Ça y est les vacances de Noël était enfin là, à mon plus grand désespoir. Comme prévu personne n'était présent pour les fêtes. Il faut dire que tout le monde aimait se retrouver en famille en cette période de l'année. Tout le monde sauf moi. Si avant j'appréciais tout particulièrement Noël, car c'était un des rares moment de l'année où mon père prenait des vacances pour passer un maximum de temps avec nous, nous emmenant souvent à la montagne profiter de la neige, s'était désormais une sinécure de devoir rester en leur présence. Bien que notre relation se soit légèrement détendue entre mon père et moi suite à la soirée chez Lucy, l'ambiance restait malgré tout tendue entre nous. Le malaise régnait clairement, aucun de nous ne sachant comment se comporter avec l'autre. J'avais l'impression qu'il se bridait dès qu'il voulait me dire quelque chose et n'abordait qu'en surface les rares conversations qu'on avait. Ce comportement me rendait dingue et me donnait envie de le secouer. Je voulais retrouver mon vrai père. Celui toujours prêt à rigoler, à râler, à nous faire des blagues nulles… Pas cette espèce de loque vivante qui semblait victime d'insomnie à n'en plus finir et avait peur de la moindre réaction que je pourrais avoir.

Je savais pourquoi il réagissait ainsi, j'en connaissais la cause mais que pouvais-je faire ? Si à chaque fois que j'osais m'exprimer clairement sur ce que je ressentais il partait en dépression, je ne pourrais rien faire. Pourtant j'aimerais lui parler à nouveau, m'expliquer, lui faire comprendre ce que je ressentais, ce que je voulais. Mais je me refusais à le faire, la peur de le briser un peu plus me saisissant à chaque fois. Je me contentais donc d'attendre, attendre qu'il ait un potentiel miracle et que mon paternel cesse d'avoir peur de tout. Le pire ? C'était le fait qu'il soit mort d'inquiétude et pétrus de crainte alors même qu'il n'était pas au courant pour ma tentative de suicide. Je n'osais imaginer sa réaction s'il venait à être au courant de ce que j'avais fait et de ce qui me hantait parfois toujours l'esprit.

Quand j'y pensais, la seule à être au courant c'était Lucy. Mais même à elle je n'en avais pas réellement parlé. Elle respectait mon silence sur ce sujet et je l'appréciais pour ça. Le simple fait de savoir que je pouvais lui en parler n'importe quand, suffisait à me rassurer. J'avais failli aborder le sujet avec elle hier. Ça faisait déjà quatre jours qu'on était en vacances, Noël aurait lieu demain et ce soir je fêtais le réveillon chez ma mère comme tous les 24 au soir depuis la séparation de mes parents. Et pour une raison inconnue cela suffit à me faire paniquer. Je ne voulais pas subir comme chaque année ce repas de faux semblant avec un nouveau type différent à la table tous les ans. Sauf que cette fois en plus de m'énerver, cela me foutait aussi le stress. J'angoissais à l'idée d'affronter ma mère et ses réflexions, ses gestes déplacés alors même qu'elle prenait à peine de mes nouvelles, de subir le potentiel regard rempli de pitié de sa conquête du moment… Mais ce que je redoutais le plus c'est que j'allais être seul à ce repas. D'habitude moi et Roméo on se serrait toujours les coudes pour supporter cette corvée, bien que lui le vivait mieux que moi.

Mais cette année, je n'aurais pas mon petit frère en soutient, étant donné que je n'existais plus à ses yeux. Depuis ma violente colère d'il y a quelques semaines seule la tristesse régnait dans son regard quand il m'observait et il me fuyait littéralement, changeant même parfois de pièce quand j'étais là. A l'image de mon père, je le mettais désormais mal à l'aise. On échangeait donc pas un mot de la journée, ni même pendant le trajet en voiture de notre maison à l'appartement de notre mère. D'habitude on aurait passé la journée à rire, à s'imaginer ce qu'on allait découvrir sous le pied du sapin, à spéculer sur le nouveau mec de maman sous les plaintes de notre père nous conduisant jusqu'à chez elle. Mais non ce soir il n'y avait rien. Si ce n'est un lourd silence. Silence qui ne se brisait pas quand montait dans l'ascenseur afin de rejoindre notre mère au cinquième étage. Quand je pensais qu'elle n'était même pas venue nous accueillir, nous ses propres enfants. Pitoyable.

Angoissé à l'idée de ce qui allait suivre, je ne pouvais empêcher mon corps d'avoir des sueurs froides. Tremblant, la respiration saccadée je m'appuyais contre la paroi de l'ascenseur, essayant de relativiser, cherchant de l'air dans cet espace confiné. Je pouvais presque sentir la crise d'angoisse arriver et je grognais de mécontentement. Tout mon stress de la journée à l'approche de cette soirée, se manifestait d'un seul coup et j'étais entrain de lâcher. Me trouvant minable, je me secouais, espérant reprendre mes esprits. Je ne voulais pas paraitre faible aux yeux des autres. Pourtant plus les numéros sur le panneau de l'ascenseur montaient, plus je manquais d'étouffer.

Et alors que j'allais craquer, je sentis la main de mon frère saisir la mienne. Surpris, je fixais mon regard sur lui. Gêné, Roméo me renvoyait un pâle sourire avant de me dire que lui aussi il se sentait bizarre d'aller à se réveillon de Noël. Touché par sa manière bien à lui de me soutenir, je lui renvoyais son sourire. Pendant un instant j'entraperçus le souvenir fugace de notre relation passée et je failli le prendre dans mes bras. Mais je me retiens, je ne voulais pas le mettre encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était. Son regard évitant soigneusement le miens, sa main tremblante dans la mienne, je savais qu'il ne gérait pas aussi bien la situation qu'il voulait bien le faire croire. Alors je ne dis et ne fit rien, me contentant juste de reprendre pied avec la réalité avant de sortir de cette boite et de m'avancer en sa compagnie vers chez notre mère.

A peine fut on devant la porte que notre mère en surgit brutalement, nous criant des bienvenus mes enfants tout mielleux. L'horreur. Je détestais quand elle prenait sa voix nasillarde comme cela. Elle voulait bien se faire voir, nous faire croire qu'elle se souciait de nous alors qu'elle n'en avait rien à faire. Puis alors cette façon de bouger en balançant ses bras dans tous les sens tel une star de cinéma, horrible. Elle me rappelait un peu Lucky dans sa façon de faire, sauf que contrairement à la violette son attitude à elle était dérangeante car pas du tout naturel. Elle jouait la comédie, pour masquer son incompétence en tant que mère. Incompétence qui était encore plus flagrante depuis mon accident vu comment elle ne s'occupait jamais de s avoir comment j'allais bien. Cependant étant habitué à ses frasques depuis son divorce, j'étais plus blasé qu'énervé face à son comportement puéril. Fatigué d'avance, je ne pus m'empêcher de lancer un regard vers Roméo pour savoir s'il pensait la même chose que moi ou s'il vivait encore dans l'illusion de notre mère.

Malheureusement pour elle, je sus au regard désespéré que me renvoyait mon frère que l'illusion d'une mère aimante et présente avait prit fin à ses yeux aussi. Il y a quelques mois encore, il ne comprenait pas ma position sur notre mère et pensait que j'exagérais en disant qu'elle n'en avait rien à faire de nous. Mais depuis qu'elle avait raté son premier match de handball sérieux, il semblait avoir compris ce que je voulais dire quand j'affirmais que Jade n'avait plus rien d'une mère.

Son premier match de hand avait eu lieu deux semaines avant celui de mon écolé et ma soirée catastrophique. Evidemment il était fou de joie à l'idée de jouer enfin son premier match avec son équipe du collège et il fut intenable jusqu'au jour du match, me rendant mon séjour à la maison encore plus désagréable que d'habitude. Je détestais entendre parler de match et de ballon désormais, pourtant je me souviens avoir prit sur moi et m'être forcé à aller à ce match pour le voir et l'encourager, malgré qu'il m'ait dit que je pouvais rester à la maison que ça ne le dérangeait pas. Mais même si je n'étais plus rien à ses yeux, je voulais être présent pour son premier match. Alors je pris sur moi, restant jusqu'au bout malgré toute la douleur psychique que cela pu me causer et je l'encourageais, même si j'avais l'impression que ma présence ne changeait rien, au moins j'étais là. Mais ce ne fut pas le cas de ma mère. Il l'avait invité, l'avait harcelé de message, lui disant qu'il allait enfin jouer mais comme moi à l'époque il fut déçu. Jamais elle ne vient et jamais elle ne répondit à ses appels après le match. Il en fut tout bouleversé et je crois que c'est pour ça que je n'ai pas craqué ce jour là alors que j'étais au bord de la rupture. Parce que je ne voulais pas imposer cela à mon frère en plus de la déception, parce que je voulais être fort pour lui, même s'il pleurait auprès de Grey et non de moi, parce que j'avais encore suffisamment de force à ce moment là pour faire semblant.

Cependant je n'avais plus de force pour faire semblant ou à peine depuis ma rupture mentale et je savais que je n'en aurais clairement pas assez pour supporter ce repas de l'hypocrisie quand elle nous présentait son nouveau mec.

- Les garçons je vous présente Arcadios ! Nous présentait-elle toute fier son nouveau mec comme si c'était le dernier sac à la mode.

- Enchanté les enfants je suis ravi de vous rencontrer, Natsu et Roméo c'est ça ? Nous sourit mal à l'aise l'homme. Il n'avait pas l'air d'apprécier particulièrement les mômes celui-là.

- Bonjour. Répondîmes en cœur Roméo et moi.

- Bien puisque vous êtes enfin arrivé je vous propose qu'on commence par l'apéritif. Sautait de joie notre mère, faisant comme si de rien n'était.

Courant jusqu'à la cuisine, elle nous laissait seul avec son mec. Un silence gênant s'installait très vite entre nous trois. Désormais clairement mal à l'aise, l'homme essayait de nous faire la conversation, espérant surement se faire apprécier de nous deux. Gars… Sérieusement ne te donne pas cette peine dans six mois tu seras remplacé très certainement. Je ne savais pas si ma mère fut toujours une coureuse de jupon mais depuis son divorce elle enchainait les gros poissons comme on changerait de chemise. Pour preuve celui-ci était encore une fois de plus un homme d'affaire plein aux sas. Honnêtement qu'est ce qui clochait chez notre mère et comment notre père avait-il pu l'aimer ?

- Alors Natsu dit moi comment est ce que tu te remets de ton accident ? Ta mère m'a dit que tu avais gardé de grave séquelle. M'interrogeait l'homme avec une curiosité inapproprié.

Sérieusement ? C'est tout ce qu'il avait trouvé pour entamer la conversation ? Mon accident ! Il était au courant au moins que je n'étais pas une bête de foire ? Puis d'où ma mère se permet de parler de mon accident alors que je l'ai à peine vu depuis ma sortie de l'hôpital ? Bon pas que je cherchais à la voir aussi, mais quand même. La colère montant en moi, je m'apprêtais à répondre quelque chose de salé avant que Roméo me coupe l'herbe sous le pied.

- On pourrait éviter de parler de l'accident de mon frère ? On n'a pas envie de ressasser cela. Répondit-il agressif, sur la défensive.

- Oh oui pardon. Quel être maladroit je fais, excusez-moi. Se rembrunit immédiatement le brun face au regard assassin de mon frère.

C'était bien la première fois que je voyais Roméo aussi hostile envers quelqu'un et notamment un prétendant de notre mère. D'habitude il s'en fichait un peu, répondant à la va vite et les ignorant la moitié du temps pour profiter de notre mère. Etonné de sa réaction, je n'en fus pas moins touché quand je compris qu'il venait de faire ça pour me défendre. Mon petit frère voulait me protéger des questions indiscrètes de ce type et j'en fus tout retourné. Depuis quand Roméo n'avait pas eu un geste d'attention envers moi ?

Le reste de la soirée, ce passait dans cette drôle d'ambiance malsaine où notre mère continuait à jouer un rôle qui ne lui allait pas du tout, où Arcadios essayait maladroitement de faire la conversation et où moi et mon frère on ne répondait que lorsque on était obligé. Et encore heureusement pour moi, ce fut Roméo qui se chargeait de faire la majorité de la conversation, m'évitant de devoir jouer la comédie. Mine de rien il savait que j'étais fragile émotionnellement et que je pouvais exploser à tout instant, à la moindre réflexion que je jugerais déplacée. Sa soudaine sollicitude me fit chaud au cœur et je ne pouvais m'empêcher de le regarder comme si je le voyais pour la première fois. Où était passé mon petit frère me fuyant, m'ignorant comme si je n'existais plus ?

Son comportement à cette soirée me laissait pantois et je ne savais pas quoi en penser. J'essayais de comprendre pourquoi il prenait autant à cœur le fait de me protéger d'un repas qu'il savait être une épreuve pour moi, avec toutes les réflexions déplacées de ma mère que ce soit sur Lisanna, le fait que je pourrais surement rejouer un jour… ect. C'est moi où elle n'avait pas écouté ce que disait les médecins sur l'état de mes jambes ? Et puis pourquoi elle ramenait Lisanna sur le tapis alors que je lui avais clairement dit à l'hôpital que c'était fini avant même d'avoir commencé. La preuve une fois de plus qu'elle n'écoutait rien à ce qu'on lui disait et qu'elle se fichait pas mal de nous. Seule sa petite personne et son petit monde comptaient.

Alors quand vient l'heure d'ouvrir les cadeaux, je ne fus pas surpris de la voir nous offrir des cadeaux complétement à coté de la plaque. Elle avait offert à Roméo des figurines de dinosaures, figurines qu'il avait cessé de collectionner depuis au moins trois ans. Quant à moi, elle m'offrit un maillot de hand pour l'entrainement.

- Maman qu'est ce que c'est que ça ? Demandais-je la panique et la colère envahissant mes veines.

- C'est un maillot de hand chéri. Me sourit-elle toute innocente.

- Merci je vois bien mais pourquoi tu m'offres ça ? Grondais-je.

- Bah parce que quand tu serras rétablis tu vas retourner jouer. Ne comprit-elle pas ma soudaine rage.

- Mais putain ce n'est pas vrai. Est-ce que tu as écouté ce qu'on dit les médecins le jour où toi et papa vous étiez là à ma sortie de l'hôpital ? Mes muscles sont atrophiés pour la plupart, jamais je ne pourrais courir à nouveau ou alors si j'y arrive ça ne serra plus jamais comme avant. Et encore quand je vois à quel point marcher me demande un effort monstre et me fait souffrir la moitié du temps je me dis que si j'arrive un jour à marcher normalement ça sera un miracle et toi tu m'offre un maillot de hand comme si de rien n'était ? Tu es vraiment pitoyable comme mère, même pas foutu de savoir ce que ses enfants vivent. Ma carrière de joueur est foutu Jade ! Hurlais-je, me relevant brutalement tanguant dangereusement sur mes membres pas préparés à une telle poussé d'adrénaline.

Le visage surement rouge de colère, les poings serrés je fixais ma mère avec le plus de hargne et de dégout possible. Je vis alors son masque de mère parfaite se fendre pour la première fois de la soirée. Ses yeux s'agrandirent sous l'impact de mes mots, avant de se remplir de larme mais j'en avais que faire. Qu'elle pleure, qu'elle fasse genre d'être blessée pour apitoyer son mec mais jamais ça n'attendrait le dixième de la peine que je ressentais en ce moment même, en voyant ma mère ne pas être au courant de mon état de santé. En la voyant me faire souffrir par son incompétence. Fou de rage, je me dirigeais vers la sortie, hors de question de rester une seconde de plus ici.

- Ah et pour information Roméo ne collectionne plus les figurines de dinosaures depuis trois ans déjà. L'informais-je, avant de sortir en claquant la porte.

Prenant l'ascenseur, je me retrouvais rapidement dehors dans le froid mordant de l'hiver à même pas minuit. Les rues étant désertes un soir de réveillon, je pus pousser un profond hurlement de rage sans me soucier des regards des passants. Les larmes ruisselantes sur mes joues, je m'asseyais sur le trottoir, essayant de faire fit du froid me mordant la peau. Quel idiot j'aurais au moins dû prendre mon manteau avant de sortir. Mais hors de question de remettre ne serait-ce qu'un pied là-bas. Je ne voulais plus voir cette femme qui me servait de mère. Je voulais juste pleurer, évacuer toute ma rage, ma tristesse, crier au monde entier ce que j'avais perdu et ce que je n'aurais jamais plus. Décidément dès que je croyais commencer à accepter ma situation, il y avait toujours quelque chose pour me rappeler à quel point ma vie d'avant était génial. Jamais, je ne pourrais réussir à franchir tout cela, jamais je ne serais aussi fort que Lucy, pleurais-je et inconsciemment je me remis à penser que partir serait ce qu'il y avait de mieux. Pour une fois je ne repoussais pas mes plus noires pensées. Au contraire je les accueillais limite avec joie et je me repris à me questionner sur ce que ça pourrait faire de se sentir enfin libérer.

Ne plus rien ressentir, plus de douleur, plus de peine, plus de tristesse, plus de rage, de colère. Pouf ! Tout ceci envolé, ça serait magique. Et alors que je me perdais, que je commençais à me demander ce que je pourrais trouver ici pour m'aider, je sentis une main se poser sur mon épaule, me sortant des limbes. Surpris, je sursautais violement au contact, fixant avec un regard effrayé mon propre frère se tenant à coté de moi, me tendant mon manteau. D'un signe de tête, il m'indiquait de l'enfiler et j'obéis tel un automate, réalisant peu à peu ce à quoi je m'étais laissé aller. Je venais encore une fois de plus penser à en finir et cette fois j'aurais été près à retenter de passer à l'acte. Effrayé par mon propre subconscient, je restais mué comme une tombe en voyant mon frère s'assoir à côté de moi. Assis tous les deux là, dans le froid de l'hiver on restait immobile sans parler pendant plusieurs minutes avant que Roméo ne rompe le charme, me délivrant de mes sombres pensées.

- J'ai appelé papa. M'informait-il, un léger nuage s'échappant de sa bouche.

- Il a dû se demander ce qu'il se passait. Soufflais-je lasse.

- Je lui ai dit que maman avait encore merdé. Ca ne l'a pas étonné. Rit-il jaune, m'arrachant à moi aussi un petit rire au passage.

- Merci d'être venu tu n'étais pas obligé. Dis-je après quelques minutes de silence.

- Je préfère largement être avec toi plutôt que deux. Et puis je n'allais pas te laisser tout seul. En plus regarde j'ai ramené nos cadeaux ! Me sourit-il tout joyeux en me montrant les deux paquets qu'on était censé s'offrir ce soir.

- Tu veux qu'on les ouvre maintenant ? Lui demandais-je, souhaitant lui faire plaisir.

- Oh oui ! S'exclamait-il. Avant de me tendre son paquet.

Curieux, je le pris dans mes mains tâtant au passage la texture de l'objet qu'il m'offrait. C'était quelque chose de mou, un vêtement visiblement. Pourvu qu'il n'ait pas eu la même idée brillante que notre mère, ne pus-je m'empêcher de rire dans ma tête en sachant très bien que jamais il n'aurait fait ça, malgré notre relation dégradée. Impatient de savoir ce qu'il pouvait avoir sous ce papier cadeau, je déchirais rapidement celui-ci avant de me figer en voyant le contenu.

- Tu… Tu m'as offert une combinaison de plongée ? Ne compris-je pas, en fixant bêtement la tenue devant moi.

- Ahaha tu verrais ta tête c'est juste énorme. Se prit-il un fou rire.

- Roh ça va explique moi plutôt. Papa a prévu une expédition en mer ou quoi ? Râlais-je, mécontent de le voir se foutre de ma poire.

- Non. A vrai dire je pensais que tu pourrais t'en servir pour nager chez nous. Je sais que Jura et Scorpio t'ont conseillé de nager mais que tu ne veux pas à cause de tes jambes… Alors je me suis dit que si tu ne les voyais pas peut être que ça t'encourageait. Expliquait-il gêné, pendant que moi je fondais sur place.

- Je… Merci… Roméo… Euh… Tiens ton cadeau. Dis-je en lui tendant à mon tour mon paquet ne sachant pas quoi faire d'autre, bien trop touché par son attention.

Alors qu'il déballait prestement son cadeau, je fixais avec attendrissement la combinaison de plongée. L'idée d'utiliser une combinaison pour se baigner dans sa propre piscine pouvait sembler ridicule, mais j'étais profondément touché par l'attention de Roméo. Jamais je n'aurais pensé qu'il choisirait ce type de cadeau et encore moins qu'il penserait à comment m'aider à aller mieux. Lui qui était si distant, si froid.

- Natsu mais c'est… S'écriait-il, me sortant de ma réflexion.

- Ahaha c'est à ton tour de tirer une drôle de tête. Me moquais-je, face à son regard ahuri.

- Mais c'est ton ballon fétiche, celui que tu utilisais toujours en compétition, je me souviens que je ne pouvais même pas le toucher. S'étonnait-il en fixant avec admiration mon ancien ballon de handball, que mon père m'avait offert il y a des années et me suivait sur tous mes matchs avec mon équipe.

- Justement je me suis dit que vu que je ne pourrais plus jamais jouer il pouvait te revenir désormais, comme ça il te portera chance à toi aussi. Je sais que tu l'as toujours voulu. Expliquais-je, avant de paniquer en le voyant se mettre à pleurer. Roméo ça ne te plait pas ?

- Si… C'est juste… Pardonne moi Natsu… Pardonne moi… Se jetait-il dans mes bras.

Ne comprenant pas ce qu'il avait, je me contentais de le serrer contre moi, me demandant ce qu'il pouvait bien avoir. Me demandant où c'est que j'avais bien pu merder encore. Je réalisais qu'on venait de se reparler presque comme avant, presque comme si jamais rien n'avait existé et je ne voulais pas perdre cet instant suspendu. Mais est ce que j'aurais gâché ce moment d'une quelconque façon que ce soit ? J'espérais que non. Je voulais en profiter encore un peu avant de revenir à cette vie d'ignorance.

-Je te demande pardon pour t'avoir blessé pendant tout ce temps, je ne le voulais pas. Je… Je ne savais juste pas comment faire. Je ne savais pas comment réagir face à ton nouveau comportement, tu n'aimais plus qu'on parle de hand, tu étais tout le temps triste ou en colère et moi je ne savais pas comment réagir si ce n'est en faisant semblant que tout aller bien. Je ne voulais pas te mettre de côté, je ne voulais pas te faire souffrir encore plus. Et je n'ai jamais voulu que Grey te remplace. Je t'aime grand frère. Pleurait-il à chaude larme, son visage caché dans ma poitrine.

- Je t'aime aussi petit frère. Soufflais-je, les larmes coulant à mon tour.