Boya était un peu ronchon. L'ordre de QingMing l'avait fait dormir douze heures. Comme son renard avait dormit avec lui, il ne lui en voulait pas trop, autant qu'il reconnaissait la raison de son geste. Mais il était ronchon quand même. Pour le principe.
Son Partenaire était allé chercher le diner lorsqu'on le leur avait apporté. Chacun avait mangé dans sa propre gamelle cette fois. Parce que le vaisseau était ronchon.
Il était d'autant plus ronchon qu'il faisait à nouveau déjà nuit et qu'une journée de plus lui avait été volée.
Est-ce que quelqu'un se plaindrait s'il fashi-nappait son Partenaire une semaine de plus ? Surtout s'il prévenait leurs deux temples ?
QingMing récupéra les assiettes sales pour les remettre dans le panier qu'il rendrait à Fang le lendemain.
"- Boya ?"
Le vaisseau de Zhuque le fixait avec un mélange d'irritation et d'autre chose que le demi-renard n'arrivait pas à déterminer. Il ne voyait pas de réelle colère, juste un agacement généralisé qu'il pouvait comprendre.
"- Tu avais besoin de dormir et tu n'aurais pas arrêté de réfléchir. Tu le sais."
Le tueur de démon se leva brusquement. Il avait visiblement pris une décision. QingMing resta un peu sur la défensive lorsqu'il s'approcha de lui et prit ses mains dans les siennes. Boya lui embrassa les paumes avant de le lâcher.
"- Je vais prendre un bain. Ne m'attends pas pour aller te coucher, d'accord ?" Et il tourna les talons sans attendre, laissant un demi-renard perplexe derrière lui.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Qu'est-ce que Boya avait ou allait faire ? Parce qu'il le connaissait. Il connaissait ce regard concentré. C'était celui qu'il avait avant de livrer une bataille. Mais il n'y avait aucun combat à livrer ici. Et s'il voulait encore le chiffonner dans les couvertures pour lui rappeler qui avait la main haute dans leur couple, Boya savait parfaitement qu'il n'avait qu'à l'embrasser et lui mordiller un peu la gorge pour qu'il s'abandonne totalement à lui sans protester une seconde. QingMing n'avait jamais été farouche, mais avec Boya, il était toujours dans l'attente de ses envies.
Un peu perplexe et puisque son compagnon avait pris d'assaut la salle de bain, il finit de nettoyer la table du diner puis alla se coucher avec un rouleau qu'il voulait lire depuis un moment. Il s'était changé pour juste une robe courte et légère qui de toute façon allait probablement tomber très vite alors pourquoi s'embêter.
Il tenta bien de lire un peu mais ses pensées retournaient toujours à son compagnon et au regard qu'il lui avait lancé. Il ne lui en voulait pas pour l'avoir forcé à dormir. Il en était agacé mais il ne lui en voulait pas.
Alors pourquoi ce regard ? Finalement, il roula le livre et le posa par terre à côté du lit pour juste attendre son bel oiseau. Que faisait-il pour mettre autant de temps ?
Dans la salle de bain, écarlate, Boya s'était récuré de partout. Extérieurement. Pour le reste, c'était plus compliqué. Encore une fois, il connaissait la théorie. Il avait même acheté depuis quelques temps déjà le matériel nécessaire.
Rien que ça avait été une expédition, en pleine nuit, à lutter contre la honte, la capuche et un masque sur le visage. Trouver les boutiques où acheter le nécessaire avait déjà été tout un cauchemar. Y aller lui avait demandé le reste de son courage pour les vingt ans à venir.
Pour la pratique…
Lorsqu'il rejoint finalement son Partenaire dans la chambre, il était écarlate, mal à l'aise et plus ronchon qu'avant d'aller se laver. L'expérience avait été fort désagréable et humiliante. Il avait encore une fois récupéré une robe de son renard. C'était la seule chose qu'il avait sur le dos d'ailleurs.
"- Boya ?"
Le vaisseau se glissa sous les couvertures près de QingMing. Il l'attrapa par la taille avant d'enfouir son nez dans son cou pour inspirer longuement son odeur. Cela lui suffit pour reprendre son calme. QingMing faisait glisser ses doigts le long de son dos comme souvent pour le calmer.
"- Qu'est ce qui t'arrive, Boya ?"
Ils n'allaient pas retomber dans une nouvelle crise de couple si vite après avoir surmonté la précédente n'est-ce pas ?
"- Tu es encore à moi pour quelques jours n'est-ce pas ?"
QingMing haussa un sourcil. S'il s'en référait à ses offrandes, il était encore à lui pour presque trois semaines.
"- Boya. Je suis à toi autant que tu voudras de moi. Tu le sais n'est-ce pas ? Ce n'est pas un échange de cadeaux, aussi symbolique soit-il qui détermine combien de temps nous resterons ensembles."
L'avatar soupira doucement. Il enfouit son nez dans le cou de son compagnon une fois de plus puis le tira avec lui jusqu'à ce qu'ils soient allongés sur les couvertures.
"- J'aimerai juste que la fin de notre séjour soit calme. Sans la moindre anicroche. Je veux juste pouvoir profiter un peu de toi avant que le monde nous rappelle à son service." Soupira le tueur de démon en écartant gentiment la robe de son compagnon pour caresser sa peau du bout des doigts.
QingMing ferma les yeux sous la caresse. C'était une idée qui lui plaisait. Un peu utopique si l'on se basait sur leur vie depuis quelques mois, mais il fallait savoir rêver parfois n'est-ce pas ?
Des petits baisers légers agacèrent gentiment le torse du demi-démon jusqu'à ce qu'il glisse ses doigts dans les cheveux de son compagnon. Il était bien calme ce soir. Calme et pourtant déterminé, il pouvait le voir dans ses yeux.
Qu'avait-il en tête ?
"- Boya ?"
Le tueur de démon s'agenouilla finalement près de son compagnon après avoir pris une grande inspiration pour retirer délibérément la robe blanche empruntée à QingMing qu'il avait sur le dos. Le demi-renard se passa la langue sur les lèvres. Le voir retirer lentement le grand morceau de soie blanche et le laisser glisser sur sa peau nue était une vision touchante.
"- QingMing…Est-ce que tu veux bien de moi ?"
La question était juste un murmure un peu inquiet. Pendant un instant, QingMing faillit rire. S'il voulait de lui ? Mais il était déjà à lui. Comme il appartenait à son bel oiseau. Pourquoi posait-il cette question ?
Puis il comprit soudain.
Les offrandes, le temps passé ensembles que son compagnon avait organisé après le dernier cadeau, cette habitude qu'il prenait de prendre ses vêtements de la veille, le temps qu'il venait de passer à la salle de bain seul…
QingMing se redressa d'un coup. Il vint posa sa main sur la joue de son compagnon, un petit sourire tendre aux lèvres ?
"- Boya…Tu es sur de toi ?" Lui n'avait aucun problème à ne pas échanger de rôle.
Il ne savait pas trop ce qui bloquait son amant mais ne le lui reprocherait jamais. Chacun avait ses gouts et les siens étaient assez versatiles pour qu'il ne demande jamais à Boya de se faire violence pour lui.
"- Tu ne seras pas le premier, QingMing. Je ne sais pas ce qui me bloque avec toi." A part qu'il n'avait jamais trouvé ça particulièrement agréable.
Les quelques hommes à qui il avait permis de prendre place entre ses cuisses par curiosité ne lui avait jamais procuré autre chose que de l'inconfort mâtiné d'ennui au mieux, de la douleur et des insultes pour s'être laissé passer dessus au pire. Même s'il avait réglé les derniers cas à la phalange, il n'avait depuis pas été très motivé pour réessayer. En cause sans doute leur impréparation autant que la sienne. Il suffisait qu'il compare la théorie que HuaShi lui avait rentré dans le crane à grands coups de pinceau pour en être sûr et le plaisir que QingMing prenait à ses étreintes n'étaient pas simulées. Il était impossible de simuler comme ça, même pour un démon-renard.
QingMing prit la main de son compagnon pour l'attirer gentiment dans ses bras.
"- Alors permet moi de prendre soin de toi." Murmura doucement le demi-démon, les yeux brillants d'amour et de quasi-vénération pour son partenaire.
Boya se sentit rougir. A part QingMing, personne ne l'avait jamais regardé comme ça. Même Zhuque aurait rougit s'il avait pu. Il avait été vénéré comme un dieu, mais personne ne l'avait jamais regardé avec autant d'amour dans les yeux.
"- S'il te plait." Souffla le tueur de démon.
Il laissa QingMing le rallonger sur le matelas. Il lui avait confié sa vie et son âme lors du combat contre le Serpent. Alors pourquoi était-il si difficile de lui confier son arrière-train ? Un petit hoquet de rire échappa au chef de la secte de l'Est. Il était totalement ridicule.
Le demi-démon lui caressa la joue.
"- Parle-moi Boya." Demanda-t-il doucement.
"- …je suis ridicule. Je t'ai confié mon âme sans aucun problème mais j'ai du mal à te confier mon cul."
QingMing gloussa.
"- Je te promet que j'en prendrais grand soin mon bel oiseau." Il reprit ses lèvres avec tendresse, toujours aussi fasciné et amoureux de son compagnon. Il ne savait comment le remercier de lui faire confiance pour lui offrir quelque chose qui le faisait renâcler visiblement. "Tes précédents amants…" Il savait qu'on ne parlait pas de ca au lit mais il avait besoin de savoir. "Que leur reproches-tu ?"
Il caressait le torse de son compagnon du bout des doigts comme il le faisait souvent, harcelant gentiment ses mamelons en les pinçant entre deux doigts jusqu'à ce qu'ils soient durs et si sensibles que Boya ne pouvait retenir de petits hoquets de plaisir à chaque nouvelle caresses dessus. L'avatar de Zhuque était probablement l'amant avec la plus grande sensualité et sensibilité que QingMing ait jamais eut. Était-ce le cas avant qu'il soit devenu un vaisseau ou Zhuque avait-il boosté sa sensualité ?
Boya avait rougit. Ce qu'il leur reprochait ?
"- Pas vraiment grand-chose. Ce n'était juste pas…Agréable. Mais personne n'était vraiment soigneux non plus." Ils voulaient juste chacun leur coup de queue et le soulagement dont ils avaient besoin et c'était tout. "Kuang HuaShi aurait probablement hurlé en nous voyant faire."
"- Je vois…" Les doigts de QingMing descendirent sur la cuisse de Boya. Il remonta sa jambe sur la sienne pour venir caresser une fesse ronde.
Boya frémit lourdement sous ses mains. En tout cas, le problème du tueur de démon ne venait pas de sa propre sensualité. Si une simple caresse lui faisait autant d'effet, ses amants n'avaient juste jamais pris soin de lui.
La caresse abandonna sa fesse pour remonter sur ses reins puis son dos jusqu'à ses épaules.
"- Zhuque est avec nous ?"
"- Il….dieux, QingMing…" Boya fantasmait tellement cette première fois que la moindre caresse l'ébranlait complètement. "Il me laisse la préséance. Mais il est là."
"- Bien…" Les caresses glissèrent sur les marques que QingMing avait évité jusque-là.
Un lourd gémissement échappa à Boya qui se colla plus étroitement à son Partenaire.
Le sourire du yin yang shi se fit plus carnassier.
Il roula sur le dos pour entrainer son compagnon avec lui jusqu'à l'avoir couché sur lui. Ses mains redescendirent sur son dos, glissèrent sur ses fesses à nouveau sans jamais s'attarder où que ce soit. Il s'attaqua à ses flancs, remonta entre ses épaules puis descendit sur ses hanches encore. Il reprit ses fesses à pleine main pour les écarter gentiment et faire glisser juste un index entre elles.
Les hoquets de plaisir, les petits souffles explosifs et les sanglots de surprise étaient comme une douce musique aux oreilles du renard. Son partenaire s'effondrait lentement entre ses bras, juste à cause des caresses.
"- QingMing….S'il te plait… J'ai besoin…"
"- Non, pas encore. Mais ça va venir." Ronronna le yin yang shi en roulant à nouveau sur le lit pour échanger leurs positions.
Il se glissa facilement entre les cuisses de son amant qui l'accueillit entre elles avec enthousiasme. Boya donna immédiatement des reins contre lui.
"- S'il te plait…"
QingMing l'embrassa avec passion, son bassin collé au sien pour le retenir de bouger jusqu'à ce qu'il abandonne toute résistance et laisse le demi-démon prendre totalement le contrôle.
"- QingMing…Pitié."
"- Pour toi, aucune." Assura encore son Partenaire, plus prédateur soudain à mesure que Boya perdait chacune des quelques résistances qui lui restaient, l'une après l'autre.
Un petit sanglot échappa au tueur de démon. Lorsque son amant se redressa enfin, il faillit le supplier de rester sur lui. Ce poids sur lui était si apaisant, si agréable… Il voulait que son compagnon le contrôle comme il avait commencé à le faire. Il voulait qu'il lui arrache la moindre bribe de décision qui lui restait. Il avait BESOIN qu'il décide pour lui.
Boya ferma les yeux lorsque les mains de QingMing glissèrent sur son torse puis son ventre. Il traça les marques de Zhuque sur son ventre avant que ses mains ne viennent entre ses jambes pour les écarter. Ses cuisses se contractèrent sous l'ordre implicite en même temps que Boya rougissait. Ce n'était pas la première fois que QingMing lui écartait les jambes, mais c'était la première fois qu'il le regardait comme ça. Il se sentait submergé autant que fragile sous ce regard affamé et déterminé.
"- Tu sais que tu n'as qu'un mot à dire si tu veux que j'arrête, n'est-ce pas ?"
Les dernières réticences de Boya disparurent. Il hocha la tête, la gorge trop serrée pour répondre.
"- Parle-moi Boya." Il essaya d'obéir. Un petit coassement lui déchira la gorge. "Boya."
"- Q…QingM…"
"- Si tu n'es pas capable de me dire d'arrêter…"
"- NON ! Non… Pitié…Pitié…n'arrête pas…" Le pauvre chasseur en pleurait presque.
Il ne pouvait tolérer l'idée que son amant l'abandonne maintenant.
QingMing lui caressa la joue avec tendresse.
"- Shhhhh… Tout va bien mon bel oiseau… Tout va bien…" Le yin yang shi ne pensait pas que la résistance mentale qui retenait Boya serait si profonde et si porteuse de sens pour lui qu'il s'effondrerait totalement lorsqu'il déciderait de la dépasser. Il en était un peu perturbé. Qu'est ce qui était accroché à un acte aussi anodin pour que Boya perde pied aussi fort ? Mais après tout, il avait réagi avec une violence similaire lors de leur première étreinte.
Le demi-démon prit la décision qui lui semblait la meilleure pour son compagnon.
Il attrapa la ceinture de sa robe, lui fit remonter les mains au-dessus de sa tête et les y attacha par les poignets. Il serra fort mais sans doubler le nœud. Il suffirait à son amant d'écarter les mains pour que le lien se défasse mais en attendant, la morsure de la soie sur ses poignets devrait l'ancrer un peu plus à la réalité.
Il sut qu'il avait pris la bonne décision lorsque la dernière bribe de tension déserta les muscles de son compagnon. Le regard sombre sur lui était enfin apaisé, brulant de désir et de passion mais apaisé. QingMing venait d'arracher les dernière gouttes de résistance et de décision que Boya pouvait utiliser pour se protéger de lui et de ce qu'ils voulaient tous les deux. Boya lui était reconnaissant de prendre enfin le total contrôle à sa place et de décider pour lui.
QingMing se passa la langue sur les lèvres. Il pourrait faire découvrir tellement de choses à son amant à l'avenir…Mais ce n'était pas le moment.
Pour l'instant, il devait lui arracher les derniers mauvais souvenirs que d'autres avaient laissés pourrir dans l'adorable petite tête de son bel oiseau et lui montrer que s'abandonner à un autre n'était ni ennuyeux, ni douloureux, ni honteux.
"- Si tu savais à quel point tu peux être magnifique comme ça, mon Boya… Abandonné, offert, sans résistance…"
Boya détourna les yeux, honteux.
QingMing prit son visage entre ses mains pour l'empêcher de se cacher.
"- Shhh… Ne détourne pas les yeux mon bel oiseau. Ce n'est ni avilissant, ni honteux. C'est au contraire un magnifique cadeau que tu me fais."
Zhuque avait la décence de se taire et de rester aussi petit que possible dans l'esprit de son vaisseau malgré les quasi-suppliques de Boya pour qu'il reste avec lui. La nudité que son compagnon et le dieu-gardien le forçait à présenter était moins celle du corps que celle de ses émotions. C'était, pour lui, bien plus difficile à accepter. Ce n'était pas accepter de se faire grimper par QingMing qui était compliqué pour Boya, c'était de tout lui abandonner sans arrière-pensée ni regret. Il avait si bien mêlé les deux à force d'expériences ratées, de complications personnelles et d'angoisses sorties de nulle part que QingMing devait lui arracher les dernières brides de son contrôle sur lui-même pour le forcer à regarder en face que les deux n'avaient rien à voir. Et qu'il pouvait tout lui abandonner sans crainte.
"- QingMing…" Cette fois, sa voix était rauque mais il arrivait à prononcer son nom.
L'abandon était total.
L'acceptation aussi.
Il lui avait déjà offert son âme.
Il venait d'admettre que QingMing l'accepte.
Le demi-démon lui sourit gentiment. A genoux entre ses cuisses, il l'embrassa encore en caressant son sexe de la paume. Boya gémit doucement.
Un petit sanglot lui échappa lorsque QingMing quitta soudain le lit.
"- Q…QingMing ?"
"- Je reviens. Ne bouge pas, d'accord ?"
Boya resta sans bouger, un peu perdu mais soumis à sa demande.
QingMing s'était juste un peu écarté pour ne plus être dans son champ de vision et utiliser un portail pour récupérer une bouteille d'huile. Il aurait pu le faire sans quitter le lit, évidemment, mais ça n'aurait pas eu le même poids pour son amant. Il voulait qu'il accepte de lui faire confiance. Qu'il accepte son ordre. Qu'il accepte de rester seul, en position de faiblesse, à attendre son bon vouloir.
Il ne l'abandonna néanmoins pas plus de quelques secondes. Il ne voulait pas le torturer. Pas encore. Dans quelques temps, certainement, mais pas cette fois. Il le récompensa immédiatement d'un baiser tendre.
Boya répondit au baiser avec une passion débordante. Son Partenaire était revenu. Il avait obéi et il l'avait récompensé. Ce simple échange remuait quelque chose au fond de lui qu'il ne mit pas longtemps à identifier. C'était son lien de shishen avec QingMing. Il était heureux de lui obéir parce sa forme spirituelle était née pour ça, pour lui, pour lui obéir et le satisfaire. Un nœud de plus au fin fond de son esprit se dénoua lentement. Depuis que Boya était devenu le shishen de QingMing, il lui obéissait et le protégeait par devoir quand il l'appelait ou lorsqu'il en avait besoin. Maintenant, il savait qu'il le faisait aussi par amour de lui appartenir et de lui obéir.
QingMing prolongea le baiser jusqu'à ce que Boya cesse de vouloir l'approfondir et le laisse le contrôler.
"- Mon délicieux chasseur…"
Le yin yang shi fit couler un peu d'huile sur le torse de son compagnon qui le laissa faire avec un rien de surprise abandonnée jusqu'à ce que le renard n'entame un long massage qui transforma son partenaire en créature flasque et sans le moindre muscle encore capable de se contracter. Les yeux de Boya étaient un peu vitreux et l'avatar de Zhuque ne voulait rien d'autre que conserver ses mains sur lui. Alors seulement QingMing se pencha sur lui pour le prendre entre ses lèvres.
Le lourd gémissement immédiatement fauché par un orgasme presque paresseux de Boya ruina la résistance du demi-démon qui s'assouvit sans même se toucher, juste renversé par le gout de son amant sur sa langue.
S'ils avaient été des humains normaux tous les deux, ils se seraient effondrés sur le lit et n'auraient probablement plus bougé pendant au moins une heure ou deux. Heureusement pour eux, ils n'étaient pas seuls à profiter. Zhuque et le renard en voulaient plus. Bien plus. L'un comme l'autre frémissait d'avoir leur Partenaire encore et encore, jusqu'à ce qu'ils s'effondrent tous les deux d'épuisement, l'un vidé et l'autre le ventre rond de ses œuvres.
Boya ne bougea pas, la bouche entre ouverte, les yeux clos, il profitait juste des ondes de plaisir qui lui remontaient dans le ventre.
QingMing déposa un petit baiser sur son aine, puis son estomac avant de remonter lentement sur lui, se pressant entre ses jambes jusqu'à ce que Boya les noue naturellement autours de ses hanches. Un petit sourire monta aux lèvres du plus vieux des deux prêtres. Comment Boya avait-il pu se refuser un tel plaisir alors qu'il savait naturellement comment répondre à ses envies ?
"- Mon bel oiseau…si désirable…Si facile à aimer…" comment personne d'autre que lui n'avait réussi à éveiller son intérêt ? Toutes les filles de la capitale rêvaient peut-être de son amant chaque nuit pour s'endormir, mais comment aucune d'elle n'avait-elle tenté de le gagner ? QingMing l'embrassa encore.
"- QingMing…"
"- Oui mon bel oiseau ?"
"- S'il te plait ?" Il donna des hanches contre son renard. Allait-il le faire attendre encore longtemps ?
"- Mais nous venons à peine de commencer mon cher cœur." Se désola le yin yang shi.
"- Pas…pas ce soir…S'il te plait." Il voulait bien qu'il le rende fou mais plus tard. Après. Quand il lui aurait donné ce qu'il voulait. Quand il lui aurait pris ce qu'il lui restait à donner.
QingMing n'insista pas.
"- Tout ce que tu veux mon bel oiseau."
C'était son Partenaire qui était à sa merci. C'était lui qui avait donc tous les pouvoirs.
Gentiment, QingMing s'écarta pour le retourner sur les draps après avoir tassé quelques coussins sous son ventre. Sacrifier à ses demandes ne voulait pas dire non plus être un barbare sans vergogne. Et puisque son amant avait pris soin de lui-même avant de le rejoindre, il en était sûr, il aurait été fort peu galant de ne pas l'en remercier.
"- QingMing ?"
"- Shhhh. Profite juste, mon cher cœur." Ronronna doucement le renard.
Il déposa encore quelques baisers sur les marques de Zhuque puis le long de son dos, griffa gentiment le creux de ses reins puis s'agenouilla derrière Boya. Ses mains posées sur les deux globes galbés par des années d'entrainement rigoureux, il les écarta doucement pour lécher l'anneau de muscles qui n'attendait enfin que son concours.
Un long gémissement échappa à Boya qui laissa retomber sa tête sur les coussins. Les yeux clos, il n'était plus capable de rien à part de profiter de attentions si délicieuses et si étranges à la fois. Aucun autre de ses amants n'avaient fait ça avant QingMing. Un hoquet échappa au tueur de démon lorsque la langue de son Partenaire franchit sans peine l'anneau de muscles pour pousser à l'intérieur.
Ecarlate de gêne, de honte et de plaisir, Boya enfouit son visage dans le coussin. Il tendait la croupe en arrière pour en avoir davantage, incapable de s'empêcher de creuser les reins pour venir à la rencontre de ce plaisir si neuf qui lui enflammait le ventre.
"- QINGMING !"
Comment une langue humaine pouvait-elle aller si loin ? A moins bien sûr qu'elle ne le soit pas. Le renard s'amusait aussi à explorer son amant autant que possible.
Lorsque Boya ne fut à nouveau plus qu'une masse effondrée qui n'attendait qu'encore plus de plaisir, QingMing attrapa la bouteille d'huile.
Il le prépara longuement tout à s'interrogeant silencieusement sur ce qu'était en train de devenir son amant. Il avait eu suffisamment de monde sur la langue pour reconnaitre un humain ou un démon. Mais Boya… non, il y avait autre chose. Sa texture interne même n'était pas celle qu'il attendait. C'était trop souple, trop chaud, trop doux… Qu'est-ce que Zhuque faisait de lui ? Mais ce n'était pas la question pour l'instant. Les muscles autour de ses doigts s'écartaient gentiment. Boya était tellement détendu qu'il n'était plus en mesure de lui résister par simple réflexe. La seule résistance qu'il pouvait encore lui opposer était celle de muscles travaillés d'une façon dont ils n'avaient pas l'habitude. Le yin yang shi posa une main au creux de ses reins, l'invitant à les creuser un peu plus. Puis enfin, les longs doigts du renard trouvèrent ce qu'ils cherchaient.
Boya surnageait dans un océan de plaisir et de contentement physique comme il n'en avait jamais ressenti. C'était totalement différent de lorsque c'était lui qui s'occupait de son Partenaire. Le plaisir que QingMing lui donnait l'engloutissait totalement, bien loin de l'inconfort ennuyeux limite douloureux qu'il avait subi entre les bras de quelques autres auparavant. Si c'était ce qu'il donnait à QingMing lorsqu'il l'aimait n'était même qu'un pâle reflet de ce qu'il recevait maintenant, il comprenait mieux pourquoi son renard en réclamait encore et encore jusqu'à en perdre presque conscience. Et Boya réalisait aussi qu'il avait beaucoup à apprendre, autant qu'il s'était fait arnaquer par ses précédents amants.
Puis il ne pensa plus à rien quand une vague de chaleur lui obscurcit totalement l'esprit pour le noyer de plaisir.
Il entendit à peine le gloussement de QingMing dont les doigts s'acharnaient sur quelque chose en lui qui le faisait crier à en perdre la voix jusqu'à ce qu'il en jouisse sur la main libre de son Partenaire.
Effondré, le cœur au bord des lèvres et tremblant de la tête aux pieds, Boya eut a peine la force de relever la tête.
"- Qing…Ming ?"
Le renard lécha longuement sa main pour la nettoyer de la semence de son compagnon. Il semblait s'en délecter comme du meilleur des breuvages.
"- Es-tu sûr de ce que tu veux mon Boya ?"
Parce que ce n'était pas encore finit ? QingMing avait encore plus à lui donner ? Le gémissement de Boya se finit sur un sanglot.
"- Pi…Pitié…Plus…"
QingMing n'attendit pas plus longtemps. Il couvrit son sexe d'huile puis pesa lentement sur les hanches de son amant.
Le souffle coupé, Boya n'eut ni la force, ni le réflexe de se raidir. Le membre de QingMing était trop gros, beaucoup trop gros pour rentrer il en était sûr. Et pourtant, lentement, avec précaution, sans qu'il ne ressente la moindre douleur attendue là où les autres l'avaient au minimum fait douloureusement grimacer, il sentit le sexe de son partenaire entrer confortablement en lui. Un nouveau gémissement s'arracha à sa gorge. Cette chaleur à nouveau qui montait dans son ventre, cette sensation de se faire écarteler de l'intérieur, comme s'il ne parviendrait plus jamais à se refermer une fois que QingMing l'aurait abandonné.
"- Q…QingMing…"
Il voulait le toucher. Il voulait serrer sa main dans la sienne, se rassurer de sa présence en plus du pieu qui l'ouvrait si facilement mais ses mains étaient toujours attachées et il n'osait les libérer.
Le yin yang shi se coucha sur lui pour le couvrir de corps avec une possessivité remarquable. Il glissa ses doigts dans ceux de son compagnon d'une main pendant que l'autre ouvrait le nœud de la ceinture qui le retenait.
Immédiatement, Boya serra la main de son compagnon de toute ses forces dans la sienne.
"- Tout va bien mon bel oiseau." Les lèvres de QingMing glissèrent entre ses épaules pour tracer les marques de Zhuque puis sa langue remplaça ses lèvres alors qu'il se mettait enfin en mouvement.
Un lourd sanglot échappa à Boya. Son partenaire le faisait enfin sien. Depuis deux ans qu'ils se connaissaient, depuis un an qu'ils étaient amants, c'était la première fois qu'il laissait QingMing le posséder. Et c'était une révélation pour le tueur de démon.
Le plaisir que son compagnon lui donnait, le soin qu'il avait de lui, la tendresse, la douceur pour l'aimer, tout se combinait pour qu'il abdique toute raison et se soumette totalement à cette étreinte parfaite qui lui faisait enchainer orgasme sur orgasme à chaque fois que le sexe de QingMing heurtait cette boule de nerf dans son ventre.
Le Yin yang shi n'aurait rêvé plus parfaite réaction de son compagnon. Était-ce la présence de Zhuque, le désir repoussé depuis des lustres, l'abandon de son shishen à son plaisir ou autre chose ? peu importait finalement. QingMing se contentait de posséder le corps sous le sien comme s'il n'y aurait pas de lendemain. Ses étreintes s'étaient faites progressivement plus énergiques et enthousiastes jusqu'à le besogner avec la dernière énergie. Chaque cri qu'il arrachait de sa gorge, chaque orgasme chassant le précédent était un plaisir tel qu'il avait la plus grande difficulté à ne pas basculer en forme intermédiaire mais Boya ne l'aurait pas supporté. Il ne voulait surtout pas le blesser en le forçant à accepter plus qu'il n'en était capable même si QingMing était à présent certain qu'il pourrait faire beaucoup mieux.
Un dernier orgasme fit gronder le yin yang shi qui se rependit pour la sept ou huitième fois dans le corps de son amant.
Epuisé, il se laissa tomber sur son dos où il resta immobile une minute ou deux avant de se retirer, le retourner sur le dos et le posséder une fois de plus.
Boya fondit en larmes. C'était trop. C'était beaucoup trop et pourtant il était incapable de repousser son amant. Il en voulait encore. Comme QingMing lorsqu'il était à sa place. C'était un plaisir sans fin qu'ils partageaient jusqu'à ne plus avoir assez d'énergie pour bouger.
Ils s'endormirent finalement au bout de plusieurs heures, encore liés par leur étreinte, incapables de se séparer.
#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*
A la Maison du Lac, Liu Ye ne comprenait pas trop ce qui se passait.
Il aimait beaucoup sa nouvelle famille. Ils étaient tous adorables avec lui. On lui avait donné une chambre rien qu'à lui qui donnait sur l'extérieur avec un grand nid de coussins qu'il pouvait organiser comme il voulait. Toute sa chambre pouvait être organisée comme il voulait ! Alors il avait installé plein de perchoirs pour sa poule. Parce que c'était sa poule et qu'elle devait être aussi bien installée que lui. Il n'avait pas fallu plus de quelques heures pour que d'autre oiseaux du domaine viennent voir la nouvelle venue et son ami à deux pattes. Alors Liu Ye avait installé plein d'autre perchoirs pour tous les nouveaux amis de sa poule.
Il n'était installé que depuis à peine quelques mangers et moins de quatre dodos qu'il se sentait déjà comme chez lui.
Quand Grand-papi poule était venu frapper à sa porte pour lui demander comment il allait, il n'avait pas trop compris. Comment il allait ? Il allait très bien. D'accord, il faisait soudain un peu chaud et l'air vibrait d'énergie qu'il dévorait avec plaisir. Mais à part ça ? Tout allait bien.
Snow Hound avait paru surpris un instant avant de lui demander de garder son fils pour quelques heures.
Le jeune shishen avait bien sûr accepté. Le petit tengu était adorable et s'occuper de quelqu'un à plumes, il savait faire.
Lorsque grand-papi poule lui avait ordonné de fermer sa porte à clé et de ne pas sortir avant qu'il revienne chercher son petit, il avait obéi. Après tout, on obéissait toujours aux plus anciens.
Alors depuis, il était installé dans sa chambre avec sa poule, Ye HuoHua qui dormait confortablement dans ses bras et la moitié des oiseaux du domaine au moins qui dormaient sur les innombrables perchoirs qu'il avait installé un peu partout avec des branches, des fils et des bouts de bois.
Fatigué soudain, repus de toute cette énergie yang qui envahissait le domaine depuis des heures, il bailla avant de se rouler en boule autours du petit tengu et de s'endormir lui aussi.
Pas une seconde il ne comprit que tout le domaine, une fois encore, était noyé sous la passion de leur maitre. Il ne savait de toute façon pas ce qu'était la passion. Il n'avait juste pas la maturité aussi bien physique que psychologique pour le comprendre.
#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*#*
Boya fixait le plafond de la chambre tout en caressant le dos de son renard du bout des doigts.
Depuis quand était-il réveillé ? une heure ? Moins ? il n'en savait rien.
Il était incapable de bouger.
D'abord parce que ses membres ne lui répondaient plus, comme totalement déconnectés de son corps par une satiété des sens qu'il n'avait encore jamais connus. Ensuite parce que QingMing dormait sur lui comme la plus agréable et la plus chaude de toutes les couvertures
Mais surtout, s'il ne pouvait pas bouger, c'était parce que QingMing ne l'avait toujours pas libéré de sa présence.
Boya se sentit lentement rougir. A mesure que lui se réveillait et bougeait légèrement, il réveillait lentement aussi QingMing toujours en lui. La pression de ses muscles qui tentaient de rejeter le corps étranger ne pouvait que le réveiller davantage.
Un petit sanglot lui échappa. Maintenant que ses muscles étaient froids, la présence de son amant n'était pas douloureuse en soit, mais le sentir gagner en épaisseur lentement était...bizarre.
Et affreusement excitant.
Il joua des muscles volontairement sur son compagnon, fasciné de le sentir reprendre consistance alors qu'il dormait encore.
Un soupir échappa soudain à son renard qui donna des reins par reflexe. Un petit hoquet sourd s'arracha à la gorge de Boya
"- Mmm'oya ?" QingMing donnait gentiment des hanches sans vraiment le vouloir, réveillant à son tour les ardeurs de Boya.
"- Qing..Ming..."
Le yin yang shi déposa une ligne de petits baisers paresseux que la gorge de son compagnon, chacun plus affamé que le précèdent à mesure qu'il se réveillait.
"- Voilà un réveil des plus agréable." Ronronna QingMing.
Il mordilla gentiment le cou de son compagnon toujours en ondulant doucement des hanches. Puis il roula sur le dos en entrainant son amant avec lui pour l'avoir au-dessus de lui.
Boya se redressa immédiatement avec un sanglot. La gravite effectuait son travail. Comment QingMing pouvait-il s'enfoncer encore plus loin en lui ? Ça aussi c'était à géométrie variable chez lui ? Un frisson lui remonta dans le dos. Et s'il avait ses oreilles et ses queues ? Était-il conformé comme un renard ? Était-ce pour ça qu'il veillait toujours à ne jamais laisser voir son entrejambe quand il était sous forme intermédiaire ?
La question était tentante mais moins que le brusque mouvement de bassin de QingMing qui le ramena soudain à la réalité.
"- Tu penses trop, Boya. Si tu nous faisais plaisir à tous les deux ?"
Le chasseur rougit affreusement. QingMing l'avait assez fait pour qu'il sache ce qu'il demandait. Mais s'exposer ainsi devant lui ?
Cette timidité permanente de son compagnon charmait QingMing comme à chaque fois. C'était tellement adorable ! Ils étaient nus, Boya empalé sur lui depuis des heures, le ventre arrondit par la quantité de semence qu'il avait déversé en lui et il rougissait de le chevaucher. C'était...C'était…Au-delà d'adorable.
Le yin yang shi caressa la joue de son Partenaire d'une main, son ventre de l'autre.
"- Tu es magnifique. Je commence à comprendre pourquoi Zhuque voudrait à ce point avoir des œufs."
Boya rougit plus encore.
"- QingMing !"
"- Qui sait jusqu'où Zhuque va te changer."
Il continuait à caresser son ventre légèrement enflé avec une délectation rare.
Boya avala péniblement sa salive. Visiblement, ils avaient tous les deux le même fantasme sur ce sujet. Lui aussi adorait voir QingMing dans le même état. Un relent de leurs contreparties animales ? C'était une possibilité.
Pour faire taire son Partenaire, Boya serra ses muscles sur lui. Les mains sur son ventre pour une meilleure stabilité, il se mis à lentement arpenter la colonne de chair qui le clouait sur son amant.
QingMing avait posé ses mains sur ses cuisses et caressait gentiment les marques de Zhuque
"- QingMing...Zhuque..."
"- Laisse le venir."
Les grandes ailes noires s'ouvrirent en même temps que se déployait la jolie queue iridescente du phénix. Comme la fois précédente, le renard en eut le souffle coupé. Son Partenaire était plus désirable à chaque fois lui semblait-il. Ou alors il tombait amoureux un peu plus à chaque instant. Les deux étaient aussi probable et non exclusif.
"- Caresse-toi pour moi, mon bel oiseau."
"- QingMing..."
"- Ou laisse Zhuque faire."
Boya eut un petit sanglot. Il n'avait jamais poussé Zhuque suffisamment à l'avant de sa conscience pour qu'il puisse prendre le contrôle de ses muscles de lui-même. Il l'avait fait une fois pour leur sauver la vie à tous les deux devant le naja, mais jamais il ne l'avait laissé faire consciemment.
Les deux consciences se heurtèrent un peu. Zhuque n'avait jamais eu de mains, il ne savait pas comment faire. Boya eut un petit rire à la limite de l'hystérie alors qu'il prenait son membre dans sa paume. La sensation était étrange. C'était sa main mais ce n'était pas lui qui était réellement aux commandes. C'était comme si c'était quelqu'un d'autre mais qu'il mettait quand même sa main par-dessus pour le guider.
Le résultat fut un peu laborieux mais chacun y prit suffisamment plaisir pour que le lever soit repoussé d'encore un moment.
QingMing se retira enfin du corps de son amant, très désolé de ne pouvoir rester encore au chaud.
"- Dépravé." Murmura Boya sans le moindre feu
QingMing lui sourit simplement. Pourquoi serait-il vexé d'une vérité ?
"- Pour toi, toujours." Murmura-t-il enfin.
Boya renifla mais reposa sa joue sur le torse de son amant. Il se sentait épuisé, usé, abusé de la meilleure des façons. Il avait tellement pris de plaisir qu'il avait perdu connaissance à plusieurs reprises et avait totalement déconnecté plusieurs fois aussi. Sentir la semence de QingMing couler lentement hors de lui sur les cuisses de son partenaire avait quelque chose d'affreusement débauché et honteux dont il jouissait profondément. Il découvrait que l'outrance et le dévoiement étaient encore plus agréable que la réserve.
"- Boya Daren est-il satisfait de ma prestation ?
"- Boya Daren est très satisfait de la prestation de son renard."
"- Boya Daren aura-t-il envie de recommencer un de ces jours ?
"- Boya Daren ne sait pas comment il pourra se passer de son Partenaire après ça.
"- Boya Daren..."
"- Boya Daren va finir par mordre QingMing Daren si QingMing Daren continue encore longtemps sa pèche aux compliments."
Le yin yang shi éclata de rire, son amant toujours couché sur lui.
"- Tu peux me mordre autant que tu veux. Ce n'est pas une punition, ça." Et ils le savaient tous les deux.
A force de se bouffer le cou, même avec leur cultivation, les cicatrices commençaient à rester, à leur grande satisfaction à tous les deux.
Sans quitter son compagnon des yeux, Boya descendit un peu sur lui jusqu'à venir prendre un mamelon entre ses lèvres. Il l'agaça de la langue quelques secondes puis le mordit lentement jusqu'à ce que la douleur soit intolérable et que QingMing demande grâce. Boya le lâcha immédiatement. Il reprit ses petits coups de langue pour apaiser la douleur, à la fois honteux de lui avoir fait mal, content qu'il lui ait dit stop et émoustillé de lui avoir fait mal à sa demande.
Les doigts du yin yang shi reprirent leur place entre ses omoplates. Les deux hommes restèrent immobiles encore un long moment, jusqu'à ce que leurs estomacs protestent. Le déjeuner n'allait pas tarder à arriver de toute façon.
"- Bain ?"
"- Je ne sais pas si je vais arriver à marcher" Avoua le chasseur, penaud.
La confession fit sourire son compagnon.
"- Je ne m'attendais pas à ce que tu y arrives. Et ne compare pas avec mon cas. J'ai plus l'habitude que toi.
Boya lui jeta ce petit regard irrité mâtiné de cette moue adorable de vexation que QingMing aimait tant et qu'il lui avait lancé pour la première fois à l'Observatoire céleste quand il l'avait surpris avec la Multitude. II y avait bien longtemps qu'il n'avait plus titillé son compagnon pour l'obtenir.
Un coassement d'outrage échappa à Boya lorsque QingMing le souleva dans ses bras comme une jeune mariée pour le porter jusqu'à la salle de bain sans même prendre le temps de se couvrir un peu.
"- QingMing !"
"- Il n'y a que nous ici."
"- Ce n'est pas une raison. Tu ne ferais pas ça a la Maison ! ...Si, tu ferais ca à la Maison." Le ton était lugubre. "Je te rappelle qu'il y a deux nouveaux et un bebe chez toi maintenant. Tu ne peux pas faire n'importe quoi."
"- Ils s'habitueront."
"- Vu ce qu'ils ont dû prendre depuis quatre jours, ils doivent déjà regretter d'avoir accepté de te faire confiance."
"- Tu n'as pas plus pensé que moi à bloquer le lien avec eux." Rappela QingMing. " Mais Ye HuoHua est trop jeune pour faire autre chose que consommer passivement ce que nous leur
donnons, Honey Bug et Peach Blossom ont mis la main sur Hei Feng et je ne suis même pas sûr que Liu Ye soit capable de ressentir du désir. Il est trop jeune pour ça"
Boya avait posé sa joue sur l'épaule de son Partenaire et se laissait trimbaler. II aurait voulu protester mais n'en avait ni la force, ni les muscles. Il doutait réellement d'être capable de tenir debout. Entre ses intérieurs dérangés, l'épuisement général et ses muscles mit aux abonnés absents par la tempête d'endorphines qui l'avait balayé, il doutait d'être bon à quelque chose avant le lendemain. A part peut-être à se faire à nouveau grimper dessus mais même ça, il n'en avait pas la force. La dernière session au réveil avait fini de l'achever. Sa libido était partie en camping et ne reviendrait sans doute pas avant un moment. Peut-être même deux ou trois jours.
L'eau chaude le fit soupirer de contentement. QingMing l'avait installé dans son giron pour s'occuper confortablement de lui. Boya avait fermé les yeux et se laissait faire avec le plus parfait abandon. Lorsqu'il les rouvrit un instant pour savoir ce que faisait son compagnon, il surprit son regard lumineux qui le fixait avec toujours cette quasi-vénération qui satisfaisait tellement Zhuque.
"- Ne me regarde pas comme ça, QingMing. Ca me met mal à l'aise." Finit par murmurer le chasseur après avoir refermé les yeux et enfouit son visage dans l'épaule de son partenaire.
QingMing ne répondit rien. Il se contenta de l'embrasser sur la tempe. Ce n'était pas sa faute si son compagnon était la meilleure chose qui lui soit arrivé de sa vie, n'est-ce pas ?
"- Laisse-moi m'occuper de toi, d'accord ?"
A son petit signe de tête, le yin yang shi prit son temps pour le laver avec un morceau de tissu et le savon au bois de santal qu'il utilisait généralement. Et même si Boya ronchonnait un peu, son petit sourire abandonné était la preuve manifeste qu'il adorait se laisser cajoler par son compagnon.
QingMing pouvait le comprendre. Lui avait ses shishen depuis toujours ou presque. Il n'avait jamais vraiment manqué de contact même s'il avait toujours été isolé des humains. Lorsqu'il se sentait seul, il lui suffisait de monter sur les genoux de HuaShi ou de TianGou quand il était petit ou de se glisser dans le lit de n'importe laquelle de ses conquêtes d'un soir plus tard pour obtenir l'attention dont il avait besoin. Il n'y avait aucun sentiment avec ses conquêtes, mais ce n'était pas ce dont il avait besoin.
Ce n'était pas le cas de Boya. Alors qu'il était infiniment plus acceptable et accepté que QingMing ne le serait jamais par sa secte, son chasseur n'avait jamais eu droit à tout ça. Son statut de tueur de démon l'avait davantage isolé que lui. Boya peinait à réaliser qu'il était autre chose qu'un fantasme pour jeune fille en fleurs. Qu'il était désiré, aimé pour ce qu'il était réellement et pas uniquement pour son physique avantageux ou le danger qu'il représentait.
QingMing finit par l'embrasser encore sur le front.
"- Tout propre."
Avec l'aide de son compagnon, le tueur de démon arriva finalement à rester debout. Il était instable comme un faon nouveau-né. Il lui fallut quelques minutes pour parvenir à marcher lentement. Il n'avait pas mal mais le dérangement de son arrière-train rendait la balade, aussi courte soit elle, désagréable.
"- Comment fais-tu pour galoper comme un cabri après une nuit pareille alors que j'ai du mal à mettre un pied devant l'autre ?" Le scandale du tueur de démon était adorable et n'en finissait pas de charmer son compagnon
"- J'ai l'habitude, c'est tout."
"- Tu sais qu'à chaque fois que tu dis ça, j'ai envie de me mettre en chasse de tous ceux qui t'ont touché pour leur arracher le cœur ?"
QingMing en resta bête. Boya n'avait pas l'air de plaisanter en plus
"- Boya…"
"- Je ne ferais pas de mal à Snow Hound et Mad Painter." Se crut forcé d'ajouter l'archer au cas où.
Mince, il les aimait bien ces deux-là. Et ce n'était pas pareil de toute façon. Ils faisaient partie de leur meute/jubilé, peu importe le nom qu'ils pouvaient donner au grand foutoir qui était leur famille élargie.
Un coassement à la limite du trille avien lui échappa lorsque QingMing le souleva à nouveau de terre comme un fétu de paille pour l'embrasser avec toute la fougue dont il était capable.
"- Boya...C'est...C'est...Incroyablement romantique ce que tu viens de dire"
"- Quoi ? De menacer de tuer tous ceux qui ont posés les mains sur toi ?"
QingMing hocha la tête.
Son compagnon le regarda par en dessous, incapable de savoir s'il se fichait de lui ou non.
"- Boya. Tu es un tueur. Ta première réaction, ta réaction instinctive est toujours de tuer. Là, tu proposes de tuer pour moi. Et moi, je crois que je te laisserais faire."
Le chef JingYun réalisa soudain. Son compagnon le laisserait tuer pour lui. Alors que l'inverse n'était pas vrai. Il avait refusé de laisser QingMing exterminer les renards qui lui passeraient sous la main. La bouche soudain sèche, Boya prenait réellement conscience de l'offrande que représentait finalement cette proposition de meurtre.
Et sa valeur.
"- Je suis désolé." Murmura Boya.
QingMing secoua la tête, un sourire tendre aux lèvres.
"- Mais je ne te laisserais quand même pas massacrer tes cousins." Insista quand même Boya. QingMing bouda encore un peu. "Tu es un danger public. Tu le sais ça ?" Mais Boya l'aimait quand même.
Cette conversation entière était surréaliste. Ça aurait dut être QingMing qui devait le convaincre de ne pas tuer et d'être tolérant. Pas l'inverse ! A moins qu'il y ait encore quelque chose de plus là-dessous ? Avec son yin yang shi, c'était toujours un risque. Même pas un risque mais une certitude. Boya grinça des dents. Qu'est-ce que son idiot de renard avait encore en tête ? Qu'est-ce qu'il avait préparé dans les méandres de son petit cerveau fourbe ?
Pendant que Boya perdait son calme à éplucher mentalement tout ce que son Partenaire avait pu dire pour trouver ce qui lui avait échappé une fois encore, QingMing finit de l'habiller comme une poupée. Il installa son compagnon sur la terrasse sur un coussin moelleux et dans ses bras. Ils avaient besoin de soleil tous les deux et leur repas n'allait pas tarder à leur être livré.
Une fois que le jeune esclave, toujours le visage impassible mais avec un désespoir croissant dans les yeux leur eut apporté leur repas, QingMing s'occupa une fois de plus de nourrir son Partenaire.
"- Tu veux vraiment attendre quelques semaines avant de récupérer ce gamin ? Il me fait peine."
"- QingMing, tu passes ton temps à récupérer toute la misère du monde."
"- Boya…"
"- Tu n'auras même pas tenu trois jours avant de plaider sa cause, tu sais. Je croyais vraiment que tu tiendrais un peu plus."
"- Boya !"
Le sourire moqueur du chasseur fit pester le yin yang shi. Cette fois, c'était lui qui c'était fait avoir. Il enfourna dans la bouche de Boya un morceau de bœuf mariné aux épices mais sans piments. Le cuisinier du jeune Seigneur Han avait bien appris sa leçon. Au moins pendant que son compagnon mâchait, Boya ne se moquait pas de lui. C'était sa journée ou quoi ?
"- Il nous faudra un cuisinier si Fang n'est pas compétent en cuisine. Et quelqu'un pour entretenir la maison et le jardin."
"- On commencera par lui demander ce qu'il sait faire. Et l'accorder aux boucliers de la maison. " Il serait le seul à pouvoir y entrer en leur absence.
Ce serait une vie solitaire pour le jeune homme. Ils n'allaient pas y venir tous les deux matins non plus.
"- Et voir aussi comment il réagira à tes shishen. S'il s'enfuit en hurlant, ça ne va pas être pratique."
QingMing continua à donner la béquée à son compagnon jusqu'à ce que les plats soient vides et l'estomac de Boya remplit. Comme ils en avaient envie depuis des jours mais pas encore eut le temps, ils passèrent leur après-midi sur la terrasse à ne rien faire, juste profiter de la présence de l'autre.
Des autres.
Boya jouait d'une main machinale avec les queues de son compagnon, la joue sur son torse, QingMing lui massait le crâne du bout des doigts oui lui caressait les ailes de l'autre main. Ils auraient été encore plus heureux si le reste de leur Jubilé avait été autours d'eux, mais pour l'instant, c'était déjà absolument parfait.
"- On rentre dans deux jours alors ?"
Boya soupira.
Voir QingMing plus raisonnable que lui avait quelque chose d'insultant, il fallait l'admettre. Mais il avait raison. Il ne pouvait pas le fashi-napper malgré son envie de le garder rien que pour lui.
"- Tu sais que nous pourrons revenir n'importe quand ou presque."
"- Je sais surtout qu'à peine rentrés, l'Empereur va vouloir nous voir" Ses espions avaient déjà dû le prévenir qu'ils étaient là et qu'ils avaient vu le jeune Seigneur Han. Même s'il leur faisait confiance, il voudrait un compte rendu pour être sûr qu'il pouvait continuer à leur faire confiance. "Nos sectes vont encore nous prendre un temps fou et…"
"- Boya... Je rêve ou tu as juste envie de sécher le boulot ?"
Le tueur de démon jeta un regard noir à son Partenaire. Comment pouvait-il même poser la question ? Ne trouvait-il pas qu'ils étaient bien là ? Rien que tous les deux ?
"- J'ai juste mal aux reins." Et ce n'était même pas faux même si ce n'était qu'une excuse totalement ridicule et transparente comme une fenêtre ouverte (à moins qu'elle ne soit bleue ?).
La réponse fit éclater de rire le yin yang shi.
"- Mon pauvre avatar d'un dieu-gardien qui a du mal à se remettre d'une nuit de passion."
Mais sous la moquerie, QingMing était inquiet.
Boya sentit le qi de son partenaire couler dans son dos jusqu'à ses reins pour s'assurer qu'il ne l'avait pas blessé autant que pour soulager les muscles de toute douleur qui pourrait encore les parcourir.
"- Je suis désolé, Boya. Je pensais vraiment avoir fait assez attention à toi pour que tu n'aies pas mal."
"- Ce n'est rien. Je finirais bien par m'habituer.
"- Ce n'est pas une raison !"
"- QingMing. Ce n'était pas ma première fois dans l'absolu, mais tu es le seul qui ne m'ai pas fait mal ou simplement qui ne m'ai fait périr d'irritation interne ou d'ennui. Alors crois moi quand je te dis que ce fut une absolue réussite." Rien que d'y penser, s'il n'avait pas été aussi épuisé, il aurait probablement eu envie d'y revenir d'ailleurs.
"- J'aurais quand même dû prendre mieux soin de toi et me rappeler que c'était la première fois. Ou presque."
Boya laissa tomber. C'était juste l'anxiété naturelle de son amant qui montrait le bout de son nez. Il ne pouvait pas faire grand-chose contre. Et s'il protestait trop, QingMing allait croire qu'il faisait un effort pour ne pas l'inquiéter. Il était parfois compliqué, son renard.
"- QingMing… Contente toi de me garder dans tes bras. Ça m'ira très bien.".
Le yin yang shi l'embrassa encore sur la tempe et le reprit étroitement dans ses bras pour qu'il s'appuie davantage sur son torse.
Ils restèrent silencieux dans le plus parfait abandon serein jusqu'au diner.
Les deux derniers jours de leur escapade se finirent sur le même mode tranquille et contemplatif, à peine entre-coupés de douces étreintes et d'un passage rapide au palais pour payer la dette de leur nouvel employé.
Ils profitèrent de leur dernière après-midi pour l'installer dans la seule chambre en état de la petite dépendance de la maison. Les autres étaient trop sales pour accueillir un être vivant pour l'instant. Les sorts de contraintes que QingMing imposa à Fang étaient sans doute un peu exagérés mais les deux chefs de secte n'avaient pas envie qu'il aille parler d'eux à tout le monde et n'importe qui. Pour le reste, ils reviendraient s'occuper de lui plus en détail sous quelques jours. En attendant, il devait juste s'occuper de la maison et du jardin pour les garder en état jusqu'à leur retour. Un petit budget lui était alloué hebdomadairement pour ses propres besoins.
Pour le reste, ils verraient plus tard.
Lorsqu'ils passèrent le portail pour rentrer à la Maison du Lac, ils y furent accueillis par un Snow Hound les bras croisés sur le torse, visiblement fatigué, et avec le cou proche d'un vieux steak mâchouillé.
"- Vous êtes des animaux."
Boya fut incapable de savoir si c'était un reproche ou un compliment avant que le vieux shishen ne les chasse aux bains tellement ils puaient l'odeur de l'autre.
