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Chapitre 7 : Nouvelle vie

Pétunia Dursley se leva à la même heure que d'habitude et toqua au placard où dormait son horrible neveu. Et encore son esprit détestait le reconnaître comme son neveu. Il n'était qu'une aberration qu'ils n'auraient pas dû accepter. Elle le regrettait tous les jours. Avoir ce monstre sous son nez, cette erreur de la nature. Il n'avait que cinq ans et elle le détestait de tout son être.

Le gamin sortit de sous le placard au bout de peu de temps et la rejoignit à la cuisine.

- Bonjour, tante Pétunia.

Les Dursley mettaient un point d'honneur à ce que le garçon soit poli. Pour leur part, il n'était pas digne qu'ils en fassent de même envers lui. Elle grogna légèrement pour toute réponse.

- Fais cuire le bacon et les œufs.

Harry acquiesça mais ne répondit pas. A part bonjour, s'il vous plait, merci, au revoir, il n'était pas autorisé à dire grand-chose.

Harry détestait quand il était en vacances. Cela voulait toujours dire plus de tâches ménagères pour lui et plus d'amusement pour Dudley. Il regarda par la fenêtre, espérant comme dans ses rêves que quelqu'un vienne le chercher et l'emmener très loin d'ici. Ca n'arrivait jamais, mais le jeune garçon savait que cela lui faisait du bien de l'imaginer et il ne voulait pas renoncer à cela.

Quand il était à l'école, au moins, il voyait très peu les Dursley dans la journée. Il n'avait pas d'amis, mais au moins, il était plus tranquille et n'avait pas de tâches ménagères à faire pendant le temps où il se trouvait à l'école. Il ne se rendait pas compte que la façon dont il était traité n'était pas normale. Tous les papas et toutes les mamans qui cherchaient leurs enfants à l'école étaient aimants avec eux. Mais il n'était pas l'enfant des Dursley alors il se disait que c'était peut-être à cause de ça. Les parents n'aimaient peut-être que leur propre enfant ? Il ne s'en serait pas étonné.

Harry prépara la table et se rendit dans le salon, qu'il devait laver aujourd'hui. Il n'avait pas mangé. Pas encore. Il aurait droit à un verre de lait et un petit gâteau quand Vernon serait parti au travail. Il prit son mal en patience malgré son estomac qui protestait avec véhémence. Il lui était déjà arrivé de voler des choses au frigo, si Pétunia se levait plus tard. Mais là, ce n'était même pas envisageable.

Il grogna en se demandant pourquoi c'était dans une maison où on ne voulait pas de lui qu'il devait être élevé. Il aurait préféré être ailleurs.

Pétunia fit la vaisselle et dit au revoir à Vernon quand il partit travailler. Bien entendu, Dudley dormait encore profondément et il était hors de question de le réveiller. Elle prit son temps pour boire son café. Elle n'avait pas la moindre envie de croiser tout de suite l'abomination dans le salon.

Pétunia n'avait même pas sourcillé à la mort de sa sœur. Pourquoi faire ? Elles n'avaient jamais été proches de toute manière. Elle l'avait détestée du moment où elle avait été différente d'elle. Et ses amis et ce Potter qui lui tapait sur le système. La blonde eut un reniflement dédaigneux et finit par appeler le gamin. Elle le regarda manger avec un air noir. Ce qu'elle pouvait l'abhorrer.

La femme eut un sursaut quand on sonna à sa porte et alla ouvrir, les sourcils froncés. Un homme et une femme se tenaient sur le seuil de la porte, habillés sobrement.

- Nous sommes bien chez madame Pétunia Dursley ?

- Oui, à qui ai-je l'honneur ? Demanda-t-elle poliment.

- Nous sommes des représentants du Ministère de la magie. Nous venons réaliser une enquête pour définir si Harry Potter est bien dans votre famille ou s'il serait mieux ailleurs.

Les deux inspecteurs ne purent que manquer le regard d'espoir de la femme lorsqu'ils avaient évoqué un ailleurs pour Harry Potter. Avant que Pétunia ne puisse intervenir après qu'elle les ait fait entrer, ceux-ci saluèrent Harry et lui posèrent des questions. Le garçon hésita quand les deux adultes lui demandèrent de montrer sa chambre.

Il jeta un regard effrayé sur sa tante qui ne bougeait pas d'un poil, les bras croisés et attendait, simplement. Harry hésita, les regards des deux étrangers étaient gentils et inspiraient confiance. Mais qui disait que s'il allait ailleurs, ce ne serait pas pire ? Mais pouvait-on faire pire que chez les Dursley ? Le garçon cogita encore quelques minutes avant de finalement opter pour l'inconnu. Ce n'était pas lui qui rêvait qu'on le cherche depuis si longtemps ?

Le visage des deux inspecteurs se fermèrent quand Harry montra où il dormait, expliqua comment il vivait et ce qu'il faisait de ses journées. Avant même l'entretien avec le psychomage, les deux savaient que la requête de Serena Rogue serait acceptée sans sourciller. C'était la meilleure chose à faire pour ce pauvre enfant.


Remus Lupin décacheta la lettre qui était arrivée, baillant à s'en décrocher la mâchoire. Ce devait être un énième refus pour du travail.

« Remus,

Je sais que j'aurais dû t'écrire plus tôt mais je n'en ai pas vraiment eu le courage. Après tout, pendant la guerre, je vous ai à tous plus ou moins tourné le dos. Mais tu restes l'un de mes premiers amis. Mon premier ami à Gryffondor en tout cas.

Je t'écris parce qu'il faut absolument qu'on se voit. Je… Je remue ciel et terre pour obtenir la garde de Harry et je compte mener un autre combat après celui-ci. Mais j'aimerais t'en parler de vive voix, tu as toujours été de bon conseil. Encore une fois, excuse-moi pour mon silence, mais j'aimerais vraiment renouer avec toi.

Serena. »

Remus reposa la lettre, remué. Il avait hésité pas mal de fois à lui écrire, sans y parvenir. Pour dire quoi ? Ils s'étaient perdus de vue pendant la guerre. Il n'y avait plus rien à espérer. Et puis, il n'avait pas envie d'étaler sa misère. D'autant plus qu'il savait qu'elle habitait chez les Malefoy. Il se voyait mal aller lui rendre visite dans un tel endroit.

Remus eut un bref sourire en se rappelant des débuts de leur amitié. Elle n'était qu'une serdaigle effacée au début. La sœur de Servilus. Remus ne cherchait pas plus loin. Il ne lui cherchait pas des noises et elle restait elle aussi dans son coin. Pourtant, en la croisant une fois à la bibliothèque, James et Sirius n'avaient pas résisté à la tentation et l'avaient embêtée. Remus l'avait défendue et leur amitié avait commencé de cette façon.

Remus Lupin sourit en rangeant sa lettre et en prenant une plume et un parchemin.


Harry ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Une fois qu'il avait montré aux deux personnes où il vivait, la femme l'avait pris par la main et l'avait emmené à l'extérieur. Elle n'avait fait que lui poser des questions et son visage s'était assombri au fur et à mesure de ses réponses. Harry se demandait pourquoi toutes les réponses qu'il donnait étaient fausses. Pourtant, il ne disait que la vérité.

- Harry, j'ai encore une question.

Les deux représentants du Ministère n'avaient encore montré aucun signe de magie. Leur devoir était d'interroger et de rendre compte de ce qu'il se passait. Il était inutile de perturber encore cet enfant.

Harry pencha la tête sur le côté et ses yeux émeraudes étincelèrent.

- Si tu devais choisir entre rester ici et habiter ailleurs, que ferais-tu ?

Il ne fallut que quelques secondes au jeune garçon pour répondre.

- Je veux partir d'ici !

C'était un cri du cœur qui broya le cœur de la femme.


- Arrête de tourner comme un lion en cage, Serena !

Serena lança un regard noir à son frère.

- Mais enfin, tu ne te rends pas compte !

- Je sais très bien que ce jour va décider de si je vais avoir Harry Potter pour toujours sous mes yeux ou non. Et crois-moi que je préférerais que non.

Serena s'arrêta de marcher et se planta devant son frère, les mains sur les hanches.

- Tu voudrais que je ferme les yeux sur un enfant qui souffre parce que tu étais amoureux de sa mère ?

- Je suis ton frère, je devrais avoir la priorité ! Tonna Severus en se levant et en marchant à son tour de droite à gauche. Pas un gamin, qui n'est rien pour toi !

- On a subi la maltraitance. A mon sens, ce n'est pas rien que d'en sortir un gamin qui nous as tous sauvés, même s'il l'ignore.

Severus allait répliquer quelque chose.

- Tu pourrais réfléchir plus loin. Au moins, Lily serait fière de savoir que son fils n'est pas chez sa sœur. Tu sais comme moi qu'elles se sont toujours haïes toutes les deux. Ce n'est pas respecter sa volonté que de le laisser là-bas.

Severus se rassit en grognant.

- Et mes sentiments à moi ? Il va me voir souvent. Si je ne passe pas au-dessus de cette haine ?

Serena réfléchit quelques minutes.

- Au lieu de te dire que c'est le fils de James, tu n'as qu'à te dire que c'est le fils de Lily. Ca devrait suffire. Si tu te le dis assez souvent, tu verras peut-être au-delà de sa ressemblance avec Potter.

Severus la fixa d'un air interdit.

- Comment cela pourrait-il seulement suffire ? Lily est l'amour de ma vie.

- C'est justement pour ça que tu dois passer au-dessus de ta haine. C'est ce qu'elle voudrait, tu ne crois pas ?

Severus eut un soupir. Sa sœur était encore plus bornée et plus têtue que lui. Il savait qu'il serait impossible de la raisonner. Et… Il devait reconnaître que ses arguments n'étaient pas si dénués de sens. La question était de savoir s'il arriverait à mettre en pratique ce qu'elle disait. Et ça, c'était autre chose.


Harry regardait de tous les côtés. La femme lui avait parlé de magie. Il ne l'avait pas crue au début. Jusqu'à ce qu'elle lui fasse une démonstration. Elle lui avait expliqué que c'était pour cette raison que les Dursley le détestaient et le traitaient de cette façon, ce qui n'était pas normal. Depuis, elle venait voir tous les jours comment il allait et lui avait expliqué qu'il y avait plein de papiers et de « demaches » à faire. Il n'était pas sûr d'avoir retenu le bon mot.

Par contre il avait retenu le nom de la personne chez qui il allait vivre. Elle avait dit qu'il s'appelait Regulus Black. Il aimait bien ce nom. Elle lui avait dit aussi qu'il y aurait une femme et deux autres filles avec lui. Ses filles à lui. En entendant ça, Harry avait eu peur. Et si les filles de Regulus faisaient comme Dudley ? Que deviendrait-il si ça recommençait ? Quitter un enfer pour un autre ne l'intéressait pas du tout.

A l'heure actuelle, il regardait de tous les côtés parce qu'ils se trouvaient au Ministère de la Magie. Aujourd'hui, il devait rencontrer Regulus. Etonnamment, il n'avait pas peur que Regulus soit comme les Dursley. Quelqu'un qui le réclamait ne pouvait pas être méchant. Et cet homme exauçait ce dont il rêvait depuis longtemps : qu'une personne extérieure vienne le chercher et l'emmener loin des Dursley. C'était ce qu'il souhaitait à chaque anniversaire.

Harry regardait des gens sortir de feux de cheminée verts avec surprise. Comment faisaient-ils pour ne pas brûler ? Il ne comprenait pas et des milliers de questions lui brûlaient les lèvres chaque fois qu'il voyait de la magie. Anna, c'était le nom de la femme qui venait le voir tous les jours et à qui il tenait la main, s'arrêta et Harry regarda en face de lui.

- Bonjour, Regulus.

- Bonjour, Anna.

Les yeux émeraudes croisèrent les yeux gris de Regulus. Ce fut plus fort que le garçon quand il vit la tendresse présente dans les yeux face aux siens : Harry se mit à pleurer. A grosses larmes, comme s'il évacuait les dernières années qu'il avait vécues d'un coup. Regulus et Anna se regardèrent, se sentant un instant impuissants tous les deux.

Regulus s'agenouilla et regarda Harry avec toujours la même tendresse, amplifiant les sanglots de l'enfant. Sans rien dire, Regulus le serra contre lui et Harry s'accrocha à sa cape de toutes ses forces, sans s'arrêter de pleurer. C'était une étreinte chaude et réconfortante, une chose qu'il n'avait jamais connue, ou alors du temps où ses parents étaient vivants, et il était beaucoup trop petit pour s'en rappeler.

Harry avait fermé les yeux. Il avait tellement peur que tout ça s'arrête, qu'on le reconduise chez les Dursley et que tout recommence. Il ne savait pas comment il pourrait faire si cela arrivait. Regulus eut du mal à ne pas pleurer avec le jeune garçon. C'était inhumain que le sauveur ait du tant souffrir en ces quelques années. Ce n'était pas juste.

- Harry, est-ce que tu veux aller avec Regulus ? Demanda Anna avec douceur.

Harry acquiesça sans pour autant lâcher Regulus et celui-ci se sentait de plus en plus gêné des regards que leur jetaient les sorciers qui arrivaient pour travailler.

- Etant donné que vous avez rempli tous les dossiers, vous pouvez y aller, monsieur Black. Mademoiselle Rogue s'installe à quel moment avec vous ?

- A la fin du mois maximum, répondit Regulus d'une voix un peu tremblante.

- Alors bonne chance pour votre nouvelle vie.

Anna les salua tous les deux avant de s'en aller.

Regulus relâcha doucement Harry qui eut du mal à ne pas l'empêcher de le faire.

- N'aie pas peur, mais il faut que je te lâche si tu veux que je t'emmène chez moi.

Harry acquiesça mais serra la main de Regulus avec force. Regulus eut un sourire triste. Il décida de ne pas le perturber plus et ils quittèrent le Ministère pour emprunter la voie moldue.

Une fois que les psychomages avaient décidé que Harry serait confié à Regulus, les choses s'étaient accélérées. Lui qui avait du mal auparavant à trouver un appartement ou une maison à cause de son statut, avait croulé sous plein de choix. Il avait obtenu un crédit alors qu'avant la banque des sorciers se refusait à traiter avec lui. Il s'était dit que Lucius avait eu bien de la chance d'avoir un manoir hérité familialement.

Par respect pour la grande affection entre Drago et ses filles, il avait choisi un manoir -on était Black ou pas, et vu ce qu'on lui proposait il aurait été bien bête de refuser- non loin de chez les Malefoy. Il doutait que Dumbledore approuve mais il refusait de couper le lien entre Drago et les filles. Il s'était beaucoup attaché à Drago. De même qu'à Narcissa. Il n'avait jamais eu de lien aussi fort avec elle qu'aujourd'hui.

Regulus secoua la tête pour éclaircir ses pensées. Il se trouvaient dans un bus et Harry regardait partout, toujours sans rien dire. Il avait l'air émerveillé, et Regulus en vint à penser que le pauvre garçon n'était pas beaucoup sorti de sa vie. Il serrait toujours la main de l'adulte avec force et celui-ci se demandait si d'ici la fin de journée il sentirait encore ses doigts.


Lucius était en train de faire les cent pas dans son bureau. Serena Rogue. Par Merlin, Serena Rogue ! Elle d'entre tous y était parvenue. Elle avait gagné la garde de Harry Potter. Enfin Regulus l'avait gagnée mais c'était du pareil au même. C'était elle qui avait tout orchestré. C'était bien une Serdaigle, il ne pouvait le nier !

Le blond secoua la tête. Si on lui avait dit ça. Il jeta un œil à Severus qui était à son deuxième whisky pur-feu. Le pauvre, supporter le marmot de Potter au sein même de sa famille… Serena et lui ne faisaient que se disputer à ce sujet et le professeur atterrissait toujours chez lui à se plaindre ou à ne rien dire comme c'était le cas actuellement. C'était des jours vraiment étranges en ce moment.


Regulus ouvrit la porte à Harry et lui fit visiter le manoir. Le garçon était ébahi. La maison des Dursley était grande, mais là… Le plus beau c'était l'extérieur. Regulus le fit monter à l'étage et lui montra sa chambre.

- Je ne savais pas trop ce que tu aimais… Mais je sais qu'en général les garçons aiment beaucoup les dragons et le vol sur balai.

Regulus avait failli dire quidditch mais il n'avait pas la moindre envie de lui expliquer aujourd'hui en quoi cela consistait.

Il sourit en voyant l'air émerveillé du garçon et alla préparer le repas en le laissant s'installer. Il n'avait pas eu envie de prendre un elfe de maison. Le seul qu'il avait aimé était Kreattur mais il était réaliste : Harry, Amaryllis et Cassiopée ne risquaient pas de l'aimer et sa mère ne s'en séparerait pas avant sa mort, c'était sûr. Il se sentait capable de gérer les choses.

Lorsque Harry se montra, il avait l'air désappointé.

- Tu as dit que tu avais des filles ? Pourquoi elles sont pas là ?

- Elles viendront plus tard avec leur maman. Le plus important c'était que tu puisses partir de chez ta tante.

Le visage de Harry se referma légèrement mais l'ombre passa et il mangea avec grand appétit.


Amaryllis, Cassiopée et Drago ne comprenaient pas tout. Serena, Lucius et Narcissa leur avaient expliqué que les choses avaient changées. Beaucoup ? A leurs yeux, c'était insurmontable. Les jumelles cependant étaient mitigées. Leur papa et leur maman allaient quand même habiter ensemble. Ce n'était pas rien et cela leur faisait plaisir, mine de rien.

Narcissa était triste de son côté, mais le bonheur de Serena lui faisait plaisir, elle ne pouvait le nier. Quant au jeune Harry… Eh bien, il les avait sauvés. Elle avait suivi Lucius parce qu'il était son mari, mais elle avait toujours détesté les réunions des mangemorts et tout le reste. Sa sœur la traitait de froussarde. Bellatrix ne pouvait pas comprendre. Elle n'aimait pas son mari et elle n'avait pas d'enfant.

Certes, le mariage de Narcissa avait été arrangé. Mais Lucius et elle s'aimaient. D'un amour sincère, bien que pudique. D'un amour sang-pur, dans les valeurs dans lesquelles ils avaient tous les deux élevé. Mais Bellatrix et Rodolphus… Ils n'étaient pas assortis et ils ne pouvaient pas comprendre.

Alors oui, le cœur de mère de Narcissa Malefoy ne pouvait que se réjouir, en le cachant un peu à son mari, qu'un enfant connaisse le bonheur. Elle sursauta quand Lucius l'enlaça alors qu'elle coiffait ses cheveux devant sa coiffeuse. Il semblait de bonne humeur au vu de ses mains baladeuses et Narcissa ne protesta pas un seul instant, se tournant vers lui pour lui offrir ses lèvres.

- Et si nous faisions un autre héritier Malefoy ?

Narcissa le fixa sans trop y croire et posa les mains sur sa poitrine, le fixant d'un air un peu ahuri.

- J'ai eu l'habitude d'avoir les filles avec nous. Ce manoir est grand. Alors…

Lucius étouffa un rire quand Narcissa lui sauta au cou et l'embrassa avec une ardeur nouvelle. Lui qui avait toujours dit qu'il ne voulait qu'un seul enfant, voilà qu'il dérogeait à ses propres principes. Il songea que la méthode pour y parvenir lui plaisait bien alors, qu'il se trouvait allongé sur sa femme dans le lit conjugal.


Severus faisait les cent pas. Regulus avait récupéré le morveux aujourd'hui. Cet état de fait le mettait dans tous ses états. Bon sang, avoir un mini James Potter sous son nez jusqu'à la fin de ses jours… Comme si le fait de devoir lui enseigner les potions d'ici quelques années ne suffisait pas… Il y avait des moments où il détestait vraiment sa sœur. Mais il se devait aussi de l'admirer pour ce qu'elle avait réussi à faire.

Il soupira et se remit à faire les cent pas. Et si le gamin était aussi insupportable que son crétin de père ? Qu'est-ce qu'il pourrait faire ? Et si Amaryllis et Cassiopée s'attachaient à lui ? Il avait déjà bien du mal à « partager » ses nièces avec Regulus… Décidément, il ne savait plus où il en était. Heureusement, il gardait justement ses nièces ce qui lui permit de se calmer, et, pour ne pas changer à ses habitudes, leur apprit à faire des potions. Il se fit la remarque qu'à ce rythme, il n'aurait plus rien à leur apprendre lorsqu'elles rentreraient à Poudlard et eut un mince sourire.

Amaryllis donna un coup de coude à Cassiopée en lui montrant le sourire de son oncle. Celle-ci sourit avec sa sœur. Elle ne sentait qu'amour et bonheur actuellement. D'habitude, avec oncle Severus, c'était beaucoup plus compliqué. Elle sentait souvent de la tristesse et de la nostalgie. Severus capta le sourire de ses deux nièces et sourit plus largement. Tous les Harry Potter du monde pouvaient se mettre sur son chemin. Tous les Regulus Black également. Mais il avait un lien beaucoup trop fort avec ses nièces pour qu'il se brise et il se trouva stupide d'avoir eu peur que cela arrive.

Il serra les jumelles contre son cœur avec affection et abandonna la potion, préférant leur lire des contes sorciers et moldus, profitant de la lecture pour les câliner.


Il faisait nuit et la lune était presque ronde. Leur grand groupe se réunissait tous les mois. Ils se côtoyaient de toute manière presque tout le temps. Ils n'étaient que peu dissociables. Ils étaient un tout.

La créature sourit, montrant des dents jaunies et pointues. Il contempla son groupe, ses frères et sœurs, avec joie. Il était plus que temps qu'il prenne la parole. Il ouvrit grand les bras.

- Bienvenue à vous, mes chers frères et sœurs. J'avais besoin de vous parler à tous. Il est temps que nous remettions le Ministère et le monde sorcier à leur place !

Ses amis levèrent le poing avec enthousiasme.

- Avez-vous entendu parler de cette nouvelle loi ? Ils veulent maintenant autoriser les enfants mordus à étudier à Poudlard sans contraintes. Elle doit être votée sous peu. Mais nous n'allons pas laisser faire cela, pas vrai ?

- NON ! Hurla la foule déchainée.

- La place de ces chers enfants n'est pas à l'école, elle est parmi nous. Nous sommes des monstres et nous le revendiquons !

- OUAIS !

- Montrons-leur que nous ne voulons pas de leur éducation, que nous ne voulons pas être normaux comme eux. Nous souhaitons être à part, nous souhaitons qu'ils aient peur de nous ! Ils doivent nous craindre, lire des histoires à leurs enfants pour les mettre en garde contre nous !

Il sourit largement à la foule en se rendant compte à quel point il les avait galvanisés. C'était tout ce qu'il souhaitait, c'était le but premier de leur réunion.

- Nous interviendrons lors de la prochaine pleine lune. Nous allons cibler les pro loup-garou. Comment le Ministère pourrait faire passer cette loi si les loup-garou eux-mêmes attaquent des civils ?

La foule continuait de hurler de tous ses poumons. Il avait toujours eu un grand pouvoir de persuasion sur ses semblables et cela n'avait pas changé. Il était fier de lui.

Fenrir Greyback se retira, laissant ses frères et sœurs réfléchir sur ce qu'il leur avait mis en tête. Durant la guerre, il avait adoré agir du côté du Seigneur des Ténèbres. Pourvoir s'en donner à cœur joie et mordre dans de jeunes gorges… C'était ce qu'il y avait de meilleur. Jamais il ne s'en était lassé et faire régner la terreur lui avait plus que plu. Il se frotta les mains, ayant hâte d'être à la prochaine pleine lune. Ils allaient leur apprendre à vouloir les rendre aussi normaux, aussi insipides qu'eux.

Il avait conscience d'agir comme un gourou envers ses semblables, en les isolant et en les mettant à part. Et c'est ce qu'il lui plaisait, songea-t-il alors qu'une louve du groupe s'approchait. Il lut l'admiration dans son regard et en profita pour bénéficier de ses faveurs. Oui, le rôle de gourou lui allait parfaitement.

D'ici un mois, le monde sorcier allait connaître la nuit qu'ils allaient appeler la nuit rouge.


A bientôt pour la suite :)