Bonjour à tous, mes chers lecteurs,
Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour... Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité. N'hésitez pas à m'en faire un retour !
Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous !
À bientôt ! :')
Chapitre 6 : Réveil
Au petit matin, une main tremblante vint se poser sur une autre.
– Holmes ? Mon ami, réveillez–vous ! Dit une voix faible et enrouée.
Épuisé, le jeune détective s'était écroulé de fatigue, la tête appuyée sur son bras, couché sur le rebord du lit. La paume moite du docteur plus que le chuchotement qu'il produisit en l'appelant, le fit sursauter. Réalisant que le médecin était réveillé et l'observait de ses yeux vitreux, il se leva prestement, essayant sans grand succès d'atténuer le soulagement et la tendresse dans son regard. Sans ouvrir la bouche, il prit la compresse qui avait glissé durant la nuit puis la mouilla avant de la redéposer sur le front de son ami.
– Holmes ?
– Oui, Watson ? dit–il, d'un timbre qu'il espérait naturel, le visage à nouveau exempt de toutes émotions. Arg ! C'est quoi ces trémolos !
Le médecin lui sourit faiblement et demanda :
– Que faites-vous ici ?... Mon dieu, il a l'air d'être complètement éreinté.
– Heu… Vous êtes resté inconscient un peu plus d'une journée, Watson, dit–il un peu pris au dépourvu. Il y a deux nuits, vous avez été pris d'une fièvre intense, je me suis permis d'aller chercher le docteur Bell, au lever du jour.
Le limier regarda sa montre à gousset.
– Il doit normalement passer vous voir dans quelques minutes.
– Oh ! Mon état de santé devait être bien préoccupant pour que vous vous déplaciez de la sorte pour quérir un médecin… Surtout que vous avez suffisamment de connaissances en médecine, pour palier à ce genre de situation…
– En effet, votre fièvre était très élevée et malgré tous mes efforts, j'ai été dans l'incapacité de la faire baisser. (Il fit une pause et l'observa.) Comment vous sentez-vous ?
– Malade, répondit–il, dans un sourire. Fiévreux, courbaturé et terriblement assoiffé.
– Oh bien–sûr ! Tenez. Buvez ceci, mais pas trop vite, conseilla le détective en lui tendant un verre d'eau.
– À vos ordres, capitaine !
Par cette exclamation, Watson essaya de d'alléger l'atmosphère étonnamment lourde. L'effet fonctionna… Un peu. Les fines lèvres de son colocataire frémirent d'amusement laissant un flot de tendresse passer comme un éclair dans ses yeux, qui disparut dès que celui–ci tourna la tête, alerté par le bruit venant de l'entrée.
– Cela doit–être le docteur Bell. Je reviens.
Dès qu'il fût sorti de la pièce, il posa la main sur sa poitrine.
– Ouf ! Sauvé par le gong ! J'espère qu'il n'a rien remarqué…
Se retrouvant seul et troublé par ce furtif changement d'expression de son compagnon, Watson fronçait les sourcils, se demandant s'il n'avait pas rêvé. Il se redressa un peu dans son lit, bien que toujours faible et attendit.
Holmes ouvrit la porte et laissa entrer le médecin qu'il conduisit auprès du patient. Sur le court trajet, celui-ci demanda :
– Comment va votre ami ?
– Mieux, docteur. Il s'est réveillé, i peu près une demi-heure.
Un regard empli de joie accueillit cette nouvelle et Bell hocha de la tête.
– Bonjour Watson. Je suis heureux de vous voir à nouveau parmi nous, dit son confrère en entrant dans la chambre.
– Bonjour Bell, merci beaucoup pour votre aide. Puis–je savoir de quoi je souffre ? Demanda-t-il avant de suggérer : cela ressemble à l'épidémie de la pédiatrie de Saint Barts.
– Il s'agit bien de cela. Vous êtes atteint d'une forme virulente de la grippe… Elle a créé un véritable désastre chez les enfants et les personnes âgées ou fragiles. Votre température est montée bien au-delà de la température habituelle que nous avons l'habitude de constater avec ce genre de pathologie. Vous nous avez fait terriblement peur, vous savez ?
Watson frissonna et se blottit dans ses couvertures.
– Il est bien connu que les médecins ne tombent jamais malade, plaisanta-t-il.
Le docteur Bell se mit à rire doucement tandis que Holmes sourit franchement.
– Enfin ! Le voilà ce sourire qui tardait tant à venir ! Se dit Watson en remarquant l'attitude de son ami.
Cependant, les yeux que le détective posa sur son colocataire laissèrent passer des émotions que l'ex-militaire ne parvint pas à déchiffrer. Haussant un sourcil, il le questionna du regard. Mais ne recevant pas de réponse sauf un détournement de tête de celui-ci, il se tourna vers son collègue.
– Seigneur… Calme-toi Holmes… Se fustigea mentalement le détective en déglutissant.
Bell les regarda alternativement, comprit le message muet de son patient et demanda au détective de se retirer le temps qu'il puisse l'examiner. Holmes se rendit donc dans le salon et s'installa dans son fauteuil. Contrairement à la journée précédente à la même heure, ils ressentirent un intense soulagement de se sentir enfin seuls, lui et ses émotions.
Le docteur ferma la porte derrière lui, s'assit sur une chaise et commença sa consultation. Attendant le diagnostic, comme tout bon patient, Watson resta silencieux et se laissa faire.
– Vos signes vitaux sont nettement mieux, votre pouls et votre température sont descendus à un seuil « normal » pour votre pathologie. Si cela continue comme cela, vous êtes hors de danger. Toutefois, continuez à prendre votre traitement et surtout à vous reposer au chaud. Je pense que dans une bonne semaine, tout sera fini.
– Compris. Merci Bell.
– Avec plaisir, sourit-il.
Le médecin hésita un moment et se lança :
– Vous savez, si vous êtes dans cet état rassurant, c'est bien grâce à votre ami détective. Il a soigneusement appliqué mes recommandations et a tout consigné par écrit. Il m'a fait parvenir son compte-rendu, hier soir. Vous allez être étonné. Regardez.
Il lui tendit la lettre de Holmes qu'il déplia et lu. Une élégante écriture en pattes de mouche remplissait deux feuillets. Tout y était relevé avec précision environ toutes les demi-heures : pouls, température approximative (mais que le malade savait exacte), changement de vêtements, prise des médicaments et hydratation. Un court message terminait le tout :
«
Docteur Bell,
Comme convenu, voici des nouvelles de l'état de santé du docteur John H. Watson. J'ai préféré vous transmettre son évolution depuis votre départ. Comme vous le constatez, les médicaments commencent seulement à faire effet, la fièvre semble s'être stabilisée, mais elle reste cependant trop haute.
Je reste auprès de lui jusqu'à votre retour demain matin et vous enverrai un télégramme si son état venait à empirer de nouveau durant la nuit.
Cordialement,
S. Holmes
»
Estomaqué, Watson regarda son collègue, la bouche entrouverte.
– Bon Dieu ! Il a dû passer des moments bien difficiles…
– Oui. Même nous, médecins, nous ne sommes pas aussi rigoureux que lui quant au suivi de nos patients. (Il sourit.) Et la façon dont il est venu me chercher à Saint Barts, et au vu de cette missive, je peux vous affirmer que votre ami tient vraiment beaucoup à vous.
– Il s'exige cette même rigueur dans son travail. Mais je ne pensais absolument pas qu'il soit resté tout ce temps auprès de moi, remarqua l'ancien militaire avant de faire une pause.
» Comment cela… Comment s'y est-il pris pour vous faire venir ?
– Rien de bien grave ! Rit Bell. Il est simplement venu comme une furie dans le couloir et m'a tiré par la manche en me disant que j'avais un malade à voir.
Le malade écarquilla les yeux.
– Oh !
– J'ai été réticent dans un premier temps, continua–t–il, ensuite, il a mentionné votre nom. Alors naturellement, je l'ai suivi. Mais en voyant votre état, je comprends totalement son emportement. Je ne peux pas le lui reprocher, vous étiez au plus mal. Pour tout vous dire, je ne savais pas si vous alliez nous survivre.
Profondément ému par l'amitié de son colocataire, le docteur Watson resta silencieux, sentant son cœur se serrer un peu, il regarda le médecin assis à son chevet et lui dit espérant cacher ainsi les émotions qui le submergeaient :
– Je ne sais que dire… Sauf à nouveau « merci ». Je suis reconnaissant que vous ayez écouté et suivi mon ami. Il est souvent perçu comme un homme froid et sans cœur, mais je pense que nous avons maintenant la preuve que tout ceci est faux.
Son collègue nia de la tête et ajouta :
– Ce n'est pas l'impression qu'il m'a donnée lorsque je l'ai vu. Après, vous savez Watson, je pense que c'est plus à moi de le remercier… Et ce, pour deux raisons : la première étant qu'avec ses relevés, j'ai davantage d'informations pour soigner, et même peut-être sauver nos patients. La seconde étant que sans lui, toutes les personnes de l'hôpital seraient en deuil d'un médecin talentueux.
Le malade sourit face au compliment, heureux de se sentir aussi bien entouré. Bell changea sa compresse et lui serra la main.
– Allez mon vieux ! Je dois filer, les enfants m'attendent. Reposez–vous et guérissez bien. Je vous sais entre de bonnes-mains. Et ne vous inquiétez pas concernant le travail, je préviendrai les différentes équipes de votre absence.
– Merci pour tout, Bell, répondit Watson, reconnaissant.
Le médecin lui adressa un sourire avant de sortir et partit rejoindre le détective.
