Bonjour à tous,

Bon, eh bien il semblerait que j'ai eu un peu de temps devant moi pour vous poser un autre chapitre avant la fin de l'année...

J'espère que celui-ci vous plaira et que serez aussi au rendez-vous pour 2020 !

Sur ce, je vous souhaite à tous d'excellentes fêtes ! Attention aux chocolats ! ;-)

Prenez soin de vous ! À bientôt !
Milie.


Chapitre 23 : M. Culverton Smith

Après avoir partagé un bain chaud bien mérité, les deux enquêteurs, s'apprêtèrent à aller se coucher. Tendrement lovés l'un contre l'autre, Holmes enfouit son visage dans le cou de son partenaire pour y déposer un baiser. Puis il lui glissa à l'oreille :

– Je suis soulagé que cette journée bien remplie se soit bien passée et surtout qu'il ne vous soit rien arrivé. Je suis heureux que vous soyez avec moi, je ne sais pas ce que je ferai si je vous perdais. Cet abominable rongeur m'a fait penser que la vie est courte et fragile. D'autant plus les notre… qui sommes régulièrement au contact des pires dangers.

Le détective déposa tendrement un baiser sur la tempe de son amant et ajouta d'une voix tremblante d'émotions :

– Oh John, si vous saviez combien je vous aime !

Profondément ému par la déclaration inattendue de son homme, le blond se retourna doucement, tout en évitant de rompre le lien et tomba sur deux yeux argentés, légèrement humides et brillants d'affection.

– Sherlock, dit-il en lui caressant la joue. Je me faisais exactement les mêmes réflexions et m'apprêtais à vous les dire. Je vous aime de tout mon cœur, vous complétez ma vie et ne plus vous avoir auprès de moi me rendrait fou. J'ai besoin de vous, de voir votre sourire, de vibrer au son de votre voix… Je vous aime aussi, Amour.

Les larmes qui menaçaient depuis un moment laissèrent deux traînées brillantes sur les joues du brun. Avec une douceur extrême, le médecin les sécha sous ses baisers. Prenant le visage de son compagnon entre ses mains, il lui sourit et l'embrassa avec fougue. Leurs bouches ne se quittèrent qu'un court instant, le temps que les vêtements rejoignent le sol. Se serrant d'avantage, ils approfondirent leurs baisers. Ceux-ci devinrent progressivement torrides, frissons et gémissements se firent entendre. Baisers passionnés, caresses audacieuses… des mots doux fusèrent. Tendrement les deux amants laissèrent leur amour s'exprimer de la plus belle façon qui soit.

Ils se levèrent au lever du soleil, radieux. Après avoir ravivé le feu, ils se rendirent au salon. Attendant que Mrs Hudson leur apporte leur petit déjeuner, le praticien s'installa à son secrétaire et commença à rassembler ses notes en vue d'écrire un de ses articles relatant les aventures de son homme. Tandis que dans un coin de la pièce, assis au sol sur une multitude de coussins, Holmes, sa pipe coincée entre les dents, était plongé dans ses archives à la recherche d'informations sur son suspect. Lorsque une petite demi-heure plus tard, leur gouvernante entra dans la pièce après s'être annoncée, elle découvrit le médecin les sourcils froncés, s'arrachant littéralement les cheveux et le détective entouré de livres et journaux, les yeux dans le vague et les mains rassemblées sur ses lèvres.

– Bonjour Messieurs, dit-elle en déposant le contenu de son plateau sur la table.

Comme prévu, elle ne s'attendit pas à ce que le cadet ne lui prête attention, et sourit à Watson lorsque celui-ci leva son nez pour la saluer. Remarquant son air contrarié et ses cheveux légèrement ébouriffés, elle s'enquit :

– Auriez-vous un problème, docteur ?

– Non… hum… ce n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler un problème…

– Mais ?

Le médecin sourit en rosissant un peu.

– Mais maintenant que la relation que j'entretiens avec Holmes a évoluée, je dois faire attention à ce que mes publications ne nous trahissent pas et l'exercice est plus difficile que prévu.

Il passa sa main sur sa nuque et lui fit un petit sourire contrit. Les yeux de la vieille femme se remplirent de tendresse et lui répondit :

– Je suis certaine que vous parviendrez à trouver le juste équilibre dans vos écrits, docteur. Ce n'est pas comme si vous aviez découvert vos sentiments depuis peu…

– En effet, dit-il en soupirant.

– Oh ! J'allais oublier. Je vous ai apporté les journaux d'aujourd'hui et vous avez reçu un messa…

Elle ne pût finir de prononcer le dernier mot qu'une tornade de flanelle bleue et boucles brunes s'abattit sur elle. Aussitôt la missive qu'elle tenait dans ses mains lui fut arrachée et ouverte avec empressement.

Watson s'approcha de son ami en remerciant leur logeuse. Celle-ci ne s'offusqua pas de ce comportement et après avoir salué les deux hommes, se rendit chez elle.

– Ce sont principalement les informations sur Culverton que j'ai demandées à Mycroft, hier. Tenez, dit le détective en lui tendant deux cartes issues du Club Diogène, recouvertes d'une écriture élégante mais où transparaissait la personnalité franche et inflexible du politicien.

– Pourriez-vous me les relire, s'il vous plaît ? Demanda-t-il avec un sourire sérieux.

Sans un mot, l'ancien militaire prit la dépêche et commença sa lecture, tandis que le brun, délaissant ses coussins et livres, s'installa dans son fauteuil. Il rejoignit ensuite ses doigts comme à son habitude et fixant son compagnon, l'écouta attentivement.

«

Sherlock.

Voici les informations que tu m'as demandées :

M. Culverton Smith, né le mercredi 13 juillet 1831 (57 ans) à Westminster, fils unique de Sir Charles Culverton Smith et Lady Elisabeth Culverton Smith, née Evans. Domicilié au 13 Lower Burke Street. Célibataire, sans enfant.

Titulaire d'un doctorat et professorat de biologie à l'université de Cambridge (obtenu à l'âge de 28 ans), est parti pour Sumatra avec M. Victor Savage pour étudier des différentes infections et contagions des coolies de l'Ile. (Il était le professeur puis le directeur de thèse de Savage).

Il a de solides relations parmi ses anciens confrères mais aussi des membres du gouvernement qu'il côtoie au cercle de jeu Bagatelle et avec qui il a gardé contact.

Il aurait déjà été soupçonné d'avoir commis des empoisonnements sur certains de ses patients quand il travaillait à l'hôpital de Chelsea, mais en faisant jouer ses contacts et moyennant de l'argent, il ne s'en ait pas inquiété.

Concernant la veuve Savage et ses enfants. J'ai fait le nécessaire pour qu'ils rejoignent leur famille en Écosse. Quand tu liras ce message, ils seront dans le train à destination d'Aberdeen.

Fais attention, petit frère, cet homme est imprévisible et dangereux. Il pourrait te nuire plus que tu ne le crois. Reste prudent.

M.H.

»

Le médecin leva la tête vers son compagnon. Celui-ci, les sourcils froncés, le visage fermé, regardait leur tapis persan d'un œil absent. Watson contempla en silence son amour de génie en pleine concentration. Lorsque celui-ci respira bruyamment et sembla retrouver ses esprits.

– Ce message de mon frère conforte mon opinion que j'ai sur notre suspect. Cependant, malgré tous les arguments que j'ai contre lui, je n'ai encore aucune preuve pour le coincer. Je doute trouver des indices sur le carnet ou même sur la petite fiole de poison. Même si nous trouvons ses empreintes sur le livret, rien ne prouve qu'il ait été à l'origine de l'empoisonnement et le flacon était recouvert d'une couche de poussière. Pour l'instant, ce ne sont que mes propos. Il me faut des preuves tangibles !

– Et Mrs Savage ?

– Elle se retrouve dans la même situation que nous. Elle détient la vérité de la bouche de feu son mari. Et même si cela suffisait, n'oublions pas que sa parole sera considérée comme issue d'une femme. De surcroît, même si sa parole avait un quelconque poids, elle a fait un séjour à Bethlehem et donc sera considérée comme instable psychologiquement… Nous ne pouvons donc pas compter sur son témoignage.

Watson à court d'idée, soupira, s'approcha de lui et lui tendit une main.

– Venez Holmes, déjeunons…

Un reniflement agacé lui répondit. Le praticien fit la moue mais ne pût toutefois pas retenir un mince sourire à travers un soupir. Il se pencha et murmura beaucoup plus bas :

– Si vous ne voulez pas manger, venez au moins me tenir compagnie, mon chéri.

Le génie le regarda, deux émotions contradictoires imprimées sur le visage. Une pointe d'irritation se mêlant à un doux sourire.

Comment lui refuser quoi que ce soit… soupira-t-il.

En découvrant la réponse muette sur le faciès de son homme, le docteur lui caressa la joue puis se dirigea vers la table non sans lui avoir fait un clin d'œil charmeur. Le limier leva les yeux au ciel, son sourire s'installant de manière plus convaincante sur ses lèvres. En sortant de son fauteuil, il prit les journaux avec lui et vint rejoindre son amant.

Le blond lui servit une tasse de thé et disposa bien en évidence une assiette avec des toasts, dans l'espérance de le voir en grignoter un. Remarquant la manœuvre de son partenaire, Holmes prit « négligemment » une tartine qu'il coinça entre ses dents avant de commencer à lire le Times. Watson, ravi, déplia le Telegraph et le parcourut à son tour. Durant un moment, l'ambiance régnant dans la pièce fut seulement troublée par les bruits intermittents de pages tournées et de tintements de la porcelaine. Lorsque soudain, une exclamation du limier fit sursauter son compagnon :

– Ah ! Voilà ce que je recherchais !

– Plaît-il ? Dit le médecin en l'interrogeant du regard.

– Il y a une sorte d'épidémie dans l'East-End… une maladie mortelle, mon très cher Watson. Et elle touche principalement des asiatiques.

– Je ne vois pas en quoi cela nous concerne…

– J'étais certain que cela arriverait, l'interrompit Holmes. Lorsqu'il est écrit « maladie mortelle » et « asiatiques »… ne pensez-vous pas que l'association mérite d'être relevée ?

Watson réfléchir quelques instant sous l'œil gris acier de son homme, lorsque la lumière éclaira ses traits.

– Les chinois… vous parlez des machinistes du Matilda-Briggs… ceux qui se sont fait…

– Attaqués par le rat. Poursuivit le brun avec un sourire. Souvenez-vous de notre découverte dans la salle des machines !

– Les doigts… oh mon dieu, Holmes ! Mais c'est horrible ! Ces hommes contaminés vont empoisonner tout l'East End et cela se propagera à terme dans toute la ville ! Dit Watson, les yeux révulsés.

Le sourire du cadet s'effaça immédiatement, remplacé par une moue sérieuse et contrariée.

– En effet, vous avez raison. Il va falloir que j'intervienne pour endiguer tout ça.

– Que NOUS intervenions, Holmes ! Je viens avec vous !

– Je crains que cela soit impossible, mon tendre amour… déclara sombrement le détective... Car voici la raison qui va vous forcer à vous éloigner de moi.

À peine le génie finissait sa phrase qu'ils entendirent des coups frappés à la porte d'entrée.