Bonjour à tous, mes chers lecteurs,

Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour... Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité. N'hésitez pas à m'en faire un retour !

Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous ! :D

À bientôt !


Chapitre 3 : Retour à Baker Street

Filant à toute vapeur en direction de la capitale, confortablement installés dans un compartiment vide, les deux hommes tentaient de se réchauffer. Les vitres recouvertes de givre témoignaient de la brusque chute de la température annonçant l'arrivée de la nuit.

– Alors, mon ami, pourriez–vous m'expliquer le fin mot de cette histoire ? Demanda le médecin.

Le brun lui offrit une cigarette avant de s'en allumer une et de rassembler mes idées :

– Dans cette enquête, le point essentiel était le mariage, commença-t-il. Une affaire où une fiancée disparaît comme cela à l'approche de ses noces est souvent liée à des histoires de cœur non résolues. Initialement, c'est-à-dire hier soir, je pensais qu'elle aimait un autre homme et qu'elle s'était enfuit avec lui, mais la possibilité d'un mariage arrangé n'était pas à exclure : la jeune femme aurait pu saisir sa chance et s'enfuir pour éviter qu'on la marie de force. Je la gardais toutefois en tête, bien que la première possibilité me parût plus plausible. Je savais déjà que les parents de cette jeune fille étaient d'une grande ouverture d'esprit.

– Comment le saviez–vous ?

– Je m'étais déjà renseigné, ou plutôt je l'avais majoritairement déduit lors de ma première rencontre avec Mrs Hudson, lorsque je cherchais notre logement. (Il s'éclaircit la gorge.) Bref, passons. J'avais l'intuition que ses parents devaient être aimants, ne souhaitant que le bien-être de leurs progénitures tout en respectant les convenances, mais ne prenant que ce qu'ils jugent sain pour leur famille...

– Comment pouvez-vous avoir une telle intuition sans les avoir rencontrés ? Le coupa le médecin.

– Mrs Alberford et notre logeuse sont sœurs, il est donc très fort probable qu'elles aient été élevées par des parents ayant les mêmes valeurs et M. Alberford ne l'aurait probablement pas épousé, s'il ne partageait pas cette même vision des choses.

– Effectivement, cela se tient.

Holmes sourit puis reprit le déroulement de ses explications :

– Ce matin, lorsque je lisais les journaux, le nom de Miss Church m'est apparu... J'ignorais qu'il y avait une jeune femme aussi proche dans l'entourage de notre cliente. J'envisageais donc aussi la possibilité d'une relation homosexuelle. Aucune piste ne doit–être écartée tant qu'elle n'a pas été vérifiée. Une fois arrivés chez les Alberford, je n'appris pas grand–chose de plus lors de notre conversation, je m'enfermais donc un instant dans la chambre de Miss Amelia, pour vérifier certains détails. Il manquait quelques affaires, mais plus que le strict minimum. La jeune femme n'était donc pas partie précipitamment donc je rayais définitivement le mariage forcé de mes possibilités, mais cela confirmait toutefois la fuite. Puis nous nous rendîmes chez Miss Church. Celle–ci étant absente, son jeune frère nous ouvrit et accepta avec une grande nervosité de répondre à nos questions. Il était clair qu'il nous cachait des choses. Mais vous me connaissez suffisamment bien pour savoir que j'ai la faculté de lire entre les lignes. J'en ai facilement déduit que Miss Church et Miss Alberford entretenaient une relation amoureuse sérieuse et que le frère les protégeait. Il ne me restait qu'à découvrir où elles pouvaient bien se cacher. Un télégramme de sa sœur, partiellement recouvert de paperasse, me l'apprit. La date récente et le lieu, bien qu'à moitié cachés, me donnait leur adresse. Sur le chemin du retour, je m'empressais de leur envoyer un billet, leur demandant de venir exposer leur problème, nous engageant de les protéger dans tous les cas.

» La suite, vous la connaissez pour l'avoir entendue de la bouche de la principale concernée.

– Stupéfiant ! Ne peut s'empêcher de s'exclamer le blond.

Au grand étonnement du limier, quelque chose dans sa poitrine se contracta légèrement à ce compliment. Une sensation nettement différente qu'à l'accoutumée.

– Watson… Sourit-il, cette affaire était ridiculement simple. Même Lestrade aurait pu la régler facilement. Je ne l'ai prise que parce que je m'ennuyais et que cela pouvait m'occuper une petite journée.

Il regarda par la fenêtre et toujours interloqué par la bizarre sensation dans son thorax, il préféra changer de sujet :

– Ne trouvez–vous pas que la campagne au crépuscule est magnifique à cette saison ?

– Tous les crépuscules sont beaux lorsqu'on les regarde bien, répondit son compagnon, dans un sourire.

Puis celui-ci tourna son visage vers le paysage hivernal qui s'ornait progressivement de reflets pourpre et or. Le détective se soustraya de sa contemplation et se mit à admirer le chatoiement roux des cheveux de son ami, brillant sous les derniers rayons de soleil. Lorsque Watson tourna la tête vers lui, il rougit subitement et détourna la tête en bénissant le soleil couchant.

Hein ? Pourquoi cette gêne ? Se demanda le brun, déconcerté.Ce n'est pas la première fois que je le regarde pourtantQu'est-ce qu'il change par rapport à d'habitude ?...

Le praticien le fixa un instant, le sourcil levé et revint à son occupation initiale sans dire un mot.

C'est étrange, il semble être subitement embarrassé…

À leur retour, trouvant l'atmosphère de Baker Street des plus humides, le cadet entreprit de rallumer la cheminée tandis que son ami préparait un repas frugal qu'il déposa ensuite sur une table que le détective avait au préalablement rapprochée auprès de leurs deux fauteuils. Ils mangèrent sans grand appétit, dans le silence. Il n'était pas rare qu'ils passèrent une soirée sans se parler, préférant s'adonner à leurs activités respectives. Le brun prit donc un dossier de ses archives dans le but de le compléter, mais rapidement son attention fût détournée sur son compagnon.

Il se mis à l'observer attentivement. Celui-ci était absorbé dans sa contemplation des flammes dansantes dans l'âtre. L'inactivité de son ami, à cette heure de la soirée, intrigua le génie. La fatigue de la journée associée à la température basse de notre appartement, semblaient lui donner des frissons. Il s'emmitoufla dans une couverture en laine et approcha ses pieds du feu. Fronçant le sourcil, Le brun se pinça les lèvres.

– Vous devriez vous coucher, mon cher, vous avez l'air éreinté, lui dit-il, le faisant sursauter.

– Ma foi, vous avez raison, je suis épuisé… J'y vais de ce pas, lui répondit–il d'une voix faible, avec un sourire. Bonne nuit, Holmes.

– Bonne nuit, Watson. Reposez-vous bien.

– Merci, vous aussi.

Il le regarda monter laborieusement les marches menant à sa chambre.

Il boite un peu… Soupira-t-il.

Après une toilette rapide, l'ancien militaire se glissa dans ses draps et s'endormit rapidement. Quant au plus jeune, il prit son violon et s'installa devant la fenêtre. Regardant la neige qui s'était remise à tomber lentement dans une danse silencieuse, il laissa glisser son archet, voluptueusement, sur les cordes au même rythme que défilaient ses pensées. Fermant les yeux, il s'abandonna à ses improvisations une bonne partie de la nuit. Rassemblant et organisant les informations récoltées dans la journée.

Lorsqu'un bruit attira son attention : un gémissement presque imperceptible, l'interrompant en plein milieu d'une envolée lyrique. Une nouvelle plainte étouffée issue de la chambre du médecin confirma ses craintes.

– Watson… Soupira-t-il en déposant son violon dans son fauteuil.

En silence, il se dirigea vers la chambre et poussa la porte près y avoir frappé.