Lorsque j'ouvrais les yeux, je fus surpris de me retrouver dans une chambre entièrement blanche, allongé dans un lit peu confortable, avec en bruit de fond le bip incessant d'une machine. Reconnaissant avec amertume une chambre d'hôpital, je grognais de mécontentement, me demandant ce que je foutais là, avant de me souvenir. Je m'étais évanoui suite à ma crise d'angoisse et mes amis n'ayant surement pas su quoi faire avaient dû appeler les pompiers, l'infirmerie du lycée étant fermé pour cause de travaux. Honteux de me retrouver de nouveau ici, pour une stupide crise d'angoisse, j'avalais difficilement ma salive en repensant au spectacle lamentable que j'avais dû donner aux autres et notamment à Luxus. Maugréant, je me relevais lentement afin de me mettre en position assisse, appuyant sur le bouton d'appel des infirmiers.
A peine appelais-je, que deux infirmières accompagnées d'un médecin débarquaient dans la chambre. Visiblement heureux de me voir réveillé, ils vérifiaient mes constantes, m'informant au passage de ce qu'il s'était passé. Apparemment mon cœur était parti en tachycardie suite à ma crise d'angoisse, ce qui aurait provoqué la perte de conscience. Cependant, je n'avais aucune séquelle à déplorer et je pouvais tout à fait rentrer chez moi maintenant que j'étais de nouveau conscient, le médecin ne manquant pas de me conseiller de prendre connaissance de ce qui avait causé la crise, pour en éviter une nouvelle. Son conseil me fit rire et je dû puiser dans les tréfonds de ma patiente pour ne pas l'envoyer chier. Je me raisonnais en me disant que ce pauvre gars ne faisait que son boulot et n'était pas au courant de mon passé, je me contentais donc de le saluer brièvement avant de sortir de cette maudite pièce, retrouvant mon père et mon frère m'attendant dehors, mon frère mangeant des bonbons, surement acheté au distributeur de l'hôpital.
Lorsqu'ils me virent, leurs yeux s'illuminaient de soulagement et Roméo ne put s'empêcher d'accourir vers moi pour me prendre dans ses bras. Faisant malgré tout attention à ne pas trop me bosculer, il s'accrochait à ma taille, pleurant ton son soul. Déconcerté par sa réaction, j'enroulais mes bras autour de ses épaules, le rassurant du mieux que je pouvais en lui disant que j'allais bien, que ce n'était rien. Incapable de prononcer quoique ce soit à travers ses larmes, il se contentait d'hocher la tête à mes mots et on restait ainsi pendant plusieurs minutes avant qu'il ne se calme et me lâche. Je lui souriais alors gauchement, lui grattant la tête, m'en voulant de l'avoir autant inquiété pour une stupide crise d'angoisse. Néanmoins, je n'eu pas le temps de souffler, à peine Roméo se détachait de moi que mon père venait me prendre dans ses bras à son tour. Ma tête heurtant son cou, je sentais bien qu'il se retenait de pleurer lui aussi et je n'hésitais pas une seule seconde à lui rendre son étreinte. Depuis qu'avec mon père on avait mis en place le carnet comme mode de communication, les choses allaient un peu mieux entre nous et je ne le repoussais plus systématiquement, croyant qu'il ne voyait en moi plus que l'ombre de moi-même.
- Si tu savais comment tu nous a fait peur. J'ai cru que mon cœur allait s'arrêter quand Grey m'a dit qu'on t'amenait à l'hôpital, je pensais encore qu'on allait me dire que tu étais entre la vie et la mort. Sanglotait mon père, de légères larmes roulant sur ses joues, celles qu'il ne pouvait pas retenir.
- Je suis désolé, pardon de vous avoir fait peur une nouvelle fois. Resserrais-je mon étreinte autour de son corps qui avait maigri au cours des derniers mois.
Etonnamment, je crois que je prenais enfin pleinement conscience du traumatise qu'avait aussi subi ma famille lors de mon accident. La simple évocation de l'hôpital réussissant à les faire paniquer. Le fait d'avoir failli me perdre une fois, les marquant au fer rouge et désormais je comprenais véritablement pourquoi mon père était devenu aussi protecteur.
Desserrant mon emprise sur lui, je lui donnais une légère tape sur l'épaule, lui disant que je voulais rentrer à la maison. Essuyant ses larmes, il me souriait me disant qu'on s'arrêterait sur le chemin du retour au Burger King afin de nous faire plaisir à tous les deux. Son initiative, nous fit légèrement rire avec Roméo et on lui sortait que s'il nous emmenait au BK dès que l'un de nous finissait à l'hôpital, on allait venir plus souvent, sous ses cris de protestation.
Une fois dans la voiture, je sortais mon téléphone de mon sac, je devais donner des nouvelles à mes amis et leur annoncer que j'allais bien et que j'étais désormais sorti. Toutefois, si je m'attendais à avoir un ou deux messages de Grey, je ne m'attendais pas à avoir trente-six mille messages sur notre conversation de groupe avec tous les mecs s'affolant et envoyant des « ça va » toutes les cinq minutes. Touché par leur inquiétude, je ne pouvais m'empêcher de rire un peu en voyant tout leur message. Je remarquais également que j'avais deux appels manqués de Lucy et trois messages d'elle à presque une heure d'intervalle. La pauvre semblait en panique totale face à la nouvelle de Grey, et je me dépêchais de lui répondre à elle aussi.
Immédiatement après que j'ai envoyé un message à tout le monde, pour leur dire que tout allait bien, ils me répondaient tous. Lucy étant la première à réagir, rassurée mais toujours inquiète elle souhaitait qu'on s'appelle et j'acceptais avec joie sa proposition, on ne s'était pas vu depuis deux jours et elle me manquait, la sensation de manque étant devenu encore plus présente depuis qu'on sortait ensemble depuis presque deux semaines, et puis l'avoir en ligne me ferait du bien. Je lui disais donc que je l'appelais dès qu'on serait rentré du BK avec ma famille.
Je répondais ensuite à mes amis, qui me demandait tous comment j'allais, je prenais donc le temps de les rassurer, leur demandant à mon tour ce qui s'était passé pendant que je perdais peu à peu pied avec la réalité. Ils se mirent alors tous à m'envoyer des notes vocales afin de m'expliquer la situation, inonder de vocaux, je cherchais mes écouteurs dans mon sac, profitant du trajet pour écouter ce qu'ils avaient à me dire. Lorsque j'allumais le premier vocal qui était celui de Grey, je grimaçais en apprenant qu'il avait eu peur comme jamais en réalisant que cette crise d'angoisse n'avait rien à voir avec toutes les autres qu'il avait pu voir. Inquiet et ne sachant pas quoi faire pour me calmer il avait demandé aux autres de l'aider mais malheureusement aucun d'eux n'avait su quoi faire. J'écoutais ensuite le vocal de Jellal qui m'informait que les filles, ainsi que Elfman avait commencé également à paniquer en voyant Grey leur hurler dessus à cause de la peur, apparemment Erza a été la première à se reprendre et à ordonner de reculer à tout le monde, disant que j'avais surement besoin d'espace, ce qui ne m'étonnait pas d'elle. Jellal m'informait également qu'elle avait passé un savon à Luxus qui était le seul présent à se moquer de la situation, disant à qui voulait l'entendre que « c'est ça l'ancien capitaine de l'équipe, un minable ». Cette information me fit grimacer mais ne m'étonnait pas c'était tellement prévisible de sa part, ce type n'avait aucune empathie. C'est là qu'intervenait les vocaux de Loki et Gadjeel qui m'informait lui avoir foutu un coup de poing tous les deux, l'insultant au passage et leur acte de protection me fit chaud au cœur. Loki reprenait ensuite la parole pour m'indiquer que Lisanna s'était visiblement décomposée devant eux, quand tout le monde a réalisé que je revivais l'accident en répétant en boucle que je ne voulais pas mourir ici, elle avait apparemment compris que c'était elle le déclencheur de ma crise d'angoisse et avait fui très loin de moi, en pleurant accompagné de son frère et de sa sœur, les triplés s'éloignant enfin de la scène, Luxus les poursuivant, lui demandant ce qui n'allait pas.
Je me figeais à cet aveu, n'y croyant pas une seule seconde. Persuadé que mon corps fatigué me jouait des tours, je réécoutais le vocal de Loki, pour me rendre compte qu'il disait toujours la même chose. Dubitatif, je lui demandais par écrit si on parlait bien de la même Lisanna, qui m'ignorait royalement depuis mon retour en cours et n'était jamais venu me voir une seule fois pour me remercier. Cette fille avait fait littéralement comme si je n'avais jamais existé, comme si on n'avait jamais flirté ensemble. Cette fille était intéressée, je le savais avant même de commencer à la fréquenter et à l'époque j'avais espéré qu'elle finirait par s'intéresser au véritable Natsu et pas juste le capitaine de l'équipe de hand populaire, sauf que bien évidemment cela ne s'était jamais produit et heureusement d'un côté car ça m'avait permis de rencontrer la femme la plus incroyable du monde, mais cela ne m'avait donc pas plus étonné que ça quand elle s'était mise à m'ignorer. Ça m'avait blessé, énervé parce que merde j'avais foutu ma vie en l'air pour elle, mais ça ne m'avait pas étonné, alors pourquoi réagir comme ça maintenant ? Pourquoi faire genre qu'elle en a quelque chose à faire. Jellal supposait qu'elle était peut-être plus affectée parce ce qu'il s'était passé qu'elle ne laissait croire, peut-être même quand réalité elle me fuyait parce qu'elle se sentait coupable dans le fond. Dubitatif face à cette explication, j'avais malgré tout envie d'y croire, ne serait-ce qu'un petit peu, parce que ça prouverait que mon acte et ma vie était reconnu à sa juste valeur par la personne qui aurait dû finir à ma place.
Cependant, je décidais de ne plus y penser une fois arriver au fast food et de me concentrer uniquement sur notre repas avec ma famille. L'ambiance était légèrement étrange entre nous, mon frère et mon père visiblement toujours tendu, mais on passait malgré tout un bon moment ensemble et quand en rentrant à la maison, je les informais les quitter pour appeler Lucy avant de me coucher, il me renvoyait tous les deux un grand sourire, mon père me disant de me dépêcher, ses yeux brillant de malice.
Depuis notre premier baiser échangé avec Lucy qui s'était terminé par un retour sur le canapé pour terminer notre partie de jeu vidéo, afin de calmer nos ardeurs, tout était aller assez vite dans l'annonce de notre mise en couple à nos familles. A vrai dire on s'était juste embrassé naturellement pour se dire au revoir devant ma famille qui était rentré à la maison et sa tante qui était venu la chercher ce soir là exceptionnellement à cause de la pluie tombant dehors. Au début, on ne réalisait même pas ce qu'on venait de faire devant les autres, l'action nous paraissant juste innée, on ne se rendait compte de ce qu'on avait fait quand voyant les regards ahuris des trois personnes présentes dans la pièce et quand Roméo se mettait à hurler qu'il avait la meilleure belle sœur du monde. Mort de honte, on avait tous les deux prit la teinte d'une tomate bien mûre et Lucy avait bégayé je ne sais quoi pour s'expliquer. Heureusement pour nous, ce fut mon père et Anna qui nous sortait de cette situation gênante, en faisant presque comme si de rien n'était, disant juste qu'ils savaient que ce jour là arriverait.
L'avantage, d'avoir était visiblement prévisible, c'est que au moins ils ne nous charriaient pas outre mesure et surtout ils l'acceptaient sans aucun problème. A vrai dire, je crois que mon père se sentait soulagé, tout du moins il semblait plus heureux depuis que je sortais avec Lucy. D'après, ce qu'il m'avait dit dans le dernier échange de carnet, c'est parce qu'il était heureux de voir que j'ai trouvé quelqu'un qui m'aime tel que je suis et pour qui je suis, et que je connaisse à nouveau l'amour. Il avait eu peur que je ne retrouve plus jamais cela à force de me morfondre et je n'osais pas lui dire que moi aussi, j'avais bien cru ne plus jamais le connaitre, pensant ne pas le mériter, le pensant toujours d'ailleurs, même si j'y travaillais.
En ce qui concernait Anna et Lucky, car oui elle avait été directement mise au courant cette espèce de folle comme j'aimais l'appeler, elles l'avaient également très bien pris. Selon Lucy elles étaient heureuses qu'elle est choisie un mec clean et surtout pas à problème, ce qui m'avait fait rire. Personnellement je pensais être un type à problème vu mon état physique et mental, mais bon pour Anna j'étais un gars sérieux, respectueux et j'allais surmonter mon accident alors tant que je traitais bien Lucy, elle était heureuse de nous voir ensemble. Je pense même avoir vu ses yeux s'illuminer en ma présence pour la première fois en me voyant rire avec Lucy juste après notre mise en couple. Un autre membre de la famille de Lucy par contre avait été un peu plus virulent en apprenant notre mise en couple, Sting. Ce grand fou, m'avait littéralement menacé par message dès qu'il l'a appris, m'informant que si je faisais le moindre mal à sa cousine chéri, il ferait en sorte que je ne puise plus marcher pour de bon. Sa réaction digne d'un grand frère protecteur m'avait déclenché un fou rire et je lui ai promis de lui offrir mes jambes avec joie si je blessais Lucy un jour. Bien évidemment, Sting étant ce qu'il était, il avait renchéri encore plus fort mais je savais que c'était sa façon à lui d'accepter la situation et d'être heureux de notre nouveau statut, bien que selon lui on jouait avec la limite depuis des mois.
Quand j'y repensais, je me disais qu'il n'avait pas totalement tord et je souriais encore bêtement en pensant à toutes les ondes positives qu'on nous envoyait. C'était bête, car même si je n'avais pas besoin de leur approbation, j'appréciais l'avoir, j'aimais le fait que les gens nous accepte en tant que couple, car j'ai rarement était plus heureux ces derniers temps que depuis que nous avons franchit le pas avec Lucy, quand bien même des doutes persistaient de mon côté. Alors quand j'entendis enfin sa voix au bout du fil, je poussais un profond soupir de soulagement, toute ma tension accumulée au cours de la soirée, semblant s'envoler en un instant.
- Natsu je suis tellement heureuse de t'entendre, rassure-moi tu vas bien. S'empressait de me demander Lucy, sa voix tremblant légèrement.
- Oui ne t'en fais pas, je suis juste fatigué. La rassurais-je.
- Grey m'a dit qu'il ne t'avait jamais vu faire une crise d'angoisse aussi forte… J'ai vraiment paniqué tu sais…
- Je sais. Mais t'en fais pas un petit somme et je serais de nouveau d'attaque. Essayais-je de faire de l'humour, espérant la détendre un petit peu, c'est bête mais je n'aimais pas qu'elle s'inquiète autant pour moi.
- Je m'inquiéterai toujours pour toi Natsu Dragneel. L'entendis-je grogner à l'autre bout du combiné.
- Tu lis dans mes pensées ? M'offusquais-je, commençant presque à paniquer.
- Ahah non mais je te connais trop bien. Riait-elle enfin.
- Ouf… J'ai cru que tu pouvais voir toutes les pensées salaces qui me passaient par la tête. Continuais-je à rire.
- Oh non, dieu merci, je ne veux pas savoir sur quelle actrice porno tu fantasmes. Rentrait-elle dans le jeu, me faisant rire à nouveau. Dis-moi tu sais ce qui l'a déclenché ? Finissait-elle par me demander après qu'on est calmé nos fous rires. Si tu ne veux pas me le dire je comprendrais. Enchainait-elle en voyant que je ne lui répondais pas.
- Si, si je vais te le dire, c'est juste que… Marmonnais-je, repensant à l'état dans lequel je m'étais mis.
- Natsu…
- J'étais au terrain de hand avec les gars, on avait un trou en fin de journée et je me suis dis que retourner sur un terrain de hand sans personne qui joue dessus serait un bon début pour affronter mes peurs. Je comptais partir avant que le reste de l'équipe n'arrive mais… Je n'ai pas vu le temps passer et Luxus ainsi que sa bande ont débarqué, dans le lot il y avait Lisanna, la fille avec qui j'étais ce jour-là. Je ne sais pas pourquoi j'ai réagi aussi violement en la voyant aujourd'hui, je veux dire ce n'était pas la première fois que je la recroisais depuis mon retour en cours, mais je ne sais pas il y avait quelque chose de différent. C'était son regard… D'habitude elle se contente de m'ignorer et de passer son chemin sans un regard pour moi mais là elle m'a fixé avec ses yeux et… Je ne sais pas il y avait quelque chose dans sa façon de me regarder, dans ses émotions qui m'ont rappelé son regard ce jour-là. En une fraction de seconde je n'étais plus là mais de nouveau à ce bar où on avait rendez-vous au mois de septembre, j'ai tout revu Lucy, tout revécu, je me suis revu mourir après avoir été renversé par cette voiture, c'était horrible. Me mis-je à pleurer au fur et à mesure que je lui expliquais la situation, ne pouvant me retenir.
- Natsu… Mon dieu Natsu… Je t'en prie… J'ai envie de te dire d'arrêter de pleurer, parce que je ne supporte pas ça de t'entendre et de ne rien pouvoir faire, de pas être là, mais en même temps je veux te dire vas y pleure, si ça te fait du bien. S'emmêlait-elle les pinceaux la voix tremblant de nouveau.
- Ahah, tu es vraiment étrange Luce tu sais ? Tentais-je de rire.
- Je ne suis pas étrange. S'écriait-elle.
- Je voudrais que tu sois là. Balançais-je de but en blanc, passant du coq à l'âne.
- Moi aussi je voudrais être avec toi. Promis demain dès que je sors de cours je viens te voir. M'informait-elle me faisant sourire.
- Super, je te vois demain alors. Souriais-je franchement.
- Oui ! Je te dis bonne nuit Natsu, dors bien, je t'embrasse.
- Moi aussi je t'embrasse Luce, bonne nuit. Terminais-je notre conversation, m'enroulant dans ma couette, l'esprit un peu plus léger qu'avant.
