- Alors Natsu tu as réfléchis à ce qu'on a dit la dernière fois ? M'interrogeait ma psy, un léger sourire d'encouragement au coin des lèvres.
On était quatre jours après ma dernière séance et bien sûr que j'avais réfléchi à ce qu'on avait dit la dernière fois, comme à chaque fois que je sortais d'ici mon cerveau se mettait à surchauffer et sérieusement, j'aurais préféré que ça n'arrive pas. J'aurais voulu ne jamais me rendre compte de ce que je ressentais vraiment.
Malheureusement Aquarius avait un don pour faire ressortir chez moi tout ce que je ne voulais ou ne pouvais pas voir et bien que cela était surement fait dans un but salvateur, il y a des moments où je me disais que j'aurais préféré rester dans l'ignorance. Après tout savoir que j'étais amoureux de Lucy maintenant m'apportait quoi de plus ? Si ce n'est encore de la souffrance ?
Après notre dernière séance ensemble, je m'étais torturé l'esprit à savoir ce que je ressentais vraiment pour Lucy et au départ je ne comprenais pas où Aquarius voulait en venir. Lucy n'était rien de plus que mon amie, me disais-je au départ, mais après quelques heures de réflexion j'avais dû être honnête avec moi-même, elle était bien plus que cela. Lucy représentait la lumière pour moi, l'espoir d'une vie meilleure, la preuve que quoiqu'il nous arrive dans la vie on pouvait s'en sortir. Elle était devenue mon pilier le plus précieux plus ou moins malgré elle, mais je mentirais en disant que je ne la voyais que comme une sorte d'ange tombait du ciel pour me venir en aide. Lucy était également drôle, intelligente, mordante, râleuse, timide, susceptible, douée en dessin, passionnée par les énigmes… Et elle était belle aussi, affreusement sexy même pourrais-je dire. Depuis qu'on avait pris l'habitude de nager ensemble plus ou moins régulièrement, je ne pouvais pas nier qu'elle me plaisait, plus d'une fois j'avais dû refreiner mes ardeurs incontrôlées envers elle, car on avait la mauvaise manie de se toucher en permanence. C'était venu naturellement entre nous ce besoin de contact quasi permanent et désormais je savais que cela renfermait bien plus de désir que je ne le pensais au départ. Petit à petit Lucy s'était fait une place dans ma vie, passant d'inconnu sympathique à meilleure amie pourrais-je dire, jusqu'à devenir la femme que je désirais maintenant plus que tout. Alors oui j'y avais réfléchis, mais peut-être n'aurais-je dû pas le faire.
- Ouai j'y ai repensé… Et pour le coup je crois que j'aurais préféré rester dans l'ignorance. Râlais-je.
- Pourquoi donc ? Se mentir à soit être est bien plus douloureux que tu ne le penses tu sais.
- Aussi douloureux que de savoir que j'aime une personne inaccessible ? Grondais-je.
- Explique moi en quoi Lucy est inaccessible ? Car de ce que je sais vous vous voyez régulièrement, plusieurs fois par semaine, bien que vous ne soyez pas dans le même lycée, donc ce n'est pas ce que j'appellerais quelqu'un d'inaccessible. Faisait mine de ne pas comprendre Aquarius, pour m'obliger à m'ouvrir un peu plus comme à chaque fois et le pire c'est qu'à chaque fois je tombais dans le panneau.
- Vous savez très bien ce que je veux dire par inaccessible. Lucy est… Lucy est une lumière ambulante, tous les gens qu'elle rencontre elle leur apporte de la joie, elle a connu l'enfer et maintenant elle est heureuse, je ne peux pas la réentraîner en enfer avec moi. Me lamentais-je.
- On a déjà eu cette conversation Natsu, tu dois cesser de te sentir coupable ou moins bien que les autres. Je sais que c'est difficile mais tu dois essayer pour toi. Me réprimandait la bleue.
- Quand bien même, elle ne m'aime pas. Crachais-je.
- Comment le sais-tu ? Tu lui as demandé ? Ou alors c'est encore ta mauvaise image de toi qui parle ? Natsu jusqu'il y a peu tu n'étais même pas conscient de tes propres sentiments pour elle car tu refusais d'admettre que tu avais à nouveau le droit à l'amour. Et maintenant que tu en as conscience tu vas faire avec elle ce que tu fais avec tous les autres ? Projeter tes mauvaises pensées sur elle ? Si ça se trouve cette jeune femme t'aime aussi en retour et entre nous de ce que tu me racontes ça ne m'étonnerait même pas. Continuait de creuser Aquarius.
- Même si c'était le cas je ne la mérites pas. Scandais-je.
- Non tu penses ne pas la mériter car tu te vois comme un être minable, nuance. Mais elle qu'est-ce qu'elle en pense réellement ? Si ça se trouve, elle voit en toi, ce que toi tu vois en elle, tu n'en sais rien. Et puis tu sais Natsu personne ne peut jamais dire à quelqu'un d'autre ce qu'il mérite ou non. C'est à la personne elle-même de savoir ce qu'elle pense mériter ou pas, tu ne peux pas choisir à sa place.
- A vous écouter je devrais foncer.
- Non je ne dis pas ça. Je dis juste que tu dois cesser de projeter tes émotions sur les autres, et de penser pour eux. De toute façon tu dois réapprendre à t'aimer un minimum avant de pouvoir te lancer de nouveau dans une relation amoureuse, sinon ça ne marchera jamais. Mais de ce que tu m'as dit les choses sont toujours venu très naturellement avec Lucy, alors continu à laisser les choses venir naturellement, cesse de toujours tout combattre. Tu sais ce qu'on dit, l'amour qui née sans qu'on s'en rende compte est le plus beau de tous. Me souriait-elle franchement, clôturant cette fin de séance sur ces mots.
Bien évidemment les paroles échangées lors de cette séance, allait encore me hanter pendant des jours et je soupirais d'avance en sortant. Parfois j'aimerais pouvoir mettre mon cerveau en off et juste ne penser à rien. A vrai dire, je me demandais même parfois pourquoi j'avais décidé d'aller en thérapie, bien souvent j'avais l'impression que ça me faisait plus de mal qu'autre chose, mais je savais que c'était qu'une illusion. C'est vrai je souffrais de constater à chaque fois un peu plus comment cet accident m'avais détruit que ce soit mentalement ou physiquement, mais je me disais qu'il fallait en passer par là si je devais m'en sortir. Lucy m'avait prévenu que ça ne serait pas simple et que parfois j'aurais envie d'abandonner mais qu'au final j'en ressortirais plus fort, si je m'accrochais. Alors c'est ce que je faisais, espérant voir un jour la lumière au bout du tunnel, espérant cesser de penser à comment partir par moment, un vague esprit de champion résidant encore tout au fond de moi.
Pourtant en rentrant, la première chose que je fis ce fut d'aller me réfugier dans ma chambre, espérant cesser le flux continu de mes pensées, ne faisant même pas attention à la présence de Lucy dans le salon avec Roméo. Ce n'était pas la première fois que je zappais les personnes présentes dans ma maison lorsque je rentrais d'une séance. La tête dans les nuages un peu, vivant dans ma bulle, je faisais très peu attention aux choses et aux personnes autour de moi et j'avais de la chance que personne ne s'en offusque. Cependant pour une fois, j'aurais aimé que Lucy ne me rejoigne pas dans ma chambre. Jusqu'il y a peu j'appréciais sa sollicitude et j'aimais la voir juste s'installer à côté de moi, un bloc à dessin en main, me tenant juste compagnie dans un silence reposant. Mais pas cette fois, cette fois non, j'aurais voulu qu'elle reste dans le salon, car je ne voulais pas penser à elle, à ce que je ressentais à nous, à comment je pourrais tout gâcher. Pourtant quand elle m'offrit un grand sourire, je ne pus me résoudre à la mettre dehors.
Les jours suivant, je tentais également de mettre un peu de distance entre nous, espérant trouver une solution à mes sentiments conscients mais je remarquais bien vite, que voir Lucy s'inquiéter pour moi et être peinée de cette soudaine distance, me faisait beaucoup trop de mal pour que je continu comme ça. A vrai dire, ça me peinait beaucoup trop moi aussi pour que j'arrive à tenir mes distances, j'avais besoin d'elle dans ma vie, je la voulais dans ma vie, peu importe comment. Alors un weekend, je l'invitais à me rejoindre à la piscine, m'excusant pour mon comportement froid et distant de ces derniers jours. Et bien évidemment, elle me pardonnait immédiatement, non pas sans m'avoir menacé de ne jamais recommencer sous peine de souffrance absolue, mais elle me pardonnait et ce jour-là je sentis mon cœur se remplir de bonheur, soulagé de savoir qu'elle ne m'en voulait pas outre mesure.
On reprit donc notre petit train, train habituel et grâce aux séances avec Aquarius, j'apprenais peu à peu à reprendre confiance en moi, commençant à aborder lentement mais surement la question de mes pensées suicidaires qui ne me quittaient malheureusement toujours pas, malgré tous mes efforts. L'ouverture de parole sur ce sujet-là, m'affectait surement deux fois plus que tout ce dont on avait pu discuter jusqu'à lors et je devais lutter contre moi-même pour ne pas me renfermer à nouveau. Pour continuer à essayer de retrouver un lien père fils avec Ignir, pour continuer à m'ouvrir à mes amis, les soutenant dans leur match de hand, pour ne pas repousser Lucy à cause de mes sentiments inavoués qui grandissaient de plus en plus chaque jour.
Et à force de me battre contre moi-même, à force de tout garder pour moi, je finis par craquer un jour à l'école. Je ne sais pas exactement ce qui avait déclenché ma crise d'angoisse, la vision insouciante de Lisanna qui n'était toujours pas venu m'adresser la parole depuis que je m'étais jeté sous les roues d'une voiture pour elle, une énième parole déplacée de Luxus, les regards en coin de certaine personne que j'avais côtoyé par le passé ou juste une accumulation de chose que je n'arrivais plus à contenir. Mais désormais je me retrouvais assis dans ma salle de classe que je refusais de quitter avec pour seule compagnie mon meilleur ami, qui essayait de gérer au mieux ma crise.
- Natsu, mec aller respire… Ne cessait-il de me répéter tremblant, essayant de se souvenir de ce que mon père lui avait dit de faire au cas où ça m'arriverait au lycée.
Malgré moi sa panique plus ou moins contrôlé me faisait rire et quand je réussi enfin à reprendre mon souffle, je laissais échapper un petit rire à travers les larmes.
- Tu sais qu'on dirait un fou là ? Me demandait Grey, essayant de détendre l'atmosphère.
- Désolé mais tu me fais rire à essayer de gérer la situation.
- Hé ! La prochaine fois je te laisse tout seul si c'est comme ça. Me frappait-il le bras de son poing.
- D'accord, d'accord. Riais-je.
- Sinon tu peux me dire ce qui l'a déclenché ? Me demandait-il inquiet.
- Je n'en sais foutrement rien. Ne me regarde pas comme ça, je n'en sais vraiment rien. Je crois que j'ai juste un surplus d'information et de sentiments à gérer. Soupirais-je, reposant ma tête contre le mur sur lequel j'étais appuyé.
- Ta thérapie te met vraiment sens dessus dessous depuis quelques semaines là. Maugréait Grey, s'asseyant à côté de moi à même le sol, son dos reposant contre le mur à son tour.
- Ouai… mais c'est pour aller mieux ensuite pas vrai ? Lui demandais-je, alors même qu'il n'en savait rien, mais j'avais besoin d'être rassuré.
- Bien sûr… Ca va même déjà mieux. Me souriait mon ami, m'encourageant encore à me battre.
- Merci d'être resté avec moi. Lui lançais-je après quelques minutes de silence.
- C'est normal mec, je serais toujours là pour toi tu le sais. Mais tu devrais aussi en parler aux autres, au cas où je ne suis pas là un jour. Me recommandait-il.
- Je ne sais pas Grey, j'ai l'impression que je recommence à peine à me mélanger à vous, alors leur avouer à quel point je suis faible… Baissais-je la tête, mort de honte.
- Hé mec. Aucun de nous ne te trouve faible, au contraire. Tu sais ceux qui critique dans le lycée c'est facile, mais personne ne sait comment il réagirait à ce que tu as vécu. Mais nous en tout cas on te trouve très courageux et tu sais bien que personne ne te jugera dans le groupe, on est tes amis Natsu. Me rassurait Grey, me jetant une petite accolade.
- J'ai de la chance de vous avoir. Souriais-je.
- Ah ça tu peux le dire. Riait Grey en retour.
On restait ainsi, plusieurs minutes à parler de tout et de rien avant que je ne me souvienne que Grey possédait une information capitale sur Lucy.
- Dit moi Grey, tu sais qui c'est le mec dont Lucy est surement amoureuse ? Changeais-je de sujet.
- Hein ? Le mec dont elle est amoureuse ? Me demandait-il choqué.
- Oui. Tu as bien dit que tu avais abandonné l'idée de la draguer parce qu'elle avait le béguin pour un autre non ? Insistais-je.
- Euh oui… Mais pourquoi tu me demandes ça tout d'un coup. Ne comprenait-il pas, cet abruti fini.
- Hé bien… C'est-à-dire que… Enfin je crois que je l'aime… Avouais-je mal à l'aise.
- Attend gars tu ne réalises que maintenant ? S'écriait Grey.
- Quoi comment ça que maintenant ? Ne comprenais-je pas à mon tour.
- Mais Natsu je pensais que ça faisait longtemps que tu avais remarqué que t'étais amoureux de Lucy. Pourquoi tu crois que je te taquine autant ces derniers temps, c'est pour savoir où vous en êtes dans votre histoire. Se moquait Grey.
- Attend quelle histoire ? Tu crois qu'il y a un truc entre Lucy et moi ? M'exclamais-je.
- Bah bien sûr. Je pensais que vous preniez juste votre temps à cause de tout ce que tu as gérer dans ta vie perso. Jamais je n'aurais pensé que tu n'étais même pas au courant que t'étais amoureux d'elle et encore moins que tu n'avais pas remarqué que son béguin s'était toi. Se lamentait Grey, visiblement dépité par mon idiotie.
- Attend son béguin c'est moi ? Scandais-je.
- Mais bien sûr idiot qui d'autre ? Tu crois que j'aurais laissé tomber si le mec en question n'avait pas été un de mes potes ? Franchement je n'arrive pas à croire que tu n'es pas réalisé à quel point vous vous dévorez du regard en permanence. Soupirait-il.
- Tu dois te tromper… Pourquoi Lucy s'intéresserait à un mec comme moi. Soupirais-je.
- Mais qu'est-ce que tu racontes encore abruti. Il y a plein de raison pour laquelle une fille voudrait sortir avec toi Natsu, même boiteux, tu es un mec génial. Bon d'accord un peu à l'ouest en ce moment mais ce n'est pas parce que tu cours plus sur un terrain que t'es plus intéressant. Me souriait de nouveau Grey, commençant à comprendre d'où venait le problème, avant de poursuivre. Après entre nous ce que Lucy te trouve exactement, je ne sais pas, mais ce que je sais pour lui en avoir déjà parlé c'est qu'elle t'apprécie vraiment énormément et puis je ne sais pas… Il y a tout de suite eu un truc entre vous, alors arrête de penser à je ne sais quoi et fonce stupide tête à flamme. Me grondait légèrement Grey, réutilisant pour la première fois un de mes anciens surnom et pour une raison inconnue cela m'ému.
Etonnamment les paroles de Grey eurent plus d'impact sur ma confiance en moi vis-à-vis de Lucy que dix séances de psy avec Aquarius, comme quoi parfois mêmes les professionnels ne valaient pas nos amis. Alors quand je rentrais chez moi ce soir là et apercevais Lucy nous attendant déjà sur le pas de la porte pour donner son cours particulier à Roméo, je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine en repensant à notre conversation avec mon meilleur ami. Lucy en pincerait pour moi… Ca me paraissait tellement invraisemblable et pourtant je voulais y croire, surtout quand je la voyais me sourire comme si j'étais le soleil. M'offrant une légère accolade, elle me soufflait à l'oreille de préparer mes manettes pour après sa séance avec mon frère. Sachant très bien ce que ça voulait dire, je lui souriais sadiquement en retour, lui demandant sur quoi elle voulait mourir aujourd'hui. Quand elle me répondit « Super Smash Bros », je souriais victorieux d'avance. Je m'étais énormément entrainé sur ce jeu ces derniers temps avec les gars, elle n'avait donc aucune chance de me vaincre, d'autant plus que Lucy était plus une spécialiste du Mario Kart.
Je lui annonçais donc de se préparer à la déculotté du siècle quand elle me rejoint dans le salon une heure plus tard, pendant que Roméo sortait rejoindre un ami à lui vivant juste à côté de chez nous. Très vite l'ambiance devient tendue entre nous et on se préparait à jouer à cent pourcent de nos capacités. A chaque fois que Lucy et moi nous nous affrontions à un jeu c'était pareil, on se mettait en condition mentale comme si l'on partait à la guerre. Et à peine lançons nous la première partie, que je me jetais sur son personnage lui infligeant déjà de nombreux dégâts, sous son cri outré. La première partie ne devait durée même pas deux minutes, avant que je ne la lamine complétement. Furax, elle me défiait une nouvelle fois, mais je gagnais à nouveau. On recommençait encore et encore, jusqu'à ce que Lucy pète un plomb et se jette sur moi, essayant de me retirer la manette des mains, jurant que je n'étais qu'un tricheur, sous mes rires de joie. J'avais très vite découvert que Lucy était une mauvaise perdante et à chaque fois ça me faisait rire de la voir s'énerver, me traitant de tous les noms au passage. Cependant cette fois alors qu'on se battait, bien qu'elle faisait toujours attention à ne pas cogner dans mes jambes par accident, elle perdit l'équilibre et me tombait dessus, m'entrainant dans sa chute. On glissait alors du canapé, s'étalant sur le tapis du salon, sous nos regards choqués. D'abord stupéfait, on fut vite pris d'un fou rire.
- Je suis désolée vraiment. J'espère que je ne t'ai pas fait mal. Essayait de reprendre son souffle Lucy.
- Ahah non t'en fais pas, le tapis à amortis la chute. Tentais-je de me calmer aussi, mes yeux se crochetant aux siens.
Lors de notre chute, j'avais instinctivement rattrapé Lucy, enroulant mes bras autour de sa taille. Elle se retrouvait donc désormais allongée sur moi, sa poitrine appuyée contre la mienne, une de ses jambes entre les miennes et ses deux bras reposant de chaque côté de mon visage. Bien que ce n'était pas la première fois qu'on se retrouvait tous les deux dans une position rapprochée, cette fois-ci était différente. Différente parce qu'on n'avait jamais été dans une position aussi intime et tendancieuse, différente parce que désormais j'avais conscience de mes sentiments pour elle, différente parce que je ne l'avais jamais désiré autant quand cet instant.
Ses joues parsemées de rouges, me donnait envie de les croquer, ses yeux chocolat brillant de m'y plonger à tout jamais et ses cheveux en bataille, de fourrer mes mains dedans pour y mettre encore plus de désordre. En voyant, qu'elle ne bougeait pas pour se sortir de cette situation gênante, je me mis à espérer et je repensais encore une fois aux paroles de Grey « son béguin c'est toi abruti ». Je suivais alors des instincts enfouis depuis trop longtemps, et je déplaçais doucement une de mes mains se trouvant en bas de son dos, pour remonter jusqu'à sa nuque. Mon geste lui arrachait un petit soupir de bien être et je dû lutter contre moi-même pour ne pas la retourner et la plaquer sous moi. Mes yeux descendaient sur ses lèvres roses tentatrice et je me léchais la lèvre inférieure d'envie, je commençais alors à l'attirer vers moi, avant de réaliser brusquement ce que j'étais entrain de faire. Me figeant, je m'attendais presque à la voir reculer, mais elle n'en fit rien, au contraire elle semblait même attendre tout aussi impatiemment que moi la suite des évènements. Pourtant alors même que tous les signaux semblaient au vert, je ne pouvais m'empêcher de douter, m'empêcher de penser « tu n'es pas assez bien pour elle ».
- Si tu ne veux pas, arrête moi. Lui murmurais-je, ayant besoin d'entendre son consentement.
- Je n'ai aucune envie de t'arrêter Natsu. Murmurait-elle en retour, une de ses mains venant frôler mon visage.
- Je… Je ne veux pas que les choses changent. Réussis-je à dire, ne trouvant pas d'autre mots pour exprimer toutes mes craintes et interrogations.
- Moi non plus je ne veux pas que les choses changent. Par contre je veux qu'elles évoluent. Me souriait-elle doucement, avant de réduire la distance existante entre nous.
A peine ses lèvres se posaient-elle sur les miennes que je gémis de plaisir, expirant de bonheur. J'avais l'impression de goûter au fruit défendu et pourtant je ne voulais pas m'en éloigner. Alors quand Lucy rompit le baiser, m'offrant un regard rempli de tendresse, je réduisais à mon tour la distance entre nous, lui offrant un deuxième baiser. La plaquant contre moi, une de mes mains glissant dans sa masse de cheveux blond, l'autre se glissant parfaitement dans le creux de ses reins, je l'embrassais un peu plus sauvagement à chaque baiser, heureux de la sentir aussi investi que moi, de sentir son besoin de se presser le plus possible contre moi, une de ses mains se calant dans mon cou, l'autre restant appuyé sur le sol afin de ne pas s'effondrer totalement. Quand elle se frottait inconsciemment contre moi, durcissant encore plus ma fierté masculine qui était déjà aux abois, j'expulsais un râle de plaisir, avant de mordiller sa lèvre inférieure, souhaitant la goûter encore plus. Réceptive, elle ouvrait immédiatement la bouche, laissant enfin nos deux bouts de chair se rencontrer et la sensation qui me parcourait me rendit fébrile. Jouant ensemble à celui qui dominerait l'autre, on se souriait mutuellement pendant nos baisers et je sus qu'elle m'avait compris. Qu'elle avait compris mes doutes et mes craintes et qu'elle les acceptait pleinement, parce que merde cet idiot de Grey avait raison.
