Boya post / 672742098044321792 / dont-mind-me-i-am-just-not-done-drawing-boya-all par The Pudding is a Lie.
Vous pouvez retrouver son profil AO3 ici
Merci à elle de son autorisation pour utiliser ce magnifique dessin à des fins d'illustration.
QingMing avait porté son Boya, non, Zhuque jusqu'à sa tanière. Une fois le dieu-gardien posé sur les couvertures, il avait fermé la porte, les rideaux puis étouffé le lien qu'il partageait avec ses autres shishen
"- Boya ? Tu es d'accord pour laisser Zhuque profiter en premier ?" Il préférait demander à nouveau.
"- Ne m'abime pas. C'est tout." L'amusement de son chasseur était réel. Autant que l'excitation de Zhuque. "J'ai très faim de toi aussi."
Le dieu-gardien se tortillait au milieu des coussins en roucoulant doucement sous le petit rire bas de son renard. Alors son bel oiseau et son dieu-gardien étaient à ce point affamés ? QingMing releva une narine lorsqu'une délicieuse odeur titilla soudain sa libido. Il n'y preta pas plus attention que ça. Il savait que Zhuque serait bientôt en chaleur. Qu'il commence à avoir faim et à prévenir son renard de sa disponibilité était normal.
"- Alors mon beau phénix veut de la nouveauté."
Il connaissait assez Zhuque pour le savoir bien moins prude que son Boya et bien plus curieux. L'étincelle gourmande dans les yeux rouges de l'avatar fit sourire le demi-démon.
"- Qu'est-ce que je vais faire de toi ?"
Zhuque ouvrit la bouche mais la ferma lorsque QingMing posa un doigt sur ses lèvres puis alla fouiller dans un petit coffre. Il en tira plusieurs longueurs de cordes, de soie et divers accessoires.
"- Tu te rappelles du mot magique ?"
"- "Serpent"."
"- Parfait."
Le demi-renard prit son temps pour déshabiller son Partenaire de toutes ses couches de vêtements jusqu'à ce qu'il soit totalement nu.
Il resta un long moment à l'observer avec le même regard de tranquille fascination que la première fois, autant qu'à se noyer dans son odeur de plus en plus forte.
"- Ha mon Boya… Je crois que je ne pourrais jamais me lasser de te voir ainsi devant moi. Je crois que je ne vais pas te laisser t'enfuir, tu sais ? Je vais t'enfermer dans ma tanière et ne plus jamais te laisser en sortir."
QingMing noua une épaisseur de soie sur les yeux de son Partenaire. Un lourd frisson remonta dans le dos de Zhuque. Ses ailes s'ouvrirent d'un coup puis ses plumes de queue se déployèrent tranquillement.
"- Toujours aussi magnifique…"
Le phénix se mit à roucouler gentiment. Il aimait que son Partenaire le félicite. Puis il s'immobilisa et se tut lorsque QingMing enroula une seconde épaisseur de soie sur ses yeux. A présent, il était dans le noir total. Il lui serait impossible de prendre son vol ainsi. Pourtant…
Une paix étrange glissa sur lui comme il n'en avait jamais ressenti. Il était totalement à la merci de leur Partenaire mais en était content. Non… pas content. Il n'avait même plus simplement la force de savoir s'il était content. Il flottait juste dans l'instant présent, à sa merci, immobile sous ses mains et ses désirs, ses sens déjà noyés dans ses chaleurs qui s'affirmaient de seconde en seconde.
"- Zhuque ? Tout va bien ?"
Il fallut plusieurs secondes au dieu-gardien pour répondre d'une voix pâteuse comme s'il était drogué.
"- Mmmrrrrroui."
QingMing était satisfait. Il était à peu près sûr qu'une privation sensorielle partielle aurait des effets sur son compagnon, mais il n'attendait pas une réaction aussi forte. Pour un cultivateur, l'usage de ses sens était la base de tout. En avoir un inactif ne pouvait que faire travailler les autres en surmultipliée. Boya était un cultivateur exceptionnel aux instincts de chasse puissant. En le privant de sa vue, tous ses autres sens devaient être ouverts à la limite du tolérable.
Pourtant, QingMing prit un peu de cire malléable.
"- Zhuque ? Je vais te priver aussi de ton audition. Est-ce que tu es d'accord ?"
Le phénix mit encore plus longtemps à répondre. Que voulais faire leur Partenaire ? Qu'il ne le voit plus ? Qu'il ne l'entende plus ? Il ne pourrait que le sentir ? Un lourd gémissement échappa à Zhuque, en même temps qu'une bouffée de phéromones qui fit frémir QingMing. Si le demi-démon n'avait pas fermement tenu la bride à ses envies, il aurait déjà retourné le phénix sur le sol pour le couvrir à leur satisfaction à tous les deux pour s'assurer de la fertilité de ses œufs.
"- Oui…oui…S'il te plait."
"- Tu sais que je peux arrêter à tout moment, n'est-ce pas."
"- Oui…Serpent…oui…je sais…"
Rassuré, QingMing glissa gentiment les boules de cire dans les oreilles de son compagnon. Il lui fallut quelques secondes pour les mettre correctement pendant lesquelles le monde fut étouffé et brumeux avant de disparaitre pour ne plus laisser entendre au phénix que le son de son propre cœur qui battait dans sa poitrine aussi fort et rapidement que celui d'un petit passereau effrayé.
Pendant un temps qui lui parut infini, il n'y eut plus rien. Rien que le son de son propre cœur et de sa propre respiration trop courte et trop rapide.
Il n'entendait rien.
Il ne voyait rien.
Mais Zhuque n'avait pas peur.
Au contraire.
Il avait l'impression que la peau de son vaisseau s'électrisait lentement dans l'attente qu'il se passe quelque chose. Boya s'était rapproché de lui jusqu'à ce que les deux consciences soient au même niveau l'une et l'autre. Zhuque ne s'en offusqua pas, au contraire. Pour la première fois depuis qu'ils étaient devenu un, ils étaient isolés du monde et juste ensemble.
Comme lorsque Boya avait été touché pour la première fois par la conscience tout juste éveillée du phénix. Comme lorsque Zhuque lui avait demandé qui il était et ce qu'il voulait.
Ils étaient de retour dans ce néant sans fin, immobile et intemporel où ils s'étaient rencontrés pour la première fois.
Tout avait disparu autour d'eux.
Ils ne sentaient pas les couvertures sous eux.
Ils n'entendaient rien de l'extérieur.
Ne rien voir avait apporté une paix étrange à leur corps.
Ils étaient tous les deux, collés l'un à l'autre, à attendre dans un bien heureux cocon de silence et de chaleur.
Comme lorsque Zhuque était encore dans son œuf et qu'il attendait d'éclore.
Comme Boya lorsqu'il était encore dans le ventre de sa mère et qu'il attendait de naitre.
Il n'y avait rien et il y avait tout.
Leur peau était la limite de leur univers et pour l'instant, rien ne la stimulait dans leur plus parfait immobilisme abandonné.
Le temps, pas plus que le reste, n'avait de sens.
Ni Boya ni Zhuque ne savait depuis combien de temps ils attendaient.
Non.
Ils n'attendaient pas.
Attendre avait quelque chose d'actif. Ils n'attendaient rien. Ils se contentaient d'exister dans la parenthèse que la privation sensorielle leur offrait. Ils étaient dans un bien heureux néant dont ils n'avaient pas envie d'être tirés. Il n'y avait aucune sensation, aucune émotion. Juste leur cœur et leur respiration qui s'étaient lentement calmées au point que même ainsi ils ne les percevaient presque plus, renvoyés eux aussi à la frontière de leur perception jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que cette sensation de flottement où plus rien n'existait, pas même eux.
Puis un hurlement inaudible s'arracha à la gorge de Boya et de Zhuque lorsqu'une brulure intolérable déchira le cocon de néant qui les entourait.
La douleur ne dura qu'un instant avant de disparaitre et que le néant les engloutisse à nouveau avec soulagement.
Un temps incertain, incompressible, court et pourtant infini et la brûlure revenait, ailleurs.
Comme pour la précédente, ils n'étaient pas capables de savoir où elle était située.
Ils n'avaient plus de corps.
Ils n'étaient plus que deux esprits désincarnés qui n'explosaient que par la brulure qui les engloutissaient à les faire hurler en silence jusqu'à ce qu'elle disparaisse à nouveau avant de revenir ailleurs. Ou au même endroit. Ils ne savaient pas. Ils ne savaient plus.
Puis le néant encore.
La gratitude de l'absence, le plaisir de l'inexistence, puis la brulure, encore qui ne faisait qu'exacerber le néant qui les engloutissait une fois de plus jusqu'à ce qu'ils aient l'impression qu'ils n'étaient plus qu'une conscience double qui pulsait entre existence et essence.
QingMing surveillait la moindre réaction de son compagnon. Il l'avait vu plonger dans un état proche de la catatonie avec une aisance qui l'avait inquiété un instant. A travers le lien entre le maitre et son shishen, il avait surveillé leur état aussi bien physique que psychique pour se rassurer. Zhuque et Boya avaient juste atteint un état de plénitude proche de la totale reddition du corps et de l'esprit.
Le demi-démon avait déjà eu son Boya abandonné dans ses bras. Il l'avait vu détruit par le plaisir, démolit par la jouissance, perdu dans une hébétude cotonneuse d'où rien ne pouvait le faire sortir avant qu'il ne revienne de lui-même. Mais même cet état de total abandon palissait devant la quasi-désincarnation de son Partenaire pour l'instant.
Il aurait sans doute pu s'en inquiéter. Sans doute dut, même. Mais QingMing ne comptait pas lâcher son Boya et son Zhuque dans le néant de leur propre essence.
Il avait juste posé sa main à plat sur le plexus solaire de son Partenaire.
Boya avait hurlé de douleur. Pourtant, de douleur, son corps n'en ressentait aucune. Le dantian médian de son compagnon ne fluctuait même pas. La douleur était uniquement psychique. La main de QingMing avait juste brisé la plénitude de néant dans laquelle les deux consciences flottaient sans fin et l'avait ramené de force à la réalité. Une réalité limitée, tronquée, mais suffisamment choquante pour l'instant pour qu'ils la ressentent comme une agression rare des sens.
Comme un nouveau-né qui hurle d'entrer dans le monde.
QingMing avait retiré sa main puis l'avait posé juste sous le nombril de Boya.
Il avait hurlé encore.
La brûlure, comme le cri, était une fois de plus psychique. Sous ses doigts, le corps restait détendu et calme. Ses énergies toujours aussi tranquille et équilibré.
Meme le hurlement n'était pas physique. QingMing ne l'entendait que parce qu'il avait un lien avec son shishen. S'il ne l'avait pas eu, il aurait juste eu devant lui le corps parfaitement immobile et détendu de son Boya qui attendait son bon vouloir.
Il retira encore sa main. Cette fois, il posa juste un doigt sur le front de son partenaire, juste là où il avait scellé le lien de shishen entre eux.
Le hurlement ne fut plus si fort mais juste un cri qui se transforma en gémissement d'inconfort.
QingMing envoya une infime ligne de qi dans son doigt. Le gémissement se tut alors que le calme revenait dans la double psyché.
La double conscience existait. Elle avait déjà oublié la brûlure. Elle avait oublié qu'il y avait autre chose autour d'eux. Elle ne voyait ni n'entendait rien. Elle était et c'était suffisant.
Zhuque et Boya ne savaient plus où l'un commençait et où l'autre finissait.
Ils existaient.
Il existait.
C'était suffisant.
C'était nécessaire.
C'était.
La brulure revint mais plus douce cette fois.
L'essence double cria encore de se souvenir qu'elle n'était pas que conscience.
La conscience partagée gémit lorsque quelque chose entra dans le néant immobile et y resta.
Ils voyaient.
Ils voyaient sans voir.
Il entendait sans oreilles.
Ils sentaient sans percevoir.
Le qi les caressait doucement, légèrement, comme une aile de papillon.
Un papillon.
Zhuque et Boya connaissaient un papillon. C'était une petite démone adorable.
Une démone.
Ils savaient ce qu'était une démone.
La conscience double s'accrocha à la légère ligne de qi et la siphonna assez pour se séparer légèrement.
Zhuque et Boya.
Oui. Ils étaient deux.
Ils n'étaient pas un.
Ils étaient.
Ils étaient plus qu'une simple conscience qui existaient.
Ils tirèrent encore légèrement sur la ligne de qi qui les nourrit sans peine.
La brulure avait disparu mais pas la chaleur.
Ils ne voyaient toujours rien. Ils n'entendaient toujours rien. Mais ils ressentaient.
Il n'y avait plus ce néant, ce cocon vaporeux autours d'eux.
Ils avaient un corps et ce corps touchait quelque chose.
Non.
Quelque chose touchait ce corps. Leur corps.
La tiédeur sur leur front était là. Ils la sentaient.
Mais s'ils sentaient la tiédeur sur le front, alors c'était qu'ils avaient un front.
S'ils avaient un front, ils devaient avoir une tête. Ils n'étaient pas qu'une conscience désincarnée qui se contentait d'être.
La chaleur quitta doucement ce qu'ils s'étaient rappelé être leur front et c'était séparée en deux pour aller vers leurs tempes et s'y arrêter encore.
La chaleur était double à présent. Elle y resta un peu.
QingMing avait posé ses deux index brillant de qi sur le front de Boya.
Lentement, ses doigts avaient glissé vers ses tempes pour s'y arrêter et y rester. Il ajouta ses majeurs à la douce caresse et descendit encore sur ses joues jusqu'à son menton.
Il remonta gentiment sur ses lèvres avec ses majeurs puis suivit la ligne noire jusqu'au creux de sa gorge. Il remonta les deux lignes parallèles qui suivaient les artères en dessous d'une caresse plus légère encore qu'une aile de papillon.
Le demi-démon ne perdait pas l'idée que c'était Zhuque d'abord qu'il se devait de satisfaire. Boya en profitait aussi bien sûr, mais c'était Zhuque qui avait la préséance pour cette fois.
Le demi-renard se pencha sur son compagnon pour effleurer ses lèvres des siennes.
Il n'entendait plus de hurlement de douleur entre eux, ni même de douleur tout cours. Juste le lien entre eux submergé par l'afflux de sensations qu'il tentait pourtant de garder aussi légères que possible.
La conscience double avait craint un instant de se perdre dans la douleur, puis dans la chaleur. Elle avait été à la fois partout et nulle part jusqu'à ce que Zhuque et Boya se souviennent que leur corps de se limitait pas à leur front. Ils avaient fini par comprendre que la caresse avait glissé de leur front sur les tempes, puis leurs joues, leur gorge et que leur Partenaire avait posé ses lèvres sur les leurs.
Petit à petit, à mesure qu'ils se souvenaient qu'ils étaient faits de chair, ils reprenaient lentement, très lentement pied dans leur propre réalité.
Un doux soupir leur échappa dans le baiser si léger qu'ils auraient pu rêver les lèvres de QingMing sur les leurs.
Un soupir. Ils avaient donc des poumons en plus d'une tête. Et s'ils avaient des poumons, ils avaient un torse. La chaleur qui glissait sur eux était à présent sur leur torse. Ils la sentaient double et qui se rapprochait lentement jusqu'à leur centre.
Un petit hoquet passa les lèvres de la conscience double lorsque leurs dantian absorbèrent comme une éponge la fine ligne de qi que leur Partenaire leur donnait toujours.
La douce chaleur glissa lentement vers le bas, encore.
Ils redécouvraient leur corps comme quelque chose de physique et non plus comme le concept que la privation sensorielle les avait laissés à leur arrachant tout le reste.
La chaleur glissa le long de leur sternum et s'arrêta soudain pour disparaitre.
Un gémissement leur échappa.
Sans la chaleur de leur partenaire, la lumière qui leur rappelaient qu'ils existaient disparaissait avec elle. Sans la chaleur, ils n'étaient plus à nouveau que cette double conscience désincarnée qui existait sans rien d'autre.
Cette fois, pourtant, ce n'était plus si agréable.
Ils se souvenaient maintenant. Il se rappelaient.
Il y avait autre chose. Il y avait tout un monde au-delà de leur conscience, au-delà de leur existence, au-delà de leur peau.
Et cette existence commençait là où commençait celle de leur Partenaire.
Ils ne hurlèrent pas lorsque la chaleur revint plus brûlante que jamais pour enflammer tout leur thorax.
Ils ne hurlèrent pas de douleur mais gémirent de plaisir de comprendre enfin que c'étaient les mains de leur compagnon.
QingMing posa ses mains à plats sur les pectoraux de son Boya, de son Zhuque et descendit encore lentement jusqu'à ses hanches.
Une fois encore, il traça les lignes noires qui les décoraient comme les plus délicats des tatouages mais étaient juste la concentration de tout le qi de Zhuque. Ces marques étaient Zhuque.
Et elles avaient grandi.
Là où elles ne montaient qu'à peine jusqu'à la taille la première fois où le chasseur et le dieu gardien s'étaient unis, elles montaient presque jusqu'à ses épaules et passaient dans leur dos pour rejoindre celle qui étaient leurs ailes.
QingMing se pencha pour poser ses lèvres sur leur ventre.
Sous ses lèvres, les muscles se crispèrent affreusement avant qu'un autre gémissement ne s'arrache à la gorge de la double conscience, le faisant sourire.
Il suivit de la langue chaque marque jusqu'au bas ventre de son partenaire puis sur ses cuisses et jusqu'à ses genoux.
Petit à petit, les gémissements s'étaient transformés en petit hoquets et en souffles épuisés qui envoyaient de petites ondes de plaisir dans les reins du demi-renard.
QingMing finit par se redresser pour retirer son chapeau, sa robe de dessus et plusieurs épaisseurs pour ne garder d'une robe sur son zhong yi.
Zhuque Boya retrouvèrent lentement la conscience de leur corps sous les lèvres et les mains de leur partenaire. Chaque muscle, chaque membre découvert l'un après l'autre fut comme une surprise inattendue pour la conscience double qui se rappelait petit à petit être en vie.
Lorsque les caresses de leur partenaire les abandonnèrent, l'absence leur fut soudain presque aussi douloureuses que les premières caresses l'avaient été.
Ils gémirent.
Après l'abandon du néant dans lequel ils avaient failli se perdre, l'abandon de la chair était tout aussi cruel.
"- QingMing."
Oui…C'était bien son nom.
QingMing.
Leur Partenaire.
Leur compagnon.
Le nom avait quitté leurs lèvres de lui-même, comme une prière à un dieu invisible et inaudible pour l'instant qui venait de les ramener à la vie.
La chaleur.
Une main
C'était une main.
Une main chaude se posa sur la joue de Zhuque Boya.
Pourtant, QingMing avait toujours les mains froides. Alors pourquoi ?
Les lèvres de leur renard se posèrent encore doucement sur les leurs pour échanger leur souffle avec le leur jusqu'à ce que Zhuque sente la tête lui tourner, noyé dans les sensations et le plaisir sans fin qu'il ressentait de redécouvrir lentement chaque nerf du corps qu'il habitait.
QingMing soupira de soulagement.
La douleur avait disparue.
Son partenaire avait repris pied au moins à minima dans la réalité.
Le soulagement du fashi était réel.
Il aurait pu continuer de jouer sur les sensations de son Zhuque Boya encore des heures mais il le voulait concentré sur lui et sur ce qu'il lui faisait. Qu'il soit concentré un peu sur lui-même, d'accord. Mais pas au risque de s'y perdre.
Il attrapa la corde de soie qu'il avait préparé et hésita de longues minutes sur la marche à suivre.
Devait-il aller jusque-là ?
Mais Zhuque avait réclamé de la nouveauté. Il avait demandé que son Partenaire lui fasse découvrir de nouveaux horizons. La privation sensorielle était déjà un début mais justement.
Ce n'était qu'un début.
Un début auquel Zhuque Boya avait réagi infiniment plus que QingMing ne s'attendait bien sûr. Mais ce n'était que de la petite bière sur ce que leur renard pouvait leur faire découvrir. Et ce que QingMing lui-même avait découvert quand il était plus jeune dans les soieries de certaines maisons de qualité où même Mad Painter n'aurait pas mis les doigts avec un bâton de dix li.
Heureusement que Zhong Xing ne l'avait jamais su, il en aurait probablement fait une attaque. QingMing en s'était jamais fait payer. Mais à une époque, il aurait presque pu. Juste pour le plaisir.
"- QingMing."
Le demi-démon se pencha sur son compagnon pour caresser gentiment sa joue.
Oui, Zhuque revenait vers lui et avec lui Boya.
Le sourire de QingMing se fit plus franc.
Il n'avait plus à craindre qu'il se perde dans son propre esprit et dans des sensations qu'il ne reconnaissait plus.
Il posa ses lèvres sur les siennes en un délicieux baiser où il échangea son souffle avec le sien jusqu'à en être étourdit.
"- Ha mon bel oiseau…"
Il reprit la corde de soie délaissée et leva les yeux vers la charpente de la maison.
Le premier nœud pour assurer tous les autres était toujours le plus délicat. C'était sur cette simple corde que s'attacheraient tous les autres.
Les yeux brillants, QingMing releva le corps alangui de son partenaire et passa la première corde autour de son cou. Un premier nœud sur sa gorge, puis un autre plus bas. Un troisième, un quatrième nœud, plusieurs autres encore et il passait la corde autour de sa taille puis ses cuisses.
Un dernier nœud sur une première corde.
Une seconde corde et un premier nœud.
La seconde corde qui passe dans les boucles de la première comme deux corps qui s'enlacent, se mêlent et tournent autour l'un de l'autre.
Une troisième pour immobiliser les bras, contraindre les biceps puissants de lutter contre la soumission délicieuse que QingMing leur imposait.
Une corde qui suivait le dos comme une caresse infinie puis se perdait entre ses jambes pour remonter en une tresse délicate vers les sommets.
Une dernière enfin pour soulager, un peu, la tension des épaules, la douleur des bras tendus et des poignets suppliciés.
Une jambe que l'on replie et que l'on immobilise pour qu'elle apporte le dernier contrepoint à une superbe œuvre d'art et QingMing tirait sur la toute première corde.
Les ailes de Zhuque s'ouvrirent gentiment, sans plus résister à leur corps qui pendait au plafond comme un céleste déchu en train de tomber vers la terre, noyant leur maitre de reflets de sable, de gueule, de sinople et d'azur
Le démon renard sécurisa la suspension puis s'assit par terre pour pendre le visage de son compagnon entre ses mains.
Il l'embrassa à nouveau avec la révérence d'un suppliant pour un dieu adoré.
Ses mains glissèrent dans la longue chevelure noire qui balayait le sol comme une cascade improbable au milieu d'un désert.
QingMing resta un long moment à glorifier son idole nocturne jusqu'à ce qu'un souffle détendu passe les lèvres de Zhuque.
Zhuque s'était étiré contre la conscience de Boya lorsque la douceur traitresse de la première corde s'était enroulée autour de leur corps. Une à une, elles s'étaient rassemblées autour d'eux comme un cocon de chaleur qui marquait leurs membres et leurs muscles pour les retenir, les contraindre et les dominer.
C'était plus, bien plus que ce que leur Partenaire avait déjà donné à Boya.
Mais c'était ce que Zhuque avait demandé après tout. Il voulait plus.
Il voulait de la découverte.
Il voulait voler dans le plaisir que leur compagnon leur procurait quand il s'occupait d'eux. Et Zhuque voulait que, surtout, pour une fois, ce soit lui et non Boya qui profite des attentions de leur partenaire. Il voulait être celui qui était d'abord dans l'esprit de leur renard.
Et il l'était.
La morsure de la soie dans ses chairs le fit frémit de plaisir lorsque QingMing les souleva jusqu'à les laisser pendre la tête en bas, le dos arqué, les bras attachés derrière le dos en une cambrure parfaite jusqu'à effleurer la douleur sans jamais le noyer dedans.
Zhuque ne retint pas davantage ses ailes qui s'ouvrirent pour pendre naturellement dans leur dos.
C'était la dernière des redditions du grand phénix pour son Partenaire.
Il capitulait pour lui et abandonnait toute résistance à ses désirs parce que QingMing n'avait que les siens à l'esprit.
Les caresses sur son visage, ses lèvres sur les siennes, les doigts de leur renard dans ses cheveux, il sentait son regard sur leur corps plus chaud et brûlant que leur qi quelques minutes, quelques heures ? plus tôt.
Il sentait la vénération de leur renard pour lui, pour eux, et elle le nourrissait comme aucun autre serviteur, aucun autre suppliant n'avait pu repaitre le dieu des prières de ses fidèles.
Un souffle passa enfin ses lèvres alors que les dernières traces de tension quittaient les derniers de ses muscles.
Il appartenait corps et âme à son partenaire.
Non.
Ils appartenaient corps et âmes à leur Partenaire.
QingMing reprit les lèvres de son compagnon pour un baiser bien moins chaste.
Zhuque avait été spécifique dans sa demande. Il voulait que son partenaire l'aime et lui fasse découvrir de nouveaux horizons.
Le demi-démon se débarrassa de ses derniers vêtements. Depuis qu'il avait commencé à attacher son compagnon, l'odeur qui montait de la peau de Boya était de plus en plus piquante de plus en plus agressive aussi. Pour QingMing, elle lui rappelait les courses folles dans les bois autour de JingYun. Elle lui rappelait des heures de passion et d'abandon total au service des besoins de son partenaire.
"- Ha Zhuque… es-tu en chaleur pour de bon maintenant ?"
Mais il aurait dû ouvrir ses ailes et voler loin devant lui. Il n'aurait pas dû se laisser attacher et maltraiter comme il le faisait.
QingMing se pencha encore pour embrasser les lèvres de son délicieux compagnon puis se lèvres glissèrent sur son torse pour remonter vers son ventre. Il suivit de la langue les cordes qu'il avait placé sur lui comme autant d'entraves qui contenaient toute la passion qu'il avait pour lui et le désir de le voir à ses pieds.
Un hoquet de surprise échappa à Zhuque lorsqu'il pinça un mamelon brun entre ses dents avant de le sucer longuement entre ses lèvres. Zhuque avait tellement modifié le corps de son compagnon, arriverait-il à lui faire avoir du lait ? Qu'il ne soit pas le seul idiot à être ridicule.
Mais ce n'était qu'une question en l'air, une bien gentille fantaisie qui n'avait aucune importance.
Si Boya avait du lait, serait-il sucré et gras comme celui d'un mammifère ? Sec et épais ? Autre chose ?
QingMing se moqua de lui-même. Il n'en parlerait jamais à son Boya. Il n'avait pas envie de se faire taper dessus pour ça. Dans d'autres circonstances en revanche… Il savait qu'une des armes préférées du sud était le fouet. Si seulement son Boya avait appris à s'en servir… Mais il ferait avec ce qu'il avait. Et puis, ils pouvaient toujours apprendre ensemble, non ? Il était sur que Long Ye n'aurait aucun problème a leur enseigner l'usage de l'arme. Ce qu'ils en feraient après ne regarderait qu'eux.
Les lèvres du nordiste suivirent la courbe harmonieuse des abdominaux de son partenaire puis se perdirent entre ses jambes pour laper le membre délicieux qui se raidissait lentement sous ses attentions alors qu'il s'agenouillait près de son compagnon.
Un lourd gémissement s'échappa de la gorge de Boya sans qu'il ne bouge davantage. Comme un rapace attaché aux longes de son soigneur, un capuchon de cuir sur la tête, Zhuque ne pouvait que subir sans crainte tout ce que son renard avait prévu pour lui.
Les lèvres du demi-démon glissèrent lentement le long de la hampe jusqu'aux testicules du fashi. Il les prit l'un après l'autre dans sa bouche tout en laissant ses doigts jouer sur toute la longueur du sexe rigide puis descendit encore. Sa langue s'attarda longuement sur l'orifice souple et délicat jusqu'à ce qu'il le sente suffisamment détendu pour s'ouvrir sans peine sous des doigts.
Zhuque gémit doucement pour en demander davantage. Il aurait dû s'envoler devant son renard, tout faire pour le semer et se soumettre à lui lorsqu'il l'aurait attrapé. Mais il était déjà attrapé. Il était déjà en son pouvoir. Il ne pouvait que le laisser faire.
A chaque caresse, l'odeur qui noyait la tanière se faisait plus prononcée, presque moite. Elle imprégnait tout et rendait progressivement QingMing aussi désespéré de couvrir son Boya que Zhuque de le recevoir.
Il n'y aurait pas de long vol cette fois.
Il n'y aurait pas de course poursuite dans les bois.
Il n'y aurait pas de paris entre les membres de JingYun et de soupir de Yan Shu.
Il n'y aurait pas non plus de Zhuque pour pondre des œufs dans le nid du chef de secte.
Zhuque ne savait pas comment ses chaleurs allaient se finir, mais elles ne seraient pas comme les précédentes.
Cette fois, son renard était là.
Mais elles ne seraient pas comme les premières. Pas alors qu'il était caché dans le corps de son vaisseau et que c'était le dieu-gardien qui était aux commandes pendant leurs chaleurs.
Un cri de surprise s'arracha à la gorge de Zhuque Boya lorsque QingMing refusa de le laisser s'assouvir et se redressa.
Les yeux du demi-renard étaient jaunes. Ses pupilles dilatées renvoyaient la lumière, ajoutant à son apparence dépravée une folie que Zhuque voulait recevoir jusqu'à ce que leur Partenaire les ai satisfaits, son vaisseau et lui.
Mais QingMing avait autre chose en tête.
Il s'accrochait à la demande de Zhuque pour ne pas basculer totalement dans le rut que les délicieuses odeurs qui montaient de son partenaire étaient en train de déclencher chez lui aussi.
Dans le reste de la maison, bien heureux innocents, personne ne se rendait compte de rien. QingMing avait parfaitement comprit comment protéger ses shishen de leurs ébats.
Le demi-renard prit un petit lien de soie. Il le laissa glisser sur l'entrejambe de son compagnon qui soupira de plaisir.
Zhuque avait finalement rouvert les yeux. Ils étaient troubles et ne serait pas parvenu à faire le focus sur leur partenaire s'ils n'avaient pas été couvert.
Que faisait QingMing ?
Le dieu-gardien gémit encore doucement lorsque les doigts agiles de QingMing glissèrent sur leur sexe et le caressèrent quelques instants avant qu'une sensation étrange ne fasse pour la première fois un peu bouger Zhuque.
Qu'est-ce que son QingMing avait fait ?
"- Tu ne pourras pas jouir sans mon autorisation, maintenant." Sourit le renard en tirant gentiment sur le lien qu'il avait attaché autours des testicules de son partenaire et de la base de son membre.
Peu importait que Zhuque ne puisse l'entendre. Il ressentait. C'était suffisant.
Zhuque rua encore légèrement dans ses cordes mais ne parvint qu'à osciller mollement du plafond.
QingMing l'observa encore quelques instants. Il flattait son propre entre-jambe d'une main absente. Lorsque les oscillations de Zhuque l'amenaient près de lui, il effleurait la peau à sa portée mais ne faisait rien de plus, trop occupé qu'il était à se repaitre de la vue de son adorable compagnon toujours la tête en bas, troussé par la soie comme la plus magnifique des offrandes païennes à un dieu de stupre et de luxure.
Finalement il attrapa les cordes croisées sur le ventre de son partenaire et le tira vers lui.
QingMing n'eut même pas besoin d'encourager Zhuque pour qu'il comprenne ce que voulait le renard. Le dieu-gardien ouvrit la bouche avec avidité, les yeux clos de plaisir et d'anticipation derrière la soie malgré le besoin de plus en plus violent qui lui raidissait les reins.
QingMing guida son sexe entre ses lèvres et utilisa son partenaire pour son plaisir égoïste jusqu'à s'assouvir dans sa gorge.
Zhuque avala l'offrande avec un rien de frénésie. Comment ne s'était-il pas étouffé ? Il ne voulait même pas savoir. Il voulait juste plus. Il voulait davantage.
Il voulait que leur partenaire le couvre et féconde les œufs qui n'attendaient que son concours pour pouvoir se développer, cette fois bien à l'abri dans le corps de son vaisseau.
Les mammifères étaient bizarres, mais ils avaient des avantages que les oiseaux n'avaient pas. Des inconvénients aussi bien sûr.
mais puisque Zhuque était en chaleur alors qu'il était aux commandes du corps de son vaisseau, cette fois, c'était lui qui garderait les œufs dans son ventre jusqu'à ce qu'il soit temps de les pondre.
Ça marcherait peut-être mieux comme ça ?
Mais si Zhuque voulait que ça marche, son Partenaire ne devait pas déverser sa semence dans sa gorge.
Il émit un trille pathétique et demandeur que QingMing comprit sans peine.
Le demi-démon mis un genou à terre pour l'embrasser avec tendresse avant d'aller prendre place entre ses jambes. Le renard le posséda lentement jusqu'à être sûr de ne pas le blesser.
Accroché aux cordes qui retenaient son magnifique oiseau, le fashi prit son temps pour le couvrir une première, puis une seconde fois avant de le détacher enfin.
Il ne le libéra pas.
Zhuque avait beau supplier, il ne retirait pas le lien autours de son sexe.
Il avait beau pleurer, si QingMing l'avait décroché du plafond ça n'avait été que pour le retourner au milieu de la tanière et le besogner avec la dernière énergie jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien pour remplir le ventre souple et offert sous lui.
Alors seulement il le libéra et lui permis de prendre son plaisir à son tour, gémissant de sentir les muscles de son partenaire se contracter autour de lui assez longtemps pour que son membre reprenne vie.
"- Ha Boya…" Il lui mordit cruellement la nuque et s'enfonça davantage pendant que ses queues s'enroulaient autour des jambes de son compagnon.
Un grondement monta de son torse qui ne put couvrir les roucoulements d'encouragement de Zhuque à mesure que le phénix sentait le nœud de son renard l'écarteler un peu plus avant de s'immobiliser enfin et de le remplir encore de sa semence pendant de longues minutes.
Repus, épuisés, QingMing s'écroula sur le dos de son compagnon qui grogna, toujours sourd et aveugle, juste soumis à toutes les sensations et au plaisir que leur partenaire avait condescendu à leur donner.
Le renard resta à sa place encore un long moment jusqu'à trouver la force de libérer Zhuque de sa présence. Immédiatement, il grogna. Il ne voulait pas voir la semence qu'il avait mis si longtemps à le remplir le quitter aussi vite.
Il reprit sa place d'un rude coup de rein et s'immobilisa.
Libérer Boya de ses cordes sans quitter son corps fut un peu acrobatique mais Zhuque finit par difficilement pouvoir bouger, toujours sourd et aveugle à tout à part aux mains de QingMing sur lui et à son membre encore enfiché en lui.
Le demi-démon retira prudemment la cire encore malléable de ses oreilles.
"- Comment va mon bel amour ?"
Zhuque trilla doucement avant de se rappeler comment parler.
"- Bon…très…bon…"
"- Et mon autre bel amour ?"
"- Je te déteste, QingMing." Râla Boya. "J'ai mal partout."
QingMing gloussa avant de les embrasser avec tendresse. Toute la violence de ses gestes avait disparue pour ne plus laisser que tout l'amour qu'il avait pour lui, pour eux.
"- Ton ventre est aussi rond que moi lorsque j'étais à cinq mois." S'amusa le renard en pressant gentiment le ventre de son compagnon.
Boya grogna encore alors que Zhuque roucoulait de contentement.
"- J'espère que nos œufs seront fertiles cette fois."
QingMing retira lentement le lien de soie sur les yeux de son bel oiseau. Boya battit des paupières un instant avant de cacher son visage dans la literie. Aussi faible était-elle, la lumière était quand même trop forte pour lui pour l'instant. Il lui fallut quelques minutes pour tolérer les simples lampes à huile qui éclairaient la tanière d'une lumière tamisée indirecte.
"- Ai-je réussit à satisfaire les désirs de mes deux amours ?" Sourit QingMing après encore un peu d'acrobaties pour prendre Boya dans ses bras sans se retirer de lui.
Zhuque se fit tout petit dans les bras de son Partenaire.
"- C'était bien. C'était…Bizarre. Mais bien."
"- Mmm… j'en veux plus." Confirma Boya après Zhuque. "Quand tu nous as attachés…"
"- Nous sommes partis loin…Si loin…"
Ils se turent. Ni Boya ni Zhuque ne pouvaient pas davantage décrire cette expérience de dissociation si douce et si parfaite que revenir à la conscience de leur propre corps avait été de la torture.
QingMing les serra dans ses bras. Ses sept queues les caressaient avec affection et tendresse.
"- Je ne vous ai pas fait mal ?"
"- Non… J'aime quand tu m'attaches." Avoua finalement Boya. "N'avoir à penser à rien. Être totalement à ta merci, juste avoir à exister…" C'était…reposant. Apaisant. Et exaltant aussi.
Boya bailla lourdement.
Comme Zhuque, il était épuisé.
Les lèvres de QingMing se posèrent sur leur nuque.
"- Dors mon amour. Mes amours. Reposez-vous. Je reste avec vous."
Il restait même en eux.
Il ne pouvait gâcher ce qu'il venait de leur offrir pendant plusieurs heures.
QingMing posa une main de propriétaire sur le ventre de Boya.
Zhuque avait-il voulu dire qu'il avait couvert son Partenaire avec succès ? même dans son corps humain ? Que les chapelets d'œufs que Boya pondait une fois toutes les six à huit semaines étaient tout aussi fécondables que ceux de Zhuque ? Quoique cette fois, Zhuque était en chaleur, pas comme d'habitude où le corps de Boya se contentait de se débarrasser des œufs infertiles.
Le demi-démon se mordilla la lèvre.
Le voulait-il maintenant ?
Alors qu'ils avaient déjà un bébé de trois mois, qu'ils allaient se marier dans deux.
Il embrassa encore la nuque de son partenaire.
Il le voulait si Boya le voulait.
Il l'aimait.
Il les aimait
C'était la seule chose qui avait encore de l'importance.
Il s'endormit lui aussi, épuisé de leur nuit de débauche.
L'odeur dans la Maison se fit lentement plus légère jusqu'à ce qu'elle soit dissipée par la petite brise nocturne.
Dans les chambres, les adultes reprenaient lentement conscience de leur environnement.
La nuit avait été aussi enthousiaste que souvent. Mais c'était la première fois que le responsable était Boya et non leur Maitre.
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Le matin ne fut pas long à venir.
Le sommeil des habitants de la maison plus délicat à les quitter.
Boya reposait contre la hanche de son Partenaire, épuisé.
Un peu moins fatigué mais tout aussi débauché et repus, QingMing le caressait entre les ailes du bout des doigts et ses jambes avec ses queues.
Avoir dû s'occuper aussi bien de Zhuque que de Boya avait apaisé un peu la virilité maltraitée du yin yang shi. Normalement, il se fichait totalement d'être sur le dos ou de se faire grimper par qui que ce soit. Là, avec sa "maternité", il avait eu besoin de se rappeler à lui-même qu'il était aussi viril que son Boya. Que le dieu-gardien et son vaisseau aient été aussi avides de se soumettre à lui avait fait grand bien à son estime de soi.
Le demi-démon se pencha pour embrasser son compagnon sur le front.
Boya se serra un peu plus contre lui en grognant. Il était épuisé, ses muscles étaient mous comme un vieux flan aux œufs, il puait le stupre et la débauche et la chaleur désagréable qui lui raidissait les reins depuis quelques jours avait disparu.
Aussi satisfait que lui, Zhuque somnolait au fond de son crâne avec un petit bout de langue qui pendait lamentablement au coin du bec. Il aurait pu le rentrer mais il était trop épuisé et repu pour ça.
Boya n'avait jamais connu le dieu-gardien aussi repus avant. A part une fois
"- …Zhuque…tu n'aurais pas quelque chose à me dire ?"
Malgré son état de vieux bout de viande trop maché, Boya était sûr d'avoir entendu Zhuque espérer que leurs œufs seraient fertiles cette fois. Qu'avait-il voulu dire exactement ? Boya devait-il changer de forme pour pondre quelques œufs sous quelques heures comme la première fois que QingMing avait satisfait les chaleurs de Zhuque ?
Le phénix dut fournir un effort remarquable pour reconnecter un peu ses neurones.
"- Si j'ai réussi mon coup, on devrait avoir un poussin ou deux dans quelques mois."
Boya grogna.
"- Tu vas m'expliquer ça."
Dans quelques mois, ca, c'était raccord. Mais pourquoi était-il encore humain si ses œufs étaient fertilisés ?
"- Parce que les mammifères ne sont pas si nuls que ça. Alors on va garder les œufs au chaud quelques temps avant de pondre."
Boya posa une main sur son ventre. Il était un peu rond mais rien de particulier. Juste très légèrement proéminent, comme lorsqu'il devait évacuer un chapelet d'œufs toutes les quelques semaines.
"- …Tu veux dire que je vais pondre juste avant l'éclosion ?"
"- Si j'ai réussi mon coup : oui."
Boya voulait-il savoir ce que Zhuque avait encore trafiqué dans son corps ? Absolument pas.
"- Ils vont être minuscules."
"- Ils seront plus fragiles que des bébé phénix normaux mais maintenant que j'ai vu un bébé humain de près, ce ne sera guère différent." Les bébé phénix étaient-ils à ce point plus développés quand ils sortaient de l'œuf ? "Un bébé phénix normal vole deux ou trois jours après sa naissance" Confirma Zhuque. "Là, il faudra qu'il grandisse un peu. Mais il y a moins de prédateurs aussi."
Boya soupira lourdement avant de vouloir retourner dans les bras de son renard pour s'immobiliser et réaliser qu'il était encore enfiché en lui de toute sa longueur. Et de toute sa largeur de renard aussi.
"- QingMing… Libère moi." Un hoquet échappa à Boya lorsque QingMing se mit lentement en mouvement. "QingMing !"
Les mains du yin yang shi trouvèrent immédiatement son entre-jambe pour l'encourager à se détendre sous ses attentions.
"- Sale bâtard de renard en rut !" Un autre hoquet, de plaisir cette fois, lui échappa sous un coup de reins particulièrement agréable.
Il n'en fallut guère plus pour qu'ils repartent sur une nouvelle session bien moins vigoureuse mais beaucoup plus tendre que la veille.
Lorsque QingMing se retira enfin, Boya jura à mi-voix. Il avait l'impression d'être une outre percée trop étirée qui rependait son contenu.
"- Je peux te nettoyer si tu veux." Ronronna encore le demi-démon, une lueur affamée dans les yeux.
Boya n'eut même pas le temps de protester que son compagnon était à nouveau entre ses jambes pour le nettoyer de la langue. QingMing finit en le prenant dans sa bouche pour qu'il s'assouvisse une dernière fois.
Lorsque le tueur de démon reprit connaissance, il était confortablement installé entre les jambes de son partenaire, allongé sur son torse, au fond d'une baignoire remplie d'eau bien chaude.
"- Comment vont mes deux amours ?"
"- Zhuque est totalement cuit et ne me demande pas de bouger avant le mois prochain." Geignit Boya.
Ses membres n'étaient que des nouilles trop cuites qui marinaient lentement dans de l'eau trop chaude.
QingMing l'embrassa avec toute la tendresse du monde. Il avait l'air particulièrement fier de lui-même et très satisfait. Un petit sourire passa rapidement sur les lèvres de Boya. Il pouvait comprendre que la journée écoulée et la matinée passée aient été un baume sur la virilité maltraité de son partenaire. QingMing n'était pas un viriliste bas de plafond, mais Boya se rappelait aussi d'avoir été heurté dans sa masculinité de devoir pondre des œufs. C'était juste un ajustement à faire sur sa propre perception. Ils n'en étaient plus là.
"- Merci mon amour."
Boya se laissa encore embrasser avec passivité.
"- De rien mon renard. Ho. Et Zhuque a dit que j'allais avoir des petits dans quelques mois."
QingMing se figea. Boya lui répéta les explications de Zhuque.
Sans surprise, le demi-renard gloussa doucement tout en posant ses mains sur le ventre de son partenaire.
"- Je crois que nous allons arrêter de chercher à comprendre nos biologies." Ils étaient tous les deux des hybrides trop bizarres pour qu'elles aient encore un sens. Tant que ça marchait….
"- Le pauvre Killing Stone va encore s'arracher les cheveux."
"- Il adore ça. Nous sommes un terrain de jeu sans limite pour lui."
Boya dut en convenir.
Le couple resta immobile dans l'eau jusqu'à ce qu'on toque à la porte de la tanière. Mad Painter passa la tête par la porte avant de se mettre à tousser. Il entra dans la pièce pour aller ouvrir les fenêtres, les yeux larmoyants.
"- Vous avez encore embaumés toute la Maison !"
"- Et Boya attends des poussins."
ShaiMing tendit les bras vers ses parents dès qu'il les vit. Kang HuaShi le sortit de l'écharpe qu'il avait autour de son torse pour le tenir, lui retira ses vêtements et sa couche avant de le donner à ses parents toujours dans l'eau chaude.
"- Et bien occupez-vous d'abord de celui-là. Il a été insupportable toute la nuit. Il vous attendait."
Un peu de culpabilité passa sur le visage des deux hommes mais le bébé les avait déjà pardonnés. Collé contre leur peau, il babillait de plaisir d'avoir retrouvé les centres de son tout petit univers.
"- Je vous fais apporter de quoi vous nourrir."
Le shishen se retira sur la pointe des pieds pour laisser la petite famille profiter tranquillement du reste de sa journée.
Les deux hommes auraient sans doute réagi davantage à l'annonce que leur avait fait Zhuque s'ils n'avaient pas été aussi épuisé, contents et juste…bien. Il leur aurait fallu se poser des questions. Faire QUELQUE CHOSE en tout cas. Plus que simplement accepter passivement la nouvelle, se bécoter et cajoler leur petit.
Mais…Leur quota de fatigue nerveuse avait été épuisée pour les mois à venir.
Boya allait avoir un poussin ? D'accord.
QingMing pouvait allaiter leur bébé ? Pas de problème.
Les poules avaient des dents ? Sardine existait
La lune allait devenir verte avec des taches violettes ? Si ça plaisait à quelqu'un, pourquoi pas.
De toute façon, qu'ils protestent ou pas, l'univers n'en faisait qu'à sa tête, alors….
