La convocation était arrivée à JingYun pendant que Boya courait en tous sens à la totale incompréhension de Yan Shu.
Qu'est-ce qui se passait encore que son chef s'agite comme un poulet sans tête ? Heureusement pour le premier disciple, il n'entendait pas Zhuque dans le crâne de Boya qui n'avait plus que le mot "poussin" au bec.
Il intercepta Boya qui sortait des réserves de meubles du temple avec des toiles d'araignées dans les cheveux, de la poussière jusque sur le nez et… C'était un berceau qu'il avait dans les bras. Qu'est-ce qu'il faisait avec ça ?
"- …Tu vas pondre ?"
Ce qui n'aurait jamais eu la moindre cohérence n'importe où ailleurs était ici d'une normalité absolue à défaut d'autre chose.
"- Moi non."
"- …QingMing va pondre ?"
Boya poussa le berceau dans les bras de son second qui l'attrapa par reflexe. Immédiatement, Boya repartit en exploration dans les meubles en attente d'usage qui s'empilaient pour certains jusqu'au plafond vouté de la cave.
"- …Mais…C'est pas un oiseau lui."
"- Non, mais il va quand même avoir un poussin sans œuf."
"- …un bébé. On appelle ça un bébé, Boya."
"- C'est pareil." Pas tout a fait quand meme. "Il attend un bébé." Probablement pas un labrador en plâtre, effectivement. "Le mien." Oui, pas celui du voisin, Yan Shu s'en serait douté.
Yan Shu prit une grande inspiration. Il était bien trop tôt pour ces conneries.
"- BOYA !"
"- Attends, j'ai trouvé une baignoire et…
"- Il va accoucher dans l'heure ?"
"- Non, d'ici quatre mois. Sans doute."
"- Alors pourquoi tu t'agites autant."
"- Parce qu'il va avoir un bébé. Mon bébé." Oui, le sien, Yan Shu avait compris.
Le premier disciple pria n'importe quelle divinité capable de l'entendre, Zhuque même, s'il était capable de l'exhausser pour avoir la patience.
Boya était coincé en raisonnement circulaire. Ca arrivait parfois quand une nouvelle trop brutale heurtait quelqu'un.
Yan Shu paniquerait lui-même plus tard. Pour l'instant, il fallait qu'il sorte son chef et ami de là avant qu'il ne se cause lui-même une attaque cérébrale.
"- Boya. Tu vas avoir un bébé mais pas aujourd'hui. Ni demain. Ni la semaine prochaine. Ni même le mois prochain. Alors pose cette baignoire et cette table à langer, elles sont dégoutantes." Il avait lui-même posé le berceau sur le côté. "On va aller remplir la demande de réquisition histoire que les listes de matériel soient à jour, faire nettoyer et revernir les meubles par des artisans et les préparer comme il faut avec des petits matelas de plus, un tour de lit brodé et des draps tout doux. Ca ne prendra que quelques jours. Et ce serait ballot que ton bébé se mette des échardes dans les fesses parce que tu as été impatient. Je ne sais pas si QingMing Daren te pardonnerait n'est-ce pas ?"
"- Mais… il faut que je prépare le nid et..."
"- Et ton nid est déjà prêt à tout. Et je doute que votre bébé quitte les bras de sa mère ou les tient plus d'une minute pendant ses premières semaines de vie une fois qu'il sera né. Alors, pour l'instant, tu as rendez-vous avec l'empereur. Alors va te changer, tu es crasseux comme un cochon dans sa soue. Pendant que tu fais ton devoir de chef de secte et de chouchou de l'empereur, je vais faire les papiers pour ce qu'aura besoin un bébé et que ce soit installé dans tes appartements."
"- Je veux ceux-là !"
Yan Shu pouvait comprendre. L'ensemble des petits meubles était en bois sombre décoré de petites sculptures animales. Ils étaient objectivement adorables. Le Premier disciple ne savait pas pour qui ils avaient été fait, mais c'était une commission personnelle, il en était sûr. Les berceaux qu'ils utilisaient pour les plus petits shidi orphelins qu'ils recevaient étaient basiquement pratiques. Ceux-là avaient dû appartenir à un disciple qui avait fondé une famille au sein même du temple et y avait élevé sa progéniture il y avait bien longtemps si la couche de crasse et de poussière sur les petits meubles était symptomatique.
"- D'accord. S'il y a d'autres meubles du même ensemble je les ferais sortir de là."
Il attrapa Boya par le bras et l'entraina avec lui vers ses appartements où il le poussa vers sa salle de bain, l'aida à se dépiauter de ses vêtements poussiéreux puis le poussa dans l'eau chaude sans s'occuper de pudeur pour le moment.
"- J'imagine que tu es content ?"
"- On va avoir un poussin !" Le sourire en tranche de courge était dénué de toute intelligence.
"- Et QingMing Daren, il en dit quoi ?"
"- Il…" Une soudaine horreur apparu soudain sur le visage de Boya.
"- Boya…Qu'est-ce que tu as fait ?"
"- Je…je suis partit !" Il tenta de bondir hors de l'eau pour retourner à la Maison mais son premier disciple l'en empêcha.
"- Non, non, non ! Tu te laves et tu t'habilles ! Tu as un travail à faire ! Ca suffit les drames familiaux ! Tu pourras retourner faire n'importe quoi après !"
"- Mais…"
"- NON !"
Horrifiés, Boya aussi bien que Zhuque étaient au trente-sixième dessous. Ils étaient tellement excités qu'ils avaient oubliés de prévenir leur Partenaire qu'ils étaient contents !
Ils allaient se faire détruire par Mad Painter.
La mort dans l'âme, ils finirent de se préparer tout en se faisant houspiller par Yan Shu. Une fois prêt, ils allèrent prendre leur jument qui les attendait et mirent le cap sur le palais, écartelés entre leur devoir et leur Partenaire.
Une fois en selle, Boya remonta de son mieux le lien qu'il partageait avec son Partenaire et tenta de le noyer sous son affection et sa tendresse. Il ne voulait pas qu'il croit qu'il ne voulait pas de lui et de leur petit.
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Mad Painter s'amusait, il fallait avouer.
Kin Lao avait la bouche grande ouverte, les yeux exorbités et semblait souffrir d'une attaque cérébrale légère.
"- …C'est une blague ?"
"- J'aimerai."
"- QingMing Daren est…est… Enfin… COMMENT ?
"- Alors, quand deux adultes s'aiment beaucoup, ils se font des câlins spéciaux et…"
"- JE NE PARLE PAS DE CA !" Rugit le premier disciple, scandalisé que le shishen de son maitre se fiche de lui comme ça.
"- Alors ne posez pas de question stupide."
"- Parce que c'est stupide de vouloir savoir comment QingMing Daren, un mâle jusqu'à preuve du contraire, peut se retrouver avec un polichinelle dans le tiroir, tiroir qui ne devrait même pas exister ?"
"- C'est QingMing."
Kin Lao ouvrit la bouche pour protester mais la referma.
C'était effectivement une raison nécessaire et suffisante dans les conditions normales de température et de pression.
"- J'aimerai que notre guérisseur en chef soit mis au courant. A moins que QingMing Daren décide de passer le reste de sa grossesse chez lui, évidemment."
"- Killing Stone lui ai laissé toute latitude pour travailler tant qu'il s'en sent la force, donc j'imagine que toute la secte sera au courant très vite."
"- Je le laisserai prévenir ses maitres et ses séniors." Les dix jeunes gens étaient proches de leur maitre et s'étaient vraiment attachés à lui. "Et il se débrouillera avec les shidi." Les gamins allaient être fous. "Je m'occuperai du reste." C'était généreux de sa part. Mad Painter dut en convenir. "Venez."
Le shishen suivit le premier disciple jusqu'à l'infirmerie. Il y avait récupéré QingMing quand il était petit bien trop souvent pour que les lieux ne le mettent pas en colère simplement d'y être. Heureusement, le maitre des guérisseurs n'était plus le vieux fou cruel et sans cœur qui était encore en poste pendant les jeunes années de son maitre.
Kin Lao salua le maitre des guérisseurs.
"- Hu YiFan Daren."
"- Kin Lao Daren."
Hu YiFan avait une dizaine d'années de plus que Kin Lao. Les deux hommes s'appréciaient comme collègues.
"- Que puis-je pour le premier disciple ?"
"- Ecouter ce que dit le joli monsieur à côté de moi."
Mad Painter haussa un sourcil. Il avait vu Kin Lao murir très vite depuis qu'il était Premier Disciple. Le bébé labrador avait laissé la place à un adulte rationnel et équilibré qui aimait toujours autant développer des théories bizarres mais il avait régné sur son enthousiasme improductif.
"- Le joli monsieur, hein ?"
"- Vous êtes esthétiquement tout à fait sympathique à regarder, vous devez le reconnaitre."
Mad Painter à son tour ne put qu'accepter la chose. C'était vrai après tout. Mais pas la raison de sa présence.
Le guérisseur attendait tranquillement que le shishen et le premier disciple arrêtent de faire joujou et lui expliquent la raison de leur présence.
"- QingMing Daren attends un enfant." Mad Painter attendit une surprise et une incrédulité qui ne vint jamais. "…Ca n'a pas l'air de vous surprendre."
"- Vu sa constitution, ce n'était qu'une question de temps."
"- …Sa constitution ?"
"- Et bien… Avec un utérus et des ovaires fonctionnel, il suffisait qu'il soit au contact de semence au bon moment."
Mad Painter en resta bête.
Le guérisseur haussa un sourcil.
"- Vous n'étiez pas au courant ?"
"- Personne n'était au courant. Pas même QingMing."
"- …Ho… j'aurais dû lui dire alors." Zut, il avait cru bien faire de ne garder ça pour lui.
"- Est-ce que vous accepteriez de suivre sa grossesse avec l'aide de Killing Stone ?"
"- Ce shishen est un guérisseur ?"
"- Il est sage-femme. Il l'était déjà quand il était humain."
"- Et bien…Bien sûr. C'est mon travail."
Kuang HuaShi soupira.
"- Merci."
Plus ils auraient du monde pour surveiller QingMing, mieux ce serait.
En finiraient-ils jamais de s'inquiéter pour lui ? Sans doute pas. C'était le dur labeur de parent après tout.
…
…..
…..
…..
Mad Painter était trop jeune et trop joli garçon pour être grand-mère.
Il dut repousser la crise existentielle de toutes ses forces.
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Boya était visiblement sur les nerfs.
L'Empereur ne l'avait jamais vu dans cet état.
Le fashi n'avait manifestement aucune envie d'être là. Mais ça, ce n'était pas une nouveauté. Ni lui ni son compagnon n'aimaient venir mettre les doigts dans la politique de l'Empire. S'ils le faisaient, c'était uniquement parce que l'Empereur le leur demandait. Et sans doute aussi un peu par affection pour un ami. Le Souverain voulait le croire en tout cas.
Fait exceptionnel, alors qu'il avait comme souvent convoqué les deux prêtres, un seul était venu, et à cheval s'il vous plait. Les deux hommes n'étaient donc pas ensembles sinon ils seraient arrivés par portail.
Le chef de secte semblait à deux doigts de la rupture nerveuse, entre sanglots incontrôlables et rage meurtrière.
L'Empereur n'était pas le seul à voir que quelque chose n'allait pas avec le fashi. Les ministres les plus proches du prêtre s'écartaient de leur mieux. A ce rythme, ils allaient finir par monter sur les genoux de leurs voisins.
Sa curiosité piquée comme rarement (ou comme toujours quand il s'agissait de ces deux animaux-là), l'Empereur s'ingénia à expédier la cession de son mieux, plus encore après que les habituelles piques lancées au chef de secte sur sa relation avec le yin yang shi et sa capacité à effectuer un travail efficace à cause de ça se soient soldées par une crucifixion verbale de l'importun. Quoi, Boya était capable d'étriller quelqu'un comme ça et ne l'avait encore jamais fait ? Soit il ne passait quelque chose de grave, soit ils avaient sous-estimé son contrôle. Et son sale caractère dans la foulée. Si le ministre de Droite ne pleurait pas c'était uniquement grâce à ses années en poste.
Au bout de cinq heures de politique, d'angoisse, et de regard en coin vers le fashi, l'Empereur siffla la fin de la récréation.
"- Boya Daren, un instant."
Le prêtre serra les poings mais resta sur son coussin.
Une fois la salle vidée avec une rare efficacité, L'Empereur descendit de son dais pour aller s'installer sur un coussin abandonné non loin du chef de secte.
"- HOLA ! de l'alcool et du thé ! Et vous me viderez tous les lieux ensuite. Je ne veux plus savoir personne dans cette pièce pour les trois prochaines heures.
Les gardes protestèrent un peu de le laisser avec quelqu'un de visiblement pas très stable mais l'Empereur leur jeta un regard noir.
"- Quoi ? Vous me prenez pour qui ? S'il m'attaquait je saurais me défendre. Je tapais déjà des trucs avant sa naissance !"
Voyant qu'ils n'obtiendraient pas gains de cause, les gardes obéirent.
"- Nous restons derrière la porte Majesté."
"- Faites donc ça."
Les serviteurs apportèrent l'alcool et le thé puis filèrent aussi vite que possible après s'être inclinés.
L'Empereur attendit que les portes soient fermées, servit à Boya une tasse d'alcool de prune puis s'envoya une tasse de thé dans le gosier.
"- Alors. Qu'est-ce qui se passe ?"
"- Majesté…"
La position de l'Empereur changea. De bien rangé sur son coussin comme on l'attendait de son rang, il se vautra en tailleur, les mains sur les chevilles. Ce n'était plus l'Empereur que Boya avait devant lui mais un…ami ? En tout cas l'Empereur aimait à le croire.
"- Boya…" Le manque même d'honorifique derrière le nom était symptomatique.
Un énorme soupir échappa au prêtre. Ses épaules descendirent de dix centimètres et il se mit à trembler. Pour la première fois, il faisait plus petit garçon perdu que digne cultivateur protecteur de la Capitale Impériale, au point de réellement inquiéter gravement l'Empereur.
"- C'est QingMing…"
"- Il est malade ? Blessé ?" Avec tout ce que le fashi avaient subi ces derniers mois, des rechutes ne seraient ni étonnant, ni inattendu. Bien au contraire.
"- D'une certaine façon." Comment expliquer ça ? Qui allait y croire ? Bon, d'accord. Cette bande de bras cassés croyait que Ye HuoHua était leur fils mais…D'accord, ils allaient y croire sans problème. "Il est…y a même pas de terme. Enceint ? Enceinte ? Je ne sais même pas comment dire."
L'Empereur resta silencieux un long moment sans comprendre. Son cerveau au besoin de plusieurs minutes avant de parvenir à traduire en langage humain les statiques qu'il avait entendu.
"- Ho…"
"- Comme vous dites. Ho."
"- Et bien… Vous aurez eu chacun le vôtre comme ça ?" D'accord la nouvelle était un peu perturbante mais ces deux andouilles faisaient tellement n'importe quoi depuis que l'Empereur avait callé son cul sur le trône que ce n'était finalement pas si remarquable. Pas après avoir vu Boya avec des plumes couver des œufs.
Le chef de JingYun lui jeta le regard le plus noir que le Souverain n'ait jamais reçu de sa vie. Un homme inférieur se serait probablement caché sous la table en pleurnichant et en demandant pardon.
"- Il faut arrêter avec Ye HuoHua maintenant. C'était drôle au début mais vous pensez vraiment que j'aurais pu pondre un tengu ? C'est ridicule !" Pondre un œuf n'était pas un problème. Il l'avait déjà fait après tout. Et le faisait régulièrement. Et s'ils n'étaient pour l'instant pas viable quand il était humain, Zhuque lui avait certifié que ça viendrait rapidement. TRES rapidement. Il y travaillait activement.
L'Empereur en resta bête, choqué. Alors le poussin n'était pas à eux ? Il était déçu, mais déçu !
"- Alors le petit oiseau n'est pas à vous ?"
"- C'est un tengu !" Insista Boya avant de réaliser que pour l'empereur, puisque ça avait des ailes noires, c'était forcément à lui. Un tengu, une poule ou un canari, ça volait pareil pour lui et sans doute pour toute la cour. "Il a été adopté par deux des shishen de QingMing. Snow Hound et Mad Painter. Vous les avez déjà rencontrés plusieurs fois. Ils sont les parents adoptifs de QingMing si vous vous souvenez." Ils avaient même participé à lui sauver la vie.
"- Ho…" La déception était palpable à tel point qu'elle sortit un instant Boya de son angoisse.
"- Majesté…Enfin…"
"- Mais vous aviez dit…" Puis l'Empereur se tut.
Pas une seule fois les deux prêtres ne s'étaient identifiés comme les parents du bébé. Pas une seule fois ils ne s'étaient revendiqués comme autre chose que des baby-sitters du moment. Ils avaient tous assumés la chose parce que…parce que quoi ? parce que ça répondait au besoin de magie qu'ils avaient tous devant des créatures de…de légende oui, qu'étaient les deux cultivateurs.
Un gros soupir triste de déception presque enfantine échappa encore à l'Empereur.
"- Et donc, il heu…porte votre enfant."
Revenu brutalement au sujet qui l'angoissait, le visage de Boya se ferma d'un coup.
"- Oui..." Le ton était lugubre.
"- Vous n'avez pas l'air ravi.
"- Je ne sais surtout pas comment c'est possible. Ni ce que j'éprouve." Quand il y pensait, son cerveau se figeait et il n'arrivait plus à penser à rien. "Je veux dire, je peux pondre des œufs, j'ai admis que lorsque nous aurons des petits, c'est moi qui les pondrais. Mais jamais je n'aurais imaginé que QingMing me coifferait au poteau. Surtout sous une forme masculine !" Et c'était sans doute ce qui l'irritait le plus.
Il avait acté que c'était son boulot à lui de fournir une descendance à leur couple. Boya était un peu fâché contre lui-même. Avait-il été à ce point incapable que QingMing ait eut besoin de faire un bébé tout seul ? Boya aurait voulu offrir ce cadeau à son compagnon. Il s'y était préparé. Et voilà qu'il le lui volait sous le nez.
L'Empereur grimaça. Il avait vu la forme féminine du fashi. Il voulait bien qu'il puisse avoir un rejeton sous cette forme. Mais sous celle d'un homme ? le couple était encore plus tordu que jamais.
"- Mais comment."
"- Pour la fabrication, comme tout le monde j'imagine." Ironisa Boya quoi qu'il fût à peu près sûr de savoir exactement quand le bébé avait été conçu.
Cette chasse dans les bois où il avait débusqué la forme purement démoniaque et en chaleur de QingMing alors qu'il était incarné sous la forme de Zhuque… Il avait couvert le grand renard pendant des heures avant qu'ils ne s'effondrent tous les deux, lui vidé et QingMing remplit.
Zhuque avait été extatique mais il avait mis ça sur le compte d'avoir enfin retrouvé son Partenaire après une demi-année d'angoisse.
Il avait fallu deux jours à QingMing pour être satisfait. Et lorsqu'il avait enfin émergé sous forme humaine, il était un homme. Lorsqu'il avait décidé de changer de sexe, Killing Stone l'avait gavé de tisane et lui-même avait testé la nouvelle découverte de son oncle martial. C'était donc forcément pendant les chaleurs du renard qu'il l'avait engrossé.
Boya grogna en se frottant le visage de ses mains couvertes de cuir.
L'Empereur lui jeta un regard blasé.
"- Ce n'est pas ce dont je parlais."
"- Pardon, Majesté. Je suis un peu à cran. Je l'ai appris…il y a quelques heures et c'est… Compliqué."
"- …Vous vous êtes faits jeter dehors hein ?" Le sourire de l'Empereur était immense.
Boya grogna.
"- Non… Je suis partit. Mais pas partit parce que j'ai pris peur. Mais pour préparer la chambre du bébé. Et comme un imbécile, je ne l'ai pas prévenu ! Je ne lui ai même pas dit que j'étais content ! Je suis juste partit comme un idiot tellement j'étais heureux de la nouvelle. Et lorsque je m'en suis rendu compte, j'étais convoqué ici. Je n'ai même pas pu y retourner."
L'Empereur grimaça. Ha oui. Quand même. Il avait fait fort là.
"- Rampez. Ça marche toujours." Conseilla le Souverain. "Rampez et demandez pardon." Boya parut scandalisé. Il n'avait pas à demander pardon comme si c'était une erreur ou…ou… "Peu importe que ce soit votre faute ou quoi que ce soit. Rampez. Avec un petit cadeau. Des fleurs, un steak, un livre, des bijoux, que sais-je ce qu'il aime. Mais rampez. C'est déjà bien que vous n'ayez pas paniqué d'être père, mais vous êtes parti comme un idiot. Rampez, offrez des cadeaux, demandez pardon. Ce n'est pas de l'avoir mis dans une situation délicate que vous demandez pardon. Mais d'être un imbécile."
"- Vous avez fait ça avec votre dame ?" Boya ne pouvait même pas protester d'en être un.
"- Ca marche très bien ! Bon, vous allez peut-être vous faire un peu cogner et hurler dessus. Mais ça lui permettra d'évacuer la pression." Et voilà que l'Empereur prodiguait des conseils au chef du Temple JingYun pour gérer sa vie sexuelle et sentimentale. On aurait tout vu. "Il va le garder ?"
La question figea Boya. Il n'avait même pas réfléchi à la chose. Le garder ? Parce qu'il y avait d'autres options ? Puis il se rappela qu'il n'était qu'un idiot. Évidemment qu'il y avait une autre option. Il avait même plus d'une fois distribué la seconde option lorsque c'était demandé et nécessaire.
"- …je ne sais pas. On n'a pas encore discuté de la chose jusque-là."
"- Ha. Il a juste réalisé, vous a hurlé dessus et vous êtes parti ?"
"- A peu de choses prêts. Sans les hurlements."
Boya frémit. De tous les shishen, c'était la réaction de Mad Painter qui le terrifiait le plus. Même la réaction de QingMing lui-même ne l'inquiétait pas plus que ça. Au pire, ils la coucheraient sur papier. Mais Mad Painter ? Il était parti ! PARTI ! Il allait se faire castrer avec une cuillère rouillée en bambou.
"- Il va me massacrer." Gémit-il soudain.
"- Qui ?"
"- La mère adoptive de QingMing.
"- …La dynamique de votre famille est réellement étrange."
"- QingMing a été élevé par les shishen de son maître. Ca explique beaucoup de choses. Vous les avez rencontrés, ils peuvent être réellement effrayant" Soupira encore Boya. Plus il le côtoyait, plus il s'en rendait compte. Et en plus, il couchait avec eux à l'occasion ! D'accord, la dynamique de leur famille était totalement tordue. "Je ne sais même pas comment QingMing arrive à fonctionner en société." Boya regrettait de ne jamais pouvoir rencontrer Golden Spirit et Zhong Xing. Pour payer des coups au premier et donner des coups au second.
L'Empereur gloussa. Malgré l'irritation manifeste du prêtre et l'alcool dans la bouteille qui descendait, la tendresse était évidente.
"- Vous voulez le garder ?"
Boya fixait le fond de son verre. Même s'il faisait abstraction de Zhuque qui hurlait qu'une autre solution était inenvisageable, il hocha la tête. Il avait même commencé à préparer son nid pour le futur bébé ! Sans même penser au choix de QingMing d'ailleurs. Il était doublement…non…triplement un crétin à plumes.
"- Mais ce n'est pas ma décision." Ce dont ils convinrent tous les deux.
l'Empereur était assez pragmatique pour savoir à quel point un enfant né du mauvais côté des draps ou au mauvais moment pouvait causer des problèmes. Lorsqu'un bon nettoyage pouvait vous éviter une guerre, il n'avait plus de pitié. S'il pouvait épargner la mère tant mieux. Mais autrement… Là, il était juste question de savoir si QingMing voulait de l'enfant puisque Boya était déjà virtuellement le nez dans les couches. Rien de plus. C'était effectivement la décision personnelle du demi-démon.
"- Et s'il le garde ? Vous allez faire quoi ?"
"- Comment ça ce que je vais faire ?"
"- Vous voulez vraiment condamner votre enfant à une vie de bâtardise ?"
Boya ouvrit la bouche comme un idiot.
"- Deux hommes ne peuvent pas se marier enfin !" La blague avait été drôle un moment elle aussi, mais il fallait raison garder. D'accord, ils s'étaient fait une cour tout à fait parfaite qui avait enflammé les cancans mondains pendant des semaines. Mais c'était juste un jeu pour que les femelles en rut du cru leur fiche la paix.
"- Vos shidi sont très enthousiastes je crois pourtant me souvenir."
"- Ce sont des enfants."
"- Et puis ce n'est pas comme si vous aviez dans votre environnement proche des prêtres à la pelle qui accepteraient de participer si jamais vous vouliez faire ça un peu mieux qu'une cérémonie juste entre vous devant les ancêtres. Ou si vous aviez un Empereur sous le coude qui aurait un palais pas loin, pour organiser une petite sauterie dans la foulée et apporter un peu de poids à la chose par sa simple présence."
Boya en resta très bête. C'était vraiment une possibilité ? Il n'avait même pas réalisé que oui. C'était une plaisanterie juste que là. Mais rien de plus. Une blague trouble et un peu stupide qu'ils se balançaient entre eux ou qu'on leur lançait comme ça, pour se moquer un peu sans être trop méchant.
"- Je suis complètement perdu." Soupira le chef de secte, honnête.
Un bébé ? un mariage ?
Comment pouvait-ce être sa vie ? Lui, il avait été élevé pour taper sur des démons. Par pour en épouser un et faire un bébé avec !
Pourquoi était-il plus troublé parce que c'était QingMing qui portait un enfant alors qu'il n'avait pas moufté quand lui attendait que leur œuf éclose ? C'était pourtant pareil ! C'était leur couple qui se préparait à accueillir un petit. Alors pourquoi l'idée que le bébé de QingMing puisse être un bâtard sans père l'ulcérait davantage que celle de son poussin sans père épousé pour l'occasion ?
Zhuque avait sa propre idée sur la chose.
"- La maternité est un acte d'amour, mon vaisseau. La paternité un acte de foi. Même si tu sais que le petit de QingMing est le tient, tu ne l'as pas pondu ni porté. Il faut que tu mettes ta marque dessus d'une façon ou d'une autre. L'œuf que tu as eu, c'est de notre ventre qu'il est sorti. Tu étais sûr que c'était le tient."
"- Je ne doute pas une seconde de ma paternité dans cette histoire !"
"- Vraiment ? Même avec Killing Stone, Snow Hound et Mad Painter qui visitent votre tanière ? Ou vous qui visitez la leur ?"
Boya resta silencieux. Était-ce vraiment aussi stupide que ça ? Aussi bassement viriliste et possessif ? A sa grande honte, oui, ça l'était. Mais QingMing encore une fois n'avait pas été aussi possessif, lui ! Il….
"- Il savait parfaitement que personne à part lui ne t'avais touché. Surtout sous mes plumes." QingMing n'avait eu aucune raison de douter de prêt ou de loin.
"- Je ne doute pas non plus !"
"- Je ne dis pas que tu doutes. Je dis que tu es possessif comme n'importe quel Chef de Meute. Ou comme n'importe quel Premier de Jubilé."
Boya soupira encore silencieusement. Zhuque avait raison. Une fois de plus. Il n'avait aucun problème à partager son Partenaire avec ses autres shishen à présent. Il n'aurait même pas moufté si l'un d'eux avait produit le petit de son compagnon. A la condition d'en être le papa. Il voulait en être le papa. Peu importait qu'il en soit le géniteur à la fin. Il voulait juste être sûr d'être le papa de ses petits.
Mince, il était aussi tordu que les autres. Il en avait la preuve maintenant.
"- Vous devriez retourner le voir." La voix de l'Empereur était presque affectueuse mais certainement compréhensive. "Offrez-lui un truc, rampez, implorez son pardon, discutez. Vous en avez besoin tous les deux. Et tenez-moi au courant. Si vous le gardez, cette fois, je veux être le parrain !"
Le Souverain quitta son coussin, lui tapota gentiment l'épaule et le laissa seul dans la salle du conseil.
Mince, ses deux prêtres préférés allaient avoir un gosse avant lui. Et sans doute se marier avant lui. Il fallait vraiment qu'il se bouge pour le trône.
"- Qu'on aille me chercher mon argentier et les responsables du protocole. Tout de suite !"
Qu'il mette un peu d'argent dans des coffres pour le mariage et la dotation du bébé à naitre. Quelque chose lui disait qu'ils le garderaient.
Un petit sourire aux lèvres, le Monarque retourna à son bureau. Il haïssait rigoureusement son boulot d'Empereur mais c'était pour ce genre de petites choses qu'il finissait par s'y faire. Avoir la capacité de protéger les gens auquel il tenait, c'était bien la dernière chose qu'il pouvait faire.
Il avait soudain une envie folle de voir sa fille.
Boya resta immobile sur son coussin encore quelques minutes après le départ de l'Empereur à faire le tri dans ses pensées. Il pouvait retourner immédiatement à la Maison ou prendre le temps de trouver quelque chose pour se faire pardonner. De toute façon, après sa sortie et son abandon momentané de son compagnon, il n'était plus à deux heures près.
Sa décision prise, il tapa des deux mains sur la table sans réaliser qu'il venait de la briser en deux, se leva d'un bond, puis sortit de la salle vide pour se mettre à la recherche de sa monture. Il voulait faire le tour du marché pour trouver un petit quelque chose pour son Partenaire, un truc pour future-boule-de-poils (il fallait qu'il lui trouve un nom en attendant que QingMing lui dise ce qu'il avait choisi).
Une fois qu'il aurait ça, il pourrait rentrer.
Il avait beau y réfléchir, il ne voyait pas dans quelles conditions QingMing ne voudrait pas garder l'enfant. Pas s'il était là avec lui et qu'ils l'élevaient à deux comme…oui, une famille.
…Il allait vraiment l'épouser.
Il allait même trouver quelque chose pour faire sa demande en mariage et la faire le soir même.
Il lui fallait deux cadeaux pour son renard. Un pour se faire pardonner sa fuite et l'autre pour sa demande en mariage.
Boya était si bien perdu dans ses pensées qu'il resta immobile plusieurs minutes au milieu de la rue en plein milieu du marché avant de réaliser qu'il était là où il voulait être.
Il finit par démonter, attacha sa jument après avoir lancé une pièce à un gosse pour qu'il la lui surveille pendant son absence puis se figea à nouveau.
On offrait QUOI pour une demande en mariage ? Pour fêter une grossesse ?
Qu'on lui demande de se battre contre un Serpent géant, de cramer un nid de bestioles moches et c'était quand vous voulez. Mais trouver ça ?
Et il n'avait personne dans son environnement qui soit marié et à qui demander de l'aide !
Il pouvait paniquer ou c'était trop tôt ?
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Au palais, bien loin de la crise existentielle du prêtre, l'Empereur s'éclatait avec son argentier à prévoir le financement aussi bien d'une petite cassette pour le bébé à naitre (et plusieurs autres tant qu'on y était, quand on pouvait prévoir pour un, on pouvait prévoir pour dix.) sous le prétexte oublié et semi-fallacieux que Boya était de sang impérial mine de rien.
Sa contribution au rayonnement de la famille impériale devait être salué malgré les hurlements des conseillers de l'Empereur autour de lui.
COMMENT CA LE CHEF DE JINGYUN ETAIT DE LA FAMILLE IMPERIALE ? COMMENT CA ?
C'ETAIT QUOI CETTE BLAGUE ENCORE ?
L'Empereur leur ferma la bouche très vite. Personne ne voulait ni ne devait être au courant merci beaucoup. C'était d'ailleurs pour ça qu'en plus des petites sommes pour les rejetons des deux fashi, et si ces messieurs les conseillers pouvaient arrêter de mousser de la bouche, c'était écœurant, il y avait un mariage à préparer.
Des messagers rapides partirent donc sur le champ avec des lettres de l'Empereur pour les deux temples pour qu'ils s'organisent à trois pour préparer l'union des deux chefs de secte. Même si le mariage devrait rester quelque peu discret, ce n'était pas une raison pour que la chose ne soit pas une vraie fête et un vrai mariage.
Blasé, un des conseillers voulu y voir du positif.
Au mieux, peut-être que l'Empereur trouverait le mariage agréable à regarder et déciderait ENFIN d'épouser les quatre femmes qu'il avait choisi et qui attendaient toujours son bon vouloir. Même s'il fallait être honnête, les négociations avec les familles semblaient sans fin. Ce n'était pas la faute de leur souverain si ça n'avançait pas, mais avec tout ça, les demoiselles ne rajeunissaient pas.
Au pire, l'un des rejetons des deux prêtres pourrait être catapulté héritier du trône, au moins le temps de trouver mieux. Ou Boya Daren lui-même. Et si l'Empereur défuntait avant d'avoir un véritable héritier, avoir les deux prêtres comme régents n'était pas si pire.
Il fallait savoir se contenter de peu quand on était un fonctionnaire dans ce palais de fous.
Au moins, quand l'Impératrice était encore là, tout était calme. D'un calme dépressif de tombeau, mais calme. Ils étaient nombreux à regretter cette époque bénie encore pas si lointaine où ils pouvaient passer leur vie à s'ennuyer en attendant la retraite.
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Boya s'était finalement rangé dans un coin pendant qu'il tentait de savoir par où commencer.
Déjà, il savait qu'il lui fallait trois cadeaux.
- Un pour se faire pardonner son départ
- Un pour le bébé parce que même s'il n'était pas né, il avait déjà le droit d'être gâté par son papa.
- Un pour sa demande en mariage.
Pour ce dernier point, même s'il savait qu'une fois la demande faite et il l'espérait acceptée, il devrait laisser la main à leurs sectes pour tout organiser, il était encore plus perdu que pour les deux premiers.
Pour son petit, il voulait trouver quelque chose pour lui. Ou elle. Pour son poussin. Son renardeau ? son bébé ? Leur petit. Voilà, leur petit. Et qu'offrir à leur petit encore à naitre ? il ne savait même pas à quoi il allait ressembler !
Sa première idée avait été un bijou pour QingMing. Mais avec Killing Stone à la Maison, tout ce qu'il pourrait proposer serait de qualité inférieure. Idem pour tout ce qui était livres, calligraphie ou tissus. La nourriture, ça pourrait faire l'affaire pour demander pardon. Il connaissait les goûts de son renard. Un assortiment de petits gâteaux délicats aux arômes intrigants serait idéal.
Maintenant, pour leur petit ?
Il avait pensé à un instrument de musique. Certes, ce ne serait pas utile avant des années, mais ça montrerait bien qu'il comptait être là pour lui apprendre. Donc dans des années justement. Et qu'il était prêt à s'occuper de lui.
Oui…Ce serait parfait. Un petit dizi à sept trous ! Idéal pour un enfant.
Maintenant, pour la demande en mariage. C'était le plus compliqué.
Il finit par entrer dans une boutique spécialisée où il resta comme un idiot à la porte. Où était-il tombé ? Quel était donc ce royaume du mal dégoulinant de soieries, de bijoux, de papier-monnaie, de choses inconnues et d'objets…ho bon sang… il y avait ce genre de jouets dans une boutique de MARIAGE ?
Un vendeur s'approcha de lui, son amusement devant son angoisse parfaitement camouflé.
"- Cet humble vendeur peut-il vous aider ?"
Boya se força à reprendre son calme.
"- Je suis à la recherche d'un cadeau pour une demande en mariage." Le dizi et les douceurs, il savait où les trouver.
"- Vous êtes au bon endroit pour cela. Avez-vous déjà une idée de ce qui plairait au couple ?"
"- Je suis…enfin, j'espère que je serais le marié."
Le vendeur haussa un sourcil. S'il était fréquent que des humbles gens du peuple viennent eux-mêmes pour faire leurs emplettes, pour les cultivateurs, les nobles et les riches, ils envoyaient en général une marieuse qui s'occupait de tout.
"- Comptez-vous organiser un vrai mariage ou simplement vous…éloigner de la capitale ?" Ou comment demander sans insulter personne si le couple allait juste fuir. Ce n'était, après tout, pas rare. Le vendeur s'en fichait, ça restait du client.
"- Un vrai mariage. Mais la demande, je veux la faire moi-même."
"- Gongzhi est un romantique."
Boya grogna.
"- Gonghzi est un crétin qui va devoir ramper comme un idiot surtout. Et ça va y participer. J'espère."
Le vendeur garda un visage impassible mais ses yeux pétillaient d'amusement.
"- Avez-vous déjà une idée de ce qui plairait à la belle ?" Il était sûr d'avoir déjà vu ce cultivateur en plus.
"- C'est pour un homme."
Cette fois, le vendeur ne put conserver son calme professionnel. Il ouvrit de grands yeux avant de réaliser qu'il avait dans son humble boutique le chef de JingYun !
"- Un homme qui veut épouser un homme. Bah ! Je savais que la Capitale était tombée bien bas."
Boya se retourna pour foudroyer du regard la personne qui avait OSÉ dire ça.
"- Ho…C'est vous."
La vieille.
Celle qui avait déjà insulté son renard.
"- Nous ne cessons de nous croiser, jeune homme."
Boya se força à la saluer d'une brève inclinaison de la tête.
"- Je cherche quelque chose pour mon Partenaire. Nous avons déjà fait notre cour officielle."
Oui, le vendeur se rappelait les gorges chaudes que les actions des deux prêtes avaient causé deux ou trois ans auparavant.
"- Une cour officielle ?" La vieille femme était cette fois plus étonnée que railleuse.
Boya se força au calme. Lui faire cramer les cheveux n'aiderait en rien. Zhuque était vexé et irrité lui aussi mais il tentait de ne pas non plus lui voler dans les plumes. Il voulait trouver un joli caillou scintillant pour leur Partenaire. Lui aussi il voulait participer au mariage !
"- Qu'est-ce que vous auriez à me proposer ?"
Le vendeur était un peu pris entre deux feux. Il avait des cadeaux pour une femme de la part d'un homme. Plus rarement l'inverse. Mais d'un homme pour un homme ? Il était un peu perturbé.
"- Et bien… Laissez-moi réfléchir."
La cheffe de clan ne s'était pas éloignée et observait Boya avec un mélange de calcul et d'autre chose que le chef de secte ne parvenait pas à comprendre.
"- Vous comptez l'épouser dans combien de temps ?" La question prit le tueur de démon au débotté. Non mais en quoi ça la concernait ?
"- Madame…"
"- J'ai marié bien des membres de ma famille. Et même quelques unions comme la vôtre. Elles ne sont pas vraiment bien vues, mais…bah."
Boya en resta bête. La dame lui proposait avec brusquerie de l'aider à trouver quelque chose pour son QingMing ? Il était tellement perdu, il voulait bien toute l'aide du monde. C'était dire son niveau de désespoir.
"- Alors, dans combien de temps comptez-vous l'épouser ?"
"- D'ici six mois je pense. Au moins. Il aura accouché d'ici là."
Il ne vit pas les yeux ronds de la cheffe de clan. Elle se repris néanmoins très vite.
"- Six mois. Un mariage rapide. Mais s'il a votre âge…"
"- Il a une dizaine d'années de plus que moi."
"- Donc un mariage de raison ?"
"- Un mariage d'hommes raisonnables mais un mariage d'amour." Gronda Boya.
La dame le fixa encore par en dessous un moment. Décidément, le cultivateur arrivait à la désarçonner à chaque fois qu'il disait quelque chose ou presque. Un enfant…Vraiment…Et bien, voilà qui était remarquable.
"- Donc vous ne l'épousez pas que pour que l'enfant ne soit pas un bâtard ?"
"- Il est déjà noté dans les tablettes de JingYun." Ou presque. En tout cas, ça ne saurait tarder. Ce n'était pas un devoir de le reconnaitre. C'était normal.
"- Hum… pas de bijou ou de vêtements ?"
"- Il a déjà à la maison bien mieux que tout ce que je pourrais trouver."
"- Un bibelot ?"
"- Idem."
"- Votre compagnon est d'une maintenance difficile."
Un sourire tendre et idiot à la fois apparut fugitivement sur les lèvres du fashi.
"- Vous n'avez pas idée."
La cheffe de clan renifla encore avec hauteur.
"- Si l'évidence est impossible, offrez-lui l'inattendu, l'imprévu, l'extravagance. Offrez-lui exactement l'inverse de ce qu'il pourrait attendre de vous."
Boya resta perplexe un instant mais plus il y réfléchissait et plus il trouvait l'idée fascinante. Son premier réflexe pour sa demande était de la faire derrière les portes closes de la tanière de son compagnon. C'était de garder ça pour eux. Une fois que QingMing aurait accepté (s'il acceptait) il irait en parler à sa secte. Mais il ferait ça par étape, en douceur et en discrétion.
Son renard n'était qu'une boule de chaos incarné qui aimait s'exposer et hurler au monde son existence parce qu'on ne lui avait que trop longtemps dénié le droit d'être lui-même.
Boya avait pris sa décision.
Il se tourna vers le vendeur qui ne savait toujours pas quoi lui proposer.
"- Je voudrais un voile de mariée. Rouge bien sûr. Le plus fin et le plus extravagant que vous avez."
Le vendeur fila chercher la demande. Il ne tarda pas à revenir avec quelques mètres de soie si fine qu'on aurait dit un nuage vaporeux.
"- Parfait."
La vieille dame le regardait faire avec toujours le même calcul dans l'œil.
"- Qu'est-ce que vous allez faire ?"
"- Ce que vous m'avez conseillé. Ce qu'il n'imaginerait jamais que je puisse faire et qui en même temps serait tout à fait à son gout. Je vais le demander en mariage devant toute sa secte. Il aime causer des catastrophes. Je sais qu'il va adorer me voir m'humilier pour lui et ramper pour sa main devant tout le monde."
"- Vous humilier ? Vraiment ?"
"- Ho, il y a bien longtemps que c'est devenu un plaisir." Les joues roses du jeune homme firent s'esclaffer la cheffe de clan.
"- Vous êtes tordu."
"- Merci."
"- Ce n'était pas un compliment."
"- Mais je le prends quand même comme tel. C'est ce que mon renard aime chez moi. J'imagine."
Il paya le tissu, s'inclina devant la vieille dame puis fila pour aller acheter un joli petit dizi pour débutant fait dans un adorable bois tendre blanc avec des renforts en argent, ainsi que des sucreries. Il acheta aussi un énorme bouquet de fleurs de toutes les couleurs. Le genre de bouquet qu'un homme achetait pour se faire pardonner par son épouse justement. Enfin, à la requête de Zhuque, ils firent le tour des bijouteries jusqu'à ce que le phénix trouve une opale de feu encore brute. Ce serait son cadeau de demande en mariage à lui.
Satisfait de ses achats, il alla retrouver sa jument, rentra au temple puis appela son second.
Le temps qu'il se change pour son meilleur uniforme, celui qu'il avait déjà mis pour la libération de Killing Stone, et il prévenait son ami qu'il allait épouser QingMing. Il serait sans doute contacté pour organiser le mariage.
Yan Shu le fixa longuement.
"- …Je vais surtout prévenir Shifu. C'est son rôle de jouer le remplaçant de tes parents."
Snow Hound et Mad Painter feraient sans doute la même chose de leur côté pour QingMing.
"- Ha et l'Empereur voudra sans doute y mettre son grain de sel. Et les shidi des deux sectes."
Yan Shu fixa son ami avec l'impassibilité d'un canard mort.
"- Tu sais quoi ? Je vais laisser Shifu totalement s'en débrouiller avec les gamins et l'Empereur. Je m'en lave les mains. Dis-moi juste quand je peux contacter une marieuse pour aider à l'organisation."
Boya serra l'épaule de son ami avec affection. Il ne souriait pas mais ses yeux brillaient.
"- Merci."
"- Pfff. Ca va faire cinq ans que vous vous comportez comme des adolescents amoureux avec QingMing Daren. Il est plus que temps que tu fasses de lui un homme honnête. En plus d'une maman. File faire ta demande et ne reviens pas ici sans une bonne nouvelle."
Zhuque en roucoulait de contentement. Le mariage était une notion qui lui échappait totalement évidemment, mais il en comprenait que leur Partenaire serait encore plus à eux après. C'était tout ce qu'il voulait. En plus avec leur premier poussin, c'était parfait.
Boya ouvrit un portail pour la Maison une fois sur qu'il avait tout avec lui et le franchit
Sans réelle surprise, il tomba quasi nez à nez avec un Snow Hound sur le sentier de la guerre.
"- Vous…"
"- Moi. Avec de la verroterie pour demander pardon à l'autochtone et lui demander de m'épouser. Alors si on pouvait attendre sa réponse avant de tenter de m'éventrer ?"
Le tengu battit stupidement des paupières un instant, surpris. Des cadeaux ? un mariage ?
"- Ho." Xue TianGou pouvait faire son gracieux. "Il est dans sa tanière. Allez-y. Sha ShengShi est avec lui."
"- Parfait. J'aurais besoin d'un talisman pour le Bureau."
"- …pourquoi faire ?"
"- Pour lui faire ma demande devant tout le monde."
"- Vous courtisez le danger."
"- Il aime ça."
Le tengu en resta encore bête un instant. D'accord. Boya semblait savoir ce qu'il faisait et commençait à maitriser la gestion du QingMing.
"- Je vous apporte ça."
Boya le remercia d'un signe de tête.
Une fois devant la porte de la tanière, il toqua doucement.
La voix fatiguée et un peu morne de QingMing lui serra l'estomac.
Il entrouvrit la porte et passa juste un bras avec dans la main l'énorme bouquet qu'il avait acheté.
Il entendit un petit juron de confusion venir de Killing Stone et un gloussement à demi étouffé de QingMing.
Alors seulement il lança le bouquet par terre devant la tanière.
"- Cet infame tâcheron requiert un sauf-conduit pour quelques pourparlers."
Le gloussement redoubla, autant que les jurons de Killing Stone.
"- Vous faites l'âne pour avoir du son, Boya-Daren."
"- Je tente de ne pas me faire éventrer par l'autochtone avant d'avoir pu présenter ma verroterie, QingMing Daren."
La stupidité de la chose, surtout de la part de Boya, allégeait réellement la peine et l'amertume de QingMing même s'il avait tenté de rester calme.
"- Entrez donc, Boya Daren. Et présentez vos arguments."
Boya entra quand même sur la défensive. Contrairement à ce qu'il attendait, Killing Stone n'était pas prêt à partir en meurtre de masse même s'il le surveillait du coin de l'œil.
QingMing était assis au milieu de sa tanière, l'oreiller que Boya utilisait entre ses bras comme un doudou.
Boya s'approcha de la tanière, s'agenouilla devant, posa les trois boites qu'il avait sur les bras et se prosterna immédiatement.
"- Je suis désolé d'être partit comme un idiot, QingMing. Quand tu m'as dit pour le bébé, la seule chose qui surnageait sur les hurlements de Zhuque était que je devais immédiatement préparer le nid pour l'accueillir."
Quelque chose se dénoua entre les épaules et dans le ventre du demi-renard.
"- Alors tu veux bien de lui ?"
"- QingMing, évidemment que je veux être le père de notre enfant." Il poussa la première boite vers QingMing. "C'est pour lui. Ou elle." Il jeta un coup d'œil vers Killing Stone qui hocha subtilement la tête. Lui savait mais il ne dirait rien. "Quand il aura cinq ou six ans, je pourrais commencer à lui apprendre."
QingMing ouvrit la petite boite. Immédiatement il fut charmé par l'instrument.
"- J'ai hâte de te voir lui apprendre, Boya."
Le demi-renard avait machinalement posé une main sur son ventre, comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas.
Boya se releva pour s'asseoir sur le bord de la tanière.
"- Je peux te prendre dans mes bras ?"
QingMing hocha la tête. Il était extatique et avait déjà pardonné la peur que Boya lui avait fait en partant comme un voleur.
"- Je peux poser ma main sur ton ventre ?"
Killing Stone approuva. S'il y avait bien quelque chose qui lui avait toujours donné des envies d'homicide, c'étaient les gens qui tripotaient les ventres des femmes enceintes sans demander. Ce n'étaient pas des espaces publics enfin !
QingMing prit la main de son Partenaire pour la poser juste au-dessus du bébé.
"- Il est là."
"- Je peux ?"
Le demi-démon hocha encore la tête.
"- Allez-y doucement, Boya-Daren."
Le tueur de démon obéit et utilisa son qi aussi bas que possible pour quand même sentir la présence en train de grandir dans le ventre de son compagnon. Lorsqu'il sentit la petite boule de cellules en train de se diviser un peu plus à chaque seconde, il ne put retenir un sourire et un petit sanglot.
C'était leur second à arriver à ce stade. Il ne pouvait pas le perdre lui aussi n'est-ce pas ?
"- Bonjour, bébé."
"- POUSSIN !"
"- Doucement Zhuque. Ne le réveille pas."
Le dieu-gardien se mit à roucouler de contentement. C'était leur second petit. Et celui-là, il arriverait à terme, il le savait. Il commençait à comprendre réellement la peine de son vaisseau et de leur Partenaire à la perte du premier.
Boya se pencha pour déposer un petit baiser sur le ventre de QingMing, le faisant éclater de rire.
"- Boya, enfin !"
"- Laisse-moi être ridicule, tu veux ? Je suis heureux."
Les yeux du demi-renard brillaient de larmes contenues. Lui aussi il était heureux.
Killing Stone avait discrètement quitté la tanière pour laisser le couple en paix. Il était soulagé que son neveu martial ait aussi facilement accepté sa paternité et veuille prendre en charge son enfant. Il n'en doutait pas vraiment, mais son départ précipité avait quand même été un motif momentané d'inquiétude.
Snow Hound passa un bras autour de sa taille.
"- Alors ?"
"- Alors tu vas être grand-père et tu ne vas pas à avoir à frapper Boya pour qu'il prenne ses responsabilités."
"- Je vais même y gagner un beau-fils."
Killing Stone haussa un sourcil.
"- Ho ?"
"- Il m'a demandé un talisman pour le Bureau. Il veut faire sa demande devant tout le monde."
"- Il aime cultiver le danger."
"- C'est-ce que je lui ai dit aussi. Mais QingMing va adorer ça !"
"- Il commence à bien le connaitre."
"- HuaShi est toujours là-bas ?"
"- J'imagine que le Bureau est en révolution."
"- XUE TIANGOU ?"
"- Ha, je crois que c'est pour maintenant."
A travers le lien qui unissait tous les shishen à leur maitre, le tengu prévint toute la Maison et le Domaine de rester à l'écoute. Il comptait bien leur permettre à tous d'assister à la demande en mariage à travers ses yeux.
Killing Stone suivit son ainé dans la tanière.
Boya avait callé QingMing dans ses bras et le cajolait avec une évidente révérence.
"- Tu as ce que je t'ai demandé ?" Le vieux shishen hocha la tête. "Killing Stone, QingMing peut se lever et marcher ?"
"- Il est en parfait état. Tant qu'il se sent bien, il peut faire absolument ce qu'il veut. En restant raisonnable évidemment. Amusements qualitatifs avec vous inclus.
"- Parfait."
Boya bondit de la tanière. Il offrit sa main à son Partenaire pour qu'il se lève.
"- Qu'est-ce que tu as prévu, Boya ?"
"- Snow Hound, si tu voulais bien ?"
Le shishen ouvrit le portail. Boya cajola QingMing pour qu'il le suive ce qu'il fit sans se faire prier. Sa curiosité était son pire défaut donc sa plus grande qualité. Son compagnon avait prévu quelque chose, il voulait savoir quoi.
Snow Hound et Killing Stone passèrent le portail avec eux. Ils étaient dans le bureau de leur Maitre à la secte Nord.
"- Boya ?"
"- Viens avec moi."
Il prit la main de son compagnon et l'entraina avec lui jusqu'au grand Hall. A chaque fois qu'ils croisaient quelqu'un, Boya leur demandait de faire se rassembler tout le monde.
Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour que l'intégralité de la secte s'entasse dans la vaste salle en pierre.
QingMing eut un petit coup au cœur. Quand il avait pris ses fonctions de chef de secte, la salle n'était remplie qu'à moitié. A présent, elle dégueulait de monde. La majorité des disciples avait moins de quinze ans, mais ils étaient tous là, frémissant de curiosité et d'excitation.
Mad Painter avait fait son chemin jusqu'auprès de ses deux autres shishen. A eux trois, ils permettaient à tous les autres de voir ce qui se passait.
"- Boya ?"
"- Tout le monde est là ?"
"- A part les disciples sur le terrain, tout le monde est rassemblé, Boya Daren." Assura Kin Lao, curieux lui aussi.
Il ne pouvait relever les yeux du ventre de leur chef de secte. Il y avait un bébé là-dedans ? Avec les robes larges que portaient les membres du Bureau, il ne voyait rien pour l'instant.
Boya tendit à QingMing les deux boites qu'il avait sous le bras.
"- De la part de Zhuque. Il veut participer aussi."
"- …Participer ?"
QingMing se sentait perdu et submergé. Qu'est-ce que Boya faisait ? Il n'allait pas…non…Il n'allait…
Il ouvrit la boite. L'opale de feu, énorme, écarlate et aussi brûlante que les flammes de queue de son compagnon lui firent hausser un sourcil. Il ouvrit la seconde boite et se figea en voyant le voile rouge d'une finesse remarquable.
"- Boya ?
"- QingMing Daren, Maitre de la Secte du Yin Yang, acceptez-vous de m'épouser ?"
Le silence dans le grand Hall se fit poignant. Chacun retenait son souffle dans l'attente de la réponse de leur chef. La demande faite ainsi, totalement inattendue, faite directement sans passer par une marieuse ! C'était honteux, indécent, choquant et définitivement romantique, adorable et attendu pour ce couple si bizarre et qui brisait des tombereaux de traditions depuis un peu plus de cinq ans.
Que Boya prenne le risque de la faire ainsi devant tout le monde ?
Les yeux de QingMing se mirent à briller.
"- Zhuque est du même avis ?"
"- Zhuque ne comprends même pas pourquoi ce n'est pas encore fait."
"- Alors nous n'allons pas décevoir Zhuque plus longtemps n'est-ce pas ?"
Boya ne put se retenir plus longtemps. Il attrapa son compagnon dans ses bras pour l'embrasser à pleine bouche sous les hurlements de joie des plus jeunes. Même les plus réfractaires à leur chef de secte ne trouvèrent pas une parole pour dénoncer l'alliance.
"- Il nous aura tout fait." Murmura un maître, plus amusé qu'autre chose.
Les trois shishen et Kin Lao se mordirent la langue. Le premier disciple n'avait pas encore prévenu les anciens et les maitres mais…
"- Puisque nous en sommes dans les annonces fascinantes." QingMing avait entouré la taille de Boya de ses queues. "Il semblerait que l'anatomies des hybrides de renard soit encore plus étrange que prévue. Mais j'attends un bébé."
Les hurlements de joie se turent quelques secondes le temps que chacun comprenne puis ils éclatèrent à nouveau encore plus fort. Les gamins sautaient sur place en criant, les maitres tentaient de comprendre comment c'était humainement possible avant de laisser tomber puis les anciens relevèrent leurs manches.
"- Bon… On va contacter JingYun pour préparer les négociations de mariage. Vous comptez vous marier dans combien de temps ?"
"- Après la naissance. Mais j'ai déjà reconnu le bébé par avance auprès de JingYun." Assura Boya. L'enfant ne serait pas un bâtard. Pas une seconde de sa vie. "Pour le reste, laissez-moi quarante-huit heures, le temps que mon Shifu revienne à JingYun pour répondre à vos sollicitations."
"- Et ne m'oublie pas, didi." Rappela Killing Stone avec un sourire mauvais. "Je suis peut-être le shishen de QingMing Daren, mais je reste ton oncle martial. J'ai mon mot à dire dans les négociations." Il le lui avait promis depuis longtemps après tout.
Snow Hound et Mad Painter souriaient eux aussi.
"- Et nous nous chargerons des négociations de votre côté, QingMing Daren. En place de vos parents et de Zhong Xing Daren puisqu'ils ne sont plus là."
Les anciens hochèrent la tête.
"- Très bien. Nous allons contacter la meilleure marieuse de Xihai."
"- L'Empereur a proposé d'utiliser le Palais pour le mariage." Ne put s'empêcher de persifler Boya
Ca jeta une stupeur certaine sur l'assemblée.
"- Vraiment ?"
"- Il veut participer aussi."
Les anciens eurent le même sourire torve.
"- Si on se débrouille bien, je suis sûr qu'on peut lui faire tout payer."
C'était partit.
Le mariage lui-même n'était plus entre les mains du couple. Les autres s'en chargeraient bien entendu pour eux. Ils n'avaient plus qu'à attendre et être heureux.
