Bonjour, mes chères lectrices et chers lecteurs,
Je vous adresse ces quelques mots pour vous remercier pour vos commentaires ainsi que votre assiduité. J'en suis profondément touchée.
Donc, un GRAND MERCI à vous tous. Vous êtes des anges.
J'espère très sincèrement et de tout mon cœur, que la suite des aventures de nos héros continuera de vous plaire.
Prenez soin de vous et à très bientôt !
Milie.


Chapitre 18 : Le Club Diogène

Le Club Diogène dont l'atmosphère silencieuse pourrait faire angoisser n'importe quelles personnes ayant une vie sociale épanouie, leur ouvrit ses portes. Sans un mot, ils furent immédiatement conduits vers la salle des visites. Seul endroit où parler et faire du bruit était autorisé. En attendant son frère, Holmes, subitement pâle, s'installa dans un fauteuil, tentant de contrôler son agitation. Le médecin s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule. Le limier se crispa légèrement.

– Mon ami, vous semblez tendu… auriez-vous un souci ?

Le jeune homme respira profondément et répondit :

– J'ai préféré voir mon frère au lieu d'aller au tribunal Old-Bailey quérir l'aide d'Edward Hall, mon cher… mais j'ai peur…

– Peur ?

– Oui. Et encore… c'est un euphémisme car je suis plutôt terrifié. Vous savez les capacités d'observation de mon frère… je…

– Oh ! Je vois ! Vous aviez pensé le mettre au courant pour nous ? Sourit Watson.

Holmes regarda avec stupéfaction son amant.

– Je pensais que vous alliez être furieux d'avoir fait cette démarche sans vous en avoir au préalablement parlé…

– Et non, je ne le suis pas, j'ai confiance en vous et en votre frère, je suis quasiment certain qu'il ne nous dénoncera pas.

– Merci mon cher, cependant, j'espère que vous ne vous trompez pas à son sujet. Car nous risquons gros… en parler directement avec Le Gouvernement britannique…

– Le Gouvernement britannique qui reste avant tout votre frère et qui vous aime, Sherlock. Ne l'oubliez pas.

Le détective regarda son homme avec émotion, lui serra la main avec affection. Le médecin lui sourit tendrement et se pencha une seconde pour lui voler un baiser.

– Détendez-vous, Amour, cela va bien se passer.

Ils attendirent peu de temps avant que la porte ne s'ouvrît à nouveau, laissant passer un homme corpulent. Les yeux vifs de celui-ci se posèrent une fraction de seconde sur ses deux visiteurs et il s'avança d'une démarche étonnamment souple pour une telle stature. Le sourire aux lèvres, il serra la main du docteur avant d'étreindre son frère.

– Bonjour mon cher petit frère, je suis heureux de te voir. Docteur, asseyez-vous, je vous prie. Que me vaut le bonheur de votre visite ?

Holmes, contrairement à son habitude, ne répondit pas tout de suite. Avisant le sérieux contraste entre l'énorme stress de son frère et la nature détendue de son colocataire, Mycroft sourit.

Enfin, ce n'est pas trop tôt ! Il me semble que des félicitations sont de rigueur… tu as vraiment pris ton temps, Sherlock… aborda-t-il, le plus naturellement du monde.

Le détective sursauta et regarda son ainé, la bouche entrouverte.

– Hum… Mycroft ? Je…

– Bon sang ! Sherlock ! Remue-toi ! Je ne vais pas te manger !

Le brun toujours sous le choc essaya tant bien que mal de répondre à son frère alors que Watson luttait pour ne pas éclater de rire. Celui-ci prit néanmoins les devants, portant secours à son homme.

– Merci M. Holmes pour vos compliments, nous en sommes très touchés. Je suis très heureux de voir que je ne me suis pas trompé à votre sujet.

– Appelez-moi Mycroft, je vous prie. Je suis flatté de l'estime que vous me portez. Puis-je savoir depuis quand…

– Un moment, s'il vous plaît…, interrompit le plus jeune en retrouvant subitement sa voix. Mycroft, tu n'es pas en colère, ou outré de voir que je suis un inverti ?

– Pourquoi le serai-je, répondit Mycroft en haussant un sourcil. Je suis de ta famille et depuis toujours, je ne souhaite que ton bonheur. Peu importe que tu le trouves avec un homme ou une femme. Tant que tu es heureux… de surcroît, je suis content que tu aies choisi Watson. C'est un homme bien et d'honneur. J'ai confiance en lui depuis le jour où tu me l'as présenté.

Le praticien touché par les paroles de l'ainé, le remercia du regard et de la tête.

– J'ai cru, pour tout vous dire, que vous étiez déjà en couple, la première fois où je vous ai vu dans ce salon. Mais il semblerait que je me sois trompé et que vous ayez pris votre temps, dit-il avec tendresse.

Les deux hommes se regardèrent, interloqués.

– Pourtant, cela ne date officiellement que d'hier, laissa échapper le cadet. Je ne vois pas comment on aurait pu penser une telle chose nous concernant…

Mycroft sourit tout en soupirant. Il regarda le médecin d'une façon que celui-ci en rougit, puis fixa son jeune frère avec une moue taquine.

– Je te connais bien, mon cher frère… et rassure toi, peu de personnes sont capables de voir l'évidence quand on l'a sous les yeux. Il y a principalement deux raisons qui m'ont poussé à faire ce rapprochement. La première étant ton comportement, Sherlock : jamais tu ne te serais installé aussi vite avec quelqu'un, et encore moins tu l'aurais intégré à ton travail. La seconde étant, je vous prie de m'excuser si je me montre indélicat, docteur, mais les regards que vous portez à mon frère laissent peu de doute à ce sujet. Sans compter vos écrits publiés dans le Strand.

Seigneur… il va falloir que je fasse encore plus attention maintenant ! Soupira Watson.

Le jeune couple s'empourpra, faisant rire de bon cœur le plus vieux. Il les regarda d'un œil attendrit.

Ils vont vraiment bien ensemble. Sherlock a l'air épanoui, je ne l'ai jamais vu de la sorte.

Puis il abrégea leur malaise en changeant radicalement de sujet :

– Bon ! Je suppose que vous n'êtes pas venu uniquement ici pour recevoir ma bénédiction, non ? En quoi puis-je être utile ? S'agit-il de l'affaire du Matilda-Briggs ?

Reconnaissant à son frère de ce retournement de conversation, Holmes respira plus aisément, beaucoup plus à l'aise sur un terrain dont il avait la maîtrise.

– Oui, Mycroft, en quelques sortes. Nous avons bien avancé dans notre enquête et j'aurai besoin que tu me rendes deux services. La femme de Victor Savage est à l'asile de Bethlehem, nous y sortons à peine. Elle n'est pas à sa place dans ce lieu. Les informations qu'elle nous a apportées et son attitude indique qu'elle est profondément choquée, mais loin d'être atteinte de folie. Je lui ai promis de tout faire pour la sortir de cette situation et qu'elle puisse retrouver ses enfants. Elle a de la famille en Écosse, du côté d'Aberdeen. Je souhaiterai si possible que tu fasses le nécessaire pour qu'ils y retrouvent leurs proches.

– Bien, cela me semble possible, dit Mycroft. Je m'en occuperai sans faute dans la soirée et te tiendrais au courant. Ensuite ?

Le détective remercia de la tête et poursuivit :

– J'aurai besoin d'un maximum d'informations sur un dénommé, Culverton Smith. Il est mon suspect numéro un dans cette affaire.

Ne cherchant pas à en savoir d'avantage, le grand frère accepta.

– Je t'enverrai ça directement chez toi.

– Merci Myc' !

– Ça faisait bien longtemps que tu ne m'avais pas appelé de la sorte, Sherly, sourit l'ainé. Tu as beaucoup changé ces derniers temps… et en mieux.

Il regarda le médecin dans les yeux pendant qu'il exprimait sa seconde phrase. Watson lui fit un imperceptible sourire, conscient que ces derniers mots pouvaient se comparer à un « merci » muet.

Le brun sourit aussi à cet échange discret.

Je suis vraiment soulagé qu'il ne me rejette pas et qu'il accepte John comme étant mon partenaire. Nous allons devoir y aller maintenant, Myc', mais que dirais-tu de passer l'après-midi de dimanche avec nous à Baker Street ? Cela fait un moment que nous ne nous sommes pas vus en dehors du Club Diogène… et je pense que d'ici-là, l'enquête sera clôturée.

Totalement pris au dépourvu devant une telle demande, l'ainé regarda son jeune frère avec des yeux ronds comme des billes. Puis son regard se croisa celui du blond qui, tout autant surpris, lui souriait et corroborait la proposition avec joie.

– Je viendrais avec plaisir, merci. Vers quinze heures et demie cela vous conviendrait ?

– C'est parfait ! Nous t'attendrons.

Le détective se leva et étreignit brièvement son frère.

« Merci Mycroft » fut les deux seuls mots que le cadet glissa à l'oreille de son frère. Celui-ci, bien que maître de son visage, en fût profondément ému. Un regard de connivence fit le reste.

Lorsque le détective et son docteur furent à nouveau dans un cab en direction de la compagnie maritime de la Jardine, le brun ferma immédiatement les rideaux et le cœur enfin libre d'un poids qui l'étouffait depuis trop longtemps, plongea littéralement sur les lèvres de son compagnon. Puis il lui prit le visage en coupe et le regarda dans les yeux avec toute l'affection dont il était capable, dit pour la première fois de sa vie :

– Je vous aime, John !