Le lendemain fut particulièrement compliqué à gérer pour moi et pour Lucy je crois. Lorsqu'on s'était réveillé le matin, on s'était cherché des noises mutuellement, jusqu'à commencer à se toucher. On avait pu commencer à découvrir mutuellement le corps de l'autre plus en profondeur, jusqu'à ce qu'on ne se stop de nous-même à cause de la présence de mon père et de mon frère dans la maison. Mais je me souvenais parfaitement de ses réactions face à mon touché, de ses gémissements étouffés lorsque je lui mordillais le cou ou jouais avec sa somptueuse poitrine et ça me rendait dingue. Il régnait entre nous une tension abominable et je désirais plus que tout me jeter de nouveau sur cette femme. Ce qui était sacrément contradictoire étant donné que j'étais soulagé d'un côté qu'on ne soit pas aller plus loin. Jetant un faible regard à mes jambes, je me demandais bien comment j'allais faire… A vrai dire, je me demandais même si je serais de nouveau capable de satisfaire une femme comme avant, peut être que désormais je ne pourrais plus m'appuyer sur mes jambes et que ça me limiterait ou même pire.
Bouleversé par avance, je me laissais aller contre Lucy, savourant juste sa présence à mes côtés, l'observant tendrement, me demandant comment j'allais faire pour gérer et aborder cela avec elle. Je savais très bien que je me mettais très certainement la pression tout seul et que jamais Lucy ne me jugerait ou se moquerait de moi, elle aurait pu le faire depuis bien longtemps, mais c'était humiliant de parler de ça à mon goût. Merde, ça touchait à ma fierté d'homme ! Grognant de mécontentement, je repoussais les questions de Lucy prestement, enfouissant mon visage dans son cou, la chatouillant, lui faisant comprendre que je ne désirais pas en parler, tout du moins pas maintenant. Heureusement elle n'insistait pas et après quelques câlins supplémentaires on se remit à nos devoirs.
Bien que ce ne soit pas la partie la plus fun du weekend on était obligé de les faires, ce qui me permettait de découvrir une toute nouvelle facette de Lucy. Je connaissais Lucy ennuyée, vexée, drôle, tendre, impulsive, colérique… Mais la Lucy anxieuse je ne l'avais encore jamais vu. Ma jolie blonde, semblait bloquer sur un exercice de mathématique et soupirait régulièrement, tout en se mordillant la lèvre inférieure ou en rongeant l'ongle de son pouce droit. Amusé par son air tendu, je ne pouvais m'empêcher de me demander pourquoi elle se mettait dans un tel état de stress pour un simple sujet de math, d'autant plus qu'elle avait refusé mon aide juste avant notre pause, prétextant qu'elle devait à tout prix y arriver seule. Sachant qu'elle serait de mauvaise humeur si j'insistais, je ne poursuivais pas mon entreprise de l'aider et la regardait juste galérer du coin de l'œil, étouffant parfois un rire face à ses expressions ennuyées, me concentrant plus ou moins difficilement sur mon propre exercice de math, mais en même temps il était si simple que ça en était ennuyeux.
- Dis-moi ta proposition de m'aider tiens toujours ? Demandait timidement Lucy, m'arrachant un doux sourire.
- Bien sûr. Qu'est ce que tu ne comprends pas ? Lui souriais-je, m'avançant vers elle.
A la lecture de ses difficultés, je comprenais très vite ce qu'elle ne réussissait pas à saisir et j'entrepris de lui expliquer le plus simplement possible. Je dû passer une bonne dizaine de minutes à lui dire ce qui ne fonctionnait pas dans la résolution de son problème avant qu'elle ne comprenne. Heureuse, d'avoir pu enfin saisir ce qui clochait, elle m'offrit un immense sourire et un baiser me faisait légèrement rire. Une véritable enfant. Cependant je ne pus retenir plus longtemps la question que je me posais depuis que je la voyais galérer avec son problème.
- Pourquoi tu stress autant pour un simple exercice de math Luce ?
- Parce que je ne suis pas très douée pour les mathématiques. Soupirait-elle.
- Hé, ce n'est pas grave on ne peut pas être forte de partout. Puis les maths ce n'est pas ce qui compte le plus en ES non ? Relevais-je, espérant la rassurer.
- Oui, mais il me faut des bonnes notes dans cette matière pour espérer rentrer dans une grande école de commerce. M'avouait-elle, se remettant à se ronger les ongles.
Face à sa confidence, je restais inerte, la regardant simplement attentivement, voyant de nouveau ce voile devant ses yeux, son visage reflétant une réelle inquiétude. Je savais depuis le début que Lucy se sentait responsable de l'entreprise de ses parents, mais j'avais oublié à quel point cette situation lui pesait en réalité. C'était un sujet qu'on avait abordé vite fait la première fois qu'on est sorti en ville ensemble, il y a des mois de ça, bien avant qu'on devienne véritablement ami et plus si affinité, et depuis on n'en avait plus jamais parlé. Par conséquent, c'était un problème qui m'était totalement sortie de l'esprit et je le regrettais. J'étais tellement concentré sur mes soucis, que j'avais oublié que Lucy aussi avait les siens. Malheureusement, je ne savais pas quoi lui dire pour la rassurer, je ne savais pas quel était la nature de cet héritage, ni l'importance de cette société pour elle, pour sa famille et je me voyais mal lui dire de but en blanc lâche tout pour vivre de ta passion le dessin, pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manquait.
- Tu sais quoi ? Dès que tu as un souci en math tu peux venir me voir ou m'envoyer un message, je t'aiderai après tout ça sert aussi à ça un petit ami ? Lui proposais-je, me penchant vers elle pour l'embrasser tendrement.
- Merci Natsu, heureusement que tu es en S et pas en L. Riait-elle doucement, lâchant totalement ses cahiers pour venir s'assoir sur moi et entamait une série de baisers plus ou moins enflammés.
La serrant fermement dans mes bras, je profitais à fond du moment, me laissant de nouveau envahir par mes sens, quand soudain j'entendis une cri aigu caractéristique en dehors de ma chambre. Une voix féminine, légèrement nasillarde sur les bords venait de pénétrer dans notre maison et je me figeais de stupeur en l'entendant. Surprise, Lucy me regardait curieusement attendant une explication, cependant à part un visage subitement fermé et rempli de colère elle n'obtenait rien d'autre, ce qui l'intriguait encore plus. La repoussant doucement, je grognais de mécontentement, me relevant afin d'ouvrir la porte et de vérifier que mes oreilles ne me jouaient pas des tours. Mais non au milieu de notre salon face à un Ignir et un Roméo blasés se tenait ma mère, soi-disant folle d'inquiétude pour moi. Mon cul ! Si elle était vraiment inquiète pour ma personne, elle aurait appelé pour savoir comment j'allais après ma visite à l'hôpital et n'aurait pas attendu de rentrer de vacances avec son gugus pour venir en prendre.
- Prête à rencontrer ma mère ? Demandais-je à Lucy, lui parlant enfin, accentuant encore plus sa curiosité.
- Ta mère ? Tu veux dire que c'est elle qui est rentrée en criant ton nom ?
- Ouai… Maugréais-je, sortant malgré moi de ma chambre.
Si Lucy savait que mes parents étaient divorcés, jamais je ne lui avais parlé de ma mère. Sachant que Lucy avait perdu ses propres parents quelques années auparavant, je me voyais mal lui expliquer à quel point ma mère m'insupportait, voir à quel point je la détestais, ça me paraissait incroyablement inconvenant et je m'en voulais de devoir lui infliger le spectacle qui allait suivre, car s'il y a bien quelque chose que je ne savais pas faire, c'est faire semblant d'arriver à supporter ma mère.
- Natsu ! Oh mon dieu mon chéri, je suis tellement contente de te voir, j'étais si inquiète. Se précipitait ma mère en me voyant arriver, me faisant grimacer.
- Si tu étais tant inquiète que ça tu aurais dû me passer un coup de file, pendant tes vacances. Grognais-je.
Ma froideur habituelle la stoppait net dans son élan et elle ne savait visiblement plus où se mettre. Les bras ballant, plantée au milieu du salon elle me regardait avec son faux air désolé et je pouvais voir mon père derrière secouer la tête, me suppliant surement intérieurement de faire un effort, mon frère lui jetant un regard sans doute semblable au miens. Décidemment entre le match de hand et le Noël raté ma mère avait fait une chute folle dans l'estime de mon frère, une déception ou deux de plus et il aurait bientôt une aussi mauvaise image que moi d'elle. Cependant, étant donné que personne ne parlait et que tout le monde se regardait plus ou moins en chien de faïence, cela donné une atmosphère pesante à la pièce et ma mère semblait particulièrement mal à l'aise vis-à-vis de cette situation. Cherchant visiblement un moyen de se sortir de là, elle sautait sur ma pauvre copine en la voyant débarquer derrière moi. Lucy avait visiblement eu besoin d'un instant pour se remettre de sa surprise avant de nous rejoindre et je sus à son regard qu'elle se demandait ce qu'il se passait ici. La pauvre même si elle avait connu cette maison avec une atmosphère tendue, jamais ce ne fut de ce genre-là.
- Oh mais qui êtes-vous belle demoiselle ? Se jetait sur elle ma mère, la troublant davantage.
- Je… Euh… Balbutiait Lucy, perdu et mal à l'aise.
- C'est Lucy, ma petite amie. Expliquais-je, décidant qu'il valait mieux qu'elle sache la vérité, au moins ne me harcèlerait-elle sur le pourquoi du comment elle sortait de ma chambre.
- Quoi ? Oh mais c'est fabuleux Natsu. Vous sortez ensemble depuis combien de temps ? S'excitait-elle, saisissant les mains de ma copine.
- Ça fait à peu près un mois, un peu plus peut-être on n'a pas vraiment compté. Lui souriait maladroitement Lucy, essayant de récupérer ses mains en vain.
- Autant que ça ? Fiston pourquoi tu ne m'as rien dit. Au faite enchanté je suis Jade la maman de Natsu. Se présentait enfin convenablement ma mère, agissant comme une enfant, s'accrochant à cette pauvre Luce comme si elle était sa bouée de sauvetage.
- Pourquoi je te l'aurais dit ? Ce n'est pas comme si on se parlait de toute façon. Crachais-je mauvais, sous les protestations presque muettes de mon père et le regard estomaqué de Lucy.
Faut dire que la pauvre, elle ne m'avait jamais vu parler comme cela même pas à mon père. Je savais qu'il y avait dans ma voix de la colère, du mépris et peut être même de la haine, mais comme je l'avais dit je ne pouvais pas faire semblant, pas avec ma mère. Tout son être m'inspirait le dégout. Je savais que ma rage était surement irrationnelle, mais elle avait passé toute sa vie à ne rien faire, à vivre au crochet de mon père qui gagnait bien sa vie et elle lui avait brisé le cœur en partant du jour au lendemain, nous laissant seule derrière elle, ne se battant même pas pour notre garde lors du divorce et ne s'impliquant dans notre vie que quand elle en avait envie ou n'avait pas autre chose à faire. La preuve après mon accident je l'avais à peine vu à l'hôpital, je fulminais donc en la voyant faire semblant de s'intéresser à ma vie, faire semblant de s'intéresser à Lucy.
- Ahaha c'est vrai. Sinon la rééducation ça se passe bien ? Tu dois avoir hâte de le voir à jouer à nouveau n'est-ce pas Lucy ? Tu verras c'est un grand joueur. Mais tu dois déjà le savoir vu que tu t'es mise avec lui ? Lui demandait-elle, lui arrachant une expression remplie de stupeur et de consternation, pendant que moi je maugréais dans mon coin. Le pire ? Ça ne m'étonnait même plus, à tel point que ça ne m'affectait plus comme avant.
- Jade ! Ça suffit, lâche cette pauvre fille qui ne t'as rien demandé et qui n'est pas aussi cupide que toi. En ce qui concerne la rééducation de ton fils, tu le serais si tu tenais un peu plus informer. S'écriait mon père, s'énervant pour la première fois ouvertement devant ma mère depuis le divorce.
- Je me tiens informer ! S'offusquait Jade.
- Ah bon ? Non parce qu'on ne dirait pas, car je te rappel que Natsu ne pourra plus jamais jouer au hand. Chose qui le préoccupe énormément alors si tu pouvais arrêter de jouer à l'autruche et voir la vérité en face ça ferait du bien à tout le monde, et surtout à ton fils qui n'a pas besoin de t'entendre déblatérer tes salades. S'énervait véritablement mon père, devant aussi rouge que ses cheveux, nous choquant Roméo et moi.
Bon dieu, on devait avoir atterrit dans la quatrième dimension. Mon père qui depuis le divorce se battait pour qu'on garde des contacts avec notre mère malgré son comportement, qui tentait toujours de prendre sa défense pour nous empêcher de mal parler d'elle, qui n'avait jamais un mot plus haut que l'autre en sa présence, prenant toujours tout sur lui, jouant au médiateur, venait de s'énerver contre elle en public. C'était du jamais vu, mais punaise qu'est ce que ça faisait du bien. Je ne sais pas pourquoi je me sentis aussi joyeux à ses mots, peut être parce qu'il me donnait l'impression que mon père m'encourageait, me respectait dans mon combat, mais dans tous les cas ça faisait plaisir et je sentis mon cœur se gonfler de bonheur en le voyant s'interposer, libérant Lucy au passage d'une rencontre franchement gênante.
Face à la colère de mon paternel, Jade restait stoïque, fixant mon père qui la regardait avec un regard noir, un regard qui voulait dire « si tu n'as rien de plus intelligent à dire, sort d'ici », et c'est ce qu'elle fit. Voyant que personne ne prenait sa défense, pire que ses fils la regardaient presque avec ce même air rempli de colère et de dédain. Elle s'excusait maladroitement avant de s'en aller, disant qu'elle viendrait prendre de mes nouvelles plus tard, ce à quoi je répondais que ce n'était pas la peine, que je vivais très bien sans elle, la blessant encore plus au passage. Mais j'étais incapable de faire autrement.
Une fois qu'elle fut partie, on soufflait presque tous un coup, laissant l'ambiance se réchauffer à nouveau, mon père s'excusant pour son soudain accès de colère, sous les rires de Roméo qui lui disait que c'était génial au contraire, et moi qui le remerciait d'être intervenu. Seul Lucy ne réagissait pas visiblement trop choquée par sa drôle de rencontre avec ma mère et surtout par l'étrange rapport que nous entretenions. Sachant très bien, qu'elle allait avoir besoin d'explication pour comprendre ce qu'il venait de se passer, je lui saisissais le poignet, l'entrainant avec moi dans ma chambre.
- Désolé pour ce que tu viens de voir. M'excusais-je, la ramenant sur Terre.
- Oh… Euh… Tu n'as pas à t'excuser, ta mère à l'air… Comment dire ? Spéciale ? Hésitait-elle, ne sachant pas véritablement quel mot mettre sur le comportement étrange de Jade.
- Ahaha on pourrait dire ça. Mais on pourrait aussi dire cupide et égoïste. Riais-je jaune.
- Vos relations ont l'air vraiment mauvaises… C'est pour ça que tu ne parles jamais d'elle ? Demandait-elle timidement, ses doigts se tordant entre eux, son regard fuyant.
- Ouai… Ma mère a toujours été un peu particulière, même quand mes parents étaient encore mariés. Disons qu'on n'a jamais été vraiment sa priorité Roméo et moi, je pense qu'elle s'occupait de nous juste parce qu'elle était femme au foyer et n'avait pas le choix. Après le divorce elle a commencé à disparaitre petit à petit, elle loupait des matchs, oubliait des sorties… Et elle pour le coup comme tu as pu le voir elle s'attache vraiment à ce que j'étais avant, et en même temps logique, elle ne peut plus se vanter auprès de ses amis. Soupirais-je, lui expliquant vaguement les raisons d'une telle ambiance entre nous, m'asseyant à ses côtés, enroulant mes doigts autour des siens.
- Je vois… Je suis désolée que ta mère soit comme ça. S'excusait-elle, resserrant sa prise sur moi.
- Non… C'est moi qui suis désolé que tu es dû voir ça, je n'ai jamais voulu t'en parler car je trouvais ça inconvenant. Toi tu as perdu tes parents et moi je suis là à refuser de voir ma mère, ça doit te paraitre injuste et stupide. M'excusais-je à mon tour.
- Il y a quelque année ça m'aurait mis en colère oui, n'importe qui se disputant avec ses parents me paraissait un idiot égoïste, mais plus maintenant. Je ne dis pas que ça ne me fait pas de peine, que je ne trouve pas ça triste car tu as une chance que je n'aie plus, mais je comprends aussi que certains parents sont défaillants.
- Tout va bien alors ? Questionnais-je inquiet.
- Tout va bien. Affirmait-elle, grimpant sur mes genoux pour m'embrasser.
- Tant mieux alors, on peut donc se remettre à nos devoirs. La taquinais-je après notre baiser.
- Natsu ! S'écriait-elle, visiblement mécontente que j'ai rompu notre baiser pour lui parler de devoir. Une réaction qui provoquait un immense fou rire chez moi.
