- Tu pense que Lucky pourrait me conseiller un bon psy ? Demandais-je à Lucy qui cherchait son maillot dans son sac à côté de moi.

- Hein ? S'écriait-elle.

Visiblement surprise par mon intervention imprévue, elle cessait brusquement tout mouvement, me regardant comme si j'étais un OVNI. Si la situation n'était pas aussi dramatique pour moi, j'aurais ri à ses yeux ronds et ses mains figées en l'air, un morceau de son maillot suspendu dans le vide.

- Tu veux aller voir un psy ? Demandait-elle confirmation, visiblement peu sûr de ce qu'elle avait entendu.

- Ouai… Je pense que ça ne me ferait pas de mal. Haussais-je les épaules, détournant le regard.

Honteux, de ressentir le besoin d'y aller, je ne pouvais plus nier à quel point mon cerveau était malade, après avoir lu les mots de mon père. Presque une semaine s'était écoulée depuis cette nuit-là, où j'avais pleuré toutes les larmes de mon corps en réalisant à quel point je m'étais fourvoyé en beauté. Et depuis c'est à peine si je pouvais regarder mon père en face tellement la culpabilité me rongeait les entrailles. Je savais que j'avais besoin d'aide. Jamais je n'arriverais à sortir de cette spirale infernale tout seul ou avec seulement l'aide de mes amis. Jura avait eu raison… J'étais malade. Perdu dans mes pensées dérivant encore une fois sur ma situation minable, je ne sentis pas Lucy s'approchait jusqu'à ce qu'elle pose sa main sur mon épaule. Sursautant, revenant à la réalité, je posais mes yeux sur elle pour y voir un doux sourire.

- Je poserai la question à Lucky dès ce soir. Et ne t'en fait pas je ne te juge pas. Au contraire je trouve ça bien que tu prennes conscience de ton mal être et que tu veuilles de l'aide. Ça veut dire que tu avances, que tu veux guérir, même si tu ne le ressens pas comme ça. Me souriait-elle toute fier et heureuse.

- Merci Luce. Soufflais-je posant ma main sur la sienne, lui arrachant un frisson.

- Sinon où est ce que je peux me changer ? Questionnait-elle.

- La petite cabane à ta droite, il y a des affaires de piscine dedans mais tu devrais avoir suffisamment de place. Lui indiquais-je.

Maillot en main, elle partit se changer, pendant que moi je regardais dépiter ma tenue de plonger. Comme prévu Lucy était revenue à la maison un weekend pour qu'on puise nager ensemble, afin que j'aie enfin le courage de me jeter à l'eau. Je ne savais pas si elle croyait réellement à l'excuse bidon que je lui avais donné la dernière fois, ou si elle comprenait réellement pourquoi je n'osais pas me baigner seul, mais je lui étais reconnaissant de m'accompagner dans ce moment.

Enfilant ma combinaison, me trouvant effroyablement ridicule, je me glissais dans l'eau chaude du bassin, laissant l'eau me porter. Inquiet au départ, de retrouver à nouveau mes pensées noires et d'avoir envie de me laisser couler telle une pierre au fond d'une rivière, je me figeais de stupeur fasse à la sensation de mon corps dans l'eau. Trop surpris pour penser à me suicider une nouvelle fois, je me laissais flotter, réalisant peu à peu à quel point mes jambes ne me faisait pas mal quand je les bougeais. Certes je sentais l'eau qui forçait contre elles dès que j'esquissais un mouvement mais je me sentais tellement léger que je ne cessais de tourner sur moi-même, marchant sur le fond de la piscine, redécouvrant des sensations que j'avais presque perdu.

Omnibulé par ma découverte, je ne vis même pas Lucy sortir de la cabine jusqu'à ce qu'elle se moque de ma tête d'ahuri heureux. Pestant contre elle, je me retournais afin de me moquer à mon tour, mais mes mots restaient coincés dans le fond de ma gorge lorsque je la vis. Vêtu d'un deux pièces tout ce qu'il y avait de plus simple, elle rayonnait et exposait à ma vue son corps de déesse. Je savais déjà que Lucy était une belle femme, mais là. Jamais je n'aurais imaginé à quel point sa peau pouvait sembler si douce et à quel point ses courbes provoqueraient des frissons de plaisir en moi. Irrémédiablement attiré par elle, je secouais la tête afin de retrouver mes esprits. Lucy n'était qu'une amie, aussi importante était-elle devenue dans ma vie, elle ne pouvait pas être plus. Elle méritait bien mieux qu'un éclopé brisait par la vie. Elle s'était sortie de l'enfer, je ne pouvais pas l'y entrainer de nouveau. Peu importe combien, je me sentais attiré par elle en cet instant et combien j'appréciais de plus en plus sa compagnie.

- Alors ça fait quoi d'être dans l'eau ? Me souriait-elle, me sortant de ma contemplation.

- Un bien fou étonnamment, je me sens super léger, je ne pensais pas que mes jambes m'ennuieraient aussi peu. Lui répondis-je, en reportant mon attention sur mes membres inférieurs.

- Tant mieux ! On nage ? Me proposait-elle une fois totalement immergée.

Acquiesçant de la tête je la suivis, effectuant plusieurs longueurs en sa compagnie, parlant de tout et de rien par moment, nageant en silence à d'autre. Ont dû faire une dizaine de longueur, avant que je remarque que mes jambes ne fatiguaient pratiquement pas. Porté par l'eau, je pouvais faire plus d'effort que d'habitude et je retrouvais un semblant de bonheur, me rappelant presque la sensation grisante que j'éprouvais avant quand je faisais du sport. Mon esprit de compétition, revenant à la surface, je me lançais des petits défis personnels, essayant de dépasser Lucy, le plus possible. Me voyant, faire elle se prit au jeu. Prit dans la course, on s'éclaboussait et on riait, tentant de ralentir l'autre dans sa progression, avant de se poser à l'endroit où on avait pied.

- Hé bien pour quelqu'un qui a des soucis de jambes tu nages plutôt vite. Soufflait Lucy.

- Ahaha tu as vu un peu ? Souris-je, fier de moi.

- Je suis tellement contente de te voir comme ça Natsu. M'avouait-elle spontanément, se rapprochant de moi.

Hésitante, elle fini par tendre sa main droite pour remettre mes cheveux tombant sur mon front en arrière, découvrant mes yeux. Déglutissant face à son geste et notre proximité renforcée, je sentis mon ventre s'enflammer en voyant des légères rougeurs apparaitre sur ses joues, la rendant incroyablement mignonne.

- Tu crois que Lucky pourra m'avoir un rendez-vous avec un de ses confrères rapidement ? Questionnais-je, souhaitant briser l'atmosphère étrange régnante entre nous.

- Alors là j'en ai aucune idée, mais la connaissant je suis sûr qu'elle ferra tout son possible. Riait-elle.

- C'est vrai qu'elle est du genre plutôt speed. Relevais-je.

- Hyperactive tu veux dire oui. Enchainait-elle.

- N'empêche jamais je n'aurais imaginé ta tante avec ce genre de personne, elle est tellement calme à côté.

- Tu dis ça parce que tu ne l'as jamais vu poursuivre Sting.

- Pourquoi j'ai l'impression que c'est le bouc émissaire de toute votre famille ? Le plaignis-je.

- Parce que c'est celui qui fait le plus de bêtise. Riait-elle à nouveau, m'entrainant avec elle. Sinon dit moi qu'est ce qui t'a poussé à vouloir aller voir un psy ? Il y a encore quelques jours tu étais contre. Se souciait-elle, tout d'un coup.

- Il… Il s'est passé un truc avec mon père qui m'a fait prendre conscience que j'avais peut-être besoin d'aide. Esquivais-je maladroitement.

- Tu n'es pas obligé de m'en dire plus si tu ne veux pas. Me réconfortait-elle.

- Il ne comprend pas pourquoi je suis si proche de toi, pourquoi avec toi je suis « normal ». Avouais-je après un long moment de silence.

- Si tu veux je pourrais lui parler, enfin que si ça ne te dérange pas bien évidemment. Proposait-elle me surprenant.

- Tu ferrais ça ? M'étonnais-je.

- Si ça peut vous aider oui.

Instinctivement, je la serrais dans mes bras la remerciant une fois de plus pour tout ce qu'elle faisait pour moi inconsciemment. Oubliant momentanément sa presque nudité, je laissais ma tête tombait dans son cou, mes bras encerclant sa taille. Je la sentis se tendre gênait à mon contact soudain. Réalisant à quel point mon action pouvait sembler inappropriée, je me reculais, m'excusant déjà, mais elle se détendit immédiatement à mes mots et resserrait la prise, passant à son tour ses bras autour de moi, sa tête se posant sur mon torse. Me priant de ne pas partir, je renouais mes bras sur sa taille, posant ma tête sur la sienne. Profitant simplement de ce moment de quiétude.

Quelques jours étaient passés depuis notre instant suspendu dans la piscine et heureusement rien n'avait changé entre Lucy et moi. Cela dit, en y réfléchissant, ce n'était pas la première fois que de tel chose nous arrivait, on était naturellement très tactile l'un envers l'autre et le fait qu'elle fut en maillot, ne changeait rien à ça. Aucune gêne ne s'était installée entre nous et on était toujours aussi complice qu'avant. D'ailleurs Grey et moi on pensait de plus en plus à la présenter aux autres membres du groupe. On était persuadé qu'ils l'adoreraient… Et aussi que Loki essaierait de la draguer à coup sûr, ce qui serait surement très marrant à voir. J'imaginais déjà la scène d'une Lucy me suppliant de la sauver des griffes du roux, parce que bon jamais elle ne pourrait craquer pour ce bourreau des cœurs hein ?

S'est perdu sur ses pensées, que mon père arrivait dans ma chambre, m'informant qu'il était l'heure de partir. Lui offrant un faible sourire tendu, je me levais, le suivant jusqu'à la voiture, l'angoisse me tordant les entrailles. Lorsque j'avais demandé à Lucy si Lucky pourrait m'avoir un rendez-vous rapidement, et qu'elle m'avait répondu que celle-ci ferait tout pour, jamais je n'aurais cru que cela signifierait que j'aurais mon premier rendez-vous-même pas deux semaines après.

Montant sur la siège passager avant, je triturais le bas de mon pull avec mes doigts, essayant d'évacuer la pression montante. Bien que silencieux, mon père se voulait rassurant en posant une main sur mon épaule, m'offrant un sourire d'encouragement. Le pauvre, je ne lui avais toujours pas répondu via notre carnet et il devait vraiment de demander ce que j'attendais ou ce que je pensais. Cependant, il semblait quand même un peu plus à l'aise depuis que Lucy lui avait parlé en début de semaine sous mon accord. Je n'avais aucune idée de ce qu'ils s'étaient dit, refusant que Lucy m'explique, mais cela semblait lui avoir fait du bien d'un côté et c'est tout ce qui comptait. Alors lui renvoyant son sourire, j'expirais un grand coup, espérant me détendre.

Le trajet jusqu'au cabinet du Docteur Aquarius passait bien trop rapidement et très vite je me retrouvais devant un immense bâtiment du centre-ville de Magnolia. Spécialisé dans les chocs post traumatique et les dépressions chez les jeunes, Lucy ne m'en avait dit que du bien, je devrais donc être rassuré. Pourtant je ne l'étais absolument pas, tout mon corps tremblait d'appréhension et je ne désirais qu'une chose faire demi-tour. Je voulais rentrer chez moi et oublier cette idée grotesque. Cependant je savais que mon père ne me laisserait pas me défiler, il attend bien trop de ces séances pour me laisser partir. Sa main gauche tenant fermement une des mes épaules et me conduisant jusque devant la porte, me le faisait comprendre. J'essayais donc de gérer du mieux que je pouvais ma panique et quand le Docteur Aquarius surgit pour me dire de la suivre, je poussais un profond soupir de résignation. Aller Natsu courage, tu ne peux pas te défiler maintenant, c'est ta décision assume là. Reprenant un minimum contenance, je la suivis chancelant, l'écoutant à peine quand elle se présentait. Sursautant d'effroi en entendant la porte se refermer derrière moi.