Bonjour à tous, mes chers lecteurs,
Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour... Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité. N'hésitez pas à m'en faire un retour !
Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous !
À bientôt ! :D
Chapitre 5 : Réflexions et révélations
Toujours déstabilisé, Holmes ouvrit la porte et tendit au jeune messager une enveloppe à donner en main propre au docteur Bell. Tout au long de la journée, il lui avait consciencieusement écrit un rapport détaillé quant à l'évolution de l'état de mon ami.
Puis il retourna auprès de son ami, il s'installa sur sa chaise et le regarda, entièrement déboussolé. La première solution qui lui vint à l'esprit, fut de se plonger dans son palais mental afin d'y chercher des indications lui permettant de comprendre ce qu'il venait de se passer.
– Je connais Watson depuis un peu de sept ans, c'est un homme intéressant, incontestablement intelligent et plein de bon sens. Dès le début, nous nous sommes plutôt bien entendu, chose qui ne m'est jamais arrivé depuis Victor Trevor. Il a cette faculté d'écoute impressionnante et son raisonnement, bien que souvent inexact, n'est pas dénué de sens. En tout cas, il est rare qu'il ne me mette pas, la plupart du temps, sur la bonne voie, lorsque je suis coincé sur une enquête. Oui, il est vraiment intéressant et c'est un réel plaisir de vivre à ses côtés, mais… Je ne comprends pas…
Il soupira de frustration et analysa plus en profondeur les caractéristiques de son malade.
– Voyons… En prenant compte tout ce que j'ai relevé précédemment, poussons nos recherches un peu plus loin... Je ne suis pas insensible à sa capacité d'observation : sa profession lui permet de ressentir mes humeurs et lorsqu'elles sont moroses, il tente de me divertir sur différents sujets et il sait quand il doit s'arrêter. J'apprécie énormément ces points. Son expertise médicale m'est aussi d'une grande aide sur une scène de crime, mais aussi en cas de blessure. Il a beaucoup de sang–froid et un courage à toutes épreuves... En plus d'être un excellent médecin, il manie de pistolet d'une main de maître. Son aide m'est inestimable.
» Ensuite, je ne peux pas le nier, j'aime l'entendre me complimenter. Un mot gentil de sa part me rend heureux… Comme unique. Depuis notre rencontre, j'ai conscience que lorsqu'il est avec moi, mes relations avec Lestrade ou Gregson, ou même avec nos clients, sont plus détendues. Je travaille mieux. J'ai les idées plus claires. Cependant, je ne comprends toujours pas pourquoi….
De rage, il s'ébouriffa mes cheveux gominés, laissant retomber quelques boucles de jais sur son front dans un fouillis désordonné.
– Raaahhh ! Mais cherche Holmes ! Trouve, bon–sang ! Une telle lenteur, ça ne te ressemble pas !
À ce moment précis, Watson lâcha un râle en s'agitant de nouveau. Laissant en suspend son auto–remontrance, il se leva d'un bond, se pencha à nouveau sur lui et, le regard anxieux, passa avec une extrême bienveillance une compresse froide sur son visage pour la laisser au passage sur son front brûlant.
Réalisant subitement la profonde inquiétude qui lui oppressait sa poitrine, le début d'une réponse naquit dans son esprit.
Il soupira en secouant sa tête :
– Une fois qu'on a éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité.
» Cette sensation… Cette peur continue qui me noue l'estomac et qui m'empêche de réfléchir… Je suis terrifié à l'idée même de le perdre. Il est devenu essentiel à mon existence. Je…
Sentant qu'il avait simplement effleuré la surface de quelque chose de bien plus profond, il fut, pour la première et sûrement l'unique fois de sa vie, terrifié de continuer ses réflexions. Il se pencha à nouveau sur lui pour continuer ses soins. Sentant son cœur battre de manière déraisonné, il frémit involontairement face à cet homme vulnérable. Puis n'hésitant plus, il baissa les armes, laissant tomber les barrières de son cœur :
– Et moi qui pensais que rien ne pouvait me toucher… Pas même la beauté de notre monde. Il semblerait que je me sois totalement fourvoyé. (Il sourit en arrangeant la chevelure de son compagnon.) Il semblerait que j'aie trouvé de la beauté en vous, Watson. Vous êtes vraiment un bel homme, mon très cher docteur, non seulement vous êtes beau physiquement, mais vous êtes magnifique intérieurement. Toujours droit, vous êtes un homme d'honneur sur qui je peux compter en toutes circonstances…
Sa gorge se contracta d'anxiété et tombant à genoux aux pieds du lit, il pria :
– Oh ! Seigneur. Je n'ai jamais cru en vous, mais si vous existez, protégez cet homme !
De fines perles brillantes naquirent aux coins de ses yeux et coulèrent le long de ses joues. Agrippant les draps de ses mains tremblantes, la gorge voilée, brisant le silence régnant dans la chambre, la voix hachée par un sanglot, il supplia tout haut :
– Ne me laissez pas, Watson. Je vous en prie. Battez–vous comme vous l'avez fait aux Indes et revenez–moi !
C'était comme si une vanne avait cédé, un torrent d'émotions lui coupa la respiration et ne sachant comment réagir face à tout cela, il lâcha prise, les mains crispées sur ses cuisses, la tête baissée. Durant de longues minutes, il pleura sans retenue.
Puis peu à peu, l'apaisement vint, laissant son cœur malmené, nettement plus léger à cette révélation. Les pensées du logicien continuèrent naturellement leurs cheminements et prirent progressivement une tournure bien plus morose :
– D'accord. J'ai des sentiments manifestes envers lui. Mais il n'y a aucune chance pour qu'il en éprouve à mon égard. Comment pourrait–il aimer un type aussi narcissique et dépourvu d'empathie que moi ? Lui l'homme droit et aimant ? (Il renifla de dégoût en songeant à sa personnalité.) Tout compte fait, ce n'est peut–être pas plus mal, du point de vue de la loi, le voici protégé. (Un rire sans joie retenti dans la pièce.) Je vais faire en sorte de réfréner toute cette guimauve, pour ne pas l'horrifier. Tant que je garde son amitié, je peux m'estimer heureux…
Le cœur à nouveau lourd, il veilla sur son ami durant les heures qui suivirent, tentant tant bien que mal, de faire le vide dans sa tête comme dans son cœur.
