qu'à Central, obligeant Roy à enlever sa veste, mais devoir éviter les trous, les flaques et le crottin dans la rue, se faire aboyer dessus par tous les chiens dont il avait longé le jardin, et subir les regards méfiants des villageois qu'il avait croisés n'était pas vraiment ce qu'il considérait comme un accueil chaleureux.

Enfin bon, c'était sans doute normal pour quelqu'un qui arrivait au milieu de nulle part habillé comme un dimanche et qui criait par tous ses pores « Regardez-moi ! Je suis un citadin ! Je vais me plaindre du chant du coq, des cloches du beffroi et de l'odeur des vaches ! »

Finalement, après vingt minutes de marche en évitant de se casser la figure, Roy atteignit la maison qui se dressait à l'orée d'une forêt encore bien verte pour un mois de septembre. Une barrière qui devait avoir été blanche entourait un jardin où Roy put distinguer un potager, des parterres de fleurs, et une pelouse un peu jaune. Un grand hêtre se dressait au milieu de l'herbe un peu folle. La maison au bout du chemin pavé envahi de mauvaises herbes semblait avoir vu des jours meilleurs. La peinture des volets s'écaillait et quelques fentes dans le crépi remontaient sur les murs. Un ruban de fumée s'élevait d'une des cheminées, indiquant qu'elle était habitée.

Un sourire naquit sur les lèvres de Roy. Il était enfin arrivé. Il allait commencer son apprentissage et devenir un alchimiste accompli ! Il posa la main sur le portillon et la retira soudain avec une grimace de dégoût. Il y avait quelque chose d'humide dessus ! Il jeta un œil sur sa paume et étouffa une exclamation d'horreur. Du sang. Il y avait du sang sur sa main. Son sang se glaça dans ses veines, et une soudaine angoisse saisit ses membres. Et s'il était tombé au milieu d'une scène de carnage ?

Rassemblant ses esprits et se demandant déjà qui prévenir au cas où la situation était critique, il ouvrit la barrière en évitant soigneusement de toucher davantage la tache rouge qui s'étalait sur le bois. Il n'eut qu'à suivre, prudemment, les traces au sol, et contourna la maison avec une anxiété grandissante.

Tchak !

Roy allait tourner le dernier coin lorsque le bruit lui parvint. Il se figea et sa respiration se coupa momentanément. Il posa sa valise au sol et lentement, précautionneusement, passa la tête hors de son abri.

Il vit le reflet du soleil sur la lame, le sang sur la table, le hachoir s'abattit…

— Non ! Arrêtez !

Roy sortit de sa cachette et se précipita sur le meurtrier, qui se retourna… et s'avéra être une jeune fille aux courts cheveux blonds, tenant le couteau devant elle avec un air féroce. Roy freina des quatre fers, soudain intimidé. Elle portait un tablier taché de rouge qui protégeait son T-shirt beige et son bermuda noir, et sur la table derrière elle, dégoulinant de sang, se trouvaient deux animaux que Roy ne reconnut pas.

— C'est une propriété privée ! Sortez d'ici ! S'exclama la fille avec force.

Roy se retrouva pris entre deux sentiments complètements différents. L'embarras d'avoir mal compris ce qu'il avait vu combattait la crainte de se faire jeter dehors avant même d'avoir rencontré son futur maître d'alchimie. Il leva les bras pour montrer qu'il ne lui voulait aucun mal, et pour tenter de calmer la fille.

Si elle était capable de découper des animaux avec cet impressionnant couteau, elle était sûrement capable de le faire avec lui, et ce n'était pas vraiment comme ça que Roy avait imaginé cette journée.

— Du calme ! Je suis désolé, je ne pensais pas à mal ! Je suis ici pour Maître Hawkeye !

La fille fronça davantage les sourcils. Elle ne semblait pas avoir plus de douze ans, malgré la maturité qu'il lut dans ses yeux marron.

— Qu'est-ce que vous voulez à Maître Hawkeye ? Demanda-t-elle avec méfiance.

Roy crut entendre une touche de mépris lorsqu'elle répéta « maître ». Elle baissa un peu le couteau, gardant son regard fixé sur lui.

— Je suis Roy Mustang, je commence mon apprentissage aujourd'hui.

Roy baissa les mains.

— J'ai la lettre qu'il m'a envoyée ici… mince, elle est dans ma veste avec ma valise, vous permettez que j'aille la chercher ?

Elle le fixa avec sévérité avant d'hocher la tête. Roy partit en courant, désireux d'éviter de contrarier une fille qui semblait avoir l'habitude de manier le couteau. Il revint avec ses bagages et la lettre à la main pour trouver la jeune fille agenouillée devant une bassine d'eau dans laquelle elle se lavait les mains. Elle avait enlevé son tablier et s'essuya dans le T-shirt, dans lequel Roy distingua des trous dus à l'usure. À y regarder de plus prêt, aucun de ses vêtements ne semblait neuf. Était-elle une domestique au service de maître Hawkeye ? Ses genoux étaient écorchés et ses jambes couvertes d'éraflures, tout comme ses avant-bras, constata-t-il lorsqu'elle tendit la main pour prendre la lettre.

Elle la lui rendit avec un fin sourire et une lueur malicieuse dans le regard.

— Nous vous attendions, monsieur Mustang. Laissez-moi nettoyer tout ça, et je vous emmène voir mon père.

Son père ? Roy en resta muet, son esprit tournant à plein régime. C'était la fille de Berthold Hawkeye ? Son futur maître d'alchimie avait une fille ? Rien dans sa lettre n'avait donné d'éléments indiquant qu'il vivait avec sa famille.

— Avez-vous besoin d'aide, mademoiselle…

— Riza. Riza Hawkeye. Et je ne veux pas que vous vous salissiez votre belle chemise blanche avant de rencontrer votre futur maître, déclara-t-elle avec de nouveau cette touche de mépris dans la voix.

Message reçu, elle n'appréciait pas sa venue chez elle, ni le fait qu'il devienne l'apprenti de son père.

Riza plaça les deux bêtes – que Roy ne reconnut pas – dans une casserole et suspendit les peaux sous l'auvent où se trouvait la table, qu'elle nettoya rapidement. Enfin elle prit la casserole et signifia à Roy de la suivre avec un mouvement de la tête.

— Au fait, vous aimez le lapin ? Demanda-t-elle alors qu'ils entraient par la porte de derrière et arrivaient directement dans la cuisine.

Elle montra les deux bêtes dans la casserole et sourit victorieusement.

— C'est le dîner de ce soir.

Roy déglutit. Eh bien, le début de son apprentissage promettait d'être mouvementé !