Bonjour à tous, mes chers lecteurs,

Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour... Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité. N'hésitez pas à m'en faire un retour !

Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous !

À bientôt ! :p


Chapitre 7 : Le docteur Bell

Lorsque le docteur Bell entra dans le salon, il trouva le logicien, les yeux dans le vague, pinçant négligemment les cordes de son stradivarius. Profondément perdu dans ses pensées. Profitant de son inattention, il resta sur le seuil de la porte et l'observa un court instant, un léger sourire au coin des lèvres.

Il semblerait que ce cher Monsieur Holmes ait passé des heures assez mouvementées, se dit–il. La fatigue est bien présente, mais je vois autre chose… Je reconnais ces signes, cette agitation… Il est tourmenté et se bat contre bien plus fort que lui.

Ne voulant pas paraître d'avantage indiscret, Bell s'avança en se raclant légèrement la gorge, attirant par la même occasion l'attention du génie. Celui-ci se leva, échangeant sa place avec son violon. À la physionomie du médecin, il sut tout de suite que celui–ci voulait lui parler de quelque chose d'important.

– Docteur ? Comment va mon ami ?

– Si son état actuel se maintient et continue de s'améliorer, il est tiré d'affaire, répondit–il, confiant. Vos soins ont porté ses fruits, il reste cependant très faible et doit continuer à se reposer jusqu'à son rétablissement complet.

– Dois–je faire quelque chose en particulier durant sa convalescence ?

– Oui, évitez qu'il ne se fatigue trop et veillez à ce qu'il prenne ses médicaments à heure fixe. Je pense que vous n'aurez pas de problème sur ce point… D'ailleurs merci pour votre application et vos relevés.

– Merci ? S'étonna le détective en haussant un sourcil.

– Ce que vous avez fait durant la journée d'hier, nous a permis de sauver votre Ami et nous aidera à en guérir d'autres. Donc oui… Merci.

Le brun pâlit à l'intonation du docteur, lorsque celui-ci parla de Watson, mais il ne détourna pas le regard. L'attitude de l'homme en face de lui, le déconcertait. Celui–ci lui continua d'une voix basse avec un sourire aimable :

– Ne le prenez pas mal, Monsieur Holmes, mais à la façon dont vous vous comportez en présence du docteur Watson et surtout votre réaction suite à mon sous-entendu…

Il laissa sa phrase en suspens. Le détective déglutit, la gorge contractée, et sentit son sang quitter son visage.

Il sait ! Ne suis–je donc plus capable de contrôler mon faciès ? Serait-ce une menace, docteur ?

– Ce n'est nullement le cas, veuillez m'excuser ! S'il vous plaît… Ne vous alarmez pas, Monsieur Holmes ! Votre secret est bien gardé. Vous ne risquez rien avec moi. Je ne suis pas du genre à dénoncer qui que ce soit… Surtout lorsqu'il s'agit d'une telle chose.

L'attitude du docteur le surprenant, le limier l'observa rapidement, comprit aussitôt et expira profondément. Soulagé, il bredouilla, un peu confus :

– Vous… Vous êtes… Mais j'étais sûr que vous étiez marié !

– Oui. Je suis aussi un inverti, avoua sans aucune gêne le médecin, un sourire aux lèvres. Avec le temps, j'ai appris à me protéger, tout comme mon compagnon. Toutefois, je suis surpris que vous ne l'ayez pas remarqué... Mais ai–je raison, vous concernant ?

– Je… Depuis peu, oui, dit-il dans un souffle, les joues colorées.

– Je vois... Et c'est le docteur Watson, n'est–ce pas ? (Holmes fit un pas en arrière.) Je suis désolé pour mon indiscrétion, mais je souhaiterais sincèrement vous aider.

– Et pourquoi donc ? Demanda le détective, sur la défensive. Pourquoi nous donneriez-vous votre aide ?

– Vous savez, j'ai été totalement perdu lorsque j'ai su pour moi–même. J'ai dû apprendre à cacher mon orientation sexuelle, par mes propres moyens, et j'ai eu la chance de déjouer tous les soupçons que l'on aurait pu avoir sur moi. Mais notre monde est traître et il nous faut prendre des précautions. Si un membre de notre communauté est menacé, beaucoup d'entre nous le sont aussi. D'autant plus vous… Vous devrez jouer serré, avec votre métier…

– J'en ai bien conscience… Soupira le brun, en se passant la main dans les cheveux. Et oui... Il s'agit bien de lui. Et pour tout vous dire, je ne sais absolument pas comment réagir. J'ai affreusement peur qu'il soit mêlé à tout ça et qu'il en subisse des retombées négatives. Nous ne sommes pas ensemble…

Il avala difficilement sa salive.

– Et d'ailleurs je doute fortement que nous le soyons un jour… Conclut-il avec amertume.

Le médecin sourit à nouveau et lui dit :

– Je vais vous donner quelques conseils avant que je ne parte… Ne prenez pas de décisions hâtives et prenez le temps de digérer les nouvelles informations vous concernant. Travaillez sur la gestion de vos émotions : on lit sur votre visage comme dans un livre ouvert… Du moins tous les invertis le verraient. Je sais que vous avez déjà cette faculté, appliquez–là ! Prenez un peu de repos aussi… Vous en avez grandement besoin. Une bonne nuit de sommeil éclaircit toujours les idées.

Il lui serra la main et ajouta :

– Si vous avez besoin d'aide ou de soutien, vous savez où me trouver. Je dois y aller, je suis en retard. Prenez soin de Watson, c'est vraiment un homme bien.

– Merci infiniment, docteur, dit le détective, peu habitué par tant d'égard.

– C'est avec plaisir, au revoir !

Il s'habilla chaudement et descendit les escaliers. Au moment même où il ouvrit la porte, une vieille femme recouverte de neige, montait les marches glissantes du perron, chargée d'une petite valise. Prévenant, le médecin lui offrit sa main pour l'aider.

– Merci beaucoup, vous êtes bien bon, dit Mrs Hudson.

L'homme s'inclina respectueusement et partit en vitesse.

Holmes rejoignit sa logeuse en trois bonds et la délesta de son bagage.

– Mrs Hudson ! Dit-il, ravi de la voir. Merci d'être arrivée aussi vite !

– Bonjour monsieur Holmes, comment va notre docteur Watson ? Demanda–t–elle, le visage anxieux. Est–ce son médecin qui m'a si gentiment aidée ?

– En effet, c'est bien lui. Watson est normalement sorti d'affaire, sa fièvre est toujours haute, mais elle commence à baisser. Il s'est réveillé à l'aube, maintenant, il doit s'être rendormi. Je m'apprêtais à le rejoindre.

La logeuse, tout en retirant la neige de ses épaules, le regarda de son œil perçant, le faisant déglutir de crainte.

Oh ! Ce regard… Faite qu'elle ne remarque rien !

Elle avisa mon apparence quelque peu négligée : sa barbe de deux jours, ses cheveux en désordre, ss vêtements froissés et son visage fatigué, elle fronça les sourcils.

– Vous avez une mine affreuse, dit–elle avec aplomb. À défaut d'avoir dormi, avez–vous ne serait–ce que mangé un peu ?

Un imperceptible soupir de soulagement s'échappa de la poitrine du jeune homme. Il lui répondit, penaud :

– Hum… J'ai oublié… Hum… Vous savez… Je n'avais pas trop la tête à ça…

– Je vois. Lâcha–t–elle, désespérée. Ce garçon ne changera jamais… C'est affligeant. Montez rejoindre votre ami. Je vous apporterai de quoi vous restaurer.

– Merci Mrs Hudson. Vous êtes un ange ! Répondit-il, avant de gravir les escaliers prestement.

La logeuse le regarda avec étonnement et un sourire affectueux naquit sur ses lèvres ridées.

Oh non, je me trompe… Songea–t–elle. Je me trompe lourdement.

Watson dormait paisiblement lorsque Holmes entra dans la chambre. Il se dirigea vers la fenêtre et tira les rideaux afin de plonger la pièce dans l'obscurité et revint auprès de son ami. Le visage de l'ex militaire, bien que toujours luisant de sueur et rougit par la fièvre, était enfin détendu. Cherchant tous les signes permettant de voir un quelconque inconfort de son ami, le logicien se chargea de le rafraîchir avec application avant de se rendre dans sa chambre. Se résignant à suivre le conseil du docteur Bell, il s'allongea sur son lit et s'endormit immédiatement.