Bonjour à tous, mes chers lecteurs,

Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour...

Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité.

N'hésitez pas à m'en faire un retour !

Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous ! À bientôt ! :)


Chapitre 4 : Grippe

L'ancien militaire dormait d'un sommeil agité, gémissant d'inconfort à chaque respiration.

– Watson ? Watson ? Appela Holmes en le secouant légèrement. Réveillez–vous !

Il fronça les sourcils en constatant que les vêtements de son ami étaient trempés de sueur. Il tenta à nouveau de le réveiller. En vain. Il posa sa main sur son front et se mordit la lèvre inférieure en estimant sa température aux alentours des cent-cinq degrés Fahrenheit (quarante degrés Celsius et demi). Prévoyant de faire baisser cette vilaine fièvre, le détective se rendit à la cuisine et en revint une dizaine de minutes plus tard, les bras chargés de serviettes et d'une bassine remplie d'eau fraîche. Puis il prit un vêtement sec dans l'armoire afin de le changer de ses vêtements mouillés. Il mit en arrière-plan sa gêne en se focalisant sur le but d'aider son ami à se sentir un peu mieux.

Après l'avoir déshabillé avec précaution, le brun utilisa une serviette humide pour ôter la transpiration du torse du malade, avant de le revêtir d'un justaucorps en coton et de le réinstaller dans son lit.

Puis il passa ensuite le reste de la nuit à tenter de faire baisser sa fièvre en lui posant régulièrement des compresses fraîches sur le front et en le faisant boire un peu d'eau. Cependant, lorsqu'aux premières lueurs de l'aube, le jeune homme constata que malgré tous ses efforts, la température du blond continuait à monter, il se résigna à laisser son ami seul pour sauter dans un cab en direction de l'hôpital Saint Barthelemy. Espérant y trouver quelqu'un à cette heure matinale.

Maudissant la lenteur des chevaux et l'humanité toute entière, le limier balança l'argent de la course au cocher quelques rues plus tôt, préférant se fier à ses jambes pour arriver plus vite. À Saint Barts, il eut la satisfaction de trouver dans le couloir principal, un docteur éreinté par une nuit de travail. Il le prit sans hésitation par les bras, la gorge et les poumons en feu, complètement essoufflé et quelque peu débraillé.

– Vous êtes médecin. C'est parfait. Venez avec moi, j'ai un malade pour vous. Vite ! Dit-it, en le secouant sans ménagement.

Sans attendre, il le tira par la manche en direction de la sortie lorsque l'homme se dégagea violemment de son étreinte et s'écria avec courroux :

– Monsieur ! En voilà des manières ! Je vous prie de bien vouloir vous maîtriser !

Le génie le regarda avec des yeux exorbités et analysa, en vitesse, la situation : médecin en pédiatrie, trente-et-un ans, a travaillé huit, non... Dix heures. Habite une maison près de Regent's Park, mariage heureux...

Soupirant pour apaiser sa frustration, il s'inclina, jugeant qu'il gagnerait plus de temps en agréant à ses demandes.

– Veuillez m'excuser, docteur. Je m'appelle Sherlock Holmes et mon ami, le docteur Watson est…

Le médecin pâlit subitement et interrompit le détective en levant une main :

– Qu'est–il arrivé à Watson ? Où est–il ?

Je suis un idiot ! Il est normal qu'à Saint Barts, le nom de mon ami ouvre toutes les portes… Se sermonna le brun, en serrant les dents.

– Comme je vous l'ai dit, j'ai un malade pour vous... Le docteur Watson est souffrant. Je viens de passer la nuit à tenter de faire baisser sa fièvre et je n'y parviens pas. Au contraire, elle ne cesse de s'accroître. Je suis venu ici dans l'espoir de trouver quelqu'un pour l'aider…

– Je suis votre homme ! Répondit le médecin sans hésiter. Je suis le docteur Bell*, j'ai travaillé avec Watson, avant–hier sur une épidémie touchant principalement les enfants. Une forte fièvre et des délires sont les premiers symptômes, ceux-ci sont parfois accompagnés par des écoulements nasaux, mais cela reste aléatoire… À ce que vous me dites, il pourrait bien être atteint du même mal. Nous devons faire vite... Cinq enfants et trois adultes sont décédés hier dans la journée et j'en ai eu trois autres cette nuit.

Tandis qu'il parlait, le médecin enfilait rapidement des vêtements chauds et prit sa sacoche.

– Vous êtes venu en cab ? Demanda-t-il en regardant Holmes, sous son bras alors qu'il enfilait sa manche.

– Non. Par ce temps, ils sont trop lents, ronchonna le limier.

– Dans ce cas, dépêchons–nous de prendre le métro, répondit–il, en passant devant.

Le génie lui emboîta le pas et ils parcoururent rues et réseau souterrain, la boule au ventre.

Pourvu que nous n'arrivions pas trop tard, rumina le détective en pétrissant ses gants avec d'anxiété. Je ne me le pardonnerais jamais s'il lui arrivait quelque chose.

Enfin arrivés au 221B Baker Street, il gravit l'escalier en vitesse, sans se dévêtir et se précipita vers la chambre de son ami. Le docteur Bell sur ses talons. Watson, inconscient et gémissant dans ses draps imbibés de sueur les attendait.

Un léger soupir de soulagement s'échappa des lèvres du brun ; Son ami était toujours vivant. Le médecin lui demanda de sortir tout en ôtant son manteau qu'il plia soigneusement et déposa sur le dossier d'une chaise. Acceptant à contre cœur, Holmes se dirigea vers le salon. Durant le temps de l'auscultation, il rongea son frein, essayant de s'occuper en lisant le journal du jour. Cependant, il lui fut impossible de se concentrer suffisamment pour retenir quoi que ce soit.

Ne tenant plus en place, il se leva et commença à faire les cent pas, l'oreille à l'affût des bruits venant de la chambre de son ami.

Au bout de ce qu'il savait être approximativement vingt minutes, mais qu'il ressentit comme faisant le double, le docteur Bell en sortit et le rejoignit :

– C'est bien le même mal qui le touche. Il est très faible, son pouls est rapide et sa température extrêmement haute. Je vais lui prescrire le traitement dont je vous ai parlé tout à l'heure dans le métro, en espérant que cela fonctionne… Mais je dois vous avertir, Monsieur Holmes… Si sa fièvre ne descend pas dans les prochaines vingt-quatre heures, il y a de fortes probabilités à ce qu'il ne passe pas une journée de plus.

Le détective déglutit péniblement et acquiesça de la tête, les mots refusant de sortir de sa bouche.

– Voici l'ordonnance, dit le médecin en lui donnant une feuille griffonnée à la hâte. Je vais vous aider à changer ses draps et après, je devrais vous laisser. Voici mon adresse personnelle. Tenez–moi au courant de son état dans la soirée. Je tâcherai de passer demain à la même heure. En attendant, suivez mes instructions, hydratez–le au maximum et maintenez vos efforts pour faire baisser sa fièvre.

» Venez, Monsieur Holmes, allons dans sa chambre et donnons–lui un peu de confort.

Le génie accompagna le médecin auprès de son ami, la gorge nouée. Lorsqu'il entra dans la pièce, la vue de Watson délirant dans son lit, lui serra le cœur.

Watson, mon cher ami…Je vous promets que je ferai tout ce qui est dans mon pouvoir pour vous sortir de ce mauvais pas…

Serrant les dents et il s'avança auprès de lui, le visage résolu.

– Comment comptez–vous vous y prendre pour changer ses draps ? Demanda-t-il au médecin.

Celui–ci sourit en remarquant que l'air abattu qui flottait sur le visage du jeune homme lors de l'annonce du diagnostic, avait cédé sa place à une forte détermination. Il fut convaincu qu'il se tenait devant un homme qui ne lésinerait d'aucun effort pour tenter de sauver son confrère.

– Commençons par retirer les couvertures puis à tour de rôle nous le basculerons et le maintiendrons le temps que l'autre retire et change les draps… (Il soupira.) Je n'aime pas beaucoup bouger de la sorte un malade, mais ne prenons pas plus de risque de nous contaminer aussi, en le prenant dans nos bras pour l'emmener ailleurs.

Et ainsi fût fait.

Lorsqu'ils se retrouvèrent dans le salon, le médecin posa sa main sur le bras du détective de manière apaisante et lui dit :

– Je sais que mon collègue est entre de bonnes-mains. N'hésitez surtout pas à demander mon aide, s'il s'avérait que son état empire davantage. Bon courage, monsieur Holmes.

– Merci docteur. Comptez sur moi. Dans tous les cas, vous aurez de ses nouvelles dans la soirée.

Il raccompagna ensuite le docteur Bell jusqu'à la porte d'entrée puis rejoignit son ami.

Il se penchait sur lui afin de rafraîchir la serviette se trouvant sur son front et avec douceur, lui dit :

– Je reviens vite, mon cher Watson, je vais chercher vos médicaments.

Sa gorge se contracta douloureusement, mais il continua d'une voix étranglée :

– je vous interdis formellement de cesser de vous battre durant mon absence, je ne serai pas long.

Il sortit précipitamment de l'appartement et couru jusqu'à l'apothicaire le plus proche, manquant de se rompre le cou sur une plaque de verglas dissimulée sous une fine couche de poudreuse. Sur le chemin du retour, qu'il parcourut tout aussi rapidement, il s'arrêta à un bureau de poste pour envoyer un télégramme à Mrs Hudson. La prévenant de l'état de santé de son ami et lui demandant de hâter son retour, si possible.

En rentrant, il rejoignit son malade et lui administra soigneusement les médicaments pour enfin s'installa à son chevet. Il reprit alors son rôle avec zèle, épongeant et rafraîchissant régulièrement son ami.

Durant des heures, il veilla à ce qu'il ne manque de rien, lorsque tout à-coups, il sursauta violemment en entendant quelqu'un frapper à la porte d'entrée. Un employé du service de télégraphe sous l'apparence d'un jeune garçon d'environ onze ans, lui donna un « petit bleu » l'informant que Mrs Hudson prendrait le train le lendemain au plus tôt.

Il lui donna une guinée supplémentaire en profitant de l'occasion pour lui demander de revenir en début de nuit pour qu'il puisse lui donner un autre message. Lui évitant ainsi de laisser son ami seul.

Savoir que sa logeuse serait de retour prochainement l'apaisa immédiatement ; s'il devait s'absenter pour aller chercher le docteur Bell ou des médicaments en urgence, le fait qu'il y aurait quelqu'un de confiance auprès de Watson, le rassurait.

À la tombée de la nuit, après une longue journée de veille, le sommeil agité du blond commença enfin à se calmer... De légers effets positifs apparaissaient au fur et à mesure que la médication agissait. La fièvre était toujours présente, mais commençait à diminuer doucement. Ces petites victoires mirent du baume au cœur au limier, le rassurant quelque peu.

Quelques minutes plus tard, des coups à la porte l'avertirent du retour du garçon au télégramme.

– Continuez de vous battre, mon ami. J'ai confiance en vous, comme toujours.

Inconsciemment, il se leva et déposa un baiser sur le front de son compagnon avant de sortir de la chambre. En descendant les escaliers, il s'immobilisa entre deux marches, se rendant soudainement compte de son geste et s'empourpra en posant ses doigts sur ses lèvres.


* Petit moment historique… Le docteur Bell a réellement existé. Il était un docteur et professeur dans le domaine de la médecine dans une université d'Edinburgh. Il a donné des cours à Sir Arthur Conan Doyle et avait des capacités d'observation et d'analyse qui lui permettait de déduire une multitude de choses d'une personne, sans que celle-ci ne lui parle.

Vous comprenez donc de qui, Sir Arthur Conan Doyle s'est inspiré pour créer notre détective préféré. Donc, en donnant le nom de Bell à ce personnage, j'ai voulu lui rendre un petit hommage.

Petit clin d'œil supplémentaire, le véritable docteur Bell portait un grand intérêt pour son alter ego et a même préfacé un des livres de Sherlock Holmes.