Hello, voici la suite tant attendue :D Désolée encore du temps entre les parutions mais je suis très occupée. Désolée si je n'ai pas répondu aux reviews (je ne sais plus si je l'ai fait...) mais je vais corriger ça ! Bonne lecture :)
Chapitre 4 : Première rencontre
Severus écarquilla les yeux et se leva pour faire les cent pas dans la pièce. Serena le regarda sans rien faire et sans rien dire de plus. Avouer cet autre secret la soulageait mais elle voyait à quel point son frère souffrait de ce qu'elle venait de lui dire. Il passait et repassait les mains dans ses cheveux en marmonnant dans sa barbe. Il finit par s'arrêter et s'agenouilla en face de sa sœur, prenant ses mains dans les siennes, la fixant avec une douceur qui était si rare dans son regard.
- Tu veux me raconter ?
Serena prit une grande inspiration et acquiesça en évitant son regard. Severus se sentit brisé de la voir ainsi. Il ne se rappelait que trop bien de la douleur de Serena après les abus subis par Tobias. A part tuer son père pour que le calvaire de sa sœur ne recommence pas, il n'avait pas su comment l'aider. Ils n'en avaient jamais parlé, Serena ne se doutant pas une seconde que son frère savait pour Tobias.
Severus pressa sa main, lui assurant qu'elle pouvait prendre son temps.
- Ca s'est passé… Lors d'une attaque de mangemort. Au moment où il asseyait son pouvoir. Il… Il était même présent, Severus. C'est mon école de soins magiques qui a été attaquée. Rappelle-toi, tu m'avais écrit une lettre pour me demander comment j'allais. Si tu savais… Si tu savais comme j'ai lutté pour ne pas te sommer de venir. Mais à l'époque…
- Tu me croyais avec eux.
Serena acquiesça.
- Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie que ce jour-là.
- Qui est l'ordure qui t'a fait ça ?
- Un de tes camarades de classe. IL leur a ordonné de se déchainer pour bien faire comprendre qu'il fallait cesser de s'opposer à lui.
- Mais vous étiez des étudiantes !
- C'était le but recherché, Severus. IL voulait prouver que l'innocence était la plus menacée. Rappelle-toi la vague de peur qui est montée après cette attaque…
Il s'en rappelait parfaitement. Il avait appris par la gazette, comme tous les sorciers, que des étudiantes avaient payé cher cette attaque. Ne recevant pas de réponse de Serena à sa lettre, il avait naïvement pensé qu'elle allait bien, comptant sur le fait que même dans deux camps opposés, si elle avait besoin de lui, elle le contacterait.
- C'est moi la victime d'Antonin Dolohov dont le nom est tu. Je ne voulais pas que ce soit rendu public. Personne ne devait savoir. C'est moi qu'Antonin a violé.
Un bruit de verre brisé attira leur regard et Serena écarquilla les yeux avec honte en voyant Narcissa et Lucius dans l'encadrement de la porte. Le blond la regardait comme s'il ne la voyait pas. Narcissa quant à elle semblait bouleversée.
Serena détourna le regard et fixa le sol avec honte et colère. Elle ne voulait pas qu'eux l'apprennent. Elle serra les poings et la lumière de la pièce clignota à plusieurs reprises. Elle ferma les yeux et respira profondément pour s'exhorter au calme.
Durant ce laps de temps, Severus avait perdu toute couleur. Antonin Dolohov. Ce salaud pourrissait à Azkaban. Merlin merci pour lui, ou il en aurait fait de la charpie. L'option de l'empoisonner était cependant terriblement tentante. Qui s'en soucierait, qui regretterait un tel homme de toute manière ?
Narcissa s'activa à faire du thé en faisant le plus de bruit possible. Elle avait besoin de s'occuper les mains, de faire cesser ce silence oppressant. Lucius quant à lui se rappelait horreur de la soirée de fête qui avait eu lieu au quartier général. Il se rappelait cinq mangemorts se vantant de leurs exploits sous l'œil ravi du maître. Il s'était senti en décalage, ressentant un énorme malaise. Bellatrix, la seule femme présente, souriait tout du long, augmentant son malaise. Comment aurait-il pu se réjouir que des étudiantes se soient fait violer ? Cela ne représentait pas leur cause et il n'avait jamais compris le maître sur ce point.
- Que tu veuilles en parler ou que nous n'abordions plus une seule fois le sujet, nous sommes là pour toi, dit Lucius d'une traite avant de quitter la pièce d'un air guindé.
Les deux Rogue le fixèrent avec choc et un œil nouveau. Narcissa suivit son mari après avoir lancé un sourire larmoyant en direction de Serena.
- Pourquoi n'en as-tu pas parlé à Regulus ? Interrogea doucement Severus.
- Je me sens lâche sur ce sujet dès que je le vois. Je n'y arrive pas, je ne me sens pas digne de… Severus… J'ai douté durant de longs mois qu'il ait été présent à cette attaque. Je… Je ne voulais pas le croire, mais… Le doute subsistait. Et je m'en veux tellement d'avoir seulement pensé ça de lui, Severus.
Severus pressa la main de sa sœur, ne sachant quelle réponse lui apporter et la comprenant cependant parfaitement.
- Si tu as besoin que je sois là le jour où tu lui parleras, tu sais que je serai là. Je le serai toujours pour ma sœur adorée.
Serena finit par laisser couler les larmes qu'elle retenait depuis le début de cette conversation et Severus la serra contre lui un long moment.
Le fait de se livrer se vit dès le lendemain chez Cassiopée. Elle cessa de se sentir triste et angoissée et retrouva sa joie de vivre.
Regulus inspira et frappa chez les Malefoy. C'était le jour où Serena et lui allaient parler à Amaryllis et Cassiopée. Le jour où il allait pouvoir agir en tant que père. Jamais son cœur n'avait battu aussi fort, jamais il n'avait senti un tel stress monter en lui.
Narcissa lui ouvrit la porte et s'effaça poliment. Lucius le toisa du fond du couloir avant de monter à son bureau sans un mot.
- Elles sont dehors, lui dit simplement sa cousine et il avança tour droit vers l'immense jardin des Malefoy.
Il s'immobilisa devant la grande baie vitrée, prenant son courage à deux mains. Il souffla un grand coup et resta encore quelques secondes à regarder Serena et ses filles. Regulus posa la main sur la vitre. Serena souriait avec un tel amour envers Amaryllis et Cassiopée. Il ne l'avait pas une seule fois vue sourire de cette manière en une année. Il avait bien entendu vu de la tendresse, de l'affection, peut-être même une once d'amour, bien caché au fond de son regard. Mais il y avait toujours quelque chose qui la freinait. Elle se reprenait comme si elle avait honte de quelque chose envers lui.
Pourtant, il savait tout. Il avait été le premier, et le seul en dehors de madame Pomfresh à être au courant pour Tobias. La Serdaigle espiègle qu'il avait connu avait bien trop changé pour qu'il ne cherche pas à comprendre ce qu'il s'était passé en un été. Elle avait été si froide, pendant un mois entier, avant de se relâcher et de retrouver peu à peu sa gaieté. Elle s'était refermée à l'approche des vacances de Noël, et pour la première fois depuis leur scolarité, Severus et elle rentraient pour les vacances. C'était leur père qui l'avait exigé et Regulus avait compris que quelque chose clochait face à la terreur de Serena.
Il en avait parlé à Severus, et c'est ensemble tous les deux qu'ils avaient crée le poison destiné à tuer Tobias Rogue. Regulus avait présenté ses condoléances aux deux Rogue à leur retour de vacances et n'avait pas soufflé un seul mot de ce qu'il savait. Serena était toujours un peu refermée, mais elle arrivait à sourire. Il l'avait laissée venir à lui et lui révéler ce qu'elle avait subi sans lui mettre la pression.
Regulus secoua la tête pour revenir au présent et observa le profil de Serena. Il la trouvait toujours aussi belle. Son cœur s'emballait dès qu'il la voyait, mais jamais il ne poserait de question sur un avenir avec elle. Cela lui semblait beaucoup trop compliqué à l'heure actuelle. Il poussa enfin la porte de la baie vitrée et se sentit tremblant. Pourtant, il ne pouvait pas flancher. Il attendait ce moment depuis trois longues années.
Serena se tourna et le vit. Elle lui fit un sourire encourageant en voyant à quel point il était stressé.
- Bonjour, Regulus.
- Bonjour, Serena.
Amaryllis et Cassiopée se tournèrent vers lui. Cassiopée devint toute blanche et se mit à frotter ses mains l'une contre l'autre avec frénésie. Amaryllis se tourna vers sa jumelle et la serra contre elle comme pour absorber ce qui la rongeait.
Regulus écarquilla les yeux et fut sûr de voir une aura blanche entourer les deux fillettes.
- Il faut que tu te calmes, Regulus. Cassiopée est empathe, c'est pour ça qu'elle se met à stresser.
C'était plus facile à dire qu'à faire, mais Regulus s'exhorta au calme et respira profondément. Lorsqu'il rouvrit les yeux, Cassiopée et Amaryllis jouaient tranquillement avec des bouts de bois. Serena hocha la tête pour approuver ce qu'il venait de faire.
Regulus s'assit à côté d'elle et fut tenté de nouer sa main à la sienne mais retint ce geste. Il sursauta quand Serena posa sa main sur la sienne mais ne bougea pas. Il avait le sentiment qu'il valait mieux ne pas trop pousser sa chance.
- Ca ne risque pas de poser problème quand elle sera plus grande et qu'elle ira au collège ?
- On y réfléchit avec Severus. On se demande s'il ne faudrait pas déjà lui enseigner l'Occlumancie. Jai des rendez-vous de prévus à Sainte Mangouste pour savoir quelle démarche adopter. Tu… Tu pourrais venir. D'autant plus que tu travailles sur place.
Regulus sourit et serra sa main.
- Amaryllis ? Cassiopée ? Appela ensuite Serena.
Les jumelles tournèrent leurs yeux gris vers leur mère. Regulus se rendit compte à quel point elles lui ressemblaient.
- Je dois vous présenter Regulus.
Les deux le regardèrent. Regulus tenta d'empêcher son stress afin de ne pas perturber Cassiopée comme lors de son arrivée.
- Regulus, c'est… C'est lui votre papa.
Le regard d'Amaryllis se remplit aussitôt de larmes et elle alla directement se serrer contre lui. Regulus lâcha la main de Serena et serra les bras autour de sa fille.
Cassiopée pour sa part le fixait en fronçant les sourcils.
- Pourquoi il était pas là avant ? Reprocha-t-elle.
Elle essayait de repousser une tristesse qui n'était pas la sienne et qui l'assaillait avec force. Celle de Regulus. Probablement celle de Serena et d'Amaryllis également.
- Regulus est comme tonton Severus. Il a travaillé pour qu'on ait la paix. Je t'en ai déjà parlé, tu te souviens ?
Cassiopée acquiesça et posa le regard sur Regulus et sa sœur enlacés.
- Mais quand tu étais malade, il était où ?
Regulus redressa la tête, tout en continuant de serrer Amaryllis contre lui. Elle ne semblait pas prête de se calmer.
- Personne ne savait que j'étais votre papa. Et… j'étais occupé à soigner votre maman. Il y a des choses qu'on ne peut pas encore t'expliquer, mais une chose est sûre, c'est que je suis bien votre papa et que je ne vous veux pas de mal.
Cassiopée fronçait encore les sourcils et semblait loin d'être convaincue mais elle acquiesça finalement et vint participer avec moins de lâcher prise qu'Amaryllis au câlin père-fille. La fillette serra les yeux avec force pour ne pas pleurer. Son empathie lui gâchait beaucoup la vie, les rares fois où elle le pouvait, et malgré son jeune âge, elle refusait de se monter faible.
Elle ne comprenait pas elle non plus pourquoi sa sœur n'était pas comme elle et savait qu'Amaryllis était triste. Sa sœur voulait qu'elles se ressemblent en tous points. Elle aussi, elle était contente qu'elles se ressemblent autant, mais elle aimait aussi cette différence entre elles.
Serena les regarda avec affection avant de se lever et de les laisser seuls dans le jardin. Ils le méritaient bien. Elle alla partager un thé avec Narcissa. Drago était avec son précepteur et Lucius avait finalement déserté le manoir à cause de la présence de Regulus.
Narcissa la fixa et Serena acquiesça. Elle allait bien. Ca avait été intense mais il était temps que Regulus ait sa place auprès d'Amaryllis et Cassiopée. Il avait été bien assez patient pour cela. La blonde eut un sourire et serra les mains autour de sa tasse de thé, les réchauffant par la même occasion. Depuis qu'elle savait ce qui était arrivé à Serena, elle ne savait pas trop comment lui parler.
Elle avait toujours été dégoûtée par ce que les fidèles du Maître avaient fait le jour-là. Savoir que des violeurs étaient sous sou toit à cet instant l'avait terrifiée bien qu'elle l'ait caché de la même façon qu'elle taisait toujours toutes ses émotions. Savoir maintenant que Serena était l'une des victimes de ce jour-là la perturbait. D'autant plus qu'elle avait côtoyé Antonin Dolohov à de nombreuses reprises.
Il avait toujours un air charmeur et une façon de se rendre attirant quand il lui parlait. Elle n'avait que du dégoût en repensant à ses actions. Elle en avait déjà eu lors de son procès, mais connaître la victime était pour elle mille fois pire. Cet homme, ce monstre, avait approché Drago… Et il avait été proche d'elle à de si nombreuses reprises… Ca la rendait malade rien que d'y penser !
- Arrête d'y penser. C'est du passé.
Narcissa reprit pied avec la réalité et regarda Serena avec émotion et compassion. La brune fut étonnée. Il était si rare que Narcissa montre la moindre émotion… A force de vivre chez les Malefoy elle savait la déchiffrer, mais là, elle n'avait même pas besoin de le faire. Ce qui prouvait dans quel état pouvait bien se trouver la blonde…
Serena prit les mains de Narcissa dans les siennes sans rien dire. Elle se sentait touchée par les sentiments de la blonde. Comment ne pas l'être ? Elle qui ne montrait jamais rien de ce qu'elle ressentait !
- Vous allez partir ? Demanda timidement la femme guindée.
Serena fronça les sourcils.
- De quoi parles-tu ?
- Maintenant que tu t'es libérée de ce secret, que tu vas mieux, que Regulus a rencontré ses filles… Vous allez forcément nous quitter.
- Le fait de parler à Severus de ce qu'il s'est passé ne m'a pas libérée. Pour cela, il faudrait que Regulus soit également au courant, et je n'y parviens pas. Pour le reste… Regulus et moi ne nous sommes pas remis ensemble. Je n'ai pas envie de partir de votre manoir, du reste.
Serena s'en rendit compte au moment où elle disait ces mots à voix haute. Elle s'était trop habituée à voir le trio de cousins s'amuser ensemble pour avoir envie de partir.
Pourtant, elle n'oubliait pas qu'elle vivait à leurs crochets et qu'à un moment ou à un autre, Lucius allait lui demander quelque chose en contrepartie. Et cela ne lui plaisait pas. Car après tout, qui savait ce qu'il allait bien pouvoir inventer ?
Elle gardait en tête la façon dont il avait réagi en apprenant son passé. Compatissant. Ce n'était pas le genre de Lucius et elle se demandait si la présence des filles et elle n'était finalement pas bénéfique aux deux Malefoy. Ils changeaient à leur contact. Raison de plus de ne pas partir et séparer les enfants.
- Je me demande ce qu'il est advenu du jeune Potter, murmura Serena.
Elle imaginait le pauvre orphelin. Pauvre bébé qui n'avait plus de parents… Narcissa haussa les épaules. Lucius avait émis l'idée d'élever le jeune Potter dans les valeurs sorcières, mais Dumbledore en avait décidé autrement. Nombre de familles sorcières auraient accueilli le jeune Potter à bras ouverts, mais le vieillard les avait tous devancés.
Narcissa se rappelait la façon dont Lucius avait imaginé redorer leur blason. Elever Drago et Potter comme deux frères, lui apprendre les préceptes des sang-purs… Après la chute de leur maître, ils auraient gagné sur tous les plans ! La blonde secoua la tête pour cesser de se perdre dans ses pensées.
Serena fixait le fond de sa tasse et au vu de son air, elle ne pensait pas à des choses joyeuses. Narcissa prit sa main dans la sienne et Serena cacha son visage avec ses cheveux pour essuyer une larme.
- Fudge est au courant. Il voulait me parler d'Antonin il y a un an quand je me suis réveillée.
- Il a eu un procès les jours qui ont suivi ton coma. Comme tous les autres. Je suppose qu'ils n'ont pas pu demander le nom de sa victime en public quand ils l'ont interrogé au véritaserum. Etant donné qu'ils n'avaient pas l'accord de ladite victime, ils ne pouvaient pas dire ton nom en public.
Cela se tenait. D'autant plus que lorsque les aurors et médicomages les avaient interrogées après l'attaque de son école, Serena avait clairement dit qu'elle ne voulait pas que son nom soit donné dans les journaux. Elle voulait être tranquille, elle ne voulait pas de journalistes lui posant mille et une questions. Elle ne voulait pas qu'on la pointe du doigt lorsqu'elle sortirait dans la rue. Sa vie privée ne regardait personne.
Serena fronça les sourcils en pensant à une chose. Narcissa avait dit que le groupe de violeurs avait eu un procès. Dans ce cas… Pourquoi Sirius n'en avait pas eu ? Même au bout d'un an, elle avait toujours du mal à y croire. Pourquoi une telle précipitation ? Regulus lui avait dit que son frère riait comme un hystérique à son arrestation. Mais… Pourquoi ne pas lui avoir donné une potion pour l'interroger et faire son procès ensuite ?
Elle n'arrivait effectivement pas à comprendre un tel empressement. A moins que Fudge ne se sente tellement fier d'avoir enfin capturé quelqu'un qu'il n'ait pas voulu faire les choses dans les règles ? Serena ne parvenait pas à croire en la culpabilité de Sirius. Elle l'avait beaucoup côtoyé à Poudlard à partir du moment où elle était sortie avec Regulus. Ils avaient vécu ensemble quand Sirius avait trouvé un emploi et que les deux frères étaient partis de chez les Potter. Serena n'avait jamais été aussi heureuse que lorsqu'elle avait su que Sirius avait fait une fugue de chez lui en emmenant Regulus avec lui chez James.
D'un côté, il fallait avouer qu'elle n'avait pas su voir dans le jeu des deux frères. Regulus lui avait raconté dans les détails la façon dont Sirius l'avait convaincu de devenir agent double. Ils avaient réussi tous les deux à lui mentir de façon admirable. Sirius avait même joué le rôle de confident quand elle avait quitté Regulus. Elle était allée chez les Londubat pour ne pas l'embarrasser avec sa grossesse et pour ne pas le déranger dans sa vie sentimentale.
Franck et Alice l'avaient accueillie à bras ouverts. Ils n'étaient pas amis proches à Poudlard, mais se connaissaient de vue e Alice n'avait pas pu lui refuser l'hospitalité quand elle appris sa grossesse. Serena s'était rendu compte il y a plusieurs semaines que Sirius devait probablement recevoir des informations par le couple Londubat, et qu'il devait les transmettre à Regulus. Une raison encore de ne pas croire Sirius coupable. Il se serait donné tout ce mal pour cela ? C'était impossible à ses yeux. Si elle avait pu, s'il y avait un moyen, elle aurait tout fait pour l'innocenter ou pour au moins pouvoir le voir ou lui parler.
Serena se releva et regarda Regulus, Amaryllis et Cassiopée jouer dans l'herbe. Tout en souriant, une autre larme roula sur sa joue. Elle mit Sirius de côté et se contenta de ce bonheur retrouvé. Encore incomplet cependant. D'autres larmes roulèrent quand elle se rendit compte d'à quel point elle aimait encore Regulus Black. Elle l'aimait de toute son âme et elle était incapable d'être près de lui, d'être auprès de lui, de former la famille dont ils auraient tous les deux voulu.
- Pardon, Amaryllis. Pardon, Cassiopée, chuchota-t-elle si bas que même Narcissa ne l'entendit pas.
Lorsque Lucius revint au manoir, Regulus était encore présent. Il soupira, leva les yeux au ciel et lui fit un signe de tête. Pas question de faire mauvaise impression devant les jumelles. Et il supposait qu'il serait amené à le voir plus souvent au manoir. Il devrait faire avec, c'était tout. Regulus répondit à son signe de tête sans trop y croire. Serena et lui montèrent ensuite coucher les filles et leur racontèrent les histoires sorcières. Les deux parents étaient assez proches et Amaryllis sourit. Elle voulait voir ses parents ensemble.
Même après un seul après-midi passé avec Regulus, elle avait une confiance aveugle en lui et le considérait déjà comme son papa. Au contraire de Cassiopée, qui ne lui faisait pas du tout confiance et se montrait très méfiante envers lui.
Une fois les deux filles endormies, Regulus et Serena quittèrent la pièce en fermant la porte avec douceur pour ne pas les réveiller. Regulus pressa la main de Serena dans la sienne pour la remercier. Celle-ci se recula un peu et l'homme vit très bien que c'était une réaction involontaire. Il fronça les sourcils alors qu'elle s'excusait. Il se rappelait de ce genre de réactions et ce n'était pas possible que ça recommence. Il avait réussi à abattre la carapace qui entourait son cœur, devait-il recommencer tout de zéro ? Il prit congé et transplana chez sa mère, qui ne lui dit pas un mot.
Elle le tolérait chez eux, pour sauver les apparences. Il n'était plus temps de soutenir les partisans du Lord Noir. Pour autant, elle ne lui avait rien pardonné. Il s'en fichait. Maintenant qu'il avait une bonne situation à Sainte Mangouste, il allait se prendre un appartement. Il allait de toute façon lui falloir un endroit où accueillir les filles. Il comptait bien rattraper le temps perdu, même si cela allait s'avérer compliqué avec Cassiopée. Il l'avait deviné, elle était beaucoup moins ouverte qu'Amaryllis.
Il prit une bieraubeurre dans le buffet de sa mère et monta ensuite dans la chambre de Sirius. C'était là qu'il dormait. Parce que malgré la brûlante trahison de son frère, il le croyait innocent et qu'il se remémorait les bons souvenirs passés dans cette chambre avec lui. Il y en avait si peu, après tout.
Il se concentra sur autre chose. La réaction de Serena le perturbait. Ils étaient passés au-dessus de ça il y avait des années et il ne comptait pas faire plus que tenir sa main entre les siennes pour la remercier. Ce genre de geste… Ca n'aurait pas dû la faire réagir de cette façon.
Regulus se prit la tête dans les mains et se décoiffa à force de passer et repasser la main dans sa chevelure. Quelque chose lui échappait. Il le sentait. Quelque chose d'important. Quelque chose qui l'avait traumatisée, encore une fois. Encore une fois ou il n'avait pas su être là pour elle. Il ne les comptait plus.
Jamais il n'avait su être à la hauteur et être là pour elle. Severus et lui avaient tué son père quand ils avaient su, c'était tout. Quand elle était tombée dans le coma, il n'avait pas été là pour empêcher ce désastre, ni pour veiller sur leurs filles. Il essuya avec surprise des larmes sur ses joues. Il avait été heureux toute la journée. Mais se rendre qu'il y avait quelque chose qui rongeait Serena le ramenait au trente-sixième dessous.
Pas capable d'épauler et sauver Serena. Pas capable de plaider pour au moins rendre visite à son frère… Regulus reposa sa bieraubeurre et quitta la maison. Il ne devait pas rester seul dans cet état d'esprit, il le savait parfaitement. Il reprit ses esprits et transplana à nouveau. Il toqua une fois arrivé et Severus lui ouvrit, levant un sourcil en voyant l'état dans lequel il se trouvait.
- Que s'est-il passé ? Ce n'est pas aujourd'hui que tu devais faire connaissance avec les filles ? Ce n'est pas allé avec Cassiopée, c'est ça ? Je sais qu'elle est méfiante mais il faut lui laisser un temps d'adaptation et…
- Je veux savoir ce qui est arrivé à Serena.
Severus va-t-il révéler le secret de Serena ou va-t-il se taire ? A la prochaine pour le savoir !
