QingMing s'était figé.
Il eut un pauvre sourire un peu triste et emplis de nostalgie. Zhuque comme Boya se sentirent brûler d'une infâme jalousie dévorante. Qui était cette femme qui emplissait leur Partenaire de nostalgie. De ce que QingMing leur avait dit, il n'avait jamais eu de relation suivie avant eux. Toutes ses amantes avaient été des coups d'un soir. Il n'avait jamais eu d'amis de longue durée non plus. Alors QUI était cette gourgandine ?
"- Elle était ma shijie, Elle avait cinq ou six ans de plus que moi. Pas une amie, mais pas une ennemie non plus. Une des très rares femme à avoir fait son chemin au Bureau. Elle a disparue peu de temps après mes vingt ans.
"- Vous étiez proches ?"
"- Pas vraiment. Elle ne me haïssait pas pour simplement exister. C'était plus que beaucoup d'autres. Je lui étais indifférent. Alors nous avons souvent travaillé ensemble. Avec l'adolescence, nous sommes devenus…. Testeur de l'un sur l'autre je pourrais dire. Mais il n'y a jamais eu de sentiments. Nous n'étions même pas amis. Juste... nous avions un accord aux bénéfices mutuels qui se soldait par des expéditions par la façade pour passer de la chambre de l'un à l'autre.
Long Ye haussa un sourcil.
"-...Des expéditions par la façade ?"
"- La séparation des sexes au Bureau est encore plus sévère qu'à JingYun. On escaladait la façade pour se voir. C'était amusant." Et sans doute l'une des raisons qui avait fait que leur liaison avait duré aussi longtemps. C'était interdit, à la barbe de tout le monde, ça aurait fait hurler leurs maîtres s'ils l'avaient su et c'était agréable. Que demander de plus ?
"- Mais vous n'étiez pas amis ?"
"- Non. Elle m'aurait laissé mourir devant elle sans aucun problème et je n'aurais pas levé le petit doigt pour la protéger de qui que ce soit. Notre liaison est née de la nécessité et de l'ennui. Rien de plus."
"- La tristesse de ce commentaire pourrait me faire verser une larme QingMing Daren." Long Ye était consternée.
QingMing haussa les épaules. Ca ne le touchait pas vraiment. C'était loin.
A côté de son compagnon, Boya était écœuré pour lui. Même ça lui avait été pourrit par sa secte. Si lui n'avait jamais été très porté sur le sexe avant de rencontrer son renard, il avait quand même profité d'une adolescence normale avec ses découvertes normales. Ses premières maîtresses l'avaient été au moins avec la passion du moment et du désir adolescent, cette réaction étrange qui fait tomber amoureux dix-sept fois par jour pendant environ trente-cinq secondes avant de passer au suivant. Mais ça ?
C'était un échange commercial sans argent.
Boya comprenait mieux que son QingMing soit allé chercher de la tendresse entre les bras de TianGou et HuaShi.
Aussi bien Zhuque que lui voulaient juste consoler leur partenaire même s'il ne semblait même pas réaliser la tristesse de la chose. Boya le prit dans ses bras et le serra contre lui avec tendresse, le nez dans son cou.
QingMing se laissa faire même si son incompréhension devant la réaction de son compagnon était évidente. C'est cette même incompréhension visible qui serra vraiment le cœur de Long Ye. Ses espions lui avaient fait un rapport sur le traitement subit par le jeune chef de secte par le bureau dans son enfance, mais elle ne s'attendait pas à une preuve aussi flagrante. Quand elle avait rencontré les deux hommes pour la première fois, elle avait immédiatement flairé leur fragilité à tous les deux. Et leur force.
Qu'ils aient pu devenir des fashi (relativement) fonctionnels était presque un miracle. Que QingMing ne se soit pas encore retourné contre l'humanité était sans doute la seule chose à mettre au crédit de son prédécesseur. Que Boya n'ai pas rasé le Bureau était tout autant remarquable maintenant qu'elle avait sous les yeux le lien qui unissait le couple.
Si jamais quelque chose les retournait contre l'humanité... Ils deviendraient la plus grande menace que l'Empire ai jamais connu ou peu s'en fallait. Pour leur bien à tous, ils devaient veiller à ne pas se mettre entre eux et à ne pas être considérés comme un danger pour l'un des membres du couple. Elle ferait son rapport à l'Empereur en lui enjoignant la plus grande prudence dans son traitement des deux hommes. Heureusement qu'il les avait déjà dans ses petits papiers et les appréciait grandement.
Elle attendit que Boya ait reprit son calme. Sans grande surprise, QingMing se retrouva installé dans le giron du maître de JingYun malgré ses protestations. Ces deux-là étaient incapables de se tenir tranquille comme la morale le voulait. Depuis leur première rencontre, le désir de poser ses mains sur l'autre avait été au cœur de leur relation. Maintenant qu'ils étaient réellement ensembles, elle voyait le potentiel de destruction qu'ils représentaient tous les deux.
QingMing déposa sans pudeur un petit baiser sur les lèvres de son partenaire qui finit par se détendre lentement.
"- Tu as beaucoup trop d'émotions ce soir, mon Boya." Le fashi de l'Est enfouit son nez dans le cou de son renard. Les deux hommes avaient oublié la présence de Long Ye qui observait avec fascination les ailes de Boya se refermer sur eux et les queues de QingMing s'enrouler autour de celle de son bel oiseau. Et ces petites oreilles blanches ! Est-ce que... oui, le renard démon blanc énorme dont elle avait eu des rapports... Ça devait être le yin yang shi. Et le prêtre en blanc sur son dos ? Boya Daren dans une robe empruntée à son amant.
Evidemment.
Elle leva soudain une narine aux odeurs inconnues et inattendues qui l'agressaient. Encore les deux hommes ? Ils étaient bien trop à l'aise avec leurs contreparties animales. Mais qu'attendre de plus ? Rien que de voir Boya se transformer en phénix avait été impressionnant.
Les deux hommes étaient à part.
Elle commençait à mieux comprendre les passe-droits qu'ils avaient auprès de l'Empereur et pourquoi rares étaient ceux qui osaient exprimer leur dégout devant eux : la crainte.
Tout simplement la peur.
Et ces deux andouilles ne s'en rendaient absolument pas compte.
Probablement.
Peut être
Le regard de QingMing sur elle la fit frémir.
LUI savait. Il avait toujours eu une conscience aigüe de la peur qu'il faisait aux humains.
Le couple resta à se cajoler encore quelques minutes avant que Long Ye ne resserve du thé. Boya relâcha un peu son étreinte sur la taille de son compagnon puis replia ses ailes, sans les faire disparaitre. QingMing aussi garda ses queues à l'étalage. L'une d'elle se tendit vers Long Ye.
"- Vous mourrez d'envie de toucher."
La jeune femme baissa les yeux sur ses mains. Elles étaient serrées en un effort inconscient de se retenir d'aller tripoter la peluche effectivement. Elle rougit un peu mais ne put résister plus longtemps. C'était tout doux !
"- Boya Daren, je suis affreusement jalouse, soyez en certain."
Et sa jalousie même fit plaisir au fashi de l'Est. Sale bête.
QingMing récupéra sa queue puis une tasse de thé qu'il porta aux lèvres de son Partenaire. Le geste plus que le câlin sembla calmer le vaisseau du dieu gardien. Long Ye commençait à comprendre. Zhuque et Boya était séparés mais dans le même corps. QingMing devait gérer les deux en parallèle. Calmer l'un des deux ne calmait pas forcément l'autre. Il fallait que le demi-démon jongle avec les deux personnalités de son compagnon avec justesse pour ne pas causer de catastrophe.
Elle attendit que les deux hommes soient à nouveau concentrés sur elle pour reprendre.
"- Nous parlions donc de Baini Daren. Elle a disparu il y a une petite vingtaine d'année pendant une mission. Je n'ai pas eu accès à la mission."
"- Que vous ayez déjà eut des informations sur Baini me gêne beaucoup." Assura QingMing.
Les vérifications sur la confidentialité des informations au sein du temple allaient être une priorité. Et l'élimination des insectes aussi.
"- La mission, QingMing-Daren."
Il soupira.
"- C'était une mission personnelle. Je sais juste qu'elle est partie à la recherche de quelqu'un. Mais je n'en sais pas plus. Le Bureau est bien plus souple que la plus part des autres temples et sectes avec ses membres une fois qu'ils ont atteint le rang de maître. Il est fréquent que des maîtres disparaissent totalement pendant des années avant de revenir." Fréquent n'était peut-être pas le mot non plus. Pas rare en tout cas. "Je ne sais pas ce qu'elle cherchait, mais lorsqu'elle est partie, c'était du jour au lendemain. Je vous l'ai dit, je n'ai jamais été très proche d'elle et lorsqu'elle est partie, notre relation s'était déjà largement étiolée." Il préférait largement aller flirter dans les maisons nobles, payer des professionnels ou rejoindre le nid de TianGou.
La pauvre Baini s'était distanciée de lui lorsqu'elle avait réalisé que sa libido était aussi extravagante qu'enthousiaste et exigeante. Et totalement sans complexe. Lorsqu'elle l'avait trouvé au lit avec deux démons avait marqué une rupture franche dans leur relation déjà bien limitée.
"- Mais personne n'a eu de nouvelle d'elle depuis."
"- Aucune."
"- Y a-t-il un moyen de savoir si elle est morte ou vivante ?"
"- Pas davantage."
"- Contacter son shishen peut-être ?"
"- Elle n'en a pas. Ou plus exactement, elle n'en n'avait plus au moment de sa disparition. Son shishen avait été tué en mission quelques mois avant et elle n'avait pas encore eu le courage d'en invoquer un autre. Perdre un shishen est psychologiquement extrêmement douloureux." Expliqua encore QingMing à la question silencieuse de Long Ye. "Leur mort est ressentie très durement par le maître. Pour ceux qui n'ont qu'un ou deux shishen, c'est pire. Même ceux qui ne voient leurs servants que comme des outils souffrent de la rupture du lien." La détresse de la perte de Mad Painter le hantait encore alors même qu'il leur était revenu. S'il n'avait pas réussi...Qing Ming n'osait y penser.
Long Ye hocha la tête. Elle ne s'était jamais vraiment penchée sur le lien entre un maître et ses servants mais ça avait l'air plus compliqué et subtil qu'elle ne l'avait anticipé. Elle voyait les shishen comme des animaux de compagnie ou presque. QingMing présentait la chose comme un lien presque familial.
"- Donc, elle pourrait parfaitement être quelque part."
"- Elle ne pourrait pas commettre toutes ces horreurs." Assura QingMing. "Elle avait un grand sens moral."
"- Tu ne l'as pas vu depuis près de vingt ans, QingMing. Tu ne peux pas savoir ce qu'elle a traversé. Ni ce qu'elle a fait. Puisqu'elle a perdu son shishen, peut-être qu'elle essaye de se créer le servant parfait ? Pour ne plus avoir à le perdre ? Et qu'elle le fabrique elle-même."
L'idée était horrible mais elle donnait une "explication" à la situation. Ce qui était plus que ce qu'ils avaient jusque-là avec certitude.
"- Je ne peux croire qu'elle serait tombée aussi bas." Mais, malheureusement, c'était une possibilité.
"- Je vais continuer à chercher de mon côté. Faites tous les deux très attention à vous. Je ne sais pas ce qui se prépare." Long Ye était lugubre. "Mais ça sent plus mauvais encore que les machinations de He Shouyue." Dehors, la nuit était tombée depuis un moment déjà. "Je vais vous trouver une chambre quelque part dans l'aile des couples mariés et vous faire apporter à diner."
"- Long Ye..." La blague était pénible à force.
"- Des talismans de silence sont intégrés de base aux murs."
Boya se sentit rosir légèrement, surtout avec le sourire parfaitement satisfait de Qing Ming. Pour la peine, il donna une tape du dos de la main sur le torse de son compagnon qui gloussa.
"- Merci pour votre hospitalité, Long Ye Daren."
Elle les salua de la tête pendant qu'une autre femme entrait pour les prendre en charge. Avant qu'ils ne quittent son bureau, elle les retint un instant.
"- Et ... Mes condoléances pour votre perte." Murmura-t-elle doucement avec tristesse.
Les deux hommes serrèrent les mâchoires mais remercièrent d'un mouvement de la tête avant d'emboiter le pas leur guide qui les conduisit jusqu'à une chambre assez simple avec une salle de bain tout aussi simple où chauffait de déjà une baignoire assez grande pour deux.
A peine avaient-ils refermé la porte derrière la cultivatrice qui les avait accompagnés, qu'ils posaient tous les deux des talismans de silence et de protection sur les portes et les fenêtres avant de chasser les insectes de la pièce. Ils étaient nombreux.
On toqua à leur porte pour leur apporter deux plateaux de nourriture avant de leur ficher la paix. Ils mangèrent en silence. S'ils arrivaient à peu près à fonctionner à nouveau quand ils étaient tous les deux, lorsque quelqu'un leur remettait le nez dans leur perte, c'était comme se prendre une gifle de plus. Long Ye n'avait pas voulu être cruelle ils le savaient. Mais la peine était là quand même. Ils se couchèrent, empêtrés de leur zhong yi qu'ils n'avaient plus l'habitude de porter quand ils étaient ensemble. Les hauts finirent par tomber par terre avant qu'ils ne parviennent enfin à dormir, serrés dans les bras l'un de l'autre.
Vers trois heures après la mi-nuit, QingMing se réveilla en sursaut. Il venait de faire un rêve étrange et assez désagréable. Ou trop agréable peut-être.
Dans son rêve, un petit garçon au visage bien trop sérieux pour son âge, les sourcils froncés, écoutait Boya lui expliquer quelque chose. Ce n'était pas si rare. Après tout, Boya était un professeur pour ses petits shidi. Mais dans son rêve, ils étaient à la Maison. Un Ye Huohua adolescent était assis devant une table avec Mad Painter, très concentré sur des rouleaux de calligraphie. Un autre enfant timide les observait avec fascination et une joie intense sur le visage.
Et le premier enfant ressemblait à son Boya. Il avait le même nez droit, les mêmes yeux durs quand ils fronçaient les sourcils. Mais il n'avait pas d'ailes. S'il était né d'un œuf de Boya et Zhuque, il devrait en avoir n'est-ce pas ? Un enfant naturel de son partenaire peut-être ? L'idée même serra le cœur du demi-démon.
Dans son rêve, il entendait aussi des bruits étranges qu'il n'arrivait pas à identifier.
Il s'était réveillé en sursaut, le cœur serré.
Il n'y avait pas de petit garçon dans la Maison. Il n'y avait qu'un œuf mort qui reposait au pied d'un arbre.
Le demi-démon avait fini par quitter le lit avec précaution pour ne pas réveiller son compagnon. Les larmes lui serraient la gorge. Ils auraient dû avoir leur poussin dans leurs bras. Ils auraient dû être occupés à brosser son duvet. Ils auraient dû...
Un sanglot lui échappa sans qu'il ne puisse davantage le retenir. Il sortit sur la terrasse pour que le bruit de ses pleurs ne réveille pas son Partenaire. Même le bruit des crissements des insectes semblait assourdi à ses oreilles à mesure que ses sanglots se faisaient plus bruyants. Il se laissa glisser sur le bois de la terrasse polis par les siècles. Il se laissa aller à sa peine. Il n'avait déjà que trop pleuré. Pourtant, il était encore submergé par la douleur. Il avait bêtement cru que tout irait mieux maintenant. Il avait espéré... Mais il avait suffi de quelques mots de Long Ye pour être à nouveau submergé.
Des bras et des ailes se refermèrent sur lui.
"- QingMing..."
"- Boya."
Les deux hommes restèrent un long moment à pleurer ensemble, une fois de plus.
Il leur faudrait du temps. Encore du temps.
Du haut du toit, un peu désolée, Long Ye s'en voulait un peu. Elle n'avait pas voulu les faire souffrir encore.
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Il devait être midi lorsque des coups secs tapés à leur porte les réveilla en sursaut.
Boya sauta du lit pour aller ouvrir, ronchon. Long Ye ne put s'empêcher de se rincer l'œil avec délectation. Le physique du tueur de démon aurait donné faim une nonne ménopausée.
"- Ha Boya Daren. Si vous vous présentez comme ça, je ne sais pas si je vais résister très longtemps à la vue." Ronronna-t-elle, joueuse.
"- Prenez un ticket. je suis déjà réservé pour au moins trois autre personnes avant vous. Lâcha-t-il froidement.
La jeune femme rougit affreusement. Elle ne s'attendait pas à ce genre de réponse ! Elle s'attendait à ce qu'il bafouille ou s'énerve, à ce qu'il détourne les yeux, gêné, mais pas ce que qu'il lui sorte... Ca...
Des manches blanches entourèrent le torse de l'avatar pour le tirer en arrière dans les bras de son compagnon qui le cacha efficacement à la vue de Long Xe.
"- Nous n'allions pas tarder, Long Ye Daren."
"- Il est midi."
"- Il est toujours midi quelque part."
"- Vous semblez d'humeur joyeuse, Qing Ming Daren." Elle commençait à comprendre que les sourires du yin yang shi étaient davantage des masques que de vraies marques de bonne humeur.
Boya tentait dignement de ne pas fondre dans l'étreinte de son partenaire et de conserver un minimum de dignité mais c'était visiblement très compliqué.
"- Dépêchez-vous, nous avons encore beaucoup à discuter."
Qing Ming referma la porte de la chambre en tirant son partenaire en arrière. Elle eut la vision fugitive de Boya se jetant à la tête de son partenaire pour l'embrasser fougueusement avant que la porte ne soit réellement fermée. C'était mignon. Définitivement mignon.
Elle n'eut pas à attendre plus de quelques minutes avant que les deux hommes ne sortent, proprement habillés et coiffés.
"- Vous avez fait vite."
"- Vous n'avez pas idée."
Elle se sentit rougir, encore. Ces deux hommes étaient des dépravés infames. Elle trouvait ca à mourir de rire. Le rigoureux Boya après qui toutes les filles de la capitale soupiraient était un dépravé qui ne voyait que son compagnon. Si elle avait su...
Ils la suivirent jusqu'à son bureau. Le canapé avait été remplacé mais la marque de brulure au sol était toujours visible. Les flammes de Zhuque avait fait fondre superficiellement le sol en pierre.
"- Nous en étions à Baini Daren. QingMing Daren, je vais quand même tenter de la retrouver de mon côté. Ou au moins trouver quelques informations. Peut-être que ça mènera a quelque chose, peut-être pas, mais elle est la seule personne du Bureau dont votre demi-frère n'a retrouvé aucune trace. Il y a cinq morts pour lesquels des vérifications sont en cours."
"- Des vérifications ?"
"- La mort est facile à imiter. Il va falloir ouvrir les tombes et s'assurer que les cadavres sont aux bons propriétaires."
"- N'est-ce pas un peu excessif ?"
"- Plus de quatre-vingts personnes sont mortes jusqu'à présent des agissements de notre ami Rouge."
Les deux fashi en restèrent bête. Quatre-vingts ? Ils ne s'attendaient pas à ça du tout !
Les trois chefs de secte passèrent le reste de la journée à discuter de leur affaire et à faire connaissance aussi. Ce n'était pas les deux jours passés à l'observatoire qui pouvaient être réellement utiles. Même si pour le couple, ça leur avait suffi pour se sauter dessus.
Lorsque le soleil commença à baisser, QingMing donna un talisman à la jeune femme. Si elle voulait le contacter... Boya lui donna un lin'ger dont il conservait le jumeau. On ne savait jamais.
Elle les raccompagna jusqu'à leurs montures.
"- Ho. Et merci pour avoir libéré mes prêtres des agissements du Seigneur Han. Son fils est encore jeune, il faut espérer qu'il ne tournera pas comme son père." Boya en profita pour expliquer rapidement l'histoire de la potentielle malédiction.
Long Ye fronça les sourcils, perplexe.
"- C'est impossible."
"- Et bien, une malédiction suffisamment forte et bien lancée...
"- Non, je ne parle pas de la malédiction. Mais qu'un précédent chef de la secte aurait pu agir ainsi."
"- Certains ne sont pas aussi calmes que d'autre."
"- Boya Daren... le chef de secte ici est TOUJOURS une femme. Il est impossible qu'un cultivateur male ait pu maudire la lignée. Celui qui a fait ça n'était pas chef de secte du sud."
"- ...ho..."
"- Et nous n'avons pas reçu de demandes du Seigneur Han depuis une éternité. A part mes quatre prêtres qui étaient prisonniers, personne d'ici n'y a mis les pieds depuis des années."
Qu'est-ce que ça voulait dire encore ?
Les trois fashi échangèrent un regard.
Serait-il possible que... Non... ce ne pouvait être un complot aussi vieux. N'est-ce pas ?
Ils étaient rentrés peu avant le milieu de la nuit. QingMing avait ouvert un portail dans le jardin. Les deux chevaux avaient un peu renâclé à passer le seuil lumineux mais rien que quelques gratouilles apaisantes ne puissent emporter. Leurs nouveaux serviteurs avaient été sur le pied de guerre lorsqu'ils avaient passé le portail, inquiets que quelqu'un les menaces. Voir leurs maîtres avait été un soulagement pour eux.
Leur garde tout neuf avait pris les chevaux en charges pour les mettre à l'entrave sur un bout de pelouse pour la nuit pendant que Boya et QingMing rassuraient la maisonnée.
Tout allait bien. Ils avaient juste eu la flemme de supporter encore des heures à cheval alors qu'ils pouvaient rentrer plus vite.
Le couple salua ses serviteurs, leur souhaita la bonne nuit, puis alla se rouler en boule dans leur lit après avoir renvoyé tout le monde a leurs activités ordinaires tout en demandant à Yewan de ne pas leur préparer de petit déjeuner très tôt. Ils allaient sans doute dormir assez tard. Autant qu'ils profitent de leurs vacances. Ils ne pouvaient de toute façon rien faire d'autre. Lorsqu'ils rentreraient à la capitale, il y avait fort à parier que Dee conseille à son demi-frère de ne pas reprendre ses activités de nettoyage. Qing Ming était d'accord. Un gros soupir lui échappa. Il n'avait pas encore lu le rapport de Long Ye sur son père. Il se doutait un peu de ce qu'il y avait dedans. Son père avait décidé de partir en réalisant que sa femme était un démon renard et n'était jamais revenu. Il avait refait sa vie ailleurs. Fin de l'histoire.
Et si ce n'était pas exactement ça, ce devait en être une variation assez proche.
C'est une chaleur à laquelle aucun des deux fashi n'étaient plus habitué qui les réveilla. Ils avaient l'habitude de dormir roulés en boule l'un contre l'autre mais ce matin ? ce midi ? ce maintenant, ils étaient plus que serrés l'un contre l'autre. Groggys de fatigue, ils mirent un moment à réaliser qu'ils n'étaient pas seul dans le lit plus que surchargé.
HuaShi, ShengShi et TianGou.
Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?
Quand étaient-ils arrivés et...pourquoi ?
QingMing se retourna des bras de Boya pour effleurer les lèvres de TianGou des siennes.
"- Snow Hound ?"
Le tengu se rencogna contre lui en grognant, bien trop à l'aise contre son maître pour vouloir se réveiller. Qing Ming tendit la main pour lui caresser la base des ailes. Petit à petit, le Tengu s'étira sous la caresse avant d'ouvrir les yeux
"- QingMing Daren."
"- TianGou ? Qu'est-ce que vous faites là ?" Autour d'eux, les deux autres shishen se réveillaient lentement.
ShengShi enfouissait son nez dans le cou de Boya et se collait à son dos. Une rougeur certaine colorait les joues du fashi de sentir la raideur matinale du démon contre ses reins.
"- Votre absence nous est devenue intolérable." Avoua finalement TianGou
Comme ShengShi, il se collait à son maître pour lui réclamer son attention. HuaShi ne tentait pas de prendre sa part mais sa détresse était tout aussi visible sur son visage que sur celui de ses frères.
QingMing se redressa.
Boya s'écarta un peu pour laisser ses trois frères se coller à leur maître. Chacun voulait sa part de contact.
Le fashi de l'Est sentait le besoin quasi organique de ses trois frères d'être au contact de QingMing.
"- Et les autres ? Faut-il que l''on rentre tout de suite ?"
TianGou secoua la tête.
"- Les autres, ça va. Ils sont inconfortables, ronchons, mais ça va."
Qing Ming grimaça. Il se concentra longuement sur le lien qu'il avait avec ses shishen et le rouvrit en grand. Un lourd gémissement leur échappa lorsque le retour émotionnel en provenance de leur maître les soulagea enfin.
Sur le Domaine, tous les autres shishen avaient eux aussi soupirés de soulagement.
A JingYun, Liu Ye venait de fondre en larmes à la grande détresse de ses copains de dortoir. Très vite, le shishen se retrouva avec toute sa classe sur les genoux pour le cajoler.
Killing Stone, Mad Painter et Snow Hound se serrèrent un peu plus étroitement encore contre leur maître.
Le bruit de la peau glissant sur la peau fit frémir Boya qui réalisa soudain. Leur trois incrustes étaient aussi nus qu'eux. Leurs vêtements jonchaient le sol.
"- Vous avez croisés Fang ?"
"- Le talisman de QingMing Daren s'ouvre directement dans la chambre" Soupira Sha ShengShi, les yeux clos, très occupé à frotter sa joue contre la cuisse de son maître. "On ne savait pas si vous alliez venir alors on est venu tous les deux jours." C'était un coup de bol qu'ils soient enfin tombés sur eux.
TianGou avait réclamé le cou de leur maître et Mad Painter son torse.
"- ...Je me sens de trop." Plaisanta à moitié Boya.
Il aurait dû être au moins jaloux mais se sentait juste vaguement... émoustillé ? gêné ? curieux ? tout à la fois ?
Killing Stone se redressa soudain, l'attrapa par la nuque pour le tirer avec eux et l'embrassa gentiment au passage pour l'assurer qu'il avait tout à fait sa place avec eux.
Boya s'étrangla à moitié, Zhuque se figea en retenant son souffle, ShengShi rougit en réalisant et QingMing...
"- Je t'avais dit que Killing Stone rêvait de t'avoir entre ses cuisses." Et il souriait largement.
Snow Hound avait posé sa joue sur l'épaule de son maître et laissait sa main glisser sur son torse en une caresse inconsciente. De l'autre côté, Mad Painter avait posé sa tête sur ses cuisses et laissait QingMing lui caresser les cheveux. Tous les trois observaient tranquillement ce que faisaient leurs deux cadets.
Boya avala sa salive. Il était partagé entre le scandale, un trouble désir, la honte et une excitation croissante qui n'était pas que due à Zhuque.
QingMing le laisserait… Il ferait… Mad Painter pencha juste la tête pour suivre le rectus femoris de QingMing du bout de la langue du milieu de sa cuisse jusqu'à son genou. Snow Hound avait attrapé son maître par le menton et l'embrassait à pleine bouche sans qu'aucun des deux shishen ne quitte Boya des yeux. Si le chasseur protestait, ils reculeraient. Mais pour l'instant ? Ils proposaient un jeu tout à fait sympathique qui ne dépendait que de lui d'accepter ou non. Ils avaient été patients pendant plus de deux ans à son bénéfice, mais leur maître leur manquait. L'enthousiasme touchant avec lequel répondait QingMing à leurs attentions aurait sans doute scandalisé Boya au début de leur relation. A présent, il en était lui-même plus émoustillé qu'autre chose. Partager son partenaire avec ses frères shishen ne le dérangeait plus.
Boya jeta un coup d'œil à Killing Stone. Le jeune shishen semblait tout aussi excité qu'inquiet. Le chasseur haussa un sourcil avant de pencher un peu la tête sur le côté. Et lui ? Avait-il envie de jouer ?
Timide mais bien décidé à faire valoir ses propres décisions, Killing Stone reprit lentement Boya par la nuque pour l'embrasser à nouveau, d'abord timidement puis plus profondément lorsque le chasseur passa un bras autour de sa taille, l'autre autour de ses épaules et pressa son torse contre le sien tout en bataillant dans le baiser pour son contrôle.
Bien qu'il réponde avec une faim enthousiaste au baiser de TianGou, QingMing ne pouvait détourner son regard de Boya et Killing Stone. La possessivité sur son visage fit frémir les deux shishen. D'un commun accord silencieux, ils rejetèrent immédiatement l'idée de posséder leur maître ou Boya pour l'instant. Les deux prédateurs ne supporteraient pas dans cette configuration que quelqu'un d'autre tente de les mettre sur le dos pour l'instant. Plus tard. Quand les deux, non, trois prédateurs auraient assimilé la nouvelle situation.
Mad Painter griffa gentiment la cuisse de son maître, une moue irritée au visage. Allait-il s'occuper d'eux ou allait-il simplement mater son compagnon comme un sale ?
QingMing se pencha pour attraper rudement son shishen par les cheveux et l'embrasser à son tour.
"- Je peux faire les deux tu sais ?"
"- C'est à nous que vous avez manqué." Osa protester HuaShi.
Les yeux du yin yang shi passèrent au jaune. Il aimait la possessivité de son shishen, autant qu'il aimait voir Boya et Killing Stone lutter pour la dominance de leur baiser jusqu'à ce que Boya affirme à peine plus son désir.
ShengShi s'y plia sans davantage protester. Un petit gémissement de plaisir lui échappa lorsque les mains de l'avatar glissèrent sur sa taille puis ses hanches. Boya savait déjà que le jeune shishen avait un gros fantasme sur les hanches. Un sourire au milieu de leur baiser, il tendit la main vers QingMing.
"- Ceinture."
QingMing ouvrit un petit portail de sa main libre et lança à son compagnon une ceinture en soie prise directement dans sa garde-robe. Boya l'attacha serrée autour des hanches de Killing Stone. D'une main rude, il tira dessus pour le coller plus étroitement contre lui. La soie mordit sèchement la chair du shishen, lui arrachant un petit gémissement de plaisir qui s'étouffa dans un baiser supplémentaire.
Boya aurait honte plus tard. Pour l'instant, il ne voulait pas réaliser ce qu'il…ce qu'ils étaient en train de faire. Toute sa relation avec QingMing et ses shishen avait lentement poussé vers leur situation actuelle évidemment. Mais qu'elle leur tombe dessus comme ça ? Le pire était qu'il était certain que les trois servants de QingMing n'avaient absolument pas calculés leur coup. Ils avaient juste un besoin impérieux de retrouver leur maître et le lien qu'ils avaient avec lui. Et voilà qu'avec le plus grand naturel du monde, il se retrouvait à embrasser le démon qu'il avait voulu tuer lorsqu'il avait rencontré QingMing.
Boya sentait les yeux de son partenaire sur lui alors qu'il traçait une petite ligne de gentilles morsures sur la gorge puis l'épaule de Sha ShengShi.
Les yeux clos, le shishen s'abandonnait totalement à ses mains avec une confiance aveugle que Boya ne pensait pas mériter. Une seconde, il hésita.
Zhuque prit le relais. Il lui fit reposer ses mains sur les hanches du jeune démon et les caresser gentiment avant de remonter le long de son dos puis descendre sur ses fesses pour les serrer doucement. Killing Stone arqua les reins, poussant son postérieur dans les mains calleuses qui demandaient la plus délicieuse des soumissions.
Boya reprit le contrôle. Son hésitation fugitive était stupide. Il voyait la faim avide dans les yeux de QingMing, celle de Mad Painter et Snow Hound et sentait le désir de Killing Stone contre lui. Son hésitation était juste un reste d'éducation et de pression sociale qui ne lui avait déjà que trop couté. Il reprit les lèvres de ShengShi tout en glissant une main entre eux pour presser leurs membres l'un contre l'autre et les caresser en même temps de la paume.
Un sanglot étouffé échappa au shishen qui appuya son front contre son épaule. De sa main libre, Boya le serra plus fort contre lui pour qu'il cesse de résister et s'abandonne tout à fait.
"- Qu'est-ce que tu veux, ShengShi ?" Murmura Boya à son oreille d'une voix douce, plus douce qu'il n'en avait l'habitude, à part avec son compagnon.
Un nouveau sanglot échappa au jeune démon qui donnait gentiment des hanches contre la main du chasseur.
"- Tout…Tout ce que vous voudrez bien me donner." Parvint-il à murmurer, les larmes aux yeux de plaisir.
A moins d'un mètre d'eux, QingMing avait glissé ses doigts dans les cheveux de ses deux plus vieux shishen. Ils luttaient l'un contre l'autre sur le sexe du demi-démon pour le sucer de leur mieux, ils échangeaient en même temps de longs baisers agressifs pour le plus grand plaisir des yeux de leur maître. Et celui de Boya lorsqu'il se détournait un instant de Killing Stone pour voir ce que faisait son amant.
Un long frisson était remonté dans le dos de Boya. Il avait vu son compagnon avec ses oreilles et ses queues. Il l'avait vu sous sa forme animale. Mais c'était la première fois qu'il voyait réellement en lui le démon-renard. Ce regard jaune emplit d'une faim infinie, cet air de profond contentement hautin, ce sourire un peu pervers…. Cette impression d'absolue possession sur eux, comme s'ils étaient tous ses choses dont il faisait ce qu'il voulait, sur qui il avait tout pouvoir et contre qui ils n'avaient aucun moyen de se défendre s'il voulait leur faire du mal.
Et pourtant, Boya n'avait pas peur. Avec son passif, il aurait pu. Il devrait même. Mais il n'en était rien. Cette possessivité n'était qu'une preuve pour lui que QingMing ferait tout pour les protéger. QingMing ne laisserait personne poser la main sur eux sans avoir donné son autorisation expresse. Une autorisation qu'il ne donnerait jamais à moins qu'eux même ne la lui demande.
Était-ce la différence entre les renards blancs et roux dont le fermier du nord avait parlé ?
Ils étaient à lui mais ils n'étaient pas ses jouets.
Ils lui appartenaient mais ils n'étaient pas ses esclaves, quand bien même ils l'étaient dans les faits.
Ils étaient tous ses shishen.
Ils étaient tous ses servants.
Boya eut un sourire à l'ironie majuscule. Quelle était vraiment la différence entre un disciple du yin yang et ses shishen et un renard roux finalement avec ses victimes ? Tous les deux s'attachaient de force des serviteurs qui mourraient sans lui, les utilisait jusqu'à les tuer pour leur bénéfice personnel et lorsqu'ils les laissaient en tas à la borne, ils n'avaient qu'à en trouver un autre.
Les premiers étaient révérés, les seconds étaient craints. Mais à part ce changement de paradigme, y avait-il une réelle différence entre les deux ?
On aurait pu arguer que les renards ne prenaient d'esclaves que pour leur pouvoir personnel et leur petit confort. Mais était-ce si différent des prêtres du yin yang ?
QingMing était à moitié allongé sur le lit, appuyé contre la tête du lit, les yeux mi-clos et un petit sourire aux lèvres. Il regardait ses deux servants lui donner du plaisir avec un abandon assez remarquable. Comme n'importe quel renard l'aurait fait.
Mais ni Kuang HuaShi ni Xue TianGou n'étaient forcés. Aucun des deux n'avait renâclés. Ils étaient venus de leur plein gré dans leur lit. Ils étaient ceux qui avaient commencés à laisser leurs mains s'égarer sur le corps de leur maître. C'étaient eux qui étaient demandeurs et QingMing s'abandonnait à eux avec une totale décontraction.
Boya n'avait aucun doute que si l'un des deux shishen décidait qu'il avait envie de prendre le dessus, son Partenaire le laisserait faire sans protester un seul instant.
Zhuque protesta vigoureusement. Comment ça monter leur Partenaire sous leur nez ? Il n'en était pas question ! Ils étaient le couple dominant. C'était EUX qui imposaient leur marque sur les autres. Surtout dans ce contexte si neuf et si original.
Killing Stone lâcha un petit geignement de besoin dans les bras de Boya. A quoi pensait-il qu'il l'abandonnait ainsi ? Il était là, pouvait-il s'occuper de lui ? S'il ne voulait pas, il ne s'imposerait pas, mais qu'il le lui dise.
Boya l'embrassa à nouveau vigoureusement avec de longues caresses d'excuse sur ses reins. Il était désolé. Il penserait plus tard. Pour l'instant, il devait s'occuper de lui.
Sha ShengShi se détendit enfin dans ses bras, content que l'attention de Boya soit à nouveau sur lui. Il ne la lui demandait pas complètement bien sûr. Pas alors que QingMing était là avec eux. Il était normal que le couple partage une partie de leurs jeux entre eux, même si ce n'était que par des regards. Mais Boya pouvait-il juste lui donner l'impression que c'était avec lui qu'il voulait faire l'amour, ça lui suffirait amplement.
Le jeune shishen se retrouva renversé sur le lit avec un petit hoquet de plaisir, Boya entre ses cuisses.
"- QingMing…"
Un petit portail s'ouvrit juste devant le demi-démon renard. Une fiole d'huile fut lancée à Boya sur le lit et une autre donnée aux deux autres Shishen. Mad Painter s'en empara, ouvrit la fiole avec ses dents, fit couler le liquide aux douces odeurs de fleur sur ses doigts puis commença à se préparer gentiment jusqu'à ce que QingMing chasse ses mains, lui tende les siennes et que Mad Painter fasse couler le liquide dessus.
Avec des gémissements jumeaux de plaisir, Snow Hound et Mad Painter reprirent leur lent travail sur le sexe de leur maître pendant qu'il les préparait en même temps, un sourire de plaisir au visage.
"- Boya ? N'oublie pas le tien. Nous pourrons échanger après."
Un lourd frisson remonta dans le dos des trois shishen. Ils n'avaient pas espéré autant ! Leur maître allait les partager avec Boya ? Ils auraient pu dire non à n'importe quel moment mais bon sang, ils attendaient ça depuis tellement longtemps ! Même Killing Stone, pourtant si gêné par ses désirs à cause de ce qui l'avait conduit à la mort frémissait d'anticipation.
Boya déposa un petit baiser sur ses lèvres.
"- Je n'ai pas beaucoup d'expérience à part mon renard, alors parle-moi, d'accord ?"
A moins d'un mètre de là, deux doigts enfoncés profondément dans son arrière-train, HuaShi hocha la tête en entendant Boya. Il cessa une seconde de lécher le sexe de son maître, juste pour vérifier que son élève était aussi attentif et délicat qu'il le fallait avec leur jeune frère. Il fut réellement surpris de le voir l'attaquer de la langue. Heureusement surpris mais surpris quand même. D'accord, le timide et maladroit fashi, coincé comme une vieille porte l'était beaucoup moins quand il avait la responsabilité de prendre soin de quelqu'un qui pouvait être considéré comme étant de sa responsabilité. C'était…adorable.
Ils se ressemblaient finalement énormément avec QingMing. Le demi-démon réagissait un peu de la même façon. Ses shishen pouvaient lui faire à peu près n'importe quoi, il ne protesterait vraiment que s'ils lui faisaient mal sans raison et que la douleur n'avait rien à faire pendant leur étreinte. Mais sinon ? Il était plus attentif qu'un dragon avec ses œufs pour prendre soin d'eux au point d'en être ridicule.
Les doigts de QingMing se tordirent dans le ventre de HuaShi, lui arrachant un long geignement de plaisir lorsqu'ils s'attaquèrent à sa prostate.
"- Mad Painter ?"
Et voilà, il était inquiet.
La joue posée sur la cuisse de son maître, délicieusement débauché, les jambes largement écartées, à genoux et vautré sur lui, Snow Hound ne pouvait que profiter des attentions préparatoires de son maître. De longues crispations lui remontaient dans le dos à chaque fois que la zone sensible au fond de son cloaque était agressée par les doigts de QingMing.
Mad Painter secoua la tête. Il reprit le sexe de son maître entre ses lèvres. Il faudrait plus de temps pour qu'il soit dans le même état totalement abandonné que Snow Hound. De par sa nature, de par son origine, il mettait bien plus de temps à démarrer. Et encore plus longtemps à se satisfaire et à se calmer. Heureusement pour lui que son compagnon durait longtemps.
Un hoquet lui échappa lorsque QingMing rajouta deux doigts d'un coup. La légère douleur le força à se reconcentrer sur lui et non sur ce qui se passait autour d'eux. QingMing voulait son attention sur lui et sur lui uniquement. Il était leur maître et il voulait qu'ils s'occupent de lui. Ils étaient venus à lui pour ça, qu'ils ne se plaignent pas d'avoir son attention pour eux. Qu'ils lui fassent la même courtoisie.
"- Snow Hound ?"
Le tengu se traina lamentablement sur son maître pour s'installer dans son giron. Il laissa Mad Painter positionner le membre de son maître correctement puis se laissa glisser sur le sexe de QingMing avec un gémissement.
"- Maître…"
"- Tu peux me toucher, TianGou."
QingMing connaissait par cœur leurs habitudes et leurs désirs. Il savait que Snow Hound voudrait l'étreindre de toutes ses forces sans oser. Il savait qu'il voudrait ouvrir ses ailes et les utiliser pour conserver son équilibre. Et il savait aussi que son membre ne suffirait pas longtemps au Tengu.
Avant longtemps, Snow Hound rebondissait sur ses cuisses avec la dernière énergie, la tête rejetée en arrière et les yeux clos. QingMing avait abandonné momentanément Mad Painter pour se concentrer sur Snow Hound pour lui donner ce dont il avait tout autant besoin qu'envie.
"- Maître…"
"- Je suis là, TianGou… je suis là…"
"- Plus…"
QingMing rajouta deux doigts dans le cloaque déjà bien détendu du tengu jusqu'à ce qu'il le sente à nouveau lâche sous ses doigts. C'était suffisant.
"- HuaShi."
Mad Painter s'installa immédiatement derrière son compagnon. QingMing avait immobilisé Snow Hound avec ses mains sur ses hanches et le retenait de son mieux. Le tengu se débattait mollement. Il voulait plus. Il voulait encore. Il voulait…. Un cri qui échappa lorsque Mad Painter rejoint QingMing en lui.
Le demi-renard et son shishen gémirent ensembles de sentir leurs sexes frotter l'un contre l'autre dans la chaude caverne humide du cloaque du tengu.
Snow Hound tremblait de tous ses membres. Un filet de salive coulait sur sa joue. Il avait les yeux clos et suppliait son maître et son amant de lui en donner davantage. Il était loin le digne, froid et distant shishen que tous connaissaient.
"- HuaShi ?"
Mad Painter se mit lentement en mouvement le premier pour laisser le temps à son compagnon de s'habituer. Petit à petit, QingMing se joignit à son rythme. Avant longtemps, les deux hommes pilonnaient leur amant avec la dernière énergie jusqu'à ce qu'il se répande sur le ventre de QingMing. HuaShi se répandit à son tour puis enfin QingMing. Aucun des deux ne se retira. TianGou s'était laissé tomber sur l'épaule de son maître et se laissait aller, toute froideur hautaine disparue. Ca faisait bien trop longtemps. Ils avaient été raisonnables de leur mieux pour laisser à Boya le temps de s'habituer à leur famille, d'y trouver sa place et, peut-être, de s'attacher à eux autrement que comme leur frère. Que Boya leur laisse enfin retrouver ce qu'ils avaient depuis que QingMing était un jeune adulte était un soulagement sans fin.
Les trois hommes restèrent sans bouger au milieu des petits baisers et des caresses, juste à savourer une intimité retrouvée qui leur avait atrocement manqué pendant près de trois ans.
Près d'eux, Killing Stone et Boya s'étaient figés pour les regarder faire. Tous les deux en bavaient d'envie. Deux doigts de Boya en lui, son sexe sur la joue du fashi, Killing Stone respirait un peu trop vite probablement. Mais comment ne pas baver de désir devant ce qu'ils venaient de voir.
Lorsque Boya déposa un petit baiser sur son bas ventre, il ne put retenir un petit sanglot de surprise et un orgasme inattendu.
"- B…Boya…"
Une longue langue qui n'était pas humaine nettoya lentement le ventre souillé du shishen.
"- Zhuque veut venir jouer." La voix de Boya était rauque un peu.
Le spectacle de QingMing avec ses deux autres shishen était glorieux.
ShengShi avala son air. Zhuque ? Zhuque voulait participer ? Il hésita un peu.
"- Rien ne te force, Killing Stone. Zhuque ni moi ne te forcerons jamais." Assura le fashi en souriant.
Il déposa un petit baiser sur le bas ventre du jeune démon qui rit soudain sans pouvoir s'en empêcher.
Boya posa sa joue sur sa cuisse.
"- A quoi as-tu pensé ?"
"- Si quelqu'un m'avait dit lors de notre première rencontre que vous finiriez avec mon sexe entre vos lèvres et vos doigts en moi, je crois que je l'aurais achevé pour souffrir ainsi."
Boya gloussa aussi. Effectivement.
"- Quoique je n'ai pas encore perdu mon envie de t'enfoncer des trucs dans le corps, visiblement."
L'amusement des deux hommes était aussi stupide que puérile. Pendant que les trois autres utilisateurs du lit continuaient à se vautrer dans la pire débauche à laquelle ils avaient pu assister, ils s'amusaient bien plus "innocemment" finalement.
Boya remonta sur le corps musclé du jeune shishen en déposant quelques petits baisers et morsures au passage.
"- Zhuque veut toujours nous rejoindre ?"
"- Il comprends que tu ne veuilles pas de sa présence."
Killing Stone caressa gentiment les lignes sur la gorge de Boya.
"- Pas tout de suite…Pas cette fois, Zhuque." Il eut un sourire d'excuse.
Un petit bruit avien s'échappa de la gorge de Boya. Zhuque comprenait tout à fait. Et puis, il profitait aussi après tout. Juste qu'il aurait aimé profiter complétement. Mais il n'allait certes pas s'incruster. La situation était nouvelle pour les deux hommes après tout. Il concevait qu'ils veuillent en profiter rien que tous les deux.
Killing Stone écarta largement les cuisses pour que Boya s'installe confortablement entre elles.
"- Tu es sur que c'est ce que tu veux ?"
ShengShi hocha la tête.
Boya pouvait voir son hésitation et son angoisse évidemment. Mais il comprenait aussi son désir. Il continua à le préparer gentiment jusqu'à ce que le sexe contre sa cuisse ait reprit consistance. Alors seulement il le posséda lentement, avec autant de douceur que possible. Il avait glissé ses doigts dans ceux de Killing Stone et son visage au creux de son cou. Il était si chaud ! Tellement chaud !
Zhuque en roucoulait de plaisir.
Le corps de leur partenaire était bien plus froid. Le phénix était un oiseau de flammes. La froideur interne du renard démon était parfois non gênante, mais au moins troublante pour lui. Cette chaleur là…C'était comme retrouver l'une de ses femelles un peu.
Boya aurait pu s'en inquiéter s'il n'avait pas été aussi proche de Zhuque. Ce n'était pas un désir de changer de partenaire pour le phénix. Juste un fait tranquille. Zhuque aimait la fraicheur de QingMing. Il aimait aussi la chaleur de Killing Stone.
S'ils devaient faire de cet évènement quelque chose de régulier ou tout au moins d'occasionnel, Boya savait déjà que Killing Stone serait son préféré à monter.
Petit à petit, la résistance du corps sous lui disparut jusqu'à le laisser le posséder jusqu'à la garde.
ShengShi avait noué ses jambes autour des hanches de Boya et s'abandonnait complétement à lui. Il avait eu honte au début de son désir pour le fashi qui avait voulu le tuer, pour le compagnon de son maître. Mais à mesure qu'il apprenait à le connaitre, le désir purement physique s'était mué en réelle affection. Il voulait que Boya le possède. Il voulait qu'il le domine lui qui était terrifié encore peu de temps avant qu'un homme puisse encore l'utiliser pour son plaisir. Mais Boya était si doux avec lui…
Boya essuya ses larmes du bout de la langue. Il n'aimait pas voir pleurer un amant mais le sourire de Killing Stone pendant qu'il le faisait sien était trop lumineux, trop noyé de plaisir pour qu'il s'inquiète de cette réaction. Pas alors qu'il avait fait pleurer QingMing de plaisir plus d'une fois.
L'étreinte se prolongea jusqu'à ce que le shishen s'assouvisse avec un cri étouffé et se répande entre eux. Boya continua à arpenter le corps souple sous le sien jusqu'à prendre son plaisir puis se retira en douceur.
C'était le moment que Killing Stone redoutait. Boya allait le laisser pour rejoindre le bras de son compagnon ou allait-il lui laisser juste une minute, rien qu'une minute pour reprendre son souffle et profiter du plaisir partagé.
Boya l'embrassa gentiment sur la gorge. Il le prit dans ses bras et l'y garda au chaud dans ses ailes jusqu'à ce que QingMing ait finit avec ses deux amants.
Snow Hound somnolait sur son torse, HuaShi était toujours à sa place et déposait de petits baisers sur les épaules de son compagnon. Ils étaient bien tous les trois. Comme Boya et Killing Stone étaient bien dans leur petit monde. Ils étaient séparés mais ensemble grâce au lien de shishen entre eux et leur maître. Ils se sentaient parfaitement heureux, content, assouvie et…Aimés…
Un énorme soupir échappa à Snow Hound. Il n'avait aucune envie de bouger. Si le désir n'avait pas recommencé à lui chatouiller les reins, il serait bien resté où il était.
"- Maître ?"
"- De quoi as-tu envie, Snow Hound ?"
Les yeux clos, le visage normalement si pâle avait pris une légèrement coloration rose. Ses lèvres étaient davantage pleines et un peu de salive séchée courait sur son menton.
"- De tellement de choses…"
"- Nous avons le temps."
"- Nous n'allons pas vous ennuyer trop longtemps, maître."
"- Boya, es-tu dérangé par la présence de mes shishen ?"
"- Je ne crois pas l'avoir jamais été."
"- Même comme ça ?"
"- Pas avec un spectacle si glorieux et une telle chaleur autour de moi, non." Souriait Boya avant d'embrasser encore Killing Stone sur la gorge pour qu'il ne prenne pas la gentille moquerie comme s'il n'était que de la viande analement disponible pour lui.
ShengShi eut un petit rire épuisé en se recroquevillant dans les bras de Boya.
Snow Hound s'était détendu dans les bras de QingMing. Il eut un petit bruit de tristesse lorsque son compagnon se retira de lui pour rejoindre Boya.
"- Ai-je le droit de m'incruster ?"
Le vieux shishen était curieux. Il avait tout appris ou presque à Boya et avait pu juger de ses progrès sur pièce.
"- Killing Stone ?"
"- Je suis bien où je suis." Bouda un peu le jeune shishen.
Boya lui caressait la cuisse avec gentillesse.
"- Et si tu venais me voir, ShengShi ?" QingMing n'avait jamais touché son nouveau shishen après tout. Et il ne le lui imposerait jamais. S'il voulait rester avec Boya, ou n'être touché que par Boya, il ne lui imposerait jamais quoi que ce soit.
"- Je peux ?"
"- Je ne suis pas chasse gardée, Killing Stone. Pas maintenant en tout cas."
ShengShi hésita. Il leva les yeux vers Boya qui lui souriait gentiment.
"- Je suis sûr que les cuisses de QingMing sont tout aussi confortables que les miennes, mais tu pourras revenir me voir quand tu veux."
Cela sembla décider le démon. Il vola un dernier baiser à Boya puis se traina à quatre pattes sur le lit vers son maître qui lui avait ouvert les bras.
Boya s'était passé la langue sur les lèvres. C'était la satisfaction de Zhuque qui l'avait fait faire. Le spectacle de sa semence qui coulait hors du ventre de Killing Stone avait quelque chose de profondément satisfaisant pour le phénix. Même si Killing Stone ne produirait jamais d'œuf de leurs étreintes, l'instinct reproductif de Zhuque était ce qu'il était.
HuaShi prit la place de Killing Stone dans les bras de Boya sans le moindre complexe. Versatile comme il l'était, il acceptait n'importe quoi que le fashi voudrait lui donner.
Snow Hound avait fini par quitter les cuisses de QingMing et se reposait près de lui, la joue sur son épaule. Il eut un sourire amusé lorsque ShengShi s'assit timidement sur les jambes de leur maître. Immédiatement, QingMing le prit dans ses bras pour le cajoler gentiment. Le stress du jeune shishen disparu quasi instantanément. Killing Stone s'était offert à QingMing lorsqu'il l'avait sauvé de Boya parce qu'il ne savait pas quoi faire d'une vie qui n'avait à ses yeux plus la moindre valeur. QingMing l'avait accepté et l'avait chéri suffisamment pour qu'il reprenne gout à cette vie qui ne valait plus rien pour lui. Maintenant, ShengShi pouvait poser ses lèvres sur celles de son maître pour la première fois. Elles avaient un gout si délectable qu'il ne put s'empêcher de venir rechercher encore et encore. Elles avaient le gout du pouvoir que QingMing donnait à ses shishen quand ils étaient ensembles.
L'un comme l'autre sentait le regard de Boya et des deux autres shishen sur eux. Si Killing Stone en était un peu gêné, ce n'était pas le cas de QingMing. Il n'y avait pas grand-chose dans une chambre à coucher qui pouvait encore gêner le demi-renard. Il embrassa son shishen à l'endroit exact où Boya avait laissé une ligne de baiser lui aussi. Killing Stone gémit doucement. L'odeur des deux prédateurs se mélangeait délicieusement sur sa peau comme un parfum couteux et addictif. Il laissa QingMing le guider sur lui et ne réalisa qu'une fois son maître entièrement en lui qu'il l'avait fait sien. Le shishen était encore tellement ouvert de l'étreinte de Boya qu'il n'en avait ressenti aucune gêne ou douleur, juste un plaisir remarquable qu'il n'avait pas vraiment cherché. Il voulait juste que son maître le marque une fois encore comme étant à lui et rien qu'à lui.
"- Maître…"
La main de QingMing sur sa nuque le soumettait à lui avec une douceur qui lui fit monter les larmes aux yeux. Snow Hound se redressa à peine suffisamment pour effacer ses larmes du bout de la langue.
Un petit sanglot échappa au jeune shishen que QingMing calma gentiment.
"- Du calme ShengShi… personne ne va te forcer à quoi que ce soit. Tu le sais n'est-ce pas ?"
Il hocha la tête, quand même inquiet. Il ne sentait pas capable d'accepter une seconde personne comme Snow Hound l'avait fait.
"- Personne ne te le demande. J'ai l'habitude et mon anatomie est prévue pour, d'accord ?" Rassura le tengu
Il tenait de l'oiseau. Son cloaque devait pouvoir s'ouvrir assez pour pondre des œufs par paquet de douze sans se blesser et sans le faire hurler de douleur. Il lui FALLAIT la conjugaison de son amant et de quelqu'un d'autre pour se sentir assez remplit pour vraiment en profiter. En général, Mad Painter utilisait des jouets supplémentaires ou ses doigts pour le satisfaire pleinement.
Killing Stone posa son front sur l'épaule de son maître. Il aimait l'avoir en lui mais….
Il n'eut pas le temps de protester que QingMing roulait sur les draps avec lui, se retirait et reprenait sa place en lui sèchement. Allongé sur le ventre, son maître pesant de tout son poids sur ses hanches, ShengShi gémit lourdement. Ca…Ça c'était parfait.
Il aimait que son maître le domine gentiment de tout son poids et de toute sa présence. L'étreinte restait pourtant tout aussi douce. QingMing roulait gentiment des hanches mais ne cherchait pas à le pilonner de toutes ses forces. Ce n'était pas ce dont son shishen avait envie et encore moins besoin.
Killing Stone ne s'en rendait pas compte mais son maître utilisait le lien qu'il avait avec ses shishen pour savoir avec précision ce qu'il leur fallait. Après les étreintes énergiques de Boya, le jeune shishen voulait juste que son maître lui montre qu'il tenait à lui. Il n'irait jamais jusqu'à penser qu'il puisse l'aimer. Ho, pas d'amour de tout façon. Il n'aurait lui-même pas sut quoi en faire. Mais il aurait aimé avoir son affection en plus de l'avoir comme maître.
Il lâcha un petit cri de plaisir mêlé de surprise lorsqu'il sentit les crocs de son maître entailler la peau de sa nuque puis celle de son épaule avant qu'il ne lèche le sang qui coulait gentiment.
"- Evidemment que je tiens à toi. Evidemment que je t'aime." Murmura la voix rauque du renard à son oreille.
Evidemment que QingMing n'était pas amoureux de Killing Stone. Pas plus qu'il n'était amoureux d'un autre de ses shishen. Mais il les aimait tous. Ils lui appartenaient. Ils étaient une partie de lui et jamais il ne laisserait qui que ce soit les prendre à lui. Alors oui, évidemment qu'il les aimait.
Evidemment qu'il aimait Killing Stone.
Un petit sanglot échappa au jeune shishen. Il dégoulinait de reconnaissance et d'amour pour lui, pour ses frères, pour Boya. Lui qui avait cru ne plus jamais pouvoir aimer se retrouvait submergé par plus de tendresse et d'affection qu'il n'en avait reçu, même vivant.
Il s'assouvit avec un cri étouffé dans le matelas avant que QingMing ne l'immobilise sous lui et se répande longuement, mêlant sa semence à celle déjà conséquente de Boya.
Lorsqu'il se retira enfin de ShengShi pour le prendre dans ses bras, le ventre du jeune shishen était légèrement gonflé, comme souvent Boya lorsque QingMing en avait fini avec lui.
Le demi-démon passa une main sur lui, un sourire satisfait aux lèvres. C'était ridicule sans doute. Mais comme il aimait mordre ses shishen et leur laisser la marque de ses crocs pour les marquer comme sien a la vue et aux sus de tous, il aimait les voir remplis de sa passion.
A moins d'un mètre d'eux, Snow Hund avait rejoint son compagnon et celui de son maître. Les deux hommes se livraient à une guerre agressive de caresses, de baisers et de gémissements étouffés. Le tengu les regarda s'amuser avec tendresse. Son compagnon était un hédoniste pire que leur maître à qui il avait tout apprit. Boya était encore un élève à la fois enthousiaste et encore timide.
Ça lui passerait.
C'était déjà bien passé. La preuve en était sa présence dans les draps avec eux sans hurler.
Snow Hound avait juste espéré qu'il accepterait de laisser QingMing les rejoindre de temps en temps. Pas qu'il viendrait lui aussi les rejoindre. Il y avait bien un oreiller pour lui dans leur nid, mais il y était par défaut plus que par espoir. Le voir glisser ses mains entre les jambes de Mad Painter et le prendre à pleine main pour le caresser était une vision qui jusque-là était un espoir fou.
Le tengu s'assit non loin d'eux, caressant au passage ce qu'il pouvait. Les deux hommes avaient une manière agressive de marquer leur territoire.
"- Vous savez que personne ne fera quoique ce soit pour vous retenir ou vous empêcher de vous amuser à part vous-même hein ?" Finit par murmurer Snow Hound avant que les deux idiots ne finissent par se blesser.
C'était à croire que le professeur voulait prouver à son élève qu'il savait mieux que lui et que l'élève voulait prouver à son professeur qu'il avait bien apprit ses leçons.
"- Laisse les faire n'importe quoi, TianGou, j'ai hâte qu'ils finissent par se faire mal et d'être celui qui pourra le leur dire." Railla QingMing.
Le demi-renard cajolait Sha ShengShi avec tendresse. Le jeune shishen somnolait gentiment assit dans son giron et profitait visiblement de la moindre caresse sur ses jambes et son dos. De temps en temps, il se redressait juste assez pour déposer un petit baiser sur l'épaule ou la joue de son maître. Il n'oserait pas en déposer un sur sa gorge. Cette zone-là avait trop de valeur pour qu'un shishen rapporté comme lui ai déjà le droit de déposer son odeur à cet endroit-là.
La moquerie du demi-démon fit s'interrompre le…combat ? Entre Boya et Mad Painter. Les deux hommes s'entre regardèrent. Ils avaient les joues rouges, le souffle court et… oui, ils faisaient n'importe quoi. Emportés par une passion agressive et joueuse qui allait finir par mal tourner à un moment ou un autre, ils se comportaient exactement comme il ne fallait pas.
QingMing leva les yeux au ciel.
"- Boya. Qu'est-ce que tu veux ?"
L'avatar fronça les sourcils mais ne répondit rien.
"- Mad Painter ?"
Le shishen renifla, hautain.
"- D'accord, je vous interdis de vous approcher tous les deux pour l'instant."
Le scandale fut instantané mais aucun des deux ne pouvait à l'encontre de l'ordre qui venait de leur maitre adoré.
"- TianGou, tu veux bien t'occuper de Killing Stone ? Il a besoin de beaucoup de câlins encore."
Le Tengu prit immédiatement son jeune frère dans ses bras. Sha ShengShi protesta un peu. Il voulait rester dans le giron de son maître !
"- Tout à l'heure." Lui promis QingMing en l'embrassant gentiment, un petit sourire aux lèvres.
Le jeune shishen se sentit fondre sous le baiser et se soumis lui aussi à l'ordre sans protester. Il se roula en boule sur les genoux de TianGou qui referma ses ailes sur lui.
Pour la première fois depuis qu'ils avaient commencés leurs petits amusements, QingMing quitta la tête de lit.
Il attrapa Mad Painter par la nuque pour l'embrasser avec une force presque punitive puis fit exactement la même chose avec Boya. Le vaisseau de Zhuque se rebella à la pression imposée par son Partenaire à peine quelques secondes puis s'abandonna complètement, comme Mad Painter, comme Killing Stone, comme Snow Hound.
Pour la première fois, Boya voyait et sentait QingMing utiliser ses pouvoirs de démon renard sur eux. Pourtant, s'ils se soumettaient, Boya savait parfaitement que lui comme les autres avaient assez de force pour se rebeller s'ils le voulaient.
QingMing n'avait-il pas la force ? Non… Il l'avait…Alors pourquoi ?
"- Je ne peux pas imposer ma volonté à quelqu'un qui s'est offert à moi de son plein grès, Boya. Aucun renard démon ne peut s'imposer à quelqu'un qui l'aime vraiment." Peu importait le type d'amour.
Boya en resta bête un instant dans le baiser. Vraiment ? Même si QingMing essayait de toutes ses forces, il ne pourrait jamais contrôler son compagnon comme un esclave en utilisant ses pouvoirs de renard ?
le fashi de l'Est eut honte. Honte de sentir une angoisse qu'il ne savait même pas exister se dénouer tout au fond de lui. Il faisait une confiance aveugle à son QingMing. Depuis des années maintenant. Alors pourquoi cette angoisse ? Pourquoi ce reste de peur idiote pour quelque chose qu'il ne pourrait, et n'avait jamais voulu faire ?
Pour un peu, le fashi se serait frappé.
"- Mad Painter. Laisseras-tu Boya te chevaucher pendant que je le fais mien ?"
Le shishen y réfléchit un instant.
"- A condition que je puisse le préparer moi-même."
"- Boya ?"
"- C'est d'accord."
TianGou leva les yeux au ciel. Il allait falloir un moment pour que ces deux-là s'accordent au lit sans QingMing pour jouer les pacificateurs. Était-ce si mal ? Pas de son point de vue de spectateur en tout cas.
Dans ses bras, Killing Stone reprenait gentiment son énergie et s'amusait à déposer quelques baiser sur sa gorge pour rallumer la flamme de son intérêt. Il n'eut pas besoin de beaucoup de fatiguer pour ça.
"- Qu'est-ce que tu veux, ShengShi ?"
"- Je veux toi."
Le tengu l'aida à s'installer dos contre son torse et à s'empaler lentement sur lui. Ils ne voulaient pas manquer non plus le spectacle de leur maître qui soumettait à la fois son compagnon et Mad Painter en même temps. Toujours ses ailes refermées autour de Killing Stone en une caresse glacée qui ne faisait qu'exacerber la fièvre qui brulait dans le corps du jeune shishen, Snow Hound avait passé ses mains sous ses cuisses et l'aidait à aller et venir sur lui en douceur. Killing Stone était content. Il aurait aimé gouter aussi Mad Painter mais peut-être un peu plus tard, s'il en avait encore l'énergie. Pour l'instant, il profitait sans honte de l'étreinte en douceur de Snow Hound.
QingMing avait repris son Partenaire dans ses bras et l'embrassait à pleine bouche.
Boya était installé à califourchon sur lui et se frottait comme un ado sur sa cuisse pendant que les doigts huilés de Mad Painter partaient à la découverte de ses intérieurs.
Le shishen haussa un sourcil avec une question silencieuse pour son maître. Boya était-il au courant de….
QingMing secoua la tête discrètement. Non, il n'avait pas encore remarqué que Zhuque l'avait changé et l'avait doté d'un cloaque. Pour lui et Mad Painter qui connaissaient intimement Snow Hound, le changement était évident. Pour Boya, il était certain qu'il n'avait pas réalisé les modifications internes. Il ne s'en rendrait pas compte avant sa première ponte sans doute.
Ça avait au moins l'avantage que Mad Painter pouvait le préparer rapidement sans risquer de lui faire trop mal. C'était une bénédiction pour un couple aussi hardant et amoureux que celui des deux fashi.
Lorsque Boya fut prêt, ce fut au tour de QingMing de prendre la fiole d'huile et de préparer Mad Painter pendant qu'il se collait à lui et l'embrassait aussi. A la surprise de HuaShi, Boya tourna la tête pour l'embrasser également, sans l'agressivité farouche qu'il avait mise jusque-là mais avec la même douceur qu'il avait eu pour Killing Stone.
Mad Painter l'accepta de bonne grâce et y répondit avec une douceur similaire.
Un hoquet échappa au shishen lorsque les doigts de son maître trouvèrent avec l'aisance de l'habitude la boule de nerf au fond de lui qui le fit ruer contre lui à la recherche de son plaisir.
"- Maître…"
Boya allongea Mad Painter sur les couvertures.
"- Tu es sur ?"
Le shishen noua ses jambes autour des hanches du compagnon de son maître comme seule réponse. Boya le posséda lentement. Les doigts de QingMing s'enfoncèrent entre les reins de Boya qui ne put retenir une petite ruade de surprise et de plaisir tout en gémissant doucement. Les doigts de QingMing en lui, la chaleur de Mad Painter autour de lui… Il dut s'immobiliser de longues secondes pour ne pas exploser immédiatement, surtout avec les doigts de son Partenaire qui continuaient à le torturer de l'intérieur.
"- QingMing… Sale bâtard de renard… HA !"
En réponse à l'insulte, QingMing venait de frotter rudement la prostate de son partenaire, lui arrachant un orgasme brutal. Mad Painter protesta immédiatement. Il en voulait plus lui !
"- Ne t'en fait pas HuaShi. Zhuque participe aussi."
"- Je peux venir ?"' La voix toujours hachée du dieu-gardien était remplis d'espoir.
Mad Painter pas plus que Boya n'eurent l'envie de lui refuser. Les ailes et la queue de Zhuque se matérialisèrent pendant que le dieu-gardien renforçait la résistance de son vaisseau qui ne put que se mettre à besogner férocement le shishen
QingMing le laissa faire quelques minutes en souriant. HuaShi commençait à prendre conscience de la résistance de son Boya. Les yeux écarquillés, il ne pouvait lui aussi qu'enchainer les orgasmes jusqu'à demander grâce. Boya l'embrassa rudement avant de se retirer en douceur pour ne pas lui faire mal.
Zhuque protesta. Il avait encore faim lui !
Lorsque QingMing lui sauta dessus pour rouler sur les draps, Boya éclata de rire. Il se laissa faire avec plaisir pendant que Mad Painter se trainait lamentablement dans le giron de son compagnon qu'il partageait avec un Killing Stone tout aussi épuisé.
Les trois shishen restèrent un long moment à regarder leur maître et leur frère s'amuser comme des fous avant qu'eux même ne s'effondrent.
Il ne leur resta plus qu'à leur faire de la place entre eux pour qu'ils se rendorment enfin tous les cinq, laissant enfin le domaine au silence et au calme
