- Tu penses que tu risques d'avoir des ennuies avec ce Luxus lundi ? Demandait Lucy, son regard résolument tourné vers le dôme de notre piscine pendant qu'elle faisait la planche.
- Hum… Malheureusement, il y a de grande chance. Soupirais-je, me rapprochant d'elle.
- Vraiment désolée, si je t'ai mis encore plus dans l'embarras. Tournait-elle enfin son regard vers moi.
- Ne t'excuse pas, rien que pour voir sa tête ça valait le coup. A vrai dire, je m'inquiète plus de ce qu'il risque de dire sur toi. Lui avouais-je.
- Il peut dire ce qu'il veut je m'en fiche, tout ce qu'il dira ne pourra jamais être pire que ce qu'on m'a déjà dit. Disait-elle calmement, levant un de ses bras, contemplant ses cicatrices de scarification.
- Je ne sais pas si ça doit me rassurer ou pas. Me moquais-je, sachant qu'elle préférait désormais en rire, quand bien même ça me fichait toujours des frissons son passé.
Ma réplique la fit rire pour une raison que j'ignorais et je souriais bêtement en la voyant quitter sa position pour venir vers moi. Son corps s'accrochant au miens afin de ne pas couler, j'enroulais mes bras autour de sa taille, souriant de fierté de pouvoir la porter et l'empêcher de se noyer grâce à ma taille plus grande que la sienne c'était bien le seul endroit où je pourrais la porter, dans l'eau. Ce constat, m'arrachait toujours une grimace et je me lamentais intérieurement de ne pas pouvoir faire cela en dehors de cette piscine, ça et d'autre chose.
Son corps pressait contre ma combinaison de plongé, j'avais une vue parfaite sur son corps mit à nu par son maillot de bain deux pièces et je laissais mes yeux vagabonder sur sa peau de lait, notant la moindre petite cicatrice, y passant parfois un doigt, caressant les marques de sa vie, souhaitant y laisser une trace d'amour. Ma tendresse la faisait sourire et elle s'agrippait à moi pour venir m'embrasser. D'abord lent et doux, le baiser devenait vite passionné. Je laissais mes mains parcourir la peau de son dos, lui arrachant un faible soupir de plaisir et je grognais en réponse en la sentant abaisser la fermeture éclair de ma combinaison, l'ouvrant juste assez pour avoir accès à mon torse. Je frissonnais en sentant ses mains délicates parcourir ma peau et je la sentis sourire tout contre mes lèvres en voyant l'effet qu'elle me faisait, vengeur je lui mordillais sa lèvre inférieure, laissant une de mes mains effleurer la courbe de ses fesses. Sa réponse à mes sollicitations fut immédiate et elle se pressait encore plus si ce n'est possible contre moi, sa généreuse poitrine s'écrasant contre mon torse.
Voyant qu'on s'emballait un peu trop tous les deux, je rompais le baiser, plongeant mes yeux verts dans ses prunelles brunes rempli de désir. La passion régnant dans ses iris, m'arrachait un déglutissement et je commençais à stresser. Lucy et moi étions deux jeunes sexuellement actifs, chacun d'entre nous ayant déjà eu un ou plusieurs copains avant l'autre, cependant, je n'arrivais pas à ne pas paniquer à l'idée d'aller plus loin avec elle. Oh bien sûr, j'en mourrais d'envie, après tout Lucy était une femme magnifique et il aurait fallu être un saint pour ne pas la désirer, c'était d'ailleurs encore plus dur de résister à la tentation quand elle me regardait avec ses yeux là et son corps presque nu tout contre le miens, mais je ne pouvais pas. Je me sentais bloqué par mes jambes et leur aspect. Personne hormis mon père et mon frère ne savaient à quoi mes jambes ressemblaient et je ne voulais pas qu'elle les voit. Je refusais d'affronter leur vision et son regard face à elle, j'avais peur de la dégouter au même titre que je me dégoutais. Alors quand elle me demandait ce qui n'allait pas je mentais, je lui disais simplement qu'on ne pouvait pas faire ça dans ma piscine, lui arrachant un violent rougissement de honte et des excuses bafouillées à moitié et sa réaction enfantine me fit rire.
Pourtant un léger voile de tristesse recouvrait encore mes yeux j'en étais sûr et je me disais que je devrais lui en parler un jour. Mais pas ce soir, après tout c'était la première fois depuis qu'on sortait ensemble que Lucy et moi allions passer une soirée entière ensemble. Il serait peut-être prématuré de faire plus que de dormir dans le même lit non ? En tout cas, c'est ce que je me disais pour me rassurer et je décidais de laisser de côté ses pensées pour plus tard, recommençant une énième course de brasse avec elle.
D'abord bonne enfant, nos courses finissaient par devenir une véritable compétition entre nous et je donnais mon maximum pour gagner. Ayant remarqué au fur et à mesure que mes jambes me faisaient moins souffrir quand je me contentais de les faire onduler et non pas de les plier pour nager, j'avais développé la nage papillon. C'était selon moi la nage la moins fatigante pour elles, et elle me permettait de retrouver des sensations sportives plutôt plaisantes. Alors quand je laissais mon vieil esprit compétiteur reprendre le dessus, je passais à cette nage, démolissant la pauvre Lucy qui me regardait avec de grands yeux, s'arrêtant même à mi-parcours pour me laisser filer. Pensant, l'avoir vexé malgré moi j'hésitais à m'arrêter pour lui demander ce qui n'allait pas, mais j'en étais incapable. Tout du moins, je ne le désirais pas.
Dans l'eau je retrouvais des sensations perdues, mes jambes n'étaient plus des poids morts. Le liquide translucide me permettait de glisser sur la surface, de ressentir une sensation d'apesanteur presque et j'oubliais pendant quelques instants à quel point mes jambes pouvaient me faire mal sur la terre ferme. Il réveillait également en moi quelque chose de profondément enfoui, quelque chose que je croyais mort… Mon envie de me battre. Quand je nageais, je renouais avec mon ancien moi, avec ce joueur de hand toujours joyeux, prêt à tout défoncer pour gagner et rendre fier sa famille. Cet homme que j'avais cru mort, je le retrouvais petit à petit quand je nageais, et c'est pour cela que je ne m'arrêtais pas avant d'avoir fini ma longueur, ne reprenant véritablement mon souffle qu'une fois arrivé au bout, le sourire aux lèvres. Quand je pensais qu'au départ je refusais d'aller dans l'eau, quelle ironie.
- Wouah… Natsu… S'écriait Lucy, la bouche grande ouverte, ses yeux écarquillés.
- Quoi ? Ne compris-je pas.
- Tu… Est-ce que tu te rends compte de comment tu nages ? Tu nages le papillon avec une telle facilité, c'est juste… wouah. S'émerveillait-elle, ses yeux me renvoyant une profonde fierté en me regardant.
- Je ne suis pas si bon que ça Luce, mais merci. Rougis-je.
- Au contraire tu es très bon je trouve et… Différent aussi… Quand tu nages tu n'es plus tout à fait pareil. Relevait-elle, se rapprochant de moi.
- Ouai… J'ai l'impression de retrouver l'ancien moi quand je nage. Tu le préférais à mon moi habituel ? Demandais-je, m'inquiétant de lui paraitre tout d'un coup bien fade, bien triste face à mon ancien moi. Face à cette image que j'avais perdu et que je cherchais à tout prix à retrouver.
- Ne dis pas de bêtise. Je ne préférai jamais ton ancien toi à ton nouveau toi et tu sais pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'ancien toi et de nouveau toi. Il n'y a que toi, que Natsu. Et ce n'est pas parce que tu as évolué, que tu as changé que tu n'es plus le même. Cet homme fort, joyeux et combattant il est toujours là, il fait partie de toi, il est juste en sommeil. Venait-elle m'embrasser, me transmettant à travers ce geste toute sa dévotion, toute son affection et je fondais comme neige au soleil sous ses mots et ses gestes.
Mon dieu seigneur, qu'avais-je fait pour mériter un ange pareil ? En seulement une tirade elle avait réussi à me rassurer, à me redonner confiance en moi encore un peu plus et à me faire entendre pour de bon ce que je commençais à assimiler avec Aquarius. J'étais toujours fondamentalement le même, malgré mon évolution et le gens m'aimaient toujours pour ce que j'étais, Natsu, pas vrai ?
- Je t'aime. Avouais-je à peine nous séparions nous, me figeant instantanément en réalisant ce que je venais de dire.
Écarquillant à mon tour grand les yeux, je me maudissais intérieurement pour l'avoir dit maintenant. Bordel, il était bien trop tôt pour l'avouer, quand bien même c'était une évidence, ce n'était pas quelque chose que je devais dire maintenant et j'allais à mon tour me confondre en palabre inutile, avant que mon frère n'intervienne pour nous dire de venir manger. Son interruption, nous sortait de notre bulle et je ne savais pas si devait l'en remercier ou non. Néanmoins, cela ne pouvait rattraper les mots que j'avais prononcé et je savais d'avance que j'allais passer le reste du repas à me fustiger mentalement.
Heureusement, Lucy continuait à agir normalement et elle animait une grande partie du dîner avec mon frère. Son attitude détachée vis-à-vis de mon aveu me laissait pantois, à tel point que je me demandais même si elle m'avait entendu tout à l'heure, pourtant à moins d'être sourde c'était impossible. Je lui lançais donc des regards troublés pendant tout le long du repas, regard qu'elle ne me rendait pas un grand sourire me perdant encore plus. Finalement, quand le dîner fut terminé et qu'elle nous aidait à débarrasser, nous taquinant toujours mon frère et moi comme à son habitude, je me détendais, me disant qu'elle n'avait que faire de mon aveu précoce et qu'elle l'acceptait tout simplement. Soufflant un grand coup, je me traitais intérieurement d'idiot pour avoir eu peur de la faire fuir. On parlait de Lucy, la femme la plus compréhensive que j'ai jamais rencontré et qui m'aimait, même sans me le dire je le savais alors le fait que je sois le premier à avouer ne devrait pas avoir d'incidence sur nous deux.
Soulagé, j'entamais le reste de la soirée joyeusement, toute notre famille se dirigeant vers le salon pour jouer à une partie de jeu vidéo. Même mon père était de la partie et c'était sacrément comique à regarder, le pauvre était vraiment nul en matière de jeu vidéo, en plus d'être un mauvais perdant, ce qui donnait lieu à des crises dignes d'un enfant de cinq ans, ce qui nous fit tous rire comme des fous. Cependant, après trois parties avec eux, on décidait avec Lucy d'aller se réfugier dans ma chambre, souhaitant profiter de la fin de notre soirée ensemble. Bien évidemment, à peine quittions nous le salon que mon père nous lançait un « si jamais vous voulez faire quelque chose protégez-vous les jeunes » nous arrachant des rougissements extrêmes à tous les deux.
Mort de honte, je lui jetais un regard noir, manquant presque de l'insulter de vieux pervers, mais je me retiens in-extremis, souriant franchement pour la première fois depuis longtemps à mon paternel en voyant briller dans ses pupilles une joie qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Je remarquais alors, que ça devait être notre première soirée comme avant l'accident, et je sentis mon cœur se gonfler de bonheur en réalisant que nous retrouvions un peu de notre ancienne relation. Lucy aidant involontairement à ce qu'on rétablisse le contact quand elle était là, je suspectais également notre carnet d'échange d'y être pour beaucoup. Depuis qu'on l'avait mis en place, on marchait moins sur des œufs ensemble et j'étais content de retrouver un véritable échange avec mon père au fur et à mesure du temps.
- Je suis désolé pour la réflexion de mon père. M'excusais-je auprès de Lucy, alors que je me dirigeais vers mon ordinateur afin d'ouvrir un site de streaming, pendant qu'elle s'installait sur mon lit.
- Ne t'en fais pas. Je ne dirais pas que ce n'était pas gênant, mais ça va je vais survivre. Riait-elle, toute rouge.
- Ahaha, respire Luce ça va aller. Me moquais-je un peu avant de la rejoindre.
- Tu as choisi quoi ? Demandait-elle.
- Tu m'as dit que tu n'avais jamais vu la « Planète au Trésor », alors je corrige cette erreur et répare ton enfance brisée. Riais-je légèrement, rigolant d'elle.
- Carrément mon enfance brisée ? Tu n'en fais pas un peu trop ? Rigolait-elle.
- Non madame, il faut avoir vu ce chef d'œuvre de Disney au moins une fois dans sa vie. M'écriais-je, faussement offusqué.
- Dans ce cas on aurait dû inviter Sting hier soir quand on est sorti en ville, car lui aussi ne l'a jamais vu. M'apprenait-elle.
- Tu rigoles ? Oh mon dieu, je vais de ce pas réparer ça, ça serra ma façon de le remercier pour m'avoir sauvé la vie hier soir. Me penchais-je vers ma table de chevet, récupérant mon téléphone portable pour envoyer un message au blond.
Je prenais alors une photo de l'écran de mon ordinateur, l'informant qu'il allait devoir regarder ce dessin animé obligatoirement, au risque de subir une peine de mort extrêmement atroce. Mon emportement, fit rire Lucy, qui se moquait de notre relation beaucoup trop fusionnelle selon elle. Moqueur, je la traitais de jalouse, avant de commencer à la chatouiller, lui arrachant un rire puissant. Vaincue, elle se rendait, disant qu'elle préférait ça à ce qu'on se tape dessus de toute façon. Rieur, je lui lançais mon plus beau sourire, avant de l'attirer à moi quand le film commençait enfin après un temps de pub. S'installant confortablement contre moi, je frissonnais légèrement en sentant son corps se blottir contre le miens et un léger sourire vient prendre place sur mes lèvres, mon esprit se concentrant sur le film. Lucy ne bougeait pas de tout le film et à la fin de la projection je lui lançais un coup d'œil, curieux de savoir ce qu'elle avait bien pu en penser.
- Alors qu'est ce que tu en as pensé ? La questionnais-je.
- J'ai adoré ! Comment j'ai fait pour ne jamais le voir avant ? S'écriait-elle, m'arrachant un rire.
- Yes ! Je n'aurais pas à te quitter parce que tu n'aimes pas la « Planète au Trésor ». La chambrais-je.
- Tu parles tu m'aimes trop pour ça. Me taquinait-elle, avant de redevenir sérieuse. D'ailleurs en parlant de ça, par rapport à ce que tu as dit tout à l'heure. Se lançait-elle, provoquant des frissons d'effroi chez moi.
Dès qu'elle abordait le sujet de mon aveu de tout à l'heure, tout mon corps se tendait comme un arc, le stress montant en flèche et je me redressais attendant avec angoisse ce qu'elle allait bien pouvoir me dire. Moi qui pensais que nous n'en reparlerions plus après ses agissements de la soirée, je m'étais fourvoyé en beauté et je commençais maintenant à appréhender ce qu'elle allait me dire, toutefois jamais je n'aurais cru que ça serait ces mots là qu'elle prononcerait.
- Je t'aime Natsu. M'avouait-elle de but en blanc, me surprenant.
Estomaqué qu'elle réponde à mes sentiments et à ma confession de tout à l'heure maintenant, j'écarquillais les yeux de surprise, avant de me détendre, mon regard s'adoucissant, je lui souriais légèrement en la voyant se rapprocher de moi, comblant moi-même les derniers centimètres qui nous séparaient. L'embrassant tendrement, nos deux corps s'enroulant l'un autour de l'autre, nos mains se perdant plus ou moins sur nos corps respectifs, je soupirais de bien être en sentant tout notre émoi transparaitre à travers notre baiser et quand on s'arrêtait, on se souriait tendrement, se glissant mutuellement sous les couvertures afin d'aller dormir dans un accord commun silencieux.
