Depuis l'accident avec la farine Lucy et moi n'avions plus vraiment de contact. Des bonjours et aux revoir cordiales mais rien de plus n'étaient échangés. Enfin aux yeux des autres. En effet après notre petite bataille improvisé les membres de ma famille me regardait encore plus comme une bête curieuse, comme si j'étais bipolaire ou schizophrène pour eux. Ils n'arrivaient pas à comprendre comment je pouvais être aussi distant et froid avec eux alors qu'avec elle j'étais redevenue pendant quelques minutes le jeune homme d'autrefois. Ils ne comprenaient pas que cette attitude venait d'eux et pas de moi. Enfin si... bien sûr que si leur attitude venait en partie de moi mais je ne serrais expliquer ce qui c'est passé avec Lucy ce jour là, je me suis juste sentie compris. Pendant un bref instant j'étais un garçon normal aux yeux de quelqu'un et non pas ce pauvre éclopé qu'on fixe avec pitié.
Par conséquent mon père m'avait limite harcelé pour savoir le pourquoi du comment. Mais j'avais été incapable de lui donner une explication. Comment lui expliquer que je m'étais senti plus à l'aise avec une inconnue, qu'avec eux ? Ma propre famille, il ne comprendrait pas. Moi même je ne comprenais pas tout à fait ce qui s'était passé.
Alors il avait demandé à Lucy, il faisait limite peur tellement il avait été insistant à avoir une réponse. Mais tout comme moi elle était dans l'incapacité de lui en donner une. Alors elle a prit ses distances, à mon plus grand désespoir, j'avais l'impression de perdre la seule once de normalité qui y avait dans ma vie. Aussi étonnant que ça puise paraitre cette fille que je ne connaissais ni d'Adam, ni d'Eve m'avait apporté réconfort et m'avait mieux compris que tous mes proches en seulement quelques secondes. Alors même si je ne la connais pas je fus déçu quand mon père la fit fuir, enfin en théorie. En pratique elle avait toujours un petit sourire discret pour moi que je lui rendais quand personne pouvait nous voir, c'était devenue notre petit jeu à nous. Parfois je la surprenais même à me tirer la langue lorsque je galère à faire un exercice et que je râle auprès de Jura, à croire qu'elle se moquait de moi et de mon état lamentable. Outré au départ, cette attitude enfantine fini par me faire rire. Elle était ma dose de normalité dans ce mode fade qu'était devenu ma vie.
Mes journées se succédaient et se ressembler toutes, les regards remplis de pitié et de désespoir, la prévenance limite envahissante de mes amis, de mes professeurs, les commérages de Luxe à mon sujet qui ne me faisait ni chaud, ni froid là où avant je n'aurais pas hésité à lui refaire le portrait. L'ignorance accru de Lisanna qui ne m'atteignait même plus tellement je m'étais fait à l'idée que cette fille n'avait aucune once d'empathie et de reconnaissance envers ma personne.
Mes soirées rythmées par les reproches de Jura sur ma non détermination à avancer dans ma rééducation, par mon refus obstinant de me servir de la piscine. Par les avances de mon père pour m'envoyer dans ce fichu centre pour éclopé dépressif. Par mon petit frère que je perdais petit à petit, Grey étant présent presque tous les soirs à la maison désormais.
Si au début j'appréciais que mon meilleur ami soit là, présent pour mon frère, je finis par très mal le vivre. Inconsciemment il était entrain de me prendre tout ce que j'avais, mon petit frère était ce que j'avais de plus cher au monde et il était là mettant un peu plus chaque jour la main dessus. Chaque soir j'avais droit au récit des exploits de Grey, de ce que Grey lui avait enseigné au handball, des endroits où Grey l'avait emmené car j'étais incapable de sortir le soir mes jambes ne me portant plus assez. Grey par ci, Gray par là... Il n'en avait plus que pour lui. Alors même si je savais que c'était inévitable, je finis par nourrir une colère sans nom vis à vis de mon meilleur ami, il me prenait tout ce que j'avais, sans ménagement, sans aucune once de pitié et ce sans même s'en rendre compte et ça me rendait fou. A cause de lui j'ignorais de plus en plus Roméo, ne souhaitant pas à avoir à subir ses démonstrations d'amour endiablé pour lui. Je finissais par totalement me détourné de mon frère, quand je ne lui balançait pas à la figure des reproches qu'il était incapable de comprendre, car bien sûr il ne comprenait rien. Pour lui c'était tout à fait normale ce qui était entrain d'arriver mais pas pour moi.
Moi je perdais mon frère et mon meilleur ami en même temps. Sans que Grey le comprenne je mettais une certaine distance entre nous, l'évitant de plus en plus et ce malgré lui. Bien sûr il essayait de comprendre mais comment lui expliquer ? Il ne comprendrait pas ! Il me rirait au nez me disant que je ne suis qu'un idiot fini que Roméo restera toujours mon frère quoiqu'il arrive, mais il ne voit pas ce que je vois. Il est incapable de comprendre ce qui m'arrive car ce n'est pas à lui qu'on est entrain de retirer tous ses moments avec son frère. Nombre de fois j'ai voulu m'énerver contre lui, mais je n'ai jamais pu. A chaque fois que j'ai voulu hausser le ton, faire part de mon mal être, de son vol, je l'ai regardé faire et j'ai su que je ne pouvais pas priver mon frère de ça. Je ne pouvais pas lui supprimer cette lumière qui avait dans ses yeux quand il regardait avec admiration Grey entrain de jouer, entrain de lui expliquer un truc, de plus Grey était tellement prévenant et gentil avec lui, il prenait son rôle de grand frère de substitution très à coeur, parce que je lui avais demandé. Sauf qu'il ne savait pas qu'avant c'était moi que mon frère regardé comme ça, avec ces yeux plein de fierté et de bonheur. Désormais les seuls regards auquel j'ai droit ce sont des regards emplis de tristesse, des regards qui me foutent la rage au ventre et la haine envers cette vie de merde qu'est la mienne.
Alors ce soir encore je pris sur moi et sorti prendre l'air dans le jardin quand Roméo suivit Lucy pour son cours du soir, Grey sur ses talons. Exceptionnellement Lucy était venu un vendredi soir, n'ayant pas pu venir hier, arriver en retard elle n'eu pas le plaisir d'assister à ma séance du jour avec Jura. De toute façon ce n'était pas comme si celle-ci était particulièrement intéressante, comme à chaque fois je m'étais prit reproche sur reproche. Comment voulait-il que j'avance celui là aussi s'il me rabaissait à chaque fois que j'essayais de faire des efforts ? Soit disant que je n'y met pas du miens. J'aimerais l'y voir lui à vivre avec mes jambes.
Des jambes qui me portaient par miracle jusqu'à la piscine situé au fond du jardin. Recouverte d'un dôme protecteur et d'une pompe à chaleur depuis peu, j'admirer surtout son pourtour tout de verdure. La pelouse parfaitement taillé, la haie d'arbustes nous protégeant des regards voisins, elle était parfaitement situé, suffisamment à l'arrière de la maison pour qu'on soit tranquille.
Tranquille, c'est exactement ce que je voulais être ce soir, plus que tous les autres soirs j'avais besoin de me retrouver seul, de ne pas avoir cette présence constante derrière mon dos qui me dit quoi faire. Peut importe où j'étais et avec qui il y avait toujours quelqu'un pour me dire quoi faire, que penser. Mes amis clamaient que je devais avoir des pensées positives, mon père m'encourageait à aller dans un centre où je n'avais aucunement envie de mettre les pieds et mon kiné me poussait à faire des exercices que je ne supportais plus.
Alors poussé par cette soif de solitude, je rentrais dans l'enceinte de la piscine, savourant la douce chaleur et l'odeur légèrement chloré qui se dégageait du basin. Penseur je fis un pas en avant contemplant le bleu de l'eau à peine éclairer par la lune. C'est fou à quels point les jours raccourcisses vite à cette période de l'année, je ne m'étais même pas rendu compte que la nuit tombé au si tôt maintenant.
Hésitant je fis encore un pas en avant, me disant que si je le souhaitais je pourrais essayer de me baigner, mais je me reculais précipitamment en pensant à l'image que me renverrais mes jambes meurtris par le pare-chocs de cette maudite voiture.
Alors je restait là, me contente de plonger mes iris vertes dans le bleu de cette eau si calme, perdu dans mes réflexions, je me mis à penser qu'il me suffirait juste de me laisser tomber et d'expirer pour en finir. Pour que cette vie de malheur et de souffrance s'arrête enfin, je n'avais qu'un pas à faire. Déconnecté, je commençais à avancer vers cette eau, comme hypnotisé, quand soudain le téléphone situé dans ma poche arrière gauche se mit à sonner, me sortant de ma torpeur. Prit d'un sursaut, je mis un certain temps avant de réaliser que c'était un appel de mon père. Lasse, je décrochais.
« - Oui ?
- Natsu ? Ecoute je suis vraiment désolé mais le procès que je devais plaider ce soir à prit du retard et je ne serais pas à l'heure pour le repas de ce soir. Ca ne t'embête pas de t'occuper de Roméo ? Dans sa voix je pu sentir toute la peur que cette demande provoqué en lui, pourtant j'étais habitué à ses imprévus. Puis soudaine je réalisé que ce ton fébrile était dû à cause de moi. Il avait peur de me laisser seul moi, l'ado de presque 18 ans, s'en était risible.
- Bien sûr ne t'en fais pas, je ferrais des pâtes comme ça tu auras de quoi manger en rentrant." Lui dis-je lui raccrochant au nez.
Exaspérer par l'attitude de mon père, je rebroussais chemin, non sans un dernier regard pour cette eau si apaisante.
Difficilement je rebroussais chemin, en direction de la maison, regrettant mon instant de plénitude rien qu'à moi et je me promis de retourner à la piscine dès que possible pour être au calme, la bas personne ne viendrait m'ennuyer. Serrant les dents, j'atteignais difficilement l'entrée, mes jambes m'envoyant des signaux de détresse. La journée avait été bien trop intense pour elles, elles étaient entrain de me lâcher encore. Alors prudemment je rentrais dans notre demeure, esquissant un léger sourire en voyant Grey essayait de draguer Lucy. Celle-ci semblait totalement indifférente à ses avances à peine dissimulées, se contentant de rester poli et de faire semblant de ne pas comprendre. Courage mon gars je suis sûr que tu vas y arriver, même si dans ce cas là faudra la protéger de Jubia.
Soudain, alors que je venais de les prévenir que mon père ne serait pas là ce soir, une violente douleur au niveau des genoux me prit me faisant hurler et m'effondrer sous le poids de cette souffrance inattendue. Très vite je réalisais que mon frère excité à l'idée que notre père ne soit pas là m'avait foncé dedans me donnant un coup au niveau des genoux. Rouge de colère je lui balançais des mots violent à la figure le traitant d'imbécile qui n'était même pas capable de faire attention à ce qu'il faisait et bien d'autre chose que je savais que je regretterais plus tard mais dont je me fichais pas mal pour l'instant la douleur étant si fulgurante et brulante tel un poignard.
Très vite Grey se retrouva obligé de me porter, afin de m'installer sur le canapé, rajoutant de la honte à mon état déjà si lamentable.
Une fois allongé, j'essayais de reprendre me calmer tant bien que mal, mais quand Roméo vient vers moi pour s'excuser je l'envoyer paitre, refusant de le voir, blesser Grey se chargea de l'emmener vers la cuisine lui disant qu'il allait l'aider à préparer le repas. Mon meilleur ami comprenais que j'avais besoin de temps pour me calmer, le temps que la douleur s'apaise.
Et alors que je pensais être tranquille, je vis Lucy surgir juste à coté de moi, honteux vis à vis de ma condition et de ce qu'elle venait de voir, je détournais le regard, fermant les yeux pour ne plus la voir, pour oublier qu'elle était là et surtout pour essayer de me concentrer sur autre chose que la douleur.
Le message étant suffisamment clair à mes yeux, je pensais qu'elle partirait mais elle n'en fit rien, je la sentis s'assoir à coté de moi, avant de me prendre la main. Etonné par son geste, je relevé brusquement la tête attendant une explication.
« - Respire Natsu, ça va passer. Crois moi tout fini par passé même si cela te parait insurmontable pour l'instant, ça finira par s'arrangeait. Car la vie est ainsi faite. Tu es bien plus fort que tu ne le crois, j'en suis persuadé... Et je sais de quoi je parle car je sais ce que ça fait, et je sais aussi que je suis bien plus forte que je ne le pensais à une époque. Me sourit-elle, un air de tristesse collé une visage, une lueur de détresse brillant dans ses yeux chocolats. »
A ce moment précis je sus que Lucy, avait traversé quelque chose dans sa vie qui l'avait changé, quelque chose qui l'avait détruite de l'intérieur, tout comme mon accident m'avait détruit physiquement mais aussi mentalement. Alors je sus qu'elle serait toujours là pour moi. Car elle me comprenait. Je fis alors la seule chose qui me paru censé sur le coup, je resserrais sa prise dans ma main.
