Je soufflais en retournant dans la fosse aux lions. Le retour en cours après mon weekend plutôt cool pour une fois faisait mal. Surtout de voir le comportement toujours aussi instable de mes amis. D'autant plus que la saison inter-lycée de handball venait officiellement de reprendre. Par conséquent ils jouaient encore plus de messe basse que d'habitude. Abattu, je ne pris même pas la peine de les rejoindre pour le déjeuner, je filais me planquer dans un coin tranquille où personne ne viendrait me trouver. Je m'étais préparer un sandwich en cachette ce matin juste avant de partir, sachant pertinemment ce qui risquait de m'attendre au lycée aujourd'hui. Roméo n'avait pas cessé de nous baratiner les oreilles sur le fait que l'équipe de Grey allait jouer son premier match de la saison et qu'on devait à tout prix y aller.

L'équipe de Grey. Quelle connerie ! Avant c'était mon équipe, c'était moi que mon frère voulait venir encourager pas mon meilleur ami. Grey par-ci, Grey par là il n'en avait plus que pour lui. Moi j'étais devenu transparent. Ma soudaine nonchalance vis-à-vis de lui ne l'inquiétait même pas. Il s'en fichait. La seule fois où il remarquait ma présence c'est quand je pétais les plombs, le faisant plus flipper qu'autre chose mais sinon je n'étais rien, si ce n'est un fantôme. Et le pire c'est qu'il avait réussi à me convaincre ce dimanche de venir assister au match avec lui et mon père. Je m'étais engagé à souffrir vendredi soir, juste pour essayer de ne pas paraitre comme un fantôme aux yeux de mon petit frère pitoyable.

Rageux, je ne finissais même pas mon encas, le jetant au loin. Ces idées noires me coupaient l'appétit. J'aurais donné tout ce que j'avais pour rentrer chez moi et m'enfouir sous ma couette, ignorant le reste du monde. Ou alors voir Lucy. Cette fille était bien la seule chose de bien qui arrivait dans ma vie en ce moment. Malheureusement cette semaine elle ne pouvait venir chez nous pour cause d'examen et bien que je le comprenais totalement, j'étais déçu de ne pas pouvoir la voir. Je ne pourrais pas profiter de ma seule dose de normalité en ce bas monde et pourtant Dieu sait à quel point j'en avais besoin. Je savais que c'était malsain de se rattacher à elle comme à une bouée de sauvetage et pourtant je ne pouvais pas faire autrement. Si seulement j'avais eu la bonne idée de lui demander son numéro de téléphone samedi dernier.

Lasse, je passais le reste de la journée à éviter Grey et les autres qui ne voulaient pas me lâcher. Ils voulaient savoir où j'étais passé ce midi, ce que j'avais fait, ce que j'avais… Le problème c'est que je savais très bien que j'allais les blesser si je leur disais la vérité. Ils éprouvaient déjà suffisamment de difficulté comme cela à rester en ma compagnie pour que j'en rajoute une couche. Les rares fois où j'avais craqué, je voyais bien que cela leurs faisaient du mal, qu'ils ne savaient pas comment réagir. Alors le mieux était de les ignorer, faute de pouvoir faire semblant. Parfois je me demandais encore ce qu'ils faisaient à trainer avec moi, ils ne me partageaient plus rien, avaient peur de me dire la moindre chose. Je n'étais plus un ami à leurs yeux mais juste une loque qui faisait pitié à voir et avec qui ils restaient par compassion, j'en étais sûr.

Je passais donc le reste de la semaine à les repousser encore et encore, disparaissant le midi. Au bout du troisième jour, ils n'y firent plus attention et ne me posaient plus de question. Parfait. Eloigné vous de moi les gars, je n'ai plus rien à vous apporter de toute façon, si ce n'est des soucis. Vous aviez mieux à faire que de vous intéresser à moi, concentrez-vous et gagnait ce match de hand, que les yeux de mon petit frère brillent de mille feux. Même si ça signifiera surement ma disparition totale à ses yeux, quand il se rendra compte que mon équipe n'avait absolument pas besoin de moi pour jouer et gagner. Je n'étais qu'un jouer parmi tant d'autre, quelqu'un qu'on pouvait remplacer facilement.

Mon retrait du monde des vivants, se manifestaient aussi à la maison. Le cœur remplit d'appréhension au fur et à mesure que le jour J se rapprochait, je m'enfermais dans mon mutisme. Eloignant mon père, qui était pourtant le seul à se faire encore du souci pour moi. Il ne comprenait pas mon comportement, il ne me comprenait plus depuis longtemps et cela ne faisait qu'empirer de jour en jour. Il croyait me rendre heureux en m'amenant voir le match de hand de mon équipe mais il n'en était rien. C'était même tout le contraire mais je ne pouvais pas le contredire. Il serait bien capable de renoncer à s'y rendre et déjà que mon frère ne me voyait plus si je l'empêchais d'y aller, il me détesterait.

Je pris donc sur moi quand vendredi soir arrivé. Revêtu des vêtements les plus simple qui soit, j'avançais comme un condamne à mort dans les gradins du stade de l'école. Entendant les murmures surpris des autres élèves, leurs ragots, leurs rumeurs, leurs questions sur le pourquoi j'étais là. Mes oreilles bourdonnaient sous leurs paroles et je dû prendre sur moi pour ne pas faire immédiatement demi-tour. Roméo et mon père n'entendaient-ils pas leurs palabres ?

On prit place au premier rang, juste à côté de mon ancien coach Gildrats qui me saluait chaleureusement, me disant à quel point il était content que je sois là pour voir les progrès de l'équipe. Mais je ne voulais pas les voir ! Je voulais les oublier, rentrer chez moi et ne plus me souvenir qu'un jour je fus un brillant joueur de hand promis à un bel avenir. Avenir que le capitaine de l'équipe adverse vient me rappeler en pleine face en venant se présenter à moi.

- Bonjour enchanté tu dois être Natsu Dragneel ? Me questionnait un grand blond au corps parfaitement sculpté et aux yeux bleus océans.

- Oui c'est moi. Avouais-je honteux.

- Je suis Sting Euclif, le capitaine de l'équipe de hand de Saberthoot ! J'ai appris ce qui t'étais arrivé en début d'année c'est moche, j'aurais adoré t'affronter tu étais une grande star à ce qui parait. En tout cas compte sur moi pour faire honneur à ton équipe. Me saluait-il, avant de repartir en courant sur le terrain.

Je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas hurler. Je voulais crier à m'en arracher les cordes vocales, pleurait à ne plus avoir de larmes dans le corps. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il toujours que les gens me rappel ce que j'ai perdu ? Je n'étais plus le capitaine de cette équipe Luxus avait pris ma place. Ce n'était plus mon équipe, tout comme je n'étais plus rien. Je savais que ce type ne pensait pas à mal, mais j'avais envie de lui fracasser la gueule. Pour autant je ne pouvais rien faire, si ce n'est subir en silence. Je lançais donc un signe de main maladroit à mes anciens coéquipiers qui me faisaient signe sur le terrain, et esquissait un sourire tordu à Gildrats qui me félicitait pour avoir réussir à marquer les esprits malgré ma courte carrière. La ferme !

Fermer là tous autant que vous êtes. Je n'en pouvais plus le match venait de commencer et j'avais l'impression que ma tête allait exploser. J'entendais des gens discutaient, certain trouvant que l'équipe était meilleure sous mon commandement, d'autre avançant que Luxus faisait un formidable travail et n'avait rien à m'envier. Plaquant mes mains sur mes oreilles, je les priais intérieurement de se taire. Je ne voulais pas en entendre plus. Remplaçable, éclopé, déchet, invisible. Je n'étais que ça aux yeux des autres et même des membres de ma famille. Le bruit des pas, du ballon raisonnait au creux de mes oreilles et me rendait dingue. Je me revoyais courant, dribblant le sourire aux lèvres et puis soudain un crissement de pneus, une douleur fulgurante et le noir complet.

N'en pouvant plus, je m'éclipsais le plus rapidement possible prétextant une envie d'aller aux toilettes auprès de mon père qui m'écoutait à peine, vivant le match à fond tout comme Roméo qui criait des encouragements à en perdre la voir. Essayant de garder bonne figure dans le gymnase, une fois hors de celui-ci, je me mis à ramper le long du mur, la respiration sifflante, les yeux brulants de larmes. Je faisais une crise de panique. Ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé et je me trouvais pitoyable. Etais-je faible au point de ne pas pouvoir supporter un match ?

Une fois dans les toilettes, je prenais le temps de me calmer. Appuyer contre le lavabo, les jambes tremblantes, j'essayais de retrouver le contrôle de mon corps et quand j'y arrivais enfin, je relevais la tête vers mon reflet dans le miroir. Le visage beignait de larme je faisais peur à voir. On aurait dit un dépravé et soudain tous les qualificatifs qui m'assaillaient tout à l'heure me revenaient en tête. Sans le contrôler je poussais un puissant cri de rage, balançant mon poing dans la glace, la brisant sous la force du choc.

Du sang coulait le long de mes phalanges mais je m'en fichais. La douleur physique était dérisoire par rapport à ma douleur psychique. Je voulais disparaitre. Ne plus avoir à supporter tous ces regards, ces chuchotements sur mon passage. Je voulais retrouver ma vie d'avant mais c'était impossible. Jamais plus je ne courrais, jamais plus je ne brillerais aux yeux de ceux qui me sont cher. Je finirais lentement par tomber dans l'oublis, après tout qui avait besoin d'un faible dans sa vie. Observant les débris du miroir j'en saisi un, le détaillant sous toute les coutures. Le verre était tranchant, il ne suffisait que d'une entaille bien placée et tout serait fini. Après tout j'étais destiné à devenir un fantôme auprès des gens, à disparaitre petit à petit de leur vie alors pourquoi ne pas disparaitre tout court ? Ça serait si simple. Mais tellement lâche aussi. Cependant je ne ressentirais plus de souffrance. Faisant tournoyer le bout tranchant entre mes mains, je ne cessais de me demander ce que cela ferait de ne plus rien ressentir quand soudain la porte des toilettes claquait bruyamment.

- N'y pense même pas ! Hurlait une jeune femme blonde.

- Je ne pense à rien. Prononçais-je lasse en retour en reconnaissant Lucy.

- Tu mens. Et je sais parfaitement à quoi tu penses. Tu te demandes ce que ça ferait de plus rien ressentir pour de bon, mais crois-moi ce n'est pas la solution. M'accusait-elle de son regard noir.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Me braquais-je.

- Tu te rappel je suis passée par là aussi ? Moi aussi j'ai eu envie de partir mais crois-moi hormis crée plus de souffrance ça ne ferait rien.

- Mais la mienne serait morte. Hurlais-je à bout.

- Et celle de ton père ? De ton frère ? De tes amis ? Natsu c'est égoïste comme façon de penser ! Hurlait-elle en retour.

- Ils n'en ont rien à faire de moi. Je ne suis qu'un boulet à leurs yeux quand je n'existais déjà plus. Assainis-je.

- C'est faux ! Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas comment se comporter avec toi que c'est la vérité.

- Comment peux-tu le savoir ? L'accablais-je.

- C'est vrai tu as raison je ne peux pas. Mais je sais une chose c'est que moi je tiens à toi et que je refuse de te voir disparaitre. Me grondait-elle en se rapprochant de moi.

- Pourquoi ? Pourquoi t'attacher à moi alors que je suis un boulet ? Demandais-je, les larmes dévalant une nouvelle fois mes joues.

- Je n'en sais rien. Mais je me sens proche de toi, pas uniquement à cause de ce qu'on a vécu tous les deux. Je… Je ne serais pas comment te l'expliquer Natsu mais je le ressens au plus profond de mes tripes. Je veux être ton amie alors laisse-moi t'aider. Se rapprochait-elle encore, saisissant le bout de verre entre mes mains le retirant de mes doigts, le déposant plus loin.

- Je ne peux pas te demander ça. Je ne peux pas m'accrocher à toi comme si tu étais la seule source de bonheur dans ce monde ce n'est pas sain. Criais-je, les jambes tremblantes prêtes à lâcher.

- Tu ne me le demande pas Natsu, c'est moi qui te l'offre. Je veux être là pour toi quoique tu en dises. Et je ne suis pas ta seule source de bonheur dans ce monde crois moi. Arrête de repousser tout le monde en pensant que sous prétexte tu n'es plus l'homme d'avant tu n'as plus rien à leur offrir, que ta présence à leur coté ne vaut plus rien pour eux. Tu ne t'en rends pas compte mais tu les pousses à te rejeter et crois-moi quand tu t'en rends compte il est trop tard. Me prit-elle dans ses bras, pleurant avec moi.

Pleurant tout mon soul, je me laissais tomber par terre, l'entrainant dans ma chute. Ou plutôt elle m'accompagnait dans ma chute, refusant de me lâcher. La tête enfouie dans son cou, mes bras enserrant sa taille, je me raccrochais désespérément à elle, pendant qu'elle se contentait de m'apaiser comme elle le pouvait en caressant mes cheveux. Tremblant dans ses bras, je laissais tous mes ressentiments sortir à travers mes larmes. Je ne sus combien de temps on restait ainsi dans cette position mais cela fut suffisamment long pour que la lumière automatique des toilettes s'éteigne, nous plongeant dans l'obscurité.

Néanmoins loin de me déranger, j'appréciais encore plus le moment si je puis dire et finis par me calmer, m'excusant de m'être servi d'elle comme mouchoir au passage. Me détachant d'elle, espérant qu'elle ne souffrait pas trop d'engourdissement, je la remerciais d'être intervenu avant que je ne commette une bêtise.

- Tu veux retourner voir le match ? Me demandait-elle en m'aidant à me relever.

- Je t'avouerai que j'ai aucune envie d'y remettre les pieds. Soupirais-je.

- Pourquoi es-tu venu si tu savais que ça allait te provoquer des crises d'angoisse ? M'interrogeait-elle.

- Roméo y tenait, je ne voulais pas lui gâcher son plaisir et jamais mon père aurait accepté de me laisser seul à la maison, il ne le fait plus depuis mon accident. Et puis mes amis voulaient aussi que je vienne même s'ils n'en parlaient pas trop. Avouais-je.

- Vouloir leur faire plaisir c'est bien mais tu dois penser à toi aussi Natsu. Ils ne pourront jamais comprendre à quel point ça t'affecte si jamais tu tentes de faire comme si de rien n'était.

- Je sais mais j'ai tellement peur de les décevoir. Me lamentais-je.

- Je vais avoir beaucoup de chose à t'apprendre on dirait. Riait-elle légèrement.

- Ahaha ouai… Tu as quelque année d'avance sur ça on dirait. Riais-je à mon tour faiblement.

- Hé oui ! Appel moi maitre Lucy mon cher. Se vantait-elle en m'aidant à sortir des toilettes.

- Même pas en rêve ! Sinon qu'est-ce que tu fais là ? Demandais-je enfin.

- Bah c'est mon lycée qui joue contre le tiens ce soir. Dit-elle comme si c'était une évidence.

- Je sais, mais je croyais que tu n'étais pas très branché sport de ballon. Relevais-je.

- C'est vrai mais le capitaine de l'équipe de Saberthoot est mon cousin alors je ne pouvais pas rater ça. M'expliquait-elle.

- Oh… Tu devrais y retourner alors…

- Non ! Sting me pardonnera et comprendra parfaitement que je sois parti. Il est hors de question que je te laisse tout seul c'est clair ? Affirmait-elle.

- Très clair, du coup que faisons-nous ?

- Je te ramène chez toi. Je vais envoyer un message à ma tante pour lui demander à ce qu'elle nous ramène et toi préviens ton père d'accord ? Sinon c'est moi qui le fais. Me menaçait-elle.

Soupirant, j'exécutais pourtant la demande de Lucy, envoyant un message à mon père l'informant que je ne me sentais pas bien que je rentrais chez moi, qu'il n'avait pas à s'en faire et qu'il pouvait rester au match avec Roméo. J'espérais sincèrement qu'il m'écouterait, je ne me sentais pas de devoir le supporter. M'installant sur les marches à l'extérieur du gymnase, j'attendais en compagnie de ma nouvelle amie sa tante qui allait nous ramener. Restant dans un profond silence, n'écoutant que les bruits de la nuit et les cris lointains des supporters, je repensais à ce que j'avais envisagé de faire et des sueurs froides me prirent. Jura avait raison je n'étais qu'un vulgaire suicidaire, un bon à rien. Me lamentant réalisant peu à peu ce qui m'avait traversé l'esprit sans que j'en n'ai réellement conscience, je me remis à trembler, les mains enfouis dans mes cheveux.

Heureusement ce fut ce moment là que choisis la tante de Lucy pour nous rejoindre, demandant à Lucy ce qu'il se passait. Sursautant, je me retournais vers la nouvelle venue et fut subjuguer par sa ressemblance avec mon amie. Les mêmes cheveux blonds comme les blés, les mêmes yeux chocolats. Si elle n'était pas plus âgés j'aurais pu la prendre pour sa sœur jumelle. Cela dit malgré ses années en plus, la tante de Lucy restait une femme superbe, dégageant une certaine douceur, la même que celle de sa nièce.

- Lucy qu'est ce qui ne va pas ? D'habitude tu ne rates jamais un match de Sting, tu ne te sens pas bien ? S'inquiétait sa tante.

- Non ne t'en fais pas Anna je vais bien. Par contre j'ai un ami qui ne se sent pas bien lui en effet. L'informait Lucy.

- Ses parents ne peuvent pas le ramener ? S'interrogeait-elle suspicieuse.

- Il… Il ne préfère pas… C'est compliqué et je ne peux pas t'expliquer mais Natsu a vraiment besoin qu'on le ramène. Suppliait-elle.

- Natsu ? Comme Natsu Dragneel le grand frère de celui à qui tu donnes des cours ? Demandait Anna, vu que c'est comme cela qu'elle s'appelait visiblement.

- Oui… Soupirait Lucy, en me désignant de la tête.

Je vis deux grands yeux bruns se posait sur moi m'examinant attentivement. Poli je lui lançais un bonjour auquel elle ne répondit même pas. A vrai dire je n'étais pas sûr qu'elle m'est entendu tellement elle semblait perdu dans sa contemplation. Son regard me scannait littéralement, examinant notamment la façon dont je me redressais de façon incertaine sur mes jambes, la façon dont je me tenais qui ne laissais que peu de place au doute sur le fait que j'avais un handicape à ce niveau-là.

- J'ai déjà vu ce regard. Murmurait-elle la voix remplis de tristesse.

- Tatie ? La secouait Lucy, la ramenant à la réalité.

- C'est bon je vais vous ramener les jeunes. Indique-moi juste où tu habite Natsu. Me tendit-elle la main en signe de salutation.

Intimidé je la saisie, avant de la suivre jusqu'à sa voiture, chancelant après une dure journée à devoir arpentait l'enceinte du lycée. Ne pipant mot, Anna suivait mes indications jusqu'à chez moi à la lettre. Incapable de deviner ce à quoi elle pensait, j'essayais de me faire le plus petit possible. J'avais l'impression de dérangeait et je me sentais horriblement mal à l'aise. Lucy semblait comprendre mon mal être, elle se retournait donc vers moi, saisissant ma main tendrement en signe de réconfort. Je resserrais ma prise, m'accrochant désespérément à elle, sous l'œil perçant de sa tante qui ne disait toujours rien, analysant simplement la situation.

Une fois arrivé à destination, elles me suivaient jusqu'à l'intérieur de ma maison. Gêné je leur proposais à boire, ce qu'elles acceptaient avec joie. Fatigué, je luttais pour rester sur mes jambes, ce qu'elles remarquaient parfaitement. L'épuisement émotionnelle s'était rajouté à mon état de fatigue habituel et je n'opposais aucune résistant quand Lucy, me conduisit dans le salon, s'installant avec moi sur le canapé. Anna préférant rester dans la cuisine, nous disant qu'elle ne souhaitait pas nous déranger. Lui jetant un dernier regard inquiet, elle me fit un léger sourire, ses yeux brillant de tendresse. Quelque peu rassuré, je me laissais aller dans mon siège. Discutant de chose légère avec Lucy, essayant de me changer les idées, de ne pas penser à cette soirée catastrophique.

Epuisé, j'acceptais la proposition de Lucy, de m'allonger sur le canapé me servant de ses jambes comme oreillers. Très vite elle entreprit de passer sa main dans mes cheveux, me procurant des frissons de plaisir. Ses caresses me détendaient et très vite je ne pensais à rien d'autre que son touché. Soufflant de bien être, je finis par m'endormir rapidement, apaisé par l'attention de Lucy et le silence réconfortant dans lequel on s'était plongé lorsque je m'étais allongé sur elle.

Je n'entendis pas la porte d'entrée claquer à la voler, ni mon père, mon frère et mon meilleur ami rentraient fou d'inquiétude à la maison. Je n'entendis pas non plus, les présentations entre Anna et les autres, ni ce qu'elle leur disait sur mon état mental et le fait qu'ils n'auraient jamais dû m'amener à ce match, que c'était trop tôt pour moi. Je ne vis pas leurs regards désespérés en me voyant endormis sur les genoux de Lucy, ni leurs larmes à eux trois. Je ne vis pas le soulagement de mon père qui me priait de lui pardonner ses erreurs. Je ne vis et n'entendis rien de tout cela, je sentis juste ma tête se soulevait légèrement me faisait grogner de déplaisir avant de reposer à nouveau sur quelque chose de moelleux.