Bonjour à tous, mes chers lecteurs,

Je tiens à vous signaler que les premiers chapitres de ma fiction sont en cours de mise à jour... Je suis en train de les remanier de façon à ce qu'ils soient écrit à la troisième personne du singulier. Je pense que la lecture et la compréhension du texte en sera grandement facilité. N'hésitez pas à m'en faire un retour !

Merci pour votre compréhension et prenez soin de vous !

À bientôt ! :D


Chapitre 8 : Incompréhension et espoirs ?

L'après–midi était déjà bien avancé, lorsque Holmes se réveilla. Il s'étira comme un chat, tentant de dénouer ses muscles raides, conséquences de ses deux nuits blanches consécutives. Puis il finit par se lever et après une rapide toilette afin d'ôter les derniers restes de sommeil, il rejoignit le salon. Le feu qu'il avait laissé mourir, l'accueillit en crépitant joyeusement dans la cheminée et un plateau contenant des sandwichs-club l'attendait sur la table. Il en saisit un et en le grignotant, monta rejoindre son ami.

En ouvrant la porte laissée entrouverte, il eut la satisfaction de le voir assis dans son lit, occupé à boire un bol de soupe.

En apercevant le mouvement du coin de l'œil, Watson tourna la tête et sourit faiblement lorsqu'il reconnut son compagnon. Son cœur rata plusieurs battements face au regard chaleureux et apaisé de celui-ci. Se sentant rougir, le médecin revint à son repas, espérant que son trouble soit masqué par la fièvre.

– Je suis heureux de voir que vous allez de mieux en mieux, lui dit-il en approchant une chaise.

– Hum. Merci Holmes. Bien que mon appétit soit inexistant, Mrs Hudson m'a apporté cette soupe… Selon elle, c'est pour m'aider à guérir… Je n'ai pas osé refuser, lui expliqua-t-il. J'ai l'air d'un parfait idiot ! Comme si ça pouvait l'intéresser !

– Et en tant que médecin, vous ne pouvez pas nier qu'elle a raison. N'est–ce pas ? Répondit–il en souriant.

Le malade acquiesça et docilement, acheva son bol avant de se laisser couler sous ses couvertures et ferma ses paupières afin de soulager un sérieux mal de tête causé par la fièvre. Lorsque subitement, il sursauta au contact d'une main fraîche sur son front. Écarquillant les yeux, il vit le visage soucieux de son ami, appréciant sa température en l'observant attentivement. Puis silencieusement, il rassembla des médicaments et les lui donna.

– Prenez ceci, Watson et vos céphalées se calmeront rapidement.

Le convalescent le regarda, interdit. Un sourire chaleureux naquit sur les lèvres du détective et face à son air stupéfait, il expliqua :

– Lorsque vous étiez inconscient, j'ai appris à reconnaître les différents symptômes et les maux que vous pouviez ressentir. Et depuis votre réveil, les signes sont encore plus faciles à discerner : vos yeux larmoyants, votre front plissé et votre photophobie, associés à votre fièvre élevée. Tout ceci me laisse à penser que vous souffrez de migraines.

– Vous êtes incroyable, très cher Holmes ! S'exclama le blond, émerveillé. Vous n'êtes pas médecin, mais vous vous comportez comme le meilleur d'entre eux.

Soudainement embarrassé, Holmes se tourna subitement. Laissant entrapercevoir au docteur une profonde émotion mêlée à ce qu'il pourrait identifier comme un mélange de honte et… d'affolement ?

Pourquoi une telle terreur ? Est-ce ma faute ? Holmes ? Vous sentez-vous bien ?

– Oui, oui… Répondit–il d'une voix sourde.

Il se racla la gorge pour éclaircir sa voix et se retourna, pâle.

– La fatigue sûrement… Ne vous en faites pas !

Le détective lui adressa un sourire tendu, bien loin de ceux qu'il lui réservait habituellement. Après avoir dégluti devant l'air suspicieux de son colocataire. Il respira profondément afin de tenter de se détendre un peu.

Il m'inquiète… Je ne l'ai jamais vu dans un tel état… J'espère qu'il n'est pas tombé malade par ma faute…

L'ancien capitaine se mordit les lèvres, contrarié. Comme fasciné, Holmes ne put s'empêcher de les regarder.

Mais pourquoi une simple phrase de sa part me bouleverse-t-elle autant ! Bon sang Holmes ! Ressaisis-toi ! Tu ne peux pas te comporter de la sorte ! Pas devant lui ! (Il s'éclaircit à nouveau la voix.) Hum… Veuillez m'excuser, mon cher, dit-il d'une voix étranglée. Je vous empêche de vous reposer et avec votre fièvre, vous devez être épuisé.

Comprenant difficilement son besoin subit de se retrouver seul, le malade ne répondit rien. Il observa les mains tremblantes du logicien lui donner les soins habituels, avec une grande douceur, puis réduire la lumière et sortir silencieusement en lui lançant un petit sourire contrit avant de refermer la porte.

– Voyons… Chuchota le convalescent pour lui–même, totalement dérouté. Pourquoi a-t-il un tel comportement. Je ne le reconnais pas, alors qu'ordinairement, il est si maître de lui... Essayons de réfléchir à ce problème… Vu que je n'ai nullement envie de dormir. Tentons d'appliquer ses méthodes.

Il se remua dans son lit, assurant son confort et entama ses réflexions :

Cette réaction a été produite suite à un de mes compliments ; justifié, ceci dit en passant. Ce n'est pas la première fois et je sais qu'il n'est pas insensible à la flatterie. Mais normalement, il se contente de sourire ou de rosir de plaisir. Là, c'était différent. Qu'est-ce qui a changé depuis la dernière fois ? Décidément, je ne vois pas. Je dois avoir loupé quelque chose.

» Bon changeons de point de vue : depuis quand ai-je remarqué une évolution de sa part… Hormis le fait que ces derniers temps, plus exactement ces quatre derniers jours, il est très aimable envers Mrs Hudson, il ne semble pas y avoir de gros changements… Donc en toute logique, ça s'est passé durant mon léger coma… Son comportement à mon égard s'est transformé dès mon réveil. Surtout sa façon de me regarder, vu que je suis certain de ne pas rêver. Jamais il n'y avait eu ce genre d'expression dans ses yeux, cette lumière... Peut-être est-ce dû au soulagement de me savoir réveillé et sorti d'affaire ?

» Selon Bell, il était totalement bouleversé lorsqu'il était venu le chercher. Il est vrai que tout humain se serait inquiété, mais bien que je sois son ami, je n'aurai jamais pensé qu'il aurait eu cet empressement me concernant. Lui si sûr de lui… Je suis profondément touché par la persévérance qu'il a eue à mon égard.

» Cependant, cela fait presque une journée que je suis réveillé. Son état aurait dû s'améliorer… Mais au contraire, il semble beaucoup plus... Distant… Troublé...

Dès qu'il fut sorti de la chambre de son colocataire, Holmes, extrêmement agité, dévala les marches le menant au salon, l'estomac noué.

Je suis un crétin ! Un crétin incapable de gérer mes sentiments. Qu'a dû penser Watson ? Il doit me prendre pour un fou. Tout compte fait, je ne suis pas loin de le devenir…

Il se roula en boule dans son fauteuil et regarda par la fenêtre, subitement frigorifié.

– Mon dieu ! Je ne peux pas me contrôler, c'est de pire en pire, marmonna-t-il d'une voix étranglée.

» Comment réagir face à lui et à sa gentillesse !? Il me bouleverse à chacune de ses paroles, son regard me déstabilise. Je ne suis plus moi-même. Bon sang ! Que dois-je faire ? Attendre qu'il guérisse et partir m'installer ailleurs ? Lui dire ce que j'éprouve et prendre le risque de le perdre ? Non, sûrement pas ! Je ne le supporterai pas. Mais comment redevenir moi lorsque tout mon être est comme perdu ?

Le jeune homme se leva et mit d'un geste fébrile sa vieille robe de chambre gris souris. Totalement perdu dans ses émotions, ses questionnements et choix douloureux à faire, il tenta de s'apaiser en faisant les cent pas dans le salon, lorsque son regard se posa sur son violon. Une indicible affection naquit dans son regard.

– Mon vieil ami… Toujours là, quand j'ai besoin de toi, dit-il en caressant l'instrument du bout de ses doigts.

Avec mille précautions, Holmes s'empara du Stradivarius et de l'archet pour le caler avec grâce sur sa clavicule gauche. À ce geste, le violoniste se détendit avant même d'avoir commencé à jouer, un léger apaisement s'empara de lui comme si son violon prenait en charge une partie de sa souffrance. Il sourit et en respirant profondément, il posa délicatement l'archet sur les cordes qui entama aussitôt sa lente danse. Quelques notes, quelques accords harmonieux s'envolèrent et pour la seconde fois en moins de vingt-quatre heures, des larmes glissèrent. Le jeune homme ferma les yeux et laissa enfin son cœur parler à travers son instrument.

Pourquoi quelques années avant cette journée hivernale, Holmes choisit-il d'apprendre à jouer d'un des seuls instruments dotés d'une âme ? Par quelle coïncidence, leurs deux âmes magnifiques et tremblantes, furent-elles liées en ce début de soirée ?

On ne sait pas. Mais le fait est que le jeune homme entra en parfaite osmose avec son Stradivarius et que de cette fusion, la magie naquît dans toute sa majesté.

Une longue mélodie déchirante d'amertume se répandit, merveilleuse et bouleversante, aidant progressivement le virtuose à trouver un peu de quiétude. Puis, lentement, la musique se teinta d'une atmosphère chaleureuse, romantique, débordante de poésie. Un léger sourire naquit sur les lèvres du détective. Les harmonies élégantes et pleines de vie s'envolèrent somptueusement, semblant crever la voûte céleste de par leur beauté… Mais bien vite celles-ci prirent des tons mélancoliques. L'air langoureux varia progressivement en une succession de trémolos, reflets même des sanglots restant bloqués dans sa poitrine, témoins d'un amour inavouable et non-réciproque.

Dans sa chambre, tout à ses réflexions, le docteur fut interrompu par le timbre si envoûtant du violon de son ami. Les improvisations de celui-ci sonnant fréquemment comme un écho des sentiments du musicien, son cœur se contracta face à la détresse évidente qui lui parvint. Des larmes lui vinrent aux yeux :

Mon dieu ! Mais que lui arrive-t-il ? Jamais, au grand jamais, il n'a joué avec un tel abandon, avec autant de sensibilité !

Lorsque le morceau devint passionné, son déroutement fut complet :

Cette tendresse, ces envolées lyriques, c'est totalement nouveau… Comment peut-il jouer une chose pareille avec tant de justesse !... Oh ? Mais voici que cela redevient triste… C'est très différent, c'est comme si…

Profondément ébranlé par les différents états d'âme de son ami, le malade comprit soudainement. Le cœur brisé, des perles salées coulèrent, silencieuses et s'échouèrent sur son oreiller.

– Seigneur, dit-il tout haut, dans un sanglot, Seigneur… Serait-il amoureux ? Ça répondrait bien à certaines questions, mais de là à savoir pourquoi il agit comme ça en ma pr…

» Oh !... Non, John ! Non, non et non ! Tu délires, mon pauvre vieux ! Retourne sur Terre et n'espère pas ce genre de chose ! C'est impossible ! Penser que Holmes puisse ressentir quelque chose pour... Non ! C'est du non-sens complet ! C'est forcément autre chose. Il a dû rencontrer une femme qui a enfin su toucher son cœur et il se comporte de la sorte, car il ne sait pas comment me l'annoncer.