Bonjour,
J'espère que tout va bien pour vous ! Voici un nouveau chapitre, je suis raive de vous faire découvrir un peu plus Olivia, mais surtout Sofia qui est d'une douceur incomparable. On découvre enfin un de nos loups bien aimé, n'hésitez pas à me transmettre vos retours !
Chapitre 2 : Falaises et arc en ciel
Le week end avait été doux, et presque tous les cartons étaient vidés. La jeune femme était tout à fait fière d'avoir réussi à avancer autant, ce qui lui offrait une tranquillité d'esprit et une vue tout à fait agréable sur sa maison. Sa bibliothèque était remplie, son dressing aussi et elle avait eu le temps de prendre un long bain le dimanche soir avant d'entamer son nouvel emploi ce matin. Elle passa une main distraite sur son haut gris chiné par réflexe, cherchant à chasser tout pli s'y retrouvant, signe d'un stress plutôt sain pour un premier jour de travail. Elle enfila ses bottines noires, replaçant l'ourlet de son jean au passage, et ferma la porte à clé. C'était une douce journée de juin, et elle ne voyait pas ce qui pourrait la gâcher. Elle choisit de marcher jusqu'à la petite dépendance qui servait de bureaux aux deux infirmières. Ça se trouvait à quelques minutes à pied, et cela lui permettrait d'observer le village qu'elle adoptait jour après jour.
Bien vite, elle poussa la porte de bois où le nom de sa collègue s'effilochait un peu. Elle avait hâte de rajouter le sien. Derrière un bureau chargé, se trouvait une femme brune au teint halé, concentrée sur un dossier papier. Le carillon sonna la fermeture de la porte, et des yeux bruns vinrent rencontrer les prunelles vertes amande d'Olivia, qui s'efforça à lui offrir un sourire sincère.
« Olivia ! Bienvenue à La Push ! »
Elle se leva de sa place pour serrer dans ses bras la nouvelle arrivante. Liv était ravie d'être si bien accueillie, même s'il elle avait vraiment appréciée la jeune femme lors de leur première rencontre et entretien. Elle avait été la seule candidate au poste vacant depuis plusieurs mois, et avait parfaitement convenu, malgré son manque d'expérience. Elle rendit son étreinte à sa collègue, et détailla Sofia une fois l'échange avorté. Elle devait avoir la trentaine, une cascade de cheveux bruns ondulés qui jouait autour de son visage rond et enjoué. Elle semblait si positive que Liv fut rassurée. Elle portait une robe noir ample, qui camouflait les formes qu'elle avait. C'était sincèrement une belle femme, féminine et sûre d'elle. Elle avait beaucoup de charme, des lèvres charnues et un regard pétillant. L'infirmière invita sa collègue à s'installer afin d'échanger sur le planning commun. L'hopital de Forks faisait appel à leurs services pour des villages jusqu'à 1 heure 30 de route. La plupart du temps, Sofia agissait pour des bourgades proches, les villages éloignés avaient leur propre système de soutien, ce qui soulageait beaucoup la jeune femme depuis le déménagement de son ancienne collègue. Le tracé du jour était plutôt simple, elle s'occupais principalement de soins complexes, ce qui n'exigeait pas une présence à heure fixe.
« Les gens du coin sont autonomes. On ne t'appelera pas pour une piqûre, mais pour de vrais besoins »
Sofia prit le temps de lui expliquer qu'il arrivait de faire des remplacements à l'hôpital en cas d'épidémie de grippe ou d'absence de personnel. Ici, on se sert les coudes, et cela mit du baume au cœur d'Olivia : Elle savait qu'elle avait bien fait de partir pour un lieu plus petit.
« On va commencer avec cet idiot de Duncan, qui a pensé intelligent de sauter du haut d'une falaise sans vérifier qu'il n'y avait pas de rocher en bas… Il s'est éclaté le tibia, une plaie bien profonde aussi, et un beau souvenir pour la route. Ces gamins… »
Elles se mirent en route pour la journée d'intégration d'Olivia sur son nouveau poste : très vite, elle devrait faire ses tournées en autonomie, et simplement cadrer ses rendez-vous avec Sofia afin de proposer plus de services aux habitants. Une valisette old school en main, l'infirmière montra le chemin à pied à Liv. Elles prirent le temps de discuter des patients récurrents, et de leur journée qui n'allait pas être trop lourde. Une fois devant une maison typiquement Quileute, Sofia frappa trois coups avant d'entrer. Elle fut chaleureusement accueillie par une femme typée, aux longs cheveux bruns, l'air débordé.
« Merci de passer Sofia. J'ai cru que j'allais l'étriper quand je suis allé le chercher à l'hopital. Tu imagines ? Mais qu'est ce qu'il a imaginé ? Que les sports extrêmes sont pour son âge ? Il a à peine 12 ans ! »
Elles s'enlaçaient rapidement, et Liv comprit qu'elles se connaissaient bien. Elles échangeaient quelques banalités et l'infirmière prit le temps de présenter sa nouvelle collègue. Olivia se trouvait à nouveau prise dans les bras d'une inconnue, touchée par la sincère reconnaissance que les habitants ont pour son arrivée. Elles montèrent ensemble dans la chambre du garçon.
« Duncan… »
Le garçon était couché au fond de son lit, il semblait jouer sur son téléphone. Sa mère lui retira l'objet des mains, tout en le réprimandant. La voix de Sofia était menaçante, mais personne sain d'esprit ne serait effrayé par ce bout de femme.
« Tu as cru quoi, hein, que tu étais Jared, ou Embry ? Bon sang c'est pas parce que ces têtes brulés font n'importe quoi qu'il faut les prendre en exemple ! Tu aurais pu te briser la nuque ! C'est ça que tu veux, te briser les cervicales ? Idiot ! »
Elle attrapa un cahier de cours qui trainait sur le bureau et assèna une tape sur la tête du garçon. Le gamin semblait décomposé, un peu blafard pour sa peau halé, et sincèrement terrifié par Sofia. Liv étouffa un rire et s'installa proche du garçon pour lui prendre sa tension.
« Salut Duncan. Je suis Olivia Malkin, je travaille avec Sofia. Je vais prendre ta tension, tu es ok avec ça ? »
Il hocha la tête et tendit le bras pendant que Sofia changeait le pansement et désinfectait la plaie. Elle expliquait chaque étape à la mère du jeune garçon, pédagogue, en lui montrant chaque objet qu'elle utilisait.
« Les soins infirmiers coutent relativement cher et tous les Quileute n'ont pas forcément une bonne assurance. Il faut prendre le temps de leur enseigner des techniques basique afin qu'il puisse s'occuper des blessures eux même, afin de leur permettre d'économiser de l'argent et de nous laisser plus de temps pour d'autres patients. C'est vraiment important. »
Liv buvait les paroles de Sofia, tout en étant extrêmement admirative de son altruisme. Elle expliqua les symptômes qui devaient inquiéter la mère de Duncan en lui rappelant de l'appeler en cas de besoin. Elles eurent à nouveau le droit à des embrassades, et Sofia donna une nouvelle tape sur la tête du garçon.
« Désolé Sofia… »
La brune fit alors volte face, et se mit réellement en colère contre le gamin
« Désolé ? Mais Duncan, mes deux jambes sont en parfaites état ! Tu devrais t'excuser auprès de ta mère, mais aussi auprès de ton corps, d'avoir été aussi inconscient. J'espère que tu y réfléchiras à deux fois la prochaine fois que tu voudras faire quelque chose d'aussi stupide. Idiot !
-Oui Sofia. Pardon Maman. »
Sur ces paroles pleines de sagesse, Sofia et Liv quittèrent la demeure de la famille afin de se rendre chez la patiente suivante. Olivia n'avait jamais vu une infirmière travailler comme cela. Elle était sincèrement impressionnée et se sentait si petite face à la professionnelle qui marchait à ses côtés. Sa bouche brûlait de mille questions, et quelques une franchirent la barrière de ses lèvres :
« Sofia, tu connais tout le monde de cette façon là ? »
D'un rire franc, elle répondit.
« Oui, Olivia, ça fait plus de 10 ans que je suis infirmière libérale ici. Je connais tout le monde, et tout le monde me connait. Plus grand monde n'a de secrets pour moi, les blessures du corps et de l'esprit révèlent tant de choses sur la vie des gens. Alors, dans des villes aussi petites que Forks ou La Push, tu as vite fait de connaître un tout à chacun. Et c'est ça qui leur permet de te faire confiance.
-Et tu as toujours pratiqué de cette façon ?
-Hum oui, toujours. J'ai quitté le Mexique avec ma famille à l'âge de 6 ans. On a été longtemps des immigrés clandestins mais chaque famille que tu croiseras ici à œuvrer pour nous protéger, ma famille et moi. Mes parents et mes frères sont partis petit à petit, notamment lors de mon départ à la fac, et je suis revenue y travailler pour les remercier de tout ce qu'ils ont fait pour moi. C'est parce que je connais leur générosité que j'ai choisi d'agir de cette façon.
-C'est très beau de ta part.
-Je ne pense pas, tu sais, c'est assez naturel dans un sens. C'est grâce à eux que je peux faire le métier que j'aime, pourquoi le faire loin de ceux qui m'ont aidé et qui en ont besoin ? »
Olivia n'avait rien à répondre à cela, c'était une évidence. Les larmes lui montèrent presqu'aux yeux en entendant tout cela, c'était pour elle l'humanité même. Enfin, un sens à une vie trop étriquée, individualiste. Il aura fallu qu'elle s'exile dans une bourgade humide et loin de tout pour enfin le découvrir.
Une pause déjeuné plus tard, avec beaucoup d'échanges sur leur scolarité respective et quelques patients assez âgés, les deux infirmières se dirigèrent vers la maison de la dernière patiente de la journée. Elle était atteinte d'une maladie orpheline. Il fallait venir tous les 3 jours prendre ses constantes, vérifier que les appareils médicaux qui l'aidaient à respirer fonctionnaient correctement et que son état restait stable. Elle avait 10 ans et s'appelait Julia. Soigner des enfants était la partie la plus dure du métier selon Liv. Elle était dépassée par l'idée même que de petits êtres innocents puissent se faire malmener de la sorte par leur propre corps.
« Julia a eu beaucoup de chance d'avoir un donnateur anonyme qui a acheté tous le matériel nécessaire à son retour à la maison. L'hôpital coutait une fortune à ses parents, et ils n'avaient plus les moyens de la soigner. Et pouf, comme par enchantement, voilà un gros chèque qui arrive pour Julia, et la voilà de retour chez elle. Entre nous, je pense que le Docteur Cullen en est pour quelque chose… Quoiqu'il en soit, elle ne pourra pas retourner à l'école pour le moment, mais les institutrices se relaient pour lui donner quelques cours. Et nous, on évite au docteur de passer trop souvent et d'infliger des honoraires impossibles à ses parents en donnant des nouvelles à l'hôpital. »
Encore une fois, Olivia était bouleversée par la solidarité qui régnait dans ce comté de l'état de Washington. Elles entrèrent à nouveau après trois coups, sans attendre que quelqu'un viennent les chercher. Il n'y avait pas d'adulte au premier abord, il était pourtant déjà 16 heures passés. Mais Olivia imaginait aisément que les deux parents de Julia étaient toujours au travail afin d'assurer à leur fille les meilleurs soins possibles. Elles entrèrent dans une chambre colorée où deux petites filles éclataient de rire. Assis un peu plus loin, un garçon de l'âge d'Olivia était installé, à les couver du regard.
« Oh, Claire ! Je ne savais pas que tu serais là ! »
Les deux enfants saluèrent l'infirmière, un sourire aux lèvres. Il était aisé de savoir qui était qui, quand Julia débordait de tuyaux et cables en tout genre par son tee shirt arc en ciel. La dénommée Claire devait avoir le même âge, et semblait tout à fait à l'aise avec l'environnement de son amie. Elle se dégagea du lit de cette dernière pour s'installer sur les genoux du garçon assis sur le rocking chair. Ce dernier joua distraitement avec les cheveux de l'enfant, souriant avec bienveillance à Sofia.
« Je suis venue travailler mes poésies avec Julia ! Elle était toute seule pendant une heure après le départ de Nani.
-Tu es adorable, Claire. Quil, je ne devrais pas être surprise de te voir ici. Tu vas bien ?
-Ca va Sofia, et toi ?
-Parfaitement. Et comment va l'arc en ciel de ma journée ? »
Sofia déposa un baiser humide et sonore sur la joue de Julia qui éclata d'un rire enfantin. Si pur qu'il fit presque trembler Olivia.
« Ca va Sofi, c'est qui ? »
Elle désignait du doigt la nouvelle infirmière, d'un air interrogatif.
« C'est Olivia, tu te souviens, je t'ai parlé d'elle la dernière fois.
-Ah oui, bonjour Olivia ! Je m'appelle Julia, je suis un peu malade, fais attention à toi. »
Elle feint un toussotement et Liv éclata d'un rire sincère. La jeune enfant avait assez d'auto dérision pour rire de sa condition.
« Julia, voyons !
-Désolée Sofia, c'était pour rire ! Je pète la forme !
-Je vois ça ! Bon, c'est pas tout ça, mais tu sais ce qu'on doit faire maintenant, Claire, Quil, merci d'être venu, mais je m'occupe de Julia maintenant, vous repasserez à un autre moment ?
-Bien sur »
Le garçon souleva l'enfant pour la poser au sol, et, disciplinée, elle déposa un léger baiser sur la joue de son amie avant de la saluer d'un mouvement de main.
« A bientôt Julia, repose toi bien !
-A bientôt Claire, merci d'être venu avec elle Quil ! »
Les deux amis partis, Sofia et Julia s'engagèrent dans une routine bien définie. Olivia n'eut qu'à observer, contrairement à toutes les autres visites de la journée. Mais il lui semblait que le lien qui était entre les deux filles étaient inébranlable, de ceux qu'on ne vient pas perturbés. Elle resta en retrait, riant aux blagues de Julia et attentive aux gestes précis de l'infirmière. Quand elles quittèrent Julia, sa mère frôlait à peine le pas de la porte, des cernes noires autour des yeux. Elles échangeaient quelques informations sur la condition de Julia et se quittèrent après une étreinte furtive. Une fois la porte fermée derrières elles, Olivia se permit de poser une question à sa collègue.
« Il vaut mieux que tu poursuives les soins avec Julia, n'est ce pas ? »
Sofia mit quelques instants à répondre, puis, dans un soupir, s'expliqua :
« Je pense oui. Tu prendras le relais
pendant mes congés avec elle, mais, sauf cas exceptionnel, je m'occuperais toujours d'elle si tu le veux bien. Je la connais depuis toujours, ça serait compliqué de tout bouleverser…
-Evidemment Sofia. Je l'ai senti, ne t'en fais pas.
-Alors, ta première journée ?
-Super, vraiment, encore mieux que ce que j'espérais. Merci de me faire une place avec toi ici. Je vois vraiment ça comme un privilège, sache-le.
-Je pense que c'est nous qui sommes chanceux de t'avoir, Olivia, je n'ai pas de doute la dessus. »
Sofia enlaça à nouveau Olivia et elles se séparèrent après leur première journée de travail en collaboratif. Liv ne s'imaginait pas ressentir autant d'émotions après cette première journée. Elle était profondément émue par tout ce qu'elle avait vécu ce jour, et n'attendait qu'une chose, de voir les suivants.
